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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 19:09

http://www.technoetgames.com/wp-content/uploads/2014/04/la-grande-aventure-lego-01.jpgRetour aux analyses spontannées de ce blog, c'est à dire sans "commande" extérieure. Pour ceux qui apprécient les chroniques pour le site Cinetrafic, elles reviennent trés vite avec un film français indépendant et le film Drug War. Depuis Gravity, je n'avais pas ressenti le besoin ou l'envie de me plonger dans une analyse, disons qu'aucun film n'était venu titiller mon intellect et mon émotion car chez moi l'un ne va pas sans l'autre. Après avoir quasiment renoncé à parler de Pacific Rim et de la profondeur de son sous-texte, tant la tâche m'apparait ardu, et ne pas trouver l'angle pour aborder la richesse du dernier X-Men, j'ai eu la joie d'être frappé par un film que j'attendais ardemment et qui s'est révélé satisfaisant au-delà de toute espérance : La Grande Aventure Lego (Lego Movie).

j'attendais ce film à plus d'un titre, d'abord, parce que même si je lui ai toujours préféré les Playmobils pour sa narration j'ai toujours été fasciné par le pouvoir créatif des Legos. Et puis, le postulat final du film est trés proche d'une nouvelle que j'ai écrite (avec des Playmobils ceci étant). Le film Lego Movie arrive à ce double exploit de mettre en avant la narration tout en ne mettant pas de côté la joie jouissive du n'importenawak de création legoesque.

Lego Las

Nous devons Lego Movie aux créateurs du génial Tempêtes de Boulettes Géantes (Cloudy with Meatballs). Ce film créatif et sensoriel fou, avec un message pas si simpliste qu'il n'y parait. Rassurez-vous, amateur de dédales labyrintiques mentaux, Lego Movie leur nouveau projet ne faillit pas à la règle. Ce même Tempêtes de Boulettes Géantes dont le surestimé et surinterprétatif Alain Korkos qui n'avait pas vu le film conspuait le dit projet sur son seul nom -"Je vous laisse juger de l'intérêt de la 3D, "Tempêtes de boulettes géantes" (sic), c'est crétin, je n'ai pas vu le film mais ça situe le niveau"- Quelque chose dans ce goût là, la phrase témoignant en elle-même de l'intelligence et de l'ouverture limitée de son pseudo "journaliste". Mais le but n'est pas de tirer sur l'ambulance, juste de s'autoriser une private joke pour quiconque a fréquenté un temps arrêt sur images et se rappelle des propos abscons de celui qui voit un peu tout et n'importe quoi dans l'Art.

Et justement, d'Art, il va en être ici question, aussi bien en termes de techniques, de créativité que du sens premier du mot Art, l'Alchimie, mais nous y reviendrons. Lecteur, si tu veux poursuivre plus loin la lecture, sache qu'il y aura moult spoilers dont la divulgation de la fin du film, donc si tu ne l'as pas vu, arrête ici ton périple. Si tu l'as vu, ou que tu as soif de symbolisme, alors plongeons ensemble dans les profondeurs du terrier du Yellow King ^^.

Après 5 visions du film Lego, et même si 7, ou 9 aurait été plus utile (Alchimie oblige), je pense être à même d'avoir à peu près entrevu la complexité du récit de Chris Miller et Phil Lord. La force du film étant que cette complexité ne fait jamais écran avec l'envie de fun et de pur entertainment du spectateur.

Ainsi, le récit premier du film raconte l'histoire de Emmet Brickowski (-on y reviendra ^^), simple ouvrier du bâtiment, employé par la société Octan, qui vit dans un monde idylique ou tout le monde ou presque pense pour lui, et où tout est super génial comme le crache la radio non-stop par le meilleur, le seul tube du top 50 et où la seule pensée philosophique se résume au titre du soap le plus vu (sans doute le seul) Où est mon pantalon ?. Emmet à la manière de Truman dans le Truman Show connait pratiquement tout son quartier (jusqu'au nom des chats de sa voisine), et tout le monde le connait ou du moins le croit-il. Emmet se lève le matin en utilisant les instructions, il se conduit dans sa maison en utilisant les instructions, dans la rue en utilisant les instructions, jusque dans son travail (détruire des bâtises biscornues pour monter des beaux immeubles bien lisse)il utilise les instructions. C'est donc le parfait automate dans un monde parfait. Mais sa rencontre dans le chantier désaffecté avec la "pièce de résistance" va bousculer son monde, ses certitudes, et sa petite vie rangée.

A la manière de Neo et suivant en cela le parcours du héros de Campbell, Emmet va être appelé à une aventure plus grande que lui, lié à la pièce de résistance malgré lui, et on voit la force de la métaphore, puisque Emmet sera au sens premier "la pièce de résistance" de Brickville. Les réalisateurs truffent le film d'idée visuelle folle (4 par plan) et de symbolique. Par exemple, lorsque poursuivi par les sbires de Lord Bizness, Emmet se pose la question de son identité troublée, une maison (le corps en symbolique et le moi) vient s'échouer sur la route, et il va la traverser de la cave au grenier, avant de sortir avec fracas par le Vasistas en ayant trouvé à peu près qui il est. Libéré de son statut d'ouvrier au service d'Octan, il entreprend un parcours initiatique qui se cloturera par sa "mort" et sa resurrection. 

L'histoire peut sembler à première vue être un copycat d'assez bonne facture de Matrix, ou de n'importe quel utopie ou uchronie de la littérature ou du cinéma, parsemée de références aux Lego, sauf que de mentions du terme Lego, il ne sera pas une seule fois fait allusion dans le film, pas même dans sa dernière partie. A première vue seulement, car le pur génie de ce film est que toute l'histoire de Emmet n'est que mentale. En effet, SPOILER SPOILER SPOILER SPOILER à la fin du film, Emmet tombe dans "l'abîme infini du grand rien" et se retrouve sur le tapis d'un diorama immense de Lego. Et il s'aperçoit qu'un enfant est en train de jouer avec ce lieu gigantesque et sa condition de jouet lui saute aux yeux encore plus violemment que dans Last Action Hero (où Slater dissertait sur la violence de ce que les scénaristes lui faisait subir puisqu'il n'était rien de plus qu'un épouvantail, un simulacre de vie fantasmatique).

Ainsi, toutes ces allusions, toute cette dictature, toute cette vision de ce monde idylico-horrible (quoique la Resistance soit guère plus idéale que la Dictature, on y reviendra) n'est que l'imaginaire d'un enfant en conflit avec un Père qui ne le laisse pas jouer avec son diorama. La fin du film peut donc se voir comme le triomphe du pouvoir de l'imaginaire enfantin sur le monde tristounet et horrible des adultes. Certes, sauf que ça serait un peu trop simple pour les créateurs de Tempêtes de Boulettes Géantes. Et avec cette fin, comment expliquer que Emmet s'affranchisse de l'imaginaire de l'enfant. Car une fois sorti de l'abîme du grand rien, l'animation 3D en synthèse ; Emmet devient un personnage Lego en dur mais doué en revanche d'une vie propre. Ce n'est plus l'enfant qui meut Emmet, encore moins son conflit paternel, c'est Emmet qui s'émancipe de son "créateur" pour agir lui-même. On en vient donc au sous-texte du film, et au pourquoi Emmet se nomme Emmet.

Lego Lem

Le prénom Emmet a un sens, et pour le comprendre, il faut ami lecteur, plonger dans les méandres de l'Alchimie, l'Art donc. Il faut remonter jusqu'au mythe Juif du Golem. 

Le Golem (hébreu : גולם « embryon », « informe » ou « inachevé ») est, dans la mystique puis la mythologie juive, un être artificiel, généralement humanoïde, fait d’argile, incapable de parole et dépourvu de libre-arbitre façonné afin d’assister ou défendre son créateur.

