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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 12:02

http://www.avoir-alire.com/IMG/jpg/the_battery_dvd_uk-cadre.jpgEn 2002, Danny Boyle donnait une cause à ses zombies, délaissant la doxa populaire du fantastique pour les relier un tant soit peu à la science. Puis en 2004, Zack Snyder, dans son film à mon sens le moins creux, révolutionnait le mythe zombie en les dotant pour la première fois du pouvoir de courir. Les gamins élevés à Romero et à Resident Evil que nous étions alors, habitués à la peur du nombre, plus important facteur d'épouvante que la vitesse ne s'en sont pas remis. Mais 2012 (2014 en dvd) va marquer grâce à Jeremy Gardner, un autre jalon du film de zombie. Débutant sur un long plan fixe avec un joueur de baseball assis sur une marche d'un pavillon de banlieue, on se croirait presque dans un Gus Van Sant. Le plan dure, dure, le jeune homme ne fait rien (ou presque) et puis d'un coup d'un seul, c'est l'emballement. Un deuxième jeune homme sort du pavillon, un flingue à la main, suivi par un zombie, et là le film est lancé. Et tout le long du métrage va osciller dans cette direction du film de zombie indépendant. Tourné avec environ 6000 dollars, ce film ne lésine pourtant pas sur un excellent storytelling, preuve qu'aux âmes bien née, la valeur n'attend point le nombre des années. Mais ce qui aurait pu paraitre vain ou ennuyant à mourir (cf Gerry dont je ne me suis personnellement toujours pas remis, désolé pour les puristes), s'avère au final une excellente manière de décrire cette épopée post-apo. Car, plus que de zombie, le but de cette aventure va être pour les deux joueurs (à des postes différents) qui plus est de cohabiter, et de devenir ami, car ils ne se connaissent apparemment pas plus que ça.

Du phénomène, on n'en entendra jamais parler, si ce n'est par des messages radios interposés, message d'autant plus confus qu'ils sont relativement vagues. Pas de cause scientifique, pas non plus de cause fantastique, bien que le terme Zombie finisse par remplacer celui d'Infectés, pas de cause du tout en fait. Le réalisateur, ici également scénariste ne s'embarasse pas d'une justification de ses zombies. Ils sont là, point barre. Le film est réellement réjouissant, car avec trés peu d'effets (impact de balles, un peu de sang, un montage parfois cut), et des plans caméras assez minimaux, il arrive quand même à installer une ambiance plutôt pesante et poisseuse.

Le film a même certains délires régréssif, comme lorsque un des deux protagonistes a certaines privautés sur son corps dans sa voiture bien à l'abri,en regardant une zombie fille qui gratte derrière la vitre, et plutôt sexy il est vrai. Au-delà du caractère absurde et décalé de la scène, cette dernière vient rappeler intelligemment que zombie ou pas, les infectés restent des humains. Il ya un petit côté Je suis une légende de Matheson qui est habilement distillé dans le film. Il est d'ailleurs fait allusion à une compagne du héros, avec une scène qu'on pourrait accoler en miroir de celle-ci où le héros sent une petite culotte de sa fiancée prise dans un des tiroirs dans sa maison vide et embarque le parfum de cette dernière. On ne saura pas si sa fiancée a survécu ou non, ni si quelqu'un d'autre a survécu, à l'exception de ce camp retranché, baptisé le "Verger", et qui dispose d'essence, de véhicules, d'armes et de troupes. Un des protagonistes parlera d'ailleurs au Talkie Walkie avec une des membres, Annie, sans succès apparent, du moins dans un premier temps.

Le but étant bien entendu de te donner envie de voir le film, ami lecteur, rien ne sera révélée de la fin du film. Juste un regret personnel, que le groupe le "Verger" ne réapparaisse pas, le film aurait pu durer une petite demi-heure de plus, ça aurait été superbe. Peut-être que le réalisateur se laisse une porte de sortie pour un éventuel 2, ou une série tv. En tout cas, personellement si ce n'est pas le cas, je l'encourage grandement à le faire, tant ce groupe "le Verger" avec ses allures de "les Autres" de Lost, ou les Guilty Remants de Leftovers donne envie d'en savoir bien plus.

Dernier réflexion, à propos du titre, "The Battery"' selon wikipédia, le terme Batterie en anglais est un terme qui renvoit 

"Au baseball, le terme batterie (en anglais battery) désigne le couple lanceur/receveur1 de l'équipe en défense. Ces joueurs sont respectivement notés 1 et 2 dans l'alignement défensif.

Origine[modifier | modifier le code]

Henry Chadwick

Le terme "batterie" au baseball a été inventé par Henry Chadwick dans les années 1860 en référence à la puissance de feu des lanceurs d'une équipe. Il faisait allusion aux batteries d'artillerie utilisées lors de la Guerre de Sécession.

Plus tard, cette notion évolue pour désigner l'efficacité du duo composé du lanceur et de son receveur. Leur performance combinée est primordiale pour le succès d'une équipe en défense."

Un titre symboliquement parfaitement trouvé, puisque ce dernier duo, devra apprendre à se connaitre pour fonctionner correctement ensemble, notamment d'un point de vue "défensif" contre les zombies. Puisque leurs armes se résument à deux battes de baseball et un revolver.

Le terme battery peut également désigner les batteries d'un chargeur, dans le sens où un des protagonistes ne peut avancer que si il a son walkman sur les oreilles. Et ce dernier change sans cesse les piles parce qu'il a besoin de sa musique pour vivre, de la même manière que son camarade charge sans cesse son revolver, parce qu'il en a besoin pour vivre. Mais un walkman sur les oreilles, ça distraie des zombies comme le lui dira son ami. Ce dernier va d'ailleurs confronter le mélomane à la peur des zombies en lui jouant un mauvais tour mais qui va le faire grandir.

En bref, si vous avez adoré l'armée des morts, Resident Evil le film, ou autre World War Z, ce film ne risque pas vraiment de vous séduire, mais sait-on jamais. Par contre, si vous aimez Romero, Resident Evil le jeu vidéo, les films indépendants avec une vraie ambiance et de vrais idées de mise en scène, alors n'hésitez pas et foncez voir ce The Battery. Un réalisateur à suivre, pour un film qui serait le Into the Wilde ou le Gerry du film de Zombie, mais un Gerry cool (oui promis, j'arrête).

Sortie le 5 aout 2014.  Zylo.

Aucun Bonus. Film en VOST  français.

Retrouvez ce film, et d'autres dans la catégorie  film d'horreur et film policier.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 19:21

http://a.giscos.free.fr/cinema/N/Necronomicon/Image2.jpgAvant de réaliser Crying Freeman, bien avant, même, quelques années après sa sortie de l'EDHEC (ancienne FEMIS) et au moment où sa carrière de journaliste à Starfix (journal qu'il avait fondé) ne lui apportait plus autant de plaisir, Christophe Gans se découvre une envie de réaliser des films. Il fait la rencontre décisive pour sa carrière, Samuel Hadida, sous l'égide duquel il réalisera plus tard, Crying Freeman, puis le Pacte des Loups, puis le reste de sa filmographie à savoir donc Silent Hill, et La Belle et la Bête.

Gans rêve de tourner une adaptation du manga Crying Freeman depuis qu'un ami lui a envoyé parmi des VHS (mais si, l'ancêtre du dvd et du bluray pour les vieux que nous sommes), un manga original de l'oeuvre en colis postal. Evidemment le jeune Gans ne comprend rien au manga écrit en Japonais, mais le gros de l'oeuvre et sa structure, il va la comprendre par les dessins et les cadres. C'est Spielberg qui disait, pour savoir si un film est bon ou pas, coupez le son, et regardez le, si vous comprenez l'histoire, votre film tient la route.

Samuel Hadida se retrouve totalement dans le jeune Christophe Gans, et il caresse le même projet. Il appelle donc Brian Yusna pour lui demander les droits du manga Crying Freeman, puisque c'est lui qui les détient, et Yusna, réalisateur de Re-Animator entre autres, propose à Hadida de confronter le jeune Gans à un premier projet avant de lui confier les rennes d'un film plus important. Yusna est en train de lancer une production de 3 courts-métrages, basés sur l'oeuvre de H.P Lovecraft, et ayant pour fil rouge, le Necronomicon, ce livre des Morts dont il est si souvent question dans l'oeuvre du maître anglais de l'épouvante. Gans qui n'a rien réalisé à part un film de fin d'étude (Silver Slime) saute sur cette proposition, et grand amateur de l'oeuvre de Lovecraft, il accepte le projet. Hadida s'allie donc à Yusna, et au producteur Taka Ichise qui produira Ring, et ensemble, il projette de doter le film fini de trois sensibilités toutes différentes : un segment européen confié à Gans, un segment asiatique confié à Shûsuke Kaneko et enfin le fil rouge (incipit et decipit du film), plus le troisième segment dans une tonalité plus américaine à Brian Yusna lui-même.

Le film est l'occasion de retrouver une tête connue de Roberto Rodriguez, le comédien et maquilleur FX, Tom Savini (Sex Machine dans Une Nuit en Enfer) au niveau des FX du film justement. C'est donc quasiment à quelques exceptions près, trois équipe totalement différente qui planche sur trois segment eux-aussi sans rapport entre eux, si ce n'est le fameux fil rouge réalisé par Yusna et qui consiste en une initiation de H.P Lovecraft lui-même, impeccablement campé par un Jeffrey Combs (Re-Animator) merveilleusement grimé, qui vient consulter dans une bibliothèque tenu par des moines bouddhistes, le fameux Necronomicon et s'inspirer de ces pages pour écrire ses récits.

