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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 13:39
Angry Birds 2 : Copains Comme Cochons

On va terminer ce mois de février par la suite d'une licence plutôt trés connue. Même si cette licence ne doit rien au cinéma de prime abord, et qu'elle a démarré sous forme de jeu mobile qui a connu un carton intersidéral, Angry Birds, puisqu'il s'agit de lui, a sû trouver les moyens de pénetrer le coeur et l'esprit des cinéphiles.
On aurait pu craindre du premier opus, une banale adaptation bancale du jeu (comprenez une transposition du principe premier du jeu, lancer des oiseaux sur des cochons en faisant exploser leurs maisons), mais que nenni, ce premier opus avait réussi à proposer un film intéressant, avec des personnages attachants, et même si il n'a pas remporté le succès critique de Lego Adventures, il a quand même livré un film loin d'être mauvais qui avait réussi en son temps à se hisser premier du box office Américain, dépassant même, la locomotive Disney-Marvel, Captain America 3 Civil War.

Pourtant c'était plutôt mal parti, dans l'idée c'était comme adapter Puissance 4, ou Piège en film. Après de petits essais avec des vidéos comiques (à même le jeu) livré en extra bonus, le pas vers le grand écran s'est effectué sans heurt.

Bien sûr on était pas face au meilleur film d'animation de tous les temps, mais le film restait honorable, d'autant que certains y avaient décelé un sous-texte sur le Brexit, d'autres sur l'immigration avec des référence encore plus tirés par les cheveux, voire même un film raciste.

Le premier film réalisé en 2016 par le duo Klay Kaytis et Fergal Reilly (le premier ayant débuté comme superviseur des effets visuels sur Kuzco, l'autre dans Tempêtes de Boulettes Géantes), voit lui succéder dans le deuxième opus Thurop Van Orman, à qui on doit "les merveilleuses aventures de Flapjack", et la série "en route les aventures de tip et oh" dispo sur Netflix actuellement, qui est la série dérivée du film Dreamworks animation, "En route".

Que dire sur le film, si ce n'est que c'est déjà un plaisir de retrouver les personnages du premier film, et d'en découvrir plusieurs nouveaux. L'intrigue utilise le trope assez classique de l'alliance des précédents ennemis contre un troisième, mais elle le fait avec beaucoup de réussites. On ne s'ennuie pas une seconde dans ce film léger mais bien rythmé, qui voit Red et sa bande, s'allier avec Léonard et son assistante pour combattre un nouvel ennemi, une Aigle qui vit dans une contrée glacée bâtie sur un volcan (oui il faut laisser la logique de côté).

Red, profite de son succès mérité en devenant le héros du premier film, et il mène une vie heureuse, bercé par les flatteries et la reconnaissance des habitants, ponctués de temps à autre par les attaques des cochons. Mais lorsque le chef des cochons reçoit sur le coin de la figure, ou presque, une immense boule de glace venu de plus loin que l'île des oiseaux, il demande à Red une trêve pour s'allier contre cet ennemi commun inconnu.
Red, et ses amis, aidé de l'Aigle Vaillant, et de Léonard et son assistante partent donc en quête d'une solution pour vaincre cet ennemi commun.

Le film traite avec intelligence en premier lieu, de l'inutilité d'être un héros en temps de paix, car l'ennui et l'inaction se font vite ressentir, et même si Red était quasiment un dieu vivant, en temps de paix, les hommages se font moins souvent. Il finit par tomber dans une forme de dépression, et ses amis l'encouragent à aller de l'avant, en l'amenant à un speed dating par exemple. C'est là qu'il rencontre Silver avec qui ça ne colle pas du tout.

Mais par un concours de circonstances, Silver va se retrouver dans ses "pattes" et il va devoir faire contre mauvaise fortune bon coeur et s'allier à elle pour vaincre Zeta, l'aigle femelle qui bombarde la terre des cochons et celle des oiseaux.

On n'en dit pas plus pour laisser aux spectateurs la joie de découvrir le film et ses péripéties, mais ce dernier montre avec intelligence, que les hommes, comme les femmes doivent s'allier et se compléter et non se déchirer dans une guerre de qui est plus fort que l'autre. Le film a une deuxième intrigue à la fois touchante et drôlatique sur l'alliance entre les enfants cochons et les enfants oiseaux pour retrouver les soeurs d'une des enfants oiseaux.
Une manière de dire qu'autant les peuples, que les adultes des deux genres, et les enfants de même, doivent mettre de côté leurs problèmes d'entente et s'allier pour la poursuite d'un bien commun.

Angry Birds 2 pourrait sembler manichéen ou niais, mais il ne tombe jamais dans ce travers, malgré ces thématiques archi rebattu. Mieux, le rire et l'émotion sont souvent au rendez-vous dans le film.

Au niveau des bonus, le film propose une large palette de contenu, des court-métrages drôles, des DIY (do it yourself) en cuisine, pâtisserie et un pour faire du slime, un making of et une présentation des nouveaux protagonistes vraiment trés intéressant, et quelques featurettes aussi intéressantes sur l'inspiration de vrais oiseaux notamment pour retranscrire les personnages du film à l'écran dans leurs particularités physiques, physiologiques ou même comportementales.

Et quand on sait qu'un 3eme opus est d'ores et déjà prévus, on espère qu'il saura se réinventer comme l'a fait avec une bonne réussite ce 2eme film. Rendez-vous est pris.

 En Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, DVD, coffret Angry Birds 1 et 2, et VOD depuis le 19 février. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur. 
 
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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 15:57
Office se crée

On avait découvert Gavin Hood, réalisateur sud-africain de son état, avec l'encensé "My name is Tsotsi"en 2006, qui avouons-le, était sympathique, mais pas le chef d'oeuvre dont on nous a rebattu les oreilles. Juste après cette réussite, Gavin Hood s'était engagé dans le bancal, "X-men Origins" avec son sésame pour Hollywood (les nombreuses récompenses de Tsotsi, dont l'Oscar du meilleur film étranger quand même), bancal pour ne pas dire très mauvais, mais ne tirons pas sur une ambulance à terre. Heureusement que Bryan Singer, puis James Mangold reprendront le flambeau des personnages de X-men, avec le succès que l'on sait.

C'est d'autant plus dommage que Gavin Hood n'est pas un mauvais bougre, et qu'avant d'être révélé par son film, 'My name is Tsotsi', dans lequel un gamin délinquant, "carjackait" une voiture, avant de découvrir qu'il avait aussi enlevé un passager clandestin, en la personne d'un bébé. On suivait alors tout le parcours de l'anti-héros forcé par le hasard de devenir "père de substitution" malgré lui.
Il a fait ses études à UCLA comme un certain Steven Spielberg, personne dont il recevra d'ailleurs en 1993, le prix Diane Thomas Screewriting award d'un jury composé entre autres donc de Steven Spielberg, Michael Douglas et Kathleen Kennedy, excusez du peu. Tout ça pour son premier scénario intitulé "a Reasonable man", qui sera aussi son premier film en 1999, film d'ailleurs inédit en France. Suivra un inédit en 2002, puis il revient contre toute attente, avec une adaptation vraiment très bonne du chef d'oeuvre livresque de Orson Scott Card, "la Stratégie Ender", (film d'ailleurs chroniqué en ces pages et sur le site de Cinetrafic sous le titre, "Anger Games".)

Avec la Stratégie Ender, on pouvait penser que Gavin Hood allait dépasser le succès d'estime de l'académie et de la presse pour s'engouffrer dans la reconnaissance du grand public, mais peine perdue. Ses prochains films sortiront en E-cinema, la version hype pour dire "direct to DVD/streaming" ce qui est déjà beaucoup moins sexy. Il dirigera d'ailleurs Alan Rickman dans son dernier rôle, dans le E-cinéma film, "Operation Eye in the Sky", puis vient le Official Secrets qui nous intéresse.

Le film reprend de manière quasi documentaire les événements qui ont contraint par fidélité à son peuple, non à son pays (une des plus belles scènes et répliques du film), Katharine Gun à faire fuiter un mémo pour la presse, mémo qui demandait aux services secrets anglais du MI6, d'aider la CIA à convaincre certains délégués de l'Onu de voter la controversée deuxième guerre du Golfe.

Tout est réuni pour faire un superbe film, du pitch de départ, au choix plutôt osé de Keira Knightley pour interpréter Katharine Gun (la ressemblance est d'ailleurs pas du tout frappante, puisqu'on voit la dénommée Gun à la fin du film, dans un extrait réel de son procès pour trahison, et elle ressemble plus à Miranda Otto qu'autre chose). Mais les lois du bankable sont impénétrables dans le monde financier du cinéma. Toujours est-il que ce choix paye, car Keira Knightley justifie à elle seule dans son interprétation, de voir le film, tant tout son jeu, introverti, colle parfaitement à la culpabilité pourtant inique que ressent son personnage pour son acte.

Evidemment la fuite est publiée par la presse, et Katharine est forcée par sa conscience personnelle et un agent secret envoyé pour investiguer sur qui a fuité, de se dénoncer. Suivront alors des  poursuites et un procès, dans lequel un cabinet anglais la défend, Liberty (tout un symbole pour le coup), et où l'interprète de l'avocat chef du cabinet n'est autre que Ralph Fiennes, qui lui aussi livre une très jolie composition d'avocat révolté et honnête, face à l'injustice dont souffre sa cliente. On a également le plaisir de retrouver un des Doctor Who, en la personne de Matt Smith, mais son personnage, bien que très intéressant est à peine développé, très dommage.

On aurait pu avoir un mix entre les hommes du président, douze hommes en colère, et The Post, malheureusement, n'est pas Pakula, Lumet, ou Spielberg qui veut, et si dans le film de ce dernier, une simple recherche de "mots" dans des mémos épars devient un réjouissant jeu de pistes cinématographiques, et une réelle course à l'enjeu, rien de tel n'arrive dans ce Official Secrets, et même si certaines scènes sont plutôt bien tournées, on n'est jamais réellement plongé dans la traque de Katharine, ni angoissé par le procès et ses multiples rebondissements, encore moins troublés par le côté thriller/espionnage. On pense parfois à Oliver Stone aussi dont le Snowden est très récent, mais là encore, aucune crainte n'est distillée, et le personnage franchit les obstacles pour sortir le mémo quasi sans anicroches.

Le film est loin d'être mauvais, mais à force de trop hésiter entre drame intimiste, film de procès, film d'espionnage, et thriller politique, Gavin Hood traite tout un peu, jamais tout à la fois (encore une fois, n'est pas Spielberg qui veut), et du coup le film se suit sans déplaisir mais sans passion non plus. Un film à voir par curiosité mais qui ne restera pas forcément dans les annales, quel que soit le genre qu'il aborde.

En e-Cinema / VOD depuis le 2 janvier 2020. Edité par Wild Bunch.  Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 




 

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:15
Le Daim

Quentin Dupieux, artiste prolixe et multitâches que j'ai personnellement découvert musicien (Mr Oizo) avant de le découvrir sous un autre jour, dans l'expérimentalo-fun, le Non Film en 2001 (sorte de croisement plutôt audacieux, car la narrativité du procédé aurait pu échouer, mais contre toute attente, le principe de suspension d'incrédulité fonctionne, entre 6 personnages en quête d'auteur de Pirandello, et le théâtre Brechtien, voire Ionesquien de l'Absurde.