Déjà mentionné dans la littérature talmudique, il acquiert une popularité considérable dans le folklore juif d’Europe Centrale. Dans l’une des versions les plus populaires de sa légende, reprise par certains contes chrétiens, il naît de la terre glaise après que quatre sages, figurant les quatre éléments, ont pourvu sa matière informe de leurs attributs ; sur son front figure le mot emet (« vérité ») qui devient, lorsque sa première lettre est effacée, met (« mort »), faisant retourner l’homme artificiel à la poussière.

Et c'est précisément le parcours que va emprunter (sans mauvais jeu de mot) notre Emmet. Car il débute sa quête totalement dépourvu de libre-arbitre, façonné selon son créateur (l'enfant) et servant les principes de son monde (la dictature de Brickville, puis la "dictature" de Cloud Cukoo Land. Il va tour à tour être appelé Elu par Cool Tag, et par Vitruvius et ces deux personnages (eux-mêmes gérés par le créateur) vont lui inculquer en tête l'idée qu'il est l'Elu, puis qu'il ne l'est pas. Mais c'est après sa mort (voulu par son créateur) et sa chute dans les limbes de l'abime infini du grand rien que Emmet va être Met, puis revenir en étant changé, et en ayant compris et décidé son choix d'être l'Elu, et plus seulement parce qu'un autre le lui aura dit mais parce qu'il l'aura décidé et compris.

On en revient à Matrix, mais pas seulement au seul premier opus, mais aussi à ses suites, Reloaded et Revolutions qui marquent cette compréhension du conditionnement. Ce n'est donc pas un hasard de la part des scénaristes-réalisateurs si Emmet se nomme Brickowski ou encore si dans le film on voit apparaitre de manière quasi subliminal les Lego Speed Racer, la deuxième oeuvre phare du duo qui mettait déjà en avant un besoin pour son personnage de se "transformer".

Plus haut j'ai émis l'hypothèse que le monde des nuages que Emmet rejoint après sa fuite avec Cool Tag est une "dictature" également. Les auteurs sont allés chercher trés loin cette référence, puisque dans la pièce de théâtre, d'Aristophane les Oiseaux, nous trouvons un monde dans les nuages où se sont rassemblés les penseurs pour fuir la corruption de leur capitale.

"Deux Athéniens, Évelpide et Pisthétère, fatigués d'Athènes, fuient cette cité gangrenée par la corruption, les procès et les démagogues. Ils atteignent la demeure de Térée, ancien roi de Thrace transformé en huppe. Ils persuadent l'assemblée des oiseaux de fonder dans les airs une cité, d'où les intrigants, sycophantessophistes et orateurs sont exclus. Térée se charge de convaincre son peuple adoptif de l’intérêt d’accepter parmi eux les deux Athéniens. Ceux-ci proposent, en effet, de rendre à la gent ailée le pouvoir que lui ont volé les dieux. Ils fondent ainsi, entre terre et OlympeCoucouville-les-Nuées, (en grec ancienΝεφελοκοκκυγία) une cité dont la situation idéale permet d’assujettir les hommes et de profiter des fumets sacrificiels destinés aux dieux.

Coucouville les nuées (-soit la traduction exacte de cloud cukoo land) est un état excessivement idéaliste où tout est parfait. Dans le film, Cloud Cuckoo Land est la maison de la princesse Unikitty (Uniquity (unicité) en phonétique), une terre dans les nuages ​​où il n'y a pas de règles, pas de limites et où on dit Non à quasiment tout ce qui pourrait perturber le bonheur de la Cité, soit donc le principe même d'une dictature. D'ailleurs en VO, comme en VF, la princesse Unikitty peut aussi s'entendre Iniquity (inicité) soit donc le caractère de ce qui est injuste, partial, dépeignant bien la duplicité de cette dernière, duplicité qui sera illustré dans le film par son caractère changeant (passant de la plus grande joie à la plus grande colère en une fraction de seconde).

Les auteurs nous font donc entrevoir les deux facettes de la dictature, un lieu où il n'existe que des règles et un lieu où il n'en existe aucune. Le message du film, étant plus de trouver sa place en utilisant les règles pour changer le monde qui nous entoure. On est donc bien loin du simple et naïf "le plus important c'est le monde rêvé avec des yeux d'enfant, ou l'imaginaire de l'enfance triomphe sur le côté amer et désenchanté des adultes" comme on a pu le lire un peu partout sur les critiques presse et public de personnes qui ont entrevu le film par le petit bout de la lorgnette, se satisfaisant non pas de ce qui était dans le film, mais de ce qu'ils voulaient qu'il y soit.

Ce début d'analyse est bien entendu plus que non exhaustif et il faudrait plusieurs dizaines de pages pour retranscrire toutes l'intelligence des références des créateurs (notamment leur réutilisation des "robots-et" de Carpenter dans "Invasion Los Angeles" (They Live).

On est donc comme nous venons de le voir clairement trés loin du simple film concept pour vendre des Lego (on est d'ailleurs pas bien sûr que la marque en ait réellement besoin, contrairement à des licences plus cynique comme Transformers par exemple) comme l'ont dit les mauvaises langues. Et même si la charge contre la société de consommation est présente dans le film, et intelligemment présente, elle ne constitue heureusement pas le seul intérêt du film. 

Le récit premier du film est accessible et largement suffisant pour quiconque veut un film fun et sans prise de tête, un concept clair qui met en avant le pouvoir de l'enfance et de l'imaginaire sur la triste vie morne et glacée des adultes, MAIS pour quiconque dépasse ce simple stade, chaque nouvelle vision s'enrichit de la précédente et le film finit par devenir un miroir de la condition humaine face à l'immensité de l'Univers ainsi que la recherche par l'humanité d'un célèbre Père et de son non moins célèbre Fils (et ce sans aucune portée uniquement Chrétienne) ^^. Chris Miller et Phil Lord rejoignent à leurs tours la petite famille des cinéastes cosmogoniques qui utilisent le média cinéma pour repenser le trajet de l'homme dans le monde.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 14:23

Ami cinéphile et ami bilingue, et même peut-être les deux, tu auras surement reconnu dans ce titre au combien poétique l'un des films les plus poétiques justement d'un des réalisateurs français les plus poétiques et parmi les plus doués que nous ayons, je veux bien sûr parler de Christophe Gans.

l'homme du Pacte des loups, avant de tenter avec un résultat mitigé de redonner ses lettres de noblesse au film d'aventures français, avait déjà tenté d'adapter un manga et anime japonais, Crying Freeman avec beaucoup plus de succès. Puisque, le fondateur de Starfix, aidé de son essentiel collaborateur Samuel Hadida, tous deux fans de japanimation et de films asiatiques, avait réussi avec Crying Freeman à mettre en image la poésie et le romantisme des productions du pays du soleil levant dans un film signé d'un amoureux des dites productions.

L'histoire en deux mots pour ceux et celles qui auraient raté le train Gans en 1995 est celle d'un tueur chinois, surnommé le Freeman qui tue les cibles que lui désigne ses patrons, et notamment ici des membres de la mafia japonaise. Un de ses meurtres est aperçu par une jeune femme, Emu O'hara peintre de son état, qui se retrouve dès lors en danger de mort, puisque un Fils du dragon comme l'est le Freeman ne peut pas montrer son visage, et qu'il doit donc tuer tous témoins de son identité. Mais Yo, le Freeman, va être touché au coeur par la vision de la jeune femme et il en tombe amoureux, c'est à cet instant qu'il devient une cible pour la mafia japonaise et que ses ennuis commencent.

