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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 10:41

http://blog.hkmania.com/wp-content/uploads/2012/06/Quick-2-244x350.jpgQuick est le film coréen le plus barré que vous ayez certainement jamais vu. Imaginez un grand shaker dans lequel on jeterait pêle-mêle, les dvd de Matrix, Taxi, Speed, Phone Game et Die Hard, de quelques films de Yakuzas, un dvd romantique et une grande rasade de comédie, et vous obtiendrez à peu près ce à quoi Quick ressemble.

Quick ne ressemble à rien de connu, et c'est tant mieux. Parfois le cocktail fonctionne bien, parfois moins bien, mais toujours est-il qu'il n'y a que les asiatiques et en particulier les coréens pour faire dans le too-much à ce point là. Ce qui n'est d'ailleurs pas fondamentalement une critique, car si certains gags tombent à plats, ils n'en sont pas moins inventif, et lorsque des éléments dramatiques narratifs surviennent après ces gags, l'ambiance dramatique fonctionne quand même.

Lorsqu'on réalise un tel film, on attend guère d'échange socio-politique sur le japon et la corée, ou d'une température du milieu Coréen mafieux, et tant mieux finalement car en assumant à fond son côté "japanime" (on croit parfois voir certaines fulgurances de rythme du film japonais Redline, les expérimentations visuelles en moins) un peu décérébré, mais volontairement décérébré, le réalisateur Beom-Gu Cho sacrifie toute cohérence à son film, mais c'est pour mieux offrir au spectateur, un jamais vu en matière de scènes d'actions. Cette générosité de fun et rien que du fun est telle à l'écran, qu'en fin de film, l'habituel bêtisier devient l'évocation par le menu de toute les cascades et de leurs dangerosité, conduisant même un cascadeur à l'hôpital.

Guère plus de réflexion donc que dans un film calibré d'action US ou Français, mais une trés grande humilité quant à la nature du dit-film. Un concentré de montagne russe, tellement over the top qu'on a qu'une envie c'est de le faire découvrir à ses amis.

Malgré sa faiblesse scénaristique, il est quand même à noter que la photographie du film est 100 fois plus réussie que n'importe quel film français de base, et que si le réalisateur se moque un peu de son scénario, il ne se moque en revanche pas de son artisanat, et encore moins du spectateur.

Quick Sortie le 6 Juillet 2012 en dvd et Bluray. Distribué par la Metropolitan Filmexport

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 23:20

http://mesmer.blog.lemonde.fr/files/2011/10/RIMG0008.jpgTu me pardonneras cher lecteur je l'espère la mise en bouche quelque peu racoleuse du titre de cette chronique, consacrée une fois n'est pas coutume à l'animation asiatique, en une biographie du mangaka Yoshihiro Tatsumi, mi-documentaire (les passages de la vraie vie du mangaka, raconté en voix-off par lui-même) mi-fiction (les passages fictionnels étant certaines oeuvres du mangaka mis en image par le réalisateur Eric Khoo.

Moi qui ne connaissais pas du tout l'oeuvre de Yoshihiro Tatsumi, j'ai découvert par l'intermédiaire de ce film, une oeuvre d'une touchante beauté, à la fois sordide dans son récit, et souvent trés poétique et emprunt d'un grand lyrisme dans son exécution. Tatsumi en plus d'être un jeune mangaka surdoué, publié dès l'adolescence, ce qui sortira sa famille du besoin, a eu le privilège de rencontrer le célèbre mangaka qu'on compare à Disney, le grand Osamu Tezuka, créateur entre autre de Astroboy et du Roi Léo. Son idole par ailleurs, et cette rencontre marquera Tatsumi et lui offrira une grande source d'inspiration supplémentaire.

La grande force de Tatsumi est d'avoir donné au manga, par l'intermédiaire de l'invention d'un nouveau genre, le "gekiga" (littéralement images dramatiques), une expansion à un public beaucoup plus adulte. Tatsumi fortement influencé par les thématiques du cinéma neo-réaliste se questionne sur le japon d'après-guerre.

La grande force du film de Khoo, est de tenter de concilier à la fois, fantasme de l'écriture, souvenir narré par Tatsumi lui-même, et intermède historique sur le Japon qui tente de se relever économiquement, et culturellement après l'apocalypse nucléaire d'Hiroshima. Aux travers de 5 récits linéaires, Khoo nous fait profondément voyager dans le cerveau d'un mangaka à l'imaginaire foisonnant, quoique souvent trés sordide.

Ainsi, la mort, le sexe, la guerre et la dépression, y côtoie la recherche de l'amour le plus pur, ou la quête d'un idéal humaniste tangible. Contrairement à ce qui a pu être écrit ici ou là, "ceci n'est pas du Disney". Rien de plus réducteur, même si Disney ne s'est effectivement jamais apesanti sur le "sexe" (quoique), il n'en demeure pas moins qu'une partie de l'histoire de son studio a souvent abordé de manière expérimentale (Fantasia, Fantasia 2000) ou non, la mort, la guerre, et la dépression, et ce que cette dernière soit économique ou sociale. 

Un mot sur la musique, dont le thème principal et la musique des passages biographiques a été composé par le propre fils du réalisateur, Christopher, âgé de seulement 13 ans, composition qui résonne un peu comme un écho du jeune âge de Tatsumi lors de ses premières publications. La musique sans être inoubliable, sert parfaitement et efficacement chacun des récits (à l'exception du 5eme sans musique), et dans la diversité des compositions de Christine Sham, chaque récit trouve sa propre unité par l'emploi de style différent (musique inspiré de musique érotique des 70's, jazz, bruits industriels, etc...

Au final, et pour conclure, le pari est à moitié réussi, car le film malgré sa grande diversité et l'incroyable puissance de son dispositif narratif peut paraitre au cinéphile le moins patient, un peu long dans son déroulé. Et les thématiques souvent fort déprimantes des récit ou du moins emplit d'un gros spleen, associés à la violence graphique et au choc de certains passages, même pour les plus âgés, limitent forcément la portée pourtant universelle de ce bel exercice de style, qui se double d'une mise en abyme par certains côtés (parler d'une oeuvre, c'est déjà parler de son créateur). Ne pas rater à ce propos, la magnifique introduction en hommage à l'oeuvre de Osamu Tezuka.

Sortie en DVD et BluRay depuis le 15 Juin 2012. Distribué par CTV.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 14:51

http://www.iconophages.fr/wp-content/uploads/2012/01/the-woman-600x356.jpgPour cet avant-dernier papier de la saison, notre dévolu est tombé sur le film "La Dame en noir" de James Watkins (Eden Lake).

Loin de la noirceur et de la violence sourde et sèche de son précédent film, le réalisateur James Watkins, un nom à suvire par ailleurs, se fait plaisir et nous fait plaisir en se lançant dans la réalisation de ce film d'horreur plus proche de l'Orphelinat dans son ambiance que les films d'horreurs gore US.