Les segments sont assez inégaux mais en même temps, avec 6 jours de réalisation, et 600 000 dollars par segment, quand on se reprojette dans les budgets de l'époque (le milieu des années 90), le résultat est plus qu'acceptable. Je ne peux pas parler du film comme un tout puisque plusieurs sensibilités différentes sont présentes, je vais donc traiter chaque morceau à part.

L'hôtel des Noyés  réalisé par Christophe Gans. Le Segment qui m'a personnellement le plus convaincu à tous les niveaux, est celui de Gans lui-même (un de mes cinéastes préférés) qui s'entourant du compositeur de Raimi dans Evil Dead et de son chef décorateur, compose une "belle infidèle" à l'oeuvre de Lovecraft, tout en atmosphère, et en thématiques sur l'impossibilité d'une Rédemption, et comment la faute des pères touchent les fils. Un certain De la Poer hérite d'un hôtel dans lequel son propre aieul s'est donné la mort au 19ème siècle, après s'être rendu responsable de la propre mort de sa femme et de son fils. Abjurant sa foi en jetant la Bible dans le feu, un être d'écumes et d'algues qui pourrait bien être un Profonds lui apporte une nouvelle Bible, le Necronomicon, livre qui pourrait l'aider à ressuciter sa famille et ainsi racheter ses fautes avec l'aide du grand Chtul'u. Ce dernier est trompé par le monstre, et ayant ressucité des êtres proches de son mystérieux visiteur, il se suicide en se jetant du haut des remparts. Son descendant, (épatant Bruce Payne) cherche l'hôtel pour trouver le Necronomicon et lui aussi tenter de ressuciter son amour perdu, noyé en voiture par sa faute également. Gans récupère simplement le nom du protagoniste de la nouvelle de Lovecraft, "des rats dans les murs", et le concept de l'hôtel hanté pour tisser une histoire complexe, la plus touchante également et la mieux construite, sur l'impossibilité de la Rédemption tout en la liant avec intelligence au mythe du grand Chtul'u qui rêve et veille. La musique, romantique et mélancolique du compositeur de Evil Dead Joseph Lo Duca mais aussi du Pacte des Loups, nous emporte dans un monde onirique clairement romantique. De son côté, Gans avoue s'être beaucoup plus inspiré de l'univers de Poe (que Lovecraft a beaucoup étudié et sur lequel il a écrit des essais) que de l'oeuvre de l'anglais qui a donné naissane au grand Chtul'u. Mais le mix fonctionne, et même la création de personnages féminins spécialement écrits par Gans pour l'intrigue ne désservent pas la grande qualité de ce fragment, surfant à la fois entre Hithcockisme années 60, romantisme anglais du 19ème et histoire de fantômes chinois ou japonais. Au final, on se retrouve à suivre la partie du film qui est la moins bis et la moins série B (si on excepte quelques passages gores qui tâche).

Le segment suivant, réalisé par le japonais Shûsuke Kaneko, est lui issu d'une vrai nouvelle à 100% de Lovecraft, Cool Air, et met en scène une jeune femme qui découvre que son locataire du dessus est bien particulier. Locataire interprété par le fantastique David Warner (mais si, son visage vous est forcément connu si vous avez vu Titanic, il joue le méchant majordome de Billy Zane). L'intrigue quoique sage, ne s'épargne pas quelques passages gores ou drolatiques suivant comment on prend la chose. Il faut savoir que le réalisateur japonais est parti une fois le tournage effectué et ne s'est pas occupé de la postprod, ni du montage, chose qu'ont dû se partager les réalisateurs restants en tentant d'être le plus en adéquation avec ce que voulait le réalisateur d'origine. Ce segment est sympathique mais manque un peu de folie, ou de personnalité. Je n'en dévoilerai pas la fin pour vous donner envie de le voir parce qu'il vaut quand même le coup.

Enfin, le dernier segment, issu de la nouvelle "Whisper in the darkness" (celui qui chuchotait dans les Ténèbres), réalisé par Brian Yusna, est probablement le le plus gore mais aussi le plus étrange. C'est aussi celui qui m'a convaincu le moins personnellement, même si il n'est pas sans rappeler la folie visuelle d'un Joe Dante par exemple, dans son segment de la 4eme Dimension le film. Il met en scène deux policiers, un homme et une femme qui roule dans une voiture à la poursuite d'un tueur en série, surnommé le Boucher. On comprend qu'ils ont eu une aventure ensemble, et que la femme est enceinte. Soudain, la voiture a un accident, et le policier noir, blessé, se fait enlever par celui qu'il poursuive. La femme, elle aussi blessée se lance à leur poursuite, un peu après et tombe sur un étrange couple qui vit dans un immeuble à demi salubre. Encore une fois, la fin ne sera pas révélée.

Puis le film se termine par une conclusion dans la bibliothèque des moines du début, encore une fois réalisé par Brian Yusna.

Au final, le film se laisse amplement regarder, et même si les défauts inhérents au genre de la série b fauchée, peuvent être une gêne dans la vision de certains des segments, quand on se remet les choses dans leur contexte, les trois parties sont loins de la réputation désastreuse que le film se traîne. Et c'est un vrai plaisir de découvrir après avoir vu tous ses précédents, le premier travail professionnel et commercial d'un réalisateur que personnellement j'adore. Réalisateur que j'ai eu la chance de croiser une fois à Paris en 2008 à la fnac, mais que je n'ai pas osé aborder de peur de le déranger. 

BONUS : Côté bonus, Metropolitan nous a gâté, non seulement le film en lui-même possède un transfert Bluray trés correct, mais en plus, un commentaire audio de Yusna et Gans est disponible, sans parler d'un deuxième dvd rempli jusqu'à la gueule de bonus, et de bonus caché (notamment le film de fin d'étude de Gans, "Silver Slime", hommage à Mario Bava et Argento). Un documentaire de 58 minutes intitulé "l'enfer du B", dans lequel, Gans, Yusna, et d'autres reviennent sans langue de bois aucune sur le calvaire et le plaisir aussi qu'a été le tournage de ce Necronomicon. Trois autres featurettes reviennent sur le Tournage, la Musique et la Production du film. Dans ce dernier bonus particulièrement, les trois producteurs de Necronomicon ironise autour d'un Necronomicon 2 en Espagne, et d'un Necronomicon 3 à Paris, en reprenant encore trois sensibilités cinématographiques différentes à chaque fois. Il est dommage que le projet n'ait pas été reconduit car aujourd'hui, les coûts de productions augmentant, il serait quasiment impossible de relancer un tel projet. Mais il est toutefois trés sympathiques de voir ces trois producteurs discourir gaiement comme des enfants à propos d'un projet qui leur a tenu et leur tient toujours fortement à coeur.

Enfin, un magnifique petit livret, revient sur le segment de Gans en établissant un paralèlle dans sa filmographie entre Necronomicon sur les thématiques qui lui tiennent à coeur, ou les cadres effectués, voire les figures qu'il propose. Bref, un must have et must have see pour tous les amateurs de cinéma de genre, de série B, ou les fans du cinéma de Christophe Gans tel que votre serviteur.

Sortie en dvd et bluray le 18 Juin 2014. Distribué par  Metropolitan Filmexport.

Retrouvez ce film et d'autres films sur Cinetrafic dans la catégorie  films d'épouvante et film science fiction

 

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 11:33

http://tiffanyyong.com/wp-content/uploads/2013/04/Drug-War-desktopsky-0.jpgCeux qui me lisent depuis quelques temps déjà, savent que même si je ne crache pas sur un film asiatique ou deux, je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler un afficionado, donc toutes mes excuses si je dis des conneries ou que je froisse des sensibilités. 

Le film asiatique d'aujourd'hui est un film du réalisateur chinois Johnnie To dont je n'ai vu et je m'en excuse, aucun de ses films. Ceci étant, vu la découverte qu'a été celui-là, ça risque probablement de changer dans les mois à venir. Attention quand même, je connais son nom, et j'ai déjà entendu parler de ses films, même de loin. PTU, Election, ou le récent Vengeance avec Johnny Halliday, mais je ne les ai jamais vu.

J'en profiterais donc pour commencer par un petit point culture sur Johnnie To "Johnnie To est engagé à 17 ans comme assistant administratif pour une des principales chaînes de télévision de l'ancienne colonie britannique, la TVB. Quelques années plus tard, il produit des séries, toujours pour le petit écran. En 1980, il passe le cap de la réalisation en tournant The Enigmatic case, un film d'aventure médiéval qui ne connaît aucun succès. Après six ans de travail sur des séries télés, il tourne en 1986 Happy Ghost 3, son second long métrage." (source  : allociné)

Drug War donc qui date de 2012 mais qui n'est sorti en dvd et bluray en France que cet été raconte sur fond de guerre des gangs, la traque d'un policier des stups chinois envers un dealer chinois lui aussi. Et inutile de le dire mais on va quand même le dire, on est loin de Julie Lescaut ^^. Et loin du cinéma américain d'action aussi avec ces héros qui s'en sortent tous en tuant les méchants. Là c'est beaucoup plus ambigue, beaucoup plus fin. 