Viendra après dans mon parcours de sa cinématographie aussi arty que réjouissante dans son refus apparent des règles, l'ovni, Steak, avec le duo Eric et Ramzy, qui débarrassés des oripeaux de leurs mauvaises comédies, donnent à voir, un sens du rythme, et un esprit absurde, plutôt bien équilibré. On avait bien sûr déjà eu l'avant-goût de leur talent, pour l'assez correct, La tour Montparnasse Infernale, sorte de rollercoaster qui se voulant des airs de Y a t-il et de Die Hard, n'arrivait à égaler ni l'un, ni l'autre de ses modèles, même si certaines des répliques du film ont pu devenir culte pour des spectateurs peu regardant, ou peu au courant des génies du burlesque et de l'absurde, de ces 30 dernières années, le trio ZAZ en tête.

Steak sous des dehors apparent toujours absurde, raconte quand même quelque chose de la société, à mis chemin entre Kubrick (Orange Mécanique semble souvent "cité") et une dénonciation plutôt efficace de l'esprit de meute (qu'on retrouve également chez le génie anglais dans Full Metal Jacket).

Viendront ensuite, Rubber qu'il réalise en 2010 après l'abandon de son scénario "Réalité", (qui semble t-il est revenu sur le devant la scène, bien plus tard dans sa filmographie). L'histoire d'un pneu psychopathe qui tue les gens par la pensée (une sorte d'hommage à la fois à Cronenberg et au cinéma bis ou de série Z). Ce dernier m'avait particulièrement plû car tourné au 5D, un appareil photo caméra quasiment inconnu du grand public, et dont je fis l'acquisition moi-même, la même année quasiment grâce à un ami chef op et photographe qui m'en décrivit le plus grand bien. J'ai d'ailleurs eu le privilège de voir Rubber dans une salle d'art et d'essai, en présence de l'attaché de presse, et du producteur de Quentin Dupieux, ce dernier étant retenu à Paris pour l'avant-première en présence de l'équipe technique et casting. Producteur à qui je dis tout le bien que je pensais de Quentin et de son oeuvre.

Mais j'ai un peu lâché l'affaire depuis, et je n'ai pas encore eu l'envie, ou le désir de voir ses métrages suivant, Wrong (2012), Wrong Cop (2013) et Wrong Cop saison 1 (2014) la série adaptée du long métrage éponyme. Long métrage qui succède à un court du même nom "Wrong Cop". Je n'ai pas plus vu, Réalité qu'il arrive enfin à tourner en 2014, ou encore Au Poste dont la bande annonce promettait de grands moments d'absurde et de bris du 4eme mur.

J'ai donc repris "pied" dans l'univers Dupiesque en allant voir Le Daim avec Jean Dujardin, et Adèle Haenel (en ce moment sous les projecteurs pour une histoire grave de harcèlement sexuel par un réalisateur avec qui elle a tourné). Il est d'ailleurs intéressant de voir que dans le Daim, Adèle joue une technicienne monteuse qui fait face au désir farfelu d'un prétendu réalisateur qu'interprète assez bien Jean Dujardin. 

Le film se regarde sans déplaisir, mais sans passion non plus, car il est possible qu'à force de faire des objet "arty", Dupieux ait perdu de vue le sens de la cinématographie qui est outre le visuel, de raconter des histoires par l'image. Le Daim, raconte une histoire certes, un homme qui décide d'être le seul à porter un blouson, et qui tombe amoureux d'une veste de "cow-boy" en daim avec de franges, au point devenir littéralement obsédé par ce manteau, et de finir quasiment un daim lui-même.

Quentin Dupieux a un nouveau film en préparation, et je ne sais si j'irai le voir, car je commence à trouver que le cinéma de Dupieux est un cinéma de petit malin, mais qui n'a pas forcément grand chose à dire, ou à montrer. Même si on ne peut lui nier un certain sens du visuel, et un goût pour les synopsis un peu dingue. Comme en témoigne celui de son prochain film, Mandibules " Jean-Gab et Manu sont deux amis simples d'esprit. Ils trouvent une mouche géante vivante coincée dans le coffre d'une voiture et décident de la dresser pour gagner de l'argent avec" (tout un programme).

Au final, un film pas désagréable, mais qui ne marque pas non plus incroyablement ni la rétine, ni le cinéma malheureusement. Mais peut-être que son but est juste de faire des films qu'il aime, et en ce sens le pari est réussi. Je ne saurais même pas dire si j'ai aimé ou non, d'où la difficulté d'écrire la présente critique, mais je n'ai pas détesté.

Bonus : Les bonus sont peau de chagrin, puisqu'il faudra se contenter d'une bande-annonce du film, décrit par le réalisateur et son comédien principal. On aurait justement aimé dans ce genre de projet plutôt expérimental, d'avoir une sorte de journal de bord du tournage, ou quelque chose de personnel qui permettent d'entrer un peu plus avant dans le cerveau de son "génial" créateur.

En DVD, Blu-Ray et VOD le 5 novembre 2019. Edité par Diaphana Edition Video. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez d'autres films dans le cinéma français et les plus beaux films de 2018.

 

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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 22:19
Toy Story 4

On aurait pu penser que tout avait été dit dans les précédents opus de Toy Story, et que le magnifique et très émouvant 3eme opus, fermait la porte de la plus belle des manières. Mais force est de constater que même si loin d'atteindre la force d'évocation immédiate et intemporelle de Toy Story 3, Toy Story 4 ne démérite pas et arrive à trouver sa place moins en tant que suite directe (ce qu'il est pourtant) que comme spin-off pour raconter l'histoire de Bonnie, mais surtout et la surprise est là, l'histoire de Bo, la bergère au mouton à 3 têtes des deux premiers volumes.

On retrouve bien entendu, tous les personnages qui font le sel de la série de films, de Mr et Mme Patate, à Rex, en passant par le tricératops femelle Trixie, ZigZag, et bien d'autres. Auquel s'adjoint Jessie et Buzz, bien que ces derniers soient plus des "figurants" qu'autre chose, et ce même si Buzz aura son rôle à jouer plus loin dans l'intrigue. 

On retrouve donc la petite Bonnie qui va rentrer à la maternelle, et qui angoisse à cette idée, car les jouets sont interdits. Et là le ciel s'effondre sur la tête de la petite fille. D'autant plus que de son côté, Woody est délaissé dans son rôle de Shérif au profit de Jessie. Il récolte même son premier "mouton de poussière", témoin d'un désintérêt d'un enfant pour son jouet.

Mais Woody, malgré le fait que Bonnie le délaisse, ne veut pas tourner la page pour autant, et profitant d'un moment d'inattention des autres jouets, il s'enferme dans le sac de Bonnie. Arrivé à l'école, Bonnie tente de nouer le contact avec un petit garçon, mais ce dernier l'ignore, et elle recommence à broyer du noir. Jusqu'à ce que Woody, en fouillant les poubelles ne lui donnent à s'occuper. Et c'est à l 'école, avec des matériaux de récupération dans la poubelle que lui a discrètement suggéré Woody qu'elle se crée son premier jouet "DIY" (Do It Yourself), Fork, une cuichette (mi fourchette, mi cuillère).

Par le pouvoir de l'imagination de Bonnie, Fourchette prend instantanément vie, et Woody, Fourchette et Bonnie rentrent de l'école. Arrivé dans la chambre de Bonnie, le petit dernier, s'intègre mal et ne rêve que d'une chose, finir littéralement dans une poubelle. Il finit par déjouer la surveillance accrue de Woody et profitant d'une bourrasque, il s'envole loin des autres jouets.

Woody ne sait plus que faire, et profitant du fait que la famille part en vacances en camping car (l'école ne reprenant que dans une semaine), il s'évade bien décidé à retrouver Fourchette et à le ramener coûte que coûte.

Fini, les thématiques sur l'importance de grandir, sur le fait qu'un jouet risque d'être supplanté par un jouet plus technologique, ou tout simplement sur la perte d'un jouet de grande valeur sentimentale, ici Toy Story 4, célèbre l'attachement pour du jouet DIY. Le même attachement qu'on peut avoir pour un doudou en mouchoir de maman ou en chiffon, ou encore pour les fameux chevaliers en marrons de marronier. Tout le discours du film s'articule donc autour de la notion de conscience. Conscience de ne pas être un jouet (tout l'inverse de la thématique du 2), conscience qu'un jouet doit être fonctionnel pour plaire à un enfant, ou encore à la fin du film, conscience d'être.

Sur un scénario écrit par Andrew Stanton, et  Stéphany Folsom (aidé de pas moins de 5 scénaristes supplémentaires) on trouve à la réalisation, un petit nouveau, qui était un ancien storyboarder de Cars 2, Josh Cooley. Et le moins qu'on puisse dire c'est que Josh Cooley a du talent créatif à revendre, et une imagination assez débordante visuellement. Et même si il lui manque peut-être le génie de ses pairs, ses premiers pas dans le long sont plus qu'encourageant pour la suite.

Il arrive tour à tour à distiller savamment, l'émotion ( le prologue et l'épilogue), le rire (les interventions sporadiques et plutôt bien dosées de deux personnages sidekick), la peur (les passages dans le magasin d'une vieille antiquaire, à commencer par un superbe clin d'oeil à Shining), et même la réflexion philosophique, tout le long de son métrage. 

Toy Story 4 est un film plus adulte, plus centré autour de l'émancipation de Bo donnant une tonalité féministe très appréciable car parfaitement intégrée à la trame narrative du film, et pas catapulté là pour faire "genre", après sa déchirante séparation d'avec Woody et Molly, ainsi qu'une réflexion plutôt poussée sur l'estime de soi, suivre sa voix intérieure (plusieurs personnages sont confrontés à une voix interne : une poupée a son mécanisme vocal comme celui de Woody mais défectueux, Bo a sans arrêt une sorte de polly pocket sur l'épaule, façon Jimini Cricket, un hilarant motard acrobate Canadien interprété par Keanu Reeves ne cesse de penser à son ancien enfant "Jeanjean" qui l'a délaissé car il n'arrivait pas à sauter aussi loin que ce que le vantait la publicité du jouet, et même Buzz qui avec une certaine synchronicité fait correspondre ses commandes vocales avec des questionnements moraux liés à l'action qu'il veut entreprendre pour sauver Woody, et Fourchette, et les ramener à bon port.

La musique de Randy Newman toujours égal à lui-même, est pour partie dans le côté émotionnel du film, et deux nouvelles chansons de Charlélie Couture finissent d'enfoncer le clou de la nostalgie. Mais malgré ça, le film en lui-même court vers l'avant, et ne regarde presque jamais derrière lui de manière compassée.

Le final du film est à la fois terriblement déchirant et parfait en soi, et le film se termine sur un effet de boucle bouclée avec en plus une question d'un nouvel arrivant après le passage de Bonnie au CP qui ouvre justement à d'autres aspiraitons, Fourchette représentant la partie d'elle-même qui était en questionnement sur son "utilité" sur terre, et son sentiment de ne pas être un jouet, mais un déchet. Et ce nouvel arrivant, coïncide avec son évolution psychologique d'enfant et les questionnements qui s'y retrouvent liés. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler un des passages les plus intéressants du film.

Bonus : Du côté des bonus, le Bluray du film déborde à ras bord : scènes coupées en storyboard animés, visite des studios et de la partie doublage juste hilarante, commentaire audio, bandes annonces et courtes featurettes vraiment intéressante. Pixar ne s'est pas moqué de son public encore une fois.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray Edition limitée et coffret Intégrale Toy Story depuis le 30 octobre 2019 et déjà en VOD. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
 
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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 20:26
Il était une fois... La Rêvolution

Un camarade de fac m'avait dit en rigolant ou peut-être était-il tristement sérieux, "Quentin Tarantino n'est pas un cinéaste, c'est un fossoyeur. Il ne crée pas de films, il recycle des formules, il n'invente rien, il copie des cadavres et en fait des cadavres exquis. C'est un croque-mort et pas un réalisateur. Il ne réalise pas, il échoue le cinéma". Et ça a été le premier mais pas le dernier qui dépeignait ainsi ce pauvre Quentine.

