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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 17:30
J'ai sa belle

Parfois on attend rien d'un film et il vous tombe dessus et vous assène une claque qui vous fait dire, "je viens de voir un vrai film de fantômes", respectueux du genre et avec une vraie ambiance, et Jessabelle de Kevin Greutert est de ces films là. Au risque de faire encore une fois mon anticonformiste primaire, je trouve dans le genre que Jessabelle est bien plus flippant que It Follows, film qui souffre trés mal d'un revisionnage. Ce n'est pas le cas avec Jessabelle, car personnellement j'ai plongé avec l'héroïne dès la première minute et la fin du film m'a laissé pantelant (même si elle se sentait un peu arriver) avec l'envie de relancer le métrage tout de suite.

Greutert a l'intelligence de faire non pas un film de slasher, ni un film d'horreur au kilomètre mais un petit film d'ambiance sur les fantômes, à travers la science du vaudou, en utilisant non pas les clichés de magie noire, mais pour une fois, une revanche sur des événements horribles avec un caractère un peu sociale sur la Louisiane.

A noter que malgré la présence de clichés, inhérents au genre, Greutert utilise le principe du found footage de manière assez ingénieuse, et avec une issue, assez surprenante pour être signalée. Les comédiens sont tous excellents, et nous font plonger avec eux dans les méandres des bayous de Louisiane, ces derniers étant magnifiquement éclairés par une photo superbe.

Au niveau des clichés, des cadres obligés ou des fameux jump scare, on en retrouve comme dans toutes les productions horrifiques, mais ça n'a rien d'un échec si c'est bien fait, avec une envie sincère, et Kevin Greutert est tout sauf un réalisateur cynique. Il ne se moque jamais de ses personnages, ni ne fait preuve de second degré comme c'est souvent le cas dans les films d'horreur récents, "It Follows" n'échappant pas à la règle, quoiqu'en dise les critiques presse.

Ici, la grande idée du film, c'est d'avoir fait de son héroïne, une handicapée provisoire, la rendant ainsi plus fragile et plus vulnérable aux événements extraordinaires qui vont l'atteindre, mais lui permettant aussi par ce biais de rendre chacune de ses actions, bien plus forte que si l'héroïne avait été sur ses deux jambes.

Le film commence sèchement par un accident de voiture dans lequel Jessabelle l'héroïne, perd son petit ami, et meurt une fois, puisque l'accident coûte la vie à son futur bébé. Et il se termine de manière tout aussi âpre mais presque poétiquement. Bref, c'est un film que je te recommande ami lecteur, ne serait-ce que parce que ce petit bijou n'a pas eu les honneurs d'une sortie salle, alors qu'il l'aurait mérité cent fois plus que les PA et autres films d'horreurs formatés et sans âme.

Au niveau des bonus, ils sont pour la plupart sans surprise, à l'exception de quelques scènes coupées, et de featurettes info-merciales mais agréables.

Sortie du film en DVD et Blu-ray depuis le 25 juin 2015. Editez par Metropolitan Films. Retrouvez sa page facebook et son site.

Retrouvez ce film dans le top 100 des films d'horreur et les films
- cultes.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 05:26
Le Vice versa

Attardons-nous aujourd'hui sur le film It Follows de David Robert Mitchell. Parti d'un cauchemar récurrent du réalisateur, une entité multiforme qui le poursuivait en avançant inextricablement vers lui lentement, ce dernier écrit un scénario de film d'horreur, un genre qu'il affectionne et dont il rêvait depuis de nombreuses années de mettre en scène un specimen du genre.

L'histoire raconte comment Hugh, "le petit ami" de l'héroïne Jay couche avec cette dernière et lui refile une sorte de créature monstrueuse et protéiforme qui poursuit inlassablement la personne visée par elle. Une fois sa tâche accomplie, elle se retourne contre le dernier porteur de l'acte sexuel. Ainsi, le film s'ouvre sur une jeune femme qui fuit sa ville, pour finir sur la plage le soir et être démembrée et morte le matin sur cette même plage. C'est elle qui a refilée la créature à Hugh, qui lui-même la refile à Jay.

Jay se retrouve donc poursuivie successivement par une jeune femme nue, puis une vieille, un enfant, un adolescent et même des membres de sa famille (on en dit pas plus pour ne pas gâcher la surprise d'un second niveau de lecture du film, du moins à notre avis) ; tous étant un reflet de la créature et non eux-mêmes.

L'intelligence et en même temps la limite du film It Follows, c'est de faire s'intéresser le spectateur bien plus à l'arrière-plan qu'au premier plan (habituellement plus le premier ou le second plan de l'image dans les films d'horreur classique). Au final, la terreur si terreur il y a, provient plus de cet artifice et du côté protéiforme de la menace (un peu comme dans le Témoin du Mal de Grégory Hoblit) que d'une réelle mise en scène de la terreur. Pour ça, nous pensons qu'il sera préférable d'attendre Crimson Peak du mexicain Guillermo del Toro.

Dans l'état, il n'en demeure pas moins que le film It Follows propose un cadre assez intelligent, et de jolies fulgurences visuelles comme la piscine vide et crevée, juste après que Jay soit allé sur le bateau de trois garçons, refiler la maladie, alors même qu'au début de l'histoire, Jay se baigne dans sa piscine, tout le temps. La métaphore si pas d'un viol, mais d'une relation non nécessairement pleinement voulue pointe ici le bout de son nez.

Les influences du réalisateur vont de Hitchcock à Jacques Tourneur, puisque la scène finale dans une piscine, est inspirée de la Féline du réalisateur français, même si on a le droit de penser aussi à Gremlins si on se souvient moins de la Féline, comme ça a été notre cas. Et la musique électro, constituée de nappes et de loop à la manière d'un Carpenter font du film un objet arty indépendant mais pas nécessairement le film de terreur et d'ambiance qu'on était en droit d'attendre.

Le résultat final est ainsi mitigé, car si une première vision du film laisse assez pantelant, une seconde n'apporte guère plus de sensation, et au final, ce qui était ressenti comme une idée de génie devient un artifice de petit malin. On se trouve donc face à un film sympa, mais clairement pas face au chef d'oeuvre vanté par la presse qui une fois de plus ne s'intéresse qu'au parallèle thématique que l'on peut faire entre MST et film d'horreur (et qui d'après le réalisateur n'a jamais été son idée première); qu'à la mise en scène proprement dite.

Mais les comédiens sont trés crédibles, le film apporte son lot de sursaut et autres jump-cut et l'ambiance est là. Nous conseillons donc la vision de ce film ne serait-ce que pour se faire son propre avis sur la question plutôt que de suivre les médias qui n'ont pas nécessairement l’apanage du bon goût. En ce qui nous concerne, incapable de dire vraiment si on a adoré ou détesté, car les artifices de petit malin sont alternés avec des pures idées de mise en scène, donc c'est vraiment difficile d'en déduire un avis bien tranché.

Sortie en DVD et Bluray le 4 juin 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:31
Foi de Canard

1986. Que voilà une année intéressante, Aliens le retour, le nom de la Rose, Mission, Platoon, Labyrinthe même, un paquet de chef d'oeuvres ou de bons films que à l'aube de mon année de raison je n'avais même jamais vu, et dont j'attendrais encore bien des années avant de pouvoir les découvrir, bon sauf Labyrinthe que j'ai vu deux ans plus tard peut-être et qui m'a marqué à jamais.

En 1986 est également sorti un film, un ovni pourrait-on dire, produit par George Lucas, et scénarisé par le scénariste de Indiana Jones 2, un film qui coûtera si pas la carrière du moins la boite d'animation de Georgie, une obscure entreprise nommée Pixar, mais là n'est pas ce qui nous préoccupe aujourd'hui. Un film que je ne verrais certes pas à 6 ans, mais que j'ai sans doute découvert lui aussi deux ans après sa sortie, Howard le Canard réalisé par Willard Huyck d'après le comics Marvel (oui oui vous avez bien lu) de Steve Gerber (auteur des Gardiens de la Galaxie, oui oui toujours).

Ce comics raconte les aventures de Howard, qui est un canard extraterrestre et qui vit à Canardville (mais si je sens que ça vous passionne) et qui pratique le Quack-Fu, (comme le Kung mais avec des palmes j'imagine et sans bouteilles de plongée) contre des ennemis. Le scénariste de Indy 2, et sa femme propose donc à George Lucas (qui est l'homme du succès interplanétaire de Star Wars) de réaliser un film basé sur le comics de Gerber. Ils écrivent un scénario, lance le projet et ce dernier sort en salle et se fait ouvrir de toute part.

L'histoire somme toute basique, raconte comment Howard un soir où il est à Canardville dans sa petite routine se retrouve aspiré par un engin basé sur terre, traverse l'espace et atterit dans la ville de Cleveland et de sa rencontre avec une chanteuse de rock and roll qu'il sauve de "violeurs" ou tout du moins de fan un peu trop attachant.

La chanteuse de rock, jouée par Lea Thompson (mais si la maman de Marty Mc Fly, reponsable de pas mal de nos premiers émois d'adolescent face à Retour vers le Futur) par un heureux concours de circonstance se trouve être amie avec un laborantin, (Tim Robbins dans un de ses quasi premiers rôles au cinéma) et lui présente Howard en lui demandant de l'aider à rentrer chez lui. Bien évidemment je ne raconterais pas la fin pour vous donner envie de découvrir ce film.

Je dirais juste que contrairement à ce qu'un vain peuple pourrait penser, Howard le Canard n'est pas un navet, ni même un nanar, non, pour moi c'est une madeleine de Proust, je l'ai pas revu depuis mes 8 ans, et il a le goût de l'enfance, ce goût à la fois âcre et doux du passé, et je dirais même que le revoir à 34 ans passées, me fait comprendre à quel point c'est un bon film, un film en avance sur son temps, qui sorti en 1986 dénotait un peu de la production de l'époque, mais qui à l'heure d'un Ted 2, ou du Rocket Racoon des Gardiens de la Galaxie ou même de Groot toujours des dit-Gardiens, ne démériteraient pas, et sans doute qu'en plus de son succès de film culte bien après sa réception initiale catastrophique (Razzie Awards dans toutes les catégories, plus le désastre financier évoqué plus haut), s'il sortait de nos jours au cinéma, l'accueil du public en serait je pense complètement différent.

Car au final, on se retrouve devant un simili Amblin, plutôt agréable pour les jeunes, et certes un poil osé pour des enfants (le boulot que Howard trouve sur terre pour subsister est disons le, des plus inattendus, sans parler de la relation qui unie la chanteuse et le canard) ; mais mis à part ça, la musique est toujours aussi entraînante, et les effets spéciaux quoi qu'ayant pas mal vieilli sont encore de trés bonnes factures, sans parler des stop motions du génie Phil Tippet (Jurassic Park).

Howard le Canard, en plus de son apparition dans le post générique des Gardiens de la Galaxie de James Dunn (car ce dernier a avoué adorer le comics de Gerber) pourrait trés bien se retrouver de nouveau sur le devant de la scène, qui dans les Gardiens de la Galaxie 2, qui dans une possible réactualisation de la licence. Et maintenant que Marvel est détenu par Disney en plus, ça serait chose encore plus aisée, pas de bisbille avec Donald.

Sortie en DVD et Bluray le 15 avril 2015. Edité par Elephant films

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 17:05
Une Droite de REPONSE au Connard Odieux sur Mad Max Fury Road

"Bonjour, je suis Orson Welles, si il ya une chose que j'ai en horreur, c'est les voleurs et les fils de pute", je suis un peu comme Orson, mais je rajouterais en plus les faux dévôts, les menteurs, et les anticonformistes en bois. De ce fait, et pour la première et sans doute unique fois sur ce blog dont ce n'est pas la vocation propre, je vais m'essayer à la critique de critique, en l’occurrence, à démontrer une fois juste une fois pour le fun, en quoi l'Odieux Connard dont le blog est bien connu sur le net, propose pour Mad Max un spoiler qui est non seulement faux, mais en plus dont les incohérences présentées n'existent à une exception près que je reconnais d'ailleurs trés volontiers que dans son cerveau.

Je mourrais peut-être aujourd'hui, mais je veux mourir historique sur Fury Road :^)

« Spoilons, mes bons ! »

Spoiler oui, mais sans dire de conneries et inventer des mensonges d’incohérences pour plaire aux masses des stupides qui vont ne pas aller voir le film, juste parce que leur Immortan Joe personnel leur aura sorti connerie sur connerie et qu’ils ne remettront jamais sa parole en doute, ben si.

« Parce que oui, ce sont des punks fou-fous du désert, mais ils ont tout le matériel et visiblement le temps de faire des analyses de groupe sanguin. À côté de ça, ils n’ont même pas un stéthoscope, mais on va dire que par un heureux hasard, au milieu du désert, ils ont trouvé une machine d’analyse sous un caillou »

Comme tu n’y connais rien, on te dira juste de lire tes commentaires, yen a un qui fait état de comment on sait le groupe sanguin d’une personne sans machine de la mort qui tue …. Deuxio, si ils ont bien un stéthoscope, revoit le film. INCOHERENCE DEBOUTEE

Et depuis son balcon, Joe appuie sur des manettes et pouf, de sous le balcon jaillit une cascade d’eau fraîche et pure sur laquelle les clochards se jettent avant que le bougre ne coupe le tout quelques secondes plus tard.

« Car oui, moi Immortan Joe, j’ai de l’eau, plein ! Et je tiens à rappeler à cette foule assoiffée que je la contrôle et l’en prive, histoire de maximiser les chances de révolte dans ma gueule ! Alors que je la laisserais couler, ça me ferait des gens prêts à combattre pour moi en plus, et je pourrais agrandir mon armée et gagner en puissance ! Heureusement que je suis un peu con et que je me prive moi-même de ressources juste pour montrer que je suis méchant !« Intéressant.

Ca n’a rien d’illogique, la plupart des dictateurs, privent leurs populations de bienfaits (que ce soit l’eau, facebook, ou la nourriture), et ça n’a pas augmenté les révoltes pour autant dans le monde réel, on dirait que tu découvres la vie ? INCOHERENCE DEBOUTEE

« Sauf qu’au beau milieu du trajet, Furiosa décide soudain de se barrer en hors-piste, à la grande surprise de son équipage et des voitures qui l’entourent. Quand ils demandent des explications, elle leur explique que c’est elle la chef, alors merde, ils suivent et ils la ferment. Ce qu’ils font, parce qu’ils n’ont pas envie qu’elle leur fasse les gros yeux ».

Non, ils suivent parce que dans toute organisation, même militaire, le grouillot de base ou l’inférieur ne remet jamais en question les ordres de son supérieur, l’histoire est bourrée de ces gens là, à commencer par l’histoire du Titanic, donc encore une fois, quand on sait pas, on se tait. INCOHERENCE DEBOUTEE

« Il court donc dans sa base, se rend dans un coffre fort aménagé dans la mesa (oui, ces punks sont décidément bien équipés, un autre caillou dealait sûrement des coffres-fort) dans lequel ne reste qu’une vieille femme qui lui dit : »

LE moulin à balles vend des balles, les balles sont fabriquées avec du , du, métal, oui, c’est bien, comme l’acier d’un coffre fort, tu vois que quand tu veux, tu peux réfléchir plus loin que le bout de ton nez. INCOHERENCE DEBOUTEE

– J’ai une meilleure idée ! Et si j’emmenais Mad Max dans ma voiture pour pomper son sang tout en conduisant ?«

…« Ho punaise, quelqu’un va dire quelque chose ? Oui ? Non ?Quelque chose genre « Non mais sinon, emporte juste des poches de sang ? »

Hé du con, tu as remarqué qu’ils viennent de capturer Max, ils n’ont donc pas de poche de sang en réserve, de plus comme quelqu’un te l’a également gentiment expliqué dans les commentaires, des poches de sang stérile, c’est du matériel qui demande une autre connaissance qu’une simple transfusion sanguine. INCOHERENCE DEBOUTEE

Et pourquoi un de leurs propres convois est à leur poursuite.

Il ne les poursuit pas, il demande un soutien, revoit le film. INCOHERENCE DEBOUTEE

C’est donc parti pour une grosse baston entre les Hérissons et le convoi de Furiosa, durant laquelle, par un heureux hasard, la plupart des membres de l’équipage du camion de Furiosa meurent, ce qui permet de lui laisser le champ libre.

C’est pas un hasard du tout, ça s’appelle une baston en effet, et ceux qui ne meurent pas, elle se charge de les détruire, encore une fois, revois le film, tout est dit. INCOHERENCE DEBOUTEE

« On notera des passages magiques, dans lesquels les troupes de Furiosa en chient comme des ânes pour tuer une seule voiture ennemie avec leurs lances qui avaient pourtant envoyé la voiture de Mad Max faire des tonneaux dans le décor en un seul tir dans les roues, mais là heu… bon, ils vont plutôt viser les rétroviseurs, le spoiler arrière, les essuies-glaces et autres, rendant le combat aussi long qu’idiot. Surtout lorsque par accident, une voiture de Furiosa laisse tomber des grenades et fait ainsi sauter les derniers ennemis ».

Faux ! C’est surtout que la voiture de Max est dépourvue de picots comme tu dis si bien, alors que les voitures des hérissons, sont justement protégés au niveau des roues, par les picots, et c’est justement grâce à ce hasard des grenades tombées sous la voiture des hérissons que le convoi se débarasse des derniers ennemis. INCOHERENCE DEBOUTEE

C’est pratique comme arme dites-donc ! Ça a tué en un seul coup les plus gros bidules ! C’est dommage que vous l’ayez utilisée par accident ! Comment ? Vous n’allez plus vous en servir du film ?

Faux ! Comme dans toutes les armées, surtout en guerre post apo, on a un nombre limité de munitions. Au cas, où tu ne le saurais pas, c’est la même chose dans le monde réel, dans les tranchées, dans la police, ou même chez les voyous. En plus c’est de la mahonnêteté intellectuelle, puisque si tu avais vu vraiment le film, Max se resservira de mines au moment opportun. INCOHERENCE DEBOUTEE

D’ailleurs, en parlant d’armes dont on use intelligemment, parlons un peu du convoi de Joe qui lui s’est rapproché pendant ce temps. Car dans celui-ci, qui roule je le rappelle dans un monde où l’essence est une ressource rare, l’armée préférée est le… mais oui, lance-flammes ! Dont les personnages tirent dans tous les sens pour faire joli. D’accord. Donc vous avez vraiment du carburant à cramer, en fait ? Et encore, vous ai-je parlé du camion-orchestre ? Immense engin tout en hauteur, il accueille à l’arrière quatre joueurs de tambours, et à l’avant, un guitariste fou-fou suspendu à des élastiques. Doté d’une double guitare qui… mais oui, qui crache des flammes ! Et donc, ce film tourne autour des ressources limitées, c’est ça ?

Un indice pour toi l’OC qui dort pendant les films qu’il regarde, les méchants appellent ça le « Pétrogaspi », ça y est, tu l’as ? Ils s’en foutent pas mal de dépenser du carburant, ils en ont des gisements entiers à revendre, de la même manière que Joe est plein d’eau et le Meunier plein de fer. INCOHERENCE DEBOUTEE

D’ailleurs, sachez que les mecs ont beau se courser durant 2h30, le camion-orchestre est quasiment toujours devant. Son aérodynamisme proverbial et sa motorisation de tank lui permettent aisément de doubler tous les véhicules de chasse de sa troupe.

