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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 16:29

http://marvelll.fr/wp-content/gallery/le-pacte/affiche-le-pacte-seeking-justice.jpg

Roger Donaldson, pour les quelques cinéphiles des années 80 qui parcourent ce blog, c'est plus qu'un obscur réalisateur au nom évocateur du canard de Disney, c'est le brillant réalisateur à qui on doit déjà "le Bounty, la Recrue, Cocktail (oui oui, le même que celui où Tom Cruise secoue des shaker pour faire des mojitos), ainsi que les plus oubliables La Mutante et le Pic de Dante. Ce "Seeking Justice", (Le Pacte en VF) se situe au milieu, ni chef d'œuvre éberluant (malgré des scènes d'actions réellement bien troussées), ni navet cosmique quoi qu'en pense les mauvaises langues, Roger Donaldson réalise un bon petit film de série B, bien rythmé, dont l'intrigue se suit assez aisément et sans déplaisir.
L'intrigue somme toute banale, point de départ de n'importe quel vigilante movie, "un homme dont la femme est agressée et violée se voit proposer par un autre homme qui représente une organisation qui se substitue à l'incompétence de la police que son organisation tue le responsable en échange d'un petit service dans un futur proche. Simon, impeccablement joué par un Guy Pearce inspiré, recontacte donc Will, interprété magnifiquement et sobrement pour une fois par Nicolas Cage, six mois après la disparition du violeur présumé exécuté par le groupe.
Will, enseignant de son état, donc rien du héros d'action, encore moins du policier habituel des vigilante movies se retrouve à devoir suivre un homme soupçonné d'être un pédophile au zoo, puis dans la rue. Finalement, Simon demande ni plus ni moins à Will de tuer ce dernier, mais tout ne se passe pas comme prévu. Will traqué à la fois par l'organisation et par la police va mettre à jour un complot d'envergure à la Nouvelle Orléans (lieu où se passe l'intrigue du film).
La grande force du film et de Donaldson est de ne jamais tenter d'être plus intelligent que son script, ainsi jamais il ne passera par des fausses pistes ou ne compliquera l'intrigue, et il assume toujours que son film en plus d'être un assez bon exercice de style n'a rien de "novateur", même si il propose une certaine réflexion, car loin de faire l'apologie des vigilantes ou de l'autodéfense, le film met bien évidemment en garde le spectateur dans l'illusion de ce que peut apporter la vengeance, mais il faut croire que ce genre de propos qui passe plus par la mise en scène et les personnages que par les mots du scénario est encore trop subtil pour la critique française, française étant donné que le film malgré le fait qu'il ait été tourné en 2010 n'a toujours pas eu de sortie américaine.
Le titre VO peut être d'ailleurs vu de deux manière, si on reste dans le principe de subtilité, "seeking" signifie "recherche", c'est donc la traque des gens que l'organisation doit tuer, autant que la recherche de la vérité, mais on peut également prendre le titre comme un jeu de mot "see king justice", autrement dit, "vois le roi de la justice" et qui d'autre peut être ce roi de la justice sinon le dénommé Simon, qui va règlementer la vie et le destin de Will sur un simple acquiescement, pacte qui sera validé par l'achat de deux barres chocolatées nommément appelées "Forever". Car Will ne le sait pas encore mais sa volonté (Will) sera inextricablement lié au bon vouloir de Simon, pour toujours justement. Et en plus de la barre chocolatée, ce n'est absolument pas un hasard si Donaldson fait se terminer le dernier acte de son film dans un centre commercial qui a été détruit par l'ouragan Katrina (véridique cataclysme d'ailleurs) car Will accepte le contrat avec l'organisation comme on consomme un bien. La vie d'un homme ne se trouve être qu'un produit de plus dans un monde déshumanisé.
Un film à recommander pour passer un bon moment et dont la deuxième vision n'apportera pas forcément plus de renseignement sur l'intrigue, mais peut-être sur le plaisir du spectateur ne serait-ce que pour certaines de ses scènes d'actions. Pour finir, un léger SPOILER, mais pour tordre définitivement le cou aux critiques qui pensent que le film est un vigilante facho, demandez-vous si l'homme qui est tué par le noir au début du film est bien le violeur de la femme de Will ou non. A noter également le charme et la présence d'une actrice de Mad Men January Jones qui s'en sort à merveille, ainsi que les rôles secondaires joués par Jennifer Carpenter (Debra dans Dexter) et Harold Perrineau (Michael dans Lost) dont ça fait plaisir de voir la bouille sur grand écran. Pour finir donc, Vois le roi de la Justice et n'oublie pas que le Hibou Ravi Jubile.
Bonus : DVD trés pauvre, puisqu'on trouve simplement deux bandes annonces, et une interview trés courte de Cage, avec certains moments du film vite aperçus, notamment les scènes d'actions et qui aurait gagné à avoir un petit making of ou un commentaire audio du réalisateur.
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Le Pacte en dvd, Sortie le 9 Mai  2012. Distribué par M6-SND
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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 09:20

http://www.ecranlarge.com/upload/dvd/cover/dvd14151/original_597135.pngIl arrive parfois qu'une jacquette vous présente son film de manière trompeuse. On rechigne un peu du coup à regarder un film qui se présente à vous comme le digne successeur de SAW (surtout si on a détesté le film en question, métrage n'hésitant pas à présenter comme originale, une fin qu'il est allé chercher dans Ten Little Indians (Dix petits nègres) de Agatha Christie, mais bon admettons). Ou encore "le nouveau Hostel", torture porn movie dont le vide abyssal de propos le dispute à la réalisation la plus tape à l'oeil et clipesque qu'il ait été donné de voir. C'est donc avec ces deux informations qu'on se lance dans le visionnage, non sans renâcler un peu, tout en lorgnant sur Mission Impossible 4 qui vous fait de l'oeil à la télévision. Mais parfois, il faut avoir l'audace de s'accrocher, car souvent c'est au fond du gouffre qu'on trouve l'eau la plus pure. Après visionnement du bluray de Choose, un seul questionnement subsiste, pourquoi ? Oui, pourquoi avoir vendu ce trés bon film plutôt original comme "un successeur de Hostel" ou "un Torture Movie dans la lignée de SAW". Le film a du se priver d'une partie de son public, qui comme votre serviteur n'apprécie pas beaucoup le "torture porn" alors que de SAW il n'en est question que pour le principe du choix, présent tout le long du film mais jamais gratuitement, et de Hostel il n'y a que l'ouverture du film et un ou deux passages trés bref qui pourrait y faire penser.

Si on voulait établir un élément de comparaison avec un film et toute proportion gardée, il nous viendrait plutôt à l'esprit l'excellent Seven de David Fincher ou le non moins sympathique Bone Collector de Phillip Noyce. En effet, le synopsis du film est le suivant " La vie n'est pas si tranquille dans les banlieues résidentielles. Réveillée au milieu de la nuit, Sara trouve ses parents ligotés à leur lit par un terrifiant intrus qui lui laisse, à elle, 60 secondes pour choisir lequel de ses deux parents doit mourir. Si elle n'en choisit aucun, les deux périront entre les mains de ce détraqué. Qui est cet homme balafré et pourquoi a-t-il choisi pour victimes Sara et sa famille ?"

Le spectateur s'attend donc légitimement à voir pendant une heure et demie, une sorte de Funny Games un peu plus trashos, et un brin plus gore. Mais il n'en est rien en réalité, car cette scène décrite dans le synopsis n'est que l'ouverture du film, la suite du récit se poursuit avec un policier qui enquête sur le fameux tueur "choose", admirablement interprété par un Kévin Pollack trés inspiré et dont on aimerait voir plus souvent la bouille dans des premiers rôles. On suit donc l'enquête de ce policier, les pérégrinations du tueur qui d'un crime unique devient rapidement tueur en série, puis ennemi public numéro 1 ainsi que la vie et la propre enquête de la fille du policier qui se destine à être journaliste. 

Le film équilibre trés bien ses scènes de violence (souvent hors-champ donc la comparaison avec les voyeuristes SAW ou Hostel semble encore plus étrange) et ses scènes où l'on suit la double enquête familiale (le père et la fille). La grande force du film outre son twist que nous ne dévoilerons pas pour ne pas nous attirer les foudres des futurs spectateurs, c'est que la réalisation est assez inspirée, surtout le travail sur la lumière souvent à la limite de la surexposition, ce qui apporte un aspect quasiment irréel à toutes les scènes du film, les liant les unes aux autres, de la même manière que les meurtres d'abord apparaissant comme gratuit finiront par suivre un fil rouge, bientôt évident pour le policier, un peu moins pour le spectateur. Bref, Marcus Grave dont c'est le premier film est un jeune réalisateur à suivre, ne serait-ce que pour son utilisation "narrative" de la lumière qui est des plus plaisantes. Un film dont la revision est non seulement possible, mais fortement recommandée, ne serait-ce que pour vérifier si toute l'intrigue tient debout. A noter également que la jeune comédienne Katheryn Winnick qui interprète la fille du personnage de Kévin Pollack est aussi un talent à suivre, car elle dégage tant de force et de charisme, qu'elle porte presque le film sur ses épaules. Il est dommageable que le film soit sorti directement en dvd, sans un passage dans les salles françaises, car il s'est ainsi privé d'un bon petit succès d'estime, ce qui est bien triste car le film était en sélection à Gérardmer et regrettable pareillement que le bluray du film soit exempt de tout bonus, car on aurait aimé prolongé la plongée dans l'univers du film avec un petit making-of de certaines scènes ou un petit commentaire audio du réalisateur et/ou de son équipe technique. Pourquoi le "N" de la critique me direz-vous, hé bien, parce que si vous voulez le savoir, il vous faudra choisir ce thriller, et vous ne le regretterez pas...

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 Date de sortie du dvd : 9/05/2012 Distribué par CTV

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 11:41

http://wawa-torrent.com/torrentimg/29cafc6a54eedee1630f382333b68a811185984a.jpgLe film dont nous allons parler aujourd'hui est encore une fois un remake, cette fois-ci d'un film de 1974, sobrement intitulé "it's alive" et réalisé par Larry Cohen. Le film remake lui est de 2008 (oui il a fallu 4 ans pour qu'il arrive en nos vertes contrées) et se trouve être réalisé par le réalisateur talentueux de Passé Virtuel, Josef Rusnak.

Le synopsis du scénario de Larry Cohen dans les deux cas ( auquel s'adjoint Rusnak dans le cadre du remake) est le même : une jeune femme enceinte parti à l'hôpital pour accoucher voit à son réveil, tout le bloc qui a été sauvagement massacré. Pas de spoiler, mais pas de surprise non plus, puisque dès la scène suivante les soupçons se portent sur le bébé... Oui vous avez bien lu. Faut dire que le spectateur a plusieurs fois la puce à l'oreille, le bébé nait trop gros, pas à terme, ya des complications dans l'accouchement ce qui entraine une obligation de césarienne... Bref, en narratologie on appelle ça un effet d'annonce, mais là c'est plus de l'annonce, c'est carrément un porte-voix règlé sur 500 Watt.