J'ai longtemps trouvé que son propos n'était ni argumenté, ni intelligent, et puis ont commencé à sortir des films comme Boulevard de la Mort, mais surtout Inglourious Basterds, ou Django, et enfin Il était une fois... Hollywood, et là l'obscurité s'est éclairée, le voile de ténèbres qui entourait cette assertion s'est déchiré pour moi, et le propos de ce camarade est devenu intelligible, sauf que même si cette fois je suis d'accord avec lui, pour moi ça n'est absolument pas un défaut, bien au contraire.

On ne peut pas dire que je sois le fanboy hystérique de l'ami Quentin, même si j'ai un respect poli pour Réservoir Dogs (sorte de sous City on Fire de Ringo Lam, ceci est d'ailleurs curieux parce que j'ai revu City on Fire, moi comme d'autres d'ailleurs, et le lien avec Réservoir Dogs est plus qu'incertain) ; que j'ai idolâtré Pulp Fiction que j'ai vu 4 fois avant de le détester au point de ne plus pouvoir voir la VHS, même en peinture ; que True Romance a été le nom d'une des tables de mon dîner de Mariage, que j'ai un amour immense pour Jackie Brown, sans doute le moins violent des Tarantino, et qu'ensuite en dehors des Kill Bill Volume 1 et 2 que j'ai adoré, les trois autres sont bien loin d'avoir recueillis tout mes suffrages.
Boulevard de la Mort m'a ennuyé au plus haut point, même si j'ai bien vu l'idée derrière le film, (sorte de Psycho sur roues inversé), et la métaphore anti-macho, bien des années avant la vindicte Me-Too. Je ne sauverai de Inglourious Basterds que l'incroyable scène d'introduction qui est parfaite (rythmique, symbolique, tension, réalisation, montage, musique, etc...) et l'outro du film qui est qu'on le veuille ou non, assez "couillu", avec peut-être la scène de jeux dans le bar et la fusillade qui s'ensuit. Le reste va d'une interprétation parfois mauvaise, mal jouée (essentiellement le cast français) à un manque total d'empathie pour les personnages. Django a légèrement relevé la barre, même si pour moi dès la disparition du Waltz solaire du film, la dernière demi-heure de massacre expiatoire et même si j'en comprends encore une fois l'idée sous-jacente derrière est largement de trop. Face à ces joies cinéphiliques (rires), je n'ai pas osé regarder son avant-dernier, Les 8 salopards, et ce même si le western est un de mes genres préférés.

Mal ou bien m'en a pris, je ne sais mais je compte lui donner une chance quand même, par curiosité.

Et puis est sorti le sujet de son dernier né, un film sur Charles Manson, sa "famille" et la mort de Sharon Tate d’après les médias. Imaginez un peu l'odeur de souffre du projet, les polémiques à venir à Cannes et j'en passe. En réalité, de ce sujet initialement compris par la presse, ne reste qu'un film sur le cinéma, avec l'évocation comme fil rouge d'une époque de Sharon Tate. Quant à sa mort, ou à Charles Manson, nous verrons bientôt qu'ils sont loin d'être le sujet principal du film, même si ils en sont à leur manière les vecteurs principaux.

Je passerais sur la réception de certaines critiques, et l'avis de certaines "journalistes", sachant que j'ai déjà réglé la question dans le billet précédent, disponible sur ce blog, pour m'intéresser au coeur du film, et à son intérêt cinématographique autant que symbolique.
Commençons par le commencement, le titre. Un regard cinéphilique à peine aiguisé fait rapidement comprendre, que comme l'introduction de Inglourious Basterds par le carton "il était une fois... en France", on va flirter avec le conte de fée "il était une fois...à Hollywood", incipit de tout bon conte de fée, mais de fée serait plutôt défait. Outre la référence à peine voilée à Sergio Leone, de "il était une fois dans l'Ouest", à "il était une fois la Révolution", Tarantino par le choix de ce titre, donne déjà des pistes de lecture et de compréhension à son spectateur. Il va parler Cinéma, origine du cinéma, mais aussi fin d'époque, fin d'un monde, et il n'est pas impossible que le "conte de fée" se mêle de la partie, donc l'imaginaire, ou le merveilleux.

Et on fait connaissance avec les deux héros (ou tout du moins protagoniste du film), Rick Dalton, acteur de western, terriblement connu pendant l'âge d'or d'Hollywood et qui est en train de devenir dans cette période charnière, traversée par le courant hippie, un dinosaure, un has-been, une ancienne gloire qu'on oppose au moindre petit néo-minet du cinéma ou de la télévision actuelle. Dalton d'ailleurs peut faire tout aussi bien référence aux célèbres cousins Dalton, hors-la-loi historique des USA, qu'au comédien Timoty Dalton, qui malgré son interprétation par deux fois du célèbre agent 007 n'a jamais réussi à réellement devenir une figure incontournable, et a souvent été le second couteaux de films avant que Joe Dante en 2003, puis Edgar Wright en 2007 ne le remettent sur le devant de la scène dans de réjouissants rôles totalement à contre-emploi mais pas tant que ça de ses figures passées. ET Cliff Booth, comme le patronyme du célèbre tueur de Abraham Lincoln, John Wilkes Booth. D'ailleurs, une rumeur persistante durant tout le film, lui prêtera le fait d'avoir assassiné sa femme, sans que jamais aucun élément narratif du film ne permette d'établir une quelconque culpabilité du personnage. Petit rappel, pour RTBF...
Rick Dalton est un comédien has been qui se retrouve à passer les plats pour des stars montantes, tandis que Cliff Booth qui était pendant la grande époque de l'âge d'or Hollywoodien son cascadeur attitré, se retrouve avec un rôle d'assistant de Rick, et en quelque sorte son confident et ami à sa manière.

Dans une scène incroyable, Al Pacino, qu'on croirait sorti tout droit de l'associé du Diable, étale de manière littérale (ce qu'il raconte se passe à l'écran en propre) comme une sorte de Méphistophélès la réalité et l'avenir de Rick, sous couvert d'en faire son éloge, puisqu'il commence par lui dire qu'avec sa femme, il adore Rick et ses films. L'homme est présenté comme un agent, du nom de SchwartS, mais correspond dans la réalité à un producteur du nom de SchwartZ qui a produit des westerns spaghetti à Cinecitta. Rick l'appellera d'ailleurs SchwartZ et il rectifiera non, avec un S. Encore un jeu avec la réalité effective que Tarantino posera pendant tout le métrage.
Rick, d'abord séduit par le récit du personnage joué par Al Pacino, finit par comprendre où il veut en venir, et ressort du rendez-vous plus miné que jamais. Cliff tente de lui remonter le morale, et lui dit sous forme de boutade propre à cette époque de ne pas pleurer devant des Mexicains qu'ils croisent. Les Mexicains, étant connus à cette époque, pour être souvent les membres des plus redoutables Cartel, cette injonction de Cliff est drôle car elle pose le personnage dans toute sa bêtise, et là encore, Tarantino invite le spectateur non pas à rire avec Cliff, mais à rire de lui, encore un petit coup de coude pour la plumitive "journaliste" de RTBF.
Rick montre lui toute son extrême sensibilité, l'inverse du "mâle alpha" que représente Cliff comme les deux côté d'une même pièce. La sensibilité de l'acteur, et le côté brut et brute de décoffrage de sa doublure cascade. Le choix d'un "cascadeur" pour le personnage de Cliff Booth n'est pas aussi anodin qu'il pourrait y paraître. C'est un choix mûrement réfléchi par Tarantino qui s'inscrit dans la dynamique de ce qu'il cherche à aborder.

Cliff d'ailleurs ne trouve l'ascendant que sur les gens faibles (Rick un petit peu, sa femme si réellement il l'a tué, pourtant son flash-back ne montre pas qu'une simple mégère, mais bien une harceleuse morale qui détruit psychologiquement Cliff en le mettant plus bas que terre, ou encore les hippies), dès qu'il se retrouve face à des personnages moralement plus forts il s'écrase (la femme du chef cascadeur) ou Bruce Lee, car contrairement encore à ce que peuvent penser certains, ce n'est pas Bruce Lee qui est défait par Cliff, déjà ils ont un match nul, (chacun une manche) et la femme du chef cascadeur débarque, mais surtout, cette épisode de sa vie, est un flash-back qui n'est vécue que par Cliff, qui est mentalisée dans son esprit, pendant qu'il répare l'antenne Tv de Rick, exactement comme sera mentalisée le flash-back dans la scène de harcèlement entre Cliff et son épouse (oui je suis désolé, avec ce que sa femme dit sur Cliff, si Cliff avait une femme, le terme "harcèlement moral", PN ou autres joyeusetés psychosociales aurait pop-upé dans n'importe quelle bouche journalistique. Revoyez le film si vous n'en êtes pas convaincu.

Rick lui, va être confronté comme à son enfant intérieur, puisqu'une petite fille qui joue avec lui dans un de ses projets où il doit affronter de nouvelles gloires comme "méchant de la semaine", se prend d'affection pour lui lorsqu'elle le découvre pendant une pause déjeuner, en train de lire un livre. Les deux échangent d'ailleurs des propos sur le jeu d'acteur, et la petite-fille a cette phrase complètement symbolique, mais que peu de gens ont compris dans le bon sens. La petite-fille dit qu'elle est acteur, et pas actrice, et que ce mot ne devrait pas exister. Evidemment dans la post-ère Me too, et en France, cette phrase a fait immédiatement polémique, sauf que, on est dans les années 70 dans le film, et la langue anglaise n'est pas aussi genrée que la langue française, et ce que veut dire intelligemment la petite fille, c'est qu'elle n'a pas à se définir comme actrice par son genre, mais par sa capacité à endosser des rôles, donc à acter, donc à jouer, et que cela n'a rien à voir de près ou de loin avec son genre établi.. Et que donc, un acteur ne se définit que comme dans sa capacité à jouer des rôles, et pas parce que c'est un garçon qui joue des rôles de garçons. Cette petite "pique" de Tarantino a l'air Me Too, et à l'emballement médiatique qui a suivie (dernièrement, on nous vend un film par les mots "un film réalisé par des femmes, avec des femmes, produit par les femmes" pour...les Femmes ?) est bien plus intelligente qu'elle n'en a l'air.

Tarantino n'est pas ce qu'on pourrait appeler un cinéaste machiste, il a souvent mis les femmes à l'honneur, et les femmes peu importe leur origine, de Jackie Brown (avec l'icône de la Blaxploitation, la géniale Pam Grier) à Lucy Liu dans Kill Bill, dans Inglourious avec le personnage de Mélanie Laurent, bien que personnellement elle ne m'ait pas convaincue, ou encore les femmes fortes intrépides de la deuxième partie de Boulevard de la Mort. En posant sa caméra pour une fois sur un duo d'hommes représentant les deux facettes caricaturées de l'Homme, "l'ultra sensible" et le "macho man", il pose un acte féministe entre tous, la femme est l'égale de l'homme, jusque dans sa connerie.