Ca te parle un convoi ? Officiellement dans une armée, les portes-tambours sont toujours devant, pourtant les cavaliers ils vont plus vite normalement, c’est juste une histoire de décorum, un mot qui a du t’échapper dans ta culture. INCOHERENCE DEBOUTEE

Puis, la bougresse continue sa route à bord de son gros camion, mais avec peu d’espoir de semer le convoi, qui a réussi à la rattraper en deux-deux, mais à présent, n’arrive plus à lui passer devant pour larguer des herses, la faire freiner ou que sais-je. Le script est décidément très gentil.

Faux c’est pas le script qui est sympa, c’est toi qui écoute pas, le porte guerre possède deux moteurs turbos, c’est l’engin le plus rapide de la chasse de la Citadelle, enfin si on l’âbime pas bien entendu, donc ils ne peuvent pas le dépasser, sauf en utilisant la géographie des lieux, comme lorsque Immortan le doublera en utilisant un rocher comme tremplin. INCOHERENCE DEBOUTEE

D’ailleurs, pour encore faciliter la tâche de Furiosa, si j’étais le script, je m’y serais pris autrement. Par exemple, j’aurais laissé la damoiselle rouler jusqu’à Pétro-City, et seulement là je l’aurais faite prendre la tangente. Comme ça, elle était hors de vue de Vilainville et pouvait donc tracer la route durant des heures avant que qui que ce soit ne remarque son départ. Ce qui pouvait permettre d’éviter toute poursuite, car déclenchée bien trop tard.Mais du coup, il n’y avait pas de film, c’est vrai. Heureusement que les personnages sont des débilous.

C’est surtout toi le débilous, tu regardes vraiment pas les films que tu vas voir, les gars du Moulin et de Pétroville sont prévenus que Furiosa arrive (tu as remarqué les petits flashs de miroir entre les deux cités, donc si elle décidait de changer de cap en arrivant vers Pétroville, ils lui enverraient des mecs sur la gueule et elle serait eu. Alors que là, en choisissant de leur fausser compagnie à mi-chemin, ils n’ont pas pour ainsi dire le temps de s’organiser pour l’attraper . INCOHERENCE DEBOUTEE

Il aperçoit dès lors, juste à cinquante mètres devant lui, le camion de Furiosa, à l’arrêt ! Parce que oui, Furiosa qui avait foncé dans la tempête pour semer ses poursuivants et prendre le maximum d’avance a décidé, à la seconde où la dernière voiture a été détruite, de s’arrêter. Ben oui, comme ça, la tempête ne servait plus à rien, et en plus, s’il y avait des survivants dans la voiture crashée, elle était à leur merci ! Mais coooomme c’est intelligent, dites-moi ! Miséricorde. Que l’on m’apporte ma schnouf ! Max, satisfait de ce rebondissement aussi mauvais qu’incohérent

Qu’on t’apporte aussi un cerveau, si tu avais suivi le film que tu as vu, tu verrais que Furiosa est obligée de faire cet arrêt parce que les aérateurs sont remplis de sable, et que donc le moteur il y en a marcher beaucoup moins bien. INCOHERENCE DEBOUTEE

Façon car wash pour beaufs. Encore une fois, rappelez-moi quelles sont les ressources super précieuses dans le monde dévasté de Mad Max ? J’ai peut-être mal entendu au début du film.

C’est surtout que c’est ultra symbolique, elles ont besoin de se laver des flêtrissures de leur passé pour avancer vers une nouvelle vie, faut vraiment tout expliquer en fait, tu reproches aux films des incohérences qui n’existent que parce que tu ne regardes pas les films que tu visionnes, et en plus tu te plains qu’on prend le spectateur pour un con alors que c’est juste toi qui est incapable de suivre le sens d’une image. INCOHERENCE DEBOUTEE

« Et ce que tu vois, là, derrière au loin, c’est le convoi de guerre de Joe.
– Ah oui, tiens. C’est dommage que tu n’aies pas roulé dans la tempête. Tu les aurais distancés, et en changeant de direction, en plus, ils paumaient ta trace, couverte par le sable.
– Oui mais c’eut été intelligent et ça aurait bouclé le film. Alors forcément »

Faux. Il aurait été difficile de rouler dans la tempête, sachant que cette dernière a rempli les aérateurs du moteur de sable et a donc immobilisé le porte guerre. Tu ne suis pas c’est insupportable. INCORENCE DEBOUTEE

Mad Mâle laisse donc monter les donzelles à bord, et toujours un peu méfiant, continue de braquer Furiosa. Le camion file vers un défilé au milieu de montagnes, où Furiosa explique qu’elle a un accord à respecter : elle va livrer les 20 000 litres de carburant que contient la citerne du camion à un gang local, et en échange, ils la laisseront passer

Et donc ils…

Attendez. Attendez une seconde ! Comment Furiosa peut-elle se trimbaler avec une remorque de carburant pleine ? Elle allait à Pétro-City pour CHERCHER du carburant, donc soit elle partait avec une citerne vide, soit la citerne contenait quelque chose à troquer, comme par exemple, de l’eau. Mais sûrement pas du carburant !

Et ne me dites pas que personne n’a remarqué que la dame partait avec une citerne bourrée d’essence alors que ça n’aurait pas dû être le cas. Le poids, l’odeur, le bruit, ou tout simplement, le fait que je doute qu’elle l’ait remplie toute seule avec son bras unique. Encore une fois, c’est rigolo : c’était juste la scène d’intro du film qui lançait toute l’aventure, le camion qui part chercher du carburant. Je comprends que l’on puisse oublier un si petit détail. Bon ben pouf alors. Furiosa et sa réserve de carburant foncent vers le défilé montagneux.

Tu es désespérant de connerie, elle a jamais dit qu’elle avait du carburant mais qu’elle était censé leur livrer du carburant, or c’est évidemment un mensonge, d’ailleurs la fin du film entérinera cet état de fait, la citerne est vide de carburant, elle n’explose pas, toi yen a comprendre ou toi yen a rien écouter quand tu regardes un film pour le reprocher ensuite au dit film. INCOHERENCE DEBOUTEE

Peu avant de l’atteindre, l’équipage du véhicule constate qu’un convoi de guerre vient d’apparaître sur leur droite. C’est le convoi de Jean-Jacques, le patron de Pétro-City ! Et de l’autre côté arrive celui du Meunier, du Moulin à Balles ! Bon sang, trois convois qui les poursuivent et…

Toutes mes excuses, mais je crois que je dois encore interrompre ce spoiler si tôt après la dernière incohérence. Déjà, parce que j’aimerais bien savoir ce que ces gens foutent là, sachant que ce n’est pas vraiment leur bande, donc qu’un gang plus ou moins rival s’affaiblisse, ça doit faire leurs affaires. Et ensuite, et surtout, comment diable sont-ils arrivés là si vite ? Ils sont forcément partis après Joe. Auquel cas, par quel miracle, au lieu d’arriver derrière-lui, arrivent-ils sur les flancs de Furiosa ? Cela veut-il dire que non seulement ils ont roulé si vite qu’ils ont rattrapé Joe, mais l’ont en plus doublé, le tout en faisant un détour, avant de revenir par le côté ? Ils doivent être sacrément rapides !

Si tu as suivi le film, ce que je sais n’est pas le cas, tu aurais remarqué, que les guetteurs de Joe ont envoyés des fusées de couleurs pour signifier un problème, donc un envoi de renfort, et les guetteurs de Petroville doivent avoir également des longues vues, comme à la Citadelle, ils ont donc bien vu Furiosa se barrer avant d’arriver chez eux, eux aussi, et donc déclencher une poursuite, en partant donc bien avant Joe, puisque géographiquement, on voit bien qu’ils sont à équidistance l’un de l’autre. Enfin, je sais que suivre un film est le cadet de tes soucis, puisque ensuite tu ne tiens pas compte de ce qui est dit dedans, mais tout spectateur un peu attentif aura compris que nous avons affaire à un triumvirat qui fonctionne en circuit fermé, « le moulin fournit les balles, petro ville le gaspi, et la citadelle les enfants, l’agriculture, le mother milk et l’eau ». Il n’y a donc de clans rivaux que les russes hérissons et les beatnicks à moto (et ceux qu’on a pas eu l’occasion de rencontrer encore). INCOHERENCE DEBOUTEE

Heureusement, à partir du moment où ils sont dans le champs de la caméra, ils perdent leur super vitesse et eux qui étaient jusqu’ici capables de rattraper plusieurs heures de route vont se révéler aussi incapables que Joe à rattraper le camion de Furiosa. Dois-je vous dire pourquoi ? Pour faire durer… voilà, vous avez saisi.

Furiosa, Max et les filles entrent donc dans le défilé en passant sous une arche, puis s’engagent entre les flancs rocheux des monts où Furiosa arrête le camion pour appeler le gang des fans de Motocross qui vivent dans ces montagnes en criant très fort. Bien vite, ces derniers sortent de leurs cachettes et commencent à discuter avec notre héroïne.

Le respect du contrat paraît mal engagé, puisque les amis du Motocross n’ont pas vraiment envie de se frotter à trois convois de guerre. Ils décident donc de… de tirer sur Furiosa.

Comme ça, hop.

Pas comme ça, juste parce que Furiosa est nerveuse, limite breakdown, et aussi parce qu’ils se rendent surement compte que quelque chose cloche, notamment pourquoi Petroville poursuit Furiosa si elle a livré l’eau et le mother milk en échange de carburant, donc elle n’a pas le carburant.CQFD. A croire que les motocrosseurs beatnicks réfléchissent plus vite que toi, c’est dire. INCOHERENCE IMAGINAIRE DEBOUTEE

Alors, oui, ces gens contrôlent un défilé. Oui, ils ont des explosifs. Oui, ils ont compris le concept de boucher le passage, qui permet par exemple de tendre une embuscade qui pique à des fanfarons qui tenteraient de passer sans autorisation. Mais à la place, ils décident de sauter en faisant du motocross au-dessus du camion et de jeter divers projectiles dessus : grenades, fumigènes, cailloux, autocollants Panini… bon, et rien ne marche. Parce qu’en même temps, c’était tout de même très con. Mais qu’est-ce qui n’a pas été très con jusqu’ici, dites-moi ?

Sauf qu’à ce moment là, il pense que Furiosa essaie de les doubler en volant le carburant donc ils essaient de ne pas faire sauter le camion, mais bien de le ralentir en concentrant leur force sur l’avant du dit camion, parce qu’une grenade mal placé sur les roues ou le container et à cette vitesse, 11 000 litres de Gaspi, c’est boom ba da boom bimm au re voir les motherfucks. Donc le très con ici c’est encore une fois toi, pas le film. INCOHERENCE DEBOUTEE

Profitant d’un passage hors-caméra, Joe accélère donc à fond les ballons et rattrape donc Furiosa et son camion. Je… bon. C’est vraiment lourd, en fait. Joe ordonne donc à Fifi de prendre son flingue et de sauter prendre d’assaut le véhicule ennemi sans tuer les filles. Ce que Fifi tente donc, tout heureux, mais se vautre comme une merde sur le toit du camion, et perd son flingue. Il entend donc distinctement Joe le traiter d’incapable, et plutôt que d’essayer de se rattraper, tombe aussitôt en dépression. C’est bien normal. Surtout pété à l’adrénaline. Sur Omaha Beach, les Allemands faisaient des remarques désobligeantes sur les mamans pour faire tomber les soldats américains, c’est connu.

Faux, Furiosa a été ralenti par les grenades et le fait que les beatnicks a moto l’ont un peu fait chié. Mauvaise foi et reproche imaginaire quand tu nous tiens. Et refaux il tombe en dépression juste après qu’Angharad soit tombée sous les roues du monster truck, on le comprend très bien, c’est expliqué à la favorite rousse par Nux lui-même. De plus, on peut pas comparer des soldats d’Omaha beach shooté à l’adrénaline et ce qui semble être une vision du fanatisme religieux. INCOHERENCE DEBOUTEE

Mad Max & co filent, mais Joe est rattrapé par son convoi qui a fini de déblayer les décombres dans le défilé (en moins de 10 minutes, dites-donc, rapide !). la poursuite reprend donc, mais plus mollement, avouons-le.

Ya une ellipse entre la chute d’Angharad et l’arrivée du convoi de Joe. Menteur. INCOHERENCE DEBOUTEE

Quand soudain, Max a une idée de génie.

« Et siiiiiii on laissait des mines derrière-nous ?«

Que… QUOI ? Vous aviez des mines depuis le début ? Et vous ne vous en serviez pas ? Par exemple, dans, au hasard, un défilé, ça aurait pu servir. Enfin bon, allez utilisez-les et…

Max ? Serais-tu en train de poser toutes tes mines sur une zone de un mètre sur deux, et encore, dans le sens des traces de ton camion ? Sais-tu qu’une fois qu’elles auront pété, sur une si petite zone, ça fera sauter un seul véhicule ? Alors qu’en zone dispersée ça… Ah mais oui. Il faut que la poursuite se poursuive. Donc ne pas être trop efficace. C’est pas grave si cela donne l’impression aux spectateurs que l’on est en train de poser un étron tout chaud dans leur boîte crânienne. C’est un tout petit peu insultant. Et lassant, aussi.

Alors, là encore une fois je me dois d’intervenir et de te demander le plus sérieusement du monde si tu as suivi le film que tu critiques, tu auras remarqué si c’est le cas, qu’il n’y a aucune incohérence, puisque la partie que Max mine est celle de la route, le reste de la piste étant constituée de marécages, remplis d’eaux, donc où nulle voiture ne passera. Bref, Max fait tout ce qu’il faut, il mine le seul endroit praticable par les engins, qui sont obligés d’aller à la file indienne si ils ne veulent pas s’embourber ou se noyer (pourtant tu as vu les échassiers, donc c’est que tu es pas si con que ça, non ? Si ? ma foi. Vu que tu réfléchis pas quand tu regardes un film de George Miller où justement il ne faut jamais cesser de réfléchir, on dira que l’étron tout chaud, il est pas posé dans ta boite crânienne, vu ton raisonnement, il y était déjà. Bref c’est toi qui est insultant. Et lassant aussi. INCOHERENCE DEBOUTEE.

Bon hé bien écoutez, le camion continue d’avancer. Jusqu’au moment où loin derrière-lui, la première voiture des convois qui ont recommencé à les rattraper saute sur la minuscule zone minée par Max. Comme prévu, c’est la seule à péter. Chez les alliés de Joe, le Meunier et Jean-Jacques commencent à s’impatienter.

Non faux, yen a deux qui pètent, c’est dire combien tu regardes le film. Et le convoi s’arrête automatiquement, comme prévu.

« Joe, elle nous coûte cher, cette affaire, qu’est-ce que l’on fait ?
– Attends, attends. Je suis à bord de ma voiture à discuter avec mon infirmier, qui ausculte ma compagne enceinte que j’ai malencontreusement écrasée.
– Ha oui, tiens, d’ailleurs, ta voiture elle n’a pas fait des tonneaux dans la scène précédente ? Et toi aussi, au passage ?
– Oui mais pif pouf. On est passés chez Norauto, moi à la pharmacie, et ça va mieux.

Faux, encore une fois, c’est pas la même voiture, la preuve que tu regardes pas les films que tu critiques, ou alors d’un œil inattentif de connard (c’est pas une insulte hein, juste une constatation qui va drôlement bien avec ton patronyme). De plus c’est pas la première fois qu’un accidenté de la route s’en sort sans encombre, le monde est rempli de miraculé à la con de ce type. INCOHERENCE DEBOUTEE


C’en est assez pour le Meunier, qui explique qu’il va aller régler la question lui-même. Dans la brume nocturne qui se lève, il part donc en avant avec sa voiture chenillée, et fouille l’obscurité à l’aide du projecteur monté dessus. Et il finit par se rapprocher de nos héros. Crotte ! Quel dommage qu’on ait utilisé toutes nos mines à un seul endroit ! Tant pis. Max aide Furiosa à réussir un fabuleux tir de sniper, et le projecteur de la voiture explose à la tronche du Meunier, qui se retrouve donc aveugle. Et par conséquent, se met… à tirer partout, parce que c’est rigolo.

Pfou.

Par un heureux hasard, toutes les balles du Meunier, qui je le rappelle, tire de nuit, dans le brouillard, en étant aveugle et le tout à deux cent mètres tombent toutes pile-poil autour de nos héros !

Non, faux, il tire partout parce qu’il est en colère, et on le serait à moins sachant qu’il a été rendu aveugle par Max et Furiosa. C’est pas juste parce que c’est rigolo, mytho. Rappelons-le aussi que il tire de nuit, dans le brouillard, mais qu’il est toujours aligné sur la position des fuyards, donc il n’y a aucune incohérence au fait que les balles crépitent de toutes parts à côté d’eux. De plus, il n’est pas à deux cent mètres du porte guerre, 50 ou 100 tout au plus. INCOHERENCE DEBOUTEE

Ce qui aurait pu être en revanche qualifiée comme une incohérence, c’est le fait que aucune balle ne touche les fuyards, ou ne passent sous la portière que Furiosa tient dans son dos, mais ça apparemment, la seule incohérence que je pouvais accepter tu ne l’as pas vu.

Quelques secondes plus tard, une terrible explosion retentit, et Max revient, couvert du sang de ses ennemis, et les poches remplies de cartouches et d’armes prises à l’ennemi.

Outre le fait que Max fasse exploser des trucs et récupère des cartouches post-explosion (car c’est connu, la poudre, ce n’est pas sensible aux explosions), notez la subtilité, et utilisons ma machine spatio-temporelle (celle dont je me sers pour aller gifler Freud quand je m’ennuie) pour retourner au moment de la conception du scénario et observer la magie.

Juste pour info, vu qu’on ne voit pas comment Max s’y prend, tu n’en sais absolument rien, il suffit qu’il ait juste lancé le bidon vers l’avant du tank au moment où le Meunier aveugle tirait en avant pour qu’une rafale de balles percute l’essence, l’enflamme et que le retour de flamme brûle tout les occupants du véhicules, sans pour autant toucher aux munitions, ensuite on finit les survivants à la machette (qu’il a prise avec lui) et roule ma poule. Bref, encore une fois, désolé mais INCOHERENCE DEBOUTEE

Un studio mystérieux, un jeudi à 15h12.

« Bon les gars, on disait que le Meunier venait péter la gueule aux gentils. Là où on en est, il est bourré d’armes qu’il vide devant lui, à bord de son véhicule personnel et chenillé, et…
– D’ailleurs, s’il est chenillé, comment il a pu jusqu’ici rouler aussi vite que les trucs à roues ? – Tais-toi Michel, tu es stagiaire, alors tu t’assois et tu regardes faire les pros.

