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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 19:33
Prométhée Us

Cette nouvelle critique portera sur le film de Bernard Rose, Frankenstein, cinéaste anglais réalisateur de plusieurs films, (28 ans de carrière depuis sa naissance en 1960) et dont je n'ai malheureusement vu que trois films avant ce Frankenstein : Le génialissime Candyman, le trés sympathique Ludwig B. dont ma soeur avait la VHS, et le superbe téléfilm pour quiconque est violoniste ou mélomane, Paganini, le Violoniste du Diable en 2013.

Dans ce nouveau film, Bernard Rose a choisi de renouer avec le roman original de Mary Shelley, tout en trahissant un peu sa structure mais sans trop trahir le personnage. Ainsi, il transpose le récit de nos jours, fait de Frankenstein, un scientifique calé en imprimantage 3D, aidé de sa femme Elisabeth (qui a un rôle trés mineur dans le roman) et de la créature, un adonis né de cette imprimantage 3D qui va prendre vie par un procédé non expliqué puisque de l'aveu même du réalisateur, si il avait pu l'expliquer, il aurait été un créateur de vie, non de film.

Le film débute par la naissance de la créature et se conclut par sa mort, son sacrifice dans le feu. Personnellement je n'ai pas réussi à adhérer au film, parce que j'avoue que je m'y suis fort ennuyé, mais cet ennui n'est à mettre qu'à mon compte, car le film propose de trés belles idées de mise en scène, un superbe jeu sur la photographie et notamment la lumière du Soleil et son rapport avec le monstre (on en revient à Prométhée, le sous-titre original du roman de Mary Shelley) ainsi qu'une interprétation parfaite de tous ses protagonistes, et je dis bien tous, jusqu'au plus petit rôle du film.

La grande force de Bernard Rose (et en même temps ce qui m'a un peu lassé), c'est cette volonté de renoncer à tous les appareillages classiques du cinéma (les travellings, les grues, et tout le toutim) pour ne se concentrer que sur un film à hauteur d'homme, filmé au plus près des corps par une caméra à l'épaule omniprésente (avec une Alexa, vu le poids du bestiau, on admire l'effort) mais on ne peut s'empêcher de se dire que des gens comme Cuaron ou Spielberg ont déjà fait des films à hauteur d'homme en utilisant pourtant toute la machinerie opératique en plus de la caméra à l'épaule.

Le film a un certain sens du grandiose, même si le tour de force vire parfois au grand guignolesque avec une sauvagerie et un gore, que ne renierait pas un Gaspar Noé, ou un Guillermo del Toro, période, le Labyrinthe de Pan. Mais vu que c'était le reproche fait au roman de Mary Shelley, on est en droit de se dire que du coup le pari d'adaptation au plus proche du roman est réussi.

Je ne dévoilerai pas l'issue du film puisque le but de cette critique est de vous donnez l'envie de le voir, mais l'idée de le faire débuter en Adonis, et ensuite de détériorer son état de manière scientifique est plutôt trés bien vu, et j'ai une petite tendresse pour de petits clins d'oeil à la mise en image ultra connu du Monstre de Frankenstein, puisque sans trop dévoiler l'intrigue, un bubon apparaît à la base de son cou comme les clous arborés par Boris Karloff dans le film de Whales, et un médecin commence à lui découper le crâne à la disqueuse, raccordant avec l'imagerie Karloffienne. Le film s'ouvre aussi sur Frankenstein et son assistant qui se prennent l'un dans l'autre dans les bras, en hurlant "he is alive".

Une autre grande idée du film, est d'avoir développé la relation quasi Oedipienne entre le monstre et la femme de Victor, dans ces temps de tentative de re-féminisation du cinéma, du moins de re héroïnisation des protagonistes féminins. L'"héroïne" est d'ailleurs pas du tout unilatéralement bonne, et certains défauts ressortiront la rendant beaucoup plus humaine. Et humain le monstre l'est tout autant que dans le roman, puisque le cinéaste a eu également l'excellente idée de reprendre les monologues réflexifs et poétiques du monstre mais jamais l'acteur épatant qui le joue ne les formule, et il se contente de les penser tandis qu'il annone quelques mots signifiants.

Au final, comme ce fameux jour du 16 juin 1816, connu comme celui de l'année sans été et jour au cours duquel, Lord George Byron et ses amis, Shelley, Mary Shelley, Claire Clairmont, et Polidori, retenus par une pluie incessante, inventèrent comme gage pour s'occuper, d'écrire chacun une histoire de fantôme1 (ghost story), Bernard Rose donne naissance à un film profond, viscéral, choquant, réflexif, porté par une musique traumatique et une photo volontairement trés terne, traversée par des éclats de soleil. Un film donc dont je vous recommande la vision, ne serait-ce que parce que comme le dit le réalisateur dans les maigres bonus présent sur le disque, (un making of (featurette de 2min) et une interview du cinéaste un peu plus conséquente), le film d'horreur a ça d'excessif c'est que c'est ou tout ou rien. Soit vous aimez, soit vous détestez, donc à vous de voir.

Sortie en DVD le 8 mars 2016. Edité par Metropolitan Filmexport.

retrouvez ce film dans la catégorie le cinéma d'horreur en 2016 et le top cinéma 2016.