L'histoire plutôt classique prend effet dans un village où des "suicides mystérieux" se sont produits. Dans cet univers propre à la déprime, un jeune clerc de notaire joué par Daniel Radcliffe se retrouve forcé sur l'injonction de son cabinet à gagner ce village pour s'occuper de la vente d'une maison dont la propriétaire est décédée. Il est bien sûr inutile de dire que comme dans tout film de maison hanté qui se respecte (et la Dame en noir en est un honnête représentant), le clerc de notaire est loin d'être le trés bienvenu dans le village, et il se heurte trés vite à la vindicte populaire et nobiliaire du village qui l'enjoint expréssément de se mêler de ses affaires et de regagner ses pénates au plus vite.

Confronté à la mort devant lui d'une petite fille qui a avalé de la soude ou autre produit d'entretien, Arthur Kipps (Radcliffe) va décider d'aller jusqu'au bout, aidé d'un châtelain dont la femme est sujette à des crises de démence passagère, mais est-ce bien de la démence. Accompagné par ce dernier dans la maison de la femme décédée, il se confrontera aux démons qui hantent le village à tous les sens du terme, afin de mettre en lumière un crime atroce et permettre à deux êtres tourmentées de trouver la paix. Nous ne raconterons pas la fin du film pour ne pas dénaturer l'intérêt de ce dernier, mais il est bon de savoir que la femme en noir n'est pas forcément celle que l'on croit, ce qui donne au film un niveau de lecture supplémentaire bien agréable et une capacité au revisionnage de ce dernier non négligeable.

Le projet est intéressant à plus d'un titre, car il a été produit sous la houlette de la prestigieuse Maison "Hammer Films" qui se destine à une ressurection aussi tardive qu'engageante. Certes, il n'est point question de bestiaire monstrueux comme dans les films d'origines qui ont hissé Peter Cushing et Christopher Lee (entre autres) à leur statut de "star", mais en refusant le gore inutile et en privilégiant les "sauts de suspens" et en déroulant son intrigue presque entièrement de cette manière, James Watkins ressucite un engouement pour le film de suspens qu'on croyait perdu depuis longtemps. Les décors gothiques somptueux, ainsi que le magnifique travail sur la lumière du chef op sublime le film, sans compter l'excellent score de Marco Beltrami qui distille une ambiance pesante et opressante tout le long du métrage. 

De son côté, Daniel Radcliffe est trés à l'aise dans son costume de clerc de notaire, et séduit le spectateur en jeune veuf éploré et quasiment suicidaire (il est à deux doigts de se trancher la carotide avec son rasoir lorsque son enfant surgit dans la salle d'eau), bien loin du personnage d'Harry Potter qui l'a fait connaître. Après son succès dans la pièce Equus, Radcliffe prouve bien qu'il faut compter avec lui et qu'il est bien décidé à entrer à son tour dans la court des grands, qui sait, peut-être qu'un prochain film de la Hammer Films enfin ressucitée lui donnera raison.

On pourrait bien entendu reprocher aux films d'avancer par "saut de suspens" mais en cela, le réalisateur démontre bien sa connaissance du genre qu'il investit et il arrive par son cadre à raconter bien plus de choses sur ce notaire et sur l'intrigue que par certains dialogues un peu convenus. Toujours est-il que ce film, même si il ne restera pas forcément dans les annales du genre est bien sympathique, et ne doit pas trop souffrir d'un revisionnage tant on prend plaisir à plonger au coeur de ce village dont la violence des parents envers leurs progénitures n'est pas si différente de notre époque actuelle. Une sorte de "ruban blanc" mais bien moins prétentieux et boursouflé que ne l'a été le film de Michael Haneke, et surtout bien plus respectueux de ses références qu'il transcende sans peine.

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Distribué par la Metropolitan Filmexport, sortie le 14 Juillet 2012

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 12:22

http://www.maisondupeuple.fr/wp-content/uploads/31.jpgUne fois n'est pas coutume, ce sera la critique analyse d'un film d'animation que nous aurons l'honneur de rédiger, un film d'animation russe qui plus est du réalisateur Garri Bardine, "le Vilain petit Canard".

Personnellement, c'est une découverte que ce Garri Bardine, car je n'ai eu l'occasion de voir aucun film de lui, et c'est donc vierge de tout présupposé et de toute attente que je découvre  ce film et quel plaisir, c'est une grosse réussite et sans plus attendre de tergiversation inutile, plongeons dans la mare au (vilain) canard.

Dans le conte originel d'Andersen qui est trés court d'ailleurs, Le vilain petit canard nait dans une famille de caneton, donc le parallèle est déjà suffisamment prégnant. Le réalisateur Garri Bardine et son équipe choisissent eux d'ancrer la naissance du vilain petit canard chez les "poules", entrainant un second niveau de perception, puisque si un cygne (oups j'ai vendu la mêche) ressemble assez à un canard, il n'existe aucune comparaison possible avec un poussin si ce n'est la couleur jaune parfois (et encore). De sorte que par ce biais, le vilain petit canard devient réellement un "alien" dans la basse-court, étant raillé et rejeté de toutes parts (autre invention du réalisateur). Ainsi, les familles de la basse-cour réfute tour à tour l'appartenance de cet "oeuf" à leur famille : poules, canards, oies...

Cette basse-cour est par ailleurs totalement semblable à un état dictatorial, il ne faut pas creuser bien longuement pour comprendre que Bardine parle de la tyrannie communiste mais pas seulement. Ainsi, les animaux de la basse-cour, encadré par un Coq qui mange les oeufs malformés pour se redonner de la voix et un Dindon qui fait ici office de bourgmestre, clament à haute voix et en chanson toujours uniforme la supériorité de la basse-cour sur le monde, avec un drapeau représentant un oeuf. Le vilain petit canard aura d'ailleurs lui aussi un chant mais bien loin d'être révolutionnaire, son chant est un chant d'individualisme, d'acceptation de soi et d'intégration, et ce chant contrairement au chant de propagande uniforme de la basse-cour verra ses paroles se modifier tout au long de son parcours initiatique, (parcours dont une partie se passera sur une montagne en forme de pyramide,rappelant foutrement, une certaine montagne sacrée), comme dans tout bon conte qui se respecte, (coucou Campbell)

Et en parlant de conte, le pauvre petit "canard noir" se prend les règlements de compte de toute la basse-cour, malgré le fait qu'il tente de s'uniformiser au possible pour ressembler à au moins une des espèces présentes dans la communauté du poulailler. Ainsi en même temps qu'il entreprend de s'intégrer, il accomplit sans le savoir son propre parcours initiatique de héros (recoucou Campbell), et passant par l'apprentissage sucessif de la nage (ce n'est donc pas un poussin), puis du vol, il finira par quitter définitivement le poulailler, une fois sa mue symbolique accomplie (et quelle magnifique idée qu'a trouvé Garri Bardine pour symboliser la mue du canard, idée que nous n'évoquerons pas en ces lignes pour ne pas briser la surprise des futurs spectateurs de ce chef d'oeuvre).

