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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:36

il n'y en a aucun me direz vous, le fait de deux réalisateurs trés différent, dans deux optiques différentes, et pourtant, chez l'un comme chez l'autre, toute les "obsessions" "tic de réal" qu'on retrouvera dans leur futur production sont déjà là.

http://www.celluloidz.com/wp-content/uploads/2011/02/pi.jpg

Ils sont tout deux réalisé par de futur surdoué de l'image, du montage et de la narration. Tout deux en noir et blanc pour éviter le maximum de problème de lumière, les deux ont d'ailleurs le défaut (la volonté ?) d'être terriblement surexposé sur les extérieurs ou les endroits donnant sur l'extérieur (type fenêtre, porte), tout deux utilisent un montage nerveux mais pas épileptique non plus, une musique entêtante, voir par moment carrément électro.http://streambot.net/files/thumbs/1294288202bf162.jpg Tout deux utilisent des comédiens non connus ou des amis du groupe (à noter que j'aurais juré que Johnathan Nolan était le petit frère de Chris et non son grand )

les deux traitent plus ou moins de SPOILER  complot - et de personnage d'une ambiguité certaine, on croirait presque que- SPOILER  :  la femme du cartel industriel boursier (PI) comme le jeune dandy cambrioleur Cobb (The Following) sont des représentations imagés du Diable. De sorte qu'on se retrouve presque dans la théorie d'un "pacte Faustien". 

A noter également une certaine violence hors-champ, mais dont l'exécution n'en a que plus de prise avec le prolongement sonore de cette violence.

A noter également que SPOILER :  les deux personnages principaux finissent fous ou considérés comme tel.

Nolan traitant ici de son thème fétiche la manipulation mentale, on a presque en substance les prémisses du futur Memento (et déjà une construction intemporel) mais aussi on peut lire comme pour le Prestige, "le Suiveur" comme un film sur le cinéma.

Quant à Aronofsky, il traite du complot, du génie et des affres de ce génie mais aussi du basculement dans la folie avec en plus une réflexion sur "Dieu" qu'on retrouve également dans The Fountain.

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:10
SrorriM / Mirrors
 
C'est en traînant des pieds que j'étais allé voir avec un ami (l'objectivité en duo est toujours préférable) le dernier opus de la nouvelle coqueluche française hollywoodienne, j'ai nommé Alexandre Aja. Je n'ai jamais été particulièrement fan du bonhomme et ses deux premiers films ne m'ont pas plu du tout. J'ai trouvé Haute Tension, ultra violent mais surtout très incohérent et j'ai tenu moins d'une demi-heure devant La Colline a des Yeux. Vous l'aurez compris, le survival sans une once de scénario original n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Mais outre le réalisateur reconnu ou le fait que le film soit un remake inspiré d'un film coréen "Into the mirrors" que je n'ai malheureusement pas vu; c'est précisément l'histoire de ce scénario qui m'a donné une grande envie de donner à nouveau sa chance à un réalisateur que je trouve plutôt doué. Donc l'histoire, pour la résumer en deux mots, est celle d'un ancien flic qui s'en veut de la mort d'un de ses collègues. Il a bien évidemment dans cette mort une grosse part de responsabilité. Pour s'éloigner un temps du métier de policier, il va devenir vigile de nuit dans un centre commercial désaffecté après la disparition mystérieuse du précédent gardien. Il va être témoin d'évènements troublants qui vont le forcer à partir en quête de la personne qui pourra les arrêter.

Sans trop en dire pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, ce film est, sans aucun doute, un des meilleurs films sur les reflets ou à base de reflets qu'il m'ait été donné de voir. En effet, la caméra tantôt fixe, tantôt aérienne d'Aja va toujours montrer des reflets, créant par là même des personnages qui n'existent pas, entourant le héros de multiples points de vue. Ces derniers pouvant d'ailleurs faire office d'autant d'anciennes victimes l'accablant de reproches. Et c'est littéralement le sujet du film, car l'intégralité de ce dernier va tourner autour des thèmes de rédemption, de culpabilité, de sacrifice ; autant de questionnements ciblant aussi bien le héros que la personne à l'origine des évènements qui vont secouer les différents lieux.

Il y a du Poltergeist de Tobe Hooper dans ce film, et plusieurs scènes y font penser, comme cette scène où le sol absorbe au sens propre un personnage. Aja questionne également l'image qu'on renvoie de nous-mêmes aux autres, mais également à soi ; rien de très nouveau, mais il le fait avec passion et modestie, ce qui nous embarque volontiers dans le périple du héros. C'est d'ailleurs, un Kiefer Sutherland à l'opposé de son baroudeur Jack Bauer de la série 24 que nous découvrons dans le film. Un personnage tout en finesse, d'une sensibilité accrue et qui laisse entrevoir tout ce que le drame du début du film a pu provoquer sur son être.

De sorte que la quête qu'il se donne à finir pour ne pas sombrer dans la folie et voir détruire sa famille est plus qu'intimement liée à cette triste histoire que nous découvrons sur une manchette de journal à l'incipit du film.

En conclusion, Aja dans ce film, délaisse son gore habituel pour un suspense habilement distillé, de rebondissement en faux semblants, à l'exception toutefois de deux scènes d'une rare violence, mais ayant pour mérite d'inscrire le récit dans un refus net du blockbuster formaté. La fin quant à elle, offre un moment de cinéma et de frisson qui rappelle à tous les cinéphiles téléphages les meilleures heures de la feue série « Twilight Zone » de Rod Serling. Et comme à la sortie de Phénomènes, je regardais le vent dans les arbres avec circonspection ; en sortant de la salle, le miroir de l'entrée du cinéma à moitié éclairé par des halogènes faiblards me donna une de mes plus grandes peurs. Pari réussi donc, si tant est que le cinéma de série B, celui auquel Aja rend ici hommage marche sur le spectateur par sa capacité à rendre le virtuel le plus fou, quasi réel ou approchant.
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 12:38

Voilà, je voulais vous montrer le graphisme de ma future société de prod', dessiné par mon beau-frère, un talentueux graphiste qui mérite d'être reconnu et de faire de grands projets, (www.infographiestudio.com)

Ainsi que l'affiche de mon premier court-métrage, "Cas de Conscience", qui est elle réalisée par moi, simple montage de photo de mon acteur principal.

Je mets également en ligne les pré-projets d'affiches du film non retenus car rappelant trop d'anciens films (donc seulement les photos sans le texte), parmi lesquels au moins deux que vous connaissez bien ;) :)

Enfin les jacquettes intérieures du DVD si jamais il me passait dans la tête l'idée follement saugrenue d'en faire un :)

Et enfin la jacquette de la BO si je décidais subitement et stupidement lol de sortir le CD des musiques du film, composées à de rares exceptions par le trés talentueux musicien Mourioche (www.mourioche.com / www.sound-fishing.net )



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Published by LordGalean
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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 14:47

Je vous l’avais promis depuis longtemps mais je n’ai jamais eu vraiment soit le temps, soit la possibilité effective de le faire à cause de l’écriture de mon DEA. Mais maintenant que ce dernier est de l’histoire ancienne et que je suis à même de le faire, je ne m’en priverais donc pas. Voici donc en avant première, longtemps retardé, j’espère toujours attendu, le comparatif complet de War of the Worlds (la Guerre des Mondes) film et livre :

Ps : Au vu de ce comparatif, vous comprendrez pourquoi ce film, même si il est extrêmement infidèle au roman y est en même temps terriblement fidèle. Paradoxe étrange mais néanmoins possible, surtout parce que comme vous le verrez au cours de cette lecture, Spielberg et Koepp ont changé les personnages mais en gardant la trame complète du roman.
Le comparatif a été fait à partir de mes souvenirs du film de WOW ; (donc pardonnez moi les incohérences/erreurs, j’ai juste ma mémoire comme recours, je n’ai pas encore le dvd), et à partir du livre La Guerre des Mondes de H.G Wells, édition Folio, 1950.

Roman de HG Wells : Personnages :

Le Narrateur (le récit jongle en alternance avec son histoire et l’histoire de son frère)
Son frère
La femme du narrateur
Le Vicaire (blond aux yeux pâles, paranoïaque et pieu)
Le Soldat rescapé (Patriote mais totalement à l’ouest aussi)
Mme Elphinstone et sa belle-soeur
Ogilvy (savant ami du Narrateur, premier dans les morts, fait parti des trois pulvérisés)
Foule.second couteaux.

Film de Byron Haskin (1952)
Scénario : Barré Lyndon:

Le Narrateur (un savant)
Sa femme ?
Ogilvy (savant ami du Narrateur, premier dans les morts, fait parti des trois pulvérisés)
Une fille (romance avec le héros)
Son oncle pasteur
Foule. Second couteaux.

Fidélité au roman : Juste les noms et quelques moments forts de la trame. Invention de plusieurs personnages et situations clichés avec intervention de l’armée et discussion du gouvernement.

Film de Steven Spielberg (2005)
Scénario : David Koepp (Jurassic Park, le Monde perdu, M.I, Panic room, , Fenêtre secrète) et Steven Spielberg (Rencontres du 3ème type, A.I) non crédité au générique de WOW mais toujours trés présent dans l’écriture du scénario de ses films :

Le « héros » : Ray Ferrier, docker
Rachel Ferrier (sa fille)
Robbie Ferrier (son fils)
Un ami mécanicien
Deux connaissances de Ray
Deux amies de Ray (une femme et sa fille)
Ogilvy (un illustre inconnu de Ray.métier inconnu. Patriote, paranoïaque et pieu)
L’ex femme de Ray
Son nouveau mari
Ses ex beaux parents
Un caméraman et une reportrice 
Foule. Second couteaux

Fidélité au roman : Les noms ont été entièrement changés (à part Ogilvy) et les personnages aussi, mais on retrouve la trame intégrale du roman, jusque dans ses plus petits détails.