Le Duo, Julie Condra, et Mark Dacascos fonctionne à merveille pour retranscrire la romance entre Emu et Yo.  Julie Condra habituée des plateaux télés à l'époque (elle apparait dans Santa Barbara, Madame est servie, Mariés deux enfants, Parker Lewis ne perd jamais, Code Lisa) franchit le fleuve cinéma avec une grande aisance et incarne son personnage de peintre avec une justesse touchante. Dacascos, aussi bien dans les scènes de combats que dans les scènes de jeu, habite son personnage à tel point que le duo deviendra aussi duo dans la vie et l'est toujours, puisque Julie Condra est l'actuelle femme de l'acteur depuis la fin du tournage de Crying Freeman. Les retrouvaille entre l'acteur et le réalisateur se scèleront en 2001 avec le tournage du Pacte des Loups. Quand à Dacascos, il marquera l'ado que j'étais avec la série The Crow adaptée du comics éponyme de James O'Barr.

Mais revenons à ce Crying Freeman sorti en bluray, force est de constater que même si il a un poil vieilli, les presque 20 ans qu'il accuse ne lui sont pas si nocive, puisque le trip revival fonctionne, et même pour quelqu'un qui découvrirait le film maintenant, l'intelligence de son cadrage, de sa mise en scène, et de quelques unes de ses scènes cultes (comme le trip chambranle de porte avec un couteau dans les dents) font encore largement leur petit effet. Seuls, certains costumes et coiffures dénotent des 90's mais l'ensemble du film tient fort bien la route.

Oserais-je même le dire, on pourrait voir dans le combat de l'organisation des Fils du Dragon, un duel métaphorique entre cinéma de Wu Xia Pian (la sorcière qui dompte le Freeman, les pleurs quasiment surnaturels du héros) et Chanbara/film d'action japonais (les yakuzas armés, le film plus proche d'un film actionner hard boiled à la Kitano) mais peut-être est-ce voir un peu plus loin que ce que nous donne l'oeuvre. En même temps, quand on sait combien Christophe Gans est un théoricien de cinéma de génie, et combien il apporte un soin minutieux à tous les détails de son film, on pourrait se poser la question.

Bonus : Au niveau des bonus, l'édition nous gâte, car en plus d'un magnifique transfert HD de l'oeuvre, le réalisateur et le distributeur nous rajoute un commentaire audio du film, plus le premier épisode de l'animé japonais dont est inspiré le film, avec un commentaire audio de l'animé, et enfin, un entretient plutôt long et assez passionnant avec Christophe Gans ( récent 2014) qui revient sur son cinéma et sur Crying Freeman, ainsi qu'une longue interview de Marc Dacascos achève de conquérir le coeur de tous les afficionados des deux hommes.

Un film dont la vision est à recommander, car Gans en plus de la revue HK, et des distributions de films asiatiques souvent méconnus du grand public, a véritablement prouvé avec Crying Freeman, qu'un réalisateur occidental était largement capable de rendre la fureur et le romantisme du cinéma asiatique sans jamais en trahir l'essence même.

Sortie le 10 février en Bluray. Distribué par http://www.metrofilms.com/

Retrouvez d'autres films sur le site  Cinetrafic et dans la catégorie  top film.

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 12:46

http://www.capcampus.com/img/u/350143/mortal-instruments-guide-612x380.jpgAujourd'hui dans l'instant cinéma, on va parler d'un film qui ne m'a pour une fois pas plu du tout. Bon vous me connaissez depuis le temps, je trouverai toujours un peu de bien à en dire, mais ça sera dur.

Mortal Instruments de Harald Zwart, réalisateur norvégien à qui on doit les "inoubliables" Cody Banks, La Panthère Rose 2 et producteur délégué du quand même sympathique et foutraque Dead Snow, n'est pas ce qu'on pourrait appeler un bon film. N'ayant pas lu les films, je ne me permettrai pas de juger de l'adaptation mais le film en lui-même, même si il possédait toutes les caractéristiques pour donner un sympathique film de fantasy un peu plus dark que la moyenne tombe dans tous les travers de la vague post-Twilight, héros tellement sombre et dark qu'ils sont représentés comme des hémos à un bal de fin de promo, méchant lisse mais beau à la Tom Elvis Jedusor mais sans la classe et l'ambiguité de ce dernier, même si Johnathan Rys Meyer fais bien son job, on se demande parfois ce qu'il vient foutre là, lui, ainsi que plusieurs seconds couteaux, d'habitude passionnant du cinéma de série B, ou de séries télés (coucou Misfits).

L'histoire adapté du roman de Cassandra Clare raconte l'histoire de  Clary Fray, quinze ans, jeune adolescente qui vit à New York. Lors d'une soirée dans un club new-yorkais, elle découvre un spectacle effrayant: trois personnes habillées en noir tuent une autre personne. Personne ne peut voir les agresseur et l'agressé sauf elle. Un mystérieux garçon blond se révèle à elle et lui dit que la victime est un démon, donc qu'il n'y a rien à craindre, que les agresseurs ne sont pas des meurtriers mais des bienfaiteurs. Bientôt la mère de Clary disparaît, capturée par de ténébreuses créatures. Clary découvre le monde des Chasseurs d'Ombres et des Créatures Obscures telles que les vampires, les loups-garous et les démons. Accompagnée de Jace, le blond décoloré et d'autres Chasseurs d'Ombres de l'Institut, Clary va tenter de comprendre ce monde particulier et de sauver sa mère, découvrant au fil du temps des révélations de plus en plus surprenantes.

Le film commence plutôt bien mais a beaucoup de mal à caractériser correctement ses personnages, on ne s'attache jamais vraiment à eux, et la mise en scène relève de beaucoup trop de gags qu'on finit par se demander si c'est assumé ou pas (rappelons nous, Cody Banks, la panthèse rose 2, producteur de Dead Snow), mais on déchante trés vite, c'est bien du premier degré mal assumé, et pas une relecture des codes du Twilight-Like. On tombe trés vite dans tous les travers du triangle amoureux sans issue, mais malgré de belles trouvailles en terme de plan, et quelques fulgurences visuelles, le récit tombe trés vite dans une chorégraphies de combats mais qui sont au cors défendants du chorégraphe, un français, pas trop mal chorégraphié justement. Le problème c'est qu'un bon combat doit continuer à raconter l'histoire, et que là, il n'y a rien, les combats ne sont qu'un prétexte pour faire venir les petits garçons dans la salle, et les hémos sexy tee-shirt mouillé ne sont qu'un prétexte pour faire venir les petites filles et les gays. Attention, ce n'est absolument pas ce que je pense, mais bien la logique genrée des producteurs du film qu'on sent venir à 20 pas. La sublime Lena Headey révélée au grand public par les Frères Grimm de Terry Gilliam fait quasiment de la figuration et la fille de Phil Collins, Lily Collins, s'implique autant que faire se peut sur son premier gros film dont elle se sort plutôt bien finalement.

Un mot sur la musique signée Atli Orvasson, compositeur de Anges et Démons et Iron Man entre autres qui s'en sort lui aussi plutôt bien, même si le film manque de thèmes qui restent en tête.

Au final, on se retrouve avec un film un peu aussitôt vu, aussitôt oublié, qui aurait mérité un meilleur traitement tant le potentiel semble dense (12 romans à ce jour), et tant un vrai réalisateur avec une vision aurait prévalu sur un sympathique yesman comme Zwart d'autant que la fin est plus que surprenante puisque pour une fois le sidekick à lunettes ne termine pas avec la reine du bal mais seul. C'est assez rare pour être signalé d'autant plus que la fin met en avant un des tabous de l'humanité et c'est assez malaisant d'ailleurs quand on comprend où veut en venir la fin. On notera d'ailleurs que l'auteur semble trés fan de Star Wars au point de reprendre dans son intrigue deux des rebondissements de la plus célèbre des sagas tel quel. Le problème étant que comme rien n'est véritablement assumé par un réalisateur avec une vraie vision, tout se délite peu à peu et rien ne fonctionne dans le récit, pas même les révélations de la fin qui bien amenée ailleurs, peuvent surprendre quand bien même ce genre de révélations fait maintenant parti des clichés des blockbusters.