Enfin, que le lecteur et futur spectateur se rassure, l'intérêt n'est pas dans le scénario (à l'exception d'un twist final pas vraiment utile, mais pas inintéressant non plus, quoique guère fouillé); l'intérêt de ce remake est de mixer tout le savoir faire en terme de maquillage numérique, mais aussi en terme d'animatronique pour proposer une version surement plus convaincante que celle de 1974. Et encore je dis ça mais je n'ai pas vu le film original. L'histoire n'est donc qu'un prétexte à étaler du gore et du résiné, en veux-tu en voilà, mais on suit quand même l'histoire sans déplaisir, même si les personnages ne sont pas toujours convaincant dans leurs rapports aux faits. Par exemple, le père va accepter d'un coup d'un seul que oui, c'est bien son bambin de 4 mois qui ne parle ni ne marche qui est à l'origine de la tuerie. Jamais, il n'ira soupçonner sa femme de la chose, ou un quelconque rodeur, tueur en série ou je ne sais quoi.

Par certains côtés, le film rappelle la nouvelle de Ray Bradbury (Fahrenheit 451), "le scalpel" tiré du recueil "celui qui attend" et dont la lecture est fortement conseillé à tous ceux et celles qui apprécient le talent du maître romancier et/ou les visionnages de l'excellente série de Rod Serling, la Quatrième Dimension (Twilight Zone pour les Shakespeariens qui nous lisent).

Au final, on se retrouve avec une pas mauvaise petite série B, mais si on refuse le postulat de base (un nourrisson tue des gens), on peut vite basculer dans la série Z.  Il faut toutefois signaler que les comédiens sont trés impliqués dans le film et que si il réussit à nous "surprendre" et à ne jamais nous ennuyer, c'est en partie grâce à leurs implications et au manque de cynisme/ironie/second degré de leur jeu. Le film est donc surtout une affaire de "saut de foi", et pour qui accepte d'effectuer ce nécessaire "saut de foi", le spectacle du film est au rendez-vous, la fin surtout est bien trouvé et apporte un semblant de réflexion à l'histoire, sur l'attachement d'une mère pour son fils. Je ne sais si la fin originale est identique mais toujours est-il que le spectateur passe un bon moment. Maintenant, comme Blood Creek, ça n'est pas le film de l'année, et il ne restera pas non plus dans les annales, mais comme bon petit délire entre pote, le film tient plutôt bien la route.

ps : La jacquette est toutefois superbe et plein de sens. Une trés belle affiche dont le résultat final ne porte malheureusement pas tous les espoirs annoncés par la jacquette. Carton rouge en revanche pour l'absence total de bonus, pourtant, on aurait aimé en apprendre plus sur les différentes utilisations d'Fx numérique et animatronique du foetus/nourrisson dans le film.

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Distribué par la Metropolitan Filmexport . Sortie le 1er Mars 2012 en DVD et Bluray.

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:21

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/actu-cine/23-09-2009/blood-creek-joel-schumacher-en-mode-grindhouse/bloodcreek_haut23.jpgNe nous fions absolument pas au titre du film, Blood Creek ne raconte pas l'épopée sanglante de joyeux pirates bucoliques comme on pourrait le penser de prime abord, mais le titre en revanche convient parfaitement à ce film, tant le bain d'hémoglobine, et autres tripailles va être servi pendant la courte durée de ce film (1h20 au compteur). Blood Creek est une sorte de survival mélangé à du film d'action de série B, voire parfois Z (mais plus pour certains ressorts d'actions, que pour la moindre qualité de ses scènes). Le synopsis est trés simple, un mystérieux scientifique allemand dans les années 1930 débarque chez des paysans allemand vivant eux-même en amérique, en virginie à la recherche de runes sacrées que convoitait Hitler en bon amateur d'occultisme qu'il fut. L'histoire reprend ensuite de nos jours, avec un ambulancier dont le frère disparu lors d'une partie de pêche refait soudain surface, hirsute, ensanglanté, barbu et lui enjoignant l'ordre de le suivre dans sa quête de vengeance. 

Le spectateur qui a assisté au prologue magnifique dans lequel le scientifique, épatant Michael Fassbender mais dont le rôle à visage humain est trop court, cherche les runes, a déjà presque une longueur d'avance sur le héros, remarquablement interprété par Henry Cavill, futur Superman du reboot de Zack Snyder et de la fratrie Nolan. En revanche, ce qu'il ignore, c'est que ce qui pourrait s'apparenter à un "rape and revenge", prend une tournure totalement inattendue lorsque le héros se rend compte que la famille que son frère vient d'attaquer violemment est pour ainsi dire tout autant victime que ce dernier. On bascule donc d'un enième "la colline à des yeux" avec ses paysans redneck débiles à un réjouissant triangle dans lequel les "apparents" bourreaux sont tous aussi désemparés que la "victime".  

Le héros à cause du vrai méchant, le scientifique interprété par Fassbender et trés bien maquillé car proprement méconnaissable, se retrouve piégé dans la maison avec la famille (ou du moins ce qu'il en reste après l'intervention plutôt musclé de son frère aîné, impeccablement interprété par Dominic Purcell) et un étranger lui aussi victime de passage que le héros aura sauvé également.

Le film après un superbe prologue et une trés belle transition d'un cri qui se poursuit de 1930 à nos jours, s'enlise un peu dans la série B, mais l'énergie que déploit Joel Schumacher dans le film est réjouissante et permet au spectateur de suivre le récit jusqu'à sa conclusion (qui ouvre d'ailleurs sur une éventuelle suite). La belle idée du film est que le "méchant" a le pouvoir de ressuciter les morts, que ceux-ci soit près de lui ou non, d'origine humaine ou animale, et ce qu'on retient bien, c'est que pour une fois, la famille qui retient le héros échappe aux habituels clichés du genre. De sorte que ce survival horror se suit sans aucun déplaisir, mais sans aucune passion non plus, bref, un film de genre sympatiquement troussé, par un réalisateur talentueux, capable du pire (Batman et Robin) comme du meilleur (Phone Game, Tigerland, Chute Libre) et dont les quelques thématiques récurrente dans son oeuvre, comme la foi, ou la famille sont à peine esquissés, ceci donnant presque l'impression d'un film de commande. Ce qui se dessine en revanche trés bien dans le film, c'est que la légitime défense ou le principe de self défense présent dans tous les films de Schumacher se retourne une fois de plus a t-on envie de dire contre celui qui le fait. Ainsi, comme l'explique le méchant au frère ainé du héros, si il n'avait pas vu en lui tant de haine, il ne l'aurait jamais laissé s'échapper volontairement, afin qu'il revienne le libérer de la famille. C'est parce qu'il a en lui tant d'envie de revanche, au lieu d'oublier et de passer à autre chose que le frère du héros va changer en mal son destin, celui de la famille et celui de son frère. Toutefois, le genre même du film d'horreur gore n'a jamais vraiment été beaucoup abordés par Schumi, encore moins sous cet angle-là, et le résultat si il ne restera pas forcément dans les annales du genre, reste relativement correct, et largement regardable.

 

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 Bonus : un film annonce, quelques trailers, et un commentaire audio de Joel Schumacher sur le film. Peu de bonus donc, mais le commentaire audio devrait sans doute apporter son lot de réponse sur le pourquoi du film et sur l'envie du réalisateur de l'avoir tourné.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 13:59

http://lovingmovies.free.fr/pochettes/t/13assassins.pngHé, toi, oui toi, tu auras remarqué que le titre de cet article est "assassin's creed", rassure-toi, nous n'allons pas parler de la tuerie de Toulouse, pas plus que nous n'allons évoquer le jeu vidéo du même nom, puisque comme chacun sait "supprimez le jeu vidéo à la con et ça ira beaucoup mieux", tout ça décrit par la personne dont le cortex cérébral baigne plus dans une eau à 18 degrés que dans le bon sens le plus total.

Ce blog restant avant tout un blog cinéma, il sera question de cinéma, mais c'était une introduction pour le moins inhabituelle et inattendue que j'ai trouvé fort à propos, pour parler de la sortie en dvd du dernier film de Takashi Miike, réalisateur inclassable (on lui doit tout autant Audition, que Dead or alive la trilogie, ou encore Visitor Q) prolifique (plus de 47 films depuis 1993) et légèrement barré, capable du trés bon comme du moins bon, et  à qui on doit ce 13 assassins dont il va être question en ces pages.

Tu auras remarqué l'accroche direct, et l'emploi de la première personne, rassure-toi ami lecteur, ceci ne durera sans doute pas, mais il m'a paru essentiel pour témoigner des émotions qui m'ont traversé durant le visionnage de cet excellent film (brisons la glace tout de go ^^) de parler en mon nom, puisqu'il va aussi être quelque peu question de l'excellent jeu vidéo d'aventure Assassin's Creed pour tenter de comprendre l'immersion voire le souvenir de partie jouée que peut provoquer ce film. Attention, toutefois, nulle méprise, je ne parle pas ici d' "impression de jeu de baston", ou de "visionner une cinématique de playstation" cher à certains contempteurs du cinéma asiatique, voire du cinéma d'action en règle générale. Justement, rangez vos ciseaux, et rompez le Cercle, puisque déjà, d'action, il n'en est clairement pas question, et ce même si le film dispose d'une bataille finale d'une durée de 50 min mélangeant allègrement tous les styles de réalisation (oui ami lecteur, tes sens ne te trompent pas, tu as bien vu écris "50 min" en ces lignes) mais bien plutôt clairement d'un drame selon les propres mots du réalisateur.

Drame, effectivement car le synopsis est sur cela sans appel : le viol de la bru d'un seigneur de clan et l'assassinat gratuit de son propre fils par le propre demi-frère du Shogun va être pour ce seigneur l'occasion de recruter un assassin d'un clan ennemi , Sinzaemon Shimada, pour se venger de l'immonde pourceau Naritsugu responsable du déshonneur de sa famille. Ne pouvant agir de manière légale car le meurtrier est d'obédience noble, donc à peu près aussi facile à atteindre que le Shogun lui-même, Sinzaemon va choisir la ruse pour sa vengeance. Il recrute 11 assassins (en plus de lui)venant de divers horizons (dont son propre neveu, coureur de jupons et buveur, joueur invétéré), auquel s'ajoutera un voleur de grand chemin sur le trajet, devenant le 13ème assassin donnant sa plénitude au titre du film, comme à son déroulement.

Pourquoi le "creed" du titre de l'article me direz-vous. D'abord parce que d'honneur, il en sera question pendant tout le métrage et ce, dès la première scène qui voit un samouraï se faire "sepuku" (hara-kiki) parce que son honneur ne peut lui permettre d'accepter à la fois, le code d'honneur samouraï et les agissements de son maitre, le méprisable Naritsugu. Ensuite, parce que c'est pour venger son honneur bafoué et sa famille violentée que le seigneur recrutera Sinzaemon. Mais le credo de ces assassins, c'est aussi de se lancer à corps perdus dans une bataille dont ils savent pertinemment les enjeux sociaux et politiques, et dont beaucoup ont bien compris que rentrer vivant de cet enfer relèvera certainement du miracle. D'ailleurs il sera question de miracle, puisqu'un de ces 13 assassins, reviendra à la fin du film, malgré une mort sur laquelle on ne peut avoir guère de doute, mais peut-être n'est-ce qu'une vue de l'esprit embrumé d'un des survivants. Le réalisateur a son avis, là-dessus, je me suis forgé aussi le mien, mais je laisserais le public décider le sien propre, même si le personnage en question, témoigne d'un certain aspect "iréel" à mon sens, relevant plus de l'ordre de la divinité des bois que de l'humain, jusque dans son physique assez atypique parmi la galerie de portrait des 12 assassins restants.