Garri Bardine et son équipe ont fait un incroyable travail d'animation en stop-motion, même si on sent parfois que certains éléments ont dû être informatisés (les gouttes d'eau d'éclaboussures semblent un peu rajouté numériquement), mais bon rien qui ne gâche le plaisir toutefois, car ces touches de numérique, si numérique il y a bien, savent se faire discrète. Le travail accompli est un travail de titan, jusque dans la réalisation où malgré un découpage plutôt classique, Bardine et son équipe se permette plusieurs emprunts au cinéma d'action qui sont du plus bel effet, aussi bien esthétiquement, que narrativement ou symboliquement. Ainsi de ce travelling semi-circulaire arrêté qui dévoile l'envers du poulailler, ou ce vol des cygnes qui recycle une caméra tournoyante proche d'un Sam Raimi. Il est d'ailleurs absolument sidérant de se dire qu'on est en face d'un film d'animation car parfois l'image semble si réelle qu'on a l'impression fugace de voir évoluer de vrais animaux (si on joue le jeu de la suspension volontaire d'incrédulité).

A noter également la magie de la musique de Tchaïkovski (le lac des cygnes) dont le thème phare (celui du cygne noir) est repris par le vilain petit canard, par 3 fois, pour s'opposer aux 3 tentatives de propagande et de lavage de cerveau de la basse-cour, car le canard en plus de se faire rejeter, chante avec ferveur la patrie en même temps qu'il réfléchit de manière existencialiste à la vie et la mort. Par bien des points, et même si le film ne va jamais aussi loin, car tel n'est pas son but, ce dernier se rapproche du film évènement de George Miller, le cosmogonique Happy Feet 2. On retrouve ainsi le même questionnement métaphysique et individualiste d'un élément seul dans un tout normé qu'est le groupe.

Pour conclure, l'incroyable force de ce long métrage est de prétendre s'adresser tout à la fois aux petits enfants, aux plus grands aussi, mais également à leurs parents. En effet, le conte est tellement enrichi de ces niveaux de lecture supplémentaire que toute la famille y trouvera certainement son compte.

BONUS : la galette est riche en surprise, une featurette passionnante sur les voix françaises, voix de comédien comme de chanteurs/chanteuses, et un superbe documentaire sur la création des marionnettes et le tournage du film qui raviront tout les passionnés des "trucs" de la magie de la stop-motion. A noter, un court catalogue, avec extrait vidéo à l'appui des autres films distribué par ARTE.

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Le Bluray est sorti depuis le 4 avril 2012 et distribué par ARTE.

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 14:59

http://4.bp.blogspot.com/-N7Gp__-x98o/Tt-1OZgJ6-I/AAAAAAAANAU/nnWVYBfG1XM/s1600/Devils%2BDouble%2B1.jpgC'est personnellement en 2003 que j'ai eu la chance de découvrir le réalisateur Lee Tamahori dans ce qui s'avèrera être pour moi un des meilleurs James Bond (avant l'arrivée fracassante de Casino Royale et du futur Skyfall). Je n'avais pas vu son premier film l'âme des guerriers, et je découvrais dans cet opus bondien, un plaisir de filmer, un film riche en thématiques sous-jacente, et qui avais été traité par ailleurs de manière un peu trop sporadique dans la mythologie Bondienne. Et pourtant, quelles thématiques passionantes que ce méchant qui se refait un visage d'occidental pour renvoyer à James Bond toute la fatuité et tout le paradoxe de ce qu'il est : c'est à dire un beau visage mais dont les actions sont tout aussi noire que celle du "bad guy of the week" (méchant de la semaine)

C'était aussi le premier Bond dont le générique s'ouvrait sur une scène de torture dans de l'eau glacée.

 

Je pensais à tort qu'un tel réalisateur, avec une vision si forte du personnage, pourrait vraisemblablement faire carrière facilement à Hollywood, et revenir dans la franchise des Brocoli pour un futur opus. Mais après un XXX² à peine divertissant et un Next qui ne laissa pas de grandes traces de son passage si ce n'est le mème internet qui poursuit Cage à chaque changement de "coiffure" pour un de ses films ; autant dire que je désespérais de revoir monsieur Tamahori revenir à un grand sujet, avec des thématiques que je sentais poindre dans ce que j'avais découvert de lui .

 

Lorsque au détour d'un mail, j'ai vu qu'on recherchait des critiques pour chroniquer le dernier Lee Tamahori, mon sang n'a fait qu'un tour. Et j'ai demandé tout de suite à en être, regrettant par avance de ne pas être parmi les heureux bénéficiaires du choix du site. Heureusement, la rencontre a pu de nouveau avoir lieu, et ce que je n'avais fait qu'entr'apercevoir dans Die Another Day se retrouve clairement confirmé dans ce Devil's Double qui réussit l'exploit d'être à la fois un trés bon divertissement, un excellent film de guerre, film d'action et une trés belle réflexion sur l'être humain. Chaussez-vos lunettes de sommeil, décollage de l'avion pour l'Irak immédiat.

 

De quoi donc parle Devil's Double me direz-vous ? Et bien, basé sur un livre témoignage écrit par le vrai Latif, ce film raconte l'histoire de Latif, lieutenant de l'armée Irakienne et ancien ami d'école du fils ainé de Sadam Hussein, Uday qui va être obligé par ce dernier, sous peine de voir sa famille envoyé à Abou Graïb et exécuté, d'endosser l'identité d'Uday et de devenir son "fiday", son double non-officiel.

 

Latif dans une scène magnifique est introduit dans le palais de Sadam et se retrouvant face à un miroir, il murit dans sa tête, son acceptation ou non du poste "proposé" avec tout ce que le rejet de ce dernier comporte comme risque pour sa famille. Il en est là de ses réflexions, quand par un passage de point, le miroir se floute et apparait un deuxième Latif, en réalité le spectateur l'a bien compris, Uday. Par ce passage de point, le réalisateur lie Latif à Uday, et peu importe que Latif réfléchisse encore à la question, car cinématographiquement Tamahori nous donne déjà l'issue de l'entretien. Qu'il le veuille ou non, Latif deviendra l'ombre de Uday.

 

Uday accepte donc et se retrouve plongé dans le faste Irakien du palais de Sadam et de l'univers de Uday. Un univers remplit de luxes, de fastes, de richesses, de voiture et de femmes. On pourrait d'ailleurs résumer Uday par l'intermédiaire de son serviteur qui dira à Latif "les choix les plus durs de Latif sont de choisir quelles chaussures choisir pour l'accorder à la couleur de sa voiture". Le gamin gâté par excellence donc, mais le problème est que ce constat ne s'arrête pas qu'aux habits et aux biens matériels. Ce que Uday veut, Uday l'obtient. Ainsi, si Uday voit une femme qui lui plait, il n'hésitera pas à la prendre, même contre son gré. Et il considérera toujours Latif comme un jouet, un objet de convoitise dont on peut se lasser à tout moment. 