Chapitre 1 : A la veille de la Guerre. P11 à 19

« Personne n’aurait cru dans les dernières années du 19ème siècle, que les choses humaines fussent observées, de la façon la plus pénétrante et la plus attentive, par des intelligences supérieures aux intelligences humaines et cependant mortelles comme elles ;que, tandis que les hommes s’absorbaient dans leurs occupations, ils étaient examinés, étudiés d’aussi près peut-être qu’un savant peut étudier avec un microscope les créatures transitoires qui pullulent et se multiplient dans une goutte d’eau. Avec une suffisance infinie, les hommes allaient de-ci de-là par le monde, vaquant à leurs petites affaires, dans la sereine sécurité de leur empire sur la matière ». Page 11

« Cependant, par-delà le gouffre de l’espace, des esprits qui sont à nos esprits ce que les nôtres sont à ceux des bêtes qui périssent, des intellects vaste, calmes et impitoyable, considéraient cette terre avec des yeux envieux, dressaient lentement et sûrement leurs plans pour la conquête de notre monde. Et dans les premières années du 20ème siècle vint la grande désillusion ». Page 12

War of the Worlds de Steven Spielberg :

L’extrait du Prologue du livre que je viens de citer est presque entièrement conservé dans le roman et tient lieu de scène d’exposition. Il faut savoir que chez Spielberg tout est dit dans la première scène. Ainsi l’allusion aux microbes contenus dans la goutte d’eau (sublime plan incluant le monde dans une goutte d’eau) est déjà le révélateur de la « solution finale » qui aura raison des Aliens. J’attend le dvd pour compléter ce passage, mais je suis quasiment sur que l’intégralité de ce que j’ai cité est dans le film.

Chapitre 5 : Le Rayon Ardent. P 34 à 39

« Alors, lentement, le sifflement devint un bourdonnement, un interminable bruit retentissant et monotone. Lentement, un objet de forme bossue s’éleva hors du trou et une sorte de rayon lumineux s’élança en tremblotant.
Aussitôt des jets de réelle flamme, des lueurs brillantes sautant de l’un à l’autre, jaillirent du groupe d’hommes dispersés. On eût dit que quelque invisible jet se heurtait contre eux et que du choc naissait une flamme blanche. Il semblait que chacun d’eux fût soudain et momentanément changé en flamme.
A la clarté de leur propre destruction, je les vis chanceler et s’affaisser et ceux qui les suivaient s’enfuirent en courant.
Je demeurais stupéfait, ne comprenant pas encore que c’était la mort qui sautait d’un homme à un autre dans cette petite troupe éloignée. J’avais seulement l’impression que c’était quelque chose d’étrange, un jet de lumière sans bruit presque et qui faisait s’affaisser, inanimés, tous ceux qu’il atteignait, et de même, quand l’invisible trait ardent passait sur eux, les pins flambaient et tous les buissons de genêts secs s’enflammaient avec un bruit sourd. Dans le lointain, vers Knaphill, j’apercevais les lueurs soudaines d’arbres, de haies et de chalets de bois qui prenaient feu.
Rapidement et régulièrement, cette mort flamboyante, cette invisible, inévitable épée de flammes, décrivait sa courbe. Je m’aperçus qu’elle venait vers moi aux buissons enflammés qu’elle touchait, et j’étais trop effrayé et stupéfié pour bouger.[…]

Tout ceci s’était produit avec une telle rapidité que je restais là immobile, abasourdi et ébloui par les jets de lumière ». Page 37-38.

* Il est à noter que Ogilvy est un ami du narrateur dans le roman et qu’il meurt dans cette toute première attaque. Ce personnage est bien réutilisé par Spielberg et Koepp car couplé en trois personnes du roman).

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ray et ses amis, voisins, connaissances sont rassemblés autour des fissures qui sont apparus dans la chaussée. Puis le souffle de l’effondrement les jette à terre et une pluie de pierres glacées tombe sur le sol.
Méfiez-vous des apparences nous dit Spielberg par là. Puisque Ray jette la pierre qu’il a prise en grimaçant. Un homme lui demande si il s’est brûlé, il répond oui, mais de froid, la pierre est glacée (alors que nous spectateur l’imaginions brûlante du fait qu’elle vienne d’une météorite).
Spielberg commence à évoquer par là que les Aliens ne symbolise pas forcément les terroristes comme on pourrait le croire (mais encore faut-il avoir réfléchi à l’implication de cette pierre dans le récit, toujours à un niveau sous terrain chez Spielby, j’adore). Méfiez-vous de ce qui semble évident nous dit-il aussi par là (spéciale dédicace pour S@tch).
Bref, le sol s’effondre et le monstrueux Tripode sort de terre et après un moment de silence commence à tirer son rayon ardent sur tout ce qui bouge. Ray reste un moment terrassé par le choc, accoudé contre une voiture, puis il se met à fuir ventre à terre, pendant que les autres personnes sont calcinées sur place.
Ray comme le narrateur du roman échappe à la mort par miracle (ou par destiné, plus probable dans le cas du film de Spielberg).
Ray revient dans la maison couvert de cendre de ce qui fut autrefois des humains et ne réalise leur morts à tous que devant la glace où le visuel fait pour lui la réflexion évidente que son mental se refuse à admettre.

Chapitre 10 : En pleine mêlée. P 62 à 69

« D’abord, je ne regardai guère que la route devant moi ; puis, tout à coup, mon attention fut arrêtée par quelque chose qui descendait impétueusement à ma rencontre la pente de Maybury Hill ; je crus voir le toit humide d’une maison, mais un éclair me permit de constater que la Chose était douée d’un vif mouvement de rotation. Ce devait être une illusion d’optique __ tour à tour d’effarantes ténèbres et d’éblouissantes clartés troublaient la vue […] Quel spectacle ! Comment le décrire ? Un monstrueux tripode, plus haut que plusieurs maisons, enjambait les jeunes sapins et les écrasait dans sa course ; un engin mobile, de métal étincelant, s’avançait à travers les bruyères ; des câbles d’acier, articulés, pendaient aux côtés, l’assourdissant tumulte de sa marche se mêlait au vacarme du tonnerre. Un éclair le dessina vivement, en équilibre sur un de ces appendices, les deux autres en l’air, disparaissant et réapparaissant presque instantanément, semblait-il, avec l’éclair suivant, cent mètres plus près. Figurez-vous un tabouret à trois pieds tournant sur lui-même et d’un pied sur l’autre pour avancer par bonds violents ! Ce fut l’impression que j’en eus à la lueur des éclairs incessants. Mais au lieu d’un simple tabouret, imaginez un grand corps mécanique supporté par trois pieds ». Page 65

« Soudain les sapins du petit bois qui se trouvait juste devant moi s’écartèrent, comme de fragiles roseaux sont séparés par un homme se frayant un chemin. Ils furent arrachés net et jetés à terre et un deuxième tripode immense parut, se précipitant, semblait-il, à toute vitesse vers moi». Page 66

« Vue de près, la Chose était incomparablement étrange, car ce n’était pas simplement une machine insensée, passant droit son chemin. C’était une machine cependant, avec une allure mécanique et un fracas métallique, avec de longs tentacules flexibles et luisants. […] Elle choisissait ses pas en avançant et l’espèce de chapeau d’airain qui la surmontait se mouvait en tout sens avec l’inévitable suggestion d’une tête regardant tout autour d’elle. Derrière la masse principale se trouvait une énorme chose de métal blanchâtre, semblable à un gigantesque panier de pêcheur, et je vis des bouffées de fumée s’échapper par des interstices de ses membres, quand le monstre passa prés de moi ». Page 66

« Quand il passa près de moi, le monstre poussa une sorte de hurlement violent et assourdissant qui s’entendit par-dessus le tonnerre : Alouh ! Alouh ! ». Page 67

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Les Tripodes du film ressemblent trait pour trait au Tripodes du roman, un mélange de mécanique (câble d’acier, etc…) et de matériaux organiques (long tentacule flexible et luisants). Des Méca-orga, cher à Spielby (cf A.I, E.T, Rencontres). Dans le film, un Tripode apparait au haut d’une colline en écrasant des rangées de sapins et on voit aussi très bien la cage de la fin quand Ray se fait attraper. Quant à l’immense chapeau figurant une tête il est bien retranscrit dans le film aussi mais sous la forme d’un œil triangulaire (Dieu ? ) immense qui voit tout. Le cri entre le cri de bête sauvage et le grincement mécanique est de la même manière admirablement retranscrit par l’effet de John Williams ? Ben Burtt ?

Chapitre 12 : Destruction de Weybridge et Shepperton. Page 78 à 92

« L’intelligence vivante, le Martien qui habitait la tête, avait été tué et lancé aux quatre vents du ciel, et l’appareil n’était plus maintenant qu’un simple assemblage de mécanismes compliqués tournoyant vers la destruction. Il s’avançait, suivant une ligne droite, incapable de se guider. Il heurta la tour de l’église de Shepperton et la démolit, comme le choc d’un bélier aurait pu le faire ; il fut jeté de côté, trébucha et s’écroula dans la rivière avec un fracas formidable »

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ce passage du livre correspond bien évidemment à la destruction du clocher de l’église dans le film, même si Spielberg et Koepp ont intelligemment choisis de rendre les Tripodes totalement invincibles pour donner plus de poids au retournement de situation (dans le roman les boucliers sont déployés après cet «incident ») et à la fois affaiblir les humains face à leur destin et renforcer la comparaison Tripode vs humain ; armée Us vs Irak (ou autre).

Dans ce chapitre et dans le suivant, le narrateur a rencontré deux figures de folie humaine qui ont vraisemblablement inspiré Spielberg et Koepp pour le personnage d’Ogilvy : Tout d’abord un soldat artilleur de l’armée britannique, seul rescapé d’une colonne de soldats. Il tient des propos incohérents et imagine creuser un tunnel pour surprendre les Tripodes comme ils ont surpris ses camarades. Puis un vicaire qui veut manger toutes leurs maigres provisions, craignant que les Tripodes aient raison d’eux avant le lendemain.