Lorsque Cliff se laissera "séduire" par la jeune hippie qu'il croise souvent, le spectateur commence à penser qu'il rêve de se la faire, vu en plus l'époque, et le sens dans laquelle va la dite hippie, mais en réalité, tout ça n'est qu'un jeu pervers de la part de Tarantino pour faire plonger le spectateur l'espace d'un instant dans une ambiance de film d'horreur, avec une ambiance à couper quasiment au couteau, à mi chemin entre Texas Chainsaw Massacre et the Wicker Man. Tout ce jeu de dupe n'est qu'un prétexte pour Cliff d'infiltrer le "gang" de Hippie, et de vivre pour une fois hors écran, une aventure et un suspens comme seul Rick en vit à l'écran. Les gentils hippie se révélant d'ailleurs rapidement être des membres de la secte de Charles Manson, "la famille", et pour quiconque s'est un peu intéressé à cette histoire ou à l'assassinat de Sharon Tate sait que si Manson est évoqué, sa famille aussi, l'issue du film n'est pas loin. D'autant plus qu'apparemment, un gars en voiture, un cascadeur de cinéma d'ailleurs a été assassiné par la famille Manson dans le ranch ancien décor de cinéma qu'ils occupaient contre de menus services sexuels pour le proprio, et que en quelque sorte, Tarantino offre à l'histoire un moyen de changer le réel, puisque Cliff non seulement se sortira vivant du traquenard des Mansoniens mais en plus, cassera la gueule du voyou qui a crevé son pneu. Et là encore, Tarantino joue de la satire du mâle alpha qui joue des poings plutôt que du dialogue. Là où dans le même temps, Rick dans un face à face, ne joue quasiment que du phrasé de son personnage, même méchant. La petite fille viendra d'ailleurs le féliciter en lui disant qu'elle n'a jamais vu quelqu'un jouer aussi bien et aussi juste. Lui une fois la caméra coupée ne se préoccupe d'ailleurs que du bien être de la petite fille, en lui demandant si elle n'a pas eu mal quand il l'a jeté au sol.

Les deux séquences se répondent parfaitement en miroir quand on y réfléchit un peu.

Sharon Tate n'est pas du tout présenté comme une dinde qui adore se voir jouer, je suis effaré, que des gens qui se disent spécialistes du cinéma, comme les guignols du Masque et de la Plume (mais bon, on avait déjà eu un aperçu de l'étendu de leur bêtise dans les enregistrements ina pendant la sortie de Star Wars en 1977) n'ait pas compris, que le sous-texte a voir, est Margot Robbie, qui se regarde fictionnellement, en tant que Sharon Tate, regarder jouer la vraie Sharon Tate... Et il est évident que même si Margot Robbie n'a pas beaucoup de lignes de dialogue, son personnage reste quand même de toutes les séquences, à chaque moment charnière, à chaque scène importante, jusqu'à être de la dernière scène du film (hors générique qui comprend encore quelques scènes plutôt décalés autant sur Tarantino (poub pour Red Apple, sa marque de cigarette fictionnelle) que sur le cinéma de l'époque (une star qui fait une pub pour une cigarette justement). Tarantino doit très certainement être à peu près aussi fan de Sharon Tate que moi, car pour moi, le film entier entre en résonance avec ses scènes, jusqu'à se permettre de façon plutôt réjouissante de rejouer l'histoire et si finalement, l'histoire s'était passé autrement.
Et c'est ce qui se passe, puisque Cliff, et Rick se retrouveront face à la famille Manson, en lieu et place de Sharon Tate et ses amis. L'occasion pour Tarantino de donner libre cours à sa fascination pour la violence graphique, renvoyant j'imagine le pauvre papy prédicateur de Haneke dans les cordes pour de nouvelles années de thérapie, et de gesticulations religio-moralistes à destination de la nation qui se contrefout des films qu'il lui destin pourtant cérémoniellement. Dans une relecture Tex Averyesque sanglante, et hallucinée (que n'aurait certes pas renié un Kubrick), Rick, sa femme, et le petit Cliff, aidé de sa chienne, réduisent les assaillants de la famille Manson à un tas de loques à visage inhumain, allant jusqu'à purifier leurs âmes par le feu. 

Et là le temps se suspend, réellement. Cliff est emmené par l'ambulance et Rick reste seul face à la grille de ses voisins, quand l'improbable se produit, un des amis de Sharon Tate vient parler avec lui, puis ce sera la voix et la voix seule de Sharon qui percera le silence, lui proposant de franchir la grille pour les rejoindre. Inutile de dire qu'aprés le quasi fou rire de l'exécution uchronique des sociopathes Mansoniens, et dont il faut connaître l'histoire de Tate, pour en apprécier tout le sel, l'émotion est réellement palpable à travers l'écran. Et Tarantino sans couper et par un judicieux travelling ascendant à la grue, (d'autant plus que ce travelling à la grue, est l'exacte miroir inversé d'un travelling qui passait de Rick dans sa piscine en train de répéter son texte avec un magnétophone à Polanski et Tate qui sortait de chez eux pour se rendre ailleurs). franchit le mur de la villa de Polanski et Tate, et c'est dans une atmosphère, quasi éthérée, dans une lumière profondément divine et onirique que n'aurait pas renié le Lynch de Mullholand Drive, que se clôt le film, sur les silhouettes de Rick, de Sharon et de ses amis dans le jardin qui sont bientôt happés par la villa. Et rideau...

Dans un film d'une incroyable maturité, non seulement Tarantino livre ici une de ses réalisations les plus habitées et symboliques depuis Jackie Brown probablement, mais en plus, il se permet de livrer pour la postérité cinématographique à tous les fans de la malheureuse Sharon Tate, une vengeance uchronique jouissive à laquelle même la mort récente de Manson ne pourra pas s'opposer. Manson qui sera d'ailleurs présenté comme un gars qui cherche des musiciens pour un groupe (encore une réalité de l'histoire de Manson). Et il offre sa propre déclaration d'amour du Cinéma, à une période qu'il n'a jamais connu, autrement que par les cinéclubs, les films dévorés, les projets rêvés, autrement que par la fiction donc. Tarantino reproduit la fin de Inglourious Basterds, en lui adjoignant une conclusion en forme de manifeste créatif, la fiction est toute puissante, et on peut tout se permettre en son nom. Le meilleur moyen de s'en convaincre, est que quasiment tout le film est narré par la voix-off du chef cascadeur, interprété par Kurt Russel. Un narrateur comme dans un conte de fée par exemple.

Comme on peut se dire également que rien de tout ceci n'est arrivé, puisque Rick franchit le portail, donc qu'il rejoint aussi l'espace mental de gens qui en réalité sont décédés, assassinés par la famille Manson, et que non seulement Cliff a fumé peu avant une cigarette trempée dans l'acide, mais que surtout indice encore plus troublant, Rick Dalton se révèle être face aux tueurs de Manson comme le mâle alpha qu'il rêve d'être, l'incarnation parfaite du héros de ses anciennes gloires, alors que tout le film nous l'a habilement dépeint comme l'exacte opposé de ce portrait un brin trop flatteur. La fin réelle appartient à Tarantino, mais la fin idéale nous appartient à nous spectateurs, notre volonté est créatrice. Et si... Il était une fois... la Rêvolution.

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 10:37
De L'Esprit des Lois à l'esprit des Cuistre-sse-s

Je n'évoque jamais le cinéma que je n'ai pas aimé, ou que j'ai détesté, et si je le fais, je le fais avec d'infinies précautions pour essayer de ne pas être lapidaire, non constructif et cynique. Il y a une autre chose que je ne fais quasiment jamais, c'est de répondre sur ce blog aux critiques stupides ou infondées sur un film, le billet d'humeur très peu pour moi. Mais quand une journaliste RTBF en mal de buzz se prend pour Slate, Brut ou Konbini, je ne peux faire autrement que sortir ma plume, comme d'aucun sortirait leur fleuret, car si il est une chose que je déteste, à peu près autant que Pierre Desproges en son temps, ce sont les cuistres.

Je ne me suis permis cette exercice qu'envers l'Odieux Connard, car outre sa mauvaise foi assumée, il a présenté des éléments de Mad Max Fury Road, film que j'ai vu plus de 9 fois, 10 cette année au Stade Vélodrome, de façon pertinente soi-disant mais en disant n'importe quoi dessus. J'ai donc pris ma plus belle plume pour lui répondre dans un article intitulé " une droite de réponse à l'Odieux Connard". Ayant adoré le Tarantino, et n'étant absolument pas d'accord avec ce que j'en ai lu sur un site de média de grande influence, je ne peux que réitérer la chose.

Plus que le journalisme encore qui demande rigueur, recherches, investigations d'aucuns diraient même, l'analyse de film ne se fait pas de manière abstraite, sans tenir compte d'un contexte, d'une méthodologie et d'une connaissance effective du sujet dont on veut parler.

Après avoir vu le dernier film "polémique" de Tarantino (tout le monde s'y étant un peu mis, de la fille de Bruce Lee jusqu'aux détracteurs de Polanski), "Once upon a time in... Hollywood", je tombe avec stupeur sur un papier "journalistique" du site RTBF nommé "Once upon a time in Hollywood : Tarantino ou le triomphe du mâle alpha". Stupeur car qui connaît un peu le cinéma de Tarantino, et pas nécessairement l'homme, sait que si un terme ne colle pas avec le cinéma de Quentin, c'est bien "misogyne".

Je n'apprécie pas outre mesure tous les films de Tarantino, loin s'en faut puisque j'ai failli m'endormir devant Boulevard de la Mort, j'ai trouvé Inglourious Basterds incroyablement chiant (en dehors de deux scènes magnifiques, l'intro et l'outro) et parfois mal joué, je trouve la dernière demi-heure de Django largement en trop même si j'en comprend l'idée, et je n'ai toujours pas vu les 8 salopards... Mais quand on attaque le talent et la sincérité d'une personnalité dont le cinéma a souvent été profondément féministe, (Jacky Brown, Kill Bill, Boulevard de la Mort, ou Inglourious Basterds), je ne peux que riposter avec intelligence et arguments (tout le contraire de l'article de la plumitive "journaliste" de RTBF).

NOTA BENE : Ceci n'est en rien un objet cinématographique d'analyse du film, (ça viendra sur le blog), ceci est une réponse de l'Esprit des Lois à l'esprit des cuistre-sse-s d'où le titre.

Avant-Propos : De L'Esprit des Lois

De l'esprit des lois est un traité de la théorie politique publié par Montesquieu à Genève en 1748. Cette œuvre majeure, qui lui a pris quatorze ans de travail, a fait l'objet d'une mise à l'Index en 1751.

Dans cet ouvrage, Montesquieu suit une méthode révolutionnaire pour l'époque : il refuse de juger ce qui est par ce qui doit être, et choisit de traiter des faits politiques en dehors du cadre abstrait des théories volontaristes et jusnaturalistes1. Il défend ainsi une théorie originale de la loi : au lieu d'en faire un commandement à suivre2, il en fait un rapport à observer et à ajuster entre des variables. Parmi ces variables, il distingue des causes culturelles (traditions, religion, etc.) et des causes naturelles (climat, géographie, etc.). Il livre à partir de là une étude sociologique des mœurs politiques.

De nos jours, le journalisme tombe plus souvent dans des biais de confirmations, des dérives idéologiques et des abus de langage, et c'est sur ceci que nous allons nous pencher. 

Avant de poursuivre cette lecture, et même si le gros de l'article sera retranscrit ici (toute réponse nécessite citation), je vous conseille la lecture à froid du dit article,

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_once-upon-a-time-in-hollywood-tarantino-ou-le-triomphe-du-male-alpha?id=10293107

Ecrit par Camille Wernaers pour le compte de l'association les Grenades. Il faut savoir que les Grenades est une association féministe avec tout ce que ça peut comporter de problématiques au niveau de la recherche de l'objectivité journalistique. 