 

Tamahori retrouve également les thématiques qui étaient déjà à l'oeuvre dans le mésestimé "Meurs un autre jour" à savoir le thème de la dualité et le thème du pantin. Ces deux thèmes surgissent d'ailleurs souvent au détour d'un reflet, et ce qu'il provienne d'un miroir, d'une vitre, de la surface de l'eau ou de la carrosserie de la voiture d'Uday.

 

Uday nous l'avons dit, a une passion pour les objets et les gens, et cette passion passe aussi par une perte complète de son identité sexuelle. Uday fréquente pendant des soirées des travelos alors qu'il a une favorite, Sarrab, remarquablement interprétée par la trop rare Ludivine Sagnier, dont la beauté est sans pareil. Mais Uday a une fringale sexuelle qui doit se manifester, et peut importe la présence de Sarrab, Uday va fricoter avec des travelos, embrasser des femmes pendant ses fêtes, il va même jusqu'à faire enlever une collégienne qui lui plait, c'est dire si ses repères sexuels sont brouillés. On apprendra plus tard dans l'histoire que cette perde d'identité vient du rapport quasi incestuel qu'il entretient avec sa mère. C'est en effet lui aussi qui ira jusqu'à ouvrir le ventre en pleine fête d'un ami de son père qu'il nomme comme le "fournisseur officiel de prostituées". Par vengeance, il le tue non sans l'avoir invectivée par rapport au mal qu'il fait ainsi à la femme de Sadam et à la mère d'Uday.

 

Cette scène donne lieu à une plongée dans la folie à mi-chemin de Scarface et du Parrain. Uday à moitié ivre, sort un sabre et ouvre en deux l'ami de son père dont les tripes se dévident sur la table. Cette mise à nu est aussi la mise à nu de l'esprit d'Uday pour Latif. Uday est un psychopathe complètement fou, et Latif regrette amèrement de devoir être le témoin des agissements de ce dernier. C'est suite à cette scène également que pendant qu'Uday abuse d'une des collégiennes enlevées et saoulées à sa fête, Latif raccompagne au taxi la seconde. La seconde sera sauvée, la première violée et battu finira dans un terrain vague jeté par les sbires d'Uday.

 

En proie à une grande agitation réflexive, Latif entend plus tard des cris au dehors, comme de la torture et il sort précipitamment pour se retrouver à côté d'un court de tennis ou Sadam et son "Fiday" on l'apprendra plus tard, dispute âprement un match. Le rapport de domination et de complémentarité du chef d'état et de son double intervient dans cette superbe scène, car ils combattent l'un contre l'autre mais ensemble comme témoignera l'accolade fraternel à l'issue du match. Nous assistons d'ailleurs à un rappel, car Latif, aura une accolade fraternel avec Uday, mais la raison en est tout autre, Latif prend Uday dans ses bras pour l'empêcher de tuer Abel Kana (le meilleur ami et "mac" de son père). Lee Tamahori pose ainsi les bases de son film, et il arrive à réaliser l'exploit de ne jamais diaboliser Sadam Hussein, au contraire même.

 

On pourrait également relever une mise en abime du cinéma dans le film, car les deux personnages excellemment interprétés par le seul Dominic Cooper vont passer par l'usage d'artifice prothésique. Le "vrai" Uday a les dents légèrement écartés et lorsque Latif cherche à devenir Uday, il ira jusqu'à endosser les mêmes dents mais en prothèse cette fois-ci. Le film se double aussi d'une critique à peine voilée d'Hollywood (le palais du Sultan) et Latif-Uday devient un peu le réalisateur obligé de mettre en scène un film qui ne lui plait pas pour accéder à des projets plus personnels (comme peut l'être ce Devil's Double par ailleurs produit en dehors du sérail hollywoodien). On pourrait donc y voir une satire yesman-auteur en poussant un peu l'analyse et plusieurs points du film peuvent être reçus en ce sens.

 

Nous ne dévoilerons pas l'issue du film, pour ne pas gâcher le plaisir au spectateur, mais ce film qui n'est malheureusement pas sortie en France au cinéma, mérite immédiatement une seconde chance, car nous sommes en face de ce qu'on peut bien appeler un chef d'œuvre double (excellent film d'action et belle réflexion d'auteur)

 

Un mot sur les Bonus du dvd : « Nous les irakiens » (53 minutes), un documentaire intéressant qui nous plonge dans le quotidien d’une famille irakienne avant et pendant la seconde guerre du Golfe. Sur le film même, plusieurs featurettes complètent cette édition dvd pour une fois vraiment riche en suppléments. Pour un film sortie en DTV en France mais qui a bénéficié d'une sortie salle au USA, ça mérite d'être signalé.

 

« Les coulisses du tournage », « Dominic Cooper dans la peau de Udaï et de Latif », « Focus sur les décors », « L’importance des costumes et du maquillage » - complètent cette édition définitivement riche en suppléments.

 

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Sortie le 2 mai 2012. Distribué par BAC films”

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 16:29

http://marvelll.fr/wp-content/gallery/le-pacte/affiche-le-pacte-seeking-justice.jpg

