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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 14:46
MI6 : Mission Impossible Fallout

Sixième opus de la célèbre franchise, Mission Impossible Fallout rebat les cartes pour apporter le retour d'un ennemi de Hunt, celui du précédent opus, le terrible anarchiste Solomon Lane et son groupuscule terroriste, le tristement célèbre "Syndicat". 
Deuxième film de la franchise Mission Impossible à être réalisé par le britannique Christopher Mc Quarrie (scénariste plus que régulier du surdoué Bryan Singer, 4 films écrits avec son ami d'enfance), ce dernier continue sur la lancée du précédent opus, et expose encore plus son amour pour la série originale (retournement de situation, traquenard, twist à gogo, masque et jeux de dupe), tout en faisant la part belle à l'action débridée.


Et de l'action il va y en avoir à gogo dans ce nouveau film Mission Impossible, car Tom Cruise réalise quasiment 100% de ses cascades. On le voit tour à tour, piloter un hélicoptère, sauter de toit en toit à Paris, conduire une moto à toute vitesse, sans oublier un magnifique mano à mano autour d'une montagne enneigée. Le niveau d'implication du comédien est tel que s'étant cassé la cheville lors du saut d'un toit à une terrasse, le réalisateur a choisi de garder la scène en question, car Cruise, malgré sa cheville brisée, s'est relevé et a terminé la cascade en s'éloignant du champ de la caméra, blessé. On voit donc du coup, Cruise boitiller un peu sur un plan, alors que sur le plan qui lui fait immédiatement suite il court de façon guillerette. Ceci n'est pas une erreur de script ou une étourderie de l'acteur, non juste la représentation la plus ultime de la volonté d'un comédien qui croit à son acting. Ceci rappelle beaucoup, Viggo Mortensen qui dans le Seigneur des Anneaux s'étant pris un coup d'épée dans le visage qui lui a cassé deux dents, avait ramassé les deux dents et demandé de la colle pour pouvoir finir sa scène.

L'histoire de Mission Impossible Fallout, se passe après l'arrestation de Solomon Lane. Ethan pensait benoîtement en avoir fini avec le Syndicat, et la Rogue Nation, cette nation dissidente composée d'ex-agents prêt à n'importe quelle bassesse pour établir un nouvel ordre mondial dussent-ils en passer par des génocides et autres exterminations massives. Mais c'était sans compter sur le fait que ces derniers se sont regroupés sous le nom des Apôtres et comptent bien continuer leur entreprise de destruction et de re-création. Autour d'un nouveau leader, le mystérieux John Lark, (Lane étant en prison), et souhaitent construire trois bombes nucléaires en achetant 3 têtes de plutonium à des trafiquants d'armes. Ethan Hunt et son équipe, Luther (Ving Rhames) et Bengie (Simon Pegg), auquel viendra s'ajouter Ilsla Faust (Rebecca Ferguson), le nouvel amour de Hunt ne seront pas de trop pour lutter contre Lark et les Apôtres. Hunt, doit intercepter les 3 têtes de plutonium, avant que les Apôtres n'arrivent à mettre la main dessus, mais la mission se déroule mal et pour sauver la vie de Luther, menacée par les Apôtres qui interviennent en plein milieu de la vente, Hunt fait échouer la mission, et les 3 têtes de plutonium disparaissent. Convoqué par ses supérieurs, Hunt se voit contraint de faire équipe avec un certain August Walker (Henry Cavill) dépêché là par Erika Sloane de la CIA. Hunt n'est pas du tout enchanté mais il doit faire avec, et découvre bientôt en Walker, une sorte de double de lui, dans sa jeunesse et son insouciance totale du danger (Walker se jette en parachute dans un orage stratosphérique et manque d'en mourir). Ils tentent d'intercepter Lark, avant que ce dernier ne récupère les 3 têtes de plutonium mais tout ne se passe pas là non plus comme prévu.

Un petit mot sur le format UHD (Ultra HD) des nouveaux bluray 4K qui renforce l'impression de revision du film au cinéma alors qu'ils n'ont été vu que sur une télévision ou un moniteur UHD lui-même. Jamais l'immersion dans les scènes d'actions n'aura été aussi présente par la qualité de l'image ainsi exposée. La profondeur de champ est excellente, favorisant l'immersion dans le film.

Les bonus, comprennent un très bon making-of de 53 minutes, long mais passionnant qui revient en détail sur toutes les scènes d'action effectuées par Cruise lui-même, et on regrettera toutefois le fait que le making-of soit un peu trop centré sur le comédien et son réalisateur uniquement, délaissant un peu le reste de l'équipe. Quelques scènes coupées, étant plutôt quelques plans supprimés, tant la différence entre le film fini et ces scènes coupées semble peu sauter aux yeux. Lorne Balfe revient sur la manière dont il a composé la musique pour la course poursuite sur les toits de Londres, dans la featurette "Analyse de la musique de la course-poursuite". Et le dispensable "la mission finale" sauf si vous êtes un afficionado de Tom Cruise et que la voix off de votre acteur préféré commentant les scènes d'actions vu dans le making-of suffit à faire votre bonheur. Egalement un accès aux différents story-board des scènes d'actions du film et outre le commentaire classique de Christopher Mc Quarrie, et autres, "l'écoute isolée de la bande originale" est un gadget mais qui s'écoute avec pas mal de plaisir également.

Probablement pas le meilleur film de Christopher Mc Quarrie, mais quand même un excellent épisode de Mission Impossible qui se suit sans aucun déplaisir. Et pour une fois, un sentiment assez inédit dans les Missions Impossible, la capacité pour le spectateur à se dire qu'à tout moment n'importe qui peut mourir. Bien sûr, nous savons parfaitement que l'histoire va se finir bien pour tout le monde, mais pour une fois, la suspension volontaire d'incrédulité marche à plein tube, et c'est pantelant que nous suivons les péripéties de tout ces agents, amis comme ennemis. On pourrait finir l'histoire de Ethan Hunt sur ce 6eme Mission Impossible, que la boucle se retrouverait bouclée, après tout, MI6, c'est bien là que travaille James Bond. Et n'ayant pas vu Spectre, on ne pourra pas vraiment comparer les deux, mais il semble que Mission Impossible soit quand même aussi bien au niveau de ses scènes d'actions inventives et utra jouissive, un peu le fer de lance du genre espionnage.
Une impression de pot pourri ultime se dégage aussi de l'ensemble, et on se retrouve à souhaiter bien du plaisir au réalisateur qui devra prendre la suite de Mc Quarrie pour un éventuel septième opus, tant ce sixième opus a des allures de dernier baroud avant disparition de la franchise. Mais on ne boudera bien sûr pas son plaisir, si un 7eme opus vient à voir le jour, après tout, "Votre mission si toutefois vous l'acceptez, c'est bien ça la phrase non ?"

En DVD, Blu-Ray 4K Ultra HD et coffret DVD/BLu-Ray Intégrale Mission : Impossible le 5 décembre 2018. Edité par Paramount Pictures France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories avant le bilan de l'année un bilan 2017
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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 14:41
Hotel Artemis

A l'initiative de l'idée de Mission Impossible 5, et scénariste de Iron Man 3 et Godzilla, Drew Pearce passe ici à la réalisation et nous livre un premier film qui a des airs d'épiphanie. Avant cela, on lui devait déjà le court-métrage "Edition Unique Marvel, longue vie au Roi" sur le personnage du Mandarin, du moins sa parodie en la personne de Trevor Slathery (Ben Kingsley) dans Iron Man 3. Et dans lequel Drew Pearce révélait déjà un certain sens du découpage et montrait qu'il savait filmer des scènes d'actions, tout ça pour son film d'étudiant. Comme tout premier long-métrage, Hôtel Artémis n'est pas exempt de petites erreurs, mais on sent transparaître dans le métrage une sincérité et une envie de cinéma, dès plus légitime. Chaque photogramme de Hôtel Artémis, chaque mouvement de caméra transpire l'envie de don de soi de la part du réalisateur scénariste et finit par emporter le morceau.