1Ce qui donna lieux, quelques jours plus tard, au Vampyre de Polidori, sur un scénario de Byron (livre qui annoncera le futur Dracula), et au Frankenstein de Mary Shelley. Roman qu'elle s'estime d'abord incapable d'écrire, puis qu'elle couchera enfin sur le papier suite à un cauchemar énigmatique et à une prise d'opium. Ce roman qui deviendra le roman gothique le plus célébré et le plus honni de tous les temps, à commencer par le sien.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 20:33
Hell's Club : Another Night : L'Enfer pavé 2 mauvaises intentions

Après le terrassant Hell's Club premier du nom, on ne pouvait que se dire que AMDS ne ferait jamais mieux que cette somme total de cinéphagie extrême, c'était bien mal connaitre le bonhomme, puisqu'il a non seulement fait beaucoup mieux, mais avec encore bien plus de références et de durée que son premier essai.

On l'attendait au tournant et on a pas été déçu. Commençons tout de suite par les points négatifs qui sont peu nombreux, histoire de les éliminer tout de suite et de se concentrer sur les gros points forts de l'exercice (et heureusement ils sont nombreux). Les points "faibles" du film sont au nombre de deux, allez, même juste un, le deuxième n'étant qu'un goût subjectif. Par moment le rythme du film s'estompe un peu à mon goût, et le temps passe donc plus lentement que sur le premier mais pour une durée supérieure aussi, le temps peut-être de bien placer chacun des personnages, et le deuxième point "négatif" c'est que dans la Valse des Bonds, j'aurais adoré voir apparaître Timothy Dalton et George Lazenby.

Passé ces deux points "négatifs", concentrons-nous sur l'intrigue (oui oui, il y a bien une intrigue). Le film s'ouvre sur un "in memoriam" des personnages tombés au champ d'honneur de la fusillade qui clôt le premier opus. J'ai dis fusillade, oui bon ça va, il y a prescription, maintenant que tout le monde ou presque a vu le un, on peut révéler sa fin. Donc c'est un superbe panégyrique des personnages tués dans le précédent, le tout servi par de somptueux mouvement d'appareil, en l'occurrence des travellings qui sont "affaire de morale" (coucou Godard) et par le biais de splendide plans miroirs qui sont lourd de sens.

Puis après un rapide fondu au noir, nous enchaînons à nouveau sur le carton du premier opus, qui rappelle les règles qui régissent le lieu, c'est à dire aucune, et le nom du film :

HELL'S CLUB 2 : ANOTHER NIGHT

Le film reprend l'idée de rencontres interdimensionnels entre des protagonistes et des antagonistes de cinéma, et comme il n'y a aucune règle, on peut trouver plusieurs fois le même acteur physique, sachant qu'il s'agit de personnage (un peu comme dans le fantasmatique Last Action Hero du non moins génial John Mc Tiernan). C'est ainsi qu'on se retrouve avec un festival de yakayo (de Steven Seagal à Jean-Claude Vandamme) parfois en double exemplaire, double impact par exemple pour JCVD se faisant regarder par un autre personnage interprété par JCVD, le tout provoquant une sensation indescriptible par des mots finalement.

Nous avons donc un réjouissant jeux de miroir, même à travers les personnages, puisque pour James Bond par exemple, nous retrouvons différentes occurrences du personnage, cette fois-ci joué par plusieurs acteurs différents, et nous passons de l'un à l'autre par un subtil effet de passage de point, du plus récent au plus vieux, le plus récent étant au premier plan, et le plus vieux à l'arrière-plan. Idée géniale s'il en est et immédiatement identifiable pour le spectateur, même le plus inattentif.

Des passerelles d'un film à l'autre au travers d'une réplique, lorsque Robocop demande à Sean Connery (James Bond) de ne pas fumer dans le club, ce à quoi l'agent lui répond d'un petit geste de salut de la main, ou d'un univers d'un réal, lorsque Luke Skywalker, Han Solo, et C3PO se retrouvent à la même table qu'Howard the Duck, (autre personnage d'un "film" de Lucas) et ça va même au-delà puisque Disney ayant racheté Marvel, il se murmure qu'un remake de Howard the Duck se prépareraient dans le plus grand secret, depuis son caméo dans les Gardiens de la Galaxie de James Dunn. Disney ayant racheté Star Wars, le propos fait immédiatement sens, pareillement sans aucun dialogue, juste avec de l'attention.

On trouve aussi des idées visuelles folles, comme ce parallèle entre deux idoles de génération différentes, lorsque Luke s'accoude au bar à côté de James Dean. Les deux étant par ailleurs lié à la voiture de manière différente, Dean étant mort dans un accident de voiture et l'interprète de Luke, Mark Hamill, ayant eu un grave accident de la route qui le défigura entre l'épisode 4 et 5 de Star Wars, et pour lequel il dût dépenser une somme folle pour se faire réparer le visage en chirurgie plastique. Et quand on sait que Lucas se destinait à être pilote de course et que c'est un grave accident de la route qui lui fit embrasser une carrière de réalisateur, tout se retrouve lié aux Hell's Club.

il ya même des regards de personnage sur leur suite ou leur passé, je prends pour exemple ce Tony Manero de la Fièvre du Samedi soir, regardé par le Tony Manero de Staying Alive, à moins que je ne surinterprète, je ne sais pas.

Mais le plus émouvant, et qui personnellement m'a laissé échapper une petite larme, c'est clairement ce regard de Axel Foley du Flic du Beverly Hill's 2 sur Mike Lowrey de Bad Boys de Michael Bay. Il s'y joue bien plus qu'un simple clin d'oeil entre deux frères de la même couleur, ou deux flics de comédie d'action, il s'y joue la filiation directe puisque Michael Bay l'a toujours dit, sa principal inspiration c'était Tony Scott, et quand on sait que Tony n'est plus, cet hommage, j'en mets ma main au feu, volontaire, déclenche un petit frisson de nostalgie.