Chapitre 13 : Par quel hasard je rencontrai le Vicaire. Page 93 à 100

« Je me soulevai et, au bruit que je fis, il ramena vivement ses regards sur moi.
__ Avez-vous de l’eau ? demandai-je brusquement.
Il secoua la tête.
__ Vous n’avez fait qu’en demander depuis une heure, dit-il.
Un instant nous nous regardâmes en silence, procédant l’un et l’autre à une réciproque inspection de nos personnes.[…]. Quant à lui son visage dénotait une honorable simplicité cérébrale ; sa chevelure tombait en boucles blondes crépues sur son front bas et ses yeux étaient plutôt grands, d’un bleu pâle, et sans regard. Il se mit à parler par phrases saccadées, sans plus faire attention à moi, les yeux égarés et vides.
__ Que signifie tout cela ? Que signifient ces choses ? demandait-il.
Je le regardai avec étonnement sans lui répondre.
Il étendit en avant une main maigre et blanche et continua sur un ton lamentable :
__ Pourquoi ces choses sont-elles permises ? Quels pêchés avons-nous commis ? Page 96-97

[…] « Ce doit être le commencement de la fin, reprit-il en m’interrompant. La fin ! Le grand et terrible jour du Seigneur ! Lorsque les hommes imploreront les rochers et les montagnes de tomber sur eux et de les cacher __ Les cacher à la face de Celui qui est assis sur le Trône ».

« Renonçant à tout raisonnement sérieux, […] je lui posai la main sur l’épaule.
__ […] Pourquoi voudriez-vous que Dieu eût épargné Weybridge ? … Il n’est pas agent d’assurances.
Un instant il garde un silence effaré.
__ Mais comment échapperons-nous ? demanda t-il brusquement. Ils sont invulnérables. Ils sont impitoyables… » Page 98-99


War of the Worlds de Steven Spielberg :

Le personnage du Vicaire est trés vraisemblablement une des facettes du Ogilvy de WOW, son côté prude, pieux, et surtout son visage blond aux yeux pales et son mental simple et égaré, correspond parfaitement à la composition physique et mentale qu’en fait Tim Robbins.
Le discours sur Dieu est aussi à même de signifier un sens de plus aux Aliens. Il se peut fort bien que ce soit la représentation du Dieu colère de l’Ancien Testament qui décide de se venger de la bêtise, de la vanité, de la stupidité et de l’arrogance humaine décrite dans le prologue. Chez Spielberg cela serait le pendant « sombre » et inversé de CloseEncountersOf3kind (Dieu d’amour vs Dieu de Haine. Dieu de Pardon vs Dieu de Vengeance). Ou encore la même représentation de Dieu que celle de Indy 1 et Indy 3. Dieu représentant les Aliens serait vaincu (par son propre bon vouloir) par les plus insignifiantes créatures qu’il a lui-même mise sur terre : les microbes. C’est aussi une manière légère et détournée pour l’auteur et le tandem Spielberg/ Koepp de rappeler les humains à l’ordre sur leur incroyable suffisance.
Ils ne sont rien mais s’imaginent l’égal d’un dieu, voire plus fort que des dieux ; et, grande leçon d’humilité, ils meurent par la main métaphorique de Dieu lassé de sa créature et sont sauvés par « de chétif excréments de la terre ». Cela donne à réfléchir. Jamais Jean de La Fontaine n’a était aussi contemporain et aussi juste sur l’espèce humaine. La Guerre des mondes n’est rien de plus qu’une immense illustration du « Lion et du Rat » mais à un niveau planétaire.

Quoiqu’il en soit, Ogilvy de Spielby représente bien la population croyante (mais de manière absurde), l’américain moyen, un peu simple.

Chapitre 17 : Le Fulgurant. Page 144 à 155

« Si les Martiens n’avaient eu pour but que de détruire, ils auraient pu, dès le lundi, anéantir toute la population de Londres pendant qu’elle se répandait lentement à travers les comtés environnants ». Page 144

[…] « Jamais encore, dans l’histoire du monde, une pareille masse d’êtres humains ne s’était mise en mouvement et n’avait souffert ensemble. Les hordes légendaires des Goths et des Huns, les plus vastes armées qu’ait jamais vu l’Asie, se fussent perdues dans ce débordement. Ce n’était pas une marche disciplinée, mais une fuite affolée, une terreur panique gigantesque et terrible, sans ordre et sans but, six millions de gens sans armes et sans provisions, allant de l’avant à corps perdu. C’était le commencement de la déroute de la civilisation, du massacre de l’humanité ». Page 144-145

« Au-delà, derrière les collines bleues qui s’élèvent au sud de la rivière, les Martiens étincelants allaient de-ci, de-là ; tranquillement et méthodiquement, ils étalaient leurs nuages empoisonnés sur cette partie de la contrée, les balayant ensuite avec leurs jets de vapeur, quand ils avaient accompli leur œuvre, et prenant possession du pays conquis. Il semble qu’ils eurent moins pour but d’exterminer que de démoraliser complètement, et de rendre impossible toute résistance. Ils firent sauter toutes les poudrières qu’ils rencontrèrent, coupèrent les lignes télégraphiques et détruisirent en maints endroits les voies ferrées. On eût dit qu’ils coupaient les jarrets du genre humain. Page 145

Ce passage ne fait pas partie du comparatif film/roman, il est juste là pour signaler à messieurs les détracteurs de WOW et autres chercheurs d’incohérences qui n’existent pas, que tout est déjà contenu dans le livre. Les Aliens ne cherchent pas à décimer le genre humain mais plus à le démoraliser. Ce n’est pas principalement « la solution finale humaine » c’est avant tout une occupation. Dans le film c’est la même chose ce qui explique l’utilisation du rayon parcimonieuse et les infiltrations de la créature « à tronche d’Abysse ». De plus, rien ne nous dit que d’autres créatures ne font pas pareil dans les autres maisons. On ne voit que celle du point de vue de Ray, mais difficile de penser qu’il y en ait qu’une. Quant aux coupures des fils du télégraphe et celle des voies ferrées, cela correspond aux IEM (=> coupure de tout ce qui est électromagnétique dans le champ d’action de l’ IEM) et au train en flammes dans le film.

Reprenons la suite du comparatif après cet éclaircissement :

« A la vue de la mer, Mme Elphinstone, malgré les assurances de sa belle-sœur, s’abandonna au désespoir. Elle n’avait encore jamais quitté l’Angleterre ; elle disait qu’elle aimerait mieux mourir plutôt que de se voir seule et sans amis dans un pays étranger, et autres sornettes de ce genre. La pauvre femme semblait s’imaginer que les Français et les Martiens (  sic) étaient de la même espèce ». Page 149

« Ils eurent les plus grande difficultés à la faire descendre jusqu’à la plage, […] d’où bientôt une barque fut envoyée, qui les amena à bord à raison de trente-six livres (neuf cent francs) pour eux trois. Il était près de deux heures lorsque mon frère ayant payé le prix de leur passage, au passavant, se trouva sain et sauf, avec les deux femmes dont ils avaient pris la charge, sur le pont du steamboat ». Page 150

« Le petit steamer fouettait déjà l’eau, se dirigeant à l’est de la grande courbe des embarcations, et les côtes basses d’Essex s’abaissaient dans la brume bleuâtre, lorsqu’un Martien parut, petit et faible dans le lointain, s’avançant au long de la côte et semblant venir de Foulness. […] Tout le monde à bord se tenait contre le bastingage ou sur les bans du pont, contemplant cette forme lointaine, plus haute que les arbres et les clochers, qui s’avançait à loisir en semblant parodier la marche humaine. Page 151

« […] Alors, au loin, par-delà le canal de Crouch, un autre parut, enjambant des arbres rabougris, puis un troisième, plus loin encore, enfoncé profondément dans des couches de vase brillante qui semblaient suspendus entre le ciel et l’eau. Ils s’avançaient tous vers la mer, comme s’ils eussent voulu couper la retraite des innombrables vaisseaux […] Malgré les efforts haletant des machines du petit bateau à aubes et l’abondante écume que lançaient ses roues, il ne fuyait qu’avec une terrifiante lenteur devant cette sinistre poursuite. Page 151

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ray et sa famille rencontre une femme (amie de Ray) et sa propre fille et après quelques problèmes, Ray arrive à passer dans le Ferry (scène correspondant à celle du Steamer du livre). Mais j’aimerais surtout attirer l’attention des détracteurs du film sur cette réplique du livre « La pauvre femme semblait s’imaginer que les Français et les Martiens (  sic) étaient de la même espèce ». Curieuse similitude avec « quelque chose comme des Européens » du film, isn’it ? Alors Spielberg anti-français ? Allez, allez gentiment vous coucher, vous êtes tous très mignons, surtout quand on vous prouve par A + B que cette réplique est surtout écrite pour se moquer des USiens paranoïaque et très peu cultivé et que vous refusez de le voir (S@tch en tête).

Je vous ai épargné le passage dans le livre où les passagers qui veulent monter dans les bateaux sont repoussés à coups de rames ( correspond aux gens qui tentent de grimper sur le pont du ferry dans le film).

Ensuite, le premier Tripode apparaît sur le haut de la colline en écrasant les armées de sapin alentours, puis le deuxième et le troisième émerge, l’un de l’eau, l’autre de la fumée sur la rive. Dans le livre le steamer est sauvé alors que le ferry est attaqué dans le film. Mais le steamer est sauvé parce que les Aliens détruisent à sa place un cuirassé, « Le Fulgurant », (qui donne son nom au chapitre) venu porter secours au Steamer.

Livre Second : La Terre au pouvoir des Martiens :

Chapitre 1 : Sous le talon. Page 159 à 168

« A peine le vicaire m’eut-il rejoint que nous aperçûmes la première machine martienne, ou peut-être même une autre, au loin par-delà les prairies qui s’étendent jusqu’à Kew Lodge. Quatre ou cinq petites formes noires se sauvaient devant elle, parmi le vert grisâtre des champs, car, selon toute apparition, le Martien les poursuivait. En trois enjambées, il eut rattrapé ces pauvres êtres qui se mirent à fuir dans toutes les directions. Il ne se servit pas du Rayon Ardent pour les détruire, mais les ramassa un par un ; il dut les mettre dans l’espèce de grand récipient métallique qui faisait saillie derrière lui, à la façon dont une hotte pend aux épaules du chiffonnier. L’idée me vint alors que les Martiens pouvaient avoir d’autres intentions que de détruire l’humanité bouleversée ». Page 163

* Le héros et le vicaire passe la nuit dans une fosse sans se faire repérer par le Tripode, puis ils parviennent dans une maison :

« La première (maison) où nous entrâmes, après avoir eu quelque difficulté à ouvrir la fenêtre, était une petite villa écartée, et je n’y trouvai rien de mangeable qu’un peu de fromage moisi. Il y avait pourtant de l’eau, dont nous bûmes, et je me munis d’une hachette qui promettait d’être utile dans notre prochaine effraction ». Page 164

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Spielberg et Koepp ont réduit les différentes maisons à une seule et ce passage du livre correspond donc dans le film au « séjour » de Ray et sa famille dans la maison d’Ogilvy.
Noter l’importance de la nourriture moisie et de l’eau croupie on la retrouve telle qu’elle dans WOW, c’est ce qui aura raison des Aliens, dans un cas (le livre) comme dans l’autre (le film). Notez aussi la présence de la hachette, très importante pour le roman comme pour le film.
Mais surtout, notez bien que dans le roman, on voit les cages des Tripodes, encore une raison de ne pas penser que l’extermination est le but ultime des Aliens. Seulement c’est sur, faut soit avoir vu le film « eyes wide open », soit avoir lu le livre.