Le film est clairement séparé en trois parties distinctes mais qui s'avèreront pour le moins unifié dans le final. Dans une première partie trés lente et posée on découvre chacun des 13 assassins, plus les enjeux à la fois narratif et politique sous-jacent à une telle entreprise. On apprend à connaitre les guerriers, à vivre avec eux, leurs peurs, leurs joies, leurs peines. Une magnifique première partie éclairée à la bougie, qui posent des cadres fixes souvent, ou en travelling circulaire, pour mieux venir souligner le côté "réunion" du groupe. Chaque individualité qui va trouver une force en s'unifiant dans un tout. La deuxième partie pose à la manière des 7 mercenaires/7 samouraï, la préparation du piège pour attraper Naritsugu, qui passe par l'achat d'un village afin d'en faire une sorte de ville-tombeau par lequel la caravane doit immanquablement passer. Et enfin, la troisième partie, qui consiste en 50 minutes de combat, dans lequel chaque personnage va résoudre ses propres conflits et évoluer. Une première altercation annonce la couleur dans un piège que va essuyer le groupe dans un autre village, et dans lequel, les deux plus jeunes membres du groupe vont découvrir la peur et l'émotion que ça fait de tuer un homme. Donc également grandir émotionnellement parlant, un des deux assassins dira à l'autre, "toi aussi, c'était la première fois". Le piège est aussi amené dès le début du film, lorsque le seigneur vient trouver Sinzaemon, ce dernière pêche dans un lac, calme paisible. Il est cadré à hauteur d'homme, et légèrement surélever par rapport au lac. En un seul plan large, Takashi Miike pose son "héros principal". Et c'est ce dernier qui dira juste avant l'assaut, "patience, c'est comme la pêche, il faut poser son hameçon et attendre patiemment que le poisson vienne s'y accrocher".

La dernière partie, qui voit le combat contre les hommes de Naritsugu et ce dernier, arrive à ne jamais être ennuyante ou répétitive, et tout ça, malgré l'absence totale de musique. Comme le dit le réalisateur, "j'ai voulu enlever toute musique d'accompagnement de l'action à partir du combat final et ne laisser que les armes parler. Car un sabre de samouraï contre un autre, ce n'est pas un duel de métaux, c'est une âme qui s'entrechoque avec une autre âme". Et c'est vrai, que ce combat relève de quelque chose de l'ordre de la spiritualité, voilà pourquoi l'utilisation du terme "creed" m'a paru faire sens pour le titre de l'article, et voilà aussi pourquoi l'allusion au jeu d'aventure Assassin's Creed, car quiconque a déjà vécu un de ces immenses combats à l'épée dans le jeu, peut être à même de ressentir complètement différemment la séquence finale de 50 minutes de 13 Assassins. Ce n'est plus une scène d'action violent, mais bien la poésie macabre d'un duel d'âme, que ces dernières se pensent orientées du bon côté de la raison, ou du mauvais. D'ailleurs, comme pour mieux confirmer cela, quelques samouraï et assassins deviendront fou dans la dernière partie, sentant leurs dernières forces leur échapper, allant même jusqu'à avoir un comportement d'attaque totalement désordonnée. Ceci ne peut pas, ne pas faire sens pour quiconque a déjà utilisé les lames secrètes empoisonnées dans Assassins Creed 2.

L'inspiration chorégraphique, du moins le ressenti jeu vidéo est-il du fait de Takashi Miike, cela se pourrait bien quand on sait à quel point le réalisateur peut se nourrir de diverses influences, et surtout qu'il est inclassable, étant à l'aise dans à peu près tout les genres. Toujours est-il que ce dernier débute son film comme un "rape and revenge", avant de passer par la fresque épique, alternant même certains passages de comédie, avant de revenir au drame et au chambara. C'est donc un film magnifique que je vous recommande chaudement, que vous ayez ou non, tâtez du assassins creed. En tout cas, il faut savoir que l'assassinat de Naritsugu verra la fin de l'ère Shogun et le passage à l'ère Meiji. C'est aussi un peut le film chant du cygne des Samouraï, car Miike fait dire à un de ses personnages "les Katana ça ne sert plus qu'à couper les carottes", et Sinzaemon, lui-même, fera promettre à son neveu de penser à autre chose, et de changer de métier, car Samouraï, ça n'est plus un idéal de vie à souhaiter. Je n'ai pu m'empêcher de penser à la mélancolie de "il était une fois dans l'Ouest", avec le même constat sur la vie.

Je ne sais si l'original se finit ainsi car je ne l'ai pas vu, mais il est important de signaler que ce film est un remake d'un film de 1963, d'Eiichi Kudo, "les 13 assassins". La force de Takashi Miike étant d'apporter de splendides idées visuelles. Une parmi d'autres, mais profondément somptueuse, est le passage de vie à trépas d'un des samouraï vu en plan moyen à travers les flammes, disons les volutes de chaleur. Son visage change ainsi presque comme dans un fondu enchaîné, sans que le spectateur arrive à voir la coupe (forcément), et passe de la rage la plus sourde, à l'apaisement le plus total avant de sombrer hors-champ dans les limbes.

Bonus : Assez peu riche en bonus, le dvd du film comporte quand même une réjouissante interview du maître, qui ne tourne pas trop à l'autopromo, et des scènes coupées dans lesquelles on est soulagé de constater que la folie de Miike ne s'est pas éteinte (en témoigne une certaine scène de bordel sur laquelle je n'en dirais pas plus, aux spectateurs de se faire leurs avis). Un trés bon film à recommander donc, à visionner en VOST bien évidemment, même si pour une fois, la VF n'est pas en reste, ayant été confié à pratiquement que des comédiens de qualité : De Michel Papineschi, à Damien Witecka en passant par Patrick Poivey...

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13 assassins sortie en dvd le 20 Mars 2012. Distribué par la Metropolitan Filmexport

 

 

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 14:00

Spécialiste de la comédie familiale, Shawn Levy s'est illustré avec des films plus ou moins bon parmi lesquels on retiendra surtout La nuit au Musée 1 et 2, splendide plaidoyer pour la magie, le pouvoir de croire, et certains enjeux familiaux. Il n'en fallait pas plus pour séduire un certain Steven Spielberg et un autre réalisateur et non des moindres, Robert Zemeckis et les conduire à produire le nouveau film du réalisateur prometteur que peut être Shawn Levy : Real Steel.

http://www.cineheat.fr/wp-content/uploads/2012/01/Real-Steel-Blu-Ray.jpgA l'origine, Real Steel est une nouvelle de Richard Matheson d'une cinquantaine de pages, devenu d'abord un scénario pour la saison 5 de la 4eme Dimension (première génération) avant de devenir un film sous la férule d'un Steven Spielberg inspiré, et du scénariste John Gatlins, qui n'a pas livré de scénario inoubliable pour l'instant. Et dont la donne pourrait trés bien changer professionnellement avec ce Real Steel qui jongle de manière particulièrement efficace avec la nouvelle de Matheson, mais aussi le script du Géant de Fer d'un certain Brad Bird sans oublier une évocation du mythe juif du GOLEM.

A première vue, on pourrait penser que la seule chose qui a intéressé Steven dans la production du film c'est la relation père-fils de ce dernier, mais ça serait bien mal connaitre les obsessions du maitre et de son confrère Zemeckis. Il faut plutôt aller chercher sa passion pour ce film dans son goût pour les rapports homme-machine, son questionnement sur l'âme d'un robot, et surtout la mise en avant d'un anti-héros souvent issu de la working class et qui va entreprendre un périple initiatique qui va le transcender.

On reconnaitra bien l'implication de Spielberg dans le projet à pas mal de "conseil" de réalisation qu'il a du donner à son protégé et qui se traduisent dans le film par des plans profondéments Spielbergien (miroir, reflet dans du sang de robot et certaines constructions du cadre). Mais ces plans n'apparaissent que de manière sporadique et ne suffisent pas à fagocyter l'ensemble, comme l'avait pu l'être Poltergeist durant le tournage du film de Tobe Hooper.

Sans trop dévoiler de l'intrigue, Charly le héros, est un ancien boxeur qui s'est reconverti dans la roboxe, car comme l'explique trés bien le héros dans le film, "les spectateurs se sont lassés de toute forme de combat car ils voulaient ressentir de la vraie violence", comprendre en sous-marin, l'humain s'est lassé du sport car seule la mort et la souffrance ultime l'intéresse. On retrouve un peu de la terrible "flesh of fair" de A.I du même Steven Spielberg, et c'est appréciable de noter qu'un propos aussi sombre soit dissimulé dans un film familial d'apparence plutôt badin. Et le réalisateur Shawn Levy sans doute par l'entremise de son "parrain" de cinéma va illustrer de manière parfaite et sans aucun dialogue ce goût de la violence, à travers un plan dans lequel le robot, que Charly vient d'envoyer au combat sans l'avoir préparé, baigne dans son sang et dans cette flaque qui est de l'huile mais dont la représentation symbolique ne souffre aucun doute, se reflète le visage de son maître. Une manière aussi trés intelligente de lier le héros à ses créatures.

Et de créature, il n'est pas seulement question de robot, puisque Charly, le héros va se (re)découvrir un fils dont il avait "oublié" l'existence. Et c'est ce même fils qui va lui aussi trouver un robot dans une décharge (encore un rappel manifeste de A.I) dont il va investir de toute l'affection que son propre père ne lui a pas donné. On retrouve ici aussi bien l'influence de E.T que du film de Brad Bird le Géant de fer qui montrait l'amitié entre un robot et un petit garçon. Le robot a son nom gravé sur la poitrine et l'enfant le trouve dans une décharge, recouvert par un tombereau de boue. Il n'en faut pas plus pour avoir en tête l'évocation du mythe juif du GOLEM qui est forgé dans la boue et dont on grave sur le front le mot EMET (vérité en hébreu). Ici, sur sa poitrine est gravé son nom pour le rendre assujeti à son maitre. Son nom qui est aussi en un sens, l'essence d' ATOM, sa "Vérité" en tant qu'être. Mais la particularité de ATOM (le robot trouvé) c'est qu'il a un mode Shadow (mode qui permet de reproduire les mouvements humains en se calquant par mimétisme sur eux). Encore une fois, A.I revient nous faire un appel du pied, et on repensera à tous les mimétismes humains-machine ou père-fils de la filmographie du sieur Spielberg qui sont ici tous convoqués, de E.T à Jaws en passant par A.I. Ce que semble nous dire Shawn Levy dans ces évocations, c'est que ce qui fait la spécificité de l'humain c'est sa capacité au mimétisme, à la transmission et à la manifestation d'un libre arbitre. Or, deux des trois spécificités humaines décrites seront mises en valeur dans le dernier acte du film par l'intermédiaire du robot.