Et cet hommage se teinte enfin de black power, lorsque Lowrey, regarde Blade, lui aussi évolution du film d'action avec un héros noir. Et on assiste à une triangularisation des regards des trois héros de trois époques différentes. Et ce triangle devient carré, lorsqu'une nouvelle virgule de réalisation, nous amène au personnage Scottien de Man on Fire, John Creasy incarnant la maîtrise Scottienne de l'action, quelques temps avant sa mort.

Puis on trouve encore un pot entre deux personnages issus du cerveau du même réalisateur, puisque Blade Runner et son Rick Deckard rencontre Ripley d'Alien pour une petite mousse sous le regard de l'antagoniste de Blade Runner, Roy Batti. Et des petits clins d'oeil et mini intrigue en miroir, il y en a encore énormément à découvrir.

Il y aurait encore beaucoup à en dire, mais on vous laisse le plaisir de la découverte, puisqu'environ 67 films sont recensés dans cette vidéo. Quoiqu'il en soit, il en ressort un travail de titan qui ne mérite que le respect.

Pour finir, la fusillade reprend, on est pas au Hell's Club pour rien, mais il ya une petite surprise finale que de la même manière je vous laisse le plaisir de découvrir.

Bravo, AMDS, en espérant que le mash up sur les courses sera du même tonneau, voire encore dix fois mieux. Tu mérites le meilleur car ton talent frise l'excellence.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:33

Cet article est reposté depuis La Parisienne Life.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 18:13
Capitaine Dent de Sabre

J'avoue aisément toute mon inculture en cinéma norvégien, et donc quand je tombe sur un film norvégien à chroniquer, j'y vais avec encore plus de plaisir, car c'est de la véritable découverte pour moi, surtout un "blockbuster norvégien de film de pirates". Surtout après avoir longtemps cru à la seule vue de la galette dans son plastique et de son titre que le film était un film coréen de pirates actuels.

Quel ne fut pas donc ma surprise de découvrir en fait un film norvégien et de pirates du XVII ou XVIIIème siècle (le temps n'était pas vraiment établi), donc un vrai film d'époque lorgnant autant du côté du Pirates de Polanski que de la saga Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski dont il va jusqu'à emprunter une musique un poil similaire.

Ce film, qui est le premier d'un duo de réalisateur norvégiens eux-aussi, un homme (John Andreas Andersen qui signe également la superbe photo du film) et une femme (Lisa Marie Gamlem) met en scène un conte plutôt pour jeunes publics qui met lui-même en scène un garçon et une fille, même si le métrage donne une part un peu plus importante au jeune garçon et à la quête de son père, disparu en mer.

Plnky est un jeune garçon qui rêve de devenir mousse sur le galion du célèbre pirate Dent de Sabre, depuis que son précédent mousse a péri dans des circonstances aussi affreuses que drolatiques, abattu par une noix de coco lancé par des singes cannibales, lors de son précédent voyage à la recherche d'une carte devant les conduire à Lama Rama, célèbre cité connue pour ses richesses indénombrables.

Pinky a juste un seul problème pour devenir mousse mais de taille, il ne sait absolument pas nager, il est donc en train d'apprendre à le faire avec son ami Raven, quand de méchants pirates mutins capturent le bateau de Dent de Sabre et partent vers Lama Rama, le tout pendant que le concours pour désigner le nouveau mousse bat son plein. Pinky est donc capturé sous les yeux de son amie Raven, et emmené de force sur le Dark Lady, le bateau de Dent de Sabre, par les mutins pour son aptitude à savoir lire, le tout s'avérant bien utile pour déchiffrer la carte qui doit les mener vers Lama Rama.

De son coté, Dent de Sabre resté à quai, affrète un autre bateau, un vrai bateau-lavoir poussif mais c'est mieux que rien pour poursuivre les mutins et récupérer son bateau. Et Raven s'incruste sur le second bateau pour sauver son ami.

L'aventure commence réellement à partir de cet instant, et on suit l'histoire de bout en bout sans aucun déplaisir, et même si quelques gags sont un peu scatologiques, on sent un réel souffle de fraîcheur dans le film et on s'attache à la plupart des personnages, gentils comme "méchants". Car il n'y a pas de réel méchant dans le film, si ce n'est les propres sentiments des mutins et des pirates, l'avarice et la soif de pouvoir. Les personnages sont bien cernés et les personnages féminins ne se résument pas non plus à des potiches ou des demoiselles en détresse, ce qui fait bien plaisir à voir également.

On espère donc au vu de la fin du film une suite à ce sympathique film familial avec un très beau message d'ailleurs. Niveau bonus, aucun et c'est bien dommage, mais par contre des bandes annonces de plusieurs films norvégiens qui ont l'air tout aussi sympathique, notamment deux volets de Vic le Viking, bd extrêmement connue en Norvège, dont la réalisation et l'esprit bd, aussi bien photo qu'interprétation et cadrage, prouve à eux seuls qu'on peut très bien réussir une adaptation de bd dans le genre d'Astérix si on s'en donne vraiment les moyens artistiques.

Sortie en DVD et Bluray le 18 novembre 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.
Retrouvez ce film dans la catégorie - un film d'aventure et les meilleurs films pour tous les enfants.

Capitaine Dent de Sabre
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 18:18
Hector et la recherche du bonheur

L'adaptation du roman "Le voyage d'Hector et la recherche du bonheur" de François Lelord, écrivain français, lui-même psychiatre devient sous la caméra inspirée de Peter Chelsom (Shall we dance et un amour à new-york), "Hector et la recherche du bonheur".

Une sorte de voyage initiatique trés Voltairien (Candide n'est jamais loin) peuplé de tentateurs, de justes, de bons et de "méchants" qui va voir l'immature Hector devenir enfin un homme pour affronter son destin et surtout se rendre compte de l'amour qu'il éprouve pour sa compagne avec qui il n'arrive pas à s'engager.