Je ne résiste pas au plaisir de te mettre le lien ultime qui démonte ton propos. Le peacemaker va aussi vite qu’un engin à roues, et bim, encore une preuve que tu inventes n’importe quoi pour accuser ce film. http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-3078169/Mad-Max-tank-speeds-bumps-70-mph-Super-lightweight-Peacemaker-built-two-brothers-stars-new-Fury-Road-film.html

Tais-toi Odieux, tu es stagiaire en cinéma, tu t’assois et tu regardes faire les pros. INCOHERENCE DEBOUTEE


Comment est-ce qu’on peut faire pour qu’il s’en débarrasse ?
– Et si…
– Michel !
– Nan mais vraiment, j’ai une idée !
– Okay, mais alors fais vite.
– Bon : et si on disait que Mad Max disparaissait dans la brume et que comme ça, pouf, il le tue hors-champ sans aucune explication ?
– …
– Tu… tu veux dire que plutôt qu’on ne cherche même pas à se justifier ?
– Non !
– Qu’on n’essaie même pas de donner une arme ou un truc à Mad Max expliquant comment il a pu faire ?
– Non !
– Qu’on se foute encore plus de la gueule du monde que depuis le début du film ?
– Oui !
– Michel : tu es en CDI. »

Tu veux dire qu’on fait un clin d’œil parfaitement appuyé aux spectateurs cinéphiles qui ont vu les Septs Samouraïs de Kurosawa et de cette manière par ce clin d’œil cinéma au Cinéma, on ré entérine le fait que Mad Max est du cinéma, et que Max en lui-même est entre le cow-boy de Western et le Samouraï ?

Oui.

Brillant, ton contrat CAE est en place pour 3 ans. INCOHERENCE DEBOUTEE

La damoiselle s’allonge donc près de lui puisque oui, bon, il fait partie de ceux qui l’ont réduite en esclavage, il a servi fanatiquement Joe jusqu’ici, a même attaqué le camion à deux reprises, mais bon, hein, s’il est triste, il n’y a sûrement aucun danger, pas vrai ? Et les deux papotent tranquillement.

« Bouhouhou, j’ai échoué à servir Joe ! Je me suis ridiculisé devant lui !
– Hé bien pourquoi ne pas nous servir nous ? Je pourrais devenir ton amie et on se ferait des bisous ?
– Ah ben je ne suis plus triste, allez okay, hop.«

La dernière fois que j’ai vu un changement de camp aussi rapide et avec des motifs aussi pourris, je regardaisStar Wars – Episode III. J’aimerais que vous réalisiez toute la portée de cette comparaison. Merci.

C’est totalement faux, là encore il y a une ellipse, donc ça ne veut pas dire que ça a pris dix minutes de le convaincre, par contre c’est vrai que le film montre des femmes fortes qui ont un cœur pur (comme souvent les héros de George Miller à commencer par Babe qui sauve un chien qui le poursuivait pourtant pour le tuer, lorsque ce dernier tombe dans un piège qui est en train de le pendre et de le noyer à la fois. Rien d’étonnant dans le cinéma de Miller. INCOHERENCE DEBOUTEE

À noter que tout le long du film, les personnages s’interrogent pourtant régulièrement : « Existent-elles vraiment, les terres vertes ? Qui sait où les trouver ?«

Ben visiblement, tout le monde puisque les gangs de pillards savaient où aller y trouver des filles. Enfin, je dis ça, hein. Toujours est-il qu’en s’approchant de la superstructure, nos héros aperçoivent une femme toute nue en haut qui appelle à l’aide. Furiosa prévient : elle sait que c’est un piège. Mais elle sait aussi qui le tend : les gens des terres vertes.

Alors déjà, c’est Max qui sait que c’est un piège, pas Furiosa, puisqu’elle a déjà deviné ce que c’est. Donc elle a pas besoin de le dire. Et rien ne dit dans l’histoire que les filles ont été enlevé dans les Terres Vertes, ni que Furiosa et sa mère ont été enlevé chez elle, ça peut très bien avoir eu lieu juste au abord des Terres Vertes, et puis last but not least, au cas où tu aurais pas compris, les Terres Vertes, c’est l’espoir.

« Super ! s’exclame Furiosa. Bon, ça n’explique pas pourquoi vous appeliez à l’aide à poil, mais bon. Alors je vous fais le topo : j’ai ramené des copains, vous pouvez nous emmener aux terres vertes ?
– C’est-à-dire ? demande une mamie.
– Ben, les terres vertes. L’eau qui coule. La pluie qui tombe. Le cannabis qui pousse. Tout ça.
– Ha mais vous les avez traversées, les terres vertes. Vous avez dû passer par une zone avec de l’eau putride pour venir ici ? Ben c’était là. L’eau est devenue acide, la terre impropre à la culture, sans compter les invasions de corbeaux… on s’est barrées, les autres mamies et moi. On est tout ce qu’il reste. Désolée. »

Ben si, c’est terriblement logique, elles attirent les hommes en étant nues, et en disant qu’elles sont en danger, les pillards, ou les hommes de bonnes volontés viennent les aider ou tenter de les voler, et là paf, le gang de motardes leur tombe dessus et les dépouille puis les tue c’est tellement évident que je me demande encore comment on peut poser la question honnêtement.

« N’empêche, tu trouves pas ça bizarre, toi qu’il n’y ait que des vieilles qui aient survécu ? Si les conditions de vie sont devenues trop difficiles, elles auraient dû être les premières à claquer. À mon avis, elles pipeautent. »

Mais bon, si tu veux. Max de toute manière ne veut pas les accompagner. C’est un solitaire. Alors à elles l’espoir, et à lui la chevauchée solitaire vers de nouvelles aventures et…

F…

Attendez, ma machine temporelle ! Elle se réactive !

_______________________

Un studio mystérieux, un jeudi à 16h44.

« Bon, donc là, les filles se séparent de Max, qui prend son propre chemin. Et fin.
– Non !
– Michel ? Michel, tu es en CDI, mais attention, tu es encore en période d’essai, hein !
– Et si je vous disais qu’on peut encore faire durer le film ?
– Mais on n’a même plus de budget décor à ce stade !
– Et si je vous disais qu’on peut réutiliser les mêmes décors ?
– Que… attends, c’est impossible !
– Si ! Il suffit de refaire le film… en sens inverse !
– Non ! Michel je… tu es… tu es l’élu ! L’élu de la prophétie des scénaristes ! Celui Qui Assumera Sa Merde !
– Regardez, je chatoie !
– Vite, dicte-nous comment intégrer un rebondissement aussi honteux dans le scénario tout en prenant ouvertement les gens pour des ragondins trépanés ! »

En l’occurrence OC, c’est toi le ragondin trépané pas le spectateur, d’ailleurs tu devrais lire le Parcours du Héros de Joseph Campbell, ça t’expliquerait sans doute le sens de ce qui te manque pour comprendre les films de Miller intellectuellement.

Pas de souci les enfants. Max bougonne un peu, a une vision de sa famille perdue qui lui dit en substance de se remuer le cul, et Max fonce donc rattraper les filles et Fifi qui viennent à peine de partir, pour les arrêter.

– Tu vois ! Bon, écoute, de l’eau il y en a… à Vilainville !«

Dans la salle, à cet instant, tout le monde retient sa respiration. Non ! Ils ne vont pas oser ?

Si.

« Il suffit donc ma petite Furiosa de prendre le camion et de partir en sens inverse pour conquérir Vilainville !
– Mais c’est une forteresse ? Et en plus, quid des trois convois que l’on fuyait depuis le début du film ?
– Moi je dis, ils sont prenables. On arrive en sens inverse, on les tue tous et on gagne !«

Ce rebondissement est l’un des pires que j’ai jamais vus. J’en ai vu des merdes. Mais le coup du mec qui dit ouais allez nan, en fait les 2 heures du film c’était cool mais on va le refaire à l’envers, je… Diego ? Diego, va voler des singes au zoo de Beauval, vite. J’ai besoin de main d’oeuvre pour jeter du caca sur l’écran.

Et non, je ne déconne pas. Ils le font vraiment (pas les singes, les scénaristes. Enfin les singes aussi. Ah, vous m’embrouillez).

Le film se poursuit donc alors que le camion, avec désormais Furiosa, les filles, Fifi, Max et les mamies reloues (car elles le sont) fonce donc en sens inverse. Immortan Joe, qui se faisait chier au soleil au bord de route avec tout son convoi (mais qu’est-ce qu’ils foutaient là s’ils ne poursuivaient plus ? Ils bronzaient ? C’était opérationtan your albinos ?), ainsi que les convois de ses alliés qui eux aussi n’avaient que ça à faire, décide donc de partir à leur poursuite. Ho ben ça alors !

Ils faisaient ce que tu as reproché au film de ne pas faire avant, ils ont perdu leur s traces à cause du sable, des vents et de l’immensité du désert (qui n’a ici rien à voir avec une piste, pourtant Miller a même fait l’effort de te montrer les dunes de sables, mais apparemment, ya rien qui fonctionne niveau cortex réalité quand le paramètre mauvaise foi de connard (odieux) est enclenché). Donc ils les cherchent et bref, ya encore une fois pas plus d’incohérences que de beurre en broche. INCOHERENCE DEBOUTEE.

C’est donc parti pour la poursuite finale. Qui traverse tous les décors que nous avons déjà vus, comme par exemple, le défilé de montagnes et son arche. La roche qui avait explosé pour envoyer plein de trucs boucher l’arche ? Elle est à nouveau intacte ! Les pilons qui encombraient le défilé ? Hé ben je peux vous dire que quand les hommes de Joe déblaient, ils déblaient : il n’y a même plus un caillou par terre ! C’est magique.

Au cas où , et puisque tu n’as pas suivi le film, l’explosion s’est passé au-dessus de l’arche, c’est pas l’arche qui est tombé. Deuxio, oui, on voit les rochers sur les côtés, rassemblés par les hommes de Joe sans doute, et pour le reste, ce qui restaient sur la terre, a surement dû être déblayé par les beatnicks à moto que Miller nous montre revenus sur le haut de leur montage, donc encore une fois, c’est pas magique, c’est logique, tu sais le truc qui te fait défaut à chaque spoiler. INCOHERENCE DEBOUTEE

S’ensuit donc une longue, trèèèès longue séquence de baston durant laquelle on peut constater que Mad Max a beau se promener partout sur le camion, ou courir d’un véhicule à un autre dès qu’il y en a à portée, même quand il est debout, immobile et avec douze voitures avec mitrailleuses derrière-lui, on ne lui tire pas dessus. Ah non, ils n’essaient même pas, hein ! On voit juste les figurants qui le regardent, c’est vous dire le niveau. Par conséquent, à part un carreau d’arbalète qui lui traverse la main et se plante dans son front, Mad Max n’a rien et peut péter des gueules dans la joie et la bonne humeur. Voilà. Comme ça. Hop.

Sauf que bougre de con qui réfléchit pas plus loin que le bout de son nez, les hommes de Joe, connaissent Max, il est précieux pour eux, ils n’ont donc aucun intérêt à tuer leur poche de transmission sanguine magique. Par contre, si tu as suivi le film, les seuls qui attaquent max pour le tuer sont les hommes de Jean-Jacques et ce qui doit rester de ceux du Meunier, car eux n’ont peut-être pas été mis au courant du fait que Max est donneur universel, donc hyper ultra précieux donc évidemment que les War Boys ne tentent pas de le tuer, concon que tu es. INCOHERENCE DEBOUTEE

Furiosa manque aussi de mourir mais haha ! C’est sans compter sur Max qui est, je vous le rappelle, donneur de sang universel, et aidé du tube qu’il avait sur lui et que Fifi avait utilisé pour le pomper, il donne de son sang à la belle qui du coup, évite de peu un rencard avec la faucheuse ! Le don de sang, c’est facile en fait. Tout le monde peut donc rentrer à Villainville, où il ne restait en tout et pour tout que… deux gardes.

Ah oui. C’est un peu con, du coup, n’importe qui pouvait prendre le contrôle de la ville en l’absence de Joe. Finalement, j’aurais été le Meunier du Moulin à Balles ou Jean-Jacques de Pétro-City, j’aurais attaqué ici au lieu de passer trois plombes dans le désert à courser un camion pourri qui ne m’intéressait même pas. Enfin, hein, chacun ses objectifs. Devenir le roi local ou participer à un film mal branlé.

Furiosa est donc acclamée par les clochards de Vilainville lorsqu’elle arrive, et les deux derniers gardes sont forcés de se rendre. Surtout quand nos héros brandissent la dépouille d’Immortan Joe (ils sont rentrés avec sa voiture, puisque Fifi s’est sacrifié avec le camion) pour montrer que non, il n’était pas immortel, en fait. Cela fait, ils montent dans ses appartement, libèrent ceux qu’il y a à libérer, activent les manettes et l’eau se met à couler à flots pour tout le monde, et Vilainville devient Gentilville. Formidab’

LE camion intéresse les trois puisque c’est un triumvirat dont les ressources dépendent les uns des autres (c’est aussi une critique du capitalisme, mais ça je le laisse de côté, tu as déjà du mal avec le premier degré visible, alors on va pas s’étendre sur le sens symbolique en plus). Et quand bien même, il resterait plus de garde que ça, Max et Furiosa ont tué tous les potentes, de ce fait, ils sont appelés à règner, et même avec plusieurs gardes en plus, les combats s’arrêtent, tu devrais le savoir, étant apparemment prof d’histoire, quand Hitler est mort, demande toi si les allemands qui restaient dans les bunkers ne sont pas tirés, ou ont pas ouvert la porte aux alliés. Dans une logique tribale (ce qu’est MM FR), le tueur du roi devient roi, ya qu’à voir comment les gardes de l’ascenseur sont totalement perplexes sur ce qu’ils doivent faire. INCOHERENCE DEBOUTEE

Furiosa est heureuse. Elle cherche Max du regard, et l’aperçoit au milieu des prolos. Elle ne fait aucune remarque quant au fait que la maquilleuse a oublié de remettre la blessure de carreau d’arbalète sur le front de Max, qui est ainsi mystérieusement guéri (il a mis du mercurochrome, je suppose) et la salue brièvement avant de disparaître car c’est un poor, lonesome cowboy.

Et sur cet énième raté…

… FIN !

Encore une fois FAUX et archi faux. J’ai vu suffisamment de fois le film pour dire que tu racontes n’importes quoi, quand Max s’efface dans la foule, il a la blessure du carreau d’arbalète sur son front. Ce n’est donc pas non plus un raté, ni une incohérence, bref, encore une fois INCOHERENCE DEBOUTEE.

Pour info, oui je sais que l’Odieux Connard est de mauvaise foi, oui je sais que c’est le principe de son site, mais une fois, juste une fois, j’avais envie de donner une alternative de lecture, et de compréhension de ce qui se passe vraiment dans le film à tous les gens qui gobent benoitement les propos de l’OC comme si c’était parole d’Evangile et qui de ce fait se privent volontairement de voir un blockbuster différent et intelligent, dans lequel le cerveau et la foi en tant que spectateur sont tout le temps mis à contribution. Bref, détendez-vous, je sais que les haters fanboys du OC vont haïr, mais bon, haters gonna hate comme le dit la formule, pour les autres. Bonne lecture, et promis, ça sera ma première et unique « critique » de critique.

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Published by LordGalean
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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 14:48
La Route de la Furie  : Bienvenue dans le désert du réel...

"Un nuage traversant le ciel à contresens de la saison a suffit à l'effondrement du monde".

Victor Hugo in "Les Misérables".

Cette citation du grand Victor Hugo, écrivain romantique s'il en est, me semble la meilleure manière de débuter cette critique analyse de vous l'aurait compris Mad Max Fury Road aka "le meilleur film de tous les temps" (mode fanboy off) tant elle véhicule c'est le cas de le dire l'essence même de ce que raconte le film.

Un peu comme le Transperceneige sorti l'an dernier, MM FR pour les intimes nous parle de l'état du monde après sa chute, si ce n'est que contrairement au film de Bong Jon Hoo, il n'a ni besoin d'un train, ni de dialogues explicatifs, et encore moins de twist en fin de métrage pour y parvenir.

Mad World

Pour comprendre l'importance de ce film aujourd'hui en 2015, il faut revenir en arrière, bien loin dans le temps, presque 30 ans plus tôt, en 1985 lorsque Miller met un point final à sa trilogie post-apo avec un opus moins bien accueilli par le public et la critique car jugé trop enfantin, trop familial (mais rassurons nous, c'est exactement ainsi que sera qualifié tout le reste de sa carrière après Babe 2, quand bien même celui-ci s'adresse aux enfants comme à des adultes en devenir et met en avant la lâcheté et la culpabilité du monde dans toute son horreur. Et ça n'ira pas à en s'arrangeant, lorsque ses films suivants seront qualifiés de dessin animé neuneu pour enfants et de suite "commercial MTV de dessin animé écolo neuneu pour enfants", respectivement Happy Feet et Happy Feet 2. Et encore une fois, en dépit du fait que Happy Feet aborde les confins de la folie lié à l'enfermement dans un lieu qui n'est pas sien, tandis que le second opus ne se pique rien de moins que de nous expliquer (entre autre) le sens de la vie, ou tout du moins pourquoi l'humanité a finalement besoin de danser.

Mais syndrome Spielberg ? Miller ne sera jamais considéré comme l'immense auteur qu'il est. C'est "un faiseur de films pour enfants crétins" (et on se demande si le terme crétin renvoi à l'enfant ou au film pour enfant). L'échec de Happy Feet 2 le mine énormément et lui fait par ailleurs perdre la réalisation de son projet, le film ultime de super héros, Justice League.

George mit (les pendules à) l'heure

Revenons donc loin, très loin dans le temps -*cri de tyranosaurus Rex- bon euh peut-être pas si loin non plus. En 1980, lors de sa sortie, le 15 février 1980 précisément, Mad Max, premier du nom est apparu comme une bombe qui a ravagé tout sur son passage en matière de visuel, de folie destructrice et de cinéma d'action total. Découlant de ce qu'on a appelé le renouveau du cinéma d'action, il a rejoint Die Hard, Predator et quelques autres dont Terminator dans le panthéon des meilleurs films d'actions et il a fait de Mel Gibson inconnu à l'époque une star planétaire.

Suite à ce succès publique, beaucoup moins critique, une kyrielle de films d'actions produit dans le style de Mad Max ont envahit les écrans du monde entier, allant du sympathique au pur nanar, même la France n'est pas épargnée oui monsieur, à une époque où on tentait encore quelque chose de différent, le résultat s'appelle Terminus et s'est fait avec le concours de notre Johnny national, fan de la première heure du film de Miller jusqu'à créer un spectacle entier en France dans le style de Mad Max, sur le thème de "son" film Terminus.

Ceci n'étant que justice, puisque force est de constater que Mad Max est lui-même un putain d'hommage punk rock au magazine Métal Hurlant (allant jusqu'à récupérer la police pour son titre), créé par Jean-Pierre Donnet, et dont Philippe Manoeuvre sera rédac chef (il assistera même au tournage d'un Mad Max en guest).

Mais les années 1980 sont bien loin, et aujourd'hui, en 2015, après l'échec critique et public de Happy Feet 2 , la perte de son Justice League, Miller revient sur le devant de la scène avec un Mad Max Fury Road, sorte de remake reboot sequel spin off :). Suite directe des évènements du 2 mais dont le héros se révèle finalement être plus Furiosa que Max, mais on va y revenir.