Roger Donaldson, pour les quelques cinéphiles des années 80 qui parcourent ce blog, c'est plus qu'un obscur réalisateur au nom évocateur du canard de Disney, c'est le brillant réalisateur à qui on doit déjà "le Bounty, la Recrue, Cocktail (oui oui, le même que celui où Tom Cruise secoue des shaker pour faire des mojitos), ainsi que les plus oubliables La Mutante et le Pic de Dante. Ce "Seeking Justice", (Le Pacte en VF) se situe au milieu, ni chef d'œuvre éberluant (malgré des scènes d'actions réellement bien troussées), ni navet cosmique quoi qu'en pense les mauvaises langues, Roger Donaldson réalise un bon petit film de série B, bien rythmé, dont l'intrigue se suit assez aisément et sans déplaisir.
L'intrigue somme toute banale, point de départ de n'importe quel vigilante movie, "un homme dont la femme est agressée et violée se voit proposer par un autre homme qui représente une organisation qui se substitue à l'incompétence de la police que son organisation tue le responsable en échange d'un petit service dans un futur proche. Simon, impeccablement joué par un Guy Pearce inspiré, recontacte donc Will, interprété magnifiquement et sobrement pour une fois par Nicolas Cage, six mois après la disparition du violeur présumé exécuté par le groupe.
Will, enseignant de son état, donc rien du héros d'action, encore moins du policier habituel des vigilante movies se retrouve à devoir suivre un homme soupçonné d'être un pédophile au zoo, puis dans la rue. Finalement, Simon demande ni plus ni moins à Will de tuer ce dernier, mais tout ne se passe pas comme prévu. Will traqué à la fois par l'organisation et par la police va mettre à jour un complot d'envergure à la Nouvelle Orléans (lieu où se passe l'intrigue du film).
La grande force du film et de Donaldson est de ne jamais tenter d'être plus intelligent que son script, ainsi jamais il ne passera par des fausses pistes ou ne compliquera l'intrigue, et il assume toujours que son film en plus d'être un assez bon exercice de style n'a rien de "novateur", même si il propose une certaine réflexion, car loin de faire l'apologie des vigilantes ou de l'autodéfense, le film met bien évidemment en garde le spectateur dans l'illusion de ce que peut apporter la vengeance, mais il faut croire que ce genre de propos qui passe plus par la mise en scène et les personnages que par les mots du scénario est encore trop subtil pour la critique française, française étant donné que le film malgré le fait qu'il ait été tourné en 2010 n'a toujours pas eu de sortie américaine.
Le titre VO peut être d'ailleurs vu de deux manière, si on reste dans le principe de subtilité, "seeking" signifie "recherche", c'est donc la traque des gens que l'organisation doit tuer, autant que la recherche de la vérité, mais on peut également prendre le titre comme un jeu de mot "see king justice", autrement dit, "vois le roi de la justice" et qui d'autre peut être ce roi de la justice sinon le dénommé Simon, qui va règlementer la vie et le destin de Will sur un simple acquiescement, pacte qui sera validé par l'achat de deux barres chocolatées nommément appelées "Forever". Car Will ne le sait pas encore mais sa volonté (Will) sera inextricablement lié au bon vouloir de Simon, pour toujours justement. Et en plus de la barre chocolatée, ce n'est absolument pas un hasard si Donaldson fait se terminer le dernier acte de son film dans un centre commercial qui a été détruit par l'ouragan Katrina (véridique cataclysme d'ailleurs) car Will accepte le contrat avec l'organisation comme on consomme un bien. La vie d'un homme ne se trouve être qu'un produit de plus dans un monde déshumanisé.
Un film à recommander pour passer un bon moment et dont la deuxième vision n'apportera pas forcément plus de renseignement sur l'intrigue, mais peut-être sur le plaisir du spectateur ne serait-ce que pour certaines de ses scènes d'actions. Pour finir, un léger SPOILER, mais pour tordre définitivement le cou aux critiques qui pensent que le film est un vigilante facho, demandez-vous si l'homme qui est tué par le noir au début du film est bien le violeur de la femme de Will ou non. A noter également le charme et la présence d'une actrice de Mad Men January Jones qui s'en sort à merveille, ainsi que les rôles secondaires joués par Jennifer Carpenter (Debra dans Dexter) et Harold Perrineau (Michael dans Lost) dont ça fait plaisir de voir la bouille sur grand écran. Pour finir donc, Vois le roi de la Justice et n'oublie pas que le Hibou Ravi Jubile.
Bonus : DVD trés pauvre, puisqu'on trouve simplement deux bandes annonces, et une interview trés courte de Cage, avec certains moments du film vite aperçus, notamment les scènes d'actions et qui aurait gagné à avoir un petit making of ou un commentaire audio du réalisateur.
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Le Pacte en dvd, Sortie le 9 Mai  2012. Distribué par M6-SND
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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 09:20

http://www.ecranlarge.com/upload/dvd/cover/dvd14151/original_597135.pngIl arrive parfois qu'une jacquette vous présente son film de manière trompeuse. On rechigne un peu du coup à regarder un film qui se présente à vous comme le digne successeur de SAW (surtout si on a détesté le film en question, métrage n'hésitant pas à présenter comme originale, une fin qu'il est allé chercher dans Ten Little Indians (Dix petits nègres) de Agatha Christie, mais bon admettons). Ou encore "le nouveau Hostel", torture porn movie dont le vide abyssal de propos le dispute à la réalisation la plus tape à l'oeil et clipesque qu'il ait été donné de voir. C'est donc avec ces deux informations qu'on se lance dans le visionnage, non sans renâcler un peu, tout en lorgnant sur Mission Impossible 4 qui vous fait de l'oeil à la télévision. Mais parfois, il faut avoir l'audace de s'accrocher, car souvent c'est au fond du gouffre qu'on trouve l'eau la plus pure. Après visionnement du bluray de Choose, un seul questionnement subsiste, pourquoi ? Oui, pourquoi avoir vendu ce trés bon film plutôt original comme "un successeur de Hostel" ou "un Torture Movie dans la lignée de SAW". Le film a du se priver d'une partie de son public, qui comme votre serviteur n'apprécie pas beaucoup le "torture porn" alors que de SAW il n'en est question que pour le principe du choix, présent tout le long du film mais jamais gratuitement, et de Hostel il n'y a que l'ouverture du film et un ou deux passages trés bref qui pourrait y faire penser.

Si on voulait établir un élément de comparaison avec un film et toute proportion gardée, il nous viendrait plutôt à l'esprit l'excellent Seven de David Fincher ou le non moins sympathique Bone Collector de Phillip Noyce. En effet, le synopsis du film est le suivant " La vie n'est pas si tranquille dans les banlieues résidentielles. Réveillée au milieu de la nuit, Sara trouve ses parents ligotés à leur lit par un terrifiant intrus qui lui laisse, à elle, 60 secondes pour choisir lequel de ses deux parents doit mourir. Si elle n'en choisit aucun, les deux périront entre les mains de ce détraqué. Qui est cet homme balafré et pourquoi a-t-il choisi pour victimes Sara et sa famille ?"

Le spectateur s'attend donc légitimement à voir pendant une heure et demie, une sorte de Funny Games un peu plus trashos, et un brin plus gore. Mais il n'en est rien en réalité, car cette scène décrite dans le synopsis n'est que l'ouverture du film, la suite du récit se poursuit avec un policier qui enquête sur le fameux tueur "choose", admirablement interprété par un Kévin Pollack trés inspiré et dont on aimerait voir plus souvent la bouille dans des premiers rôles. On suit donc l'enquête de ce policier, les pérégrinations du tueur qui d'un crime unique devient rapidement tueur en série, puis ennemi public numéro 1 ainsi que la vie et la propre enquête de la fille du policier qui se destine à être journaliste. 