Hector et la recherche du bonheur pourrait être mis en parallèle avec Walter Mitty de Ben Stiller, car ils abordent tout deux l'histoire sous forme de "conte philosophique" mais là où Stiller nous dit en fin de compte que le voyage de Walter n'a servi qu'à se rendre compte que sa vie était trés bien telle qu'elle était et que la vraie aventure se situe dans son quotidien et dans ses décrochages, quand bien même ces derniers sont influencés par ce par quoi la société le "conforme", c'est à dire les films, les séries et les clichés ; Peter Chelsom et l'écrivain du roman nous montre que Hector a changé par son voyage initiatique pour se rendre compte de la même chose, la meilleure aventure qui soit est de vivre sa vie.

Ce film est don "l'anti Walter Mitty" ce qui ne veut pas dire que celui-ci est meilleur que le film de Stiller, il est juste différent dans son message mais pas moins ou plus important. En fait ils sont trés complémentaires sur un sujet a priori assez identique.

Hector est psychiatre et s'ennuie dans sa vie qui roule comme du papier à musique sur un orgue de barbarie. Il n'arrive pas à s'engager avec sa chérie, et nourrit des rêves de changement. Il décide donc de tout quitter et de partir en vacances initiatiques à travers le monde pour trouver ce qui lui manque, cette recherche fondamentale de ce qu'est le bonheur, et il va traverser plusieurs pays et rencontrer plusieurs personnes pour définir une "recette" du bonheur la plus complète possible à noter sur son petit carnet qu'il emporte avec lui.

Pas de spoiler donc je m'en tiendrais là pour l'histoire, pour vous laisser le plaisir de découvrir les rebondissements du film, mais les deux rôles titres, la si belle et talentueuse Rosamund Pike dont je suis amoureux depuis Die Another Day, et le mutin et espiègle Simon Pegg rivalisent de talent dans ce film, et les seconds rôles sont tous exceptionnels, à noter Jean Reno en "méchant" narcotrafiquant, Stellan Skarsgard en Méphistophélès trader et Christopher Plummer en psychiatre chercheur fou et Toni Colette en ancien béguin d'Hector (et une parti de la volonté de son voyage).

La grande force de ce film baume au coeur, c'est qu'il n'épargne pas des émotions aussi diverses que violentes, mais il ne tombe jamais dans le pathos ou la miévrerie sirupeuse qu'on aurait pu craindre venant d'un tel sujet.Et son autre force c'est de nous dire qu'on peut attendre de belles choses, même venant de gens "méchants", soulignant la réflexion de Jacques Brel, qui pensait qu'il n'existait pas réellement de gens vraiment méchants. Donc que l'on a apprendre des choses des gens, peu importe leurs orientations morales, propos pour le moins subversif.

BONUS : Le dvd est complet. Scènes coupées, entretient avec l'écrivain du livre, interview du réalisateur et un joli making of complètent le tableau et nous permettent d'approfondir le voyage.

Sortie en DVD et bluray le 14 octobre 2015. Edité par Koba : sa page web ainsi que sa page facebook.

Retrouvez ce film, et bien d'autres dans le top des comédies au cinéma et en vod.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 12:09
Hitchcock-Truffaut

"Dans une interview à France info, mercredi, Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française et président de la Commission d'avance sur recettes du CNC, fait un aveu fracassant : lui qui s'honore d'avoir "vu des centaines de milliers de films" n'a jamais regardé un seul Walt Disney. "Pas même Bambi." Et ce n'est pas qu'une question de génération, Serge Toubiana semble fier de n'avoir jamais rattrapé son retard. "J'ai réussi à passer outre, à passer au cinéma d'adulte... J'ai peur de la niaiserie", dit-il. J'ai d'abord cru à une blague, mais non. Serge Toubiana est Disnophobe. Et son mal paraît incurable".

http://blog.francetvinfo.fr/actu-cine/2014/04/13/cher-m-toubiana-nayez-pas-peur-des-films-disney.html

Il est par conséquent difficile d'envisager la vision du documentaire Hitchcock-Truffaut de manière sereine, sachant que le bonhomme en est le co-auteur. Heureusement me direz-vous, l'écriture ne fais pas tout, seulement dans un documentaire elle agit pour beaucoup. Ne connaissant pas Kent Jones, j'ai pensé que la réalisation allait rattraper le coup, ce qui est pour le coup à peu près vrai, mêlant référence audio, photo de l'entretien des deux hommes et correspondance en extrait vidéo avec le cinéma de Hitchcock.

Les intervenants aux nombre de 10 : Martin Scorsese, Arnaud Desplechin, David Fincher, Richard Linklater, Wes Anderson, James Gray, Olivier Assayas, Kiyoshi Kurosawa, Peter Bogdanovich et Paul Shrader ; sont pour la plupart intéressant à écouter, à part les français encore une fois qui parlent à côté du sujet, parfois même en lui manquant de respect. Il faut en vouloir pour entendre Assayas dénigrer la volonté de maîtrise et de contrôle de Hitchcock arguant que lui préfère l'inattendu et l'impro. Mais on s'en cogne de ton avis mon grand, c'est pas un docu sur Olivier Assayas, c'est un docu sur Hitchcock, donc merci de rester à parler de lui et pas de toi ou de ta vision du cinéma. Heureusement les autres intervenants, même parfois Desplechin sont un régal à écouter, surtout le duo Scorsese-Fincher, les plus à même de comprendre Hitchcock, puisque les plus proches de son style de réalisation, ultra symboliste et éminement visuelle.