"On dégoupille l'actualité d'un point de vue féministe." Tout est dit, le vocabulaire guerrier, et violent est de sorti, et on ne peut pas être serein quand on va dégoupiller une grenade au lieu de scruter des faits.

Il est question de guerre, alors enfilons notre treillis critique, chaussons nos rangers, et armons nous de notre plume et d'arguments là où "l'ennemie" ne manie que la diffamation, l'a-propos et le manque de culture évident du sujet dont elle veut débattre.

"Once upon a time in Hollywood: Tarantino ou le triomphe du mâle alpha."

Arrêtons nous déjà un instant sur le titre choisi. On sent déjà une volonté de faire ce qu'on appelle en anglais le "clickbait" et en français le "putaclic", c'est à dire permettre avec un titre qui évoque déjà le titre du film de générer du clic rien que sur le nom du film que les gens vont chercher pour avoir des avis sur le film. Le fait d'associer le nom du film au sous-titre de l'article "le triomphe du mâle alpha" dénote déjà d'une envie de polémique sous couvert de manier une formule littéraire ou philosophique éprouvée. Ex : Emile ou de l'éducation, Candide ou l'Optimisme, Zadig ou la Destinée etc... Si ce n'est que comme nous allons le voir plus avant, le sous-texte de l'article n'a aucun rapport avec le sujet débattu par le film.

" En ce long et pluvieux weekend, vous serez peut-être tenté.e.s de vous faire une toile. Çà tombe bien, le dernier film de Quentin Tarantino, Once upon a time… in Hollywood, vient de sortir sur nos écrans et fait salle comble. Il faudra pourtant supporter quelques travers scénaristiques…"

Introduction du sujet, pas trop mal, avec quand même déjà une erreur de lexique, car ce que va évoquer la journaliste après n'a rien à voir avec des "travers scénaristiques". Pour être scénariste formé (avec un diplôme d'Etat) même si je ne suis pas scénariste professionnel (comprendre je ne vis pas de ma formation initiale) je suis capable de dire ce que c'est un travers scénaristiques. Il s'agit d'erreurs de constructions narratives, ou de développement du personnage, ou encore d'une progression dramatique incohérente. Mais nous allons voir que les "travers scénaristiques" dépeint par la Camille Wernaers n'en sont pas.

" Première étrangeté: les femmes sont montrées la plupart du temps à moitié nues et pieds nus alors que les hommes ont tout à fait trouvé des affaires à porter. Et même des chaussures. Outre la manière dont elles sont habillées, la manière dont elles sont filmées relève typiquement du " male gaze ", ou regard masculin. Ce concept explique comment la culture dominante impose la perspective des hommes hétérosexuels. Dans le film de Tarantino, ce regard masculin sur les femmes signifie des gros plans et des longs travellings sur leurs fesses, leurs cuisses et leurs pieds. Autant de plans qui transforment les actrices en objets sexuels."

Si les femmes sont effectivement généralement montrées à moitié nues (et encore ceci est partiellement exact, puisque beaucoup de femmes ne sont pas montrées nues, à commencer par Sharon Tate justement). Cela tient plus à l'époque afférente au film, des hippies, les années 70, l'époque de l'amour libre, du "il est interdit d'interdire" et consort... Que d'une réelle volonté de "male gaze".

D'ailleurs cette façon de filmer la femme en tant que corps, peut tout aussi bien signifier une idolâtrie de la femme, qu'une objetisation sexuelle tout dépend ici de la personnalité et des antécédents du réalisateur.

Ce qui est également partiellement exact c'est que Tarantino filme uniquement les femmes à moitié nues, puisque autant Brad Pitt qu'un des hippies seront montrés torse nu également. Et Brad Pitt sera montré torse nu sans aucune réelle justification narrative par ailleurs.

Enfin, il n'est pas venu à l'esprit de la journaliste que si les femmes sont montrés pieds nus (souvent sales les pieds, une première dans le cinéma Tarantinien) et les hommes en chaussures, il y a derrière une volonté de montrer la dichotomie entre les deux mondes en présence. Le capitalisme patriarcal, symbolisé déjà à l'époque par les gros cigares, les costumes 3 pièces et les chaussures, et l'esprit libertin hippie symbolisé par les pieds nus, la "saleté" revendiquée et l'esprit sauvage humaniste ou approchant. Comme quoi il est facile d'apposer ses propres biais cognitifs sur un objet filmique, beaucoup moins facile d'essayer de comprendre l'utilisation de certains stéréotypes ou clichés.
 

" Le personnage de Pussycat (sic) est particulièrement intéressant puisqu’un long dialogue nous apprend qu’elle est mineure, ce qui n’empêche pas de l’hypersexualiser dans les dialogues qu’on lui a écrits, les mimiques qu’on lui fait faire et la manière dont la caméra de Tarantino la filme, notamment par derrière, à hauteur des fesses (oui, encore)."

Encore une fois, la journaliste invente un propos qui n'est jamais tenu dans le film (elle récidivera sur le personnage de Brad Pitt). Aucun dialogue ne nous apprend qu'elle est mineure, tout juste cela est-il sous-entendu dans son propos, mais après tout, elle peut très bien mentir pour manipuler Cliff. Pussycat n'est pas hypersexualisée par les dialogues qu'on lui écrit, Pussycat est un personnage, elle est donc hypersexualisée elle-même par ses dialogues et son attitude. On pourrait m'objecter que c'est la même chose, or il n'en est rien, un personnage n'est pas l'actrice qui le joue, il est un personnage. Son existence ne dépasse pas la fiction. Par contre, on peut dire que Tarantino, hypersexualise l'actrice majeure, Margaret Qualley, qui l'interprète. C'est un détail certes, mais nous allons le voir, le diable est dans les détails.
Pussycat est une hippie libertaire donc la manière de la filmer, ressort du même esprit hippie année 70. Le corps libre (mon corps, mon choix), l'amour libre, la sexualité libre. On peut discuter le choix de réalisation effectuée sans pour autant blâmer Tarantino de l'avoir fait.

Et même si cette dernière est réellement mineure, jamais Cliff n'aura de prétention sexuelle sur elle, en pressentant qu'elle l'est. L'honneur moral puritain est donc sauf. Elle-même dit d'ailleurs à Cliff, que l'important c'est qu'elle soit consentante, le reste n'a pas d'importance. Voilà un dialogue qui aurait dû plaire à une féministe comme semble l'être Camille Wernaers. Etrangement, nulle mention de cet état d'esprit, n'est fait dans l'article.

"Le féminicide comme ressort comique

Il y a " mieux ". Il se trouve que le personnage de Cliff Booth, interprété par Brad Pitt, a assassiné sa femme. Cet événement servira de ressort comique durant tout le film, par exemple quand Bruce Lee veut se battre avec Brad Pitt (quels hommes !) et qu’on le prévient en lui disant " Tu es sûr de vouloir te battre avec lui ? Il est connu parce qu’il assassiné sa femme et s’en est sorti ". Rires gras dans la salle. Pire, le seul flashback qui revient sur le meurtre montre sa femme se disputant avec lui. Suivi d’un gros plan sur le visage de Brad Pitt qui tient une arme dans ses mains et semble bien sur le point de la tuer. Autres rires gras dans la salle. Cette scène semble accréditer la thèse masculiniste selon laquelle les hommes tuent les femmes parce qu’elles les emmerdent alors que les hommes tuent les femmes parce qu’ils les dominent. En France, plus de 90 femmes ont été assassinées par leur compagnon ou ex-compagnon rien que cette année. En Belgique, 15 femmes sont mortes en 2019 à cause de la violence des hommes, souvent ceux qui leur sont le plus proche. Des actes que l’on appelle féminicides (tuer une femme parce qu’elle est une femme), que l’on a encore du mal à visibiliser et qui ne devraient donc pas participer à nous marrer devant un seau de pop-corn. Ou en tout cas pas en faisant porter la responsabilité de son propre meurtre sur la femme. Moquons-nous du tueur pour une fois, ce qui n’est pas fait ici, Brad Pitt étant l’un des héros."

Encore une fois, la journaliste est prise en flagrant délit de mensonge, puisqu'à aucun moment du film, la culpabilité de Cliff sur le meurtre de sa femme n'est établie de manière formelle, légale et indiscutable. Ce ne sont que les ressentis des personnages qui le côtoient, ou un flash-back effectivement assez cynique, mais qui n'est vécu que par Cliff (de même que le combat contre Bruce Lee, on y reviendra) où on le voit, non pas en train de se disputer avec sa femme, encore une forme de biais de confirmation, mais en train de subir ce que l'auteure aurait qualifié si c'était arrivé à une femme de harcèlement morale et psychologique, puisque cette dernière lui dit qu'il est une merde, un raté, qu'elle aurait jamais dû se mettre avec lui, et que sa vie était raté à cause de lui. En psychologie, on appelle ça du harcèlement. Pas une "dispute". DE sorte qu'il est permis de penser même si Tarantino n'y fait jamais allusion, que les violences de madame ne se limitent peut-être pas à des reproches, mais peuvent s'assortir de coups et blessures (Cliff ne serait pas le premier homme à souffrir de violences conjugales féminines). D'ailleurs lorsqu'un homme qui harcèle moralement, psychologiquement ou physiquement sa femme (donc qui serait dans le cas potentiel inversé de Cliff) est tué dans la vraie vie, cette même journaliste va applaudir le meurtre en le justifiant. Nous ne sauterons pas le pas, en restant vague, mais la journaliste nous assure que Cliff a bien tué sa femme, (quelle voyante !)

" Il s’agit d’un film de Tarantino, on ne s’étonnera donc pas qu’il soit violent. Mais cette violence est essentiellement exercée par les personnages de Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. DiCaprio joue un acteur sur le déclin qui ne joue dans ses films que des gros macho passant leur son temps à tirer sur tout ce qui bouge, au revolver ou au lance-flamme (quel homme !). Le personnage de Brad Pitt est quant à lui violent dans la vraie vie, notamment en tabassant du hippie. Il faut dire que le duo passe son temps à cracher sur le mouvement hippie, une attitude qui résonne drôlement en 2019 où les militant.e.s écologistes doivent encore supporter pas mal d’insultes également et que le film nous place du côté des gens qui insultent, les vrais (anti-)héros de l’histoire, tellement attachants."

Ceci est encore totalement faux, et dénote encore une fois du biais de confirmation qu'a choisi arbitrairement la journaliste pour défendre son idée. Non seulement la violence n'est pas exercée que par Cliff et Rick, mais aussi en grande partie par les femmes du film et les "hippies". Violence psychologique et peut-être physique de la femme de Cliff, violences purement physiques et psychopathiques des hippies et violence hypothétique (à prés tout ce n'est qu'un souvenir de Cliff, de Bruce Lee). Mais en plus, Rick est justement une caricature de macho dont se moque Tarantino, puisque nous verrons que même si il est un gros macho à l'écran, or écran, on se retrouve face à une personne dépressive, littéralement alcoolique, et qui est d'une sensibilité totalement exacerbée.
Cliff lui est violent dans la vraie vie certes, mais pareil, Tarantino se moque de cet alpha mâle en le faisant subordonner sa chienne dans sa caravane. Le seul être que Cliff arrive un tant soit peu à dominer, en dehors de Rick, est sa chienne. On le verra dominer Bruce Lee, mais dans un dispositif qui autorise à penser que l'évèment n'est peut-être jamais arrivé, car on revit l'instant sous forme d'un flashback issu de l'esprit de Cliff, debout sur le toit de la maison de Rick où il est en train de réparer l'antenne tv. Il casse effectivement la gueule à un hippie, mais ce dernier vient quand même rappelons-le de crever son pneu de voiture avec un couteau. On est loin de l'esprit hippie, n'en déplaise à Camille Wernaers. Il demande d'ailleurs gentiment au hippie de changer sa roue, et comme ce dernier lui propose tout aussi gentiment "d'aller se faire enculer" (sic), il lui visage le visage à coup de poings et l'oblige à s'exécuter devant son parterre de femmes qui le supportent moralement.