Bref, au final, vraiment déçu par le film, et ce n'est pas les bonus dvd qui viendront rattraper ça, car on se retrouve avec un clip de la chanson du film et des featurettes promo pas trés intéressantes, en dehors de la featurette des combats qui est bien sympathique.

En espérant que le prochain film critiqué saura relever le niveau de ce dernier.

Sortie en Dvd et Bluray le 17 février 2014. Distribué en France par TF1 Vidéo. 

 

Retrouvez d'autres films comme The Mortal instruments dans la catégorie Film Fantastique 2014
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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 18:42

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/reportages/photos-de-war-games-a-la-strategie-ender-en-passant-par-maman-j-ai-rate-l-avion-les-petits-genies-du-cinema-3882806/photos-de-war-games-a-la-strategie-ender-en-passant-par-maman-j-ai-rate-l-avion-les-petits-genies-du-cinema/70509607-1-fre-FR/PHOTOS-De-War-Games-a-La-Strategie-Ender-en-passant-par-Maman-j-ai-rate-l-avion-les-petits-genies-du-cinema_portrait_w858.jpgGavin Hood que nous avions quitté après un relativement décevant (et encore c'est un bel euphémisme) X-Men Origins : Wolverine, nous revient dans l'adaptation de la série de roman de Orson Scott Card, le Cycle Ender, datant de 1985. Cette série de romans est assez controversée, l'auteur étant entre autre accusé de faire de l'eugénisme et de décrire une société fasciste avec plaisir, alors que comme le film, c'est une critique beaucoup plus ambigüe qu'il n'y parait. Mais rappelons-nous, les critiques et les journalistes, qu'ils soient littéraires ou cinématographiques sont des veaux comme dirait le défunt Général de Gaulle, donc si on leur met pas le propos à suivre en découpant la pensée selon les pointillés, ils sont trés vite largués et voit du fascisme et du patriote nationalisme partout (Guerre des Mondes, The Dark Knight, Kick Ass, Stratégie Ender, Starship Troopers même combat).

Oui, même ce pauvre Hollandais Violent a eu droit (malgré son odeur de sainteté universitaire et intellectuelle) à être accusé de propagande fasciste dans un film qui la dénonce bien entendu et parfois à notre goût avec un peu trop de sabots de plomb. Mais apparemment ce n'était pas assez pour la critique française, puisque l'ancêtre du point Godwin Begaudien, le cinéaste "expérimenté" Christophe Honoré, y voyait déjà une pur ode au fascisme, et un "cédérom pornographique" (je veux même pas savoir ce que ce bon vieux Honoré a pu mater dans sa vie comme porno). 

Si vous voulez vous rincez l'oeil et/ou pleurer sur la décadence de la critique française, suivez le fürher ( guide en allemand) : http://louvreuse.net/Instant-critique/honore-vs-verhoeven.html

C'est vrai qu'on peut comprendre son hésitation, un mec qui fait Soldiers of Orange en Hollande, et qui dernièrement réalise Black Book, est forcément un pur nazillon qui rêve que de race supérieure. Sans parler de sa vision de l'état et la police dans Robocop. Un fils d'Adolf on vous dit, et c'est Christophe Honoré, pourtant le nom de famille de mon gâteau préféré qui vient vous le dire, argument à l'appui.

Ceci dit, ce dernier n'a pas l'apanage de la connerie critique, puisque même nos cinéastes à nous les obscurs, les sans-grade, les cinéastes dit de genre, sont capable de pondre des grosses idioties en vidéo aussi : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Video/VIDEO-Pascal-Laugier-The-Village-est-un-film-d-extreme-droite-3479346

M'enfin, nous ne sommes pas là pour compter les points de l'aberration intellectruelle française mais bien pour parler du nouveau film de Gavin Hood, cinéaste découvert médiatiquement par le sympathique "My Name is Totsi" dans lequel une petite frappe trouvait un bébé dans une voiture et décidait de s'en occuper juste avant d'avoir voulu le tuer". J'en raconte pas trop, pour ceux et celles qui voudrait découvrir le film de Hood. Ce dernier ayant reçu en 1993 pour son premier scénario de long "A Reasonable Man", futur long métrage inédit en France, le prix Diane Thomas Screenwriting Award  des mains de Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Michael Douglas, excusez du peu.

Hood donc s'attaque à un des monuments de la littérature américaine de science-fiction avec autant de détracteurs (les lecteurs du bouquin, les déçus de Wolverine son précédent blockbuster) que de laudateurs (la critique française qui a aimé la fraîcheur et le renouveau de "My Name is Totsi", oui dès que les mecs reçoivent un oscar, nous on est comme ça on fond, pour la fraîcheur. Et bien que votre serviteur ait lu au moins un des bouquins du cycle Ender dans sa prime jeunesse, il n'en avait plus grand souvenir, aussi j'aborderais le film comme une entité propre et avec Spoiler, vous voilà prévenus sans tenir compte du livre. 

Le héros, est magnifiquement incarné par Asia Butterfield, et même si le héros du roman est plus jeune, le fait de le vieillir un peu, ne fais rien perdre au propos de son efficacité. Le Ender du titre vient du fait que Ender est le surnom donnée à Andrew Wiggin par sa soeur Valentine. Ender donc "celui qui termine les choses" en anglais (et on le verra dans le film, il a la terminaison facile et expéditive) est le troisième fils surdoué d'une famille qui en comporte déjà deux. le maximum autorisé. Mais suite à une "commande du gouvernement", la naissance d'un troisième enfant est accordé à la famille, et Ender nait. Comme sa soeur et son frère, il est enrolé par l'armée pour combattre les Doryphores (une race extraterrestre extrêmement belliqueuse du moins selon l'Etat) et semble promu à un brillant avenir, mais Ender a un gros défaut, il est colérique, et se laisse souvent vaincre par sa colère (ce qui était aussi le défaut de son frère ainé), sa soeur étant elle beaucoup trop douce. Mais la "tare" d'Ender ne s'arrête pas là, puisqu'en plus d'être violent, Ender a aussi une énorme compassion pour ses ennemis. On comprend donc trés vite, qu'Ender a tout ce qu'il faut pour être un chef (relire Machiavel, le Prince pour s'en convaincre) puisqu'il possède à la fois la douceur de sa soeur, et la violence de son frère, il est le prototype parfait pour devenir un excellent chef de guerre.

Et c'est ce qui arrive, puisque le commandant Hyrum Graff (impeccable Harisson Ford) débarque dans sa famille pour l'enroler dans l'école militaire, en vue d'en faire un commandant d'élite dans la guerre contre les Doryphores. Parvenu dans l'école, Ender s'illustre en mal en laissant la petite frappe de l'école quasiment sur le carreau, et malgré le fait que ce dernier l'avait agressé, il ne peut s'empêcher de regretter la tournure qu'a pris l'agression, à son avantage, puisqu'il ébouillante son camarade, avant de lui faire embrasser l'arrête de la marche des douches le laissant à demi paralysé et baignant dans son propre sang. Ender en plus de Hyrum est suivi par une psychologue de l'école, le Major Anderson et ces derniers façonnent Andrew au moyen de test vidéo-ludique (sans jamais dénigrer le jeu vidéo, un bon point pour Hood) absolument comme il voudrait qu'il soit pour être le meilleur chef de guerre. Ender conquiert le coeur de ses camarades, en même temps qu'il passe de niveau supérieur en niveau supérieur jusqu'à ce qu'un combat dans la salle d'entrainement (à base de Quidditch un peu amélrioré) ne lui offre les moyens d'appliquer la profondeur de son intelligence en tant que stratège.