On regrettera toutefois que soit absent des intervenants qui auraient pu être passionnant, justement parce que complètement dans le style d'Hitchcock (pas seulement pour leur propension à faire du cinéma de genre) mais surtout pour leur influence du maître à commencer par Steven Spielberg dont l'influence de Hitchcock sur son oeuvre est manifeste, jusque dans sa manière de réaliser, les fameux plans Spielbergiens. Mais on regrettera tout autant l'absence de Zemeckis, Shyamalan, ou encore De Palma (l'homme terrorisé, pourrons nous même dire "traumatisé" par la scène de la douche de Psycho au point de la reproduire dans quasiment chacun de ses films), véritable transfuge américain du maître anglais.

Bref, la présence des précédents auraient largement comblés les vides laissés par ce visionnage, car outre l'inanité de certains commentaires, la volonté de Toubiana d'enlever à Hitchcock son succès populaire pour en faire uniquement un "auteur de film non divertissant", divertissement apparaissant comme une insulte sous la plume de Toubiana, laisse au spectateur un sentiment de malaise assez impalpable que la réalisation agréable de Kent Jones ne dissipe pas tout à fait.

On appréciera la petite featurette, Hitchock vu par... dans laquelle quelques uns des intervenants du film donne leur avis sur le maître du suspense, et encore une fois le propos des français est hors-sujet, et trés généraliste. Tandis que le propos des cinéastes américains est passionnant et vraiment centré sur Hitchcock et son cinéma.

Mais pouvait-on en attendre plus d'un homme qui ayant invité Spielberg à la cinémathèque française pour la sortie de Cheval de Guerre, ne trouve rien de plus intelligent à lui demander comme question à propos du film "si il est lui-même un peu un paysan, et si c'est parce qu'il aime les chevaux qu'il a réalisé le film"... Sans commentaire.

Au final, on se retrouve avec un documentaire pas trop mauvais pour le profane, ou pour le cinéphile amateur de Truffaut, mais pour les fans hardcore de Hitchcock, ils n'apprendront rien de plus qu'ils ne savent déjà, et encore vaut-il mieux se rabattre sur le livre issu de ces conversations entre les deux cinéastes. Même pire, après n'avoir été cantonné qu'à un rôle de cinéaste de divertissement, par l'intelligentsia, et n'avoir dû son statut d'auteur que grâce au Cahiers du Cinéma, Serge Toubiana par ce documentaire semble vouloir ôter à Hitchcock son statut d'entertainer également, comme si c'était dévalorisant pour ce dernier de vouloir plaire au plus grand nombre et d'avoir un succès populaire.

Je remercie en revanche l'éditeur pour avoir envoyé un dvd du commerce pour la critique, c'est une petite attention que je ne manque jamais de souligner car c'est une forme de respect pour le travail du bloggeur, donc merci à eux.

Sortie du film en DVD et Blu-ray depuis le 20 novembre 2015.Edité par Arte facebook et son site.

Retrouvez ce film et d'autres dans les grands films français et les films cultes à ne pas manquer

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:43
American Ultra

Nima Nourizadeh pour son second film (après le dispendieux mais trés dispensable Project X) s'attaque à deux genres bien distinct, la rom com (comédie romantique indépendante) et le film d'action paranoïaque et en ressort un trés étrange mariage mais qui contre toute attente fonctionne bien au-delà de nos maigres attentes.

L'histoire raconte la vie de deux loosers magnifiques, Mike (Jesse Eisenberg impeccable) et Phoebe (Kristen Stewart franchement très convaincante) qui vivent leur petite vie de paumée partagés entre petit dealer, policier redneck, et job à la station service. Mais cette vie ne suffit plus à Mike, et ce dernier nourrit le rêve d'écrire des comics de super héros, un en particulier "le singe de l'espace" et de se faire éditer pour pouvoir quitter sa vie d'avant. Il aimerait aussi demander Phoebe en mariage. Un soir, tout va se précipiter quand il va être victime d'une agression et contre toutes attentes, tuer ses agresseurs.

Prenant tour à tour les principes du film indé comédie romantique et du film d'action, American UItra nous propose une jolie réflexion autour de la notion de déterminisme avant de renverser la vapeur sur la fin avec l'idée assez belle que deux personnalités même bancale peuvent s'équilibrer et qu'il est important de ne jamais être seul. Car quoi qu'en dise Mike à son double négatif dans la scène quasiment finale du film, il n'a jamais été seul pour savoir où aller.

Le film est en soi trés sympathique, et on apprécie beaucoup le fait qu'il s'inscrive dans une vision plus féministe du cinéma actuel. Ainsi, Phoebe est loin d'être la "damsel in distress" (demoiselle en détresse) du cinéma d'action, et un autre lead character est une femme qui était en charge de l'opération qui va toucher Mike et Phoebe bien malgré eux.

Enfin, en second rôle savoureux, on retrouve le charismatique John Leguizamo, toujours parfait dans un rôle de marginal fou dont il a le secret, et Topher Grace en antagoniste aussi plaisant que sombre par moment. On notera aussi une réjouissante mais brêve apparition de Bill Pulman.

L'autre grande innovation du film, c'est de présenter un personnage secondaire qui soit ouvertement identifié comme homosexuel. Il s'agit du second de la chargée de l'opération Ultra qui dès sa première scène est montré en train de regarder un MMS que lui a envoyé son petit ami. Certes, on se moque comme d'une guigne de connaître l'identité sexuelle du personnage, mais dans un film américain d'action destiné à un trés large public, l'idée est quand même bien appréciable, et ce traitement, ainsi que celui réservé aux femmes n'est pas pour nous déplaire.