Le film s'ouvre sur une scène en apparence what the fuck mais qui a pourtant tout à voir avec l'histoire qui nous occupe. Une voiture dont le passager semble être en proie à une overdose (ou alors il conduit vraiment trés trés mal) fait de grand zig-zag sur une route commerçante d'une ville avant de finir par s'emplafonner dans un restaurant chinois. Noir. On se retrouve dans un camion qui roule sur une autoroute avec deux chauffeurs chinois, et deux hommes qui les suivent en voiture dans ce qui semble être une filature de stups. Puis retour à l'homme de la première voiture qui est hospitalisé. Il tente de s'enfuir mais la police le rattrape. Il s'agit d'un trafiquant de drogue, Choi Min, impeccablement campé par Louis Koo, véritable MacBeth du film. Le commissaire Zhang (Honglei Sun) lui rappelle qu'il est coupable d'avoir fabriqué et dealé des tonnes d'amphétamines et que pour seulement avoir produit 50 grammes, on est condamné à mort en Chine. Ce dernier veut se racheter, et ne voulant pas mourir, propose au commissaire de lui livrer ses principaux acheteurs, et les responsables de la plaque tournante du trafic. Zhang a contrecoeur accepte, et rencontre le dénommé Hoho en se faisant passer pour Chang, bras droit de Oncle Bill, le chef de la mafia. Bill conclue le deal avec celui qu'il croit être Chang, puis part vaquer à ses affaires, pendant que Zhang qui a enregistré toute la conversation avec son équipe de policier en sous-marin dans une chambre voisine de l'hôtel de la rencontre, prend la place de Hoho pour rencontrer le véritable Chang. On se retrouve donc tour à tour dans un suspens à couper au couteau, puis dans du vaudeville pratiquement, et le réalisateur gère trés habilement le passage de l'un à l'autre. Chang apporte de l'héroïne pure en cadeau à Hoho, ou du moins celui qu'il croit être Hoho, et Zhang n'a d'autre solution que de "sniffer" le rail de bienvenue, puis celui offert par Oncle Bill. Chang propose un troisième rail mais Choi Min lui tape sur le bras, lui signifiant que les "cadeaux" consécutifs risque de tuer Hoho qui ne prend pas de sa propre drogue, même si il en vend. Chang s'en va et Zhang, manque de mourir d'une overdose. C'est Choi Min qui le sauve en lui ordonnant de prendre un bain glacé, de boire de l'eau,et de vomir. Zhang a une dette envers Choi Min qui lui a sauvé la vie. Choi Min passe à son entrepot secondaire (toujours surveillé en sous-marin par Zhang et ses hommes) avec le vrai Hoho et sa femme et apprend à ses employés muets que sa femme à lui et ses deux frères sont morts dans l'explosion d'un autre entrepot. Il semble trés ému et n'a pas eu le temps de leur rendre honneur. Les muets décident de brûler des billets de banque pour remplacer le cérémonial de l'encens. Zhang et son équipe interviennent et capture le vrai Hoho, sa femme, et manque de capturer les mulets mais deux s'échappe en tuant plusieurs policiers. Choi remplit son camion de drogue et se rend, toujours accompagné de Zhang qui se fait passer pour Hoho au rendez-vous avec Oncle Bill. Choi Min lui apprend que Oncle Bill n'est qu'une couverture et que le trafic est en fait géré par 7 personnes différentes. Oncle Bill  et Chang méfiants, demandent à Hoho (ou du moins le croit-il) de faire partir certains de ses bateaux, puis tous ses bateaux comme preuve que les navires sont bien à lui. Zhang s'exécute, aidé de ses policiers des stups qui sont à bord de chacun des bateaux.

A ce moment du film, on bascule presque dans du Meville, ou du Michael Mann, la poésie qui se dégage de ce "lâcher de bateau" est sublime. Bien évidemment, mon but est de vous donner envie de voir le film, donc je n'en révèlerais pas la fin, mais c'est un film policier, viscéral, âpre, avec de trés belles scènes poétiques, voire même drôles, qui sont immédiatement suivies de scènes d'une grande violence, ou de manipulation, voilà pourquoi ce film m'évoque fortement le théâtre du grand William Shakespeare, écrivain qui savait à merveille passer d'un genre à l'autre, dans un claquement de doigt, ici un claquement de feu.

Un petit mot à rajouter sur la musique qui est celle d'un français, Xavier Jamaux, un habitué des productions asiatiques, et qui correspond parfaitement à ce qui se passe à l'image. Le thème du film est lancinant et triste mais dépeint parfaitement l'atmosphère voulue par le réalisateur.

BONUS : Les bonus du bluray sont plutôt chiches, puisque outre quelques bande-annonces, il n'y a qu'une simple featurette en guise de "coulisses du tournage" à se mettre sous la dent. On aurait apprécié pour un tel film, quelque chose de plus conséquent comme un commentaire audio ou un making of fourni, (ne serait-ce que pour décortiquer les nombreuses séquences de fusillades, admirablement gérée).

Enfin, ce n'est pas cette pauvreté de bonus qui va vous empêcher de découvrir cet excellent film, dont on se demande d'ailleurs pourquoi il n'est jamais sorti en France. Car du direct to dvd ou bluray de cette qualité, on en demanderait bien plus souvent.

Sortie en dvd et Bluray le 18 Juin 2014. Distribué par la Metropolitan Filmexport.

Retrouvez sur Cinetrafic ce film et bien d'autres films dans la catégorie - film policier 2014 et films d'action.

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 22:02

http://medias.unifrance.org/medias/253/188/113917/format_page/midnight-globe.jpgDans les films français, ya deux catégories, ceux qui repompent ad nauseam un concept américain ou pas (généralement une comédie) et ceux qui font du film d'auteur où la seule réflexion philosophique présente est avec qui Tamara, jeune trentenaire qui se cherche va t-elle bien pouvoir baiser, Paolo ou Ninon ? Etrangement c'est dans ces derniers que la critique complaisante trouve du Hegel, du Schopenhauer ou du Nietzsche, alors même que dans un film de pirate de l'information la seule chose qu'on trouve c'est de la prétention et de la philo de comptoir, mais bon on va pas commencer sinon on est pas sorti de l'auberge.

Et puis il y en a une troisième, ce sont ces films fauchés, mais avec un coeur gros comme ça, Maléfique, la Horde, etc... ces films qui ont un concept et une foi inébranlable dedans. C'est à un de ces petits gars là qu'on va s'intéresser aujourd'hui dans le retour des critiques Cinetrafic : Jonathan Musset et son plus que prometteur Midnight Globe. avec un budget de seulement 45 000 euros et un départ d'aide sur le site d'Ulule, Midnight Globe est un film qui emprunte aussi bien à Inception qu'à Lynch, ya clairement pire comme influence.

Nattie, une jeune anglaise apprend le Wiphala, un jeu à l'origine fait pour éduquer les enfants en mal de communication (le Voyage) mais finalement repris par les parieurs clandestins parce que le principe n'est ni plus ni moins que la téléportation dans un lieu (mental ou non) à la manière de Jumper de Doug Liman.

Nattie est une Elue, la Spéciale, celle par qui une prophétie va s'accomplir, mais là où ça se corse c'est qu'un meurtre non résolu a été commis et que Nattie est la seule clé de ce mystère.

Il ya deux manières d'aborder les films comme Midnight Globe, la manière franco-franchouillarde (c'est pas clair, c'est pas tout prémâché, on comprend rien on dirait du Kubrick-Lynch-Godard) et la manière intellectruelle (on comprend rien mais c'est gé-ni-al, c'est justement ça qui fait sa force, cette insolence de la narration, ce jusqu'au boutisme du refus de structure de ce cinéma capitalisto-impérialiste et ses diktats commerciaux. Et puis ya celle que je vais utiliser, c'est pas forcément un problème qu'on soit un peu largué dans le film, mais c'est pas pour ça qu'on va l'encenser de manière non méritée, si c'est non mérité.

Cher lecteur, toi qui commence un peu à me connaitre depuis que ce blog existe, tu sais déjà que même si je défends toujours les films bien fait, et les idées originales, je n'en demeure pas moins assez critique et que la démagogie ne fait pas partie de mon vocabulaire, l'hypocrisie non plus, sans doute pour ça que j'ai du mal à faire mon métier. Enfin bref, même si j'ai pas sale caractère, j'ai mon caractère, donc pour parler de ce film qui m'a plu et pas plu, parce que rien n'est tranché en blanc ou noir, pas même la mort ou le Mal, je vais essayer d'être le plus objectif possible et le plus sincère.

Au parcours de Nattie va s'adjoindre les pérégrinations d'une "secte" détentrice du pouvoir du Whipala, avec un mentor, une "oracle", et un petit padawan. Pour les méchants qui apparaissent à la fin (et si bien sûr ce sont les méchants) je n'ai pas bien compris tout leurs enjeux. Le film est donc obscur et clair, il avance par de trés belles idées visuelles au moyen de symboles un peu trop crypté à mon goût (pour trouver qui représente Maitre Dall, il faut avoir fait breton première langue ou avoir trainé sur le facebook du film, ce qui n'est pas mon cas, ni dans un sens, ni dans l'autre. Mais par contre, il parait que j'ai oublié d'être sot, alors forcément, quand j'apprend à la fin à qui est dédié le film, mon cerveau carbure et j'ai eu tôt fait de reconstituer le sens du maitre si pas forcément dans son onomastie (pour cause de lacune lexicale du breton ^^) au moins dans son symbolisme;

Le principale reproche et intérêt du film c'est son scénario. Maintenant le film est loin d'être mainstream et les gens qui aiment bien comprendre les films simples, genre les adorateurs d'Inception, fuyez, ce film ne vous parlera pas et vous le trouverez trop incompréhensible. Maintenant si vous aimez le cinéma semi-mainstream (les Gravity, les Pacific Rim, les Happy Feet 2, les Lego Movie et j'en passe), vous devriez être plutôt séduit mais car il ya un mais, la structure du scénario reste quand même peu compréhensible, non pas dans l'histoire qui est plutôt simple mais dans les enjeux narratifs du récit et dans les interactions et les liens entre les personnages. En effet ces derniers sont inutilement compliqués et le montage n'aide pas forcément à clarifier l'échevaux tant on passe de flash-back à des flash-forward, ou de la réalité à l'espace mental des personnages. Et même si ces derniers sont clairement représentés par la ville de Venise et de Nantes à travers plusieurs de ses bâtiments historiques et avenues, rues, canaux, n'est pas les Wachowski qui veut, ce qui fait que le spectateur se retrouve vite perdu dans les méandres de l'intrigue.