L'autre biais cognitif de la journaliste est de comparer le mouvement hippie, et les écologistes de 2019... Les deux mouvements n'ayant à peu près rien à voir, en plus du fait que les hippies du film de Tarantino sont des criminels qui font parti de la secte de la famille Manson... On ne saurait donc que trop conseiller à Camille Wernaers de se renseigner sur Charles Manson et sa "famille", avant de vouloir comparer les écologistes de 2019 avec cette secte de tarés qui a assassiné Sharon Tate et ses amis entres autres. D'ailleurs entre parenthèses, heureusement que le film nous place du point de vue de ses anti-héros, que de celui de la famille Manson, personnellement, j'aurais eu beaucoup de mal à le supporter en tant que spectateur.

"Racisme ordinaire

Dans le film de Tarantino, les Italiens sont des " Ritals ", on ne " pleure pas devant les Mexicains " (pourquoi pas ?), et Polanski est un réalisateur polonais qui a beaucoup d’amis polonais (vous avez compris qu’il était polonais ou il faut encore préciser à quel point il est polonais ?). Que dire du personnage de Bruce Lee, caricaturé à l’extrême et qui sert à lui tout seul de ressort comique. C’est bien simple : dès qu’il ouvre la bouche, la salle est pliée de rire. Il finira à terre, vaincu par l’homme blanc.

Dans une longue scène dont le seul but doit être de nous faire dire " Quel homme ! ", Cliff Booth (Brad Pitt) met encore de la nourriture sous le nez de son chien mais le menace s’il ose vouloir manger."

En 1970 les Italiens étaient des "Ritals" n'en déplaise encore une fois à madame Wernaers, et le on ne pleure pas devant les Mexicains est une boutade, car les Mexicains étaient réputés à l'époque et encore aujourd'hui pour tenir les cartels de drogue les plus violents et insensibles du monde. De fait, pleurer devant des Mexicains, dans une logique Cliffienne revient à s'humilier devant des possibles trafiquants de drogues sans pitié (on est en 1970 ne l'oublions pas). Quand à  Polanski, on ne dit pas qu'il est un réalisateur polonais avec beaucoup d'amis polonais, encore un mensonge de la journaliste, mais qu'un des amis de Sharon Tate dans la villa est polonais, et si le spectateur attentif se rappelle de l'histoire tragique de Sharon Tate, il ne peut qu'associer cet info, avec le fait que lors du meurtre, Tate et 4 amis et amies à elle ont également été tué, dont un polonais, ami de Polanski. Ce qui fait que à ce moment donné de l'histoire, narrativement, les gens au courant de l'Histoire (avec un grand H) savent que l'attaque de la villa est quasi imminente. C'est une manière de précipiter le sentiment d'inquiétude du spectateur. Ca n'a en soi absolument rien à voir avec du racisme.

On ne reviendra pas sur Bruce Lee, qu'on a traité un peu plus haut, précisons juste à cette jeune femme qui a dormi sans doute pendant la projection, que Lee n'est pas vaincu par l'homme blanc, mais il y a un match nul (une manche chacun) lorsque le combat est interrompu par la FEMME du chef cascadeur qui vire d'ailleurs Brad Pitt du plateau.

On ne reviendra pas non plus sur la scène du repas de la chienne, et pas du chien, (ooouh Tarantino vilain misogyne de femme chien) qui est encore une fois là pour se moquer de l'alpha attitude de Cliff. 

Je ne reviendrais pas sur les anecdotes qui suivent sur Thurman ou Robbie dans l'article, la journaliste confondant marketing de film et rôle dans le film. D'autant plus que même si Robbie n'a pas un grand rôle parlé, elle est de toutes les scènes les plus importantes, notamment la scène finale, celle qui reste le plus en tête, une fois le générique effectué. Et pour Thurman, ces révélations sont elles parfaitement légitimes et doivent être entendues et acceptées, même si en soi, elles n'ont rien à voir avec le film de Tarantino, "Once upon a time... in Hollywood".

" Vous serez d’ailleurs inondé.e.s par des images de pieds nus féminins dans Once upon, a time…in Hollywood. "

Donc cette journaliste n'a jamais vu aucun Tarantino, sinon elle saurait depuis longtemps que "Quentine" est fétichiste des pieds (depuis au moins Pulp Fiction), on a les névroses qu'on peut, mais éléments nouveaux dans ce film, tous les pieds nus féminins sont sales (maculées de boues généralement).

A l'esprit des Cuistre-sse-s

"Le sexisme tue, le racisme tue et le cinéma est politique. Il paraît que le film de Tarantino montre la nostalgie pour une époque révolue, celles des sixties, et qu’il nous en offre sa propre vision (ces chouettes années où on pouvait encore tabasser du hippie, insulter les Italiens et où les femmes se baladaient en nuisette). Quand on la voit à travers les yeux des hommes, cela donne plutôt envie de se réjouir que cette période soit derrière nous. "

Le sexisme tue sans nul doute, le racisme aussi, et le cinéma n'est (heureusement) pas que politique. Tarantino ne montre pas dans son film que la nostalgie d'une époque révolue, ou pour avoir vu uniquement ça, il est plus que temps que cette journaliste ouvre un livre d'histoire du cinéma. Le film de Tarantino n'est sûrement pas exempt de défauts, mais en tout cas pas ceux-cités ici. Et encore une fois, confondre les hippies, et les meutriers de la famille Manson, et surtout associer ces gens-là abjects avec l'idéologie actuels écologistes de 2019 me paraît aussi crétin que dangereux, et surtout très insultants pour les écologistes actuels. Cette période est justement vue à travers principalement les yeux des hommes qui l'ont créé et façonné pour en constituer non pas un horizon indépassable ou nostalgique, mais bien un regard critique, qui passe en plus à la toute fin du film par une uchronie qui réinvente le passé, venge Sharon Tate et ses ami-e-s et empêche fictionnellement du moins Polanski de vriller.

Mais pour voir tout cela à l'écran, il faut entrer vierge de tout présupposé dans la salle, et ne surtout pas apposer ses propres névroses et biais de confirmation, en tapant sur des cercles pour y faire entrer les carrés de sa réflexion... D'où l'intérêt comme le disait Montesquieu de faire de l'analyse cinématographique comme de la loi, et au lieu d'en faire un commandement à suivre, en faire un rapport à observer et à ajuster entre des variables de causes culturelles et naturelles. A bon entendeur, salut.

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 09:11
Dumbo

Avec cette réadaptation du classique dessin animé de Disney, de 1941, Dumbo, on retrouve le réalisateur Tim Burton au sommet de son art. Deux écoles de fans s'opposent sur le "retour" du vrai Tim Burton. Certains esprits chagrins disent que Burton n'a plus rien fait de bon depuis Big Fish, tandis que d'autres estiment que tout les film de Burton sont bons, à l'exception d'Alice au pays des merveilles. Il existe une autre catégorie, ceux qui estiment que Burton n'a plus rien fait de bon depuis Sleepy Hollow, mais on évoquera pas ces derniers. 

Pour ma part, je fais partie de l'entre deux, j'ai adoré son changement de perspective avec Big Fish, où la perte de son père et la naissance de son fils quasi simultanée ont fait changer son cinéma de voie. Par contre, Alice au pays des merveilles m'avait laissé un goût plus qu'amer dans la bouche, car voir Burton incarné par le personnage d'Alice, faire des affaires en vendant des produits dérivés aux japonais, tout en conseillant à sa tante qui croit à la magie d'aller se faire soigner, c'était un peu trop de cynisme pour le fan de Burton que je suis depuis ses débuts.
Rajoutons à cela, sa manie de mettre Johnny Depp dans tous les rôles possibles et inimaginables, et sa propre femme, Helena Bonham-Carter, qui semblait avoir amoindri son génie créatif.

Suite à cela, suivront un "remake" de Frankenweenie en stop motion, et en long-métrage au lieu du court de ses débuts; comme une manière de remettre à plat son cinéma, en écartant la matière organique de l'acteur, pour se réapproprier son art sous sa forme sculpturale. Exit Johnny Depp même dans un caméo vocal, et place à des "voix" de son ancien art, Catherine O'Hara (Beetlejuice), Winona Ryder (Edward aux mains d'argent), Martin Landau (Sleepy Hollow), Martin Short (Mars Attack). Pas non plus de présence de Helena Bonham Carter dans ce film.
Mais Burton se rattrapera vite la même année, en sortant Dark Shadows, adapté d'une série de 1966, avec de nouveau Carter, et Depp.
En réalité, Alice a permis à Burton de voir où le conduisait son entêtement, et après un Dark Shadows plutôt propre mais sans sa folie personnelle, Burton réalise qu'il y a une vie après Depp, et ce tournage lui permet également de rencontrer sa nouvelle "muse" artistique en la personne de la française Eva Green (fille de Marlène Hobert).

Nous sommes en 2012, et en 2014 suivra la séparation amoureuse définitive de Carter et Burton, concomitant au "divorce" cinématographique entre Depp et Burton, puisque lors du nouveau film de Burton, foin de Depp, et foin d'Helena, mais l'arrivée d'Amy Adams dans un premier rôle et l’enrôlement de Chris Waltz dans le premier rôle masculin.
Personnellement, même si Dark Shadows était plutôt sympathique, on retrouve vraiment le Burton de Big Fish ou de Charlie dans ce magnifique et flamboyant Big Eyes. La débâcle d'Alice n'est plus qu'un mauvais souvenir, et le vrai Burton généreux et non cynique revient en course. 

Suivra Miss Peregrine et les enfants particuliers, sorte de X-men pour enfants, avec Eva Green, film que je n'ai pas vu mais dont la bande annonce promettait beaucoup, pour arriver enfin à cette relecture trés personnelle de Dumbo l'éléphant volant, film de 1941.

Après visionnage, on peut décemment dire que Burton est revenu à son sommet. Avec un casting renouvelé, en plus d'Eva Green, on découvre un fantastique Colin Farrel dans le rôle d'un père dépassé par les événements de la guerre de 14-18 et qui en revient manchot. Il retrouve ces propres enfants, et apprend la mort de sa femme, écuyère de cirque comme lui. Son ami et directeur de cirque, joué par un Danny de Vito transfiguré ne peut le reconduire dans ses fonctions d'écuyer de cirque et lui propose de dresser les éléphants. C'est là qu'avec ses enfants, ils découvrent Dumbo, un petit éléphanteau aux oreilles difformes. Lié par un handicap qui les marque tout deux, il comprend l'éléphanteau et devient son protecteur. L'éléphanteau développe malgré ses grandes oreilles ou en grâce à elle, un don pour le vol, et fait bientôt la richesse du cirque. Mais des événements imprévus, vont bouleverser la vie du "petit cirque", puisqu'un grand magnat désire faire l'acquisition de la vedette...

Sans trop en dire plus, cette relecture de Dumbo est l'occasion pour Burton de régler quelques peu ses comptes avec Disney sur la période Alice et un peu plus probablement, car comment ne pas penser à une version pervertie et blond peroxydé de Walt en découvrant le magnat, détenteur d'un parc d'attraction au nom évocateur "Dreamland", machiavéliquement interprété par un Mickael Keaton au sommet de sa forme. Par un fait exprès, ce blond peroxydé incarné par Keaton, se nomme Vandeveren et rappelle beaucoup l'époque Disneyienne sous la houlette de Michael Eisner, également blond et au visage très proche de celui de Keaton dans le film. Ce même homme qui disait, "nous n'avons pas obligation de faire de l'Art".
Avec Dumbo, Burton retrouve ce qui a manqué aux derniers Disney, à savoir l'émotion et la virtuosité de la réalisation, et on attend son nouveau projet avec une grande impatience. Le Burton des débuts est de retour.