Le film équilibre trés bien ses scènes de violence (souvent hors-champ donc la comparaison avec les voyeuristes SAW ou Hostel semble encore plus étrange) et ses scènes où l'on suit la double enquête familiale (le père et la fille). La grande force du film outre son twist que nous ne dévoilerons pas pour ne pas nous attirer les foudres des futurs spectateurs, c'est que la réalisation est assez inspirée, surtout le travail sur la lumière souvent à la limite de la surexposition, ce qui apporte un aspect quasiment irréel à toutes les scènes du film, les liant les unes aux autres, de la même manière que les meurtres d'abord apparaissant comme gratuit finiront par suivre un fil rouge, bientôt évident pour le policier, un peu moins pour le spectateur. Bref, Marcus Grave dont c'est le premier film est un jeune réalisateur à suivre, ne serait-ce que pour son utilisation "narrative" de la lumière qui est des plus plaisantes. Un film dont la revision est non seulement possible, mais fortement recommandée, ne serait-ce que pour vérifier si toute l'intrigue tient debout. A noter également que la jeune comédienne Katheryn Winnick qui interprète la fille du personnage de Kévin Pollack est aussi un talent à suivre, car elle dégage tant de force et de charisme, qu'elle porte presque le film sur ses épaules. Il est dommageable que le film soit sorti directement en dvd, sans un passage dans les salles françaises, car il s'est ainsi privé d'un bon petit succès d'estime, ce qui est bien triste car le film était en sélection à Gérardmer et regrettable pareillement que le bluray du film soit exempt de tout bonus, car on aurait aimé prolongé la plongée dans l'univers du film avec un petit making-of de certaines scènes ou un petit commentaire audio du réalisateur et/ou de son équipe technique. Pourquoi le "N" de la critique me direz-vous, hé bien, parce que si vous voulez le savoir, il vous faudra choisir ce thriller, et vous ne le regretterez pas...

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 Date de sortie du dvd : 9/05/2012 Distribué par CTV

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 11:41

http://wawa-torrent.com/torrentimg/29cafc6a54eedee1630f382333b68a811185984a.jpgLe film dont nous allons parler aujourd'hui est encore une fois un remake, cette fois-ci d'un film de 1974, sobrement intitulé "it's alive" et réalisé par Larry Cohen. Le film remake lui est de 2008 (oui il a fallu 4 ans pour qu'il arrive en nos vertes contrées) et se trouve être réalisé par le réalisateur talentueux de Passé Virtuel, Josef Rusnak.

Le synopsis du scénario de Larry Cohen dans les deux cas ( auquel s'adjoint Rusnak dans le cadre du remake) est le même : une jeune femme enceinte parti à l'hôpital pour accoucher voit à son réveil, tout le bloc qui a été sauvagement massacré. Pas de spoiler, mais pas de surprise non plus, puisque dès la scène suivante les soupçons se portent sur le bébé... Oui vous avez bien lu. Faut dire que le spectateur a plusieurs fois la puce à l'oreille, le bébé nait trop gros, pas à terme, ya des complications dans l'accouchement ce qui entraine une obligation de césarienne... Bref, en narratologie on appelle ça un effet d'annonce, mais là c'est plus de l'annonce, c'est carrément un porte-voix règlé sur 500 Watt.

Enfin, que le lecteur et futur spectateur se rassure, l'intérêt n'est pas dans le scénario (à l'exception d'un twist final pas vraiment utile, mais pas inintéressant non plus, quoique guère fouillé); l'intérêt de ce remake est de mixer tout le savoir faire en terme de maquillage numérique, mais aussi en terme d'animatronique pour proposer une version surement plus convaincante que celle de 1974. Et encore je dis ça mais je n'ai pas vu le film original. L'histoire n'est donc qu'un prétexte à étaler du gore et du résiné, en veux-tu en voilà, mais on suit quand même l'histoire sans déplaisir, même si les personnages ne sont pas toujours convaincant dans leurs rapports aux faits. Par exemple, le père va accepter d'un coup d'un seul que oui, c'est bien son bambin de 4 mois qui ne parle ni ne marche qui est à l'origine de la tuerie. Jamais, il n'ira soupçonner sa femme de la chose, ou un quelconque rodeur, tueur en série ou je ne sais quoi.

Par certains côtés, le film rappelle la nouvelle de Ray Bradbury (Fahrenheit 451), "le scalpel" tiré du recueil "celui qui attend" et dont la lecture est fortement conseillé à tous ceux et celles qui apprécient le talent du maître romancier et/ou les visionnages de l'excellente série de Rod Serling, la Quatrième Dimension (Twilight Zone pour les Shakespeariens qui nous lisent).

Au final, on se retrouve avec une pas mauvaise petite série B, mais si on refuse le postulat de base (un nourrisson tue des gens), on peut vite basculer dans la série Z.  Il faut toutefois signaler que les comédiens sont trés impliqués dans le film et que si il réussit à nous "surprendre" et à ne jamais nous ennuyer, c'est en partie grâce à leurs implications et au manque de cynisme/ironie/second degré de leur jeu. Le film est donc surtout une affaire de "saut de foi", et pour qui accepte d'effectuer ce nécessaire "saut de foi", le spectacle du film est au rendez-vous, la fin surtout est bien trouvé et apporte un semblant de réflexion à l'histoire, sur l'attachement d'une mère pour son fils. Je ne sais si la fin originale est identique mais toujours est-il que le spectateur passe un bon moment. Maintenant, comme Blood Creek, ça n'est pas le film de l'année, et il ne restera pas non plus dans les annales, mais comme bon petit délire entre pote, le film tient plutôt bien la route.

ps : La jacquette est toutefois superbe et plein de sens. Une trés belle affiche dont le résultat final ne porte malheureusement pas tous les espoirs annoncés par la jacquette. Carton rouge en revanche pour l'absence total de bonus, pourtant, on aurait aimé en apprendre plus sur les différentes utilisations d'Fx numérique et animatronique du foetus/nourrisson dans le film.

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Distribué par la Metropolitan Filmexport . Sortie le 1er Mars 2012 en DVD et Bluray.

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:21

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/actu-cine/23-09-2009/blood-creek-joel-schumacher-en-mode-grindhouse/bloodcreek_haut23.jpgNe nous fions absolument pas au titre du film, Blood Creek ne raconte pas l'épopée sanglante de joyeux pirates bucoliques comme on pourrait le penser de prime abord, mais le titre en revanche convient parfaitement à ce film, tant le bain d'hémoglobine, et autres tripailles va être servi pendant la courte durée de ce film (1h20 au compteur). Blood Creek est une sorte de survival mélangé à du film d'action de série B, voire parfois Z (mais plus pour certains ressorts d'actions, que pour la moindre qualité de ses scènes). Le synopsis est trés simple, un mystérieux scientifique allemand dans les années 1930 débarque chez des paysans allemand vivant eux-même en amérique, en virginie à la recherche de runes sacrées que convoitait Hitler en bon amateur d'occultisme qu'il fut. L'histoire reprend ensuite de nos jours, avec un ambulancier dont le frère disparu lors d'une partie de pêche refait soudain surface, hirsute, ensanglanté, barbu et lui enjoignant l'ordre de le suivre dans sa quête de vengeance. 