Si vous êtes maintenant de la troisième catégorie de spectateur, les amateurs de David Lynch, et que vous venez plus chercher de la sensation, et de l'organique, des émotions et des "couleurs", alors Midnight Globe vous raviera à l'extrême car je ne suis pas sûr que même avec une seconde vision je comprendrais pour autant la structure narrative du film, parce que le propos et la thématique je l'ai bien comprise, mais du coup je trouve avec force réserve que l'intrigue n'est pas clairement définie. Du coup, il est un peu dur de s'impliquer émotionnellement pour des personnages qu'on ne connait pas, pour qui on ne tremble pas, ni même ne prend parti pour ou contre leurs actions.

Et ce n'est pas la faute du casting qui se révèle tout bonnement idoine, avec une petite préférence personnelle pour l'héroine Nattie, Carole Reppel-Baele qui est pour moi la révélation du film tant son jeu ne passe jamais par le dialogue ; et pour Faro, l'arnaqueur roublard, impeccablement interprété par un Bruno Henry transfiguré qui utilise le Wiphala pour se faire du pognon sur les gens suffisamment naîf pour le défier ,et qui compose un personnage crépusculaire et taciturne, sorte de Han Solo qui aurait flirté du côté obscur de la Force. Les personnages secondaires ? sont relativement peu développés en comparaison des deux précédemment cités et de Teddy, le jeune Padawan de la "secte".

La musique se révèle trés belle, à la fois ouatée et émotionnelle, et s'accorde avec justesse au travail sur la lumière qui est lui aussi de toute beauté, surtout pour un film indépendant. Il y a dans ce film, malgré de léger problème de cadre ou de montage, un travail artistique et esthétique qui dépasse et de beaucoup la plupart des films d'auteurs français filmé en automatique par des gens qui n'y connaissent rien ou presque en technique.

Le film possède beaucoup de bonnes idées comme un grain de beauté rouge tatoué sur le front des praticiens du Wiphala et qui rappelle le 3eme Oeil indouiste (d'ailleurs cet élément esthétique prendra tout son sens dans le final du film) ; Nattie à ce propos possède elle un triangle tatoué sur le front au même endroit. Autre bonne idée, avoir repris les principes de résonnances des couleurs de l'Arc-en-Ciel qui correspondent chacune à une note de musique. Ou encore ce passage mental (où Teddy sur une scène de théâtre ? arrangue un public imaginaire sur la puissance du Wiphala. Encore une trés bonne idée, avoir repris les codes couleurs du Karaté et autre Arts Martiaux (d'ailleurs, le Wiphala en est un en quelque sorte) pour symboliser la graduation des niveaux de perception des praticiens du Wiphala. Cce code couleur se présentant sur des bandeaux que les praticiens mettent autour du front, ce qui n'empêche en aucun cas la fraude (se mettre un bandeau de grade plus élevés ou moins élevés). Mais cette notion de triche et de fonctionnement des bandeaux n'est pas non plus trés bien développés ce qui entraine une perte de sens pour le spectateur. Enfin, outre Maître Dallé (dall en breton voulant dire émoussé,aveugle), le réalisateur récupère le principe de son Wiphala sans doute sur "le terme wiphala qui désigne les drapeaux rectangulaires aux sept couleurs utilisées par les ethnies des Andes. Il existe de nombreuses variantes. L'une d'elles, considérée comme le drapeau du Collasuyo, est utilisée actuellement comme symbole ethnique du peuple aymara.

Récemment, le wiphala a été accaparé comme élément d'une large iconographie des mouvements pronatifs, surtout des peuples quechuas en ÉquateurPérouBolivieArgentine et Chili principalement. Cependant, son affectation principale concerne la revendication aymara en Bolivie.

Signification des couleurs de la Wiphala

Les couleurs viennent de l'arc-en-ciel :

  • ROUGE : planète terre (Pachamama)
  • ORANGE : société et culture
  • JAUNE : énergie et force
  • BLANC : le temps et la dialectique
  • VERT : économie et production
  • BLEU : espace cosmique
  • VIOLET : politique et idéologie andine" (source wikipédia)

il est curieux d'ailleurs que le réalisateur n'est rien fait des significations des couleurs de la Wiphala, mais peut-être l'a t-il fait et je ne l'ai pas saisi. Car oui, je l'avoue, j'ai beau adoré l'exégèse sur les films que je regarde, si je n'ai pas la structure narrative du film en tête suffisamment clairement, je ne peux en déceler les sous-textes.

Quoiqu'il en soit, ce projet présente suffisamment de points positifs pour qu'une chance d'être vu par le public lui soit donné. Surtout quand on pense que la volonté de payer tout le monde en respectant le droit du travail malgré un budget de production trés limité a toujours été au centre des préoccupations du réalisateur et de son équipe. C'est suffisamment rare pour être signalé. Le film a été tourné à Nantes et il est sorti dans une vingtaine de salles française le 4 Décembre 2013 (plus d'un an après la fin de son tournage). Si vous souhaitez vous procurer le film, rendez-vous pour plus d'informations sur le site de la production www.waynapitch.com.

ps : BONUS : Ils sont peu nombreux mais intéressant, même si une aventure de cette ampleur aurait mérité pour le spectateur d'avoir un making-of pour justement toucher du doigt la difficulté d'une telle entreprise artistique dite de "cinéma équitable", si, comme le café. Et deux featurettes composent ces bonus, auquel s'ajoute en plan séquence et sans coupe le monologue final de Teddy, qui montre à quel point le comédien est bon, et surtout l'étendue de sa palette émotionnelle (ce genre de document de travail étant tellement rare sur les bonus d'un dvd, il en devient d'autant plus essentiel).

Enfin, quand je reçois des éditeurs ou producteurs un dvd avec une jacquette, j'aime le dire. Et ce film ne déroge pas  à la règle, mon avis est d'autant plus enthousiaste qu'une vraie jacquette avec une vraie galette dvd sérigraphié, quelques cartes bonus sur les secrets du film et une lettre typographié du réalisateur m'est parvenu. Donc comme il est de coutume, ce geste d'attention particulière hausse un peu plus mon avis général sur le film.

Je rajouterais pour finir que Midnight Globe est tourné à la fois en anglais et en français, et que le film se clôt sur un twist assez shyamalanien. Bref, avec son ambiance à lui, et sa douceur ouatée comme dans un rêve, Midnight Globe, premier long de Jonathan Musset est une trés belle surprise, et même si on peut lui reprocher des soucis de structure, l'univers de ce jeune réalisateur s'impose à l'écran et on ne peut que lui souhaiter de transformer l'essai avec un deuxième long rapidement.

Distribué par  la page facebook du film, ainsi que sa page officielle.

Retrouvez ce film, et d'autres dans la catégorie - à retrouver ici sur Cinetrafic et meilleurs films


 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 19:09
L'Ego Land

Retour aux analyses spontannées de ce blog, c'est à dire sans "commande" extérieure. Pour ceux qui apprécient les chroniques pour le site Cinetrafic, elles reviennent trés vite avec un film français indépendant et le film Drug War. Depuis Gravity, je n'avais pas ressenti le besoin ou l'envie de me plonger dans une analyse, disons qu'aucun film n'était venu titiller mon intellect et mon émotion car chez moi l'un ne va pas sans l'autre. Après avoir quasiment renoncé à parler de Pacific Rim et de la profondeur de son sous-texte, tant la tâche m'apparait ardu, et ne pas trouver l'angle pour aborder la richesse du dernier X-Men, j'ai eu la joie d'être frappé par un film que j'attendais ardemment et qui s'est révélé satisfaisant au-delà de toute espérance : La Grande Aventure Lego (Lego Movie).

j'attendais ce film à plus d'un titre, d'abord, parce que même si je lui ai toujours préféré les Playmobils pour sa narration j'ai toujours été fasciné par le pouvoir créatif des Legos. Et puis, le postulat final du film est trés proche d'une nouvelle que j'ai écrite (avec des Playmobils ceci étant). Le film Lego Movie arrive à ce double exploit de mettre en avant la narration tout en ne mettant pas de côté la joie jouissive du n'importenawak de création legoesque.

Lego Las

Nous devons Lego Movie aux créateurs du génial Tempêtes de Boulettes Géantes (Cloudy with Meatballs). Ce film créatif et sensoriel fou, avec un message pas si simpliste qu'il n'y parait. Rassurez-vous, amateur de dédales labyrintiques mentaux, Lego Movie leur nouveau projet ne faillit pas à la règle. Ce même Tempêtes de Boulettes Géantes dont le surestimé et surinterprétatif Alain Korkos qui n'avait pas vu le film conspuait le dit projet sur son seul nom -"Je vous laisse juger de l'intérêt de la 3D, "Tempêtes de boulettes géantes" (sic), c'est crétin, je n'ai pas vu le film mais ça situe le niveau"- Quelque chose dans ce goût là, la phrase témoignant en elle-même de l'intelligence et de l'ouverture limitée de son pseudo "journaliste". Mais le but n'est pas de tirer sur l'ambulance, juste de s'autoriser une private joke pour quiconque a fréquenté un temps arrêt sur images et se rappelle des propos abscons de celui qui voit un peu tout et n'importe quoi dans l'Art.