Dans ce film, de sang, de fureur, et de dents cariés, le punk rock George Miller règle ses comptes avec bienveillance mais énergie avec tous les producteurs, et wannabe réalisateurs de film de super héros et ceux de cinéma d'action.

N'ayant pas revu la trilogie Mad Max depuis un bail, voire deux, je ne vais pas m'étendre sur le sujet et aborder sans plus attendre ce qui nous préoccupe ici à savoir ce fameux Mad Max Fury Road que nous appellerons Mad Max 4 pour plus de facilité d'écriture.

Posons-nous déjà sur le titre qui peut -être pris à plusieurs sens, tous complémentaire. Mad Max Fury Road, Le Road renvoi bien évidemment à la route, mais aussi au chemin, dans le sens d'initiation, une route de destinée. Ce Fury Road prend donc trois sens, chacun complémentaire. C'est tout aussi bien la Route de la Furie(osa) à savoir donc le cheminement de Furiosa pour recouvrer sa liberté, que le nom de la route sur laquelle va se passer l'intrigue, puisque Nux la nommera lui-même "Fury Road", enfin, c'est aussi la route symbolique qui va contaminer tous ses passants et les conduire à la furie. Les Furies ce sont enfin les déesses grecques de la vengeance, ou Erinyes qui poursuivent sans répit les criminels de leurs reproches et de leurs imprécations, et il en sera aussi question dans le film, on y reviendra également.

Une fois le titre explicité, lançons nous sur les traces de l'intrigue. Le film s'ouvre sur un résumé de la situation géopolitico-écologico-économique similaire à celle de Pacific Rim de Guillermo Del Toro à base de voix off et d'images "d'archives" de catastrophes écologiques avant que la scène ne se termine par un fondu au noir. La scène d'exposition débute sur Mad Max, droit comme un i, debout, dos à la caméra, mutique, tandis qu'un cheminement de sa conscience en voix off nous fait partager ses pensées. A ses côtés, son fidèle chev... son Interceptor, oui, il s'agit bien d'un plan iconique de Western, vous l'aurez compris. Par terre, plusieurs affaires traînent dans le sable, témoignant d'un départ précipité ou d'une pause dans un bouleversement émotionnel. La caméra délaisse le "héros" faussement mutique pour descendre cadrer un gecko dont la particularité est ici d'être à double tête, remettant en tête, ce qui est dit dans l'intro sur la radioactivité et la post apocalypse nucléaire.

Le gecko sentant quelque chose arriver, descend de son rocher et file pour sauver sa vie sans doute, mais Max l'écrase sous sa botte et sans autre forme de procès, le croque, faisant ainsi découvrir en gros plan son aspect hirsute, barbe longue et sale, regard de dément. Le constat est posé, dans ce monde "perdu", le fort dévore le faible. Max mastique sa proie, puis présentant lui aussi un danger, il rassemble ses affaires et sort du cadre au volant de son Interceptor. Un court silence plus tard, les punks de la route entrent à leur tour dans le cadre, et telle une nuée de corbeaux fondent sur Max. Ils détruisent le symbole qu'est Max en frappant son Interceptor qui explose et se retourne, puis le capture, le frappe à terre, le tonde (barbes et cheveux)bras en croix et le tatoue "donneur universel" avant de vouloir le marquer au fer rouge comme un esclave.

Max s'évade et dans une scène de fuite qu'on croirait sorti d'un pur Romero, il affronte à la fois ses adversaires et ses démons intérieurs, démons qui auront d'ailleurs raison de lui, puisqu'il chute dans l'eau, et manque de se faire attraper par ses bourreaux. Dans cette scène, Max aperçoit plusieurs visages, plus ou moins familiers pour le spectateur qui lui reproche de ne pas les avoir sauvés, parmi eux, un visage d'aborigène, qui illustre sans doute la destruction du bush australien et des aborigènes. Max prend ici la représentation symbolique de l'Homme au sens large, un peu comme l'était le David Mann du Duel de Spielberg.

Cette scène de fuite d'ailleurs renvoi la perturbante scène de folie de Happy Feet premier du nom aux calendes grecques tant la mise en scène de la folie de Max et de sa culpabilité est ici viscéralement illustrée par l'image et le montage.

Il lutte pour sa survie, et cours jusqu'à une porte qu'il ouvre et se retrouve instantanément face au vide le plus extrême, pendant que ce plan dévoile au spectateur, un élément qui va prendre son importance par la suite, le réservoir à eau de Immortan Joe. Max se refait capturer, un bandeau est attaché sur son visage, lui enlevant toute humanité, et il est entrainé dans les profondeurs de la caverne. Fin de la scène d'exposition. En une scène, Miller présente clairement Max, son enjeu, ses peurs, ses bourreaux, leurs enjeux, et bien évidemment annonce la suite.

La scène suivante s'ouvre sur quelqu'un au crane rasé, dont la nuque est brûlée au fer rouge du même symbole que celui que ses bourreaux voulaient faire à Max. On pourrait croire qu'il s'agit de Max, mais la brûlure est trés estompée et quasi plus visible, on comprend donc que ce personnage n'est pas Max, mais que comme ce dernier, il peut avoir notre sympathie, car il est esclave avant d'être bourreau. Il s'agit du personnage de Charlize Theron, l'Imperator Furiosa.

Furiosa est cependant définie comme un chef, et la seule femme du groupe. Cet état de fait est confirmé lorsqu'on la retrouve au volant d'un porteur de guerre. Elle est un chef de file, et va apporter des marchandises (énumérés par les War Boys d'ailleurs : Mother Milk et Aqua Cola) en échange d'autres marchandises à Pétroville (lieux où se fabrique d'excellentes sucrerie, ben non, comme son nom l'indique, lieu disposant de Pétrogaspi en quantités importantes) et au Moulin à Balles qui fournit comme son nom l'indique des munitions pour les armes à feu.

Une scène nous montre que l'objet de marchandage semble être "l'eau" qu’Immortan Joe délivre par parcimonie à son "peuple" afin de les entretenir dans la crainte et la dépendance de son bon vouloir. I Joe, est donc bien un modèle de Gourou, et c'est ce qui nous est confirmé par la suite, lorsque ses War Boys, à mi chemin entre les islamiste radicaux pour l'idéologie kamikaze et une équipe Néo Zélandaise de rugby pour les paroles genre "Haka" se battent pour être les premiers à piloter les voitures de soutien, voir à se faire remarquer par leur seigneur et maître.

Et tout ceci ne découle pas le moins du monde de la surinterprétation, juste, les images, uniquement les images et leur agencement dans le film.

Immortan Joe qui soigne chacune de ses apparitions publiques est un monstre déformé, dont les imperfections sont cachés, et recouvertes d'armures ou de poudre aux propriétés curatives. Le Mal est intérieur, et son visage défiguré est lui recouvert d'un masque cynique (du grec Kunos, le chien). Loin du peuple, entretenu dans la pauvreté et la soif, les faiblesses mortelles du Maître sont cachées par une armure de plexiglas.

Dans une analogie d'une intelligence symbolique folle, on accroche un symbole de sa puissance à l'endroit de son pénis, un artefact en forme de volant. L'image est gravée au fer rouge dans le cerveau du spectateur le moins attentif, chaque fois qu'on verra un volant ou ce qui lui arrive dans le film, on le raccrochera inconsciemment immédiatement à un pénis. Comme ces romains, qui portaient un pendentif en forme de pénis plus testicules autour du cou pour asseoir leur statut de Patricien.

Ainsi, lorsque les War Boys, se précipiteront sur leurs volants, tous empilés dans un lieu dédié pour poursuivre le convoi de Furiosa, tout sera dit encore une fois. Et le fait d'accompagner ce geste d'un salut dédié au dieu V8 élargit encore plus le champ de compréhension du spectateur. La virilité est aussi grandement lié à la religion, ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la plupart des religions ne tiennent pas en haute estime les homosexuels jugés non viril, ou les femmes.

Un Lancier (ceux qui jettent les lances explosives sur les véhicules des ennemis) et Nux, (Nicolas Hoult) se retrouvent donc à se battre pour avoir le privilège d'être le conducteur de son véhicule. Ce qui renvoi donc le spectateur à un combat de pénis du qui qui c'est qui a la plus grosse. On retrouvera d'ailleurs plus tard le même lancier au volant d'un des véhicules, sans doute qu'il a réussi à évincer un autre conducteur de son poste.

Le convoi s'ébranle et Furiosa, suivie de ses War Boys prend la direction de Pétroville, où en échange de la précieuse eau, elle va pouvoir remplir la citerne de carburant. Car oui, contrairement aux idioties qu'on peut lire un peu partout sur le net, la citerne est vide de carburant (la preuve, à la fin elle n'explose pas).

Le convoi sur ordre de Furiosa se déroute de son objectif initial et part à l'aventure. Furiosa est questionnée par le chef de file du convoi, mais comme ce dernier est aussi un War Boys, il n'est habitué qu'à obéir sans jamais questionner les ordres, belle critique encore une fois sans aucun jugement lourd ou manichéen de Miller sur le fanatisme que le spectateur est susceptible de prendre dans un coin de sa caboche ou de passer à côté si seul le côté film d'action l'intéresse. Ce faisant,le convoi se fait attaquer par des pillards rebelles qui s'exprime en Russe et qu'il finit par détruire. C'est également lors de cette scène qu'on découvre le total fanatisme des War Boys, puisque dans ce qui pourrait s'apparenter à une analogie aux Haschischins, un War Boys se sacrifie en se "kamikazant" sur le véhicule adverse non sans avoir au préalable aspergé sa bouche de peinture chromé, assorti d'un mantra "Je vis, je meurs, je vis encore" et avoir demandé à ses frères d'armes d'être "témoins" de son abnégation.

Aristophane et les autres

Pendant ce temps à la Citadelle, le fils cadet de Immortan Joe, un nain handicapé et chétif entre Lynch et Jodorowski et son frère Rictus (un esprit enfantin dans un corps d'adulte musclé) se rendent compte que Furiosa a dérouté sa course et préviennent Immortan Joe. Ce dernier réagit et cours à une porte de coffre fort. Il l'ouvre et pénètre dans un gynécée, couvert de graffiti puissamment évocateur "Qui a tué le monde", "nos bébés ne seront pas des maîtres de guerre", "nous ne sommes pas des objets".

Arrêtons-nous un instant sur cet élément, et évoquons le poète grec Aristophane, conservateur mais féministe, dont la pièce Lysistrata ne cesse de résonner dans le film.

"Ce sont des utopies féministes d’Aristophane que nous avons choisi de parler ici. Car l’originalité d’Aristophane est de choisir, en guise de porte-parole à ses rêves nostalgiques de paix et de bonheur, les femmes. Ces femmes qu’il raille sans cesse, et dont les jeux de mots obscènes ont pu être considérés comme misogynes, elles seules trouvent grâce à ses yeux. Elles seules sont assez folles et assez sages pour refaire le monde. Elles inventent la paix perpétuelle et le communisme - et pour ce faire, le féminisme. Inscrire la parité dans la constitution athénienne ? Demi-mesure : chez Aristophane, ce sont les femmes et les femmes seules qui doivent gouverner, puisque les hommes ne savent instaurer ni la paix ni l’égalité.
Praxagora, l’héroïne de L’Assemblée des femmes (~392 av. J.-C.), convainc ainsi ses amies de se déguiser en hommes, afin de se rendre en cachette à l’Assemblée et d’y faire voter un changement constitutionnel qui donnera le pouvoir aux femmes. Voilà la chose faite. « La Cité sera donc heureuse à l’avenir ! » s’écrie Praxagora. Et les hommes de demander : « Pourquoi ? » Pourquoi ? Car les femmes instituent la fin des inégalités : la communauté des biens."

in http://rdereel.free.fr/volAQ2.html

"Dans Lysistrata, Aristophane imagine pour les femmes un mot d’ordre efficace : « Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ».

Alors qu’Athènes et Sparte sont en guerre, Lysistrata, belle Athénienne, aussi rusée qu'audacieuse, convainc les femmes d'Athènes — Calonice, Myrrhinè, Lampito — ainsi que celles de toutes les cités grecques de déclencher et de poursuivre une grève du sexe, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat."

A noter d'ailleurs, élément qui résonne lui aussi avec le film, c'est que "Un des aspects humoristiques de la pièce repose sur le fait que les principaux personnages masculins portent tous un phallus." Vous l'avez ?

Dans Mad Max Fury Road, les femmes font mieux que de se refuser à leur mari, elles décident carrément de s'enfuir, du coup le résultat est le même, mais Miller dépeint un monde beaucoup moins agréable que l'Antiquité, puisque dans Lysistrata les femmes restent, alors que dans la Citadelle, elles n'ont d'autres choix que de fuir pour ne plus être esclaves sexuelles.

Il appelle ses favorites, "Angharad, Splendide", mais aucune ne répond et pour cause, ces dernières sont cachées dans le camion porte guerre de Furiosa et son plan est de fuir avec elles, rejoindre sa tribu "aux innombrables mères" nous apportant la preuve qu'en plus d'être esclave, Furiosa n'est pas né dans la Citadelle.

Fou de colère I Joe se lance à leur poursuite, et on le comprend, puisqu'apparemment les enfants semblent eux-aussi servir de monnaie d'échange (ils sont employés à la citadelle comme ouvrier de maintenance, donc rien ne dit que ça ne soit pas le cas dans les autres lieux en échange de pétrole (Petroville) ou de fer et d'armes (le Moulin à Balles). Et puis quand on voit ses fils, une masse de muscle sans cervelle, et un nain plus intelligent mais sans muscle, on comprend qu'Immortan Joe souhaite un descendant un peu plus efficace pour lui succéder surtout qu'il sait lui même qu'il n'est pas immortel (en témoigne son respirateur ou ses soins qu'on imagine journalier).

Bref, le chef de file du convoi aperçoit les signaux de ralliement sous la forme de fusée de détresse de couleur et en avertit Furiosa, il finit par réaliser que Furiosa les dupe, et le convoi se mutine contre le porte guerre.

Max lui est amené dans un véhicule qui part de la Citadelle pour poursuivre Furiosa, et est juché en proue du vaisseau, détournement masculin de la fameuse sirène sculptée des navires, pour servir de transfusion de sang à Nux.

Furiosa poursuivit par Immortan Joe n'a d'autres choix pour lui échapper un court moment que de précipiter le porte guerre dans une tempête d'une violence incroyable et dont l'imagerie pourrait être proche de l'Enfer. Tandis que Max est ficelé sur son "rocher", en attendant que l'aigle vienne lui dévorer le foie qui sans cesse repousse.

Il finit par se débarrasser de ses chaines, profitant d'un moment où un de ses geôliers, vient changer sa position sur le véhicule car le poids à l'avant, empêche ce dernier d'être stable. Il se débarrasse de son geôlier, un lancier en l'occurrence et tente de rejoindre Nux pour récupérer le véhicule.

Max s'accroche tant bien que mal à la carlingue, et va rejoindre Nux lorsque ce dernier se sentant investi d'une mission divine, se chrome les lèvres de peinture, avant d'ouvrir les vannes de carburant de l'engin dans son habitacle, pour transformer son véhicule en bombe humaine. Le spectateur qui a assisté tout comme Max à ce précédent rituel, sait ce qu'il va advenir des deux, et Max lutte avec Nux qu'il finit par envoyer au tapis, tandis que la voiture se disloque, laissant le fumigène finir de se consumer avant de s'éteindre dans un souffle. Ceci est la fin de la première scène d'action du film, et il s'agit de la moins compliquée et de la moins spectaculaire du film, c'est dire, mais cette seule scène suffit à mettre à l'amende les scènes d'actions de tous les blockbusters de ces dix dernières années tant en terme d'intelligence visuelle, que de rythme, de montage ou d'enjeux. La Tempête magnétique qui va d'ailleurs séparer les Justes (les Femmes), des Monstres (le convoi des trois hommes). Les Monstres sont arrêtés voir détruits dans la tempête, les Justes peuvent continuer leur route, quand à Nux et Max, le Destin n'ayant pas statué sur leur sort, ils restent dans l'entre deux, évanouis.

Max se réveille dans le sable, enfoui jusqu’aux cheveux et dans un mouvement d'une ampleur presque poétique, il entreprend d'émerger de sa torpeur, puis finit par se relever d'un coup, complètement hagard et hébété, toujours poursuivi par les Erinyes, sous la forme de ces visions cauchemardesques et de ces voix off accusatrices. Il extrait le cathéter de son coup et semble aller un peu mieux. A ses côtés, Nux est mort ou assommé. Max se saisit d'un flingue et tente de faire sauter la chaîne qui les relie l'un à l'autre mais l'arme s'enraye à cause du sable. Le pistolet non fonctionnel de Max, peut également renvoyer à sa virilité en défaut (d'ailleurs, une scène assez humoristique y fera également allusion). Il tente d'arracher les doigts de Nux mais la muselière sur sa bouche l'en empêche et Max charge donc Nux sur son dos, en direction du porte guerre de Furiosa qu'il voit arrêté une centaine de mètres plus loin.

Max La Menace

Furiosa est arrêté pour une bonne raison, pour désencrasser les aérateurs du porte guerre de la masse de sable qui les remplit, et encore une fois ça n'a rien d'un arrêt pour le fun, comme on peut le lire dans la critique de gens qui n'ont rien compris au film qu'ils ont choisi de voir les "yeux grand fermés" sans doute.

Max arrive et jette Nux et la portière qui les relie toujours Max étant attaché à l'extérieur, sur le sable, devant le camion. Les femmes et Furiosa se retournent, et Max découvre un double spectacle, les jeunes et belles favorites se nettoient à l'eau claire et pure. On pourrait y voir un cliché du "car wash sexy", et sans doute, Miller l'a voulu ainsi, car lorsque la mise au point finit de se faire sur le plan, on comprend que les favorites se lavent en réalité de toutes ces années de sévices sexuels, et probablement de coups et blessures (il n'y a qu'à voir le visage de Angharad pour s'en convaincre), et armées de pinces coupantes, elles mettent à bas leurs ceintures de chasteté, symbole de l'oppression d'Immortan Joe sur leur personne.

Petite parenthèse, Miller prouve bien son statut de punk, puisque non seulement il choisit de transformer une égérie de Dior, féminine et sexy en la personne de Charlize Theron en garçon manqué, couturé et marqué au fer, manchot de surcroit; mais il récupère deux "potiches" de la marque Victoria Secret dont une a été l'égérie de Transformers 3 pour en faire des femmes fortes dont on découvre la force au fil du métrage... Un punk on vous dit, le Franz Liszt du cinéma d'action.

Max réclame le tuyau d'eau car il meurt de soif, et il menace la favorite enceinte, Angharad de son arme factice, seulement le spectateur le sait, mais pas les favorites ni Furiosa. Commence donc une séquence d'un suspens palpable où le spectateur n'attend qu'une chose, le moment où la supercherie sera démasquée. Max se réhydrate, puis il menace à son tour, la deuxième favorite blonde, "The Dag" pour qu'elle vienne lui couper ses chaînes.