Déjà, l'idée de réunir Dave Bautista (inoubliable Drax dans les Gardiens de la Galaxie) et Jodie Foster qu'on ne présente plus, à la tête d'un hôpital réservé aux criminels de tous poils est juste excellente sur le papier et s'avère également très bonne dans le film. Et retrouver en méchant, Zachary Quinto (Heroes, Star Trek) et Jeff Goldlum (beaucoup moins cabotin que dans Thor Ragnarok) est aussi un petit plaisir dont on ne se lasse pas. Viennent compléter ce casting hétéroclite, Charlie Day (Pacific Rim), qui est impeccable dans ce "sous Joe Pesci dans les Affranchis), ou Sofia Boutella, petite frenchy devenue inouabliable dans son rôle de tueuse handicapée dans le Kingsman's service secrets de Matthew Vaughn.

Les gros points forts du film sont son originalité, dans la manière de dépeindre un futur dystopique, dans lequel les émeutes sont quotidiennes à L.A, et tellement violentes qu'un couvre-feu se déclenche chaque jour, et que la police a été remplacée par une force spéciale, surarmée dont la première apparition face au personnage de Jodie Foster, donne l'impression de voir une meute de loups, ou de robots, assez terrorisant pour le coup. Son atmosphère est aussi un des gros points forts du film, un air de SF terrienne, assez palpable, et glauque. On se retrouve par moment dans une ambiance à la Richard Kelly, et vu que c'est le premier film de Drew Pearce, on espère que l'histoire sera développée pour une suite ou un prequel pourquoi pas, afin d'en découvrir un peu plus sur des personnages tous aussi attachants que flippants, et dont le seul tort est de ne pas être aussi développé que le spectateur voudrait qu'ils le soient. Car l'univers mérite vraiment d'être contextualisée et expliquée plus avant.

L'histoire tient en quelques mots, suite à un braquage raté, une petite bande de malfrats, enfin les uniques survivants, à savoir donc deux frères (Sterling K Brown et Bryan Tyree Henry), blessés plus ou moins gravement, se réfugient dans un hôtel particulier, qui sert d'hôpital mais uniquement pour les criminels du coin (car oui, en cas de blessures par balles ou arme blanche, les hôpitaux normaux ont pour consigne obligatoire de prévenir la police). Sous les noms de code, Honolulu et Waikiki, ils sont soignés par le docteur Jean Thomas et son cerbère Everest. D'autres criminels blessés eux aussi les rejoignent bientôt, notamment Acapulco, un homme étrange et légèrement sociopathe, et Nice, une tueuse à gages, extrêmement douée. Suite à la nuit d'émeutes la plus violente que n'a jamais connu L.A, une flic s'effondre devant l'hôtel, très blessée, et Jean Thomas reconnait en elle, la petite voisine qui jouait avec son fils. Enfreignant une des premières règles de l'hôtel hôpital, "ne jamais laisser entrer des non membres", elle recueille la flic, une dénommée Morgan, et entreprend de la soigner, tandis que dans l'hôtel, les criminels sont très suspicieux de ce qui se passe.

Waikiki révèle à Honolulu qu'il a volé à un sbire du mafieu local pendant le braquage un stylo qui est en réalité un coffre-fort portable et contient 6 diamants d'une valeurs monétaire énorme. ET voilà que le mafieu local en question, Wolf King (Jeff Goldblum) se retrouve à devoir venir dans l'hôpital de madame Thomas avec ses sbires, parce qu'il est blessé cruellement et qu'elle est la seule à pouvoir le guérir. Un de ses fils l'accompagne et madame Thomas cède à une autre des règles du lieu en faisant rentrer le chef mafieu qu'elle semble bien connaître. On apprendra plus avant qu'il est un des fondateurs de l'hôpital dédié aux criminels, et que c'est lui qui a sorti Jean Thomas de l'ornière dans laquelle sa vie se trouvait après la mort de son fils. Bref, Jean Thomas se retrouve à devoir soigner l'homme que Waikiki a indirectement volé, tandis que Everest essaie de couvrir la fuite de la policière Morgan, une fois soignée. Evidemment tout cela ne vas pas aller sans heurt.

Ce premier film de Drew Pearce a presque les qualités de ses défauts, car à trop vouloir raconter, il finit par perdre un peu le lecteur, mais ce foisonnement de détail contribue également à dépeindre un univers riche, et fouillé qu'on espère voir devenir une franchise, (prequel ou sequel) pour en découvrir un peu plus sur toutes ces pistes scénaristiques évoquées mais non réellement développée en profondeur.

Au final, on se retrouve avec une série B de qualité, remplie d'acteurs confirmés et incarnant des personnages complexes mais lisibles au service d'une histoire simple mais enrichie de dizaines de petits détails et intrigues secondaires qu'on espère voir développés dans une éventuelle franchise.

En DVD, Blu-Ray et VOD le 26 novembre 2018. Edité par  Metropolitan Filmexport. le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories le bilan de 2017 en attendant 2018 et le top de l'action cette année.

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 20:26
The Gift Aid

The Gifted est sans doute la meilleure série chorale de mutants depuis Mutant X dans les années 2000... Hey ne partez pas, je plaisante, c'est vraiment une série de fou, et vous allez voir que la comparaison avec Mutant X n'est pas si stupide. Après le succès du film X-men, Marvel qui ne possède plus les droits d'exploitation est un peu déçue, surtout face au succès rencontré par le film X-men de Bryan Singer, et elle charge donc, une de ses têtes pensantes, Avi Arad de lancer une série, avec des mutants mais qui soit pas X-men, forcément. Alors le brave Avi, a l'idée de Mutant qui ne dépendrait pas d'un facteur génétique mais qui serait devenu Mutant suite à des manipulations génétiques, un peu à la Stricker dans X-men 2, ou X-men 3 (bien que il semble que X-men 3 n'a jamais existé... Encore un coup du "Mandela Effect". Bref, Avi Arad crée Mutant X (2001), diffusée en France sur TMC (de 2002 à 2004) puis sur M6 après cela dans la Saga des Séries, et la série se plante plutôt, il faut dire que c'était pas très bien filmé, mal éclairé, que les FX étaient risibles, et pas toujours très bien interprété. A noter la présence de l'inoubliable John Shea (Le Lex Luthor de Lois et Clark) dans le rôle de Adam Kane, le "gentil" protecteur des mutants. Et non content de ça, 20th Century Fox à l'époque, veut intenter un procès à Avi Arad et Marvel, parce que les droits d'exploitations des X-men leur appartiennent et que bon, ça ressemble quand même beaucoup aux X-men tout ça.

Mais presque 16 ans plus tard, de l'eau a passé sous les ponts, et toute la dispute est oubliée, puisque The Gifted se trouve être produit par 20th Century Fox, ET Marvel. Avi Arad en revanche n'est pas producteur de la série. Mais on ne perd pas au change, puisque des noms très prestigieux pour la plupart se retrouvent à la production : Bryan Singer, Len Wiseman, Lauren Shulen Donner (la productrice de bon nombre de Marvel pour la Fox, amusant quand on sait que son mari Richard Donner, a réalisé deux films DC), mais aussi Simon Kinberg, Jeff Loeb, Jim Chory, et Matt Nix, créateur de la série d'ailleurs, mais aussi à qui on doit les séries Burn Notice en 2006, et The Good Guys en 2010.