Et justement, d'Art, il va en être ici question, aussi bien en termes de techniques, de créativité que du sens premier du mot Art, l'Alchimie, mais nous y reviendrons. Lecteur, si tu veux poursuivre plus loin la lecture, sache qu'il y aura moult spoilers dont la divulgation de la fin du film, donc si tu ne l'as pas vu, arrête ici ton périple. Si tu l'as vu, ou que tu as soif de symbolisme, alors plongeons ensemble dans les profondeurs du terrier du Yellow King ^^.

Après 5 visions du film Lego, et même si 7, ou 9 aurait été plus utile (Alchimie oblige), je pense être à même d'avoir à peu près entrevu la complexité du récit de Chris Miller et Phil Lord. La force du film étant que cette complexité ne fait jamais écran avec l'envie de fun et de pur entertainment du spectateur.

Ainsi, le récit premier du film raconte l'histoire de Emmet Brickowski (-on y reviendra ^^), simple ouvrier du bâtiment, employé par la société Octan, qui vit dans un monde idylique ou tout le monde ou presque pense pour lui, et où tout est super génial comme le crache la radio non-stop par le meilleur, le seul tube du top 50 et où la seule pensée philosophique se résume au titre du soap le plus vu (sans doute le seul) Où est mon pantalon ?. Emmet à la manière de Truman dans le Truman Show connait pratiquement tout son quartier (jusqu'au nom des chats de sa voisine), et tout le monde le connait ou du moins le croit-il. Emmet se lève le matin en utilisant les instructions, il se conduit dans sa maison en utilisant les instructions, dans la rue en utilisant les instructions, jusque dans son travail (détruire des bâtises biscornues pour monter des beaux immeubles bien lisse)il utilise les instructions. C'est donc le parfait automate dans un monde parfait. Mais sa rencontre dans le chantier désaffecté avec la "pièce de résistance" va bousculer son monde, ses certitudes, et sa petite vie rangée.

A la manière de Neo et suivant en cela le parcours du héros de Campbell, Emmet va être appelé à une aventure plus grande que lui, lié à la pièce de résistance malgré lui, et on voit la force de la métaphore, puisque Emmet sera au sens premier "la pièce de résistance" de Brickville. Les réalisateurs truffent le film d'idée visuelle folle (4 par plan) et de symbolique. Par exemple, lorsque poursuivi par les sbires de Lord Bizness, Emmet se pose la question de son identité troublée, une maison (le corps en symbolique et le moi) vient s'échouer sur la route, et il va la traverser de la cave au grenier, avant de sortir avec fracas par le Vasistas en ayant trouvé à peu près qui il est. Libéré de son statut d'ouvrier au service d'Octan, il entreprend un parcours initiatique qui se cloturera par sa "mort" et sa resurrection. 

L'histoire peut sembler à première vue être un copycat d'assez bonne facture de Matrix, ou de n'importe quel utopie ou uchronie de la littérature ou du cinéma, parsemée de références aux Lego, sauf que de mentions du terme Lego, il ne sera pas une seule fois fait allusion dans le film, pas même dans sa dernière partie. A première vue seulement, car le pur génie de ce film est que toute l'histoire de Emmet n'est que mentale. En effet, SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER à la fin du film, Emmet tombe dans "l'abîme infini du grand rien" et se retrouve sur le tapis d'un diorama immense de Lego. Et il s'aperçoit qu'un enfant est en train de jouer avec ce lieu gigantesque et sa condition de jouet lui saute aux yeux encore plus violemment que dans Last Action Hero (où Slater dissertait sur la violence de ce que les scénaristes lui faisait subir puisqu'il n'était rien de plus qu'un épouvantail, un simulacre de vie fantasmatique).

Ainsi, toutes ces allusions, toute cette dictature, toute cette vision de ce monde idylico-horrible (quoique la Resistance soit guère plus idéale que la Dictature, on y reviendra) n'est que l'imaginaire d'un enfant en conflit avec un Père qui ne le laisse pas jouer avec son diorama. La fin du film peut donc se voir comme le triomphe du pouvoir de l'imaginaire enfantin sur le monde tristounet et horrible des adultes. Certes, sauf que ça serait un peu trop simple pour les créateurs de Tempêtes de Boulettes Géantes. Et avec cette fin, comment expliquer que Emmet s'affranchisse de l'imaginaire de l'enfant. Car une fois sorti de l'abîme du grand rien, l'animation 3D en synthèse ; Emmet devient un personnage Lego en dur mais doué en revanche d'une vie propre. Ce n'est plus l'enfant qui meut Emmet, encore moins son conflit paternel, c'est Emmet qui s'émancipe de son "créateur" pour agir lui-même. On en vient donc au sous-texte du film, et au pourquoi Emmet se nomme Emmet.

Lego Lem

Le prénom Emmet a un sens, et pour le comprendre, il faut ami lecteur, plonger dans les méandres de l'Alchimie, l'Art donc. Il faut remonter jusqu'au mythe Juif du Golem. 

Le Golem (hébreu : גולם « embryon », « informe » ou « inachevé ») est, dans la mystique puis la mythologie juive, un être artificiel, généralement humanoïde, fait d’argile, incapable de parole et dépourvu de libre-arbitre façonné afin d’assister ou défendre son créateur.

Déjà mentionné dans la littérature talmudique, il acquiert une popularité considérable dans le folklore juif d’Europe Centrale. Dans l’une des versions les plus populaires de sa légende, reprise par certains contes chrétiens, il naît de la terre glaise après que quatre sages, figurant les quatre éléments, ont pourvu sa matière informe de leurs attributs ; sur son front figure le mot emet (« vérité ») qui devient, lorsque sa première lettre est effacée, met (« mort »), faisant retourner l’homme artificiel à la poussière.

Et c'est précisément le parcours que va emprunter (sans mauvais jeu de mot) notre Emmet. Car il débute sa quête totalement dépourvu de libre-arbitre, façonné selon son créateur (l'enfant) et servant les principes de son monde (la dictature de Brickville, puis la "dictature" de Cloud Cukoo Land. Il va tour à tour être appelé Elu par Cool Tag, et par Vitruvius et ces deux personnages (eux-mêmes gérés par le créateur) vont lui inculquer en tête l'idée qu'il est l'Elu, puis qu'il ne l'est pas. Mais c'est après sa mort (voulu par son créateur) et sa chute dans les limbes de l'abime infini du grand rien que Emmet va être Met, puis revenir en étant changé, et en ayant compris et décidé son choix d'être l'Elu, et plus seulement parce qu'un autre le lui aura dit mais parce qu'il l'aura décidé et compris.

On en revient à Matrix, mais pas seulement au seul premier opus, mais aussi à ses suites, Reloaded et Revolutions qui marquent cette compréhension du conditionnement. Ce n'est donc pas un hasard de la part des scénaristes-réalisateurs si Emmet se nomme Brickowski ou encore si dans le film on voit apparaitre de manière quasi subliminal les Lego Speed Racer, la deuxième oeuvre phare du duo qui mettait déjà en avant un besoin pour son personnage de se "transformer".

Plus haut j'ai émis l'hypothèse que le monde des nuages que Emmet rejoint après sa fuite avec Cool Tag est une "dictature" également. Les auteurs sont allés chercher trés loin cette référence, puisque dans la pièce de théâtre, d'Aristophane les Oiseaux, nous trouvons un monde dans les nuages où se sont rassemblés les penseurs pour fuir la corruption de leur capitale.

"Deux Athéniens, Évelpide et Pisthétère, fatigués d'Athènes, fuient cette cité gangrenée par la corruption, les procès et les démagogues. Ils atteignent la demeure de Térée, ancien roi de Thrace transformé en huppe. Ils persuadent l'assemblée des oiseaux de fonder dans les airs une cité, d'où les intrigants, sycophantessophistes et orateurs sont exclus. Térée se charge de convaincre son peuple adoptif de l’intérêt d’accepter parmi eux les deux Athéniens. Ceux-ci proposent, en effet, de rendre à la gent ailée le pouvoir que lui ont volé les dieux. Ils fondent ainsi, entre terre et OlympeCoucouville-les-Nuées, (en grec ancienΝεφελοκοκκυγία) une cité dont la situation idéale permet d’assujettir les hommes et de profiter des fumets sacrificiels destinés aux dieux.

Coucouville les nuées (-soit la traduction exacte de cloud cukoo land) est un état excessivement idéaliste où tout est parfait. Dans le film, Cloud Cuckoo Land est la maison de la princesse Unikitty (Uniquity (unicité) en phonétique), une terre dans les nuages ​​où il n'y a pas de règles, pas de limites et où on dit Non à quasiment tout ce qui pourrait perturber le bonheur de la Cité, soit donc le principe même d'une dictature. D'ailleurs en VO, comme en VF, la princesse Unikitty peut aussi s'entendre Iniquity (inicité) soit donc le caractère de ce qui est injuste, partial, dépeignant bien la duplicité de cette dernière, duplicité qui sera illustré dans le film par son caractère changeant (passant de la plus grande joie à la plus grande colère en une fraction de seconde).