Il est également intéressant de noter que dans le film, le mimétisme ne s'arrête pas à l'humain-machine. Ainsi, le héros japonais créateur du robot le plus puissant ZEUS est aussi celui qui crée le second robot que Charly entraine. Et par un fait exprès, l'enfant confrontera son idole dans le troisième acte du film en faisant concourir ATOM, sa création à lui contre ZEUS. Mais aussi la jeune femme propriétaire de l'écurie de ZEUS a hérité son Empire de son père, comme la petite amie actuelle de Charly, brillamment interprété par Evangeline Lily tout juste évadé de Lost. Mais le mimétisme des deux femmes, va jusqu'au mimétisme physique, puisque les deux comédiennes se ressemblent beaucoup. Et il en va de même pour Charly et son némésis (un ancien boxeur comme lui qui organise des combats organo-robotique : Taureau contre Robot). Ainsi, pour ces trois personnages, on a exactement le reflet "négatif" équivalent, ce que pourrait devenir les 3 "héros" si jamais ils avaient empruntés des voix autres venant parfaitement illustrer le sujet du film.

La fin que nous ne dévoilerons pas est assez inattendu pour un film calibré entertainment de ce type et nous pensons qu'une certaine révélation va apporter un peu plus de variété et de variation autour du thème dans l'épisode 2 d'ores et déjà prévu. Il est bon de souligner que c'est trés fort au tandem de producteur et à son réalisateur et son scénariste d'avoir su déjouer certains clichés inhérents au film d'action familial. Car ce que dis aussi ce Real Steel de manière plus ou moins cachée, c'est qu'on peut parfaitement faire un film qualifié de "popcorn movie" sans prendre son spectateur pour un imbécile, et sans formater son histoire forcément. Blockbuster ne voulant pas pour autant dire film de décérébrés. Dans la production Dreamworks, ce film s'éloigne d'ailleurs d'un Transformers 2 et 3 pour venir cotoyer de petites pépites comme le furent les productions Amblin' par exemple. Et ça n'est pas la musique de Danny Elfmann profondément chaleureuse, inventive et diversifiée qui viendra contredire cet état de fait.

Au final, on se retrouve avec un trés bon film d'action familial, qu'on aurait pu croire formaté ou sans enjeux et qui n'en est rien, n'hésitant pas à mettre du sang, de la violence et des questionnements plutôt adulte là où on ne s'attendait guère on l'avoue à les trouver (et ce malgré la caution "Richard Matheson). Mais Shawn Levy réalise ici un trés bon film, dont la revision est clairement possible, car chaque combat est vécu par le spectateur aussi intensémment que ne les vivent ses héros. Spielberg ne s'est pas trompé en produisant le nouveau film de Shawn Levy, puisque ce dernier a fait un carton au box office (validant le postulat du film sur l'entertainment intelligent) rattrapant un peu les résultats moyens de Cowboy vs Aliens de Jon Favreau (autre transfuge Spielbergien) et surtout du Tintin du maître en personne.

Bonus Bluray : L'image est proprement sublime et le son est d'une intensité saisissante comme tout bon Bluray qui se respecte. Au rayon bonus, on trouve de trés sympathiques featurettes, notamment un entretien avec Sugar Ray Leonard, célèbre boxeur qui a été le coach des combats du film et également quelques scènes coupées et surtout le commentaire audio de Shawn Levy (commentaire qui a franchi la Zone 2, heureusement pour nous et qui décrit notamment le travail entre Spielberg et son nouveau poulain, un documentaire passionnant pour quiconque aime Spielberg ou les films de Levy)

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Sortie en Bluray le 22 Février 2012. Real Steel réalisé par Shawn Levy. © 2012 DREAMWORKS II DISTRIBUTION CO., LLC.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:28

Sorti en 2010 en Russie, il aura fallu attendre près de 2 ans pour voir le film Yaroslav du réalisateur Russe Dmitri Korobkin sortir directement en dvd en France, sans passer par la case cinéma. Et quel dommage serions-nous tenté de dire car ne laissons pas plus longtemps le lecteur dans le flou, Yaroslav le film est une grande réussite aussi bien formelle qu'en terme de fond.

http://www.filmstreamiz.com/wp-content/uploads/2012/02/Prince-Yaroslav.jpg

Yaroslav raconte l'histoire réelle du Prince Yaroslav, et dont la plupart des descendants épouseront des dirigeants de l'Europe tout entière (espagne, france, angleterre, italie, norvège, danemark etc...)  constituant ainsi une descendance quasiment uniforme sur l'Europe toute entière. Fort de ses enjeux géopolitiques, le film débute d'ailleurs sur une vue d'une carte de la Russie à travers laquelle nous voyageons en 2D, puis enfin en 3D. Certaines incrustations et effets spéciaux de synthèse sont un peu faible en terme de rendu, mais puisqu'ils sont censés illustrer de manière réelle, les croquis présentés juste avant, le procédé passe aux yeux du spectateur.

Ensuite le film présente les différentes factions guerrière avec lesquelles il faudra compter dans le récit à travers une scène de batailles bien chorégraphiée quoique un peu fouillie. Il y a trois camp : les bandits qui profitent qu'il n'y ait aucune gestion militaire de la forêt pour faire règner la terreur, le peuple des Ours, et Yaroslav et son clan. Yaroslav et son clan tombe dans une embuscade tendu par les bandits et se défendent vaillamment, allant jusqu'à se replier sur une des terres sacrées du peuple des Ours. Là, il y trouve une femme du peuple des Ours, qui n'est autre que Reida la fille du chef de la Tribu. Yaroslav dépêche un émissaire à Rostov pour faire construire une forteresse aux abords de la forêt afin de gérer les déplacements marchands et de contenir les bandits tout en tentant de faciliter la paix avec le peuple des Ours. Yaroslav par chez le peuple des Ours pour ramener Reida mais tombe dans une autre embuscade et son groupe se fait décimer. Il est capturé par le peuple des Ours et jugé pour avoir détruit le temple sacré. Il a beau prétendre que ce sont les bandits qui l'ont fait, personne ne veut l'entendre et souhaite sa mort. Il est ainsi mis en croix et se prépare à être sacrifié à leur dieu païen, quand tout à coup, un Ours rendu fou par les bandits et l'odeur du sang de l'embuscade surgit de son terrier et menace la tribu. Yaroslav qui allait être sacrifié se dégage et le tue d'un coup de hache bien planté. Le chef de la tribu y voit là un signe de leur dieu et épargne la vie de Yaroslav.

Bien entendu, ce n'est là qu'un court résumé, car sans déflorer l'intrigue aussi bien en termes d'enjeux géopolitiques qu'en terme d'enjeux narratifs et humains, Yaroslav le film ne se contente pas de juxtaposer les scènes de bravoure et les combats épiques mais draîne en son sein, tout les principes d'un récit initiatique, de la découverte de mentor à l'expérimentation de la trahison. Il est à noter aussi, que quoique présenté comme un univers d'homme, le récit de Yaroslav laisse une belle part aux femmes, et que ce soit dans les trois forces en présence : les bandits, le peuple des Ours et les partisans de Yaroslav, on trouve dans chaque camp des figures de femmes fortes, bien loin des potiches traditionnellement considérés comme tel dans le cinéma d'aventure sur fond historique. Il est également à noter qu'il n'y a pas de réel "méchants" dans le film et que tous les personnages, même les plus antipathiques ont un côté attachant, voire sympathique. 

Prince Yaroslav et pardon aux puristes du réal pour la comparaison, fait beaucoup penser au film de Mc Tiernan le 13ème Guerrier, et la réalisation du film est d'ailleurs trés proche de celle de Mc Tiernan pour le film cité plus haut. Alternant plan en cinémascope, jeux judicieux et efficace sur les focales et superbe plan à la grue, Dmitri Korobkin donne à son film une vraie puissance d'évocation et lorsque Yaroslav et le shaman de la tribu des Ours confrontent leurs visions de la nature et de Dieu, on ne peut s'empêcher de penser à certains dialogues entre Ibn Fahdlan et le chef des vikings. La grande force du film est comme celui de Mc Tiernan de ne jamais vraiment présenter Yaroslav qui est Chrétien comme un détenteur de la vérité, et donc le Christ comme un pourvoyeur de la vraie foi. La musique est en celà trés écclectique, mélange de pipeau, d'instrument à vent, de musique lyrique et épique rempli d'un souffle quasiment Hornérien mais aussi voix de la nature et souffle imperceptible marquant ainsi toutes les représentations de la foi et de la croyance. La fin, pourtant finira par donner raison au Christiannisme, mais plus comme constat que comme volonté de propagande messianique, montrant par un superbe passage de point, le shaman païen au premier plan, supplanté dans le cadre par la Croix Chrétienne qui vient d'être dressé par les hommes de Yaroslav, comme pour dire le Paganisme a vécu, son temps est révolu. Mais Yaroslav ne domine pas, il réunifie, il ne châtie que les traitres, il protège les innocents, et il ne tente pas de convertir le peuple des Ours à la foi Chrétienne, juste leur apporter un semblant de paix. D'ailleurs, sa descendance s'alliera à tous les royaumes d'Europe comme l'explicite trés bien le carton final. Son action donnera d'ailleurs naissance à la Russie.

Au niveau des points faibles du film, on pourra reprocher une première bataille un peu fouillie, filmée trop prêt, avec un découpage moins lisible, et quelques effets d'accéléré-ralenti pas toujours justifié. Mais ce n'est vraiment rien à côté du plaisir ressenti à visionner ce film.

Un film à recommander à toute personne amatrice d'Histoire avec un grand H, et même si on imagine que la figure ici décrite tient plus de la légende et de l'épopée que du strict respect d'historien, le film se permet de belles réflexions sur le questionnement de la foi et sur la différence entre tous. "Dieu a fait chaque feuille d'arbres différentes" dira le Shaman du peuple des Ours. 

 

On regrettera juste l'absence de bonus, mais on notera que la présentation du dvd en fourreau est du plus bel effet et que la jacquette donne trés envie de voir le film contrairement à bon nombre de jacquette de film d'action. Quant à la VF bien que débutant de manière un peu fragile, elle se trouve largement convaincante par la suite et chaque personnage trouve une force aussi bien en Russe sous-titrée qu'en VF. Distribué par Zylo – DVD sorti le 05 janvier 2012.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 22:45

Il est de ces oeuvres maudites qui voient le jour malgré tous les problèmes qu'elles ont pu rencontrer de leur création à leur exploitation en salles, et le film le 13ème guerrier de John Mc Tiernan ne déroge pas à la règle. Charcuté par un Michael Crichton  (cinéaste et écrivain à l'origine du roman adapté dans le film) qui ira jusqu'à brûler lui-même tout les négatifs des scènes coupées pour empêcher mc Tiernan de sortir un jour la director's cut fantasmé par bon nombre de fan du réalisateur), reçu froidement par le public, un peu moins par la critique (encore que), voilà que le film ressort enfin en bluray mais sans la director's cut tant attendue et pour cause (cf plus haut).

Qu'à cela ne tienne, ne boudons pas notre plaisir, car c'est l'occasion de revoir probablement un des grand chef d'œuvre du réalisateur (malgré  les problèmes rencontrés sur le tournage entre Mc Tiernan et Crichton et donc cette impression de film non fini) et surtout un des meilleurs films de Viking.