On ne spoilera pas toute l'intrigue, mais cette grandeur de stratège finira par lui être fatale dans un conflit aux  enjeux totalement biaisés, et même si on sent venir le "twist" à cent pas, qu'on ait lu ou non le livre, rarement un film aura aussi bien collé son twist avec son propos. Le dernier en date étant sans doute le Village, d'où la citation de ce dernier dans la critique. Comment peut-on être suffisamment stupide pour voir le film, et y voir une ode au fascisme, alors que même si Ender est glorifié pour sa violence, et son "arrogance", le film par ses placements de caméra et ses cadres ne cessent de crier l'inverse. Mais les journalistes français n'y connaissant quasiment rien en technique, et en découpage, ceci explique sans doute cela.

Le film loin de se postionner dans un happy ending à l'américaine (comme lu dans la presse et sur internet) offre en réalité une réflexion bien plus profonde sur la colère, et les retombées psychologiques qu'elle peut entraîner. Sans parler d'une mise en lumière des processus d'édification par la propagande et la manipulation. Ender, entrainé par sa colère et sa soif de conquête, se verra accomplir le crime ultime, un "xénocide", le premier de l'humanité. Horrifié par son geste, et ne trouvant aucune consolation dans ce que lui dira son cerveau gauche (Hyrum) et son cerveau droit (le duo Valentine/ Anderson) , sans parler de sa conscience (inquiétant Ben Kingsley dans le rôle d'un patriote de légende qui n'a malheureusement de légende que l'apparence et la fable, la réalité étant plus que décevante) ; il quittera l'armée pour tenter de "réparer les choses" autant que faire se peut.

Il y aurait beaucoup à dire encore sur le film, notamment sur le paralèlle qu'on peut établir entre l'école militaire et les USA actuels, mais le but de cette critique est juste de donner aux lecteurs l'envie de faire fi de l'avis presse et de donner sa chance à ce film qui le mérite vraiment. Loin de ces oripeaux de Twilight de l'espace, la Stratégie d'Ender mérite largement le détour, surtout pour les spectateurs qui aiment réfléchir en plus d'assister à un bon spectacle.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:59

http://www.cinematon.fr/wp-content/uploads/2013/04/FACEBOOK-DENIS.jpg"Le déni est une notion théorisée par Sigmund Freud pour désigner la non-considération d'une partie de la réalité, en particulier celle de la différence des sexes (voir chez lui le concept de castration)1. Dans la théorie psychanalytique, le déni porte autant sur la réalité « extérieure » (perceptive) que sur la réalité ou le ressenti interne."

Le nouveau film de Lionel Bailliu (réalisateur de la série Elodie Bradford avec la sublime Armelle Deutsch et du film Fair Play) se positionne comme une comédie drâpée dans des atours de comédie romantique. le traitement du sujet par le réalisateur de Fair Play apporte une fraîcheur au thème sans pour autant totalement séduire le spectateur par un manque de structure sans doute. Denis n'est pas vraiment le genre de film qui reste dans les mémoires, et c'est un peu dommage car le film est pour le moins plaisant. On sourit souvent, mais le rire n'est jamais vraiment présent. Avec un tel sujet, on aurait adoré voir ce qu'un Judd Appatow ou même les Frères Farrelly auraient pu tirer en terme de ressorts scénaristiques, dramatiques et comiques.

Vincent (impeccable Fabrice Eboué) s'est fait piquer ses petites copines (une historiette et une vraie histoire d'amour) par le même homme, Denis. Lorsque ce dernier recroise sa route une troisième fois, Vincent craignant qu'il ne lui fasse le coup une troisième, décide de prendre les devants en rencontrant son Némésis et en apprenant à le connaitre... Audrey Dana et Sara Giraudeau du côté féminin, s'en sortent aussi à merveille dans les rôles de l'ex et de l'actuelle petite amie de Vincent. A noter, la participation quasi figurative mais assez sympatique également de Simon Astier en ami de Vincent.

Le film de Lionel Bailliu a clairement pour lui d'utiliser à nouveau la métaphore (le sport pour son précédent film comme témoin des rivalités dans le travail entre un patron et son cadre), car il n'y a pas besoin d'avoir lu Freud pour faire tout de suite la relation entre le prénom Denis et le Déni de réalité. Car c'est de cela dont parle entièrement le film, Vincent se trompe dans sa vie, se trompe dans ses choix de vie, et Denis ne sera au fond que le révélateur de ce jeu de dupe. Suite à une sortie entre amis durant lesquelles les masques vont tomber, Vincent va comprendre grâce à Denis que sa vie va complètement sur la mauvaise voie, et il pourra reconnecter son être à ses envies.

Le dvd contrairement au film qui est trés sympatique est totalement chiche en bonus, puisqu'il n'en comporte aucun. Carton rouge pour l'éditeur, parce qu'on aurait aimé en apprendre plus sur le film, et sur son réalisateur, le talentueux mais sous-estimé Lionel Bailliu. Le même (mauvais)sort s'est répété comme dans l'histoire de son personnage, puisqu'après un deuxième film sympatique, il n'a pas convaincu le public. Le problème du film est peut-être d'être trop frileux dans son scénario, pour ne pas choquer les attentes de la fameuse "ménagère de moins de 50 ans" qui n'existe que dans la tête des producteurs et des chaines de télé qui coproduisent chacune des comédies françaises. Tant que on ne fera pas confiance aux intuitions des réalisateurs en leur laissant une chance de renouveller le "téléfilm story" du dimanche soir, les nouvelles comédies continueront à aller droit dans le mur (48800 entrées pour un budget de 5 Millions d'euros) pour le plus grand déplaisir des amateurs de comédies, et de comédies romantiques. Chose d'autant plus déplaisante que le film malgré un petit ventre mou, est indéniablement une trés bonne surprise et un divertissement totalement honnête.

Sortie en dvd le 9 Octobre 2013. Réalisé par Lionel Bailliu. Distribué par M6-SND.

Retrouvez ce film sur Cinetrafic dans la catégorie   film 2009 et la catégorie films français.

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:09

http://images2.fanpop.com/image/photos/9400000/me-n-orson-welles-richard-samuels-9454615-1280-1024.jpgVoilà un parcours pas banal pour un film, un DTV mais pas pour un film de yakayos mettant en scène une énième star de film d'action vieillissante, ou une bouzasse à base de Requin dans ... Non, ce DTV, donc jamais sorti au cinéma en France, est un film de fiction avec une base réelle (la vie d'Orson Welles) et d'un réalisateur plus qu'appréciable (Richard Linklater, expérimentateur de talent, et réalisateur de la trilogie des Before, entre autre chose).

Il est d'ailleurs plus qu'étonnant de voir que le film, réalisé en 2008 ne soit sorti que cette année en France, et surtout en DTV sans passer par une sortie salle. Pourtant ce film, dont le sujet est essentiellement le théâtre et les affres de la création aurait bien mérité d'être vécu en salles, tant la grandeur de la mise en scène du Jules César de Shakespeare par Orson Welles et la reconstitution du New-York de l'époque aurait eu fière allure sur un écran de cinéma. Mais le visionnage du dvd sur un écran beaucoup plus petit passe tout de même. La preuve qu'un bon film peut toucher sur n'importe quel support.