Ici, il ne sera nullement question des X-men, bien que Marvel ait récupéré les droits d'exploitations de certains personnages, mais en revanche, que ce soit eux, ou la Confrérie, on les évoquera comme d'anciens héros, des légendes, et leur présence reviendra au fil des épisodes que ce soit des easter eggs, ou au détour d'un dialogue. Matt Nix, se concentre donc sur le quotidien d'une famille dont le père (Reed Strucker) est procureur dans la traque contre les mutants terroristes, et qui vit une petite vie tranquille, avec sa femme, et ses deux enfants, jusqu'à ce qu'un événement, extraordinaire, vienne faire basculer le cours de sa petite vie "tranquille". Reed Strucker est donc procureur et il traque les mutants dangereux depuis un événement tragique, survenu le 15 juillet et qui a eu des répercussions dramatiques, et a été notamment perçu par l'opinion publique comme une sorte d'attentat terroriste. Beaucoup d'humains ont été touché et le gouvernement a durci la répression des mutants criminels. Le pays est divisé entre les pro-mutants et les antis. Entre temps, les X-men ont disparu, et la Confrérie itou, laissant juste une poche de résistance, la Résistance mutante, dont une jeune femme Polaris, et son compagnon, Eclipse, entre autres sont les fers de lance sur choix personnel des X-men.

Après un acte particulièrement éprouvant de torture physique, disons le clairement de harcèlement scolaire de trois "camarades sur lui, Andrew, le fils de Reed va révéler des pouvoirs mutants particulièrement dévastateur en réaction à cet acte ignoble. Et lorsque la fille de Reed, Lauren, fait montre à son tour d'un pouvoir tout aussi puissant lorsque les anciens membres du bureau de Reed viennent arrêter Andrew suite à la démonstration de ses pouvoirs qui a blessé un de ses agresseurs ; Reed n'aura pas d'autres choix que de fuir avec sa femme, Caitlin, et ses enfants, et va trouver refuge dans le QG de la Résistance Mutante.

L'entente entre les mutants et le couple humain ne va pas aller sans heurt, mais ils vont rapidement se trouver un ennemi commun, en la personne de l'agent des Sentinelles Services, une sorte de SWAT humain, anti-terroriste mutant, Turner, et dont la petite fille a été tué le fameux 15 juillet, jour de l'attentat terroriste. Il nourrit depuis ce jour une haine féroce contre les mutants qu'ils jugent responsable et a fait de leur traque, une quête personnelle.

Il serait criminel d'en révéler plus, car cette série est tellement bien écrite et les personnages sont si bien développés que le plaisir doit être de découvrir par soi-même les rebondissements et les fausses pistes. L'épisode pilote est réalisé par Bryan Singer himself, et on ne boude pas son plaisir tant il est supérieur à tous les autres en terme de réalisation, les épisodes suivants réalisés par Len Wiseman (Underworld) et Jérémiah Chechik (qu'il est assez cocasse de retrouver ici, surtout après l'inégal Chapeau Melon et Bottes de Cuir qui a quasiment eu raison de sa carrière cinématographique en 1998) sont eux-aussi de très bonnes facture. Ensuite, on retombe dans une réalisation plus basique, mais le plaisir réside toujours autant dans le jeu des comédiens et comédiennes, tous excellents sans exceptions, la photographie particulièrement soignée dans ses jeux de clair-obscurs et d'ombres, et le scénario remplit de rebondissements bien amenés, le tout formant un ensemble cohérent et agréable à suivre. Un mot aussi sur la musique de l'excellent John Ottman, (en quelque sorte le John Williams de Bryan Singer, puisque compositeur de quasiment tous ses films, à l'exception de X-men dont le score fut composé par Michael Kamen, un peu avant sa mort), tour à tour, enlevée, virevoltante, comme les pouvoirs des Mutants mais aussi avec des nappes beaucoup plus sombre et tragique, car sans trop spoiler, la série est vraiment très adulte, et les spectateurs et spectatrices risquent de sortir pas mal les mouchoirs.

La saison 1 s'achève sur un cliffhanger, comme toute bonne série en fait, et la saison 2, diffusée en ce moment sur le câble, risque d'apporter son lots de réponses et de questions supplémentaires. Le fan service est plutôt limité, et toujours intelligemment utilisé, une allusion à un Magnéto par ci (sans le nommer), à un Wolverine par là, (toujours sans le nommer), mais guère plus, ou des objets symboliques de la Saga ou des Comics. Et la série comme souvent chez Bryan Singer, qui en est producteur à travers sa maison de production "Bad Hat Harry" (dont le nom pour la petite histoire est tiré d'un dialogue des Dents de la Mer de Steven Spielberg, ce dernier étant le réalisateur préféré de Singer), est l'occasion de parler de la différence du gène mutant que ce soit à travers les métaphores de la séropositivité, de la Shoah, de l'esclavagisme américano-africain, ou de l'homosexualité, mais élément nouveau, des autres minorités comme les asiatiques, les hispaniques, ou les indiens d'Amérique, ou encore les femmes. En effet on trouve des représentants de toutes ces minorités ethniques ou non dans la Résistance Mutante, et surement un effet positif du mouvement #meToo, pas mal de rôles féminins intéressants, et également à des postes clés comme la réalisation ou la production. Bryan Singer ayant lui-même été inquiété lors de l'affaire Weinstein et de ses secousses mais finalement innocenté des faits qui lui ont été reprochés n'est peut-être pas étranger à tout ça, mais ce n'est qu'une supputation.

Bref, si vous aimez l'univers des Marvels, les mutants, et les pouvoirs spéciaux, précipitez-vous sur cette série, qui est un bijou, et dont la saison 1 est composée de juste 12 épisodes, et croyez-moi c'est trop peu, vu le niveau d'efficacité de la série. On espère que la saison 2 aura le même niveau d'exigence et d'excellence qui ont pu caractérisé cette étonnante saison 1.
 

En DVD depuis le 7 novembre 2018. Edité par 20th Century Fox. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.

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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 15:04
Deadpool 2

L'histoire en peu de mots voit Deadpool s’asseoir comme rempart contre le crime organisé, mais cette action lui coûtera la vie d'un être cher, et il va vouloir mourir pour la rejoindre, mais son pouvoir d'autoguérison le condamne à rester en vie, et c'est Colossus qui viendra le chercher pour devenir un X-man et les aider dans leur lutte, notamment venir en aide à un petit garçon prénommé Russel, prisonnier d'un orphelinat tenu par un sadique, pervers. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.

Il est évident de dire suite à la vision de la version longue qu'on est face à un tout autre film, car oui, mes petits agneaux, je me suis tapé les deux versions d'affilées histoire de vous proposer la chronique la plus complète et juste sur les différences entre les deux, ainsi que tout les bonus, quand on aime, on compte pas.

Même si justement, il est assez difficile de dire que j'ai beaucoup aimé Deadpool 2, parce que même si je ne l'ai pas détesté, loin s'en faut, et même préféré au premier opus de Tim Miller, on est quand même face à un film totalement inoffensif qui sous ses dehors de subversion n'en a en fait pas beaucoup en dehors de sang, de tête tranchée, et d'un langage quelque peu ordurier. Mais la vraie subversion où est -elle ? On est loin d'un film comme Logan, dont Deadpool se moque en disant que lui aussi il va mourir pour monter le cran. Le problème est sans doute là, ce n'est pas parce que SPOILER Logan meurt dans son film éponyme qu'il est subversif, mais c'est bien tout ce qui amène à cette mort, et ça, David Leitch, réalisateur du sympathique John Wick et de Atomic Blonde que je n'ai pas vu, ne semble pas l'avoir totalement compris. Même si on est loin d'être dans un film mauvais, bien au contraire même, cette version longue apporte certes un peu plus de sang, de têtes tranchées et de gros mots ordurier mais elle apporte aussi pas mal d'empathie pour le personnage de Russel, ce qui manquait cruellement dans la version cinéma. L'arc du personnage qui semblait taillé à la truelle s'offre ici plusieurs scènes intéressantes dans lesquelles on découvre le personnage et s'éprend bien plus de lui et de son sort que dans les maigres flash-back de la version cinéma. 