Cette dernière n'arrive pas à utiliser la pince coupante (étonnant sachant qu'elle vient de le faire) ou fais semblant de ne pas y arriver, permettant à Furiosa de se précipiter sur Max, et de tenter de le tuer. Commence, alors un combat à main nue épique, entre Max et Furiosa, que le pauvre Nux toujours évanoui, mais à demi ranimé par l'eau qu'il a reçu sur la tête quand Max buvait, ponctionne comme il peut. Furiosa finit par tirer sur Max avec le pistolet ramassé sur l'épave, mais échoue, et se dirige vers le cul du camion, et dévoile un second pistolet. Au final, Max récupère ce pistolet, aidé du pauvre Nux et menace Furiosa pour récupérer le camion. Il tire sur Angharad qui se dirige vers le camion et la blesse à la jambe. Puis il frappe Nux qui tombe à nouveau évanoui, récupère son blouson que ce dernier lui avait volé et grimpe dans le camion redevant le Mad Max, le guerrier solitaire qui taille la route.

Furiosa resté en contrebas de la route avec les favorites leur dit d'attraper ce qu'elles peuvent et de la suivre. Ces dernières s'exécutent et avant de partir, une d'entre elles, donne un violent coup de pied dans la ceinture de chasteté ou ce qu'il en reste, montrant par la même leur vie nouvelle qui s'ouvre devant elles.

Max est en train de conduire quand le porte guerre s'arrête. C'est un problème de coupe-circuit, il est rejoint par Furiosa et sa bande qui lui explique qu'ils ont tout intérêt à s'entraider car le camion n'obéit qu'à elle.

Max rechigne un peu mais finit par accepter. S'ensuit une scène des plus décalés, dans laquelle, Max, entreprend de désamorcer le camion de tous les pistolets et fusil qui s'y trouve caché. Cette intermède semi-comique permet de souffler un peu, mais le répit est de courte durée, car la petite citerne de carburant a les roues qui ne fonctionnent plus donc le porte guerre traîne un poids mort. Nux qui vient de se réveiller dans le sable, et qui a couru sur le porte guerre pendant qu'il redémarrait en est bien sûr le responsable.

C'est le moment que choisit Max pour aller réparer le joint, en emportant avec lui tous les pistolets trouvés (tous les symboles de virilité en dehors de lui, pourrait t-on déduire psychanalytiquement). Mais Furiosa a plus d'un tour dans sa botte, et son levier de vitesse, est en fait un poignard acéré dont elle révèle l'identité au spectateur seul et à ses compagnes avant de le réinsérer dans son logement.

Max grimpe sur le toit du porte guerre et remet le tuyau en place, les roues redeviennent fonctionnelles, et il commence à rejoindre la cabine de pilotage. Entre temps, Nux se glisse dans la citerne et parvient dans la cache sous le cockpit, il surgit, en tentant d'étrangler Furiosa, mais cette dernière est défendue par les favorites, qui finissent par jeter Nux à bas du convoi sans lui avoir enseigné deux ou trois vérités sur sa condition de War Boys. Une scène magnifique, dans laquelle, le cliché du héros qui défend la princesse en détresse en prend largement un coup dans l'aile, puisque Max ne sert ici à rien.

Max revient et le convoi continue sa route.

Pendant ce temps, Immortan Joe est toujours en route, et il a entraîné ses partenaires commerciaux, le Meunier du Moulin à Balles, et le Mange-Personne de Petroville, et on comprend qu'ils unissent ainsi toute leur force, car les enfants, et les épouses sont une richesse essentielle de l'économie des Wastelands, du moins de sa partie "civilisé".

Il n'y a donc aucune incohérence à gaspiller un peu de ressources comme des munitions, ou du carburant pour récupérer un bien inestimable, ou alors à ce compte là, nos pays civilisés ne devraient jamais avoir fait ce qu'ils ont fait avec certaines peuplades pour leur voler leur richesse. Non, que j'approuve cela, mais au bout d'un moment il faut être logique.

Furiosa poursuivit par le Meunier, le Mange-Personne et Immortan Joe parviennent au défilé, où des beatnicks en moto, sans doute un autre clan rebelle, comme celui des "hérissons à pique du début", l'attend pour qu'elle honore son deal (20 000 litres de carburant). Furiosa prévient Max pour leur tendre un piège car elle n'a pas de carburant, c'est un piège, qu'elle a prévu pour flouer tout le monde (je dis ça encore une fois pour les gens qui ne suivent pas les films qu'ils regardent et qui ensuite se posent des questions inutiles. Ces mêmes personnes qui se plaignent que les blockbusters ne les fassent pas réfléchir par eux-mêmes mais qui trouve quand même un moyen de se plaindre quand un des dit-films blockbuster accède à leur requête et plus encore...

Mais on s'écarte du sujet, bref, Furiosa descend du camion. Le piège fonctionne, et les beatnicks voyant le convoi de guerre des 3 partenaires commerciaux qui arrivent à proximité du défilé, font péter un barrage de pierre au-dessus de l'arche naturel et j'insiste là-dessus, à aucun moment à l'aller ce n'est la gorge qui pète, un peu comme quand dans un western (tiens donc encore) les indiens font débouler des rochers pour bloquer ou détruire un convoi de colon. Aucune incohérence, là encore, n'en déplaise aux esprit chagrins.

Les beatnicks à moto, voyant leur récompense leur échapper, poursuive Furiosa à moto, et tente d'arrêter le convoi sans succès.

De son côté, Immortan Joe arrive devant l'éboulis, et armé de son 4X4 à roues de Monster Truck, il entreprend de gravir la montagne de pierre et encourage ses troupes à déblayer la voie pour le reste du convoi. Un de ses sbires vient lui expliquer que Nux était sur le porte guerre, et qu'il sait comment y entrer. Immortan lui fait un peu de lavage de cerveau lui assurant qu'il viendra lui même le mener au porte du Walhalla (comprendre, il le tuera de ses propres mains, une fois qu'il aura cessé de lui être utile, et ça sera vécu par Nux comme un immense honneur). Il embarque donc Nux et grimpe la montagne de pierre.

Profitant d'un fondu au noir, ce qui suggère une ellipse de temps plus ou moins longue, Immortan Joe qui a un Monster truck et non un camion très lourd, donc qui se déplace plus vite, surtout qu'il n'a plus à rouler en convoi de guerre, rejoint le porte guerre de Furiosa. Il confie son pistolet à Nux, lui passe un coup de peinture argenté sur la bouche et sans avoir eu l'idée de le débarrasser de sa chaîne, ceci prouvant combien les War Boys sont important à ses yeux, (et validant inconsciemment les propos de The Dag envers Nux "tu es la chair à canon d'un vieillard"), il ordonne à Rictus d'aider Nux à monter sur le camion. Ce qui devait arriver, arrive, la chaine se prend dans le toit, et Nux, manque de mourir étranglé, il perd son arme, et assiste au regard désabusé et entend les paroles acides de son "Dieu". Ceci fait, il est difficile de dire que Nux va bien. Surtout lobotomisé comme il l'est. Bref, il n'ose pas reparaître et ceci est parfaitement compréhensible dans le film.

Joe décide donc d'attaquer le porte guerre seul, et commence une fusillade en parallèle entre les motards et le porte guerre. Une séquence un peu avant, lors du passage dans le défilé, Angharad avait eu quelques contractions apportant un supplément de suspens dans une scène déjà bien tendue, et pendant les coups de feu contre les motards, Miller vient filmer en travelling avant le ventre rebondi de Angharad soulignant ainsi son statut de donneuse de vie. Ce rappel est important car Furiosa a un moment de la fusillade entre Furiosa et les Beatnicks à moto demande à Angharad de recharger, cette dernière essaie mais dis "je ne peux pas", et cette réplique fait pleinement sens, car par le travelling avant précédent et les coups de feu en off, on a compris que Miller avait opposé les balles et la natalité. Et lors de cette réplique, on comprend qu’Angharad est une donneuse de vie, et qu'en tant que telle, elle ne peut pas être pourvoyeuse de mort. On apprend après sa disparition d'ailleurs qu'elle appelle les armes "les anti graines, on en plante une et la vie s'arrête".

Où comment en une seule image forte, le génie de Miller s'impose sur le tout venant des blockbusters mais aussi remets à sa place la plupart des réalisateurs expérimentaux visuels (au hasard le cacochymique Jean-Luc Godard).

Angharad donc, en plein milieu de la fusillade et alors que Immortan Joe va prendre l'avantage, surgit de la portière, le ventre insolent de maternité en opposition aux balles de la stupidité machiste. Joe ne peut tirer sur elle. Angharad ne voit pas le rebord de pierre qui comme dans la poursuite d'Indiana Jones la frappe de plein fouet, mais heureusement cette dernière s'est écartée à temps, et quand la fumée se dissipe, elle tente de regagner l'habitacle arrière du camion, sous l'œil amusé de Max, qui lui adresse un pouce victorieux. La scène qui suit est trés intéressante car elle amène une nouvelle culpabilité de Max, puisque c'est lui qui sera responsable indirectement de la mort de Agharad.

Mais c'est sans compter sur le fait que blessée à la jambe par Max, précédemment, le sang coule de sa blessure sur le garde boue du camion, et lorsque cette dernière pose le pied dessus, elle glisse sur le sang, perd l'équilibre et tombe dans le sable l'entraînant sous les roues du Monster Truck. Joe tente de l'éviter et retourne le Monster Truck, projetant tout ses occupants à terre. NB : pour les aveugles du net, on ne reverra plus le véhicule après cette séquence, donc les petits malins qui disent comment il a fait pour retourner le véhicule et le redémarrer, devraient de toute urgence consulter un ophtalmologiste.

Les autres favorites, et Furiosa demande à Max de retourner en arrière, mais Max refuse, il a vu Angharad passer sous les roues, c'est inutile de risquer 6 vies pour en sauver une.

Le groupe attristé par la perte d'Angharad finit par atteindre un marais rempli de boues, de corbeaux et d'étranges monstres ? Hommes ? juchés sur des échasses. Le porte guerre s'embourbe et grâce à la portière de Max, ils arrivent à avancer lentement mais surement.

Le but de Furiosa est de conduire sa troupe vers la Terre Verte, sorte de Terre promise, riche et fertile, et de rejoindre sa tribu aux Innombrables Mères, sortent de pendant positif du groupe de la Citadelle. Mais la perte d'Angharad entache cette destinée, et Furiosa, déjà passablement touchée, entends dans son dos, des reproches des filles sur le fait que aller à la Terre Verte est probablement une folie (ou se les imaginent) pendant que le spectateur lui voit l'image des Erinyes, ces femmes qui poursuivent les criminels de leurs reproches.

Max descend du porte guerre, et mine le passage sur leurs traces, partant du principe que un convoi à toujours un chef qui roule en tête, ou tout du moins un aide de camp, donc qu'il suffit qu'un véhicule pète sur la mine pour immobiliser voir faire subir de lourdes pertes au dit convoi, surtout si les voitures roulent plutôt vite.

Immortan Joe arrive, suivi de ses deux alliés, et les mines font sauter deux voitures, le convoi s'arrête, et le Mange-Personne qui symbolise aussi bien le comptable, donc le banquier, du coup le Capitalisme, que le Meunier qui symbolise lui la justice, à cause des balles de l'exécution sommaire se plaignent que la poursuite n'a duré que trop longtemps, et qu'il serait peut-être temps d'y mettre un terme. Joe qui a recueilli la dépouille d’Angharad mourante dit qu'il attend le diagnostic du médecin. Ce dernier extirpe le bébé mort né du ventre d'Angharad et dis à Rictus qu'il a failli avoir un petit frère et qu'il était parfait. Ce dernier, totalement enfantin, répète ces mots prouvant par la même l'idiotie qui le caractérise.

Le Meunier, armé et pourvu d'un véhicule rapide, le fameux "Peacemaker", (nom donné au premier Colt, et à sa non moins célèbre devise, "call me and i will equalize") sur chenille, part à la poursuite des fuyards et finit par les rattraper, il allume un puissant projecteur et leur tire dessus. Ces derniers se sont arrêtés pour refroidir le moteur cette fois, et se désembourber d'un endroit encore plus boueux, toujours dans la zone sinistrée des corbeaux.

Entre temps, une des favorites a trouvé Nux, sanglotant et abattu, et elle le console, touchée par sa détresse spirituelle. le Meunier continue ses tirs sur le convoi, et Max utilise deux des dernières balles du sniper pour détruire son projecteur, mais il manque coup sur coup, et Furiosa guette son dernier tir, voyant cela, il finit par lui laisser la maîtrise de l'arme, cette dernière s'appuie sur l'épaule de Max avec son arme, et par leur entraide mutuelle, ils finissent par détruire le projecteur, envoyant les bouts de verre de la lampe dans les yeux du Meunier et le rendant définitivement aveugle, comme la Justice qu'il se targue de rendre.

Le camion redémarre tout seul semble t-il, Max et Furiosa se précipite, pour découvrir Nux, et la favorite qui l'a pris sous son aile. Elle assure que ce dernier veut aider. Le camion se réembourbe un peu plus profondément, et cette fois-ci la portière ne suffit pas pour s'en sortir. Nux explique qu'en attachant une chaîne à l'arbre, ils pourront désembourber le camion, et ensuite il connait un endroit pour échapper au regard. Le groupe approuve et Max attache une chaîne à l'arbre et le reste au porte guerre.

Nux, se rend compte qu'il manque un morceau de chaîne, et demande à la jeune fille qui le soutient de lui enlever le morceau de la sienne au poignet pour qu'il la joigne à celle de Max, et ainsi permettre d'extraire le camion du bourbier. Symboliquement, Nux illustre la phrase de Marx, "un prolétaire n'a à perdre que ses chaînes" et surtout il permet par l'entraide des deux (Max et Nux) de sauver le groupe. Précédemment ils s'étaient déjà plus ou moins alliés, lorsqu'ils étaient encore attachés pour faire trébucher Furiosa en tendant chacun la chaîne commune d'un côté. Mais cette action est tournée vers un bien commun (nous verrons d'ailleurs que vers la fin du film, Max rattrapera la scène du sang, en la tournant aussi vers un bien commun mais on y reviendra).

Là encore, c'est un élément profondément symbolique, puisque l'arbre qui tire le camion de l'ornière boueuse ressemble fort à l'arbre de vie mythologique, et là encore ce n'est que l'image qui nous le dit.

Retour au Meunier qui n'a pas digéré son échec, et dont le physique changé lui donne un air de monstre. Image cauchemardesque d'ailleurs s'il en est, l'homme qui avait déjà extrait une dent-balle de sa bouche pour la destiner à Furiosa, se bande les yeux d'un linge blanc comme le célèbre symbole de la Justice, et équilibrant ses bras de fusil mitrailleur comme les plateaux d'une balance Roberval, il entreprend de tirer à l'aveuglette sur le convoi, rendu fou de douleur et de colère, comme un damné, le tout sur le Dies Irae (jour de Colère) de l'immense Verdi.

En une image, "La Folie (Mad) et la Furie (Furiosa)" s'allie pour rendre aveugle la Justice qui s'imagine divine et la conduire au porte de la démence.

Ce n’est pas difficile entre cette utilisation de la musique classique à bon escient et les allusions au Molocet (avec le mother Milk), ou au langage novlangue des droogies de Orange Mécanique (le Va Va Vroom, Smerdeux, Slashlangeux, Aqua Cola, Petrogaspi et autres Mc Festin), on se croirait presque chez Kubrick.

Le groupe se réfugie dans le convoi, pendant que Max seul sur l'arbre qui se tort et se déracine, aide le porte guerre à s'extraire de la boue primitive, qui pourrait très bien symboliser la perte de l'espoir (et dont la symbolique sera d'ailleurs confirmée quelques scènes plus tard). Furiosa amène le porte guerre en haut de la butte et ainsi à l'abri, elle stoppe l'engin.

Max en descend et prenant un bidon d'essence, il part sur le chemin, en lui disant "si je ne reviens pas, continuez sans moi".

Pour comprendre, ce passage, il faut se rappeler le sens premier du Volant dans le film, la virilité, le pénis, le phallus romain, symbole de pouvoir. Or dans la scène précédente, le volant du porte guerre a été arraché des mains de Max, et il n'a dû son salut qu'à une des favorites qui utilisant la pince coupante a tranché la chaîne qui avait entravé son volant, mais en revanche, ce dernier a été arraché. Certes Furiosa a remplacé le volant arraché par une clef à molette, mais c'est une bien maigre consolation, surtout en dehors de toute réflexion symbolique, conduire à la clef à molette est fort peu pratique. Donc, lorsque Max part dans la brume, il va chercher un autre volant pour le porte guerre, et en même temps se défaire d'un ennemi qui lui porte sur le système (au sens littéral du terme d'ailleurs).

Dans un hommage au film les Sept Samouraïs de Kurosawa, Miller rend elliptique le combat, et fait revenir Max couvert de sang, avec un nouveau volant et des munitions en pagaille. Miller nous rappelle par cet emprunt, que Max est tout autant un cow-boy qu'un samouraï et que ce n'est pas un hasard si la trilogie, a inspiré le créateur du manga "Hokuto no Ken", chez nous "Ken le Survivant".

Mais comme dans le western asiatique de Akira Kurosawa, ce sang n'est pas le sien, confirmé par Furiosa d'ailleurs. Max, veut se laver du sang dans l'eau, mais il ne trouve que du lait maternel, "Mother Milk", et ainsi il se purifie de son crime légitime dans l'élément primordial secondaire de la vie. Et nulle surinterprétation, puisque encore une fois, rien d'autres ne nous dit ça que l'image. Et encore une fois, on n’est pas obligé de voir cette symbolique visuelle pour apprécier le film. On peut très bien voir, Max se nettoie le visage avec ce qu'il trouve. C'est là la grande force du cinéma de Miller qui n'impose rien, et fais juste confiance à son spectateur.

Max pose le nouveau volant (on se rappelle le sens du volant dans le film, et le sens de sa disparition) sur le porte guerre et les revoilà parti pour la Terre Verte.

Chemin faisant, il croise un reste de Demoiselle (pas la femme, la structure EDF), sur le haut duquel est juchée une jolie quadra complètement nue qui appelle à l'aide, la structure est entourée de miroir et il n'en faut pas plus au spectateur averti pour capter "le miroir aux alouettes", confirmé ensuite par Max, "c'est un piège". Un piège surement destiné aux hommes qui se risqueraient à s'engager si loin de leurs lieux de vies, donc un moyen de capturer des sauveurs de demoiselle en détresse un peu concon.

Mais Furiosa a reconnu le style de sa tribu, et descend du camion, et se présente. Elle est aussitôt entourée d'une nuée de femme à moto.Furiosa apprend que sa tribu a été décimé et que la Terre Verte, ils en viennent, c'était la plaine marécageuse et rempli de corbeaux.

Les femmes entourent Furiosa, et apprenant la mort de sa mère, elles expriment le geste lié au décès dans leur culture, et là on bascule dans du John Mc Tiernan l'espace d'un instant, dans cette courte séquence où Furiosa se réapproprie lentement les souvenirs de la culture de son peuple. Passage terrassant s'il en est. Après quoi, les femmes de sa Tribu entourent les favorites rescapées, et grognent un peu en découvrant la présence des deux hommes mais se radoucissent lorsque Furiosa les présente comme des atouts.