Chapitre 2 : Dans la maison en ruine Page 169 à 181

*Dans une autre maison le narrateur et le vicaire trouvent à manger et dans une autre encore ils sont ensevelis et observent les martiens par un trou dans le plâtre du mur :

« Je voyais maintenant que c’étaient les créatures les moins terrestres qu’il soit possible de concevoir. Ils étaient formés d’un grand corps rond, ou plutôt d’une grande tête ronde d’environ quatre pieds de diamètre et pourvue d’une figure. Cette face n’avait pas de narines—à vrai dire les Martiens ne semblent pas avoir été doués d’odorat—mais possédaient deux grands yeux sombres au-dessous desquels se trouvait immédiatement une sorte de bec cartilagineux. » Page 172-173

« Dépourvus d’entrailles, ils ne mangeaient pas et digéraient encore moins. Au lieu de cela, ils prenaient le sang frais d’autres créatures vivantes et se l’injectaient dans leurs propres veines. Je les ai vus moi-même se livrer à cette opération et je le mentionnerai quand le moment sera venu. […] Qu’il suffise de savoir qu’ayant recueilli le sang d’un être humain – ce sang était transvasé au moyen d’une sorte de minuscule pipette dans un canal récepteur ». Page 174

* L’auteur parle ensuite de la capacité des Aliens à vivre sans sexe et à se reproduire par mitose (ou scissiparité), idée reprise par le réalisateur ami de Spielberg, Ivan Reitman dans son hilarante parodie de WOW, le film Evolution avec David Duchovny, Julianne Moore et Sean William Scott ; mais absente du film de Spielberg (trop de choses à dire déjà sans s’encombrer de ce « détail ». Evolution lui est entièrement fondé sur ce détail. Spielberg rendra d’ailleurs hommage au film de son ami dans la scène de « la grenade ». Ray lance une grenade dans un trou qui ressemble fortement à l’anus de l’extraterrestre de Evolution.

* Mais le plus intéressant reste sans aucun conteste, la description de l’Herbe Rouge.

« Le dernier point saillant par lequel le système vital de ces créatures différait du nôtre pouvait être regardé comme un détail trivial et sans importance. Les micro-organismes, qui causent, sur Terre, tant de maladies et de souffrances, étaient inconnus sur la planète Mars, soit qu’ils n’y aient jamais paru, soit que la science et l’hygiène martiennes les aient éliminés depuis longtemps. […] Je puis dire un mot des curieuses conjectures au sujet de l’Herbe Rouge. Apparemment, le règne végétal dans Mars, au lieu d’avoir le vert pour couleur dominante, est d’une vive teinte rouge sang (* non aucun rapport avec les communistes S@tch).
En tous les cas, les semences que les Martiens --intentionnellement ou accidentellement—apportèrent avec eux donnèrent toujours naissance à des pousses rougeâtres. Seule pourtant la plante connue sous le nom populaire d’Herbe Rouge réussit à entrer en compétition avec les végétations terrestres. La variété rampante n’eut qu’une existence transitoire et peu de gens l’ont vue croître. Néanmoins, pendant un certain temps, l’Herbe Rouge crût avec une vigueur et une luxuriante surprenantes.
Le troisième ou le quatrième jour de notre emprisonnement, elle avait envahi tout le talus du trou, et ses tiges, qui ressemblaient à celles du cactus, formaient une frange carminée autour de notre lucarne triangulaire. Plus tard, je la trouvai dans toute la contrée et particulièrement aux endroits où coulait quelques cours d’eau ». Page 177-178

* comme le livre est aussi une critique de la mécanisation et de l’industrialisation du monde, les Aliens parviennent à fabriquer (par les Tripodes) des Tripodes qui se meuvent d’eux-mêmes (Intelligence Artificielle maybe mais surtout repris par Tolkien dans SDA avec les Uruk-aï, dans Barak Dur).

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Déjà la description des Aliens du livre correspond pile poil à celle du film de Spielberg. Premier bon point. Les Aliens ne trouvent pas Ray, Rachel et Ogilvy parce qu’ils sont dépourvus d’odorat.

Dans le roman, la phase d’injection du sang est bien expliquée et quand on voit le film qu’on ai lu ou pas le roman, on comprend très bien ce qui se passe. Bien sûr, Spielberg a mis une pipette un brin plus grosse (  ) mais le reste de l’opération est identique, l’humain est toujours vivant avant d’être vidé.

L’Herbe Rouge est attiré, mue par l’eau comme le montre l’extrait du roman et le film le montre parfaitement bien, quant à la non présence des bactéries et microbes sur Mars, le roman renseigne parfaitement dessus. Quiconque a lu le livre, comprend très bien le film de Spielberg. Et si on n’a pas lu le roman, on peut toujours deviner. Quant au fait que les vaisseaux soient envoyés vides sur terre, prouve bien que les Martiens n’ont pas eu de contact avec les microbes avant. L’eau est donc bien la raison essentiel pour laquelle les Martiens sont venus sur Terre (et dans le film ça renvoie immanquablement au pétrole et à ce cher Bu(ll)sh(it).

Mais mon passage préféré reste celui-ci et je vous le mets parce que ce serait trop triste de ne pas le mettre  :

« Rien peut-être, dans tous leurs appareils, n’est plus surprenant pour l’homme que l’absence de la « roue », ce trait dominant de presque tous les mécanismes humains. Parmi toutes les choses qu’ils apportèrent sur la Terre, rien n’indique qu’ils emploient le cercle. On se serait attendu du moins à le trouver dans leurs appareils de locomotion. A ce propos, il est curieux de remarquer que, même ici-bas, la nature parait avoir dédaigné la roue ou lui avoir préféré d’autres moyens. Non seulement les martiens ne connaissaient pas la roue – ce qui semble incroyable – ou s’abstenaient de l’employer, mais même ils se servaient singulièrement peu, dans leurs appareils, du pivot fixe ou du pivot mobile avec des mouvements circulaires sur un seul plan » Page 179-180

Voilà ce qui explique largement le passage où les Aliens contemplent le vélo. Hé oui, c’est aussi sûrement un clin d’œil à E.T de la part de son « papa » mais c’est surtout la plus extrême fidélité au roman qu’il m’ai été donné de voir (même le film de 52 n’en parle pas). Bien sûr, il faut être un pur fanboy du roman pour y penser en temps que scénariste et que lecteur et je dois avouer que c’est en relisant attentivement tout le livre pour préparer à fond la présente « étude » que je me suis aperçu de ce passage que j’ai immédiatement relié au film. Pas étonnant donc que les Martiens restent comme des cons devant le vélo si ils ne connaissent pas la roue et donc qu’ils veulent le toucher.
J’adore réussir à prouver ce que j’avance, maintenant les détracteurs de Spielberg n’ont plus aucun argument pour dénigrer ce passage du film. CQFD 

Chapitre 3 : Les jours d’emprisonnement. Page 182 à 188

Le narrateur et le vicaire vivent ensemble dans la maison en semi ruine.

« L’arrivée d’une seconde machine de combat nous fit abandonner notre lucarne pour nous retirer dans la laverie, car nous avions peur que, de sa hauteur, le Martien pût nous apercevoir derrière notre barrière. » Page 182

* Le vicaire et le narrateur commencent à se disputer. En réalité, le vicaire devient avec les Tripodes dehors complètement fou et pleurs, crient, s’excitent tout seul. Il rentre dans d’interminables monologues complètement vide de sens et absent de toute pensée rationnelle.
Bientôt le narrateur voit le « pompage » d’êtres humains.

« C’est le vicaire qui était à notre poste d’observation quand les premiers humains furent amenés au cylindre. J’étais assis plus bas, ramassé sur moi-même et écoutant de toutes mes oreilles. Il eut un soudain mouvement de recul, et, croyant que nous avions été aperçus, j’eus un spasme de terreur. Il se laissa glisser parmi les décombres et vint se blottir près de moi dans les ténèbres, gesticulant en silence ; pendant un instant je partageai sa terreur ». Page 185

* Le narrateur prend le poste d’observation du vicaire et contemple ce que le pauvre malheureux a contemplé avant lui.