Le reste du film demeure égal à la version cinéma, même si quelques transitions supplémentaires de scènes ou de plans carrément en dialogue avec d'autres sont mieux amenés que dans la version cinéma. Rien ne change beaucoup, mais au final ça change tout, on passe d'un film assez regardable mais sans plus à un film un peu mieux écrit et monté, qui donne envie de lui donner une deuxième chance. 

Même si les deux version sont présentes dans le boitier bluray, il est évident que le film doit être regardé dans sa version longue. Certaines blagues changent aussi, et Deadpool se permet quelques remarques un peu plus sanglantes c'est le moins qu'on puisse dire, et pour le coup, un brin plus subversives. Mais au final, on reste dans une sorte de comédie familiale, dans laquelle l'amour véritable et la famille sont les ressorts les plus importants, on croirait presque voir Moi, moche et méchants par moment (Despicable Me) dans son incapacité à montrer un personnage sans valeur et sans morale.

Les personnages secondaires comme la Hyène, Colossus, Negasonic Teenage Warhead, Dopinder ou Al sont toujours aussi savoureux, et à ceux-ci vient s'ajouter un Cable, remarquablement campé par un Josh Brolin tout juste sorti de son rôle de Thanos (d'ailleurs Deadpool lui enverra une pique à ce sujet). Le film est d'ailleurs bourré de petits clins d'oeil aux univers Marvel, clin d'oeil souvent souligné par Deadpool, qui est rappelons-le, le seul héros de comics à briser le 4eme mur car il a conscience d'être dans une fiction. Dans ce deuxième opus, ces petites interventions loin de faire sortir le spectateur, donne au récit un ton plus "réaliste" contre toute attente, car après tout pour les personnages des Marvels, il est juste fou. A noter aussi les apparitions éclairs et trés drôle de Matt Damon (oui vous avez bien lu, Matt Damon is in da place), et Brad Pitt dans le rôle du fantôme. Le passage d'ailleurs où Deadpool monte son propre "Suicide Squad" (la X Force) est un des meilleurs moments du film, non sans rire, un des meilleurs moments de burlesque et de n'importe quoi. C'est juste jouissif. A noter également un post générique désopilant dans lequel Deadpool répare pas mal d'"erreurs" de la chronologie Marvel, mais pas que, avant de s'attaquer dans la version longue à la "moman" de tous les Némésis de l'histoire du monde.

Le film s'accompagne dans son premier disque de bonus très fournés, parmi lesquels deux scènes coupées, un bêtisier, plusieurs documentaires très intéressant sur le tournage, un commentaire audio, et tous les teaser-trailers décalés qui ont accompagné la pré-sortie du film et sa sortie. Si vous avez aimé le premier opus, ce deux est fortement conseillé, et si comme moi, vous avez trouvé le premier opus sympathique, ce numéro deux, très différent dans ses enjeux : sauver un humain et pas le monde, saura sans doute vous satisfaire, surtout dans sa version longue.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K, Steelbook, Edition limitée, coffret Deadpool 1 & 2, et en VOD depuis le 17 octobre. Edité par 20th Century Fox.  : un lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 16:57
Leo Da vinci : Mission Mona Lisa

Si il existe un genre de film qui est assez peu représenté pour la jeunesse en terme d'accessibilité, c'est bien le film de Pirates, si on exclut, le Peter Pan de Disney, une partie de Hook, le dernier Aardman, "Pirates bons à rien, mauvais en tout", et éventuellement le Pirates de Polanski, il n'y a pas grand film qui traite de ce sujet pourtant en or pour les enfants. En effet, de tout âge, l'enfant est fasciné par le Pirate, figure tutélaire des mers et incarnée de la contestation qui représente pour beaucoup d'enfants la part sombre de la révolte et de la non conformation aux bonnes moeurs ou à la société.

Ce film de Sergio Manfio se permet le luxe ébouriffant de concilier deux figures adorées des enfants : le pirate et l'inventeur, qui est lui aussi une figure forte de notre capacité à réinventer le monde. Et quel inventeur, puisque le héros de ce récit n'est rien moins que Léonard de Vinci lui-même, catalyseur de tant d'imaginaire, et de rêves de gosses (voler, nager, plonger là où personne n'est allé). Le réalisateur et son scénariste inventent un passé au célèbre italien, ainsi qu'une romance avec une certaine Mona Lisa, et un sidekick amical, Lorenzo.

Le film Leo Da Vinci  : Mission Mona Lisa joue habilement avec les codes du film de pirates, et se permet un twist plutôt bien amené, tout en exposant une bonne partie des inventions de Léonard de Vinci dont il aurait eu l'idée ado. L'histoire est simple mais efficace, une sorte de Goonies (ah tiens encore un film qui parle un peu des pirates et accessible à des jeunes enfants) : face à une tentative d'ex-propriation pour rappel de loyer impayé, Mona Lisa est contrainte de devoir épouser le fils du propriétaire de sa maison si les dettes en question ne sont pas rapidement réglées. Suite à un incendie qu'on imagine criminel, mais comment accuser sans preuve, le père de Mona Lisa est ruiné. La grange du fermier, ainsi que ses champs sont ravagés par les flammes, et la jeune fille vient demander l'aide de son ami, Léo. Ce dernier aidé de son meilleur ami Lorenzo décide d'aider cette dernière par tous les moyens. Ils achètent une carte au trésor à un aventurier-médium, et se lance en quête d'un fabuleux trésor de pirates, coulé à pic au fond de la mer. Bien entendu la dernière invention de Léo ne sera pas de trop pour y parvenir : une combinaison de plongée et un casque de scaphandrier pour descendre sous l'eau.

Le film est très rafraîchissant, jamais cynique, même si par moment, le second degré à la Indiana Jones ou plus récemment les Gardiens de la Galaxie se fait un peu sentir, mais rien de gênant. Sur le trajet, les trois amis trouveront des alliés en la personne d'un petit garçon et d'une petite fille, fortement débrouillards, qui tenteront d'abord de les voler avant de les aider. Les figures maléfiques seront également de la partie, et comme le disait Hitchcock, un bon film nécessite un bon méchant, et l'antagoniste du film qu'on laisse le plaisir aux spectateurs de découvrir est vraiment bien réfléchi, à la fois effrayant et ridicule, un bon entre-deux pour un spectateur plus enfantin. Une animation propre et agréable, une musique qui colle bien à l'action et rappelle les meilleurs musiques de films de pirates. Le film se destine aussi bien aux petits enfants qu'aux plus grands, jusqu'aux ados et adultes pourquoi pas. Il ne rate ni son propos, ni sa morale, et la réalisation est inspirée et entraînante, définitivement un bon film de pirates pour enfants, chose plutôt rare comme évoqué plus haut.

En DVD et VOD depuis le 7 novembre 2018. Edité par Wild Side. le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 18:09
Jurassic World : The Fall and Kingdom

Après Colin Trevorrow et son plutôt réussi premier opus, essentiellement centré sur la notion de "reboot"  et de suite, et comment des créateurs se retrouvent presque obligé à donner à leur public ce qu'il réclame, c'est à dire toujours plus de gigantisme pour empêcher l'"ennui" ; c'est au tour de Juan Antonio Bayona, le petit génie ibérique déjà à l'origine de l'Orphelinat, The Impossible, et A monster calls de s'attaquer à la franchise, initiée par Steven Spielberg en 1993. Mais l'intelligence de l'espagnol est telle qu'il donne dès les premières séquences le gigantisme et la surenchère dans l'action à son spectateur, refaisant par endroits le premier Jurassic Park de Spielberg de manière taquine, offrant à son public ce qu'il est venu chercher par contrat tacite si on en croit les producteurs actuels comme le disait Jurassic World ;  avant de faire littéralement exploser l'île , et de proposer une deuxième partie de film lorgnant beaucoup plus sur un huis-clos claustrophobique à mi-chemin entre le film de vampire baroque (l'imaginerie de Dracula est convoquée dans une séquence où un dinosaure génétiquement modifié rampe sur un mur, comme dans le Dracula de John Badam (1979) avec Frank Langella) et le manifeste écolo-politique sur les dangers du clonage (rappel des deux premiers Jurassic Park).