Le spectateur qui a assisté au prologue magnifique dans lequel le scientifique, épatant Michael Fassbender mais dont le rôle à visage humain est trop court, cherche les runes, a déjà presque une longueur d'avance sur le héros, remarquablement interprété par Henry Cavill, futur Superman du reboot de Zack Snyder et de la fratrie Nolan. En revanche, ce qu'il ignore, c'est que ce qui pourrait s'apparenter à un "rape and revenge", prend une tournure totalement inattendue lorsque le héros se rend compte que la famille que son frère vient d'attaquer violemment est pour ainsi dire tout autant victime que ce dernier. On bascule donc d'un enième "la colline à des yeux" avec ses paysans redneck débiles à un réjouissant triangle dans lequel les "apparents" bourreaux sont tous aussi désemparés que la "victime".  

Le héros à cause du vrai méchant, le scientifique interprété par Fassbender et trés bien maquillé car proprement méconnaissable, se retrouve piégé dans la maison avec la famille (ou du moins ce qu'il en reste après l'intervention plutôt musclé de son frère aîné, impeccablement interprété par Dominic Purcell) et un étranger lui aussi victime de passage que le héros aura sauvé également.

Le film après un superbe prologue et une trés belle transition d'un cri qui se poursuit de 1930 à nos jours, s'enlise un peu dans la série B, mais l'énergie que déploit Joel Schumacher dans le film est réjouissante et permet au spectateur de suivre le récit jusqu'à sa conclusion (qui ouvre d'ailleurs sur une éventuelle suite). La belle idée du film est que le "méchant" a le pouvoir de ressuciter les morts, que ceux-ci soit près de lui ou non, d'origine humaine ou animale, et ce qu'on retient bien, c'est que pour une fois, la famille qui retient le héros échappe aux habituels clichés du genre. De sorte que ce survival horror se suit sans aucun déplaisir, mais sans aucune passion non plus, bref, un film de genre sympatiquement troussé, par un réalisateur talentueux, capable du pire (Batman et Robin) comme du meilleur (Phone Game, Tigerland, Chute Libre) et dont les quelques thématiques récurrente dans son oeuvre, comme la foi, ou la famille sont à peine esquissés, ceci donnant presque l'impression d'un film de commande. Ce qui se dessine en revanche trés bien dans le film, c'est que la légitime défense ou le principe de self défense présent dans tous les films de Schumacher se retourne une fois de plus a t-on envie de dire contre celui qui le fait. Ainsi, comme l'explique le méchant au frère ainé du héros, si il n'avait pas vu en lui tant de haine, il ne l'aurait jamais laissé s'échapper volontairement, afin qu'il revienne le libérer de la famille. C'est parce qu'il a en lui tant d'envie de revanche, au lieu d'oublier et de passer à autre chose que le frère du héros va changer en mal son destin, celui de la famille et celui de son frère. Toutefois, le genre même du film d'horreur gore n'a jamais vraiment été beaucoup abordés par Schumi, encore moins sous cet angle-là, et le résultat si il ne restera pas forcément dans les annales du genre, reste relativement correct, et largement regardable.

 

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 Bonus : un film annonce, quelques trailers, et un commentaire audio de Joel Schumacher sur le film. Peu de bonus donc, mais le commentaire audio devrait sans doute apporter son lot de réponse sur le pourquoi du film et sur l'envie du réalisateur de l'avoir tourné.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 13:59

http://lovingmovies.free.fr/pochettes/t/13assassins.pngHé, toi, oui toi, tu auras remarqué que le titre de cet article est "assassin's creed", rassure-toi, nous n'allons pas parler de la tuerie de Toulouse, pas plus que nous n'allons évoquer le jeu vidéo du même nom, puisque comme chacun sait "supprimez le jeu vidéo à la con et ça ira beaucoup mieux", tout ça décrit par la personne dont le cortex cérébral baigne plus dans une eau à 18 degrés que dans le bon sens le plus total.

Ce blog restant avant tout un blog cinéma, il sera question de cinéma, mais c'était une introduction pour le moins inhabituelle et inattendue que j'ai trouvé fort à propos, pour parler de la sortie en dvd du dernier film de Takashi Miike, réalisateur inclassable (on lui doit tout autant Audition, que Dead or alive la trilogie, ou encore Visitor Q) prolifique (plus de 47 films depuis 1993) et légèrement barré, capable du trés bon comme du moins bon, et  à qui on doit ce 13 assassins dont il va être question en ces pages.

Tu auras remarqué l'accroche direct, et l'emploi de la première personne, rassure-toi ami lecteur, ceci ne durera sans doute pas, mais il m'a paru essentiel pour témoigner des émotions qui m'ont traversé durant le visionnage de cet excellent film (brisons la glace tout de go ^^) de parler en mon nom, puisqu'il va aussi être quelque peu question de l'excellent jeu vidéo d'aventure Assassin's Creed pour tenter de comprendre l'immersion voire le souvenir de partie jouée que peut provoquer ce film. Attention, toutefois, nulle méprise, je ne parle pas ici d' "impression de jeu de baston", ou de "visionner une cinématique de playstation" cher à certains contempteurs du cinéma asiatique, voire du cinéma d'action en règle générale. Justement, rangez vos ciseaux, et rompez le Cercle, puisque déjà, d'action, il n'en est clairement pas question, et ce même si le film dispose d'une bataille finale d'une durée de 50 min mélangeant allègrement tous les styles de réalisation (oui ami lecteur, tes sens ne te trompent pas, tu as bien vu écris "50 min" en ces lignes) mais bien plutôt clairement d'un drame selon les propres mots du réalisateur.

Drame, effectivement car le synopsis est sur cela sans appel : le viol de la bru d'un seigneur de clan et l'assassinat gratuit de son propre fils par le propre demi-frère du Shogun va être pour ce seigneur l'occasion de recruter un assassin d'un clan ennemi , Sinzaemon Shimada, pour se venger de l'immonde pourceau Naritsugu responsable du déshonneur de sa famille. Ne pouvant agir de manière légale car le meurtrier est d'obédience noble, donc à peu près aussi facile à atteindre que le Shogun lui-même, Sinzaemon va choisir la ruse pour sa vengeance. Il recrute 11 assassins (en plus de lui)venant de divers horizons (dont son propre neveu, coureur de jupons et buveur, joueur invétéré), auquel s'ajoutera un voleur de grand chemin sur le trajet, devenant le 13ème assassin donnant sa plénitude au titre du film, comme à son déroulement.