« Tout à coup, j’entendis un cri et je vis un long tentacule atteindre, par-dessus l’épaule de la machine, jusqu’à une petite cage qui faisait saillie sur son dos. Alors quelque chose qui se débattait violemment fut soulevé contre le ciel, énigme vague et sombre contre la voûte étoilée, et au moment où cet objet noir était ramené plus vas, je vis à la clarté verte de la flamme que c’était un homme. Pendant un moment, il fut clairement visible. C’était, en effet, un homme d’âge moyen, vigoureux, plein de santé et bien mis ; trois jours auparavant il devait, personnage d’importance, se promener à travers le monde. Je pus voir ses yeux terrifiés et les reflets de la flamme sur ses boutons et sa chaîne de montre. Il disparut derrière le monticule et pendant un certain temps il n’y eut pas un bruit. Alors commença une série de cris humains, et, de la part des Martiens, un bruit continu et joyeux…
Je descendis du tas de décombres, me remis sur pied, me bouchai les oreilles et me réfugiai dans la laverie. Le vicaire, qui était resté accroupi, silencieux, les bras sur la tête, leva les yeux comme je passais, se mit à crier très fort à cet abandon et me rejoignit en courant ». Page 186-187

« J’allai dans la laverie, enlevai la porte et me mis à creuser plusieurs heures de suite avec ma hachette, faisant le moins de bruit possible ; mais quand j’eus réussi à faire un trou profond d’une couple de pieds, la terre fraîchement entassée contre la maison s’écroula bruyamment et je n’osai pas continuer. Je perdis courage et demeurait étendu sur le sol pendant longtemps, n’ayant même plus l’idée de bouger. Après cela, j’abandonnai définitivement l’idée d’échapper par une tranchée ». Page 188

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ce passage correspond dans le film au moment où Ray (après avoir perdu Robbie) et Rachel sont accueillis dans la maison d’Ogilvy. Ce dernier et Ray contemplent les Tripodes et les martiens par la lucarne. Ils voient l’être humain se faire aspirer la tête par la pointe juste après avoir été sorti de la cage. Ogilvy se réfugie dans une pièce et hurle « pas mon sang, pas mon sang », en se mordant le poing. Puis il tente de creuser un tunnel (Spielberg choisi de faire assumer au perso d’Ogilvy sa folie complètement, préférant laisser Ray maître de lui-même à cause de l’importance de son semblant d’influence de père sur Rachel). Le vicaire du livre est définitivement une des facettes du Ogilvy du film de Spielberg.


Chapitre 4 : La mort du vicaire. Page 189 à 195

* Le vicaire mange toutes les provisions contenues dans la maison et le narrateur toujours prisonnier (les Tripodes restant dehors), se bat souvent avec le vicaire pour restreindre les rations.

« Lentement, je commençai à me rendre compte de la complète ruine de son intelligence, et m’aperçus enfin que mon seul compagnon, dans ces ténèbres secrètes et malsaines, était un être dément. […] Le huitième jour, il commença à parler très haut et rien de ce que je pus faire ne parvint à modérer sa véhémence ». Page 190

« Il continua à parler, haussant insensiblement le ton, pendant les huitièmes et neuvièmes journées presque entières, débitant des menaces, des supplications, au milieu d’un torrent de phrases où il exprimait une repentance, à moitié stupide, toujours futile, […] Il reprit bientôt avec une nouvelle ardeur, criant si fort qu’il devint absolument nécessaire pour moi de le faire taire par tous les moyens ». Page 191

« Taisez-vous pour l’amour de Dieu ! dis-je en me mettant debout et terrifié à l’idée que les Martiens pouvaient nous entendre.
__ Non ! cria le vicaire de toutes ses forces, se levant aussi et étendant les bras. Parle ! Il faut que je parle ! La parole du Seigneur est sur moi.
En trois enjambées, il fut à la porte de la cuisine.
__ Il faut que j’aille apporter mon témoignage. Je pars. Je n’ai déjà que trop tardé.
J’étendis le bras et j’atteignis dans l’ombre un couperet suspendu au mur. En un instant, j’étais derrière lui, affolé de peur. Avant qu’il n’arrivât au milieu de la cuisine, je l’avais rejoint. Par un dernier sentiment humain, je retournai le tranchant et le frappai avec le dos. Il tomba en avant de tout son long et resta étendu par terre. Je trébuchai sur lui et demeurai un moment haletant. Il gisait inanimé ». Page 192

* Un Tripode relâche le serpent « abysse » 

« Puis un long tentacule métallique qui serpenta par le trou en tâtant lentement les objets. […] J’eus l’espoir que le tentacule ne serait pas assez long pour m’atteindre ; il passa, raclant légèrement la porte de la soute ». Page 193

* Le ver parvient à ouvrir la porte derrière laquelle est caché le héros.

« Des ténèbres d’où j’étais, je pouvais juste apercevoir l’objet, ressemblant à une trompe d’éléphant plus qu’à autre chose, s’agitant de mon côté, touchant et examinant le mur, le charbon, le bois, le plancher. Cela semblait être un gros ver noir, agitant de côté et d’autre sa tête aveugle.
Une fois même, il toucha le talon de ma bottine. Je fus sur le point de crier, mais je mordis mon poing. Pendant un moment, il ne bougea plus : j’aurai pu croire qu’il s’était retiré. Tout à coup, avec un brusque déclic, il agrippa quelque chose – je me figurai que c’était moi ! – et parut sortir de la soute. Pendant un instant, je n’en fus pas sûr. Apparemment il avait pris un morceau de charbon pour l’examiner ». Page 194

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ce passage correspond toujours à la captivité forcée de Ray, Rachel et Ogilvy. Ce dernier devient de plus en plus dément, faisant preuve de patriotisme stupide et à la fois de discours cohérent et raisonné « ce n’est pas une guerre, c’est une extermination … Les occupations ne se sont jamais soldées par des réussites, etc… » . Jusqu’à ce qu’il perde totalement pied après avoir vu la mise à mort de l’homme de la cage et qu’il crie sans arrêt et de plus en plus fort, « pas mon sang, pas mon sang, pas mon sang, PAS MON SANG ! ».
Ray reste moins de jours que le narrateur du livre, mais c’est un film, pas un livre. L’évolution d’Ogilvy doit être plus rapide. Il devient de plus en plus fou d’heure en heure et Ray n’a d’autres choix que de le tuer (sûrement comme dans le roman) mais pas sous les yeux « innocents » de Rachel.
Cette justification s’adresse surtout aux imbéciles qui ont dit « Spielberg fait tuer le demeuré par Ray, pasque c’est la race inférieure ». C’est surtout parce qu’il n’a pas d’autre extrémité, si Ogilvy continue à gueuler ils sont morts tous les trois. Spielberg ne fait que suivre le roman.

Le passage du serpent noir est reproduit à l’identique entre le roman et le film, mis à part le fait que le serpent passe après la mort du vicaire dans le roman et avant la mort d’Ogilvy dans le film ; mais sinon il y a même comme vous avez sans doute pu le constater, l’histoire de la bottine (correspond dans le film au passage où Ray abandonne une des bottes d’Ogilvy à côté du miroir). C’est dire encore une fois, combien le tandem Spielberg/Koepp est respectueux du roman originel.

Chapitre 5 : Le silence. Page 196 à 199

« Le quatorzième jour, je pénétrai dans la cuisine et je fut fort surpris de trouver que les pousses de l’Herbe Rouge avaient envahi l’ouverture du mur, transformant la demi-clarté de mon refuge en une obscurité écarlate ». Page 197

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ray et Rachel remonte à l’air libre et trouve l’Herbe Rouge qui a envahi toute la maison, et court partout dans la campagne. La présence de l’Herbe Rouge (et on doit en remercier Januz Kaminski, le chef op de Spielby) donne à l’intérieur de la maison une teinte écarlate très inquiétante.

Chapitre 6 : L’ouvrage de quinze jours. Page 200 à 204

* Le héros fuit finalement la maison en ruine et marche vers sa ville.

« Finalement, l’Herbe Rouge succomba presque aussi rapidement qu’elle avait crû. Bientôt une sorte de maladie infectieuse, due croit-on, à l’action de certaines bactéries, s’empara de ces végétations. Par suite des principes de la sélection naturelle, toutes les plantes terrestres ont maintenant acquis une force de résistance contre les maladies causées par les microbes – elles ne succombent jamais sans une longue lutte. Mais l’Herbe Rouge tomba en putréfaction comme une chose déjà morte. Les tiges blanchirent, se flétrirent et devinrent très cassantes. Au moindre contact, elles se rompaient et les eaux, qui avaient favorisé et stimulé leur développement, emportèrent jusqu’à la mer leurs derniers vestiges ». Page 202

« Ici le paysage changeait ; ce n’était plus l’étrange et l’extraordinaire, mais le simple bouleversement du familier. Certains coins semblaient avoir été dévastés par un cyclone et, une centaine de mètres plus loin, je traversais un espace absolument paisible et sans la moindre trace de troubles ». Page 203
War of the Worlds of the Worlds of Worlds de Steven Spielberg :

Ray et Rachel se sont enfuis de la cage et ils repartent vers Boston. L’Herbe Rouge tombe en putréfaction bientôt. Ils croisent des tas de plants totalement blanchis et cassants. Encore un indice sur le fait qu’il n’y ait plus ou qu’il n’y ait jamais eu de microbe chez les Aliens.

Le deuxième passage cité a surtout pour but de dire aux détracteurs du film, qu’il existait des endroits qui n’avait pas été saccagé et d’autres totalement annihilés à cent mètres d’intervalles (donc qu’il n’est pas étonnant que la maison de la mère à Boston ait été épargné). Le propre logis du héros du roman est épargné d’ailleurs.

Chapitre 7 : L’homme de Putney Hill Page 205 à 226

* Le narrateur, passe la nuit dans une auberge désertée. Il trouve à manger et à boire et se restaure. Puis il pense à sa femme et se questionne sur la Foi.

« J’en vins au problème des Martiens et au sort de ma femme. En ce qui concernait les Martiens, je n’avais aucune donnée et je ne pouvais qu’imaginer mille choses ; je ne pouvais guère mieux faire non plus quant à ma femme ». Page 207

« Cette veillée bientôt devint épouvantable ; je me dressai sur mon lit, mes yeux scrutant les ténèbres et je me mis à prier, demandant que, si elle avait dû mourir, le Rayon Ardent ait pu la frapper brusquement et la tuer sans souffrance. Depuis la nuit de mon retour à Leatherhead je n’avais pas prié. En certaines extrémités désespérées, j’avais murmuré des supplications, des invocations fétichistes, formulant mes prières comme les païens murmurent des charmes conjurateurs. Mais cette fois je priai réellement, implorant avec la ferveur la Divinité, face à face avec les ténèbres ». Page 207

« […] Les Martiens, eux aussi, invoquaient peut-être Dieu avec confiance. A coup sûr, si nous ne retenons rien d’autre de cette guerre, elle nous aura cependant appris la pitié – la pitié pour ces âmes dépourvues de raison qui subissent notre domination (NDRL : il s’agit bien entendu des habitants des indes sur lesquels les anglais asseyaient une domination atroce) ». Page 207

* Le narrateur part de l’auberge au petit matin et retrouve sur la route, une vieille connaissance, l’artilleur rencontré au début du livre. Ce dernier lui apprend que les Martiens sont en train d’apprendre à voler. Le narrateur exprime ses craintes sur ce nouvel accès de connaissance et l’artilleur se dit satisfait que l’humanité disparaisse de la surface de la terre.