Bayona se fait réellement plaisir dans cette deuxième partie et nous offre le film dont il rêve réellement (c'est d'ailleurs un plaisir de l'entendre en parler dans le makin-of du film), se permettant même des références peut-être consciente ou non, au petit chaperon rouge de Charles Perrault. Le film oscille en permanence entre conte baroque et pamphlet décrivant une société ou non seulement le spectacle veut utiliser les dinosaures et leurs capacités, mais tout autant les zoos, les militaires, les dictateurs et autres caïds mafieux. En effet, après qu'Owen et Claire aient récupéré les dinosaures, et se soient fait trahir par les militaires qui les accompagnaient dans cette mission (comme les militaires du monde perdu), le propriétaire de Ingen qui a succédé à John Hammond, décède et son second organise dans le manoir une vente aux enchères au plus offrant, pour "refourguer" les dinosaures comme de vulgaires attraction de foire, ou élément d'actions, comme les gens s'achèteraient un lionceau ou autre animal interdit à la vente en animalerie. Les clients affluent de tous les pays, Russie, USA, Chine, etc... mais un grain de sable va se positionner dans cette machinerie parfaitement huilée et déclencher le chaos. On en dira pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte à ceux et celles qui n'auraient pas encore vu le film, mais on peut toutefois dire que la fin offre un début d'épisode 3, qu'on espère final à la saga, et qui s'il tient les promesses qu'il semble proposer pourrait donner lieu au meilleur film de la saga. Juan Antonio Bayona ne sera malheureusement pas de la partie, car Colin Trevorrow, évincé de l'épisode 9 de Star Wars au profit de J.J.Abrahms reviendra à la réalisation dans ce troisième épisode de Jurassic World.

Bayona et ses scénaristes proposent en tout cas une belle évolution des personnages, faisant de Claire un personnage fort dans la lignée de la Furiosa de George Miller, une vraie femme forte, que le premier épisode avait déjà un peu esquissé mais qui trouve sa pleine mesure féministe dans ce nouvel opus. Owen et Claire sont d'ailleurs ultra complémentaires et c'est un bonheur de voir le sommet de cette complémentarité dans le climax du film. Les personnages secondaires sont loin d'être inutiles, et le plaisir de retrouver Ian Malcolm dans un court caméo de Jeff Goldblum est bien présent.

Au niveau des bonus, le dvd du film propose plusieurs featurettes un peu anecdotiques mais intéressantes, et un making-of passionnant, quoique bien trop court. Un journal de bord du tournage tenu par Chris Pratt est également à l'oeuvre, donnant la parole à des gens aussi divers que le préparateur cascade ou l'ingé son, drôle et indispensable.


En DVD, Blu-ray et VOD depuis le 9 Octobre 2018. Edité par Universal Pictures : le site et la page Facebook de l'éditeur.

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 14:53
Et réédité..

Ari Aster dont c'est ici le premier long-métrage propose au spectateur une plongée dans les méandres de l'esprit humain, et plus particulièrement de l'esprit des "ancêtres".

Le jour de l'enterrement de sa mère, Ellen, Annie sa fille n'est pas du tout éplorée. Elle fait un éloge funèbre très sinistre dans lequel elle avoue à demi-mot son inimitié pour sa mère. Peu de temps après l'inhumation de la matriarche de la famille Graham, la police contacte le mari d'Annie, Steve, son ancien psychiatre d'ailleurs pour lui annoncer que la tombe de sa belle-mère a été profané et que son cadavre est aux abonnés absents. Steve pour le bien-être de sa femme lui cache cette info importante. Dans le même temps, Peter et Charlie les enfants du couple, vivent leurs vies d'ados et d'enfants avec tout ce que ça peut comporter. Charlie notamment, petite fille taciturne et un brin inquiétante demande à sa mère ce qu'elle va devenir, maintenant que sa mamie qui l'aimait plus que tout et s'est toujours si bien occupé d'elle est morte. Annie prend la révélation avec le sourire et lui explique qu'elle même serait fortement capable de s'occuper de sa propre fille. Charlie semble moyennement convaincue et le lendemain dans la cour de récréation, elle coupe la tête d'un pigeon qu'elle a trouvé mort, et l'emporte avec elle. 

Annie en tant qu'artiste maquettiste fait aussi face à une crise dans son couple, car l'inspiration a du mal à venir, et elle doit rendre des maquettes pour des commanditaires très prochainement. Soudain arrive un drame que nous ne dévoilerons pas pour laisser le suspens aux spectateurs et Annie va se retrouver à devoir gérer ça, en parallèle du deuil de sa mère dont elle essaie de se défaire auprès d'une sorte de club type "Alcoolique Anonyme" mais sur le deuil. Annie se fait aborder par une membre du club, Joan qui va la soutenir et l'aider dans sa démarche de résilience.

Le film a un parti pris très fort qui est de filmer l'histoire comme si un démiurge omnipotent et omniscient l'encadrait. Le premier plan du film est d'ailleurs très symptomatique de cela, puisqu'à la suite d'un long travelling flottant comme une âme, la caméra se stabilise face à une maison de poupée qui reproduit à l'identique la maison des Graham. Non content de cet effet, le réalisateur l'utilise au maximum, puisque le travelling avant se poursuit jusqu'à cadrer plein cadre l'intérieur d'une chambre dont on ne voit plus les bords, et c'est dans cet espace "maison de poupée" que Steve, le mari de Annie, entre dans la chambre par la porte et vient réveiller Peter qui dort dans son lit. A aucun moment du métrage et il est bon de le souligner, la caméra ne sortira de ce dispositif, si bien que toute l'histoire en quelque sorte nous est donné à voir par ce truchement d'une vie propre dans la maquette.

Annie confrontée au drame qui la touche va peu à peu sombrer dans la folie, et elle ne pourra compter que sur le soutien de son mari, et de la mystérieuse Joan pour l'aider à surnager. Certaines personnes disent à propos de ce film, que rien de ce qui s'y passe n'est vrai, que Annie a tout inventé dans sa tête, mais s'il est une chose qui devient de plus en plus pénible, quoique répétée c'est cette manie qu'ont les gens de nier les faits arrivés dans un film. Outre que cette façon de penser évoque souvent les 3/4 des premiers films des élèves de fin d'année de n'importe quelle école de cinéma, ou les concepts des films de la plupart des concours de scénarios ou de films ; cela enlève beaucoup de choses au pouvoir évocateur du cinéma, et spécialement celui qui nous concerne ici, le cinéma d'horreur. Parfois cela peut s'expliquer d'utiliser cet artifice, et bon nombre de films y arrivent parfaitement bien (nous ne citerons pas de noms pour ne pas gâcher un visionnage possible du spectateur), mais ici, le recours à cet artifice serait fort dommage.

Peut-être en revanche, que ce premier plan sur la maquette est tout sauf aussi anodin qu'il ne voudrait le paraître, et peut-être que le sens du film se situe justement là. Ainsi, on pourrait voir tout ce qui arrive à la famille Graham, comme la projection d'une artiste sur un désir de combler le syndrome de la page blanche (à un moment du film d'ailleurs, Annie casse des maquettes car elle n'en est pas satisfaite), plutôt que d'être dans la tête d'Annie victime de son deuil qui s'imagine des choses, cela pourrait être la projection de l'esprit créatif d'Annie, qui s'invente une histoire à raconter pour redonner du souffle à sa créativité exsangue (difficile ici de ne pas rapprocher le principe du métier de celui qui met en scène la famille Graham, à savoir Ari Aster, ici réalisateur ET scénariste). Mais on pourrait aussi dans un second ordre d'idée se dire que c'est la manifestation d'une famille sous l'influence d'une entité supérieure (le premier plan prenant alors des airs du dernier plan canaille de Men in Black).