Richard Linklater s'attache dans Me and Orson Welles à traiter de la rencontre "fictionnelle" entre un jeune comédien du nom de Richard et du grand réalisateur et metteur en scène de théâtre Orson Welles au moment où il monte Shakespeare et principalement son Jules César transposé dans l'époque fasciste le tout pour inaugurer son théâtre le Mercury Theatre qu'il vient d'ouvrir à peine.

Adaptation du roman de Robert Kaplow, le film peine à se monter, puis à être distribué en France. Orson Welles étant pourtant loin d'être inconnu, même en France, à moins que ce ne soit le sujet sur le théâtre qui ait pu rebuter les distributeurs. C'est bien dommage car on prend un plaisir non dissimulé à suivre les aventures fictives de ce fanboy de Richard envers son idole Welles. Le film ne s'appuit absolument sur rien d'existant, si ce n'est le Mercury Theatre et le fait que Welles a bien monté la pièce Jules César de Shakespeare là-bas. On suit avec intérêt le parcours chaotique du jeune Richard vers une célébrité éphémère et la recherche de l'amour de la belle Sonja, interprétée avec talent par la remarquable Claire Danes. Zack Ephron, joue à merveille le jeune et naïf Richard, et s'en sort avec les honneurs. On retrouve également avec plaisir la superbe Kelly Reilly dans un rôle de starlette préoccupé par la façon dont on doit éclairer son visage. Quant au metteur en scène tyrannique et pervers narcissique (pour les besoins de l'intrigue bien entendu) qui est plus une peinture d'un Hitchcock réel que d'un Welles, il est interprété lui aussi avec beaucoup de talent et de conviction par le comédien Christian Mc Kay, qui n'en est pas à sa première rencontre avec le personnage, puisqu'il a déjà interprété le réalisateur dans un one man show à New-York.

Linklater se fait plaisir en mettant en scène de manière classique mais efficace ce réjouissant ballet croisé entre les trois principaux personnages de l'intrigue Rcihard-Sonja et Orson et décrit avec beaucoup de justesse l'intérieur d'une troupe, de sa fausse image de famille à ses querelles intestines. Le film est juste de bout en bout, et la fin est révoltante mais assez proche de la réalité d'un tel microcosme et de ses "valeurs" assez fluctuantes, notamment au niveau moral.

Un film pour tous les amoureux du théâtre, ou qui ont un jour fait partie d'une troupe de théâtre et qui en relèveront la justesse de la peinture du milieu théâtral.

Sortie en Dvd et Bluray depuis le 9 Octobre 2013. Réalisé par Richard Linklater.  le film est bien distribué par la Metropolitan Filmexport. Retrouvez ce film et bien d'autres films dans - film recent

et - film culte.
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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 12:23

http://eastasia.fr/wp-content/uploads/2012/05/2538_the-great-magician-627.jpgPour son nouveau film, Derek Yee choisit de parler à la fois d'histoire, et de cinéma, voir même un peu d'histoire du cinéma. Puisque en dépeignant l'histoire de ce magicien interprété par un Tony Leung transfiguré, il ne parle pas moins de l'essence même du cinéma, duper le spectateur en lui faisant avaler l'incommensurable, l'inimaginable, et pourtant le réel (à quelques arrangements près).

L'histoire du film en deux mots est double, c'est à la fois une histoire de quête de l'amour et la quête de territoire d'un seigneur de guerre local pour tenter d'unifier le pays chinois avec l'aide de japonais qui semblent détenir un pouvoir sur le cinéma, ou qui sont des producteurs quelconque. Le Grand Magicien débute en 1916 dans le tout début du 20ème siècle, à une période où les conflits entre seigneurs locaux sont des plus importants. On ne comprend pas forcément à la première vision toute l'étendue du complot ourdi contre le seigneur local qui ourdit lui même son complot contre l'empereur avec ses alliés japonais détenteur du pouvoir de l'image et d'un armement de pointe. Mais si on se laisse doucement envahir par l'atmosphère du film, on passe d'un film de Wu-Xia-Pian (chine oblige) à un film d'amour, film de guerre, film d'aventure aussi, bourré de générosité dans sa réalisation et d'idée de découpage et de montage que ne renierait pas le grand Tsui Hark lui-même, qui fait ici une courte apparition.

Tony Leung est parfait en magicien au passé ambigüe et la relation qu'il tisse avec le seigneur de guerre Bully Lei est des plus intéressantes. Ils devisent tout deux philosophie, puis dans une scène jouxtant la première, Bully Lei tue un de ses hommes sans plus de cérémonie. On ne comprend pas forcément pourquoi Chang Hsien (Tony Leung) s'attache aux rebelles, mais on comprend quand même que Bully Lei n'est pas un enfant de coeur. Par ailleurs, ce dernier apparait terriblement touchant dans sa tentative de relation avec sa 7eme épouse, celle dont il est le plus épris, mais qui ne veut en aucune façon de lui. Bully Lei va tenter auprès de Chang Hsien de comprendre le coeur et l'esprit des femmes, au moyen de la magie, la métaphore du cinéma est ici évidente. Comme dans Le Prestige de Chris Nolan, la magie c'est le cinéma, et bon nombre de parallèles sont établies que ce soit à l'image, ou dans les dialogues. 

Une trés belle scène avec des paroles et un tour de magie somptueux en plan séquence voit ainsi le réalisateur articuler la relation de Chang Hsien à la magie, et à l'amour. Mais on en dira pas plus, pour ne pas spoiler les quelques rebondissements du film. D'autres dialogues marquent l'importance du "vrai" et du "faux" au cinéma, tout est dit faux, sauf l'argent, "j'ai mis de vrais billets pour que ça fasse plus vrai" dira le réalisateur d'un film de propagande à Bully Lei.

Au final, il n'y a pas grand chose à dire de ce Great Magician, parce que l'articulation des plans et le découpage/montage du film est tel qu'il suffit de se laisser porter par ses émotions pour comprendre le film, et ce qu'il raconte. Et tenter la moindre intellectualisation de ce film ne pourrait se faire sans parler de l'intrigue, et le but de cette chronique est de faire découvrir le film à son spectateur potentiel, non de l'analyser.

Un film magnifique, que l'on recommande chaudement à tout amateur de cinéma asiatique, lent, chorégraphié mais aussi foisonnant et tragique ; avec quelques clins d'oeil au film de la Shaw et de petites notes d'humour ici et là. Un petit mot sur les bonus, pour dire que le making of du film est vraiment trés intéressant et permet bien de ressentir tout le défi qu'a pu être le film, même si la plupart des trucs des tours de magie ne sont pas révélés (juste quelques uns et on voudrait se gifler de ne pas y avoir pensé, tant la simplicité du tour pouvait se comprendre mais c'est toujours ce que l'on dit d'un tour de magie qu'on nous a défloré. C'était que ça.... tout le contraire en revanche de ce film qui jongle autant entre les genres qu'entre les émotions, pour au final livrer un spectacle avec plusieurs niveaux de lecture. Un film qui en plus est accessible à tous les publics quel que soit leur âge.

Sortie en Bluray le 7 août 2013. Distribué par la  Metropolitan Filmexport

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 14:17

http://www.devildead.com/russie/warzone01.jpgIl est parfois de ces films qu'on délaisse ne trouvant pas le titre alléchant et dont la pochette reste longtemps sur le bureau avec la poussière qui s'accumule dessus. Et quelle bêtise, parce que parfois, dans ce titre peu inspirant, se cache un des films les plus réjouissants qu'aient pu nous apporter les blockbusters russes actuels, depuis Night Watch et la révélation du réalisateur russe Timur Bekmanbetov, qui a depuis creusé son trou à Hollywood.