« __ C’en est fait de l’humanité, dis-je. S’ils réussissent à voler, ils feront tout simplement le tour du monde, en tout sens…
__ Mais oui, approuva t-il en hochant la tête. Mais… ça nous soulagera d’autant par ici, et d’ailleurs, fit-il en se tournant vers moi, quel mal voyez-vous à ce que ça en soit fini de l’humanité ? Moi je suis bien content. Nous sommes écrasés, nous sommes battus.
Je le regardai, ahuri. Si étrange que ce fût, je ne m’étais pas encore rendu compte de toute l’étendue de la catastrophe – et cela m’apparut comme parfaitement évidement dès qu’il eut parlé. J’avais conservé jusque-là un vague espoir, ou plutôt, c’était une vieille habitude d’esprit qui persistait. Il répéta ces mots qui exprimaient une conviction absolue :
__ Nous sommes battus.
C’est bien fini, continua t-il. […] Ils se sont installés dans de bonnes conditions, et ils ne s’inquiètent nullement des armes les plus puissantes du monde. Ils nous ont piétinés. […] Ils continuent à venir ; ces étoiles vertes – je n’ai pas vu depuis cinq ou six jours – je suis sûr qu’il en tombe une quelque part toutes les nuits. Il n’y a rien à faire. Nous avons le dessous, nous sommes battus ».
Je ne lui répondis rien. Je restai assis le regard fixe et vague, cherchant en vain à lui opposer quelque argument fallacieux et contradictoire.
__ Ca n’est pas une guerre, dit l’artilleur. Ca n’a jamais été une guerre, pas plus qu’il n’y a de guerre entre les hommes et les fourmis ». Page 211

* L’artilleur décrit au narrateur le plan de bataille des Martiens.

« Ils se mettront à nous attraper systématiquement, choisissant les meilleurs et les mettant en réserve dans des cages et des enclos aménagés dans ce dessein. C’est là ce qu’ils vont entreprendre avant longtemps. Car, comprenez-vous ? Ils n’ont rien encore commencé, en somme.
__ Rien commencé ! m’écriai-je.
__ Non, rien ! Tout ce qui est arrivé jusqu’ici, c’est parce que nous n’avons pas eu l’esprit de nous tenir tranquilles, au lieu de les tracasser avec nos canons et autres sottises. […] Ils ne veulent pas encore s’occuper de nous. Ils fabriquent leurs choses, toutes les choses qu’ils n’ont pu apporter avec eux, et ils préparent tout pour ceux qui vont bientôt venir ». Page 214

* L’artilleur décrit un avenir sombre pour les humains : tantôt animaux de compagnie des Martiens, tantôt chien de chasse pour chasser les derniers rebelles cachés, tantôt nourriture d’élevage

« Qu’allez-vous faire lui demandai-je brusquement. Quels sont vos plans ?
Il hésita. […]
Sous le sol de Londres, il y a pendant des milles et des milles de longueur, des centaines de milles ; quelques jours de pluie sur Londres abandonné en feront des logis agréables et propres. […] Puis, il y a les caves, les voûtes et les magasins souterrains qu’on pourrait joindre aux égouts par des passages faciles à intercepter ; il y a aussi les tunnels et les voies souterraines de chemin de fer. Hein ? Vous commencez à y voir clair ? Et nous formons une troupe d’hommes vigoureux et intelligents, sans nous embarrasser de tous les incapables qui nous viendront. Au large les faibles ! ». Page 218

* L’artilleur est presque aussi fou et insensé que le vicaire ne l’était. Il décrit au narrateur son plan de défense. Faire d’abord une ville souterraine de résistance puis ensuite prendre le contrôle des Tripodes et tuer les Martiens.

« Après tout, continua t-il, il ne nous reste peut-être pas tellement à apprendre avant de … Imaginez-vous ceci : quatre ou cinq de leurs machines de combat qui se mettent en mouvement tout à coup – les Rayons Ardents dardés en tout sens – et sans que les Martiens soient dedans. Pas de Martiens dedans, mais des hommes – des hommes qui auraient appris à les conduire. […] Les voyez-vous courir, se précipiter, haleter, s’essouffler et hurler, en s’installant dans leurs autres mécaniques ? On aurait tout désengrené à l’avance et pif, paf, pan, uitt, uitt, au moment où ils veulent s’installer dedans, le Rayon Ardent passe et l’homme a repris sa place ». Page 220

* Son discours totalement incohérent et en parfaite opposition d’une page à l’autre, parle de ne rien faire contre les Martiens, puis de se terrer sous terre, puis de prendre le contrôle de leur engin, puis de les attaquer. Le narrateur conquis suit l’artilleur.

« Il avait fait sa retraite dans une cave à charbon et quand je vis l’ouvrage qu’il avait fait en une semaine – un trou à peine long de dix mètres par lequel, il voulait rejoindre une importante galerie d’égout – j’eus mon premier indice du gouffre qu’il y avait entre ses rêves et son courage ». Page 221

« Ma perplexité actuelle était de savoir pourquoi nous creusions ce long tunnel, alors qu’on pouvait s’introduire facilement dans les égouts par un regard quelconque, et de là, creuser une galerie pour y revenir jusqu’à cette maison ». Page 221

* Cette phrase montre bien combien le narrateur doute de la santé mentale de l’artilleur et de la faisabilité de son projet fantasque. L’artilleur convainc le narrateur de creuser le tunnel, encore deux ou trois fois, puis le narrateur en a assez et s’enfuit de la maison.

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Le chapitre 7 chez Spielberg se passe toujours chez Ogilvy et l’artilleur du roman est d’ailleurs la deuxième facette du Ogilvy de Spielberg : le patriote en carton-pâte, lâche et veule.

Le questionnement du narrateur sur la foi renvoi directement au propos du tandem Koepp/ Spielberg sur la domination d’une nation sur une autre par les armes, USA inclus. Et aussi effectivement dans une autre lecture, aux terroristes du 11 09.

Le discours de l’Artilleur est presque le même que celui qu’on retrouve chez Ogilvy avec sa lubie de dire que l’armée la plus puissante du monde est battue, balayé comme un fétus de paille. Puis il dit que c’est bien fait pour l’humanité, qu’il ne la pleurera pas, puis ensuite il veut créer un tunnel tout aussi stupide que celui de l’artilleur pour surgir sous les pieds des Tripodes et les surprendre comme ils ont surpris les humains.
On retrouve d’ailleurs dans sa bouche la phrase de l’artilleur « Ils se sont installés dans de bonnes conditions, et ils ne s’inquiètent nullement des armes les plus puissantes du monde. Ils nous ont piétinés » ainsi que « Ca n’est pas une guerre, dit l’artilleur. Ca n’a jamais été une guerre, pas plus qu’il n’y a de guerre entre les hommes et les fourmis ». Ogilvy complètement traumatisés rajoutent d’ailleurs le sublime « c’est une Extermination » qui renvoi à tant de passage de notre Histoire qu’on préfèrerait oublier (Nazisme, Communisme, Inquisition, Indiens, Colonisation, etc…)

Le Ogilvy de Spielberg sait presque par prescience « qu’ils sont déjà là, et qu’ils sont arrivés bien avant nous, avant même l’apparition des êtres humains » ce qui le rend d’autant plus fascinant, une sorte de figure inversé du Destin. Alors que l’artilleur, son confrère du roman ne fait que supputer qu’ils y en aient d’autres qui arriveront. Mais l’idée reste la même dans les deux matériaux.

L’intelligence du scénario de Koepp et de la mise en scène de Spielberg consiste ici à rassembler les petites aventures éparses du roman (Vicaire + Artilleur) pour les rassembler en une seule longue scène. Cela peut expliquer aussi le fait que certain trouve que ce choix plombe l’action du film car le roman est plus dynamique. Mais en même temps, cela instille une ambiance malsaine de folie, qui monte lentement de la raison à la folie furieuse en passant par la folie douce, l’infantilisme etc… Et qui ne peut se finir que sur la mort d’un protagoniste (cf Huis Clos de Sartre, à la différence que chez Sartre les morts le sont déjà tous mais le principe est identique  ).
L’enfermement de Ray et Rachel et la folie irraisonnée de Ogilvy combiné à son raisonnement des fois logique conduit l’issue tragique de cette scène. Une maestria que n’aurait d’ailleurs pas renié un Hitchcock (Les Oiseaux, scène de la maison), dont le fantôme hante toute la scène partagé par l’esprit d’un M.N Shyamalan (Signes, scène de la cave).

Chapitre 8 : Londres mort. Page 227 à 237

* Le narrateur a donc fui l’artilleur fou et ses projets insensés. Il traverse le pays pour revenir vers Londres. Le narrateur entend des « Oula oula » de Tripodes hurlant à la mort. Puis bientôt plus aucun bruit. Il pénètre dans Regent’s Park et voit un immense Tripode immobile.

« Au sommet de la colline, se dressant jusqu’aux étoiles qui pâlissaient, était un troisième Martien, debout et immobile comme les autres.
Une volonté insensée me poussait. Je voulais en finir, dussé-je y rester, et je voulais même m’épargner la peine de me tuer de ma propre main. Je m’avançai insouciant vers le Titan ; comme je m’approchais et que l’aube devenait plus claire, je vis une multitude de corbeaux qui s’attroupaient et volaient en cercles autour du capuchon de la machine. A cette vue, mon cœur bondit et je me mis à courir ». Page 231

* Le narrateur croise des Martiens morts par dizaines.

« Puis, épars ça et là, quelques-uns dans leur machines de guerre renversées ou dans les machines à mains, rigides maintenant, et une douzaine d’autres silencieux, roide et alignés, étaient des Martiens – morts – tués par les bacilles des contagions et des putréfactions, contre lesquels leurs systèmes n’étaient pas préparés ; tués comme l’était l’Herbe Rouge, tués, après l’échec de tous les moyens humains de défense, par les infimes créatures que la divinité, dans sa sagesse, a placées sur la Terre ». Page 234

* petit rappel de HG Wells pour le lecteur non attentif ou distrait.