Un petit mot sur l'histoire. Michael Crichton, écrivain à l'origine de roman comme Timeline  ou encore Jurassic Park, imagine ici de confronter le regard d'un poète arabe ayant réellement existé Ibn Fahdlan, déchu dans la scène d'ouverture du film pour avoir fauté avec une femme qui n'était pas la sienne, à une cohorte de guerriers viking qui sur le principe d'une prophétie vont partir aider un village allié, assailli par d'étranges démons mi-ours, mi-lion, les Wendols. La grande force du scénario est aussi de mettre en scène le héros du poème qui a inspiré Tolkien pour l'écriture de son Seigneur des Anneaux, à savoir "Beowulf", devenu phonétiquement "Bulywif" mais qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit bien de la même évocation. D'ailleurs, Mc Tiernan souligne cet état de fait en faisant discuter le poète arabe Ibn Fahdlan et le chef viking de "poésie et d'écriture" et exécuter des dessins y correspondant sur le sable de la rive.

Ibn Fahdlan ne parle pas un mot de "viking" et c'est donc dans un premier temps, celui qui l'accompagne, remarquable Omar Shariff qui va jouer les interprètes. Dans une scène de communication, dont seul un réalisateur comme Mc Tiernan a le secret, l'homme va s'adresser aux vikings en grec, puis devant le mutisme des hommes (ils ne se comprennent en réalité pas), en latin, engageant ainsi un dialogue. Au cours d'un repas, une magicienne du clan dit que la prophétie ne s'accomplira que si un 13ème guerrier se joint au viking et que ce 13ème guerrier ne peut être un des leurs.

Voilà donc le poète arabe, contraint de partir avec les vikings pour venir en aide aux villageois. Ce dernier ne comprend pas ses camarades, et en observant leurs lèvres et la résultante des mouvements de leurs lèvres pendant une partie du voyage, il va finir par apprendre à parler comme eux. Et lorsque un viking en vient à insulter sa mère, Ibn Fadhlan prend la parole dans leurs langues et les  surprend.

La barrière de la langue est passée, mais le poète ne gagnera réellement leur confiance et leur respect qu'en prouvant que son "chien" (les vikings traitent ainsi son cheval car il est plus petit que les leurs) est aussi agile, sinon plus que leurs montures. Le poète montre ainsi dans deux aspects de la communication (physique et morale) qu'il n'est pas si différent que ça d'eux, voire même qu'il peut leur en apprendre sur la vie.

Un peu plus tard, perdu parmi les armes vikings (trop lourde et peu maniable), il se construira son propre sabre (Cimeterre) , une arme avec son identité.

Car finalement, si on y réfléchit bien, ce film ne parle que de ça, d'identité, mais aussi d'ennemi invisible et inhumain. Par un combat contre un des ouvriers du village, les vikings prouveront également leurs valeurs. Et lorsque les wendols débarquent sur fond d'imagerie mythologique et fantasmatique , le spectateur sait que les seuls humains sont les villageois ,le poète et les vikings. Mais ça serait sans compter avec la malice de Mc Tiernan qui par un rebondissement dans l'intrigue, humanise à leur tour les "méchants wendols", qui ne sont pas réellement méchant mais juste moins avancés dans leurs idéologies comme dans leurs moeurs.

Il est d'ailleurs amusant de constater que Ibn Fahdlan ne déclenche sa sauvagerie, devenant réellement un berserk, que  lorsqu'il se retrouve avec la preuve tangible que les wendols sont des humains comme lui et comme ses compagnons. C'est donc paradoxalement lorsqu'il se sait en conflit avec de vrais humains et non des Djinns ou des monstres que son instinct guerrier se révèle.

Mc Tiernan traduit d'ailleurs parfaitement bien la sauvagerie et l'art de la guerre de ces hommes au moyen d'une caméra à l'épaule héritée de son Die Hard 3 (d'ailleurs comme dans ce dernier, ou dans le premier, les "ennemis" ne sont pas ce qu'ils semblent être) et il filme l'ennemi invisible comme dans son superbe Predator, d'ailleurs à  part lui et Mallick, aucun autre réalisateur ne filme aussi bien la nature et les arbres. Mc Tiernan filme aussi magniquement le visage de ces hommes en gros plan, le regard vide (mais l'esprit bouillonnant), fixant le plafond , se recueillant avant le combat ou risquant tout pour un idéal de liberté.

Cette communion naturelle est d'ailleurs magnifiquement servie par le score sublime de Jerry Goldsmith, probablement une de ses plus belles compositions, traduisant aussi bien la puissance des guerriers, que la quiétude de la nature ou encore l'animalité des wendols.

Au final, on a donc un trés beau film sur la communication (et paradoxalement l'incommunicabilité des êtres) car malgré leurs shamans femme quasiment "identique" sur les 3 peuples, malgré leur état de guerrier, la communication entre les Wendols et les viking/poète/villageois ne se fera que dans la souffrance et l'assaut (expédition punitive de part et d'autre d'ailleurs qui souligne bien cela et mort des deux chefs de part et d'autre également). Car si les wendols ravissent les têtes pour on ne sait quel rituel, les vikings ne coupent pas moins la tête des gens que ça soit celle des leurs ou celle des wendols. Mc Tiernan nous montre trois états de l'homme, dont le plus "civilisé" reste finalement le poète arabe. Nous avons également trois conceptions de la divinité différente, trois manière de voir Dieu mais qui finalement concours toute à la même chose, avec plus ou moins de succès d'ailleurs. Mais toute cette aventure, aura eu un effet bénéfique, puisqu'elle aura permis la cohésion entre un peuple occidental et un émissaire oriental et surtout, elle aura permis à Mc Tiernan de s'affirmer comme un des plus grands réalisateur mythologique et à Ibn Fahdlan de s'accomplir comme guerrier, le treizième guerrier.

 

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Le 13ème Guerrier, disponible depuis le 2 novembre 2011. Distribué par laMetropolitan Filmexport.


un petit mot sur les bonus, pas de commentaire audio de Mc Tiernan, comme on aurait pu l'espérer, mais de sympathique featurette, un making of assez complet et pas trop formaté et une interview du réalisateur intéressante sur ses goûts (trés amateur de cinéma européen essentiellement) mais pas très utile pour apprendre des choses sur le film. Enfin, on l'aura compris, ce film est son film maudit et il ne veut plus en entendre parler comme il l'a bien dit et bien fait comprendre.

 

On se rabattra plutôt avec plaisir sur le petit livret avec le Bluray collector qui en plus d'être un bel objet agréable à lire, est aussi une petite mine d'informations sur le film. A noter aussi qu'une dizaine de photos, également fournis avec le bluray replongent dans l'univers du film avec plaisir.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 17:08

L'IMAGE DE REVE ET SES APPARENTEES : MINORITY REPORT OU LE CAUCHEMAR PREDIT.

Minority Report est un film presque entièrement basé sur le rêve, la voyance et l'inconscient. Les images de rêves et de cauchemars se côtoient tout le long du film. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à la séquence finale du film. Cette séquence commence avec l'emprisonnement d'Anderton et se termine à la dernière image du film (chapitre 21 à 24 du Dvd). A travers l'analyse de cette longue séquence, nous allons tenter de montrer que la fin du film peut être perçue d'une autre manière que comme un "happy end à l'américaine". A savoir que toute cette séquence est en réalité la projection mentale d'une fin heureuse que se représente Anderton enfermé dans sa prison-cercle neuronale.
Résumé : John Anderton trahit par Lamar Burgess est arrêté chez lui et enfermé pour les meurtres de Leo Crow et Danny Witwer…