S'ensuit un pantomime muet entre les jeunes femmes et les vieilles guerrières, chacune apprivoisant l'autre groupe. Nous assistons d'ailleurs à un parallèle terriblement intelligent de la part de Miller, puisque chacune des trois jeunes filles dans cette scène est "opposée" comme un miroir déformant à son pendant âgée, à ce qu'elles pourraient devenir en vieillissant, et inversement. Une des vieilles scrutant la bouche de The Dag dira même, "celle-ci a toutes ses dents" évoquant son propre passé, et la déchéance de son présent à elle.

The Dag découvre même qu'on peut avoir été pourvoyeuse de vie et guerrière, puisque une des vieilles qui tue les hommes qu'elle rencontre avec son arme, une balle dans la tête, montre à cette dernière les graines de plantes, de fleurs et de fruits qu'elle achemine avec elle, mais dont pour l'instant aucune n'a éclos. The Dag lui reproche d'ailleurs de ne pas agir plus intelligemment que les hommes et la vieille ne répond rien.

Max apprend de Furiosa qu'elles vont partir à motos pour le désert de sel, et qu'au -delà il y aura surement une issue favorable, et qu'elles en ont maximum pour 160 jours, avec ce qu'il faut de vivre pour espérer y arriver sur ce laps de temps. Elle lui demande si il veut venir, mais Max redevient le guerrier solitaire de la route, et refuse, prenant juste une moto et quelques vivres pour partir de son côté.

Dans un blockbuster basique, le film s'arrêterait parce que soit les femmes ont trouvé quelque chose au-delà du désert de sel, soit parce qu'elles n'y sont jamais parvenues, et qu'elles sont mortes, et fin. Mais nous ne sommes pas dans ce genre de film là, nous sommes chez George Miller. Le cosmogonique, celui qui dans un plan de calme, va profiter du moment pour souligner le passage d'un satellite dans le ciel et lui donner sa signification "transmettre des émissions, transmettre des messages, relier les hommes". "Dans les temps anciens, chacun avait son émission".

Donc, ça ne finit pas comme ça, chez Miller, un trajet a un but, et la mort n'en est jamais un, chez Miller on apprend de son périple, chez Miller, on frôle la mort mais on en tire quelque chose, chez Miller on sauve un ennemi de la noyade même si il nous en veut parce qu'on est plus fort moralement que lui.

Donc chez Miller, Max traverse lui-même d'abord son propre Enfer, et en ressort changé, et absous, (avec en prime un rêve prémonitoire à garder dans un coin de sa tête de spectateur et à ressortir au bon moment). Puis on fait rejoindre Max à moto, et stopper devant le chœur de femmes, et dire un truc aussi insensé et profond que "faisons demi tour, si il y a un truc que la vie m'a appris, c'est que la Rédemption (celle que cherche désespérément Furiosa), on la trouve en se coltinant au réel, pas en le fuyant". La citadelle est sans défense, il nous suffit de faire le chemin inverse et vlam, on pourra changer les choses. Ce qu'ils font.

Et c'est le dernier acte du film, celui où tout se résout, celui où s'illustre le vrai courage. Celui où la lâcheté des hommes se révèle, lorsque le Mange -Personne, déroute son camion de sa voie pour venir écraser une amazone, et en jouir orgasmiquement (à l'image) illustrant l'évocation d'un viol, puisqu'il vient littéralement prendre la jeune snipeuse par derrière avec son camion (et on se souvient toujours de quoi le volant est le symbole hum ;)).

Celui où l'action prend un tournant encore plus absolutiste que ce qu'elle était déjà, celui où Miller monte la barre tellement haut pour les prochains blockbusters à venir, qu'il n'y a plus de barre. On retrouve un "combat de virilité", lorsque Nux puis Max, tentent de faire avancer le camion plus vite que celui de leur ennemi en crachant du carburant dans le moteur, et au final, le groupe qui est quasi à égalité se fait rattraper par la moto d'une amazone qui met tout le monde d'accord, en abattant le conducteur du véhicule ennemi. Tandis que Max de son côté, affronte les perchistes du Mange-Personne et finit par tuer ce dernier, puis il se retrouve sur le camion tambour de guerre, idée géniale au demeurant s'il en est, puisque le guitariste et les tambours sont ici la représentation de la fureur et de la déshumanisation du fanatisme. Max affronte le guitariste, et lui arrache son masque dévoilant un monstre livide. L'autre idée géniale de ce camion musique, c'est qu'il permet à n'importe quel moment du métrage de localiser dans l'action le convoi appartenant à Immortan Joe.

Cet acte, c'est aussi celui où The Dag révèle sa douceur, et le personnage de Zoé Kravitz son côté guerrier (on l'a vu auparavant charger un fusil, l'espace pelvien de sa robe rempli de munitions là où Angharad portait un bébé), celui où Capable, qui voulait revenir sur ses pas, par lâcheté ou facilité, semble faire croire au spectateur qu'elle n'a pas évolué, alors que ce stratagème n'est là que pour amener Rictus à la déposer dans le 4X4 pour qu'elle aide Furiosa à y grimper.

Celui où Furiosa accomplit la vengeance de sa famille, et arrache (au sens littéral du terme) le masque cynique de son tortionnaire, celui où elle manque de mourir poignardée à mort et qu'elle est ressuscitée par Max. Donnant ainsi à Max, l'occasion de rattraper par le sang, la mort d'Angharad qu'il avait lui-même provoqué par le sang.

Et enfin, celui où la notion de "témoin" change de sens et sert l'amour après avoir servi le fanatisme, tout le parcours émotionnel de Nux amène à ce sacrifice et à ce déferlement de larmes libératrices pour le spectateur lors de sa mort, alors que Rictus est en train d'essayer de lui arracher son moteur, donc sa force vitale (comme Max s'est fait arracher son volant) et où sa favorite protectrice esquisse le geste de deuil de la tribu de Furiosa. D'ailleurs lors de ce passage où Nux renverse le camion dans le défilé, lorsque la citerne se retourne, elle n'explose pas, comme dans le Duel de Spielberg, en revanche, on entend un son qui pourrait s'apparenter au cri dinosaurien du film de celui qui fut le "mentor" de George Miller, ce fameux jour où il lui offrit la possibilité de réaliser le meilleur segment de son film à sketches, la Quatrième Dimension.

C'est enfin ce moment à nul autre pareille dans un blockbuster hollywoodien, où Max dévoile la dépouille du croque-mitaine, du grand méchant loup, du monstre sous le lit, que le peuple l'acclame, et que Furiosa s'élève au son des tambours redevenu célébration positive en opposition au camion tambour du convoi de Joe. Max place Furiosa en majesté pour disparaître de manière anonyme dans la foule, jamais transmission de héros de blockbuster n'aura été aussi limpide, aussi forte, aussi évocatrice de sens. NOIR.

DIRECTED BY GEORGE MILLLER

Mad Max c'est tout ça, et plus encore, c'est la métaphore d'un film libre, d'un blockbuster sincère qu'on tente de museler, d'un blockbuster différent qu'on tente d'empêcher de partir, qu'on poursuit pour faire rentrer dans le rang, parce qu'il dénote de tous les blockbusters actuels formatés et qu'il le sait, et que ses détracteurs le savent; parce qu'il dynamite tout ce qui existe, d'un blockbuster unique en son genre parce qu'il va jusqu'au bout de son idée, puisqu'il retourne sur ses pas, et revient se positionner dans le rang, mais en ayant changé les choses au final.

C'est enfin le doigt d'honneur d'un réalisateur humaniste et génial, fièrement pointé envers une industrie qui lui a subtilisé l'un de ses enfants les plus prometteurs le fameux "Justice League", le film qui aurait du/pu changer les choses.

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 07:52
Jean l'ordure

Oui, vous ne rêvez pas, voilà ce que donnerait le titre du film à la hype surdimensionnée, "John Wick" dans la langue de Molière. Autant dire même si c'est un peu stupide de se baser sur un titre pour critiquer un film, qu'un probable remake français sentirait le sapin et le DTV insondable.

En Amérique aussi, peut-être pourrait-on espérer frôler la série B fun et décomplexée. Mais avec monsieur Keanu "Neo" Reeves à la barre, il n'en est rien. On obtient immanquablement "un chef d'oeuvre", "le meilleur film d'action de l'univers de la décennie", "un must have see" si on croit la presse américaine et française.

Quand est-il réellement ? Pour tout dire on est loin du chef d'oeuvre, trés loin même, mais en revanche, la série B fun et décomplexée est presque là, il manque juste de l'émotion pour y arriver. Les événements nous traverse sans jamais qu'on s'y attarde ou s'y attache, pas plus à la mort de son chien (aucun spoil c'est le pitch du film), qu'à celle de sa femme (idem) ou au vol de sa voiture (toujours idem). Et encore moins au protagoniste principal, même si la hype mystérieuse qui entoure son identité au début du film est plutôt agréable car on navigue en eau trouble.

Mais dès que l'intrigue se met en branle, on se retrouve dans un shoot em up (avec beaucoup moins de brio que le film éponyme avec Clive Owen d'ailleurs), certes assez inventif au niveau de certaines chorégraphies de combat (on en attendait quand même pas moins des réas seconde équipe et doublure cascade de la trilogie Matrix et du film Man of Tai Chi de Keanu lui-même) ; avec quelques belles idées visuelles, une esthétique et une lumière plutôt soignée, et un univers avec des codes étonnants, quoique trés peu dépeint qui laisse prévisager une suite axée sur cet "Underworld" représenté par l'Hôtel Continental et la mystérieuse organisation des "pièces d'or". A l'heure où sont écrit ces mots, la suite de John Wick est d'ailleurs dans les tuyaux. Mais en revanche, l'émotion, voire même l'intrigue et la psychologie des personnages en reste à la portion congrue.

Pour le coup, la dénomination jeu vidéo nous vient en tête pour décrire ce film, mais pas n'importe quel jeu vidéo, le "rail gun". Ce jeu dans lequel le scénario n'est qu'un prétexte à utiliser un pistolet accessoire physique tangible pour le joueur pour dézinguer tout ennemi qui se présente devant le feu dévastateur et cathartique de l'engin. Les mouvements étant intégralement gérés par le logiciel. Les réalisateurs sont tellement conscients de cet état de fait, qu'il y a même une séquence dans laquelle un ennemi joue à un shoot em up (on aurait préféré un rail gun, c'eût été plus honnête) pendant qu'en parallèle, John Wick s'introduit dans l'entrepot du boss de fin. Ce clin d'oeil méta est au moins trés sincère ou trés cynique c'est selon sur l'enteprise des réalisateurs : faire un film de série B plutôt fun et décomplexé qui pourrait leur ouvrir la voie pour d'autres films plus ambitieux. En un interview les réas sont trés modestes sur leurs envies, et comme bien souvent, c'est la presse qui en s'emparant du film comme nouvelle icône autoproclamée du fun (on croirait entendre du Snyder) a voulu faire de John Wick ce qu'il n'est pas. A mi chemin entre le roman graphique surréaliste et le film plus posé, John Wick est une belle surprise.

Là où en revanche il faut reconnaître à Keanu Reeves une abnégation totale, c'est que quasiment chacune de ses cascades a été réalisée par lui-même. Il a subit un entrainement trés intensif, huit heure par jour pendant de nombreux mois afin de réaliser l'intégralité de ses chorégraphies de tuerie et bon nombre de ses cascades physiques et automobiles. Il en va d'ailleurs de même pour tous les comédiens, et l'actrice Adrianne Palicki (Gi Joe) n'est pas en reste non plus. Le reste du casting ne démérite pas et que ce soit une apparition de John Leguizamo en garagiste taciturne, ou Willem Defoe en tueur à gages sentimental, ils sont tous à l'unisson du projet, ni exceptionnels, ni transparent.

Au final, on passe un bon moment devant ce revenge movie, on a l'impression fugace de voir un Taken 2 réussi, et surtout, on se prend à imaginer ce qu'aurait pu être la franchise Max Payne si on l'avait confié à ces petits gars plutôt qu'à John Moore qui l'a tué dans l'oeuf. En cas de reboot de la franchise, trés sincèrement, Chad Stahelski et David Leitch seraient les bienvenus. Et quand à ce John Wick, on se demande sincèrement, ce qu'un tel pitch minimaliste aurait pu donner dans la caméra inspirée d'un Michael Mann (auquel le film fait quelques références), voire du regretté Tony Scott.

Les bonus se résument à quelques featurettes ultra formatée mais néanmoins intéressante dans lesquelles tout le monde dit que c'était trop génial de travailler avec "untel" qui est le meilleur, le plus fort et qui a surement un gros zizi. On trouve aussi une description de l'Underworld à peine évoqué dans le film, et un commentaire audio qui doit surement se révéler trés intéressant pour quiconque accrochera au film.

Sortie en dvd et bluray le 4 mars 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.

Retrouvez ce film et d'autre dans la catégorie Plus de films d'action et et les plus récents ici.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 18:11

http://www.revolvergroup.com/uk/uploads/highlights/revolver_home_graphicLiability.jpgJe vais commencer cette critique du film Liability par un petit coup de gueule contre ces traductions françaises foireuses de distributeurs de films qui ne veulent vraiment pas qu'un film marche. Je me souviendrai toujours de ce téléfilm flambant vu sur M6, remake du film éponyme de Stanley Kramer, "On the Beach" renommé par des exécutifs foireux, "USS Charleston, dernière chance pour l'humanité" fleurant bon la bouse médiocre de fin de tiroir à cent lieues, alors qu'en fait on se retrouve en faisant fi de ce titre moisi à un téléfilm d'excellente facture avec des personnages extrêmement biens construit et cernés, une problématique complexe et une réalisation superbe du réalisateur de Highlander, Russel Mulcahy, avec une des fins les plus badantes que vous aurez l'occasion de voir dans un film ou téléfilm.

Si je m'étais fié à ce titre, jamais je n'aurais poursuivi le film plus loin que son générique, mais heureusement pour moi il n'en a été rien. Pour ce film, idem, le titre original étant "Liability" (responsabilité en français) et proposant ainsi une réflexion sur la responsabilité de ses actes, qu'ils soient positifs, ou négatifs, alors même que le titre de distribution : "The Last Hitman, 24 heures en Enfer" semble vendre un énième actionner bourrin et décérébré à la "60 secondes chrono".

Mais là aussi, il n'en est rien. Quand on sait en plus qu'un titre dans un film est la dernière chose qu'on trouve une fois le scénario écrit et sa problématique établie, on est d'autant plus déçu de ce titre qui ne rend absolument pas justice à ce merveilleux petit film briton. Ceci dit on ne leur jettera pas la pierre, le film de Spielberg, le sublime Munich a été vendu avec un visuel de dvd frolant la série Z avec "viseur" et explosion à la clé. Pour rappel, trés loin de la magnifique et mutique affiche de l'exploitation cinéma.

http://www.fharaoncovers.com/covers/Munich_v3.jpg

http://fr.web.img2.acsta.net/medias/nmedia/18/36/15/41/18464332.jpg

Ainsi, si ce Liability n'a pas rencontré son public, au point de finir dans les bacs de DTV en France, c'est sûrement à cause de cet erreur de titre qui lui a été préjudiciable à plus d'un titre. Puisque loin d'être un actionner crétin bourré à la testostérone, Liability est un vrai film briton (le réalisateur est Craig Vivieros officiant sur la série anglaise Morse), nerveux, sec, tendu, parfois contemplatif et par moments extrêmement drôle (que l'humour y soit noir ou non). L'histoire en deux mots est celle d'un jeune de 19 ans, un peu branleur, vivant dans un pavillon de banlieue aisée avec son beau-père et sa mère. Suite au crash de sa propre voiture, son beau père l'encourage à faire quelque chose de sa vie en détruisant sa console de jeu à coup de club de golf. Il impose au jeune homme pour rembourser la voiture de devenir chauffeur pour un de ses acolytes, tueur à gage de son état. Voilà donc notre jeune branleur obligé de jouer les Taxis pour un tueur à gage, froid et lunatique, impeccablement campé par un Tim Roth inspiré. Seulement ce que le jeune homme (incroyable Jack O'Connel, avant son futur "Invincible" de Angelina Jolie) ne sait pas c'est que le tueur à gage qu'il se trimballe a été engagé par son propre beau père pour le flinguer une fois la journée de taxi terminée. Débarque dans l'équation une jeune femme, (Talulah Riley elle aussi fantastique dans son rôle ambiguë) liée à la victime du tueur et tous ce beau monde se retrouve à jouer les chassés croisés avec la mort. Le film est tout autant un road movie qu'un film d'action un brin punk, et c'est une véritable jolie surprise dans le monde un brin formaté et aseptisé de la série B vénère. Excellent film dont le visionnage est recommandé pour quiconque apprécie un tant soit peu l'école anglaise dont descendent Richie et autres Vaughn.

A noter l'excellente prestation de Peter Mullan, dans un rôle plutôt à contre-emploi de mafieu cinglé.

Sortie en dvd et bluray le 21 octobre 2014. Edité par  KMBO éditions.

Retrouvez d'autres films dans les catégories les films qui nous attendent en 2015 et

les meilleurs thrillers partagent en général une intrigue passionnante

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 08:38

http://modern-technology.pl/wp-content/uploads/2013/04/imagine-2013.jpgAndrzej Jakimowski n'est pas ce que l'on pourrait à proprement parler un réalisateur grand public. Il est fort probable que son nom n'évoque rien à la plupart des gens, voire même des cinéphiles, votre serviteur inclus. Aucun de ses films n'aura véritablement d'impact sur votre vie, et pourtant, Imagine, son dernier film tourné en 2011, sortie en 2013 et édité seulement ces derniers temps en bluray et dvd pourrait fort bien changer la donne.

Moi-même je n'aurai sans doute jamais été attiré de prime abord par ce film polono-franco-anglo portuguais si je n'avais pas eu un jour un accident à l'oeil qui aurait pu avoir pour conséquence de me laisser borgne comme John Ford, Fritz Lang, Raoul Walsh, etc.... C'est ce qui m'a donné envie de m'intéresser à ce film dans la sélection cinetrafic car sans ça, je ne pense pas que je lui aurais donné une chance. Et force est de constater que j'ai bien fait car j'ai découvert un vrai bijou, rempli d'onirisme et de poésie, servi par un sens du cadre et de la rupture assez évident et un travail sur la lumière de toute beauté.

L'histoire raconte le parcours d'un éducateur aveugle, Ian (impeccable Edward Hogg) embauché par une modeste institution portuguaise pour aveugles, principalement des enfants et des adolescents. Mais la particularité de Ian c'est de ne jamais se déplacer avec une canne, mais en utilisant l'écholocation, comme les chauve-souris ou Daredevil (parenthèse ouverte, Edward Hogg serait le candidat parfait pour un remake/reboot du démon masqué, car il possède un charisme indéniable et une belle palette d'émotions qui conviendrait parfaitement pour Matt Murdock et son alter ego à cornes fin de parenthèse).