Le film laisse un goût très mitigé à la vision, et c'est dur d'en parler sans trop spoiler l'intrigue. Mais rien que la fin si on se place d'un point de vue créatif en mal de créativité pourrait justement être la réponse d'un créatif un peu formaté qui pour finir son oeuvre trouve une fin plutôt bateau, et quand même, bien déjà vue, balancée ici de manière assez abrupte. Et si on se place d'un point de vue entité omnipotente et omnisciente, tout va dans le sens  du projet de cette "entité". Bon nombre de critiques ont vu dans ce film, "le nouveau exorciste", malheureusement en ce qui me concerne, je ne peux pas attribuer ce qualificatif à Hérédité, bien qu'il s'agisse toutefois d'un film que j'appellerais de "petit malin" et qui tresse tout son entrelacs de symboles et de signes de façon assez réjouissante, avec quasiment pas d'incohérences par rapport à son univers. Car même si la première partie du film est plus drame que film d'horreur (comme la seconde lecture plus psychanalytique qu'on pourrait avoir sur le chef d'oeuvre de Friedkin, à savoir les abus d'un beau père pédophile sur sa pupille), le reste du métrage, et spécialement la fin bascule dans un grand guignol qui n'épargne aucun effet m'as-tu-vu et un peu inutile. C'est carrément dommage, car le film semblait annoncer une belle réflexion sur la résilience face au deuil, et sur la culpabilité également, et on se retrouve au final, avec un côté un peu train fantôme, sauf si le côté méta décrit plus haut est bien là, dans ce cas, même l'effet le plus croguignolesque s'explique par le postulat placé par le premier plan.

L'exercice de donner envie aux spectateurs et spectatrices de voir le film sans en dire trop est compliqué avec le type de film qu'est Hérédité, même si la révélation de sa fin donne plus envie de le revoir pour comprendre que de le mettre ensuite au placard, parce qu'il faut vivre à mon sens le drame qui va toucher Annie en le découvrant de façon brute, sans préparation préalable. Un petit mot sur le casting, tous excellent, à commencer par Toni Colette que je n'avais plus vu jouer depuis "Hector et la recherche du bonheur" en 2014 et qui s'en tire avec les honneurs, tour à tour, inquiétante, désemparée, frôlant avec les limites de la folie, et même parfois très drôle. Gabriel Byrne qui campe Steve, le patriarche, cartésien de la famille Graham est trés sobre, et impeccable. Et le duo d'enfants s'en sort également trés bien, que ce soit Alex Wolff ou Milly Shapiro. Et une petite mention spéciale pour l'excellente Ann Dowd (découvert pour ma part dans la série The Leftovers) dans le rôle de Joan. Un bon film d'horreur quand on sait à quoi s'attendre, mais en revanche ne vous fiez pas à la campagne de communication de l'affiche, parce qu'on est vraiment très loin de l'Exorciste.

Le dvd propose en bonus, un making-of assez intéressant, dans lequel Ari Aster et son cast explique un peu l'ambition artistique et narrative derrière le projet. C'est passionnant mais vraiment bien trop court.

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 15 octobre 2018. Edité par (Metropolitan Filmexport),  le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 12:21
La nuit a dévoré le monde

Dominique Rocher (II) avec son premier long-métrage poursuit ce qui avait été entrepris par le film de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, "La Horde", mais aussi avec le film "Goal of The Dead" de son compère seul cette fois-ci, Benjamin Rocher (aucun lien fils unique, non enfin il a un frère producteur mais qui s'appelle Raphaël) à savoir mettre à l'honneur le film de zombie en France. Contrairement à "La Horde", et même si le film de Dominique Rocher reste un huis-clos, la partie "action" du film s'en tient à la portion congrue, et le réalisateur nous propose un drame existentialiste un peu plus contemplatif, plus cinéma indépendant type Sundance ou "les Revenants" pour rester dans la veine française, et qui pourrait rappeler le livre "Je suis une Légende" de l'écrivain , Richard Matheson (écrivain américain de la nouvelle qui donnera Duel de Steven Spielberg).

Le scénario du film, lui-même adapté du roman éponyme français "la nuit a dévoré le monde" de Pit Agarmen (pseudonyme de l'écrivain français Martin Page) est écrit à six mains, Dominique Rocher, Jérémie Guez et Guillaume Lemans (qu'on ne présente plus en ces pages, notamment collaborateur privilégié de Fred Cavayé et Yann Gozlan et scénariste également de l'intriguant "Dans la brume"). Martin Page ayant donné à Dominique Rocher et à ses coscénaristes les pleins pouvoirs pour l'adaptation, ils s'éloignent donc du récit épistolaire, forme du roman pour adapter ce dernier à l'écran de manière cinégénique.

Le film démarre donc sur l'histoire de Sam, qui se rend à la soirée de fête de son ex, et qui suite à une saoulerie en solo, se retrouve à dormir chez l'ex en question, prostré, dans la pièce où tout le monde dépose son manteau et ses effets personnels. A son réveil, l'appartement est complètement retourné, il y a du sang partout, et les rues de Paris en contrebas sont envahies de mort vivants.

Il n'y a bien sûr, aucune explication logique à la présence des morts vivants, et il n'y en aura jamais de tout le métrage, sans doute peut-on en déduire une raison sociale d'éloignement et d'incommunicabilité des êtres vivants, comme l'avait plutôt bien illustré Edgar Wright dans son fascinant Shaun of the Dead. Mais c'est la seule hypothèse qu'on pourra en tirer.

L'intérêt se situant ailleurs, dans la cartographie des déplacements de Sam à travers l'immeuble après qu'il en ait condamné les mauvaises portes (comprendre les appartements qui contiennent encore des zombies) et en avoir marqué la présence de croix à la craie. Mais aussi dans son quotidien, constitué de recherches de nourritures, et d'objets nécessaires à sa survie, mais aussi des rencontres qu'il pourra faire, bonne ou mauvaise. Sam finit d'ailleurs par trouver un zombie coincé dans une cage d'ascenseur qu'il parvient à enfermer complètement dedans, en bloquant la porte, et qui devient à la fois le confident et l'exutoire de sa folie et de sa peur de finir comme ceux dont il se défend.

Sam trouve également une batterie, et en joue parfois pour s'exprimer, mais aussi pour quelque part défier les monstres en dessous de lui qui ne réagissent qu'aux sons et stimulis sonores. Cette relation à la musique est aussi paradoxalement ce qui marquera sa descente légère vers la folie. Sam commence à perdre la raison, mais les morts vivants eux, fluctuent entre deux états, végétatifs amorphes et en mode "horde", gesticulants et vociférants rappelant un peu le jeu vidéo "Left for dead". Il n'y a au contraire d'un Zombie, pas de métaphore trop sociale sur la zombification de la société, et les rares objets que se procure Sam, lui servent plus à agrémenter son quotidien qu'à punir les zombies. 

Certes, il trouve bien un fusil, des balles, et un fusil de paint-ball, mais il ne s'en sert qu'en dernier recours, et privilégie le fusil de paint-ball pour son exercice de tir quotidien sur les Zombies, qui est débarrassé de toutes velléités de vengeance ou de colère et devient donc une activité inoffensive, et parfois même amusante pour le spectateur. L'ennui ne prend jamais le pas sur la découverte, et on se surprend même une fois le générique de fin déroulé, à espérer un chapitre 2, narrant les tribulations de Sam sur les toits de Paris à la manière d'un Giono dans le Hussard sur le Toit, ou d'un Italo Calvino dans le Baron Perché, les zombies grouillant en dessous en plus.