Bonus : Le bluray est assez conséquent en bonus. On retrouve les habituels featurettes un peu formaté sur les acteurs, mais toutefois intéressantes, avec des scènes coupées, un bêtisier, une chanson du film en clip, quelques bandes annonces.

 En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K UHD, et en VOD le 23 août 2019 ainsi qu'en achat digital depuis le 25 juillet 2019. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez d'autres films sur Cinetrafic dans les catégories le catalogue ciné de l'année et les films les plus applaudis l'an dernier.
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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 21:23
En verre et contre tous...

Pour parler de Glass, le troisième et dernier ? film de la trilogie de M Night Shyamalan, il faut parler de Split, et pour évoquer Split, il faut parler du génial Incassable, autant se dire qu'on est pas rendu, mais on va essayer quand même.

Lorsque Manoj Night (Nelliyattu pour les intimes) Shyamalan fort du succès de son premier film visible en France et au USA, Le Sixième Sens (car c'est déjà le troisième film de sa filmographie complète) se lance dans l'écriture d'un nouveau film, inutile de dire que tout le monde l'attend au tournant, la presse, comme le public. Et tout le monde espère un "twist" final, procédé stylistique par lequel Shyamalan est devenu une star avec le Sixième Sens (alors qu'à bien y réfléchir, la fin de 6eme Sens, n'est pas un twist, juste une confirmation que toute sa réalisation comme ses indices scénaristiques ou visuels tendent vers cette épiphanie).
Mais peu importe, pour les gens, c'est un faiseur de twist, et heureusement ou malheureusement, cette "spécialité" le suivra toute sa filmographie, au point qu'il rajoute des twists dans certains de ses films, au début ou à la moitié du film, juste pour faire ce que son audience attend de lui, avant de se concentrer sur son récit, et ses personnages, tout en proposant un vrai twist en fin de métrage, souvent indevinable d'ailleurs.
Bref, avis mérité ou pas, toujours est-il qu'Incassable, qu'écrit Shyamalan, va se confronter à la figure mythique et mythologique du super-héros, mais foin de Marvel, foin même de Spider-man, à l'horizon de 1999, le seul super héros original que propose le cinéma, vient du cyberpunk, et c'est Néo dans Matrix (et Blade mais on est loin du cinéma grand public). Donc en 2000, Shyamalan veut s'intéresser à la figure comicscienne du super-héros, en rendant hommage à la maison DC, et Marvel peut-être plus DC d'ailleurs avec Incassable, et Marvel avec ses suites Split et Glass.
Ceci ne participe pas d'une mode, mais bien d'un réel désir de réfléchir sur le super-héros et sur la fable comme générateur de mythe.
Shyamalan envisage une trilogie pour Incassable, et si le premier volet sort en 2000 avec le succès qu'on lui connaît, au point que certaines personnes n'hésitent pas à parler du film comme le meilleur film de super héros de tous les temps, il faudra attendre pas moins de 16 ans pour voir sortir la suite d'Incassable, Split, deuxième volet de la trilogie, et puis enfin 2019 pour la sortie de Glass qui clôt la trilogie à sa façon (mauvaise pour certains, excellente pour d'autres dont votre serviteur). L'épisode final arrive donc 19 ans après le premier opus.
Dans Incassable, on découvre David Dunn, un stadier qui va se découvrir super-héros grâce à la croyance qu'a son fils dans son père, et grâce à la même croyance qu'un étrange vendeur de comics a lui aussi dans Dunn. Sorti miraculé d'un accident de train dont il est le seul survivant, David Dunn va découvrir bientôt qu'il est doté d'une force surhumaine et qu'il n'a pas été dans ce train pour rien. En effet, spoilons allègrement Incassable, c'est le mystérieux vendeur de comics, Elijah, souffrant par ailleurs de la maladie de l'homme de verre (les os qui cassent pour un rien) qui va le révéler en organisant lui-même l'accident de train. D'accident, le train détruit devient attentat, et Elijah devient donc le pendant supérieurement intelligent, la némésis du héros, et comme le dit Elijah à la fin du film, bien souvent le meilleur ami du héros.
Suite au film, qui récolte un succès incroyable, aussi bien critique que public, Shyamalan devient le nouveau Dieu qui fait pleuvoir à Hollywood, et marchant sur les traces de Hitchcock et Spielberg, à qui on le compare souvent, il met bientôt en scène son troisième film, Signes, qui par un mauvais concours de circonstances ne va pas être compris du public, et malgré un twist pour le coup assez fou (en gros, et si l'alien n'était pas venu pour faire le mal en réalité), va être traité de bondieuseries et de repli identitaire (tout le contraire du film en soit), et cet état de fait va se reproduire ensuite dans le Village qui en est lui aussi tout l'inverse. Bref, Signes va en quelque sorte porter un sale coup à la carrière de Shyamalan et à son rapport avec la critique et avec son public aussi.
Mais ne digressons pas, et abordons sans plus attendre, Split, sorti en 2016 qui voit intervenir Kevin Wendel Crumb, un enfant maltraité qui va développer plusieurs personnalités pour se soustraire à ses mauvais souvenirs, 24 personnalités éclatées, cohabitants dans le même corps, et dont une 25eme est progressivement en train d'émerger, la Bête. Kévin and Co, enlèvent plusieurs pompom girls, et veulent les sacrifier à la Bête, mais l'une d'elle, s'avère plus forte que les autres, et s'échappe, finissant par faire capturer Kévin et sa petite smala cérébrale. Quel rapport avec Incassable me direz-vous ? Et bien justement, Kévin Wendel Crumb était un personnage du scénario original d'Incassable, que Shyamalan a dû couper pour des raisons de narration et de rythme narratif. Et Split se clôt sur la télévision qui évoque l'attentat de l'homme, comment s'appelait-il déjà ? Et le spectateur de découvrir lorsqu'un personnage s'écarte, David Dunn qui répond à la question "l'homme de verre", avec le thème de Incassable qui se lance au même moment.
Split est donc la suite directe de Incassable, près de 16 ans plus tard. Et suite au succès de Split, qui avec un budget de 9 millions de dollars en rapporte 278.5, Blumhouse commande rapidement à Shyamalan une suite et fin de la trilogie d'Incassable donc.
Il faudra attendre trois ans supplémentaires pour que Glass naisse. Glass concentre moins d'attente que n'en aurait concentré Split si les gens avaient su qu'il était la suite de Incassable, au lieu de le découvrir à la fin du film, mais il en concentre malheureusement plus du coup car il se doit d'être la conclusion parfaite au SU (Shyamalan Universe). Et dieu sait combien le fan peut-être exigeant quand à sa vision de ce que doit être une fin, GOT par exemple peut en témoigner, avec sa tripotée de fans déçus de la saison 8, ou de son final.
Mais Shyamalan,  intelligemment se moque un peu des attentes, et choisit au contraire de les tromper, favorisant l'anti-spectaculaire, en faisant avec 10% du derniers Avengers, et le tout financé de sa main, un film incroyablement plus riche que ce dont il a l'air. Il reprend l'histoire là où elle s'est arrêtée, avec Casey qui est rentrée saine et sauve, et la Bête/Kévin et la Horde en fuite. On découvre donc Dunn, assisté de Joseph qui agit ici un peu comme l'Oracle dans Batman et qui le guide par micro interposé. Il intervient sur des petites frappes, apparemment de milieu plutôt aisé qui malmènent des passants dans la rue en se filmant en train de les frapper (inspiré d'ailleurs de faits réels). Dans une séquence d'intervention dans l'obscurité que n'aurait pas renié Batman justement, il se rend chez les petites frappes qu'il démonte sans trop de peine. Puis il rentre chez lui, dans son foyer, privé de la chaleur affective de sa femme, morte d'une leucémie foudroyante il y a quelques temps. Il retourne au magasin high tech qui est sa nouvelle couverture, et croise le réalisateur, Manoj Night Shyamalan, qui jouait déjà dans Incassable, le rôle d'un dealer et dans une séquence un peu nostalgique, il lui dit qu'il a fait pas mal de conneries dans le temps, mais que son intervention lui a sauvé la vie (difficile de ne pas y voir l'aveu qu'Incassable et son succès ont réellement lancé la carrière de Shyamalan, pour le meilleur et pour le pire).
Son fils, Joseph l'enjoint de retrouver la Bête en se baladant dans les quartiers d'usine, avec une théorie à lui et il finit par tomber sur Elle justement, et il intervient pour sauver les 3 nouvelles futures victimes de la Horde.
La Bête et Dunn se battent et finissent par traverser une vitre, qui les amène dans la rue en contrebas. La pluie tombe à flots et un combat de titan semble s'annoncer, mais le destin en sera autrement, puisqu'ils sont interrompus par les forces de l'ordre, de grand flash, et l'intervention d'une psychologue, Ellie Stapple. 
Cette dernière les "capture" et les fait interner dans un centre psychiatrique spécialisé dans le traitement des gens qui se prennent pour des super héros. Centre où se trouve également, Mister Glass dans un état presque catatonique. Mais ceci n'est qu'un leurre, et Glass a plus d'un tour dans son sac. Sans trop dévoiler la suite, Shyamalan, réussit à clore parfaitement sa trilogie à mon sens, en amenant chacun de ses personnages à l'issue la plus parfaite qu'il soit, et il déjoue même toutes les attentes du spectateur en présentant le lieu d'un combat épique, façon film de super héros, "la tour Osaka", "a true Marvel" dit un magasine, difficile de ne pas y voir un clin d'oeil distancié à la saga de films mis en place par Kévin Feige; sauf que Glass, tout nostalgique soit-il envers les comics DC ou Marvel, garde son approche, plus viscérale, plus humaine, plus terre à terre (pas de sauvegarde du monde d'une catastrophe, même si elle est volontairement teasée par Elijah).
Au final, Glass est la parfaite conclusion de la trilogie de super héros de Shyamalan, qui a toujours été à hauteur d'homme depuis Incassable, et qui l'est d'autant plus avec le final de Glass. Même si l'ouverture vers un prequel ou même un spin-off pourrait également être possible.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD et en VOD depuis le 24 mai 2019.  Edité par Buena Vista Home Entertainment / Disney. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 22:23
4815162342 = Westeros

Finalement j'ai bien fait de redonner sa chance à cette série.. Depuis Lundi en 8 (soit le 20 mai dernier) jusqu'à ce soir, 23h35, cette reprise dès la saison 1 jusqu'à la saison 8 a été plus que profitable.Cette fin est parfaite, puisque qu'il faut avoir de sacré cojones pour loin de finir sur du vent, finir sur ce qui fait toute saga, une histoire, une fabula, un récit, une mythologie..Comme Lost, série avec laquelle GOT partage énormément de points communs, comme un soin infini apporté aux retrouvailles, des musiques lyriques et profondes, rappelant le Giacchino des meilleures heures, des ralentis pour sublimer la folie du monde, sa gestion du temps, et un goût pour le récit et l'aventure. 
Car oui, il est ici question de la geste du conte, de comment se rencontre et se percute la fiction et la réalité, à travers la profession de foi absolue de deux showrunners dans le récit, David Benioff et Daniel Brett Weiss, qui à l'instar des génies Damon Lindelof et Carlton Cruse de Lost, offrent aux premiers pourvoyeurs d'un récit, le ou les scénaristes, un écrin à hauteur de la richesse du livre de George R.R Martin, et un sacré hommage au travail de cette petite main qui est personna non grata dans le cinéma français, et un peu mieux loti dans le cinéma Hollywoodien, mais qui est heureusement en télévision US, un des maillons essentiels de toute oeuvre.
La preuve la plus évidente de tout cela, est que le dernier épisode est entièrement écrit ET réalisé par les Showrunners de la série.