Un autre élément trés appréciable dans le film sera son refus de certains clichés, ainsi dans une attaque de commissariat digne de Carpenter ou Cameron, un policier se met à l'abri derrière un casier à dossier en métal et les balles de l'arme du bad guy (en l'occurence une bad girl) traversent ce dernier le tuant net malgré la protection. De la même façon, les coups, et autres éléments de décors contondants laissent des traces sur les personnages, mais surtout sur les deux héros. Et se rapprochant pour le coup pas mal d'un Die Hard, c'est quasiment en lambeau (ressemblant du coup beaucoup à son personnage de comics "le singe de l'espace") que Mike finira son parcours.

Le film parle d'un sujet qui a énormément concerné les USA, beaucoup moins de nos jours, puisque le programme est soi-disant arrêté. Il s'agit de la programmation mentale ou Monarch Ultra (déjà évoqué par Kubrick dans Shining sous forme de poster, et dans Orange Mécanique, le fameux traitement Ludovico ; mais aussi dans le Complot de Richard Donner ou le film Manchurian Candidate (un crime dans la tête en VF). Ce principe acté par la CIA, consistait dans les années qui ont suivit la 2eme guerre mondiale à récupérer des savants neurologistes nazis et à créer des criminels sur commande qu'on stimulerait avec des images subliminales montrées qui induirait des ordres enfouis, le tout réveillé par une phrase banale.

Ce sujet est immensément connu aux USA, on y trouve des allusions aussi diverses que variées dans beaucoup de médias, de la BD à la musique en passant par les romans noirs, les films et les séries. En France c'est beaucoup plus confidentiel et peu de gens sont au courant, sinon les gens qui s'intéressent à l'occulte, aux théories du complot ou à la géostratégie.

BONUS : Les bonus vont de featurettes assez inutiles en soi mais plaisantes, au bêtisier, en passant par un making of plutôt complet et le commentaire audio du réalisateur, toujours intéressant à écouter.

Au final on se retrouve avec un film assez sympathique, qui évolue entre Kingsman et Reviens-moi dans l'atmosphère, sans toutefois trouver une réelle cohésion des deux, et ça sera peut-être le point négatif le plus gênant, cette incapacité à choisir un genre et à s'y tenir. Mais c'était déjà le cas du précédent scénario de Max Landis (le fils de John Landis et qui signe ici aussi le scénario du film), Chronicle.

Sortie en Bluray et DVD 19 décembre 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans - tous les films d'action sortis en 2015
et - les nouveautés cinéma de 2016.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 20:09
Night Gallery

Une fois n'est pas coutume, cette critique portera sur une anthologie télévisuelle, et non un film en particulier. La fantastique "Night Gallery", créée, écrit, produite et présentée par Rod Serling, le grand Rod Serling, mais si vous savez la Quatrième Dimension, tout ça, sort enfin en France en dvd.

Rod Serling ne se présente plus mais pour ceux qui ne le connaîtraient pas, on lui doit les plus fameuses heures de la série fantastique à la télé, à savoir la 4eme Dimension, (Twilight Zone en VO). Série qui inspirera bon nombre de copycat de la 5eme Dimension, à Au-delà du réel en passant par Chris Carter, le créateur d'X-Files et Amazing Stories de Steven Spielberg et Tim Burton.

Justement, il est assez plaisant d'évoquer Spielberg, car sur la première saison de la série, il est le réalisateur de pas moins de deux sketches. Le remarquable épisode pilote de la série The Eyes avec l'inoubliable Joan Crawford, et le sympathique quoique moins remarquable "Make me laugh" qui fera l'objet d'un remake si mes souvenirs sont bons dans la propre anthologie fantastique de Spielberg "Amazing Stories".

En parlant de Spielberg d'ailleurs, son épisode pilote, "The Eyes" comporte déjà pas mal de plans dit Spielbergiens, qui feront sa patte visuelle dans le futur, à savoir des jeux sur les ombres, le cadre dans le cadre à la Hithcock ou encore des plans avec des reflets (le plan de découverte de Joan Crawford se fait à travers le prisme d'un cristal du lustre de sa maison) et pour l'époque, la réalisation est plus que virtuose surtout pour de la télévision et contient déjà son lot d'inovation visuelle.

Il serait fastidieux de parler de chaque sketches de la série tant le plaisir de les découvrir est supérieur à toutes les critiques qu'on pourrait faire, il convient juste de signaler que tous les épisodes ne sont pas de durée égale (variant de 5 à 40 minutes) et ne sont pas tous de qualité égale aussi (on varie du chef d'oeuvre pur et simple à l'anecdotique). Malgré tout, la série est un must have see pour quiconque aime Rod Serling, ou Spielberg dont ce sont les débuts à la télévision. Ou encore l'occasion de voir Roddy McDowell (la planète des singes) ou Agnes Moorehead (Endora dans ma Sorcière bien aimée) dans des rôles différents de ceux que notre inconscient ou nos souvenirs d'enfance leur attribuent.

Regroupée sur 3 DVD, cette première saison (la série en comporte 3) se compose de 6 épisodes et un épisode pilote, comportant pour chaque dvd, deux à trois histoires.

Le style des épisodes varie également, et on passe d'un sketch d'humour noir, à une fable poétique anticapitaliste, sans oublier de vrais récits angoissants (comme The Doll par exemple).

En espérant que les éditeurs ne s'arrêtent pas en si bon chemin, et nous propose la saison 2 et 3 de la série. Il faut d'ailleurs savoir qu'à de rares exceptions près (le pilote traduit et doublé en VF) cette série est totalement inédite sur notre territoire, alors rien que pour le plaisir de renouer avec le génie de Rod Serling, procurez-vous vite cette petite merveille.