Les auteurs nous font donc entrevoir les deux facettes de la dictature, un lieu où il n'existe que des règles et un lieu où il n'en existe aucune. Le message du film, étant plus de trouver sa place en utilisant les règles pour changer le monde qui nous entoure. On est donc bien loin du simple et naïf "le plus important c'est le monde rêvé avec des yeux d'enfant, ou l'imaginaire de l'enfance triomphe sur le côté amer et désenchanté des adultes" comme on a pu le lire un peu partout sur les critiques presse et public de personnes qui ont entrevu le film par le petit bout de la lorgnette, se satisfaisant non pas de ce qui était dans le film, mais de ce qu'ils voulaient qu'il y soit.

Ce début d'analyse est bien entendu plus que non exhaustif et il faudrait plusieurs dizaines de pages pour retranscrire toutes l'intelligence des références des créateurs (notamment leur réutilisation des "robots-et" de Carpenter dans "Invasion Los Angeles" (They Live).

On est donc comme nous venons de le voir clairement trés loin du simple film concept pour vendre des Lego (on est d'ailleurs pas bien sûr que la marque en ait réellement besoin, contrairement à des licences plus cynique comme Transformers par exemple) comme l'ont dit les mauvaises langues. Et même si la charge contre la société de consommation est présente dans le film, et intelligemment présente, elle ne constitue heureusement pas le seul intérêt du film. 

Le récit premier du film est accessible et largement suffisant pour quiconque veut un film fun et sans prise de tête, un concept clair qui met en avant le pouvoir de l'enfance et de l'imaginaire sur la triste vie morne et glacée des adultes, MAIS pour quiconque dépasse ce simple stade, chaque nouvelle vision s'enrichit de la précédente et le film finit par devenir un miroir de la condition humaine face à l'immensité de l'Univers ainsi que la recherche par l'humanité d'un célèbre Père et de son non moins célèbre Fils (et ce sans aucune portée uniquement Chrétienne) ^^. Chris Miller et Phil Lord rejoignent à leurs tours la petite famille des cinéastes cosmogoniques qui utilisent le média cinéma pour repenser le trajet de l'homme dans le monde.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 14:23

Ami cinéphile et ami bilingue, et même peut-être les deux, tu auras surement reconnu dans ce titre au combien poétique l'un des films les plus poétiques justement d'un des réalisateurs français les plus poétiques et parmi les plus doués que nous ayons, je veux bien sûr parler de Christophe Gans.

l'homme du Pacte des loups, avant de tenter avec un résultat mitigé de redonner ses lettres de noblesse au film d'aventures français, avait déjà tenté d'adapter un manga et anime japonais, Crying Freeman avec beaucoup plus de succès. Puisque, le fondateur de Starfix, aidé de son essentiel collaborateur Samuel Hadida, tous deux fans de japanimation et de films asiatiques, avait réussi avec Crying Freeman à mettre en image la poésie et le romantisme des productions du pays du soleil levant dans un film signé d'un amoureux des dites productions.

L'histoire en deux mots pour ceux et celles qui auraient raté le train Gans en 1995 est celle d'un tueur chinois, surnommé le Freeman qui tue les cibles que lui désigne ses patrons, et notamment ici des membres de la mafia japonaise. Un de ses meurtres est aperçu par une jeune femme, Emu O'hara peintre de son état, qui se retrouve dès lors en danger de mort, puisque un Fils du dragon comme l'est le Freeman ne peut pas montrer son visage, et qu'il doit donc tuer tous témoins de son identité. Mais Yo, le Freeman, va être touché au coeur par la vision de la jeune femme et il en tombe amoureux, c'est à cet instant qu'il devient une cible pour la mafia japonaise et que ses ennuis commencent.

Le Duo, Julie Condra, et Mark Dacascos fonctionne à merveille pour retranscrire la romance entre Emu et Yo.  Julie Condra habituée des plateaux télés à l'époque (elle apparait dans Santa Barbara, Madame est servie, Mariés deux enfants, Parker Lewis ne perd jamais, Code Lisa) franchit le fleuve cinéma avec une grande aisance et incarne son personnage de peintre avec une justesse touchante. Dacascos, aussi bien dans les scènes de combats que dans les scènes de jeu, habite son personnage à tel point que le duo deviendra aussi duo dans la vie et l'est toujours, puisque Julie Condra est l'actuelle femme de l'acteur depuis la fin du tournage de Crying Freeman. Les retrouvaille entre l'acteur et le réalisateur se scèleront en 2001 avec le tournage du Pacte des Loups. Quand à Dacascos, il marquera l'ado que j'étais avec la série The Crow adaptée du comics éponyme de James O'Barr.

Mais revenons à ce Crying Freeman sorti en bluray, force est de constater que même si il a un poil vieilli, les presque 20 ans qu'il accuse ne lui sont pas si nocive, puisque le trip revival fonctionne, et même pour quelqu'un qui découvrirait le film maintenant, l'intelligence de son cadrage, de sa mise en scène, et de quelques unes de ses scènes cultes (comme le trip chambranle de porte avec un couteau dans les dents) font encore largement leur petit effet. Seuls, certains costumes et coiffures dénotent des 90's mais l'ensemble du film tient fort bien la route.

Oserais-je même le dire, on pourrait voir dans le combat de l'organisation des Fils du Dragon, un duel métaphorique entre cinéma de Wu Xia Pian (la sorcière qui dompte le Freeman, les pleurs quasiment surnaturels du héros) et Chanbara/film d'action japonais (les yakuzas armés, le film plus proche d'un film actionner hard boiled à la Kitano) mais peut-être est-ce voir un peu plus loin que ce que nous donne l'oeuvre. En même temps, quand on sait combien Christophe Gans est un théoricien de cinéma de génie, et combien il apporte un soin minutieux à tous les détails de son film, on pourrait se poser la question.

Bonus : Au niveau des bonus, l'édition nous gâte, car en plus d'un magnifique transfert HD de l'oeuvre, le réalisateur et le distributeur nous rajoute un commentaire audio du film, plus le premier épisode de l'animé japonais dont est inspiré le film, avec un commentaire audio de l'animé, et enfin, un entretient plutôt long et assez passionnant avec Christophe Gans ( récent 2014) qui revient sur son cinéma et sur Crying Freeman, ainsi qu'une longue interview de Marc Dacascos achève de conquérir le coeur de tous les afficionados des deux hommes.

Un film dont la vision est à recommander, car Gans en plus de la revue HK, et des distributions de films asiatiques souvent méconnus du grand public, a véritablement prouvé avec Crying Freeman, qu'un réalisateur occidental était largement capable de rendre la fureur et le romantisme du cinéma asiatique sans jamais en trahir l'essence même.

Sortie le 10 février en Bluray. Distribué par http://www.metrofilms.com/

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 12:46

http://www.capcampus.com/img/u/350143/mortal-instruments-guide-612x380.jpgAujourd'hui dans l'instant cinéma, on va parler d'un film qui ne m'a pour une fois pas plu du tout. Bon vous me connaissez depuis le temps, je trouverai toujours un peu de bien à en dire, mais ça sera dur.

Mortal Instruments de Harald Zwart, réalisateur norvégien à qui on doit les "inoubliables" Cody Banks, La Panthère Rose 2 et producteur délégué du quand même sympathique et foutraque Dead Snow, n'est pas ce qu'on pourrait appeler un bon film. N'ayant pas lu les films, je ne me permettrai pas de juger de l'adaptation mais le film en lui-même, même si il possédait toutes les caractéristiques pour donner un sympathique film de fantasy un peu plus dark que la moyenne tombe dans tous les travers de la vague post-Twilight, héros tellement sombre et dark qu'ils sont représentés comme des hémos à un bal de fin de promo, méchant lisse mais beau à la Tom Elvis Jedusor mais sans la classe et l'ambiguité de ce dernier, même si Johnathan Rys Meyer fais bien son job, on se demande parfois ce qu'il vient foutre là, lui, ainsi que plusieurs seconds couteaux, d'habitude passionnant du cinéma de série B, ou de séries télés (coucou Misfits).

L'histoire adapté du roman de Cassandra Clare raconte l'histoire de  Clary Fray, quinze ans, jeune adolescente qui vit à New York. Lors d'une soirée dans un club new-yorkais, elle découvre un spectacle effrayant: trois personnes habillées en noir tuent une autre personne. Personne ne peut voir les agresseur et l'agressé sauf elle. Un mystérieux garçon blond se révèle à elle et lui dit que la victime est un démon, donc qu'il n'y a rien à craindre, que les agresseurs ne sont pas des meurtriers mais des bienfaiteurs. Bientôt la mère de Clary disparaît, capturée par de ténébreuses créatures. Clary découvre le monde des Chasseurs d'Ombres et des Créatures Obscures telles que les vampires, les loups-garous et les démons. Accompagnée de Jace, le blond décoloré et d'autres Chasseurs d'Ombres de l'Institut, Clary va tenter de comprendre ce monde particulier et de sauver sa mère, découvrant au fil du temps des révélations de plus en plus surprenantes.

Le film commence plutôt bien mais a beaucoup de mal à caractériser correctement ses personnages, on ne s'attache jamais vraiment à eux, et la mise en scène relève de beaucoup trop de gags qu'on finit par se demander si c'est assumé ou pas (rappelons nous, Cody Banks, la panthèse rose 2, producteur de Dead Snow), mais on déchante trés vite, c'est bien du premier degré mal assumé, et pas une relecture des codes du Twilight-Like. On tombe trés vite dans tous les travers du triangle amoureux sans issue, mais malgré de belles trouvailles en terme de plan, et quelques fulgurences visuelles, le récit tombe trés vite dans une chorégraphies de combats mais qui sont au cors défendants du chorégraphe, un français, pas trop mal chorégraphié justement. Le problème c'est qu'un bon combat doit continuer à raconter l'histoire, et que là, il n'y a rien, les combats ne sont qu'un prétexte pour faire venir les petits garçons dans la salle, et les hémos sexy tee-shirt mouillé ne sont qu'un prétexte pour faire venir les petites filles et les gays. Attention, ce n'est absolument pas ce que je pense, mais bien la logique genrée des producteurs du film qu'on sent venir à 20 pas. La sublime Lena Headey révélée au grand public par les Frères Grimm de Terry Gilliam fait quasiment de la figuration et la fille de Phil Collins, Lily Collins, s'implique autant que faire se peut sur son premier gros film dont elle se sort plutôt bien finalement.