Ce décipit, contesté par des nombreux fans (n'oublions pas que la racine de ce mot, vient de fanatiques), contient en son sein, toutes les promesses d'un final mélancolique et doux amer, exactement comme l'a été Lost, d'où la comparaison et le titre du statut; et dont la série partage un grand nombre de thématiques et un goût pour la philosophie de Nietzsche ('ceux qui ne nous tue pas, nous rend plus fort") à Candide ou l'Optimisme, (tout arrive pour une raison, cher à Leibniz, dont Candide se moque un peu d'ailleurs), ou encore Zadig ou la Destinée, (réflexion initiatique sur le Destin).

D'ailleurs, comment ne pas entendre le propos de Tyrion sur ce final, comme l'aveu d'un choix, d'une prise de risque qui ne plaira pas à tout le monde, d'un essai sur le principe même de "geste" quitte à s'éloigner du matériau de départ au point de lui inventer une autre fin, comme le démontre très bien ce dialogue avec JS : TRES LEGER SPOILER... ALERT SPOILER.

"Tyrion : Les immaculés réclamaient votre tête, mais Vert-Gris a accepté le verdict d'une vie de relégation. Sansa et Arya réclamaient votre libération. Et elles ont compris que notre nouveau roi devait instaurer la paix. Personne n'est entièrement satisfait. Ce qui est je suppose, le signe d'un bon compromis.

JS : Ais-je eu raison de faire ce que j'ai fait ?

Tyrion : Ce que nous avons fait.

JS : Ca semble ne pas être juste...

Tyrion : Reposez moi la question dans 10 ans.

Comment ne pas entendre Benioff et Weiss qui dans la cellule de leur imaginaire, parle des attentes forcément déçues des fans (les Immaculés sont présentés comme des fanatiques) qui d'ailleurs demandent un remaking de la saison 8 àl'heure où ces mots sont écrits (c'est dire la clairvoyance du propos), des amateurs de la série, les aventuriers et mesurés représentés par les deux femmes qui incarnent la passion mesurée par une certaine raison. Et cette crainte d'avoir fait une erreur, d'avoir échoué ou trahi la trame narrative ou l'essence des personnages, ou de certains personnages, et cette réponse laconique mais d'une sagesse absolue, "reposons la question dans 10 ans, quand les esprits se seront apaisés.

D'ailleurs, Lost, va entamer sa dixième année depuis la fin de l'épisode de sa saison 6 si controversé et d'aucun considère cette fin de série comme une des meilleures jamais écrites, la réponse à l'interrogation de Snow d'ici 2029..

Après ce final et cette qualité d'avoir voulu 73 heures de shows et pas une minute de plus, et de s'y être tenu avec autant de réussite, je suis des plus impatients de voir la trilogie Star Wars, qui sera scénarisée par le duo.

Sir David Benioff, Sir Daniel Brett Weiss, bienvenu dans le panthéon des très grands.

"Car que dit-on face au Dieu de la mort?

- Pas aujourd'hui !"

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 20:33
Spider versions

"Spider-man into the spider-verse" avait tout du projet ultra casse-gueule, et pourtant à l'arrivée, on se retrouve avec une des meilleures adaptations du Tisseur, si on excepte la trilogie incroyable de Sam Raimi, malgré les légers défauts qui la traversent.

Annoncé fut un temps avec Chris Lord, et Phil Miller aux manettes, les géniaux réalisateurs de "la Grande Aventure Lego", mais aussi des sous-estimés "Tempêtes de boulettes géantes 1 et 2", et des sympathiques films méta que sont "21 Jump Street" et sa suite "22 Jump Street", le projet même si il est resté dans les mains productives et narratives de Lord, a finalement échu à non pas, un ni deux mais bien trois réalisateurs différents. Et même si deux d'entre eux, ont fait leurs premières armes de réalisateurs sur ce film, le dernier a commis le génialissime "Les 5 Légendes".
Ainsi, outre donc, Peter Ramsay, le créateur génial du film "les 5 légendes", produit par Guillermo del Toro d'ailleurs, on retrouve deux noms quasi inconnus, à part de spécialistes d'animations ultra pointus, car le premier, Bob Persichetti a été animateur de quelques Disney, ainsi que sur le récent "Le Petit Prince", tandis que le second Rodney Rothman a été le scénariste de 22 Jump Street du duo Chris Lord et Phil Miller, et scénariste sur ce film, avant de réaliser le futur spin-off entièrement féminin de la série "24 Jump Street" (mais où est passé le 23 ?)

Ce travail à six mains est tout simplement époustouflant, jamais une aventure de Spider-man n'aura été autant cinégénique, cinétique et émotionnellement et formellement si forte. Depuis on le répète, la trilogie de Raimi, qui reste pour votre serviteur en tout cas, indépassable.
Le scénario de Chris Lord et Rodney Rothman convoque intelligemment plusieurs versions de Spider-man. Un jeune garçon afro-latino américain (afro américain par son père et latino américain par sa mère), Miles Morales se fait mordre par une araignée radioactive échappée d'un univers parallèle et récolte les pouvoirs de spider-man. Il essaie de faire comme son idole, et finit par le trouver alors que ce dernier est au prise avec le Caïd (Kingpin). Ce dernier finit par piéger Spider-man, et le tuer sous les yeux de Miles. 

Après la mort de Spider-man, tué par le Caïd, Miles décide de devenir Spider-man à son tour, et entreprend de créer son propre mythe. Il achète un déguisement de spider-man, vendu par Stan Lee en personne, qui lui assure que le costume lui siéra parfaitement et que la maison ne rembourse ni n'échange les costumes. Par cette simple idée narrative méta, mais profondément intelligente tant elle reste connectée à la mythologie de Spider-man, le ton est donné.
Spider-man into the spider-verse est un grand film postmoderne, un blockbuster intelligent, dont la réalisation renvoie sans arrêt au comics. Autre point méta amusant, avant de devenir Spider-man, Miles a une narration et un découpage de plans tout à fait normal, pour un film, qui pourrait s'apparenter à une comédie dramatique. Mais dès le moment où Miles devient Spider-man, l'univers graphique et réalisationnel se modèle autour du comics, une voix off intérieure de Miles apparaît, des onomatopées de coup et de pensée se matérialisent sous forme de bulle ou de carton, et la réalisation devient encore plus virtuose.

Le film passe par une partie tribute à Sam Raimi, très clairement mais en réinventant chacune des scènes qu'il décrit. Sans trop dévoiler l'intrigue pour celleux qui voudraient voir le film, le Caïd déclenche une perturbation du continum espace et temps, et notre terre, la terre des comics Marvel, Terre-616 se voit envahie par des version alternatives des comics spider-man, d'où le titre.
On se retrouve donc avec pas moins de 5 versions alternatives.

-Une version manga avec une petite fille et son robot, Péni Parker.

-une version film noir avec un Peter Parker plus violent, dont l'histoire se passe pendant la prohibition, évoquant autant les premiers Batman que The Spirit ou Sin City de Miller.  Spider-Man Noir n'est autre que la transposition des comics Spider-Man dans l'âge Noir (les années 1930). Ce personnage apparaît en 2009.

- une version dessin animé avec Spider-Ham (Spider Cochon, le fameux, du dessin animé les Simpsons, évoqué par Homer dans le film), transfuge des Looney Tunes, et tiré de réels comics, parodie de Spider-man ayant existé dans les années 1983.  Le personnage a fait sa première apparition dans le comics intitulé "Marvel Tails Starring Peter Porker, the Spectacular Spider-Ham #1" en 1983 qui sera suivi par 17 volumes. L'histoire est totalement loufoque, puisque Peter est ici une araignée qui se fait mordre par une scientifique devenu folle, May Porker. "Peter est une araignée qui vit dans le sous-sol d'une scientifique folle nommée May Porker. Elle réalise des expériences dans le but de révolutionner l'industrie du cheveux ! Elle a créé le premier sèche-cheveux atomique. C'est en séchant ses cheveux justement qu'elle sera accidentellement irradiée et qu'elle va mordre Peter l’araignée... C'est ainsi qu'il deviendra "Spider-ham" !" 

-une version où Spider-man est une fille, Gwen Stacy, mordue par une araignée radioactive et ayant développé les pouvoirs à la place de Peter, son meilleur ami. Personnage de Spider-Gwen, tiré de comics paru en 2015, édité par Marvel, sans doute pour surfer sur les nouvelles revendications féministes en terme de personnage.

et enfin, une version alternative de Peter Parker, qui est plus vieux, et dont l'histoire sentimentale autant que familiale n'a pas tourné pareil.

Tous ces personnages se trouvent face à un grave problème, les agissements du Caïd ont un effet sur leurs multivers et si chacun n'a pas réintégré son univers respectif très vite, il sera rayé de la carte. Commence alors une course contre la montre et contre le Caïd.

Spider-man into the spider-verse est incroyable, dans tout, sa narration, son montage, sa musique signée Pemberton, son découpage technique ou ses idées de mise en scène ou symboliques.
La meilleure façon de lui rendre hommage est de voir ce film, et trop en parler, gâcherait de beaucoup le plaisir de la découverte. Sachez juste qu'on retrouve beaucoup d'éléments de spider-man, ainsi que bons nombres de personnages secondaires et antagonistes de l'univers du Tisseur.

A savoir que Miles Morales est lui aussi tiré d'un vrai comics, paru en 2011, dessiné par Brian M'Bendis et Sara Pichelli dans les pages de Ultimate. Au final, ces incessants aller retour entre film meta et film premier degré aurait pu décevoir ou être raté, mais il n'en est rien, tant le scénario est précis, et tant la structure du film ne tombe jamais dans la blague facile ou dans le désamorçage d'émotion, à une ou deux exceptions près. Un film incroyable, à voir au moins une fois, tant l'entreprise tient du pari fou.  Et comme disait Stan Lee à qui le film est en parti dédié, "That person who helps others simply because it should or must be done, and because it is the right thing to do, is indeed without any doubt, a real superhero".

LA 3D apporte une réel plus au découpage, et à la cinégénie des plans des réalisateurs. Au niveau des défauts rares du film, on regrettera juste quelques passages idéologiques un brin appuyé mais sans que cela ne soit pour autant un frein au plaisir et à l'émotion qu'on éprouve à la vision du film.

Au niveau des bonus, on retrouve un commentaire audio des réalisateurs, différentes scènes alternatives qui apporte un peu plus de densité encore au personnages, le tout commenté par les réalisateurs. Mais aussi un court-métrage inédit "Spider-Cochon : pris pour un jambon" de Miguel Jiron. Un hommage à Stan Lee et Steve Ditko, les créateurs de Spider-man qui nous ont quitté récemment, respectivement en Novembre 2018 et Juin 2018. Un documentaire sur les voix du film, et des featurettes à l'intérêt divers.

En Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K Ultra HD, DVD, Editions spéciales et VOD depuis le 6 mai 2019, et en Achat digital depuis le 29 avril 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez bien d'autres films dans les catégories une autre catégorie de l'an dernier : les films d'horreur applaudis et
pas mal d'humour et un tout petit peu de romance.
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