La séquence débute par une réplique de Gédéon, l'étrange gardien handicapé de la prison de Pre-Crime : "tu fais parti de mon troupeau maintenant John, bienvenue, tu vas voir, ça va être le super pied, il paraît que tu vas avoir des visions, que ta vie défile devant tes yeux, que tout tes rêves se réalisent". Arrêtons-nous un instant sur cette seule réplique. Dans le cinéma de Steven Spielberg, chez qui la narration est très importante, des indices sont disséminés dans les lignes de dialogues. Ainsi cette phrase en apparence anecdotique que la sentinelle/Gédéon sert à tous ses nouveaux détenus, prend ici quasiment une dimension de prophétie. Comme si la suite de ce que nous allions voir, n'était en fait que le rêve bien compréhensible d'Anderton, faire triompher la liberté, la vérité et la justice. La résolution de l'énigme criminelle Burgess serait donc la résultante non pas de la réalité mais plutôt d'un rêve d'un Anderton prisonnier, voulant à tout prix s'en sortir et sauver son monde à défaut de sauver le monde, credo habituelle du héros/super héros américain. Il semble que ce soit une mise en abyme, surtout la dernière des répliques du gardien : "tous tes rêves se réalisent". Comme si Gédéon avant même la résolution de l'intrigue annonçait que la fin heureuse en apparence du film n'était qu'un leurre de plus, un banal rêve de prisonnier souhaitant que la vérité triomphe. Quoiqu'il en soit, il faut garder cette phrase en tête, elle est importante voire cruciale pour la suite.
La séquence se poursuit par "l'enterrement" symbolique de John dans une des prisons tubes. Anderton, nu et rasé est glissé dedans et le tube s'enfonce dans le sol comme une pierre tombale s'arrêtant au niveau des inscriptions 11.09 (le numéro de l'affaire Anderton) suivi du nom "John Anderton". On a donc toutes les particularités d'un enterrement, d'ailleurs ce 11.09 évoque aussi bien un matricule qu'une date tel les "ci-gît" que l'on voit inscrit sur les tombes habituellement. En revanche, le 11.09 ne renvoie pas nécessairement à la tragédie qui a secoué les Etats-Unis en 2001 ou alors de façon inconsciente, ce n'est qu'un numéro de dossier parmi d'autres (le cas 11.08 était le meurtrier présumé du début du film : Howard Marks). Au-dessous du nom de John Anderton sont inscrits les noms et matricule d'autres prisonniers, à plusieurs sur le même tube, on est plus près ici de l'imagerie du charnier, du caveau de famille (la grande famille des criminels) ou de la fosse commune que d'un enterrement classique, une personne par tombe. Cet endroit ressemble plus à un purgatoire post-mortem qu'à une prison. Le travelling avant vers la "tombe" d'Anderton qui s'enfonce dans le sol, renforce cette idée d'enterrement mais surtout d'enfer qu'il soit Chrétien ou plus proche des Grecs. Le nom d'Anderton et le numéro s'allume sur la "pierre tombale" lorsque celle-ci s'arrête dans le sol indiquant que la cellule de confinement fonctionne.
Le plan suivant est un plan à l'intérieur de cette "tombe mentale", un gros plan de la tête d'Anderton, le tout dans la pénombre, seul le cercle qui est autour de sa tête (antithèse d'auréole) est à peine éclairé ; puis progressivement, ce cercle s'éclaire, témoignant sans doute d'une activité neuronale intense de la part d'Anderton, jusqu'à devenir incandescent ; le rêve si rêve il y a peut donc commencer. On perçoit d'ailleurs faiblement un léger travelling optique vers son cerveau. Ce plan dure à peine quelques secondes et sans transition parvenu au summum de l'incandescence du cercle, on passe en montage cut au plan suivant. Difficile de ne pas y voir une invitation au rêve, et difficile aussi de ne pas en conclure que c'est l'activité neuronale intense qui a entraîné l'apparition du plan suivant. De ce passage brutal au plan suivant, il en résulte un étrange malaise, comme si la scène qui se déroulait ensuite était fausse, erronée, voire rêvée ou irréelle, en tout les cas plus une production du cerveau d'Anderton que la suite "logique" de l'histoire.
Le plan suivant est un plan américain en vue subjective de Lamar qui s'avance face à la caméra en disant "tout est de ma faute". De même que pour la réplique du gardien, cette réplique peut être entendu par le spectateur sans pour autant être "écoutée" et perçue dans la plénitude de ce qu'elle sous-entend et elle sous-entend énormément de choses mais encore faut-il regarder le film en cherchant à comprendre, et non en subissant ce que l'on voit et entend. Etrangement, on croirait presque avoir affaire à une confession, confession où Lamar reconnaîtrait avoir piégé Anderton et… Mais stupeur, ce n'est pas Anderton qui est mis en scène au plan suivant, mais sa femme Lara dont on sait peu ou prou "qu'[elle] a quitté son mari parce que chaque fois qu'[elle] le regardait [elle] croyait voir mon [son] fils". Etrange donc de la voir venir parler de John avec Lamar, mais peut-être est-elle toujours amoureuse de John, admettons. Quoiqu'il en soit, ce "tout est de ma faute" de la part de Lamar n'est pas à prendre à la légère dans un film de Spielberg. Il peut s'agir ni plus ni moins d'un indice auditif et visuel de plus pour nous comprendre qu'il s'agit d'un rêve d'Anderton. En effet après le fait de retrouver son fils ce qu'il sait évidemment impossible,(son souhait le plus cher), même en rêver ne le ramènera pas. De quels autres rêves John peut-il rêver à réaliser conformément au discours de la Sentinelle ? Premièrement, peut-être de punir le criminel réel, Lamar. Oui mais comment le sait-il ? On peut penser qu'il l'a deviné, il a le temps de cogiter en prison. Il est arrêté pour le meurtre de Leo Crow ce qu'il connaît, en revanche à la séquence de l'arrestation, on lui apprend qu'il est aussi arrêté pour le meurtre de Danny Witwer. Il a d'ailleurs à ce nom, une légère réaction un quart de seconde avant qu'on ne lui pose le casque incapacitant des criminels. Il n'est pas difficile pour un brillant esprit tel qu'Anderton de se remémorer le discours qu'il a eu avec Hineman et de faire le rapprochement entre Lamar et les meurtres. De plus, Leo Crow est originaire de Baltimore (c'est écrit sur le registre de l'hôtel) et Lamar a "donné son flingue" à John à Baltimore (il y fera d'ailleurs allusion plus tard dans la séquence), c'est encore à Baltimore, à la piscine municipale que John a "perdu" son fils, et enfin le médecin véreux a été arrêté par John à … Baltimore. Cela fait beaucoup de coïncidence pour une même ville, surtout lié aux mêmes évènements. On peut donc penser que John en rassemblant toutes ses hypothèses dans son cerveau en prison trouve par déduction logique que le meurtrier et le gagnant de l'histoire ne peut être que Lamar. Le deuxième de ses rêves est sûrement de se remettre avec sa femme (on voit qu'il l'aime toujours puisqu'il regarde souvent d'anciennes vidéos 3D de leurs années heureuses) on peut donc penser qu'il rêve tout naturellement que Lara vienne le sauver, ce qui pourrait expliquer le fait qu'elle passe de statut de femme faible ou au caractère pas bien défini à une femme d'action qui vient libérer son mari arme en main (un peu plus tard toujours dans la même séquence). Ainsi Anderton mettrait dans sa tête en scène le scénario idéal de fin où la morale serait sauve. Bien sur cette théorie ne tient la distance que grâce au plan cut qui passe du cercle éclairé à l'image de Lamar vue en point de vue subjectif. Mais Revenons à la phrase de Lamar : "tout est de ma faute". C'est comme un fantasme de John, le fantasme de toute victime en règle générale, vouloir que le meurtrier se reconnaisse en tant que coupable, donc ce plan de Lamar avançant vers la caméra pourrait être l'aveu fantasmé de ses crimes, ce qu'Anderton rêve d'entendre pour trouver la paix intérieure. De ce fait, le plan précédent est là pour nous suggérer peut-être, sans lourdeur, ni insistance manifeste que John est prisonnier et le restera et que tout ce qui va se passer est une projection mentale de son esprit. Dans le cas contraire, on peut se demander quel serait l'intérêt de ce plan "in vitro", ainsi que de cette transition vers un plan en vue subjective (comme si finalement le sujet (Lara) du plan était d'abord indéterminé) ? Simple esthétisme ? Cela serait fort étonnant, de plus il n'y a rien de follement esthétique dans ce plan, en revanche la théorie du rêve d'Anderton s'en trouverait justifié.
Le reste de cette séquence est une conversation entre Lamar et Lara sur la culpabilité de ce dernier. Mais cette séquence, ni dans le fond, ni dans la forme n'apporte de véritable étayage de la thèse "rêve d'Anderton" à la seule exception que c'est dans cette séquence où Lamar se trahit comme le plausible meurtrier d'Anne Lively. En effet, le grand Lamar Burgess, criminel de génie, manipulateur sans égale, qui arrive à faire croire à toute son équipe qu'il est parfaitement clean commet une bourde de débutant en disant ceci : "Ecoutez, dès lundi matin je vais essayer d'examiner la piste Witwer et je vais demander à Gédéon de chercher dans les archives du centre si un des détenus à noyé une femme qui portait le nom de … (il se rend compte de son erreur) de… comment avez-vous dit qu'elle s'appelait". Ce à quoi Lara répond : "Anne Lively, mais je n'ai jamais dit qu'on l'avait noyé". Etrange, non seulement il commet une bourde mémorable en dévoilant qu'Anne Lively a été noyé, ce que personne ne sait à part Gédéon, Witwer, Anderton et Agatha et peut-être Lara, mais en plus sur la fin de sa réplique, il manque de dévoiler son nom "de…de… comment avez-vous dit qu'elle s'appelait". Son hésitation et son jeu étant clairement perçu comme tel. Pourquoi un génie criminel de cette envergure qui a échappé à tant de personnes pouvant trouver la vérité, irait-il la révéler aussi inconsciemment ? On peut bien sur dire que un génie criminel aussi génial qu'il soit a des failles, mais en revanche, si on reste dans l'optique du rêve d'Anderton cela prend tout son sens cette révélation inopportune. Dans le cas du rêve d'Anderton, on peut penser sans doute que John imagine Lamar se planter lamentablement comme un vulgaire délinquant et ainsi cela lui permet de faire chuter de son piédestal, un homme qu'il a tant aimé et respecté. Lamar dit d'ailleurs "Je considérais John comme mon fils". De plus, cette hypothèse est intéressante dans la mesure où cette scène renvoie à la scène des aveux de Speelbound d'Hitchcock, autre grand film sur le rêve et l'inconscient. Ce serait donc une référence clin d'œil de Spielberg au grand génie Hitchcock dont les intrigues se révèlent souvent grâce à des rêves ou des états proches du rêve. On aurait donc un aperçu de ce que John rêve en tant que prisonnier : la confrontation entre sa femme (qui n'est pas présentée comme une figure de femme d'action depuis le début du métrage) et son pire ennemi, paradoxalement père de substitution.
Ensuite Lamar cherche à tuer Lara pour l'empêcher de parler, mais sa secrétaire faisant irruption dans la pièce l'oblige à changer de technique. Lamar ne chercherait pas à la tuer à cause des Pre-Cogs qui sont à nouveau trois, donc à nouveau opérationnels, il ne prendrait donc pas ce risque insensé.
Dans un gros plan surexposé, étrangement d'ailleurs, dans une pièce assez sombre, Lamar, dont le visage baigne de lumière comme dans un rêve s'adresse à Lara mal à l'aise : "nous reparlerons plus tard, peut-être demain, je viendrais vous voir chez vous". Lara acquiesce, et Lamar sort pour sa conférence. Rien dans ce passage ne permet de justifier totalement la thèse du rêve d'Anderton, si ce n'est les deux troublantes erreurs que commet Lamar, mais ce n'est pas suffisant pour conclure au rêve. Mais continuons.
Lara le regarde s'en aller, s'ensuit un travelling avant vers elle. Le regard de Lara se pose sur les affaires de John qui traîne dans une caisse transparente posé sur une petite table en face d'elle. Un travelling avant vers la caisse contenant les affaires de John : son arme, son œil, ses dossiers et… On a presque un portrait chinois de John à travers certaines de ses affaires, c'est John en raccourci en fait, la présence de John et la caisse qui fait office de simili cercueil. On peut avancer aussi l'hypothèse que ce simili cercueil renvoie de façon mimétique à la prison tube transparent dans laquelle est enfermé John et que le tout peut donc renvoyer au rêve. Mais peut-être et c'est plus probablement le cas, cela annonce la séquence d'après dans la prison. D'ailleurs les stries horizontales de la caisse transparente renvoient aux tuyaux d'orgues verticaux de la sentinelle (même forme ou approchant, même couleur, même transition en travelling avant). La musique religieuse (Jésus que ma joie demeure de Jean Sébastien Bach) qui se fait entendre pendant ce double travelling est d'abord présente sur le plan de la caisse en tant que musique extradiégétique, puis en montant crescendo, elle devient sur le plan de l'orgue musique diégétique et an empathique (quel que soit le personnage concerné, Lara, John ou Gédéon qui joue pour les prisonniers). Cette musique envahissant progressivement l'image, peut être perçue soit comme une annonce du plan de l'orgue, soit comme une référence à un enterrement (musique religieuse et simili cercueil) ; donc à l'enfermement réel d'Anderton, donc au rêve que ce dernier ferait à ce moment précis. Difficile encore de trancher mais voyons la suite.
Le plan suivant, dans un travelling avant vers Gédéon (la Sentinelle) qui jouent de l'orgue pour les prisonniers, nous dévoile un pistolet qui s'avance et se pointe sur la nuque de Gédéon. Lara la femme "au foyer" devient une redoutable femme d'action. "Il faut que je parle à mon mari". Dans l'hypothèse où John rêve ce qu'il voudrait qui arrive, ce brusque changement d'attitude de Lara pourrait être expliqué par le fait que John rêve que sa femme l'aime à nouveau et soit prêt à la délivrer arme au poing. Dans le cas contraire, c'est une initiative de Lara, après tout les êtres humains sont complexes au point de se surprendre eux-mêmes parfois.
Gédéon étonné de son arrivée lui répond "vous n'avez pas l'autorisation, comment êtes-vous entrée ici". Et Lara pour toute réponse pose l'œil restant de John sur l'orgue faisant jouer la clef la plus grave. Ce détail mi-comique, mi-macabre trouve un sens dans l'hypothèse où ceci est un rêve d'Anderton. En effet on peut penser que Anderton rêve que sa femme utilise son œil et son pistolet (pris dans la caisse blanche, on les voit par transparence) pour pénétrer dans la prison et le sauver. Mais cet œil peut également être pris comme une référence à un monde du rêve. Le rasoir tranchant l'œil dans Un chien andalou de Luis Bunuel, un réalisateur fort apprécié de Spielberg, ou encore la séquence du rêve dans Speelbound D'Hitchcock, toutes deux inspirées par Dali. Quoiqu'il en soit, cette séquence en tout les cas onirique fait place au discours de Lamar pour la nationalisation de Pre-Crime.
L'accord de l'œil posé sur l'orgue fait une transition sonore avec les applaudissements (comme à la fin d'un concert) et la soirée Pre-Crime. On découvre Lamar qui remercie les gens. La secrétaire de Lamar lui offre une boite contenant un revolver et cinq balles plaquées or. Lamar explique à l'assemblée ce symbole. "Des revolvers comme celui-ci ont été donnés aux généraux à la fin de la guerre de sécession par leurs troupes et les barillets étaient chargés de cinq balles plaquées or pour symboliser la fin de la destruction et de la mort, qui avait ravagé le pays pendant cinq ans". Il poursuit hypocritement ou bien peut-être y croit-il vraiment ; à moins que ce ne soit aussi dans le cas du rêve d'Anderton, la manière dont John perçoit Lamar, son presque père (ce discours fait d'ailleurs écho à celui de Hook, ou encore celui de Catch me if you can, tout deux sur la vision d'un père par son fils sans trop sur interpréter). Il poursuit donc son discours : "mesdames et messieurs avec Pre-Crime qui devient national peut-être pouvons nous enfin envisager un avenir où aucun de nous n'aura plus jamais l'occasion de décharger une arme à feu". C'est bien sur oublier que Lamar a tué 24h avant Danny Witwer avec le pistolet de John et qu'il est impliqué dans la mort de Leo Crow. Dans cette scène, aucune indication ne permet de créditer l'hypothèse du rêve d'Anderton.
Ensuite le téléphone de Lamar sonne, sa secrétaire répond et le lui passe. C'est Anderton. S'ensuit un appel de Lara à Jad (le soldat noir de Pre-Crime) lui demandant d'aider John. Jad envoie la prévision d'Agatha impliquant Lamar dans le meurtre d'Anne Lively sur grand écran. Anderton dit à Lamar qu'il sait tout. Dans la salle les gens sont médusés lorsqu'ils découvrent que Lamar est coupable du meurtre. Lamar fuit la salle et aperçoit John. Lamar entre dans la cuisine et charge l'arme qu'on lui a offert. Dans cette séquence, il n'y a pas non plus d'éléments accréditant la thèse du rêve d'Anderton si ce n'est la voix off qui interroge Lamar comme un jeu télévisé. "Alors qu'est-ce vous allez faire Lamar, qu'est-ce que vous allez faire ?". Cette voix off peut aussi agir comme la voix d'un fantôme. On peut imaginer qu'il s'agit de la confrontation entre Lamar et Anderton, mais rien ne permet d'accréditer cette thèse. Mais on est plus proche de l'irréel en tant que fiction filmée plutôt que de l'irréel en tant que rêve.
La séquence suivante montre comment Lamar se rend coupable d'un futur meurtre à l'encontre de John. Agatha et les jumeaux visualisent ce futur meurtre. L'équipe d'Anderton voit que John en est la victime. Pendant ce temps, Lamar et John se disputent violemment dans la cuisine (dialogue anticipé également par les Precogs). Les hommes de Pre-Crime voit Lamar dire "pardonne-moi John" et le tuer ensuite d'une balle dans le cœur sur la terrasse de l'hôtel. Le lien avec le rêve vient ensuite, car si on quitte Lamar et John dans la cuisine, on les retrouvera la séquence d'après sur la terrasse et ce sans qu'on sache ce qui s'est passé entre temps. Il ne s'agit pas d'ailleurs d'une ellipse puisque le dialogue reprend à l'endroit où il s'est terminé dans la cuisine. En revanche cela rappelle étrangement l'incohérence d'un rêve où l'on peut rêver une action dans un lieu, action qui se poursuivra dans un autre lieu sans nous choquer le moins du monde. Peut-être ce la même chose pour ce passage. Par contre dans le cas de la réalité, il y a une incohérence d'action et de lieu entre la scène de la cuisine et celle de la terrasse. Les hommes Pre-Crime voit la boule du meurtrier descendre le long du tube : "Perpetrator : Lamar Burgess".
Ensuite la caméra en vue subjective franchit la porte de la terrasse et s'avance vers John. On retrouve le même angle et le même mouvement de caméra qu'au tout début du passage dans la scène entre Lara et Lamar peut-être s'agit-il d'un indice destiné à montrer que la scène est toujours celle que rêverait Anderton même s'il est présent dans la scène dans son propre rôle. Anderton habillé en noir avec sa houppelande à la Dark Vador (celle qui arbore dans les bouges) s'adresse à la caméra/Lamar ? "Lamar, c'est fini, la seule question qui reste c'est qu'allez-vous faire maintenant". Lamar entre à son tour sur la terrasse, vu de dessus ; son ombre, gigantesque, comme dans un cauchemar, s'étend sur le sol de la terrasse.
Vient ensuite le "débat/discussion" entre Anderton et Lamar sur la question du choix et de la culpabilité ; et dans cette séquence non plus, rien ne vient appuyer la thèse du rêve. Lamar se suicide et la musique extradiégétique retentit. Les gens de Pre-Crime tâte le pouls de Lamar, Lara court dans les bras de John, les invités s'approchent. La caméra s'éloigne en travelling vertical en plongée comme dans un rêve (cf la fin de Brazil de Terry Gilliam). On pourrait croire que c'est la fin de la séquence mais il n'en est rien.
Les outils de Pre-Crime sont visualisés en plusieurs plans. Un plan des bureaux vides de Pre-Crime, commenté par la voix off d'Anderton, déjà étrange comme procédé, cela renvoie à la séquence du dîner et donc à la possibilité que ce soit un rêve "en 2054, l'expérience de six années de Pre-Crime a été abandonnée". Un autre plan de la salle des gardes, totalement désertée. Un plan du bassin des Precogs lui aussi vide avec de nouveau la voix off d'Anderton "tous les prisonniers furent pardonnés inconditionnellement et libérés, toutefois les services de police gardèrent un œil sur plusieurs d'entre eux pendant des années". Les images de lieu déserte, en plus de la voix off donne une impression de voix fantomatique, ou de rêve, comme si Anderton rêvait ce qu'il voulait qui arrive et non la réalité de ce qui est.
On découvre ensuite Anderton chez lui, ses cheveux ont repoussé, et il regarde au dehors, la pluie qui ruisselle sur les vitres. La caméra dévoile dans un panoramique Lara Anderton. Elle s'avance vers John, elle est enceinte. Il la regarde et lui sourit. Ils s'embrassent tendrement et semblent être heureux. Nous avons ici soit "l'happy end à l'américaine", quoique la grossesse de Lara n'aie rien de réjouissant sachant que Sean vivra éternellement dans le souvenir des jeunes parents, mais admettons ; Soit si l'on se place du point de vue du rêve, on peut penser qu'il s'agit d'un fantasme de John toujours prisonnier. Après avoir rêvé la révélation et la mort du "méchant", puis le démantèlement du système perverti ; son rêve serait de retrouver sa femme et de vivre avec elle et un nouvel enfant pour "compenser" la mort de Sean.
Enfin on découvre les jumeaux precogs dans une maison ensoleillée. Leurs cheveux ont repoussé eux aussi. Ils portent des vêtements plus agréables que leur justaucorps couleur chair et lisent des livres. La caméra continue en travelling arrière et dévoile Agatha dont les cheveux ont aussi repoussé. Elle lit un livre en regardant le souvenir de sa mère qu'elle tient en pendentif serré dans sa main. On entend à nouveau la voix off d'Anderton : "Agatha et les jumeaux furent transférés dans un lieu secret, un endroit où ils seraient délivrés de leurs dons, un endroit où il pourrait terminer leur vie en paix". On ne peut terminer la "happy ending" sans sauver les gentils precogs malheureux esclaves du système, mais au-delà de ce point de vue, dans le cas du rêve d'Anderton, on peut imaginer, qu'il souhaite lui prisonnier que les esclaves soient sauvés. La voix off revient encore une fois étrangement et appuie cet état d'irréalité de ce que l'on voit, de plus le discours d'Anderton est redondant puisqu'il ne fait que commenter les images qu'il voit, hors le film n'a jamais usé ce genre de ficelles scénaristiques lourde, si ce n'est dans la séquence qui nous a intéressé. La caméra poursuit son travelling arrière et sort par la fenêtre, après quoi toujours dans le même plan, elle s'éloigne dans le ciel en semi-plongée, toujours plus haut, toujours plus loin. On a d'ailleurs la même fin exactement que Brazil (d'ailleurs beaucoup de références sont faites à Brazil dans Minority Report) sauf que la maison qui fume avec le tracteur est un mobil home qui fume avec un truck, mais le plan à la grue est exactement le même. Ensuite Gilliam brise le rêve en revenant dans la salle de torture, ce que ne fait pas Spielberg, proposant ainsi cette double lecture de la fin, pour un film sur le choix, voilà qui est fort judicieux. La dernière voix off agit de la même façon que les précédentes, Anderton décrit l'action et dans le cas du rêve souhaite que ça se finisse "bien" pour tout le monde. Un peu comme le "tout est qui bien qui finit bien" des contes de fées mais en décalés, ou le "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" dans Candide de Voltaire. Mais quel que soit l'hypothèse selon laquelle on analyse la fin du film, on ne peut nier qu'elle ait des liens avec l'onirisme et le rêve. D'ailleurs c'est le cas du film entier à bien y réfléchir.