Un mot sur la musique signée Atli Orvasson, compositeur de Anges et Démons et Iron Man entre autres qui s'en sort lui aussi plutôt bien, même si le film manque de thèmes qui restent en tête.

Au final, on se retrouve avec un film un peu aussitôt vu, aussitôt oublié, qui aurait mérité un meilleur traitement tant le potentiel semble dense (12 romans à ce jour), et tant un vrai réalisateur avec une vision aurait prévalu sur un sympathique yesman comme Zwart d'autant que la fin est plus que surprenante puisque pour une fois le sidekick à lunettes ne termine pas avec la reine du bal mais seul. C'est assez rare pour être signalé d'autant plus que la fin met en avant un des tabous de l'humanité et c'est assez malaisant d'ailleurs quand on comprend où veut en venir la fin. On notera d'ailleurs que l'auteur semble trés fan de Star Wars au point de reprendre dans son intrigue deux des rebondissements de la plus célèbre des sagas tel quel. Le problème étant que comme rien n'est véritablement assumé par un réalisateur avec une vraie vision, tout se délite peu à peu et rien ne fonctionne dans le récit, pas même les révélations de la fin qui bien amenée ailleurs, peuvent surprendre quand bien même ce genre de révélations fait maintenant parti des clichés des blockbusters.

Bref, au final, vraiment déçu par le film, et ce n'est pas les bonus dvd qui viendront rattraper ça, car on se retrouve avec un clip de la chanson du film et des featurettes promo pas trés intéressantes, en dehors de la featurette des combats qui est bien sympathique.

En espérant que le prochain film critiqué saura relever le niveau de ce dernier.

Sortie en Dvd et Bluray le 17 février 2014. Distribué en France par TF1 Vidéo. 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:42

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/reportages/photos-de-war-games-a-la-strategie-ender-en-passant-par-maman-j-ai-rate-l-avion-les-petits-genies-du-cinema-3882806/photos-de-war-games-a-la-strategie-ender-en-passant-par-maman-j-ai-rate-l-avion-les-petits-genies-du-cinema/70509607-1-fre-FR/PHOTOS-De-War-Games-a-La-Strategie-Ender-en-passant-par-Maman-j-ai-rate-l-avion-les-petits-genies-du-cinema_portrait_w858.jpgGavin Hood que nous avions quitté après un relativement décevant (et encore c'est un bel euphémisme) X-Men Origins : Wolverine, nous revient dans l'adaptation de la série de roman de Orson Scott Card, le Cycle Ender, datant de 1985. Cette série de romans est assez controversée, l'auteur étant entre autre accusé de faire de l'eugénisme et de décrire une société fasciste avec plaisir, alors que comme le film, c'est une critique beaucoup plus ambigüe qu'il n'y parait. Mais rappelons-nous, les critiques et les journalistes, qu'ils soient littéraires ou cinématographiques sont des veaux comme dirait le défunt Général de Gaulle, donc si on leur met pas le propos à suivre en découpant la pensée selon les pointillés, ils sont trés vite largués et voit du fascisme et du patriote nationalisme partout (Guerre des Mondes, The Dark Knight, Kick Ass, Stratégie Ender, Starship Troopers même combat).

Oui, même ce pauvre Hollandais Violent a eu droit (malgré son odeur de sainteté universitaire et intellectuelle) à être accusé de propagande fasciste dans un film qui la dénonce bien entendu et parfois à notre goût avec un peu trop de sabots de plomb. Mais apparemment ce n'était pas assez pour la critique française, puisque l'ancêtre du point Godwin Begaudien, le cinéaste "expérimenté" Christophe Honoré, y voyait déjà une pur ode au fascisme, et un "cédérom pornographique" (je veux même pas savoir ce que ce bon vieux Honoré a pu mater dans sa vie comme porno). 

Si vous voulez vous rincez l'oeil et/ou pleurer sur la décadence de la critique française, suivez le fürher ( guide en allemand) : http://louvreuse.net/Instant-critique/honore-vs-verhoeven.html

C'est vrai qu'on peut comprendre son hésitation, un mec qui fait Soldiers of Orange en Hollande, et qui dernièrement réalise Black Book, est forcément un pur nazillon qui rêve que de race supérieure. Sans parler de sa vision de l'état et la police dans Robocop. Un fils d'Adolf on vous dit, et c'est Christophe Honoré, pourtant le nom de famille de mon gâteau préféré qui vient vous le dire, argument à l'appui.

Ceci dit, ce dernier n'a pas l'apanage de la connerie critique, puisque même nos cinéastes à nous les obscurs, les sans-grade, les cinéastes dit de genre, sont capable de pondre des grosses idioties en vidéo aussi : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Video/VIDEO-Pascal-Laugier-The-Village-est-un-film-d-extreme-droite-3479346

M'enfin, nous ne sommes pas là pour compter les points de l'aberration intellectruelle française mais bien pour parler du nouveau film de Gavin Hood, cinéaste découvert médiatiquement par le sympathique "My Name is Totsi" dans lequel une petite frappe trouvait un bébé dans une voiture et décidait de s'en occuper juste avant d'avoir voulu le tuer". J'en raconte pas trop, pour ceux et celles qui voudrait découvrir le film de Hood. Ce dernier ayant reçu en 1993 pour son premier scénario de long "A Reasonable Man", futur long métrage inédit en France, le prix Diane Thomas Screenwriting Award  des mains de Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Michael Douglas, excusez du peu.

Hood donc s'attaque à un des monuments de la littérature américaine de science-fiction avec autant de détracteurs (les lecteurs du bouquin, les déçus de Wolverine son précédent blockbuster) que de laudateurs (la critique française qui a aimé la fraîcheur et le renouveau de "My Name is Totsi", oui dès que les mecs reçoivent un oscar, nous on est comme ça on fond, pour la fraîcheur. Et bien que votre serviteur ait lu au moins un des bouquins du cycle Ender dans sa prime jeunesse, il n'en avait plus grand souvenir, aussi j'aborderais le film comme une entité propre et avec Spoiler, vous voilà prévenus sans tenir compte du livre. 

Le héros, est magnifiquement incarné par Asia Butterfield, et même si le héros du roman est plus jeune, le fait de le vieillir un peu, ne fais rien perdre au propos de son efficacité. Le Ender du titre vient du fait que Ender est le surnom donnée à Andrew Wiggin par sa soeur Valentine. Ender donc "celui qui termine les choses" en anglais (et on le verra dans le film, il a la terminaison facile et expéditive) est le troisième fils surdoué d'une famille qui en comporte déjà deux. le maximum autorisé. Mais suite à une "commande du gouvernement", la naissance d'un troisième enfant est accordé à la famille, et Ender nait. Comme sa soeur et son frère, il est enrolé par l'armée pour combattre les Doryphores (une race extraterrestre extrêmement belliqueuse du moins selon l'Etat) et semble promu à un brillant avenir, mais Ender a un gros défaut, il est colérique, et se laisse souvent vaincre par sa colère (ce qui était aussi le défaut de son frère ainé), sa soeur étant elle beaucoup trop douce. Mais la "tare" d'Ender ne s'arrête pas là, puisqu'en plus d'être violent, Ender a aussi une énorme compassion pour ses ennemis. On comprend donc trés vite, qu'Ender a tout ce qu'il faut pour être un chef (relire Machiavel, le Prince pour s'en convaincre) puisqu'il possède à la fois la douceur de sa soeur, et la violence de son frère, il est le prototype parfait pour devenir un excellent chef de guerre.

Et c'est ce qui arrive, puisque le commandant Hyrum Graff (impeccable Harisson Ford) débarque dans sa famille pour l'enroler dans l'école militaire, en vue d'en faire un commandant d'élite dans la guerre contre les Doryphores. Parvenu dans l'école, Ender s'illustre en mal en laissant la petite frappe de l'école quasiment sur le carreau, et malgré le fait que ce dernier l'avait agressé, il ne peut s'empêcher de regretter la tournure qu'a pris l'agression, à son avantage, puisqu'il ébouillante son camarade, avant de lui faire embrasser l'arrête de la marche des douches le laissant à demi paralysé et baignant dans son propre sang. Ender en plus de Hyrum est suivi par une psychologue de l'école, le Major Anderson et ces derniers façonnent Andrew au moyen de test vidéo-ludique (sans jamais dénigrer le jeu vidéo, un bon point pour Hood) absolument comme il voudrait qu'il soit pour être le meilleur chef de guerre. Ender conquiert le coeur de ses camarades, en même temps qu'il passe de niveau supérieur en niveau supérieur jusqu'à ce qu'un combat dans la salle d'entrainement (à base de Quidditch un peu amélrioré) ne lui offre les moyens d'appliquer la profondeur de son intelligence en tant que stratège.