Sortie en DVD et Blu-ray le 15 octobre 2015. Edité par Elephant Films. La page facebook de l'éditeur : https://www.facebook.com/ElephantFilms?fref=ts et son site officiel : http://www.elephantfilms.com/

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 10:47
Hell's Club: L'Enfer, pavé de bonnes intentions

Pour une fois je m'attaque à quelque chose d'encore différent de ce que j'ai pu rédiger dans ces lignes, ça ne sera ni une analyse de film, ni une critique de film, mais autre chose, un poème en prose entre hagiographie et élégie pour une personne qui a été une des figures de prou de l'éveil de ma cinéphagie youtubesque. Quelqu'un que j'ai découvert bien avant de pouvoir faire des films moi-même, disons quand je balbutiais entre envies de cinéma et réalité, et dont l'influence a été trés forte au point que je demande son avis sur chacun de mes projets passés, présent et à venir.

Pendant la déferlante Facebook, c'est devenu une connaissance, et même si je ne l'ai encore jamais rencontré, au fil du temps, et des publications et échanges passionnants, quasiment un ami. Donc ce qui arrive à son nouveau projet sans précédent est ultra important pour moi. Je pourrais bien sûr comme beaucoup m'indigner de la pub qui lui est faite mais ce mec a des doigts en or, et en oeil de monteur donc il mérite pleinement ce qui est en train de lui arriver, et il était temps devrais-je dire, et tant pis pour les jaloux.

A celui que j'ai d'abord connu sous un sigle, AMDS et qui est devenu plus tard Antonio Maria Da Silva (tout un programme ^^) puis Antonio, en attendant qu'il devienne peut-être Tony qui sait.

Poussons la porte du club.

Hell's Club n'est pas un film, du moins pas un film conventionnel. Si on devait le résumer grossièrement, on dirait que c'est un Mashup, vous savez, ce que fait Godard dans Histoire du Cinéma, des stockshots de films et des rushes de son du film parfois, mixés, et agencés différemment par le montage pour raconter quelque chose d'autre ou procurer une émotion.

AMDS s'est rendu maître dans l'art du Mashup, que ce soit un hommage poignant à Bruce Lee qui ne laissera personne insensible (d'ailleurs je me vois obligé d'interrompre mon écrit pour essuyer les touches de mon clavier des larmes qui viennent d'y tomber à la seule évocation de la vidéo) ; des hommages vibrants et cinétique, pour ne pas dire organique à Terminator, ou encore Matrix, ou une pub pour la Clio3, (la vidéo fan pour un concours qui me le fit connaître).

Il est aussi responsable de plusieurs pubs et de clips, et on lui souhaite qu'avec cette popularité soudaine que vient de déclencher Hell's Club juste que dans le tout hollywood (Sharon Stone a partagé la vidéo sur son twitter, excusez du peu ^^), il connaisse non pas le quart d'heure américain d'Andy Warhol mais bien le demi-siècle américain au moins car une personnalité aussi poétique et en même temps efficace que lui mérite de faire des films avec les plus grands.

Si la France avait un peu de jugeote, elle s'en serait rendu compte plus tôt. Et il n'est pas le seul, David et Loïc si vous me lisez :).

Hell's Club s'ouvre sur un sobre carton en anglais "There is a place or fictionnal characters meet. Outside of time, outside of all logic. This place is know as" (Il existe un endroit où les personnages de fictions se rencontrent*. En dehors de tous temps, en dépit de toute logique. Ce lieu est connu sous le nom de"

*on pourrait même dire se confrontent vu l'issue du Mashup qu'on ne dévoilera pas.

"Hell's Club" apparaît bientôt auréolé de lumière et de spots, tel le spot pré-générique d'introduction de la société de productions Twenty Century Fox par ex.

Le ton est donné dès le carton qui rappelle un peu celui de Star Wars également, tout ce que vous verrez, ne découlera d'aucune logique, sinon que les lecteurs de Alice au pays des Merveilles seront en terrain connu. Puisque la proposition du livre de Carroll, est d'enchaîner l'illogisme jusque dans ses derniers retranchements au point que le lecteur n'ait d'autres solutions pour rester dans le livre que d'accepter cette avalanche de gag et de situations absurdes qui reste cohérente dans leurs univers toutefois.

Le seul film a avoir tenté ce happening artistique à ma connaissance est "Matrix Trilogy", et ce n'est certainement pas pour rien qu'il est présent par quelques extraits. Ni que ce Mashup se nomme Hell's Club comme le nom du club dans Matrix Reloaded et Revolutions.

Une fois ce préambule établi, l'auteur, ici AMDS, en maître de cérémonie disco, peut donner toute sa pleine mesure et sa folie créatrice en confrontant par exemple le Carlito (Al Pacino) de L'Impasse (Carlito's Way), en juge de l'ambitieuse Tina (Cameron Diaz) de the Mask, qui par le truchement de la cinéphilie du spectateur devient le Pacino de l'Enfer du Dimanche, Tony D'Amato, jugeant l'ambitieuse directrice Christina Pagniacci (Cameron Diaz), (je ne sais si ce clin d'oeil est volontaire mais connaissant un peu le loustic, il me semble que oui car une oeuvre de cet ampleur humaine ne se monte pas "au hasard" d’après moi). Le spectateur cinéphile verra bien plus de choses que le spectateur "lambda", mais encore, rien n'empêche la revision de l'oeuvre pour saisir ce que l'on a loupé, la force des grands films.