Au final un film dont la vision est plus que largement recommandée, surtout si vous aimez le cinéma contemplatif mais pas que, et pour le plaisir de voir Anders Danielsen Lie dans un rôle vraiment pas facile, lui qui explose dernièrement parait-il dans le nouveau Greengrass, même si personnellement, son élocution française m'a un peu dérangé ici. Et quant à l'apparition de Denis Lavant dans le rôle du zombie "domestique" Alfred, ce qui est amusant, c'est que sans savoir que Denis Lavant jouait dans le film, en découvrant Alfred, j'ai trouvé qu'il ressemblait un peu à ce comédien, et je m'imaginais ce que ça serait si c'était Denis Lavant, le tout donc sans savoir qu'il s'agissait bien de lui. Je me tais volontairement sur la participation au film de Golshifteh Farahani pour le plaisir du spectateur de sa découverte, dans un personnage assez proche d'un autre personnage du Zombie de Romero (1978).

Tout est plus que réussi dans ce film, la musique, le cadrage, le montage, les jeux de lumières, le scénario bien sûr, et l'interprétation de tout le casting, zombies compris. En ce qui concerne le film, je me risquerais presque à traiter une interprétation personnelle car avec le fait de voir l'appartement, la fête, et ces plans de début impersonnels qu'on voit dans tous les films français de la nouvelle vague, et de la nouvelle nouvelle vague, j'irais presque jusqu'à dire que Dominique Rocher et ses scénaristes, pastichent le scénario du film français type et le font littéralement imploser de l'intérieur pour libérer l'imaginaire du film de genre dans Paris. Et même la présence de Denis Lavant enfermé dans sa cage d'escalier, et gesticulant et surjouant tendrait presque à valider cette hypothèse. Mais je resterais prudent en ne disant que ce n'est qu'une hypothèse, fort réjouissante il est vrai, mais une hypothèse uniquement.

Quoiqu'il en soit, on est face à un film totalement réussi de bout en bout et dont on sent à chaque plan la passion pour son sujet. On trouve d'ailleurs dans les bonus du dvd, quelques featurettes trés intéressantes, quoique trop courtes, sur le chef maquilleur, le réalisateur, et le scénariste, interviewé par le journaliste Julien Dupuy. Et la bande originale est dispo également, ainsi que le premier court-métrage du réalisateur, "la vitesse du passé", terme aussi énigmatique qu'évocateur, avec un Alban Lenoir excellent comme toujours, et une Mélanie Thierry trés émouvante.

Sorti en dvd le 15 octobre. Edité par Blaq Out. le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 14:33
Carnivores

La sororité malaisante a rarement été abordé au Cinéma ou dans les mythes, on pense bien plus souvent à Etéocle et Polynice, ou à Caïn et Abel, mais des soeurs en rivalités qui conduiront au drame et au tabou ultime il en existe bien peu. C'est ce que nous proposent de vivre cinématographiquement les frères Rénier, Yannick et Jérémie, chapeauté par les producteurs réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne, à travers l'histoire (écrite à quatre mains par les Rénier) de deux sœurs comédiennes dont une a bien mieux réussi que l'autre, puisqu'elle est devenu une star tandis que l'autre à bout de ressources en est réduit à s'installer provisoirement chez sa soeur étoile montante du cinéma indépendant.

Mona, actrice un brin paumée (très troublante Leïla Bekthi, impeccable dans son rôle de soeur actrice dans l'ombre de sa petite soeur, névrosée, envieuse, rabaissée, etc).. par le monde impitoyable qui l'entoure, se retrouve par manque d'argent et donc dans une situation précaire à devoir aller habiter chez sa soeur, Sam, également actrice, la remarquable Zita Hanrot (révélée par Fatima) à qui tout réussit, famille, travail, amour. Par un heureux concours de circonstances, sa soeur faisant un burn out dû à son overdose de tournage (une manière intelligente de la part des frères de dire que les bourreaux de travail ne sont pas forcément les plus heureux pour autant), Mona se retrouve à devenir la répétitrice et assistante de Sam.

Dans l'ombre d'un père absent (divorcé, disparu, mort, on ne le saura jamais), les deux soeurs se laissent progressivement aller à bon nombre de rivalités, tout en entretenant des rapports intimes qui flirtent aussi très dangereusement avec le tabou de l'inceste. Mona envie Sam certes, mais quelque part Sam est jalouse de ne pas être aussi cérébrale qu'elle, Sam étant plus dans l'instinct et l'affect.

Sur un scénario qu'on aurait pu retrouver dans un épisode de Hollywood Night, c'est dire le côté déjà vu de l'entreprise, et sans la maestria d'un Brian de Palma pour épingler la sororité déviante au microscope de sa caméra, les frères Rénier se retrouvent à promener le spectateur de lieu en lieu, sans jamais vraiment réussir à l'accrocher durablement et sans ennui définitif non plus. Et c'est le plus dommage, car que ce soit ce réalisateur belge imbus de sa personne et autoritaire, qui pourrait tout aussi bien évoquer l'autrichien Michael Haneke que n'importe quel autre réalisateur abusif de ce type, ou la mère un brin envahissante, on sent bien que les frères Rénier parlent aussi d'eux-mêmes et tentent d'embarquer le spectateur dans leurs règlements de compte personnels, et leur thérapie freudo-lacanienne filmique. Et selon la formule connue de Flaubert, "Emma Bovary c'est moi", on se prend à essayer de deviner ce qui ressort de la réalité, et ce qui ressort de la fiction dans cette histoire qui se suit sans déplaisir, mais dont l'issue tragique aura été anticipé dix fois par le spectateur. 

Il est d'ailleurs dommage d'avoir centré le film sur la rivalité et l'envie de Mona sur la vie de Sam, car le film aurait certainement gagné une certaine plus-value si le scénario avait plus parlé des coulisses des tournages, et des difficultés afférentes au métier de comédien, à fortiori quand on est deux soeurs, et l'une dans l'ombre de l'autre.

Quoiqu'il en soit, les Rénier choisissent de se concentrer sur la tentative de récupération de la vie de Sam par Mona, après la disparition de cette dernière (ellipse d'un an assez étrangement posée dans le scénario au détour d'un plan final où Sam poussée à bout par son réalisateur tyrannique, craque complètement en mode Isabelle Adjani chez Zulawski). Mona récupère donc patiemment, à force de travail, et de compréhension du monde qui l'environne, la vie de Sam : son fils, son compagnon, sa place d'égérie de son réalisateur autoritaire qui décide après la disparition de Sam de réaliser un nouveau film sur cette même disparition.

Mais même ce retournement de vie est attendu par le spectateur depuis plusieurs "bobines", et rien ne fait monter l'attention de ce dernier au-dessus du radar de la surprise, pas même la fin, plutôt convenue et attendue, que nous ne dévoilerons pas ici.

Au final, le film se laisse regarder, notamment grâce à la trés bonne performance de son casting, mais malgré quelques bonnes idées de plans à travers des reflets ou face à des miroirs, témoignant en filigrane de la vie des deux "rivales", la réalisation des Rénier est assez impersonnelle, si ils ont vraiment réalisé eux-même entièrement le film, puisque deux "auxiliaires à la réalisation", un en France, une en Espagne sont crédités dans le générique de fin. Sans trop s'avancer, car rien n'est tout à fait sûr, mais il semble que l'auxiliaire à la réalisation, soit ce nom que l'on donne à un réalisateur ou une réalisatrice "ghostwriter" qui s'occupe de toute la partie technique ne laissant aux réalisateurs ou aux réalisatrices crédité-e-s que les plans à dicter quand ces derniers ne s'y connaissent pas suffisamment en technique pour faire le travail elleux-mêmes.

Carnivores ne se révèle même pas mauvais, car il est bien éclairé, et réalisé proprement, mais il manque de l'implication personnelle, et de la folie que pourrait caractériser par exemple et dans un sujet différent mais à la finalité plutôt proche, un Sisters, De Palmien par exemple.