On ne spoilera pas toute l'intrigue, mais cette grandeur de stratège finira par lui être fatale dans un conflit aux  enjeux totalement biaisés, et même si on sent venir le "twist" à cent pas, qu'on ait lu ou non le livre, rarement un film aura aussi bien collé son twist avec son propos. Le dernier en date étant sans doute le Village, d'où la citation de ce dernier dans la critique. Comment peut-on être suffisamment stupide pour voir le film, et y voir une ode au fascisme, alors que même si Ender est glorifié pour sa violence, et son "arrogance", le film par ses placements de caméra et ses cadres ne cessent de crier l'inverse. Mais les journalistes français n'y connaissant quasiment rien en technique, et en découpage, ceci explique sans doute cela.

Le film loin de se postionner dans un happy ending à l'américaine (comme lu dans la presse et sur internet) offre en réalité une réflexion bien plus profonde sur la colère, et les retombées psychologiques qu'elle peut entraîner. Sans parler d'une mise en lumière des processus d'édification par la propagande et la manipulation. Ender, entrainé par sa colère et sa soif de conquête, se verra accomplir le crime ultime, un "xénocide", le premier de l'humanité. Horrifié par son geste, et ne trouvant aucune consolation dans ce que lui dira son cerveau gauche (Hyrum) et son cerveau droit (le duo Valentine/ Anderson) , sans parler de sa conscience (inquiétant Ben Kingsley dans le rôle d'un patriote de légende qui n'a malheureusement de légende que l'apparence et la fable, la réalité étant plus que décevante) ; il quittera l'armée pour tenter de "réparer les choses" autant que faire se peut.

Il y aurait beaucoup à dire encore sur le film, notamment sur le paralèlle qu'on peut établir entre l'école militaire et les USA actuels, mais le but de cette critique est juste de donner aux lecteurs l'envie de faire fi de l'avis presse et de donner sa chance à ce film qui le mérite vraiment. Loin de ces oripeaux de Twilight de l'espace, la Stratégie d'Ender mérite largement le détour, surtout pour les spectateurs qui aiment réfléchir en plus d'assister à un bon spectacle.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:59

http://www.cinematon.fr/wp-content/uploads/2013/04/FACEBOOK-DENIS.jpg"Le déni est une notion théorisée par Sigmund Freud pour désigner la non-considération d'une partie de la réalité, en particulier celle de la différence des sexes (voir chez lui le concept de castration)1. Dans la théorie psychanalytique, le déni porte autant sur la réalité « extérieure » (perceptive) que sur la réalité ou le ressenti interne."

Le nouveau film de Lionel Bailliu (réalisateur de la série Elodie Bradford avec la sublime Armelle Deutsch et du film Fair Play) se positionne comme une comédie drâpée dans des atours de comédie romantique. le traitement du sujet par le réalisateur de Fair Play apporte une fraîcheur au thème sans pour autant totalement séduire le spectateur par un manque de structure sans doute. Denis n'est pas vraiment le genre de film qui reste dans les mémoires, et c'est un peu dommage car le film est pour le moins plaisant. On sourit souvent, mais le rire n'est jamais vraiment présent. Avec un tel sujet, on aurait adoré voir ce qu'un Judd Appatow ou même les Frères Farrelly auraient pu tirer en terme de ressorts scénaristiques, dramatiques et comiques.

Vincent (impeccable Fabrice Eboué) s'est fait piquer ses petites copines (une historiette et une vraie histoire d'amour) par le même homme, Denis. Lorsque ce dernier recroise sa route une troisième fois, Vincent craignant qu'il ne lui fasse le coup une troisième, décide de prendre les devants en rencontrant son Némésis et en apprenant à le connaitre... Audrey Dana et Sara Giraudeau du côté féminin, s'en sortent aussi à merveille dans les rôles de l'ex et de l'actuelle petite amie de Vincent. A noter, la participation quasi figurative mais assez sympatique également de Simon Astier en ami de Vincent.

Le film de Lionel Bailliu a clairement pour lui d'utiliser à nouveau la métaphore (le sport pour son précédent film comme témoin des rivalités dans le travail entre un patron et son cadre), car il n'y a pas besoin d'avoir lu Freud pour faire tout de suite la relation entre le prénom Denis et le Déni de réalité. Car c'est de cela dont parle entièrement le film, Vincent se trompe dans sa vie, se trompe dans ses choix de vie, et Denis ne sera au fond que le révélateur de ce jeu de dupe. Suite à une sortie entre amis durant lesquelles les masques vont tomber, Vincent va comprendre grâce à Denis que sa vie va complètement sur la mauvaise voie, et il pourra reconnecter son être à ses envies.

Le dvd contrairement au film qui est trés sympatique est totalement chiche en bonus, puisqu'il n'en comporte aucun. Carton rouge pour l'éditeur, parce qu'on aurait aimé en apprendre plus sur le film, et sur son réalisateur, le talentueux mais sous-estimé Lionel Bailliu. Le même (mauvais)sort s'est répété comme dans l'histoire de son personnage, puisqu'après un deuxième film sympatique, il n'a pas convaincu le public. Le problème du film est peut-être d'être trop frileux dans son scénario, pour ne pas choquer les attentes de la fameuse "ménagère de moins de 50 ans" qui n'existe que dans la tête des producteurs et des chaines de télé qui coproduisent chacune des comédies françaises. Tant que on ne fera pas confiance aux intuitions des réalisateurs en leur laissant une chance de renouveller le "téléfilm story" du dimanche soir, les nouvelles comédies continueront à aller droit dans le mur (48800 entrées pour un budget de 5 Millions d'euros) pour le plus grand déplaisir des amateurs de comédies, et de comédies romantiques. Chose d'autant plus déplaisante que le film malgré un petit ventre mou, est indéniablement une trés bonne surprise et un divertissement totalement honnête.

Sortie en dvd le 9 Octobre 2013. Réalisé par Lionel Bailliu. Distribué par M6-SND.

Retrouvez ce film sur Cinetrafic dans la catégorie   film 2009 et la catégorie films français.

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:09

http://images2.fanpop.com/image/photos/9400000/me-n-orson-welles-richard-samuels-9454615-1280-1024.jpgVoilà un parcours pas banal pour un film, un DTV mais pas pour un film de yakayos mettant en scène une énième star de film d'action vieillissante, ou une bouzasse à base de Requin dans ... Non, ce DTV, donc jamais sorti au cinéma en France, est un film de fiction avec une base réelle (la vie d'Orson Welles) et d'un réalisateur plus qu'appréciable (Richard Linklater, expérimentateur de talent, et réalisateur de la trilogie des Before, entre autre chose).

Il est d'ailleurs plus qu'étonnant de voir que le film, réalisé en 2008 ne soit sorti que cette année en France, et surtout en DTV sans passer par une sortie salle. Pourtant ce film, dont le sujet est essentiellement le théâtre et les affres de la création aurait bien mérité d'être vécu en salles, tant la grandeur de la mise en scène du Jules César de Shakespeare par Orson Welles et la reconstitution du New-York de l'époque aurait eu fière allure sur un écran de cinéma. Mais le visionnage du dvd sur un écran beaucoup plus petit passe tout de même. La preuve qu'un bon film peut toucher sur n'importe quel support.

Richard Linklater s'attache dans Me and Orson Welles à traiter de la rencontre "fictionnelle" entre un jeune comédien du nom de Richard et du grand réalisateur et metteur en scène de théâtre Orson Welles au moment où il monte Shakespeare et principalement son Jules César transposé dans l'époque fasciste le tout pour inaugurer son théâtre le Mercury Theatre qu'il vient d'ouvrir à peine.

Adaptation du roman de Robert Kaplow, le film peine à se monter, puis à être distribué en France. Orson Welles étant pourtant loin d'être inconnu, même en France, à moins que ce ne soit le sujet sur le théâtre qui ait pu rebuter les distributeurs. C'est bien dommage car on prend un plaisir non dissimulé à suivre les aventures fictives de ce fanboy de Richard envers son idole Welles. Le film ne s'appuit absolument sur rien d'existant, si ce n'est le Mercury Theatre et le fait que Welles a bien monté la pièce Jules César de Shakespeare là-bas. On suit avec intérêt le parcours chaotique du jeune Richard vers une célébrité éphémère et la recherche de l'amour de la belle Sonja, interprétée avec talent par la remarquable Claire Danes. Zack Ephron, joue à merveille le jeune et naïf Richard, et s'en sort avec les honneurs. On retrouve également avec plaisir la superbe Kelly Reilly dans un rôle de starlette préoccupé par la façon dont on doit éclairer son visage. Quant au metteur en scène tyrannique et pervers narcissique (pour les besoins de l'intrigue bien entendu) qui est plus une peinture d'un Hitchcock réel que d'un Welles, il est interprété lui aussi avec beaucoup de talent et de conviction par le comédien Christian Mc Kay, qui n'en est pas à sa première rencontre avec le personnage, puisqu'il a déjà interprété le réalisateur dans un one man show à New-York.

Linklater se fait plaisir en mettant en scène de manière classique mais efficace ce réjouissant ballet croisé entre les trois principaux personnages de l'intrigue Rcihard-Sonja et Orson et décrit avec beaucoup de justesse l'intérieur d'une troupe, de sa fausse image de famille à ses querelles intestines. Le film est juste de bout en bout, et la fin est révoltante mais assez proche de la réalité d'un tel microcosme et de ses "valeurs" assez fluctuantes, notamment au niveau moral.

Un film pour tous les amoureux du théâtre, ou qui ont un jour fait partie d'une troupe de théâtre et qui en relèveront la justesse de la peinture du milieu théâtral.

Sortie en Dvd et Bluray depuis le 9 Octobre 2013. Réalisé par Richard Linklater.  le film est bien distribué par la Metropolitan Filmexport. Retrouvez ce film et bien d'autres films dans - film recent

et - film culte.
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