Nous avons vu qu'il était très difficile voire quasiment impossible d'analyser la séquence 21 à 24 du dvd de Minority Report. Rien ne permet de dire que l'hypothèse du rêve soit vrai ou fausse, en revanche, plusieurs indices visuels, filmiques, référentiels ou scénaristiques permettent de s'interroger sur la présence du double fin pour le spectateur.
De là à en conclure que Spielberg se moque lui-même de l'"happy end à l'américaine" et nous propose une fin plus sombre, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas. Mais il faut aussi préciser que si Minority Report est un film sur le choix, on peut penser que sa fin si ambiguë et aux deux interprétations possibles est elle aussi laissée aux libres choix des spectateurs, seront leurs états d'esprits, leurs sensibilités et leurs envies, même si je reste persuadé que la fin heureuse n'est qu'un leurre de plus. Après tout Minority Report est tiré d'une nouvelle de Philip K Dick, écrivain américain génial et torturé, qui a créé plus d'un univers où règnent le leurre, la paranoïa et le faux semblant.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:45

 

J'ai revu (une deuxième fois donc ! ça va on suit bien), Jurassic Park, et même si les FX ont un peu vieilli et que ce film n'est pas le plus Spielbergien, il est révélateur sur plusieurs plans de la maestria Spielberg et de la dissémination d'indice dans l'image ou le discours.

j'appellerai ça, l'effet "anti-minority report". Je m'explique, dans Minority Report, le discours est faux , tout le monde manipule Anderton et lui ment. Seuls certaines images dévoilent la vérité (pour le plus grand malheur de gens comme Lamar). Dans Jurassic Park c'est l'inverse, les images sont fausses comme le dit Ian Malcom, il ya une illusion du contrôle, mais la vérité vient du discours cette fois, il ne faut pas se fier aux images, ni aux panneaux(l'inverse de Terminal ou les gens ne lisent pas les panneaux et se provoque des accidents).