« Mais il n’y a pas, dans la planète Mars, la moindre bactérie, et dès que nos envahisseurs martiens arrivèrent, aussitôt qu’ils absorbèrent de la nourriture, nos alliés microscopiques se mirent à l’œuvre pour leur ruine. […] C’était inévitable. L’homme a payé, au prix de millions et de millions de morts, sa possession héréditaire de notre globe terrestre : il lui appartient contre tous les intrus, et il serait encore à lui, même si les Martiens étaient dix fois plus puissants. Car l’homme ne vit ni ne meurt en vain. […] Tout ce que je savais, c’est que ces êtres, qui avaient été vivants et si terribles pour les hommes, étaient morts. Un instant, je m’imaginai que la destruction de Sennachérib s’était reproduite : Dieu s’était repenti, et l’ange de la mort les avait frappés pendant la nuit ». Page 234

« Vers l’est, au-dessus des ruines noircies d’Albert Terrace et de la flèche rompue de l’église ». Page 236

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Ce passage du livre correspond au moment dans le film où Ray fait remarquer aux soldats que les corbeaux sont posés sur les Tripodes, donc que leur bouclier de protection a disparu. Chez Wells les corbeaux tournent en cercle au-dessus des Tripodes à cause de l’odeur des cadavres dans les machines. C’est une vision beaucoup plus pragmatique que celle du film de Spielberg, dans lequel les corbeaux, digne messager des dieux, indiquent aux humains que les Tripodes sont HS. Spielberg préfère toujours avoir une vision mythologique des choses, même si on peut penser que les corbeaux cherchent aussi les cadavres des Aliens.

La Deuxième citation est en fait une partie de l’épilogue que dit la voix off (sublime voix de Morgan Freeman) sur l’homme face à sa destinée.

Chapitre 9 : Le désastre. Page 238 à 244

* Le narrateur retourne dans sa maison mais de toute évidence sa femme est morte … mais…

« Mon foyer était désolé. Je compris combien était fou le faible espoir que j’avais si longtemps caressé.
Alors quelque chose d’étrange se produisit.
__ C’est inutile, disait une voix ; la maison est vide depuis plus de dix jours sans doute. Ne restez pas là à vous torturer. Vous seule avez échappé.
J’étais frappé de stupeur. Avais-je pensé tout haut ? Je me retournai. Derrière moi, la porte-fenêtre était restée ouverte et, m’approchant, je regardai au-dehors.
Là, stupéfaits et effrayés, autant que je l’étais moi-même, je vis mon cousin et ma femme – ma femme livide et les yeux sans larmes. Elle poussa un cri étouffé.
__ Je suis venue, dit-elle… je savais … je savais bien…
Elle porta la main à sa gorge et chancela. Je fis un pas en avant et la reçus dans mes bras ». Page 244

War of the Worlds de Steven Spielberg :

Dans le film, c’est la réunion de Ray et de Rachel avec son ex-femme. Mais faux happy end dans la mesure où Ray ne franchira jamais le seuil de la maison de ses beaux parents. Robbie apparaît bien vivant, exactement comme la femme du narrateur, avec tout autant de « mièvrerie » que d’ « émotion ». C’est aussi la fin du voyage initiatique de Ray sur le chemin de sa rédemption. Il a prouvé qu’il pouvait être un bon père mais le seul à qui cela profitera c’est à lui-même. Personne ne l’accueille, ni ne l’invite à rentrer dans la maison (symbole évident de la famille) sur le seuil duquel la nouvelle famille est rassemblée. Robbie fait l’effort de franchir ce seuil pour courir vers son père. On retrouve bien évidemment le fantasme de Spielberg, de trouver une fois, une famille unie et de réunir un père et un fils. Mais le spectateur déchante très vite, ni sa femme (à peine un merci), ni ses beaux-parents, ni son rival ne s’abaisse à l’accueillir au sein de la maison et le laisse seul dans la rue, illusoirement entouré de « ses » enfants. Ray est sorti de son immaturité pour devenir un véritable adulte, oui mais à quel prix.

L’épilogue arrive après la réunion, alors que le texte de celui-ci arrive dans le livre avant la réunion. C’est surtout une manière de boucler la boucle pour le tandem Koepp/Spielberg, rappelant en cela Jurassic Park dont le parcours dans l’île s’ouvre sur le plan d’une des portières de la voiture immaculée et se ferme sur le même plan inversé de la portière d’une des voitures du parc, mais maculée de boue et enfoncée.

Chapitre 10 : Epilogue. Page 245 à Fin (249)

* Le narrateur imagine que les Martiens restant sur Mars ont immigré sur Vénus pour fuir les humains et leurs microbes dévastateurs.

« Il se peut aussi, d’ailleurs, que la destruction des Martiens ne soit qu’un court répit. Peut-être est-ce à eux et nullement à nous que l’avenir est destiné » Page 248

Cette réflexion est le fil rouge du film de Spielberg, car même si le réa et son scénariste ne le disent jamais clairement, le spectateur comprend que l’avenir ne nous sera destiné que si on change notre mentalité et ce n’est pas près d’arriver…(cf Munich).




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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 14:04
un anonyme a écrit : "Tom cruise pas un super heros ? dans la guerre des mondes ?
10 secondes de film, premier cliché du film US de base. faire comprendre rapidement, que le mec en question c'est un des meilleurs dasn son boulot ! son bosse lui demande de faire des heures sup, parce qu'il est le meilleur, ensuite la scene de la montre et lorsqu'il sort il dit au mecano, remplace jesaisplusquoi ( le mec est dessus depuis on s'est pas combien de temps, il comprend rien au tuture le mecano ! ), bon il est mauvais père ( je déteste meme ce fait ) , mais quand il s'agit de survivre il est efficace, et c'est encore lui, qui détruit un tripod de l'interieur, et pour finir il signale au militaire stupide que les oiseaux tournent sur le tete du tripod. c'est quoi alors ? si c'est pas un super heros ? la relation père fils ? il dit je t'aime à son fils ! je pense que c'est l'exploit de Tom comme acteur. Il vise l'oscar , bon il pleure pas dans le film, du coup c'est raté."

Justement pas j'ai une toute nouvelle théorie après mes 3 visions du dvd (ce qui fait donc 5 avec les deux cinés ) sur le personnage de Ray et c'est trés subtil de la part de Spielberg et ça joue sur les clichés, ça oui. mais ça s'en joue aussi .

En réalité il ya deux Ray, disons deux évocation de Ray (peut-être même trois mais j'y reviendrai)

Il ya un Ray qu'on nous présente effectivement comme un génie, génial, superieur, le super héros type :

Il est prétendument le meilleur dans son job "personne ne décharge 40 caisses à l'heure, j'ai la moitié de la corée qui débarque" ; il est prétendument génial en mécanique "remplace le contacteur, ça doit être ça" ; il est prétendument un surhomme "il évite les rayons, il ne se fait pas tuer, il détruit un Tripode", il est super patriotique "regardez le tripode, regardez les oiseaux, vous ne comprenez pas, il n'a plus de bouclier". Il est même prétendument super voyant "embarque tout ce qu'on peut manger, il nous reste plus qu'une minute" (fait énormément penser à la Bible, noé et le déluge).

Bref, le but de Koepp (déjà scénariste de l'ambigüe JP et Lost World) et de Spielberg est de nous présenter prétendument Ray comme un héros, un meneur, un guide (ce n'est encore pas pour rien qu'il s'appelle Ray Ferrier, le porteur de rayon, comme Moise revenant du Sinai, le front ceint de rayons qui l'illumine). Seulement et c'est là qu'est le coup de génie, Spielberg/Koepp et son deuxième scénariste qu'il me pardonne, j'ai oublié son nom, présente ce personnage super pour le démystifier et le détruire tout aussi vite.

De ce fait, On s'attend à voir dans le film, un Emmerich-yes men de plus, un action boy et on est bien déçu, oui mais en bien. Il est le meilleur dans son job, mais ça veut juste dire qu'il est extrêment doué manuellement, c'est une tâche en culture "à nous deux avec mon frère, on sait tout ! __ Quelle est la capitale de l'Australie ?"

(Camberra, ya pas plus simple, vous en conviendrez), réponse de l'intéressé "ça c'est mon frère qui le sait". Bref, Ray ne connait rien, même le plus simple.
Première démystification du héros. Deuxio, il semble génialement doué en mécanique mais bon avec un moteur de V12 sur la table de la cuisine et un bitoniot souvenir Ford sur l'étagère, pas difficile de comprendre qu'il s'y intéresse comme tlm, c son hobby quoi, un peu plus que les autres. Il sort et dit au garagiste "c'est surement le contacteur, change le" montée en flêche du héros et l'autre dit à son apprenti "tu vois c'est bien ce que je te disais", redescente du spectateur, ouais pas terrible comme génie, si même le garagiste du coin l'avait capté avant lui.

Ray n'est donc pas un héros à ce moment là, mais continuons : Il évite les rayons et ne se fait pas tuer (là je n'ai rien à vous opposer, juste mon questionnement sur la foi : quand c'est pas son jour, c'est pas son jour, on meurt pas, et ya bien d'autres accidents ou évènements desquels les gens se sont sortis vivants sans qu'on puisse l'expliquer rationellement.
On ne peut pas tout expliquer rationnellement et pour croire à ce film, car il s'agit bien de croyance dans le film, il faut accepter les notions clés du cinéma de Spielberg : la destinée et le hasard (au sens sort).

Ray ne meurt pas parce que c'est écrit ainsi (de la même manière qu'il est écrit dans la vie, et le nom du héros de Minority Report, John Anderton, le fils de l'homme en grec (donc Jésus) que sa vie sera condamné par le même Destin / Hasard (qu'il s'appelle Lamar, Agatha, Lycaon, Hinema, ou Crow). Les héros de Spielberg ne sont jamais maître de leur destinée, comme dans les récits fondateurs, qu'il soit grec ou antérieur. ils peuvent l'infléchir, la modifier, la changer, mais jamais la choisir à l'origine, elle les dépasse tous ! Et ce qu'il soit bon ou "mauvais". I

léger HS : Il serait aussi intéressant de s'intéresser à l'animisme chez Spielberg, comme le revolver qui s'enraye et le tabouret qui refuse de se briser dans La Liste de Schindler peuvent en être des symboles. fin du HS.