War Zone m'a laissé donc tout pantelant et je me demande encore comment un film pareil n'a pas eu droit à une sortie autre qu'en DTV, tant sa mise en scène et son idée est poussée jusqu'au bout. Un trés grand film pour enfant et grands enfants en tout les cas.

L'histoire raconte le périple de Ksenia à la recherche de son fils partit se ressourcer en Ossétie du Sud chez son ex-mari avant que la guerre entre la Russie et la Géorgie éclate. Que ce soit clair, je ne traiterai pas du point de vue propagandiste ou non du film, pro-russe ou anti-georgien, je m'en tamponne, j'y connais rien en géopolitique et le film marche tout autant avec un pays imaginaire comme la Poméranie de l'Ouest. Je l'aborderai donc sous l'angle de la fantaisie, et pas sous l'angle du réalisme (réalisme qui d'ailleurs ne parlera pas au 3/4 de ses spectateurs occidentaux).

Le film démarre donc à la manière d'un Spy Kids sur un petit garçon qui lutte en enfer aidé de son robot contre le prince du Mal, dont les pieds sont subtilement évoqué sous la forme de chenilles de char (et trés brièvement d'ailleurs), et dont la tête rappelle un canon, arme de guerre, mais surtout symbole phallique, puisqu'on le verra plus tard, le prince du Mal est autant le spectre de la Guerre que le rival du père, en la personne du nouveau petit ami de la mère du petit garçon. S'ensuit un combat effroyable, qui voit presque l'enfant vaincre, mais le Mal gagne et s'envole, laissant le petit garçon désemparé et son robot agonisant. L'image se fige et la comédie musicale car c'en était une, se poursuit in vivo, le tout capté par la caméra vidéo du téléphone du petit garçon qui s'était identifié au héros "Astroboy". Il faut d'ailleurs savoir que Robot est joué dans la comédie musicale par une femme, et ceci prendra tout son sens dans la deuxième partie du film lorsque la mère partira à la recherche de son fils. Nous avons donc en trés peu de temps, la situation initiale posée de manière analytique : un petit garçon se réfugie dans une réalité alternative (l'imagerie de synthèse du cinéma d'animation ou du jeu vidéo)issu elle-même d'une représentation tout autant alternative de la réalité (le théâtre ou la comédie musicale) pour échapper à cette même réalité comprendre il n'aime pas trop son futur beau-père ; et le tout capté par un élément symbolique filmique évident : une caméra de téléphone portable. Caméra qui revêtira d'ailleurs tout au long du métrage un réel lien de trait d'union entre la mère et son fils.

En une scène assez brillante d'un point de vue mise en scène, le réalisateur Dzhanik Fayziev dont c'est ici le premier film à ma connaissance, pose brillamment les bases de son récit. Mais au contraire de n'importe quel blockbuster formaté, il s'autorise soudain la fantaisie d'évacuer cette relation au père de substitution plutôt houleuse ainsi qu'avec sa mère pour aborder dans une deuxième partie saisissante, le rapport à la guerre et à la mort, autant pour le fils auquel rien ne sera épargné (même vu sous un prisme fantasmatique) que pour la mère, fille d'un milieu bourgeois, acoquinée avec un financier dont on ne sait pas grand chose, et qui vont devoir l'un autant que l'autre grandir dans un parcours initiatique assez classique lui en revanche, mais pas exempt de confrontation à la mort.

En bref, un film auquel donner une chance, peut-être il vous plaira, peut-être pas, mais quand le cinéma grand spectacle d'un Michael Bay rejoint le rapport à la guerre Spielbergien (la première attaque sera également vu par la mère comme une féérie, lui donnant ainsi une vision enfantine proche de son fils, comme Christian Bale vivra de manière mystique l'explosion de la Bombe A) et les allusions plutôt implicite à un film comme le Géant de Fer de Brad Bird, on ne peut qu'être au moins curieux d'en voir le résultat. Bien sûr le film est loin d'être parfait, et certains esprits chagrins le trouvent propagandiste, mais si on le voit comme un film teinté de fantastique dans lequel la réalité des pays en guerre n'a aucune importance, alors on entre de plain pied dans ce qu'a voulu à mon sens le réalisateur.

Sortie en DVD et Bluray depuis le 7 août 2013. Réalisé par Dzhanik Fayziev. Et distribué par la Metropolitan Filmexport.

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 16:00

Il arrive parfois dans la vie d'un cinéphile, un moment où on ne sait pourquoi, mais il est impossible de dire objectivement quelque chose de positif sur un film, heureusement je te rassure tout de suite, toi qui lis ces lignes de temps à autre, c'est pas encore aujourd'hui que ça va m'arriver. Car même dans le relatif marasme qu'a été la vision du film "L'honneur du Dragon", j'ai tout de même réussi à en extraire une fantastique séquence en plan séquence (et une vraie hein, en pellicule et tout, et sans volet pour masquer les coupes).

le plan séquence en question a demandé 8 prises, avant de fonctionner, des fois ça s'arrêtait au premier étage, des fois au second, et la quatrième au 4eme étage quand Jaa doit lancer un cascadeur à travers une maisonnette en contrebas, l'équipe chargée de le réceptionner en douceur n'était pas près, ils ont du stopper et reprendre toute la prise depuis le début, cascadeurs, bibelots à changer, une autre fois c'était le magasin (donc pellicule) de la caméra qui s'est arrêté pas loin de la fin. Le cadreur opérateur stead européen en premier lieu a été remplacé par un thai spécialement entrainé pour l'occasion.

Au final, on se retrouve avec un plan séquence monstrueux ballet de précision et de millimétrage qui donne un peu l'impression au cinéma de se retrouver dans une phase de jeu d'un GTA ou d'un Saints Row.

Voilà un film qui mériterait en effet la comparaison avec un jeu vidéo. Ce terme étant la dernière marotte des intellectuels français qui connaissent des jeux vidéos, ce que TF1 et M6 leur en dit, c'est à dire pas grand chose, et dont ils se servent pour qualifier indiféremment Pacific Rim, Cloud Atlas, Speed Racer, MOS, Star Trek etc...est pour le coup vraiment déterminant pour caractériser le film du réalisateur de Ong Bak. Car ce rapport aux jeux vidéos est bien plus pregnants que dans n'importe quel star trek, ou MOS,. En effet une utilisation de FX, même abusive ne veut pas forcément dire du jeu vidéo, mais par contre quand on organise sciemment le film en méchant graduel jusqu'au boss de fin de niveau et en décors différents selon les styles de combat, là on est en plein dedans.

Après ça n'a rien d'étonnant, puisque le jeu vidéo est un média bien plus récent que le cinéma, et il s'est forcément servi de ce qui était avant lui, comme la littérature ou le cinéma. Ainsi double dragon et ces méchants graduels a autant à voir niveau inspiration du côté des films de Bruce Lee que chez Homère et l'Odyssée.

Malgré quelques trés bonnes idées et ce sublime plan séquence vidéoludique (et ludique on peut dire qu'il l'est, le film peine diablement à convaincre dans son scénario. Décalque de Ong Bak avec ce coup-ci un animal vivant totem qui débute comme du Beethoven, il ne vaut que pour les incroyables combat de Tony Jaa bondissant comme jamais, face à différents styles d'art martiaux. Encore une des bonnes idées du film, pas forcément trés bien exploité que de gérer différents styles de combat avec un but, trouver la cuirasse de l'art martial en question pour vaincre l'invincibilité apparente des adversaires.