Ian s'évertue donc à contrer l'institution qui lui réclame de faire ses cours encadré par du personnel voyant et surtout sans se départir de sa canne blanche, et il entraîne les enfants sur la voie de l'accès au monde réel autrement. La kyrielle de jeunes comédiens non professionnel est impeccable de justesse, et la présence de comédiens pros comme Edward Hoog, Alexandra Maria Lara ou Melchior Derouet ne fait que renforcer ce sentiment d'osmose. La méthode d'Ian n'est pas sans risque, puisqu'il se blesse plusieurs fois mais au moins il ne vit pas sa vie à genou. Petit à petit, un léger vent de révolte souffle sur l'institution et les enfants d'abord méfiants finissent par faire confiance à son sens aigu de la liberté.

En particulier un jeune homme, Serrano (Melchior Derouet épatant) qui remet en cause son mentor, et va jusqu'à douter de ses enseignements jusqu'à ce que ce dernier ne l'entraîne sur ses traces, et le guidant dans la ville sans canne blanche lui fasse "ouvrir les yeux". Ian va aussi mettre sur la voie, Eva (Alexandra Maria Lara, déjà remarqué dans Rush, dans le rôle de la Marlene Lauda la femme de Nikki), jeune adulte aveugle qui ne sort plus de l'institut même avec sa canne tellement le regard des autres sur sa condition la fait souffrir. Au contact de Ian, la jeune Eva va quitter le jardin d'Eden, pour se confronter à nouveau à la réalité du monde, à sa beauté et aussi à sa souffrance.

Ian agit ainsi comme un véritable révélateur pour tout ses "patients" et finit par s'attirer les foudres du directeur de l'institut, Francis Frappat qui compose un méchant de la vraie vie, c'est à dire ni trop ni trop peu, jamais dans la caricature mais qu'on écouterait presque parce qu'il n'est jamais manichéen, juste peu à l'écoute de l'évolution du monde et de ses techniques. Je ne raconterai pas la fin, parce que le but de cette critique est de vous faire voir le film, mais sachez que si vous aimez les happy end, passez votre chemin.

Entre le récit initiatique, et le cercle des poètes disparus, Andrzej Jakimowski réussit le tour de force de produire un film lent, poétique, et dans lequel on ne s'ennuit jamais. Et comble de tout, lorsque le générique final apparait, on regrette la durée, tellement on aurait aimé vivre plusieurs vies avec ces jeunes aveugles. Le film est d'ailleurs dédié à la mémoire de Ben Underwood, jeune aveugle afro-américain utilisant l'écholocation et décédé en 2009 à l'âge de 17 ans. 

https://www.youtube.com/watch?v=AiBeLoB6CKE

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 01:12

http://i.huffpost.com/gen/1935836/thumbs/o-LE-HOBBIT-LA-BATAILLE-DES-CINQ-ARMES-facebook.jpgAprès 4 visions du dernier opus du Hobbit 3 : La Bataille des Cinq Armées, dont une en HFR 3D Dolby Atmos, le must pour vraiment pouvoir réellement toucher l'entreprise de Peter Jackson du doigt, et parce que j'en avais un peu assez d'attendre un hypothétique papier des sites que j'aime bien, me voilà à même ami lecteur d'aborder le film dans la quintessence de sa signification et surtout en se lâchant un peu sur les spoilers, analyse oblige. Donc, lis bien cet avertissement, SPOILER SPOILER SPOILER PASSE CES QUELQUES LIGNES, JE VAIS FAIRE PLEINS DE REVELATIONS SUR L'HISTOIRE DU FILM ET SES PERSONNAGES. SI TU VEUX CONTINUER AU-DELA DE CET AVERTISSEMENT, C'EST A TES RISQUES ET PERILS.^^

On ne le redira jamais assez, mais il FAUT VOIR LES FILMS DU HOBBIT EN HFR 3D et de préférence en ATMOS, ce n'est pas du snobisme, ce n'est pas pour faire gagner plus d'argent aux exploitants, c'est parce qu'il faut toujours respecter la vision d'un auteur, et surtout parce que ce procédé fait partie intégrante du processus de "narration" voulu par le réalisateur Peter Jackson et ses scénaristes (lui-même, Philippa Boyens, Fran Walsh, et Guillermo Del Toro). Je n'ai pas la prétention de vous expliquer comment et pourquoi, mais je vous renvoie amis lecteurs vers un site peuplé de passionnés qui sauront vous le retranscrire bien mieux :

http://www.capturemag.net/etat-critique/le-hobbit-une-imagerie-inattendue/

Une fois, ce texte lu, nous pouvons passer à la signification profonde du premier film, et ses symboliques intrinsèques, complètement reliées au parcours de ses héros, toujours chez Capture Mag, toujours par le même : 

http://www.capturemag.net/etat-critique/le-hobbit-un-recit-inattendu/

Maintenant que tu sais lecteur attentif, à peu près de quoi il cause le père Jackson, et ses potes, on va pouvoir attaquer le vif du sujet de cet ultime chapitre de la trilogie le Hobbit, et comprendre ensemble pourquoi finalement c'était pas du tout un délire marketing de faire 3 films au lieu de 1 ou 2.

Avant toute chose, ouvre une nouvelle fenêtre ami lecteur, et laisse toi porter par la musique envoutante de Howard Shore pendant la lecture https://www.youtube.com/watch?v=RE5JLhHaYkI

Maintenant que nous voilà entre nains, nous allons pouvoir parler du film dans sa globalité. Le film commence là où l'on avait laissé à la fin du 2, c'est à dire sur Smaug qui a échappé au piège des nains et se rue sur Lacville pour la mettre en pièces avant de retourner faire rôtir les nains et Bilbo dans un deuxième temps.

Je fais tout de suite une pause pour répondre à ceux qui pensent que le deuxième opus auraient dû se terminer sur la mort de Smaug. Ben non, non, 3 fois non, ignorant. Smaug est un des "personnages" centraux du film Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées, si si vous avez bien lu, je n'ai pas abusé des stupéfiants du sieur Radagast, donc le faire mourir à la fin du 2, aurait été un total non-sens. Le cliffhanger de la Désolation de Smaug était un des decipit les plus violents et sombres vu dans les blockbusters de la fin de l'année 2013. Les mots de Smaug résonnaient de manière profondément historique, "Je suis la Mort, je suis en chemin". Smaug c'est la guerre, Smaug c'est l'expression du Mal, mais aussi de la cupidité humaine (ou non), de l'avarice, bref, c'est un antagoniste incroyable, et tellement incroyable que malgré sa mort, son ombre (au sens littéral ainsi qu'au figuré) plane sur tout le reste du métrage, doublement même, puisque son incroyable interprète, le fantastique Benedict Cumberbatch se retrouve thématiquement et cinématographiquement à endosser également le rôle du Nécronomancien (Sauron) dont Smaug n'est finalement que la vision (le cadrage sur son oeil dans le 2). Pas de lien entre eux réellement dans le sens adjudant-subordonné mais plutôt dans le sens adjuvant, un lien ténu sur leur interdépendance en somme.

L'apparition de Smaug au début du film est vécu par le regard de la plus "innocente" des créatures, en l'occurence Tauriel. Sa terreur de Smaug est vécu par le spectateur, avant même que le moindre carnage commence. Puis c'est l'ombre gigantesque de Smaug glissant sur les maisons la nuit qui fait suite à ce regard terrifié de Tauriel. Cette dernière enjoint la famille de Bard et les nains non présent à la montagne du Dragon de quitter les lieux rapidement. Enfin, nous voyons Smaug s'élancer dans les airs en piqué, comme un stucka allemand et enflammer les bicoques des pêcheurs du village lacustre. En parallèle de cette fuite en bateau des nains, de la famille de Bard et de Tauriel, nous suivons la propre fuite du maître (impeccable Stephen Fry dont l'interprétation n'est pas sans rappeler le gouverneur de l'île de Phatt dans Monkey Island) et de son aide de camp, Aldrich avec le trésor de la ville, à savoir certainement les réserves d'or de la ville, donc les économies des pêcheurs et de leur famille. Alfrid est victime de la cupidité du maître (un thème qui reviendra tout le long du film, en s'incarnant dans divers personnages et ce bien après le décès du dragon Smaug) et se retrouve balancé à la flotte au profit du trésor. Bard de son côté, enfermé dans les cellules du maître tente une évasion qui aura pour effet de manquer d'étrangler le maître, comme une réponse "divine" à sa cupidité. Le maître ne meurt pas mais la cellule vétuste est arraché, et voilà Bard libre. Ce dernier, au lieu de fuir, agit comme un vrai héros, en fracturant l'armurie de la ville et en récupérant un arc et un plein carquois de flêche pour tenter une action désespérée du haut d'un clocher, le point le plus haut de la ville. Smaug continue sa destruction et au détour d'un virage à travers le village attaqué, le fils de Bard, Bain aperçoit son père qui combat et qui rivalise de talent, puisqu'il fait souvent mouche sur le dragon, mais sa carapace est épaisse et il manque l'élément qui peut la percer mais que seul le fils de Bard pourra amener à son père, une flêche noire. Bain fuit le bâteau des nains, et laissant ses soeurs désemparées, il rejoint son père pour lui amener l'élément qui manque pour la destruction de Smaug, la flêche noire. Smaug passe son attaque sur Bain et Bard et il détruit à moitié le clocher qui les abrite. Dans l'attaque, l'arc de Bard est détruit et ce dernier plantant les morceaux de son arc dans le bois du clocher se sert alors de son fils comme d'un guide (à tous les sens du terme) pour la terrible flêche noire. Smaug s'élance avec la fatuité et l'orgueil qui le caractérise et en paie le prix. Dans une séquence la plus forte en émotion picturale, on avait pas vu une séquence aussi forte depuis l'attaque puis la mort du Kaiju volant dans les nuages de Pacific Rim, Smaug embrasse son trépas, et vit son agonie au firmament de Lacville avant de s'effondrer, terrassé par la mort sur la barque du maître de Lacville, on est toujours puni par là où on a péché. Smaug décédé, la bataille pour la montage commence, et Thorin se réfugie dans la montagne en quête de l'Arkenstone, même Arkenstone que Bilbo a subtilisé au dragon dans l'épisode précédent et caché dans ses haillons. 

On récupère ensuite Gandalf, prisonnier des Orcs et de leur maître, puis Galadriel arrive et aidée de Elrond et de Saroumane, elle positionne les enjeux qui vont traverser la Terre du Milieu dans le Seigneur des Anneaux. Jackson et son équipe de scénaristes réussit là où même Tolkien qui en rêvait pourtant beaucoup n'a pu réussir, créer un vrai pont narratif entre les évènements du Hobbit et ceux du Seigneur des Anneaux. Les générations futures pourront commencer par la trilogie du Hobbit et être quand même totalement surpris, lorsque Saroumane franchira le côté lumineux, alors que nous autres, nous voyons avec un brin de malice la phrase "je me charge de Sauron" car nous savons déjà le destin de Saroumane. C'est une idée proprement géniale d'avoir associé cette séquence au reste car loin d'affaiblir les enjeux narratifs de la Montagne, elle ne fait que les renforcer au contraire. On pourra toujours déplorer le côté "after effects" de Galadriel, mais personnellement, j'ai vécu cette séquence avec beaucoup d'émotion au contraire, alors même que je ne suis pas un fan du Seigneur des Anneaux la communauté de l'anneau en film.

Une fois, le destin de Sauron réglé (du moins en apparence), on revient à Lacville pour trouver dans une séquence trés inspirée du débarquement du soldat ryan, la conséquence de l'attaque et de la chute de Smaug, un village quasiment entièrement détruit d'où ne subsiste plus que des bouts de bois flottants et une population aux abois. Dans cette désolation de Smaug (l'ancien surnom de Lacville dans le roman), Jackson fait émerger du comic relief par les interventions cyniques ou humoristiques de Alfrid le bras droit du maître, personnage totalement inventé par Jackson et ses scénaristes mais qui sert parfaitement de lien à la trilogie du SDA en rappelant l'obséquieux Grima langue de serpent comme lui l'archétype du sycophante, sournois, vil et manipulateur. On se croirait presque chez Shakespeare, tant cette capacité à lier le tragique et l'humour est présente dans ce troisième opus. Alfrid donc manque de peu de se faire lyncher par la foule en colère et ne doit son salut qu'à l'intervention de Bard. Alfrid propose à Bard d'être le roi de Lacville mais ce dernier décline car il ne se sent pas les épaules pour endosser cette tâche (qu'il finira in fine par endosser d'ailleurs, bien malgré lui, mais c'est là qu'est tout l'intérêt de l'arc narratif de Bard, c'est qu'il se rapprochera au plus de sa fonction de Roi, tout en faisant tout pour s'en éloigner et servir les intérêts de sa famille avant tout). Bard demande à tout le monde de se mettre à l'ouvrage et de rassembler des vivres pour partir vers la montagne réclamer son dû à Torin.

Pendant ce temps Thranduil, fait route vers la Montagne pour réclamer lui aussi son "dû", la couronne des gemmes de son peuple. Thorin sombre peu à peu dans la folie, et Bilbo hésite à lui avouer que c'est lui qui détient l'Arkenstone. Bard vient négocier sa part du trésor mais il se heurte à un Thorin aussi fou que son propre grand-père. Bard a sauvé l'honneur des ancêtres en terrassant Smaug avec une flêche noire et à l'aide de son arc comme dans le roman mais le périple de Thorin commence à son tour. Thorin refuse de négocier avec Bard et Thranduil, il devient de plus en plus mutique, et obsédé par l'or. Il devient également paranoïaque en discutant avec Bilbo qu'il imagine le seul loyal, puis doute aussi de la confiance de ce dernier en accourant vers lui quand Bilbo tient quelque chose dans sa main, qui s'avère être un gland ramassé dans le jardin de Beorn. Thorin dans cette scène magnifique redevient pour un temps, le Thorin ami de Bilbo, celui qui a entrainé ce petit bonhomme, bien loin de son confort et de sa vie, celui qui n'est pas un héros et qui se retrouve vêtu pourtant d'une côte de maille en Mithril. Mais cet instant de grâce ne dure pas et petit à petit Thorin se transforme par un jeu de lumière, une interprétation sans faille de Richard Armitage et des effets sonores en l'ennemi qu'il a toujours combattu, Sssssmaug, pendant que les nains défilent au ralenti vers la Guerre. Cette scène d'ailleurs résonne et raisonne tout le long du métrage avec plusieurs autres dans le basculement dans la folie de Thorin.

Les elfes s'allient à Bard et décident d'attaquer la Montagne et son roi, mais Bilbo de plus en plus peiné par le comportement de Thorin, se fait la belle et fonce dans le camps des Elfes-Humains pour proposer l'Arkenstone pour traiter avec Thorin. De son côté, Legolas et Tauriel vont à Gundabad et découvre l'armée de Bolg qui se prépare au combat. Bilbo retrouve Gandalf et ce dernier le fait surveiller par Alfrid qui l'entraine en l'appelant en vf stupide Hobbit... Loin d'être un simple comic relief d'allusion au SDA, cette phrase dans la bouche d'Alfrid l'associe de manière totalement inconsciente pour le spectateur avec Gollum, dont Alfrid partage la soif de l'or et de pouvoir. Mais Bilbo fausse compagnie à Alfrid et rejoint les nains. Les orques menés par Azog passent par sous les montagnes, aidés par les Mange-Terres qui leur ouvre une issue. Les humains et les elfes se rendent à la porte de l'Antre du roi sous la Montagne et ils exhibent l'Arkenstone. Thorin croyant à une ruse, rit sous cape, mais Bilbo dévoile la vérité. Thorin fou de rage demande à jeter Bilbo par dessus les remparts mais Gandalf surgit et demande à récupérer le cambrioleur sain et sauf. Les humains menés par Bard et les elfes menés par Thranduil demandent si Thorin veut la paix ou la guerre. A ce moment donné, un corbeau arrive vers lui et il comprend que son cousin Dain, vient d'arriver avec ses troupes, il répond donc la guerre. Dain s'avance et va commencer à se battre contre les elfes, quand soudain, les mange-terres finissent leur travail de sape et l'armée de Azog (dans le livre, il s'agit de Gobelins et de Wargs) surgit sous leurs pieds quasiment. Face à cette nouvelle menace, les nains et les elfes s'allient et le combat commence.

Le combat, on s'en fout, c'est un combat, ça se vit, ça se raconte pas, donc passons à la résolution des arcs des personnages, et à la symbolique de leurs parcours. Thorin, pendant que la bataille fait rage, se dispute violemment avec Kili, puis avec Balin et Dwalin qu'il menace quasiment de mort, le Mal du Dragon s'est totalement emparé de son âme, et il est en train de devenir fou comme son grand-père. Mais, quittant le combat, combat dans lequel son cousin Dain est en train de perdre et son peuple en train de se faire massacrer, il se retire dans la salle au parquet d'or, la même salle qui était dans le deuxième film, l'endroit où a été piégé la fierté et l'orgueil de Smaug, en plus de son avarice. Thorin va se confronter à sa soif de l'or, en soignant le mal par le mal, et dans une scène digne de la scène de folie de Mumble dans Happy Feet, ou du Roi Lear ou d'Hamlet pour rester chez William le grand, il va entendre toutes les voix de ses amis et ennemis se mélanger dans sa tête, avec en plus la réminiscence de la faute grand paternel ("je ne suis pas mon grand père" revenant plus de 3 fois dans sa torture mentale), puis se laisser engloutir par sa soif d'or pour mieux la combattre, car il comprend bientôt que pour résister à la plus grande des tentations, le meilleur moyen c'est d'y céder complètement.

Ainsi, dans une scène magnifique, où l'ombre de Smaug vient lui glisser sous les pieds dans le parquet, avant que tout le parquet ne devienne un immense sable mouvant qui l'engloutit littéralement, Thorin combat son ascendance pour assurer le futur de sa descendance. Cette scène magnifique aura d'ailleurs une vrai correspondance dans le combat final contre Azog mais on en reparlera en temps voulu. Il sort de cette transe complètement changé, et redevient le roi sous la Montagne qu'il n'a jamais réellement cessé d'être. Il effectue une sortie en défonçant à l'aide de la grosse cloche de la Montagne les barricades que sa folie lui avaient fait ériger et c'est une armée rassérénée par l'irruption de son roi qui rejoint la bataille.

De son côté, Bard sauve la vie à ses enfants, et se positionne encore plus en futur roi de Lacville sans jamais en avoir souhaité le dessein. Et Alfrid, le côté obscur de Bard lui, prouve un peu plus sa couardise et sa fausseté, en désertant le champ de bataille pour une jarre de pièce d'or, rejoignant encore plus Grima et Sméagol dans le savoir du spectateur de la trilogie. Chacun est dôté de ce qu'il recherche, dans un superbe travelling digne de Last Action Hero de John Mc Tiernan, à la question, "pourquoi refuser d'être le maitre et de prendre le pouvoir", Bard dévoile sa famille derrière lui avec le thème de Bard de Howard Shore.

Thranduil, voyant son peuple décimé et le nombre d'elfes morts pour la folie des nains, et de Thorin surtout, décide de lever le camp, mais il se retrouve face à Tauriel qui le menace de son arc, lui disant que son coeur est fermé à l'amour et que les nains vont se faire massacrer sans leur aide. Thranduil fend l'arc de Tauriel en deux, et la menace de son épée mais Legolas intervient et par amour pour celle qui ne l'aime pas, sinon par respect pour les convenances de sa race, et lui emboite le pas pour aller sauver Kili.