Là il faut ne pas lire les panneaux pour survivre (ex : DANGER ELECTRIC VOLTAGE => le courant est coupé, l'informaticien vénale qui fait l'erreur de lire le panneau du port arraché au lieu de suivre son instinct et d'aller dans la bonne direction, il replante le panneau, et suit la voie qu'il lui indique qui le mènera à sa perte).
Le discours du théoricien du Chaos bien sur, pas du Prométhéen John Hammond(encore un manipulateur, comme Anderton au début qui manipule au sens pratique, l'image). L'image se chargera ensuite de vérifier les dires du scientifique ange déchu (il est tout habillé de noir, Hammond est un blanc, ne jamais sous-estimer l'importance du costume et du choix des couleurs dans un film de Spielberg).

Ian dit que la vie passe quoiqu'il advienne, Hammond lui dit qu'il n'y a que des femelles, sur l'île, la réponse de la nature a lieu avec l'ADN de grenouilles entrainant le changement de sexe des dinos, Grant découvre les oeufs témoin de la théorie de Malcom, l'image vérifie les dires du théoricien du Chaos. Plusieurs autres vérifications avec l'image auront lieu.

Mais Jurassic Park c'est aussi un film métaphysique, ainsi comme le dit si bien Malcolm (décidément encore lui) : " Dieu crée les dinosaures, Dieu détruit les dinosaures, Dieu crée l'homme, l'homme détruit Dieu, l'homme crée les dinosaures". Il ne le rajoute pas mais ce sophisme tombe sous le sens, l'homme créateur à son tour, se prend pour dieu (étrange représentation physique d'Hammon , renvoyant au Dieu anthropomorphe de Michel-Ange par exemple).

Il y aura d'ailleurs une punition, mais elle ne peut venir de Dieu puisque selon Ian il est mort, donc elle vient de la terre elle-même Gaia, la Grande déesse celte également. D'ailleurs Ellie le précise à Ian, "la femme hérite de la terre" qqch comme ça. Ainsi Gaia provoque une tempête qui rend l'île encore plus chaotique, elle libère les créatures de la terre (les dinos), elle ensevelira aussi les recherches génétiques de dinos piquées par l'informaticien vénal sous des monceaux de boues (gros plan du container ADN que la boue enseveli).

Le Chaos provoquera aussi la mort de chaque personne qui a intenté à la vie et a voulu se prendre pour Dieu , plus les malheureux employés (comme Samuel L Jackson perdu dans cette île). Seul le professeur Hammond ne mourra pas, mais l'amour qu'il possède pour ses petits enfants sera mis à rude épreuve.
Ainsi :

L'avocat véreux meurt bouffé sur les chiottes par le T.Rex pour avoir voulu tirer profit des dinos ressuscités.
Le chasseur meurt pour avoir osé participé à ce projet
L'informaticien meurt pour avoir tenté de propager cet hérésie de la science.

les seuls qui ne meurent pas sont : les enfants (c'est d'ailleurs eux qui sauveront la base), les deux archéologues (ils sont humains et l'argent les a achetés mais ils ont bon fond (Grant va s'occuper des enfants qu'ils abhorrent par dessus tout prouvant qu'il peut devenir père sans problème), Malcom est blessé mais épargné par le Chaos, parce qu'il a mis en garde tlm.

Il ne faut pas y voir une fin, ni un film moralisateur, mais plutôt une simple constatation. Il ne fait pas bon se prendre pour Dieu, et on paye toujours le prix de son arrogance.

je reviens aussi rapidement sur deux moment du scénario dont un qui semble inutile mais qui trouvera sa justification dans la suite du film :

1) le professeur Grant terrifie un gamin du site de recherche paléo en expliquant le mode de fonctionnement de l'attaque des raptors : on fixe le premier raptor et deux autres raptors vous attaquent sur les côtés, raptors qu'on n'avait même pas vu venir.
Pour répondre à ce discours, aussitôt après, l'hélicoptère de Hammond se pose, tous le fixe, mais Hammond n'y est pas ! le pilote indique la caravane de Grant du doigt !

Grant et Ellie pénètre dans la caravane et tombe nez à nez avec Hammond, qui comme une bête sauvage, fouille dans leur frigo à la recherche de nourriture (en l'occurence d'une boisson, du Champagne) : le discours qui me semblait ne servir à rien, sert en réalité à présenter Hammond d'une part, en faisant uen analogie entre lui et les raptors (l'hélico que l'on voit pourrait êtr le premier raptor, celui qui attire l'attention, et Hammond largué avant que l'hélico arrive ou par un autre hélico, est le raptor qu'on n'avait même pas pressenti).

Hammond ressemble à "ses" créatures et sa proposition de voyage à JP est trés intéressé et dangereuse. Spielby nous met en garde, méfiez vous de ce vieil homme à barbe blanche. Il n'est pas ce qu'il semble être.

D'autre part, l'explication du début de Grant sur les raptors, permet d'anticiper la mort du chasseur avant lui., tuer par les raptors également et de la même manière décrite au début du film par Grant.

encore une petite chose, Spielberg s'autocite; allusion à Duel (la camionnette land rover qui semble doué d'une vie propre et descend l'arbre pour écraser Grant et Tim (d'ailleurs les voitures du parc sont télécommandés, ya pas de chauffeur =camion fantôme qui semble sans chauffeur comme dans Duel).

La fin du film n'est pas irréaliste (le T.Rex qui bouffe les deux raptors) dans la mesure où elle s'inscrit dans une symbolique particulière. Notre grand père (le Tyranosaurus Rex) sauve la vie de sa descendance en détruisant à nouveau les dinos. Il se place comme protecteur et non comme agresseur.

Jurassic Park c'est aussi le film du changement, le tournant définitif d'une page de l'histoire du film de monstre : Foin de marionette capté image, par image, plus trop de robot animatronic, la plus grande partie des monstres du film sont réalisé en synthèse. Le procédé virtuel supplante l'animation à l'ancienne, des chef d'oeuvre de Ray Harryhausen et autres. Ce film c'est donc aussi la destruction de l'imagerie traditionnelle (le squelette écorché de T.Rex qui explose à la fin du film sur le sol en est la preuve, une forme d'FX a vécu, la nouvelle génération est en marche. Après JP, on ne présentera plus les monstres en image par image, (à l'exception de Spy Kids 2 mais c'est un choix personnel de Rodriguez pour rendre hommage aux créatures de Harryhausen). JP est un film du chaos, sur le chaos mais aussi un film métaphysique et une mise en garde contre l'abus de la science (cf 2002 : l'attaques des clones de Lucas qui pose le même postulat).

Enfin j'aborderai le miroir de deux personnages complémentaires :

Ian Malcolm/John Hammond

Malcolm est habillé tout de noir, il est assez barjo et ne semble jamais sérieux et raisonnable => Spielberg nous montre un personnage limite (au limite de la folie : il parle tout seul, fantasme, et théorise sur tout), une peu comme ce que sera le futur Anderton, ou Tom Hanks dans Ryan (qui sur la fin du film tire avec son pistolet sur les tanks, comportement totalement illogique et vain témoignant de l'absence de santé mentale du sujet) ! Bref, Malcolm est présenté comme un barjo, et peu sérieux, Hammond dira d'ailleurs de lui "je demande un scientifique et on m'envoie une star du rock" , lui ôtant tout crédit scientifique, juste un jugement sur son état et sa tenue, mais l'habit ne fais pas le moine, en revanche, il fait le démon : Ian Malcolm est en qques sorte la représentation idéal de l'ange déchu ! Il est tentateur : il tente de séduire Ellie, la Eve (héritant de la Terre) du Paradis Perdu , l'île est surnommé Lost Eden (a moins que ce ne soit dans le 2).

Par analogie, on le rapproche trés vite de Satan, ou du serpent, d'ailleurs il n'a , je pense échappé à personne qu'on trouve l'image d'un serpent glissant sur la terre dans JP et ce dans un seul plan ! Mais qui est ce serpent ? pourquoi un seul plan ? ce n'est pas une allusion à Indy et la haine de indy pour les serpents , ni une autocitation de Spielberg, en revanche, les noirs d'Afrique considèrent le serpent comme un messager des dieux (cf le livre : l'enfant noir de Camara Laye), voire un esprit, parfois un démon !

En revanche, malgré sa noire description, et ses attitudes assez similaire au tentateur, Malcolm s'avère être une des personnes les plus sensées de l'île ! Ne pas se fier à ce que l'on voit, encore une mise en garde de Spielberg, la même que pour les écriteaux : le mensonge est sur l'île, où que ce soit, le mensonge et une forme de mal, de Chaos.

Le deuxième personnage de ce dyptique miroir c'est John Hammond .
au contraire de Malcolm, Hammond est présenté par Spielberg, comme un gentil , et inoffensif papa, papy gâteau. Il est habillé de blanc, symbole de pureté et de Bien (dans la logique manichéenne) et a un visage trés proche du Dieu chrétien anthropomorphe. Selon ce que nous montre Spielberg, notre sympathie lui est toute acquise ! Mais, car il ya un mais, il s'avère être capricieux (il veut les chose trés rapidement), il s'incruste dans la roulotte de Ellie et Grant et se sert avec sans-gêne dans leur frigo, ouvrant sans aucune vergogne leur champagne, il dépense sans compter mais se révèle trés radin pour les mesures élémentaires de sécurité (comme le groupe électrogène situé à l'opposé de la salle de contrôle, une négligence qui coûtera la vie à S.L Jackson) !
Il se prend effectivement pour le dieu auquel il ressemble et sous-considère ses employés et les sous-payes (c'est la raison pour laquelle Nedry le trahira et tentera de voler les embryons de dinos)!

D'ailleurs à ce propos, une de ses répliques m'a choqué, je pense que ct le but de Spielberg, il entre dans le labo, l'avocat demande si ce sont des animatroniques que l'on voit derrière la vitre, et Hammond dit que non, ce sont les "vrais" scientifiques, il n'ya aucun automate que des personnes réels !

Mais quel être abject est-il donc pour montrer (peut-être sans leur consentement)des êtres humains travaillant sans relâche dans des cages comme des animaux de foire, n'a t-il aucun égard pour l'intimité humaine ? D'ailleurs, il dit que ce ne sont pas des automates, mais a bien y réfléchir ça en est ! des êtres humains qui travaillent sans manger et dormir (pour leur cause remarque, il ne sont pas encore eslaves ; ça viendra chez Spielby dans Amistad, puis A.I et enfin Minority Report) , quelques sandwichs quoi), il n'y a qu'à voir leur état physique et les cernes de leur visage pour voir qu'ils bossent à s'en épuiser, en effectif réduit (radinisme du proprio ?) ; et sous payés (cf la trahison de Nedry) n'est-ce pas en quelque sorte de pseudo-automate ?

En gros, Hammond est responsable en partie de toute la catastrophe et du Chaos qui en découlera, il est pour ainsi dire l'instigateur du Chaos, à la manière d'une Hineman dans MR ! Celui qui instrumentalisera le Chaos étant ici non pas Anderton, mais Nedry (panne généralisé du sys pour voler les embryons provoquant le court-circuit des voitures motorisées et des sys de protection des cages des dinos => déferlement du Chaos sur terre ! ).

Spielberg nous dépeint à travers ce personnage, je pense la même chose que pour Malcolm mais en inversant le sentiment ! Pour résumer en simplifiant : Tout ce qui est censé représenter le Mal c'est le Bien, le Bien c'est le Mal ! Hammond est habillé de blanc, en apparence pure et gentil, et Malcolm est censé être un démon, mais le démon se révèle un archange et l'archange gabriel ou le dieu anthropomorphe se révèle être un démon ou le diable.

 

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