Pourquoi le "creed" du titre de l'article me direz-vous. D'abord parce que d'honneur, il en sera question pendant tout le métrage et ce, dès la première scène qui voit un samouraï se faire "sepuku" (hara-kiki) parce que son honneur ne peut lui permettre d'accepter à la fois, le code d'honneur samouraï et les agissements de son maitre, le méprisable Naritsugu. Ensuite, parce que c'est pour venger son honneur bafoué et sa famille violentée que le seigneur recrutera Sinzaemon. Mais le credo de ces assassins, c'est aussi de se lancer à corps perdus dans une bataille dont ils savent pertinemment les enjeux sociaux et politiques, et dont beaucoup ont bien compris que rentrer vivant de cet enfer relèvera certainement du miracle. D'ailleurs il sera question de miracle, puisqu'un de ces 13 assassins, reviendra à la fin du film, malgré une mort sur laquelle on ne peut avoir guère de doute, mais peut-être n'est-ce qu'une vue de l'esprit embrumé d'un des survivants. Le réalisateur a son avis, là-dessus, je me suis forgé aussi le mien, mais je laisserais le public décider le sien propre, même si le personnage en question, témoigne d'un certain aspect "iréel" à mon sens, relevant plus de l'ordre de la divinité des bois que de l'humain, jusque dans son physique assez atypique parmi la galerie de portrait des 12 assassins restants.

Le film est clairement séparé en trois parties distinctes mais qui s'avèreront pour le moins unifié dans le final. Dans une première partie trés lente et posée on découvre chacun des 13 assassins, plus les enjeux à la fois narratif et politique sous-jacent à une telle entreprise. On apprend à connaitre les guerriers, à vivre avec eux, leurs peurs, leurs joies, leurs peines. Une magnifique première partie éclairée à la bougie, qui posent des cadres fixes souvent, ou en travelling circulaire, pour mieux venir souligner le côté "réunion" du groupe. Chaque individualité qui va trouver une force en s'unifiant dans un tout. La deuxième partie pose à la manière des 7 mercenaires/7 samouraï, la préparation du piège pour attraper Naritsugu, qui passe par l'achat d'un village afin d'en faire une sorte de ville-tombeau par lequel la caravane doit immanquablement passer. Et enfin, la troisième partie, qui consiste en 50 minutes de combat, dans lequel chaque personnage va résoudre ses propres conflits et évoluer. Une première altercation annonce la couleur dans un piège que va essuyer le groupe dans un autre village, et dans lequel, les deux plus jeunes membres du groupe vont découvrir la peur et l'émotion que ça fait de tuer un homme. Donc également grandir émotionnellement parlant, un des deux assassins dira à l'autre, "toi aussi, c'était la première fois". Le piège est aussi amené dès le début du film, lorsque le seigneur vient trouver Sinzaemon, ce dernière pêche dans un lac, calme paisible. Il est cadré à hauteur d'homme, et légèrement surélever par rapport au lac. En un seul plan large, Takashi Miike pose son "héros principal". Et c'est ce dernier qui dira juste avant l'assaut, "patience, c'est comme la pêche, il faut poser son hameçon et attendre patiemment que le poisson vienne s'y accrocher".

La dernière partie, qui voit le combat contre les hommes de Naritsugu et ce dernier, arrive à ne jamais être ennuyante ou répétitive, et tout ça, malgré l'absence totale de musique. Comme le dit le réalisateur, "j'ai voulu enlever toute musique d'accompagnement de l'action à partir du combat final et ne laisser que les armes parler. Car un sabre de samouraï contre un autre, ce n'est pas un duel de métaux, c'est une âme qui s'entrechoque avec une autre âme". Et c'est vrai, que ce combat relève de quelque chose de l'ordre de la spiritualité, voilà pourquoi l'utilisation du terme "creed" m'a paru faire sens pour le titre de l'article, et voilà aussi pourquoi l'allusion au jeu d'aventure Assassin's Creed, car quiconque a déjà vécu un de ces immenses combats à l'épée dans le jeu, peut être à même de ressentir complètement différemment la séquence finale de 50 minutes de 13 Assassins. Ce n'est plus une scène d'action violent, mais bien la poésie macabre d'un duel d'âme, que ces dernières se pensent orientées du bon côté de la raison, ou du mauvais. D'ailleurs, comme pour mieux confirmer cela, quelques samouraï et assassins deviendront fou dans la dernière partie, sentant leurs dernières forces leur échapper, allant même jusqu'à avoir un comportement d'attaque totalement désordonnée. Ceci ne peut pas, ne pas faire sens pour quiconque a déjà utilisé les lames secrètes empoisonnées dans Assassins Creed 2.

L'inspiration chorégraphique, du moins le ressenti jeu vidéo est-il du fait de Takashi Miike, cela se pourrait bien quand on sait à quel point le réalisateur peut se nourrir de diverses influences, et surtout qu'il est inclassable, étant à l'aise dans à peu près tout les genres. Toujours est-il que ce dernier débute son film comme un "rape and revenge", avant de passer par la fresque épique, alternant même certains passages de comédie, avant de revenir au drame et au chambara. C'est donc un film magnifique que je vous recommande chaudement, que vous ayez ou non, tâtez du assassins creed. En tout cas, il faut savoir que l'assassinat de Naritsugu verra la fin de l'ère Shogun et le passage à l'ère Meiji. C'est aussi un peut le film chant du cygne des Samouraï, car Miike fait dire à un de ses personnages "les Katana ça ne sert plus qu'à couper les carottes", et Sinzaemon, lui-même, fera promettre à son neveu de penser à autre chose, et de changer de métier, car Samouraï, ça n'est plus un idéal de vie à souhaiter. Je n'ai pu m'empêcher de penser à la mélancolie de "il était une fois dans l'Ouest", avec le même constat sur la vie.

Je ne sais si l'original se finit ainsi car je ne l'ai pas vu, mais il est important de signaler que ce film est un remake d'un film de 1963, d'Eiichi Kudo, "les 13 assassins". La force de Takashi Miike étant d'apporter de splendides idées visuelles. Une parmi d'autres, mais profondément somptueuse, est le passage de vie à trépas d'un des samouraï vu en plan moyen à travers les flammes, disons les volutes de chaleur. Son visage change ainsi presque comme dans un fondu enchaîné, sans que le spectateur arrive à voir la coupe (forcément), et passe de la rage la plus sourde, à l'apaisement le plus total avant de sombrer hors-champ dans les limbes.

Bonus : Assez peu riche en bonus, le dvd du film comporte quand même une réjouissante interview du maître, qui ne tourne pas trop à l'autopromo, et des scènes coupées dans lesquelles on est soulagé de constater que la folie de Miike ne s'est pas éteinte (en témoigne une certaine scène de bordel sur laquelle je n'en dirais pas plus, aux spectateurs de se faire leurs avis). Un trés bon film à recommander donc, à visionner en VOST bien évidemment, même si pour une fois, la VF n'est pas en reste, ayant été confié à pratiquement que des comédiens de qualité : De Michel Papineschi, à Damien Witecka en passant par Patrick Poivey...

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13 assassins sortie en dvd le 20 Mars 2012. Distribué par la Metropolitan Filmexport

 

 

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