Bilbo fidèlement au livre de Tolkien est assommé au quasi début du combat, sauf que c'est dans Ravenhill et ne participe que de trés loin à l'assaut final. Fili et Kili sont tués par Azog et Bold, respectivement, donnant enfin à cette phrase "et dans la bataille des cinq armées, furent tués, Fili, Kili et Thorin", le flot de larmes que j'ai toujours désespéremment regretté de mes 20 lectures du livre même si leurs morts est quand même touchante du fait de l'attachement qu'on ressent pour eux pendant la lecture mais rien ne remplacera jamais l'image. Fili meurt en combattant, piégé par l'immonde Azog qui le poignarde et le jette à bas des remparts sous les yeux de son frère Kili qui ne pourra même pas lui dire adieu, et Kili lui meurt, poignardé par Bolg sous les yeux de sa dulcinée (entre temps, Legolas, vient se battre avec Bolg pour sauver Tauriel) mais en combattant lui aussi.

Thorin, affronte Azog sur la glace, dans un combat qui rappelle par sa mise en scène, le combat contre l'or, puisque se servant de la propre suffisance de Azog, il entraine ce dernier dans un piège nautique où chacun joue sa mainmise sur un territoire (encore une scène aux résonnances vertigineuses), et lorsque Azog comprend qu'il a été feinté, c'est trop tard, il coule et passe sous la glace devant Thorin, rappelant en cela au spectateur, que le Roi des Gobelins, Smaug et Azog étaient autant de figures perverties de ce qu'aurait pu devenir Thorin si il avait succombé à sa soif de l'or. Azog jailli de l'eau et tue Thorin, qui meurt en combattant, mais surtout qui laisse glisser son épée, ce "suicide" lui permettant de poignarder à son tour Azog à mort. Les Les Aigles jaillissant de derrière l'épaule de Thorin au ralenti, et venant ainsi sublimer le roi sous la Montagne. Thorin n'a pas sa place dans un monde ainsi fait, et comme le dit Balin à la fin à Bilbo, "des histoires seront comptées, des chant seront chantés et Thorin deviendra une légende". Ainsi s'éteint la lignée de Durin, dans la bravoure.

Bilbo se réveille de sa torpeur, et court vers Thorin, agonisant. Ce dernier dit adieu à Bilbo, s'excusant pour son attitude indigne d'un roi, il lui enjoint de quitter la Montagne et de rentrer chez lui planter ses arbres, et les regarder pousser, et il déplore que le monde soit si peu rempli de gens plus intéressé par la culture de leur jardin que par l'or et le pouvoir. Après cette sentence digne du Candide de Voltaire "tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles dit Panglophe, oui mais il faut cultiver notre jardin répondit Candide", il meurt pardonné, pendant que Bilbo dans une séquence tragique touchant au sublime, montre les Aigles à son ami qui n'est déjà plus de ce monde, frissons et sanglots en perspective.

Thranduil rejoint son fils et Tauriel, Legolas s'engouffre dans le tunnel et dos à son père lui dit qu'il ne rentrera pas. Son père lui conseille d'aller chez les Dunedains, voir un jeune rôdeur qui à eu un père trés bien et qui promet lui d'être exceptionnel. Le raccord avec Grand Pas est effectué pour le spectateur, et ce même si Aragorn a probablement dix ans environ. Tauriel dont l'histoire avec Kili sert finalement à montrer la future amitié entre les nains et les elfes, préfigurant le "couple" Gimli-Legolas demande dans une scène que n'aurait pas renier encore une fois Shakespeare a être délesté de l'amour si cette souffrance s'y apparente, ce à quoi Thranduil répond que si elle souffre tant c'est probablement que cet amour est vrai, faisant par là même comprendre, que si lui ne pleure pas la mère de Legolas et sa femme, c'est parce que ce n'était qu'un mariage arrangé de classe et certainement pas le "true love" dont parle Thranduil. Quand à la phrase de Thranduil, elle prend une grande signification, une "vertigineuse signification même", lorsqu'on la rapproche de toute l'entreprise Jacksonienne, à savoir l'intérêt de la HFR pour rendre réel et palpable la Terre du Milieu comme prolongement du réel, et non comme une simple histoire ou légende (pour reprendre le propos attribué plus tard par Balin à Thorin) (copyright également de l'idée, Denys Corel, du moins si on l'a compris dans le même sens).

Bilbo se laisse aller à sa douleur, et finit par s'assoir sur une pierre, pendant que les nains revenus du combat victorieux se laisse aller eux-aussi en rendant un dernier hommage à leur roi. Gandalf arrive, et dans une scène muette magnifique où Gandalf ne sachant que dire pour lui apporter un peu de réconfort, et Bilbo portant tous les stigmates de la fin de son voyage initatique lui aussi mutique, se comprennent dans leur souffrance quand le Magicien gris s'occupe en nettoyant sa pipe.

S'ensuit une deuxième magnifique scène, où la phrase sur la légende de Thorin est prononcée par Balin et où Bilbo, répond "il n'était pas ça pour moi, il était, il était, il était" mais aucun mot ne sort car la douleur est encore trop forte. La séquence se conclut par Bilbo qui demande à Balin de dire au revoir aux nains pour lui, et ce dernier lui sourit tristement en lui conseillant de le faire lui-même, à ce moment, tous les nains moins trois sont alignés devant la porte de la Montagne, eux aussi à jamais changés, et Bilbo les convient avec une touchante émotion à venir boire le thé, un jour ou l'autre, sachant pertinemment qu'il leur dit en réalité ici adieu.

Bilbo part en emportant le bouclier de Kili sur ses épaules et son 1/14 du trésor, un coffre d'or et d'argent.Gandalf chemine avec lui et parvenu aux abords de Hobbit-bourg, ce dernier lui dit à son tour adieu, en lui disant de faire attention, qu'il sait que Bilbo a en sa possession un anneau de pouvoir, (sans dire que c'est l'anneau unique, donc le lien avec le SDA est maintenu) et qu'il faut faire attention avec ce genre de magie noire, ce à quoi Bilbo répond qu'il l'a perdu pendant la bataille. Gandalf disparaît et Bilbo retrouve son foyer, entièrement perturbé (tout le monde le croit mort et on est en train de vendre ses affaires aux enchères). Il redonne son identité, car il a changé physiquement et même sa propre société ne le reconnait pas ou fait mine de ne pas le reconnaitre. Il donne comme preuve le contrat de Thorin, et entendant son nom par le commissaire priseur, il peut enfin dire, la douleur étant un peu atténuée : "il était mon ami".

Bilbo pénètre dans sa maison vide et vidée de toute présence, le spectateur attentif, se rappelle des scènes d'entrées des nains dans le 1 et comprend toute l'importance que leur absence revêt dans le 3. La musique de Howard Shore rejoint d'ailleurs dans ses toutes premières notes lorsque Bilbo pousse la porte de sa demeure vide, la puissance évocatrice primale de celle de Michael Giacchino dans Lost. Bilbo se penche et ramasse le portrait de ses parents qu'il raccroche au mur, rejoignant la thématique de Bard sur l'importance du "foyer", et il s'assied dans un fauteuil, alors que par un effet de caméra (contreplongée, visage de profil et semi-grimaçant), on s'aperçoit que l'anneau unique est en train d'essayer de le changer en un nouveau Sméagol. En un raccord mouvement sur l'anneau et sa main ridée, on retrouve le vieux Bilbo, et la fin comme elle est écrite dans le roman "Et pour les trés vieux amis ? Gandalf ! ... Avec la finesse qui le caractérise, Jackson délaisse les retrouvailles visuelles pour pouvoir cadrer une autre forme de retrouvailles, la carte qui témoigne de toute l'aventure passée, et de celle à venir par la descendance de Bilbo. Le lien est fait, ce Hobbit 3 annonce et réussit quasiment tout ce qu'il a entrepris depuis le premier film, à savoir faire ce que Tolkien a toujours voulu faire mais jamais pu réaliser, faire du Hobbit, une nouvelle trilogie apportant un lien efficace et réel avec la trilogie du Seigneur des Anneaux.

Le générique de fin est tellement magnifique, et approprié, par la si belle voix de Billy Boyds que je ne peux que me résoudre à vous laisser quitter ce blog et la Terre du Milieu au son de sa voix et des premières paroles de la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=r5dKnhgIQpA 

I saw the light fade frome the sky

On the wind i heard a sigh

As the snowflakes cover my fallen brothers

I will say this last goodbye

[...] I bid you all a very fond farewell.

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Published by LordGalean
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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 15:52

http://itstvnews.files.wordpress.com/2013/12/fleming.jpgRetour des visionnages "imposés" du site cinetrafic.fr. Avec pour la première fois dans l'histoire de ce blog, ami lecteur, une série TV. Et pas n'importe quelle série TV puisqu'il s'agit rien moins que de la série sur Ian Fleming, interprété par le fantastique Dominic Cooper et produit par la BBC.

Ian Fleming, séducteur oisif, fils de famille fortunée s'ennuyant à mourir dans un travail dans la finance qui ne le passionne pas outre mesure et frère cadet de l'écrivain Peter Fleming choyé et adulé par leur mère se retrouve engagé par l'intelligent service britanique, au lendemain de l'entrée en guerre de l'Angleterre dans le conflit qui donnera lieu à la 2nde Guerre Mondiale le tout grâce à son intelligence et son imagination.

Ce film étant en réalité une mini série de 4 épisodes, je vais donc traiter chaque épisode un par un, immédiatement après sa vision, pour rester le plus proche de la densité de la série

Episode 1

 

Le premier épisode s'ouvre sur un travelling sur un décor paradisiaque, puis la caméra plonge dans les eaux tumultueuses et suit une jeune femme qui nage sous l'eau, vêtu en plongeuse sous-marine en apnée. Le thème de la série se lance, avec par trille un peu moqueur, le James Bond theme à peine identifiable. Soudain surgi un fusil harpon dans le cadre, et un homme semble poursuivre la jeune femme. La tension s'accroit, comme dans un Hitchcock et au climax de cette tension, l'homme tire, et le plan suivant montre une gerbe de sang qui remonte vers la surface. L'homme jaillit, un poulpe que l'on voyait peu avant au bout de son harpon et la femme, arrache son propre masque et injurie l'homme lui indiquant qu'il a failli la tuer. Ce dernier répond, "failli alors seulement". On retrouve ce couple dans une maison, probablement sur l'ile paradisiaque entre aperçue au début et l'homme est en train de taper à la machine. Sa femme lui reproche de taper à la machine pour se venger du fait d'être récemment marié et donc de faire subir à cette pauvre machine à écrire, toute sa frustration d'être le captif d'une femme. L'homme qui s'avère donc être Ian Fleming poursuit la femme, et il finisse par s'abandonner l'un à l'autre sur le lit. C'est évidemment bien des années plus tard, puisque ensuite viendra un flash-back qui nous fera rentrer réellement dans son histoire. Mais cet intro est importante car elle montre un homme établi, marié, et bientôt célèbre (le personnage de Bond est créé et le livre qu'il est en train d'écrire est Casino Royale, le premier tome des James Bond). La force de la première scène est de faire entrer le spectateur de plain-pied dans l'imaginaire de Fleming, puisque nous croyons suivre une scène de poursuite James Bondesque, alors qu'il s'agit de la réalité.

Le premier flash-back s'enclenche, (13 ans plus tôt) et nous retrouvons Fleming et un autre personnage (dont nous découvrirons bientôt qu'il s'agit de son frère), en train de se poursuivre dans la neige en ski. Là encore, le réalisateur nous présente la scène comme le décalque d'un des futurs film de James Bond avec des tueurs à ski, mais la rivalité ne s'avère que fraternelle et se finit avec quelques blessures à l'ego pour l'un des frères. On retrouve ensuite les deux frères dans un wagon de train, entouré de nazi, et l'un des deux, insulte les nazis en disant en Allemand "qu'il ne craint pas le nabot Autrichien". Puis le contrôleur allemand entre et Ian qui vient de lier connaissance avec une jolie blonde reste pétrifié en voyant la violence nazie à l'oeuvre dehors. Le spectateur comprend à ce moment et par le procédé de filmer la vitre que Ian se rêve en justicier, car il serre les poings à voir ces gens maltraités sans pouvoir décoller son regard de la scène. C'est le contrôleur qui mettra fin à son hébétude en rabaissant brutalement le rideau et en lui demandant à nouveau ses papiers d'une voix autoritaire.

Le premier épisode met en scène la vie morne et oisive de Ian, composée de femmes, de vins, et encore de femmes. Il oublie un rendez-vous avec son seul client à cause d'une coucherie avec une fille rencontrée dans un bar et se fait ensuite vertement sermonnée par sa mère auquel elle oppose la brillante réussite de son frère Peter. Puis ian drague la mauvaise fille, se fait tabasser par son frère et tombe en émoi devant la femme d'un haut dignitaire. Venu acheter un exemplaire de première édition de Mein Kampf (son pêché mignon de collectionneur, les premières éditions bien sûr, pas Mein Kampf), il se fait suivre par des hommes, puis coincé en bas de la bibliothèque où il se trouvait et il est envoyé chez les services secrets. Ian craint qu'on le prenne pour un sympathisant nazi mais en réalité, l'intelligent service le nomme Commandeur et lui propose du travail comme agent secret, car son intelligence et son imagination leur serait bien utile en ces temps de guerre.

Ian accepte, il s'illustre en faisant parler deux prisonniers nazis sans brutalité mais autour d'un bon repas, largement arrosé et au frais de la princesse puis il retrouve la femme du haut dignitaire dans un diner mondain et pendant une scène de bombardement de l'endroit, il réussit à lui voler un baiser. Le premier épisode se clôt sur cette scène, où il retrouve sa cavalière, légèrement contusionnée, Monday, sorte de transfuge de la future Miss Moneypenny.

Episode 2

L'épisode 2 de ce qui s'annonce quasiment comme une excellente mini-série, digne de la réputation de la BBC en matière de reproduction historique, prend une tournure plus aventurière, et plus romantique à la fois comme si les deux étaient fondamentalement liés. Ian se rend en France, à la poursuite de l'amiral Darland, afin de récupérer des infos sur la flotte française pour éviter que cette dernière ne tombe aux mains des nazis. Là, il défie un général allemand au bacara et perd tout en voulant trop gagner. Après le clin d'oeil de la boisson dans l'épisode 1 qui s'était soldé par un échec (pour rappel, il commande un vodka martini on the rocks secoué à la cuillère non au shaker et se voit servir une bière en retour), le deuxième élément constitutif de Bond, le jeu, se voit lui aussi non récompensé chez Fleming, à croire que le personnage est le doppelganger en plus réussi de ce que fut la "vraie vie" de Fleming. Ian se fait encore apitoyer par une femme, la compagne du général allemand qui est hongroise et s'avère être juive. Elle assassine l'homme et Ian débarque au même moment. Il protégera son action, émue par son sort. Fleming rentre à Londre, où il appelle Murielle, comme il avait promis de le faire, mais une alerte à la bombe le confine dans un abri avec Anne O'Neil, la maitresse du haut dignitaire de l'épisode 1. Cette dernière lui dit qu'elle le désire, mais Fleming est amoureux de Murielle, et il finit par la rejoindre l'alerte terminée mais c'est pour trouver son appartement bombardé et la pauvre jeune femme, morte sur son lit, touché par un éclat d'obus. Fleming est terrassé est se retrouve hagard chez Anne O'Neil avec qui il couche pour oublier son chagrin. Fleming reproduit encore une fois, les futures traits de son futur Bond, puisqu'il a perdu pas moins de deux femmes, Monique et Murielle qui sont les exacts miroirs de Vesper Lynd (dans Casino Royale) et de la femme de Bond, Thérésa Bond qui meurt à la fin d'Au service de sa Majesté.

http://streamcomplet.com/james-bond-au-service-secret-de-sa-majeste/ (à partir de 1h33)
Suite à ça, Ian revient à la charge vers son supérieur pour former comme les nazis une escouade d'agent secret mais à la différence de ces derniers qui envoient leurs troupes en même temps que leurs agents, il lui suggère d'envoyer leurs agents avant, en éclaireur. Le supérieur approuve et Ian retrouve son frère Peter à la sortie qui lui confie que Ian est tout autant un héros que lui.
Episode 3
Ce nouvel épisode de la série débute sur une mission d'infiltration et de désamorçage d'une bombe dans laquelle intervient, un troisième gimmick des romans de James Bond, le désamorçage juste avant le 0:00:00. Ian se fait former au Canada, et il en profite pour écrire un manuel pour la future CIA. Ian et son supérieur forme son escouade de 30 agents secrets parmi les plus indisciplinés, et sans attache des soldats anglais. Anne O'Neil de son côté apprend la mort de son époux sur le front, et Peter, le frère de Ian est enlevé du front pour devenir archiviste. Ian souhaiterait accompagner son équipe mais son supérieur veut le garder à ses côtés. Ian demande à devenir le chef de l'escouade (qui multiplie les dépots de plainte envers le service) et son supérieur lui donne cette possibilité en l'initiant au protocole T. Ian doit entrer dans une maison et tuer un homme qui l'attend pour faire de même. Ian échoue mais l'escouade en revanche est agrandit du double et son supérieur est démis de ses fonctions à cause des plaintes reçus. Anne O'Neil épouse Edmond, le haut dignitaire et Ian se retrouve seul.
Episode 4
L'épisode final ne pouvait se faire sans évoquer le dernier gimmick de Bond, et non des moindres, les gadgets. Ian vit sa première mission d'espionnage sous le feu ennemi et l'épisode suggère habilement que puisque c'est Ian qui l'a vécu, il est fort probable qu'il y est du vrai et du moins vrai. Comme disait Fleming "dans tout ce que j'écris, il y a un fond de vrai". Ian devient un héros et se retire des services secrets en donnant sa démission.
Conclusion : une mini série en 4 épisodes, particulièrement sympathique, et qui emporte le morceau avec le jeu éblouissant du non moins génial Dominic Cooper qui endosse à la perfection la peau du fantasque Ian Fleming. Un vrai plaisir aussi de retrouver Rupert Evans dans le rôle de son frère, acteur de grand talent et trop rare depuis Hellboy, Agora et un épisode d'Hercule Poirot Saison 13. Le casting féminin ne démérite pas, puisque chaque personnage, de Muriel Wright à la mère de Fleming, en passant par Monday et Anne O'Neil se révèle excellent. Côté bonus, l'édition est un peu chiche avec un sympathique quizz en 007 questions et une biographie et bibliographie de Fleming. On aurait aimé un peu plus de bonus sur cette folle aventure que dû être le tournage de la minisérie. Par contre, un bon point pour l'éditeur qui nous offre à nouveau une édition du commerce avec une jacquette.
Au final, un bon produit, pas du tout ennuyeux, plein de rythme, d'une musique bien inspirée, des clins d'oeils amusants sans être redondants à l'univers de Bond et de quelques idées de cadrages pas inintéressantes (notamment l'arrière-plan flou qui recèle ce qui attire réellement Fleming quand il est avec quelqu'un). 
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Published by LordGalean
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