Sortie en DVD, Blu-ray et VOD le 22 août 2018. Edité par AB Video. Retrouvez la page Facebook de l'éditeur.
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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 22:22
Nonne ou sidérée (Squadra Criminale Saison 3 et 4)

On ne s'attend certainement pas à tomber amoureux d'une personne qui ne vous plaît pas au premier abord, et parfois ça arrive pourtant sur la durée au fur et à mesure que l'on découvre la personne en profondeur. Hé bien, il en est de même pour cette série, puisque Squadra Criminale (de son nom officiel "non uccidere", commandement biblique s'il en est "ne tue pas", qu'on pourrait traduire par "tu ne tueras point") n'était pas vraiment partie pour remporter les suffrages.

Une série unitaire en 6x52 minutes, avec un léger fil rouge (une histoire de parricide par la mère de l'héroïne, nul spoiler, c'est dit quasiment dès le début), policière ça n'est pas fait pour rendre le propriétaire de ce blog extatique. Et pourtant l'impossible s'est produit. Le cinéma italien est assez intéressant dans son renouveau (que ce soit le film de super héros Jeeg Robot) ou les films mafieux (suivi d'une série), Romanzo Criminale, ou encore Gomorra. Squadra Criminale crée la stupeur en étant une série policière qui ne traite pas ou trés peu de la Mafia, mais bien des crimes humains, plus misérabilistes mais aussi plus universels, et en choisissant de faire de son héros principal, une héroïne, une femme capitaine de police, Valéria Ferro (la sculpturale et limite mystique Miriam Leone, ancienne miss Italie, et ex présentatrice sur Raï). Cette dernière en charge d'une équipe de policier localisée à Turin a un quotidien miné par la folie, le crime, la violence ordinare, et non comptant de ça, elle doit composer avec un trauma personnel, puisque sa mère a tué son père, en état de légitime défense parait-il et s'est ainsi retrouvé en prison pendant 17 ans. Au début de la série, elle en sort et vient habiter avec son fils, sa bru, sa petite fille Constanza et Valéria. Valéria vit trés mal le retour de sa mère et s'enferme profondément dans le travail.

Dans les saison 3 et 4, celles qui vont faire l'objet de cette critique, l'histoire traumatique de Valéria avance. La camarade de chambrée en prison de la mère de Valéria, une jeune femme un peu perturbée (et qui a assassiné à 14 ans, sa propre mère de plusieurs coups de couteau) révèle à Valéria que sa mère est innocente du meurtre de son père et que c'est elle-même qui lui a révélé en prison. Sa mère finit par révéler à Valéria qu'elle n'a pas tué son mari en état de légitime défense mais parce que ce dernier menaçait de quitter cette dernière, et ses enfants. Valéria ramène la jeune femme chez son père à elle, qui demeure complètement perdu depuis que sa fille est en prison pour le meurtre de sa femme. Mais à la fin de la saison 4, une mystérieuse femme se présente, qui semble elle-aussi connaître la mère de Valéria, et il semble que cette histoire de meurtre par vengeance parce qu'elle l'aimait trop ne soit pas encore la réalité effective de ce geste définitif envers le père de Valéria. D'autant que son propre oncle semble connaître lui aussi la vérité.

Face à cette nouvelle révélation, Valéria quitte la maison de son frère, de sa belle-soeur et de sa nièce, et part habiter chez son oncle, le frère de son père. Laissant sa mère au bon soin de son frère. De son côté, le collégue de Valéria, Andréa, son binôme, secrètement amoureux d'elle l'embrasse pendant une nuit d'investigation, et si la belle cède quelques minutes à ses charmes, elle se reprend bientôt et lui demande de partir. De son côté, le chef de Valéria, qui est aussi son petit ami, se brouille avec elle pour d'autres raisons, et lorsque Valéria rompt leur relation, il lui demande de quitter son poste à Turin et de se faire muter à Rome, où un poste vient de se libérer. Andréa, mis au courant de sa future mutation, lui dit qu'il est prêt à aller à Rome avec elle, parce qu'il a besoin d'être avec elle, même en tant que partenaire d'investigation. A la fin de la saison 4, le chef et amant de Valéria, revient sur sa décision, il annule la mutation de Valéria, et accepte de réouvrir l'enquête liée au meurtre du père de Valéria par sa mère. Voilà pour l'évolution de l'intrigue secondaire, égrainée en fil rouge, le long des 4 saisons.

La série en elle-même est très lente, d'une lenteur presque insoutenable, mais au final, en s'accrochant aux premiers épisodes, on finit par adhérer à l'ambiance particulière de cette dernière. Déjà parce que contrairement aux séries policières françaises, un soin très particulier est apporté aux lumières de la série, à ses cadrages, à ses mouvements de caméra, même le personnage de Valéria (on l'apprend dans une featurette bonus sur le tournage) est caractérisée en plus par un maquillage particulier. Quand on en arrive à ce niveau de détail dans la création d'une série, c'est le signe qu'on prend son sujet très au sérieux.

Un épisode se déroule toujours comme suit, une ou plusieurs intrigues principales, qui souvent s'entrecroisent, une partie qui alimente le fil rouge de l'intrigue du trauma de Valéria, et un final qui laisse dans une somptueuse musique très pesante, (cf le lien ci-joint https://www.youtube.com/watch?v=oNxFpAMs5P0) la part belle à des rebondissements et des fausses pistes trés Agatha Christienne. Valéria en tant que personnage féminin est vraiment le fer de lance de la série. Miriam Leone compose un personnage pudique, vindicative, qui ne lâche jamais l'affaire, qui se bat avec sa force de conviction, et sans quasiment jamais user de violences, ou de son arme. La part belle est fait à l'investigation à la Sherlock Holmes, au confrontation et interrogatoire au commissariat et Valéria surprend sans arrêt le spectateur par sa sagacité et sa vivacité d'esprit.

La série est aussi l'occasion pour son showrunner, Claudio Corbucci, son réalisateur showrunner également Gusieppe Gagliardi et ses scénaristes comme nous l'avons évoqué plus haut de passer au microscope l'humain dans sa plus touchante mortalité, dans sa capacité à se laisser envahir par des émotions contraires jusqu'à en arriver à commettre l'irréparable. Les différentes intrigues abordent aussi les tabous les plus essentiels de la société, de la religion à la place de la femme, en passant par les différences sociales les plus élémentaires, la jalousie, l'adultère, l'inceste, la pédophilie, et on en passe. Sans parler de sujet foncièrement actuel comme l'homophobie, la transphobie, la transidentité, le féminisme, le racisme, les violences conjugales, le vivre ensemble, l'influence du Patriarcat dans la société etc... Cette peinture sociale trés juste et trés "misérabiliste" (sans sens péjoratif), renvoi à tout un pan de la cinéphilie italienne, de Nanni Moretti au cinéma de Vittorio de Sica. Et la grande force de Squadra Criminale est son refus du manichéisme, pour proposer des personnages touchants jusque dans leurs faiblesses, des monstres parfois certes, aux issues inexcusables souvent mais si humains qu'on ne peut s'empêcher d'écraser une larme pour les tragédies qui les touchent.

Squadra Criminale est une si bonne surprise, notamment la saison 3 et 4 qui fait largement progresser l'arc narratif de Valéria et sa mère, qu'on se prendrait presque à souhaiter la production d'une série policière de cet acabit en France. D'autant qu'en dehors de la comédienne principale, tout le casting est parfait, et un grand soin a été apporté pour le doublage en VF de la série ce qui ne gâche rien. En tout cas, rendez-vous est pris pour découvrir la on l'espère Saison 5 qui ne manquera pas de satisfaire la curiosité morbite qui nous anime spectateurs, face au drame de Valéria et sa famille.

Les Saisons 3 et 4 de Squadra Criminale sont disponibles dans un coffret DVD depuis le 25 juillet 2018. Edité par Arte Editions.  Le site et la page Facebook de l'éditeur.

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