La musique choisie est "Staying Alive", (littéralement restons en vie), encore une fois, pas un hasard non plus. De sorte que la profession de foi du monteur, bombardé réalisateur et scénariste par son projet est ici que le cinéma est source de vie, et que la vie est source de cinéma (Jean-Luc si tu nous regardes). Staying Alive qui est également un film, et dont le sens peut également être "remuons-nous", soit pour que les choses avancent, créons et bougeons-nous, soyons le changement que nous voulons pour ce monde.

Il serait impossible de lister tous les films cités, ou tous les clins d'oeils de montage, mais on notera toutefois qu'au détour d'un raccord regard époustouflant, le Tom Cruise de Cocktail, arriviste ambitieux, croise le désabusé tueurs à gages de Collateral, Vincent également joué par Tom Cruise. Et une infinité d'histoire se raconte au travers de ce seul raccord regard d'une seconde pour quiconque connait la filmographie, ou la vie de Tom Cruise.

Ou encore le Al Pacino de Scarface en grande conversation avec celui de l'Impasse (deux films de Brian de Palma qui s'entrecroise) au travers d'un reflet miroir, plutôt habituel chez le maître et rappelant son fameux "split-screen", élément primordial de son cinéma. Que se passe t-il dans ses têtes semblent dire le montage. Ont-ils conscience d'être duel ? Ou de le devenir ?

Ou bien ce Robert de Niro de Casino, scrutant le visage de celle qui n'est pas encore sa femme dans le film de Scorsese, Sharon Stone (la Catherine Tramell de Basic Instinct) lutinant un Michael Douglas effaré mais défiant Robert de Niro par l'illusion du montage.

Mais il ne sert à rien de décrire ces images car elles perdent fortement de leur pouvoir évocateur et surtout de l'impact que le montage crée entre elles. Au final, on se retrouve propulsé entre Pirandello (v1), Brecht (v2) et le principe de la Noosphère (v3). (cf v1.v2.v3 notes en bas de page). Un seul conseil donc regardez-le, et plusieurs fois pour essayer d'en saisir toute sa richesse.

Et restez jusqu'à la fin du générique, il ya une petite scène qui vaut son pesant de cacahuètes. Et je vous recommande aussi fortement ses autres vidéos, notamment son concept des "reversed scene" (non c'est pas juste des scènes de film à l'envers, ça serait trop facile) qui prend son sens le plus prégnant avec celui de Matrix.

Maintenant que le buzz est lancé, on ne peut qu'espérer, un deuxième opus, encore plus fou, voire des mashups totalement différents pour prendre le spectateur à contre pied de ce qu'il espère voir. Un réalisateur disait, "ne donnez pas au spectateur ce qu'il veut voir, donnez lui ce dont il a besoin". Et ce dont nous avons besoin aujourd'hui c'est de Cinéma, de vrai, et peu importe la forme tant que ça en est.

v1 : Pirandello : https://fr.wikipedia.org/wiki/Six_personnages_en_qu%C3%AAte_d%27auteur

v2 : Brecht : Brecht voulait rompre avec l'illusion théâtrale et pousser le spectateur à la réflexion. Ses pièces sont donc ouvertement didactiques : par l'usage de panneaux avec des maximes, des apartés en direction du public pour commenter la pièce, des intermèdes chantés, etc., il force le spectateur à avoir un regard critique. Ce processus, qu'il baptise « distanciation » (Verfremdungseffekt ou Effet V) a beaucoup influencé certains metteurs en scène français. Dans son théâtre épique, l'acteur doit plus raconter qu'incarner, susciter la réflexion et le jugement plus que l'identification.

v3 : la Noosphère : https://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 14:31
Hysteria

La dernière fois que j'avais entendu parler de Brad Anderson, c'était en 2004 lorsqu'est sorti son excellent film The Machinist, film que j'ai attendu 2009 pour voir parce que j'en avais eu de très mauvais échos, et qu'au final c'est un excellent film, voire un chef d'oeuvre, donc comme quoi, il ne faut jamais faire confiance qu'à soi-même.

C'est donc avec une surprise mêlée d'un soupçon de plaisir (je connaissais ce dont était capable le bonhomme) que j'ai abordé ce Hysteria, (Stonehearst Asylum en vo), film incroyablement jamais sorti chez nous. Jugez plutôt :

Prenez un plateau de cinéma, et mettez-y d'excellents acteurs (Kate Beckinsale, Michael Caine, Jim Sturgess, Jason Flemyng, David Thewlis, Brendan Gleeson et Ben Kingsley), saupoudrez d'une trés bonne musique de John Debney (La Passion du Christ), d'après une nouvelle de Edgar Allan Poe, largement réécrite par Joseph Gangemi. produit par Mel Gibson, éclairé par Wimond Sigismond et dirigé par Brad Anderson (The Machinist) et vous obtenez un film qui ne sort pas au cinéma, même au USA apparemment et qui sort directement en DTV.

Incompréhensible, quand on voit le genre de navet qui sort chaque semaine au cinéma, qu'un bijou tel que ce film n'ait pas eu les honneurs d'une salle de cinéma obscure, voir même la salle d'un obscur cinéma.

Bref, précipitez-vous pour le voir en bluray, VOD ou dvd, il vaut largement le coup d'oeil et plus encore. Je ne dirais rien sur son intrigue pour ne pas vous dévoilez de multiples rebondissements qu'il faut je pense vivre pour adorer le film (la bande annonce dévoile déjà trop de truc). La seule chose à savoir, c'est qu'un médecin se rend dans un asile en tant que stagiaire après ses études pour se frotter à des cas cliniques réels après la théorie et les livres. Le reste c'est à vous de le découvrir.

Sortie en bluray et dvd le 7 août 21015. Edité par Metropolitan Filmexport.

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