On assiste ainsi à des chorégraphies de combat à tomber par terre de beauté esthétique, et de sauvagerie à la fois et de grace avec un magnifique combat dans l'eau, éclairé par un incendie qui est plus que magnifié par le bluray. Les personnages sont bien trop caricaturaux pour émouvoir, alors qu'un des némésis du guerrier, une femme transexuelle digne de la perfidie d'une Lady Macbeth aurait mérité un traitement bien plus intéressant. L'action perd son côté oriental en se situant en majeure partie à Sidney, pourquoi pas, ça apporte un certain charme à l'ensemble, mais malheureusement, cela ne suffit pas à convaincre.

Un film à recommander aux amateurs d'art martiaux en priorité, et pour les autres à voir au moins une fois, ne serait-ce que pour son dantesque plan séquence.

Niveau bonus : scène coupées, interview de Tony Jaa et analyse du plan séquence et de ses ratés (vraiment intéressant) sont au menu. On aurait bien aimé un petit commentaire audio pour apprécier la difficulté de l'entreprise.

Sortie le 19 juin 2013. Edité par TF1. L'honneur du Dragon de Prachya Pinkaew

Retrouvez d'autres films dans la catégorie meilleur film d'action Cinetrafic et meilleur film 2013 ici

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 15:18

http://static.noticiasdegipuzkoa.com/images/2012/01/12/001-la-chispa-de-la-vida-espanax_1.jpgLe Steven Spielberg ibérique qu'est Alex de la Iglesia m'a toujours passionné, surnom que je lui donne non pour sa réalisation, mais pour sa capacité à être partout où on ne l'attend pas : western moderne, film d'angoisse, comédie au vitriol, drame policier, comédie de moeurs, farce grotesque (dans le sens premier du mot), etc... Le cinéaste est un caméléon, qui prouve avec son dernier film une fois de plus que le cinéma, le bon, celui qui ne dit pas son nom est encore et toujours à chercher dans le cinéma espagnol (n'en déplaise à nos amateurs d'huîtres et de champagne, promis c'est une des dernières fois que je la fais).

Ancien publicitaire à succès désormais sans emploi, Roberto ne supporte plus d'être au chômage. Désespéré, il veut faire une surprise à sa femme en l'invitant dans l'hôtel qui fut le théâtre de leur lune de miel. Mais l'établissement a laissé place à un musée, sur le point d'être inauguré et présenté à de nombreux journalistes. Au cours de sa visite, Roberto fait une grave chute., tombe dans un théâtre romain et se retrouve avec une barre de fer enfoncée dans le cerveau. En quelques minutes il devient l'attraction numéro 1 des médias présents et comprend que cet accident pourrait finalement lui être très profitable...

Partant d'un drame bas de gamme, un couple ne s'entend plus (trés subtil en revanche dans sa peinture du couple), qui est par ailleurs le point de départ des 3/4 de nos productions de cinéma d'auteur, "3-pièces-cuisine-Ikéa(TM)" (copyright déposé :)) sur fond de crise des emplois (le 1/4 restant de nos productions de cinéma d'auteur), de la Iglesia choisit par de puissants choix de mise en scène et de découpage technique (la base lorsqu'on réalise un film à mon sens) d'étendre son sujet d'un individu lambda à l'intégralité du monde à travers ses différentes constituantes (administratif, police, pompier, médecin, médias, famille, etc...). Et malgré une première partie comme on pourrait la trouver chez n'importe lequel de nos palmipèdes ou palmés, on ne sait plus trés bien, ce qui emporte l'adhésion du spectateur, en l'occurence ici votre serviteur, c'est la manière dont le cinéaste articule son film et ses idées au moyen de ses plans, le tout pour que tout court vers la deuxième partie, la Chute (au sens propre comme au figuré).

Quand on voit le résultat, on a l'impression que tout coule de source, mais pour cette impression, combien de nuit de travail, de réflexion, à l'écriture, au tournage, au montage, ce que certains en France résument à des décisions sur le plateau sans élaboration de storyboard ou de découpage technique, "le travail c'est pour les autres". Mozart disait ça aussi lorsqu'il travaillait 12 heures par jour sur son piano, et Bach aussi lorsqu'il bossait ses contrepoints pendant autant à peu près.

Avec les espagnols, le mythe européen du bon auteur de nihilo en prend largement un coup, tant tout dans l'oeuvre de l'ibère respire, transpire pourrait-on même dire le travail, la réflexion, le puzzle dont chaque pièce s'embrique et s'emboite pour au final donner une peinture du monde le tout dans un théâtre romain (Shakespeare et son Theatrum Mundi quand tu nous tiens).

C'est d'ailleurs là, la grande idée du film, d'étendre la réflexion sur le cirque médiatique (entre autre) à travers un lieu dont le principe même narratif ou fictionnel est de réfléchir justement sur le monde. Ainsi par sa réjouissante mise en abyme, Alex de la Iglesia, convoque les sujets qu'il adore, comme la corruption morale, la violence humaine, les mesquineries, les autorités (quelles quelles soient) et les femmes. Et on peut dire beaucoup de choses sur le désenchantement du cinéaste pour les hommes, mais une chose est sûre, il tient les femmes en haute estime, en effet, pas une des héroïnes ou intervenantes de son film ne sont lâches, stupides, cruelles ou intéressée. Tel un Cameron, le réalisateur dépeint le portrait de plusieurs femmes fortes, de modèles qui vont parcourir le film et lui donner tout son sens. De la statue qui précipite le pauvre Roberto (l'humoriste espagnol Jose Mota, hilarant et touchant dans son rôle) vers son Destin, à la femme du héros, impeccablement interprétée par la sublime Salma Hayek ou encore Blanca Portillo, épatante en archéologue du théâtre romain.

Chacun des personnages qui va traverser cette deuxième partie va à son tour se relever touchant ET extrêmement décevant, même le médecin aura son quart d'heure de "je m'en foutisme". Alex de la Iglesia écorne autant le milieu superficiel de la pub, que les agents de pub, les médias ou la politique. Par petites touches, et sans jamais donner l'impression d'un pensum verbeux, le cinéaste réalise à grande échelle, ce que la plupart de nos "penseurs autoproclamés" sont incapable de ne serait-ce qu'effleurer. Et pourtant tout fait mouche, on se retrouve à pleurer à chaudes larmes, et la seconde d'après à rire aux éclats, que ce soit par la lâcheté des personnages, ou leur retournement de veste perpétuel suivant ce qui serait bon pour l'"avancement" de leurs carrières, même pour ce pauvre Roberto, cloué (littéralement) à sa condition d'aspirant-célébrité.

Après l'étonnant, Balade Triste, farce grotesque (toujours au sens premier du terme) et surréaliste, qui en a laissé plus d'un sur le carreau (au grand amusement de son réalisateur, cf le seul bonus du dvd "entretien avec Alex de la Iglesia), le turbulent petit garçon barbu iconoclaste revient mettre un peu de son caméléonisme inattendu dans ce trés réjouissant "Un jour de Chance". 

Parti ce qui aurait parfaitement pu être un "fait divers", le scénariste Randy Feldman (scénariste sur la série Demain à la une, et du film Tango et Cash) aborde ce récit avec humour et distance critique. Quant au réalisateur, il nous livre donc "un grand fait d'ibère" de trés bonne facture, dont le suspens est intense, justement parce que cet homme est capable de tout, à tout instant. Et le score du film, composé par Joan Valent renforce ce côté mélodramatique comique du film.

BONUS : Ben, pas grand chose en fait, un simple entretien trés court avec le réalisateur, qui laisse un peu sur sa faim, on aurait aimé au moins commentaire audio du film du réalisateur et de son scénariste, ou un petit making-of, tant pis, on devra se contenter de cette featurette limite promo, dommage.

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Disponible en DVD, depuis le 10 avril 2013. Réalisé par Alex de la Iglesia, Distribué par M6-SND

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