Ensuite, Ray est super patriotique, il aide les marines à tuer le Tripode en leur signalant que les corbeaux ne sont aps repoussés par le bouclier.
Geste prétendument patriotique, c'est juste que les militaires sont des gros bourrins, et même ray ne comprend pas (il a pourtant vu peu avant, un tripode couché sur un immeuble) que les pilotes sont mort et que le tripode va pas tardé à tomber en arrière, mais l'image de la peur est plus forte que la peur elle-même et les soldats US l'abattent au bazooka.
De ce fait, un acte patriotique se transforme en débacle. Les tirs de bazooka, le font tomber en avant, et pas en arrière, il écrase une usine porteuse de deux tours (j'ai d'ailleurs là dessus une théorie épineuse mais toujours traité en sous marin par Spielberg, roi du subtil décidément, de l'ordre du paquet de chips et de la pomme de Terminal pour vous donner une idée, mais je n'en parlerais pas ici). Mais surtout, il s'abat sur une voiture qui valdingue et tue ? écrase ? une dizaine d'innocent (bravo pour le patriotisme sans danger). vérifié à la vidéo (on les voit trés nettement écrasés par la voiture).

Finalement il n'ya que son don de voyance que je ne m'explique pas "on a trés peu de temps, il nous reste qu'une minute, monte Mani ou tu vas mourir". J'ai deux semblant de "réponse" : soit il s'agit encore une fois de pre-science et donc de destin, hasard, etc... qui renvoit à la mythologie et au devin.

soit et c'est plus vraisemblablement le cas, Ray pressent (puisque l'histoire semble se passer post11) que si ce sont des terroristes ça va chauffer (souvenir post 11 des deux tours)et que si c'est autre chose ce qu'il comprendra rapidement "ce n'est pas des terroristes, c'est autre chose... Non, Robbie, pas genre d'Europe",

ça relève du même ordre d'idée, il faut fuir, l'histoire nous l'a toujours appris (Shoah mais avant occupation de l'allemagne et de la france ; Hiroshima, mais avant combat incessant contre le Japon, etc...) Bref, une invasion entraine forcément l'horreur avec elle et c'est justement ce que Ray perçoit peut-être inconsciemment, du moins c'est mon avis, à ce moment là.

Et puis il reste le troisième Ray, je vous en avait parlé un peu plus haut.
Il s'agit du Ray gamin, l'enfant gâté et post ado rebelle, limite immature, un Robbie Bis en somme (qui laisse trainer un moteur sur une table à manger, fait crisser sa voiture, fait des blagues salaces (avec son chef au début : "tu sais quel est ton problème toi ? __ ça je connais un paquet de fille qui se ferait un plaisir de te le dire" enjoy.

Mais aussi n'achète rien à manger pour ses enfants, rate ses rendez vous "huit heures et demi ? __non, ray, on avait dit huit heures", laisse sa fille sous l'orage au mépris de tous les risques éventuels par pur égoisme enfantin (ya qu'à voir son regard et ça phrase sur la foudre "c'est comme le "4 juillet", "le 14 juillet", "allons enfants"...") ; et surtout engage contre son fils, un bras de fer aussi stupide que témoin d'infantilité : superbe métaphore de la partie imposé de baseball

"ça te fera pas de mal", un peu imposé comme moment convivial. D'ailleurs, chaque balle s'envenime de plus en plus, et la dernière (l'avant dernière a fait craquer un os à Robbie, on l'entend trés disctinctement) laisse dans la vitre (Robbie a préféré l'esquiver à raison) un impact qui n'est pas sans rappeler celui que ferait une balle 9mm, c'est dire la violence immature que Ray peut avoir contre son fils (violence qui se retrouvera dans un autre sens contre Ogilvy, mais bon, difficile de lui jeter la pierre, c'est comme ça dans le roman et aucun de nous ne sait comment il aurait réagi dans pareille cas).

voilà, après on peut ne pas être d'accord avec ce que j'avance, mais je crois l'avoir avancé avec un minimum d'argument surtout de connaissance sur le cinéma de Spielberg, son scénariste et le réa. Et pour voir tout ça, pas besoin d'être Einstein, il suffit d'ouvrir les yeux et les oreilles quand on regarde un Spielberg, et de réfléchir, mais il faut aussi être ouvert et tolérant.

désolé, j'avais pas beaucoup de temps mais j'espère que ça sera suffisant pour vous faire comprendre le point de vue de Spielby/Koepp. Bref, on nous présente un début de héros qui perd les points qu'ils gagnent tout aussi vite, et pour finir, Ray se transcendera pour devenir un héros mais seulement pour sa propre famille, trés restreincte la famille : juste ses deux enfants (cf le regarde que porte Rachel sur son père après la chute de la cage), merci timide de sa femme, et sourire forcé des grand parents.

C'est dire pourquoi WOW est un des scénarios les plus pointus avec les personnages les plus étoffés de Spielberg + scénaristes qu'il m'ait été donné de voir


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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 13:54

Des fois, les rouages d'un problème tourne dans la tête pendant x temps, jusqu'à ce que sur un effort de volonté ou une inspiration soudaine tu arrives à en faire le lien logique ou somme toute cohérent. Là c'est pareil, je ne comprenais pas pourquoi Spielberg insistait sur une menace qui viendrait de l'Europe ou du terrorisme et de ce fait je ne comprenais pas la place et l'intérêt de ces deux répliques (dites chacunes par un enfant représentant une "sous couche" de l'évolution humaine ; une enfant (même surdouée) et un adolescent rebelle. Et puis, lorsque j'ai repensé à l'intitulé du devoir, puis à la polémique du forum et enfin que j'ai fais le lien entre les deux avec d'une part la politique de Spielberg (profondément démocrate) et la citation de réplique des enfants, toutes les pièces du puzzle se sont mis en ordre et j'ai compris ce qui m'avait échappé depuis si longtemps. donc j'en conclus que ça ne peut être que ça.

mon analyse de la chose

un anonyme a écrit : "WOW, faut avouer que ce n'est tout de même pas super subtil les allusions au terrorisme. On le voit arriver avec ses gros sabots d'entrée."

hé bien, je ne serais pas aussi catégorique, pasque à la première vision je croyais avoir bien compris les gros sabots de Spielby (si on a compris les mêmes allusions) à savoir que les Aliens représentaient les Islamistes et donc le syndrome post 11 septembre attaquant les USA triomphant. Mais en revoyant le film, et en y repensant, plus d'un an après, j'ai trouvé au moins quatre nouvelles pistes en plus (et que je peux étayer avec des arguments qui plus est, souvent liés à des films anciens de lui ou similaire) :

Les Aliens = Terroriste islamiste, ben Ladden tout ça. Il vaporise les USA et surgissent du sol américain (comme une menace longtemps enfouie qui pète enfin) (lecture claire et presque trop j'ai envie de dire. Spielberg s'aquitte de son devoir de "mémoire" envers le traumatisme post11 qui a secoué les USA.

Mais aussi plus loin et évidemment bcp plus caché et dissimulé (je le promets, c'est carrément son kiff ) :

Les Aliens = Dieu. Dieu surgit de terre et vient détruire la race humaine jugé stupide, et arrogante. On pourrait me rétorquer sur-interprétation, je dis que neni car j'ai des arguments pour étayer ma thèse :

Arguments : Les Aliens représentent Dieu

Car comme dans Rencontres (où le vaisseau représente déjà Dieu) ils sortent du sol (revoir Rencontres, l'arrivée du vaisseau mère surgit de sous la montagne, et non par les airs) ; merci au gars de la communauté Spielbergienne qui a remarqué ce détail, il se reconnaitra). Les Aliens représentent Dieu, car historiquement, dans la plupart des mythologies, on a enfermé des créatures malfaisantes sous la terre et elles en sortent (les Titans dans les Enfers grec notamment). Chez les Aborigènes, les êtres mythiques, sont sortis de terre pour créer le monde, puis ils sont retourner sous terre.

Spielberg (et Koepp aussi) est un fana de mythologie, il a sur ce sujet, une immense culture, et il a bien sûr lu, le bouquin de chevet des mythologistes dont Lucas également (Campbell, le héros au milles visages). bouquin qui décrit par le menu tout les mythes fondateurs, etc... Il a surement aussi lu Carl Jung (ya qu'à voir Jurassic Park) et Roland Barthes. Bref, pas mal de référence intéressante, mais Spielberg prend le mythe et le tourne dans le sens qu'il désire. Ainsi il reprend le mythe Aborigène (consciemment ou inconsciemment, perso je pense de façon consciente mais bon j'suis pas dans le cerveau de Spielberg, donc j'en sais rien); mais au lieu de venir créer à nouveau, les êtres mythiques (les Tripodes et leurs "habitants") viennent détruire la terre.
Les Aliens sont Dieu aussi parce que le rayon désintégrateur des Tripodes (même si il fait fortement allusion à la Shoah) ressemble trait pour trait (revoyez le dvd c'est saisissant) au rayon qui sort de l'Arche perdue à la fin des Aventuriers (qui est donc la manifestation de Dieu) et qui brule tous les impies qui ont osé regarder le Seigneur en face (mis à part L'élu, Indy et sa compagne qui ont fermé les yeux).  Dieu détruit les nazis ici car nul ne peut voir le visage du Seigneur sans périr. Mais il s'agit bien évidemment du dieu jaloux et colère de l'Ancien Testament.

Les Aliens sont (faussement) les français/européens

Spielberg joue sur la peur de ces concitoyens pour les français et la plupart des européens qui sont vraiment des méchants d'avoir dit "non à la guerre en Irak", ce sont vraiment des gens pas fréquentables => conséquence : on donne le mauvais rôle aux français dans la guerre d'algérie et on l'étudie aux USA en classe pour bien montrer combien "ouh ils sont vilains".

Petite piste laché négligemment par Spielby (il participe bcp au scénario avec ses scénaristes même si il ne met jamais son nom dans le générique, sauf si le scénario est entièrement de lui (A.I et Rencontres, plus l'histoire de Sugarland) et Koepp,mais que le spectateur attentif ne doit pas perdre de vue. Spielby vient nous rechercher ensuite en balançant tout aussi négligemment "Ce sont des terroristes ?" par la petite Rachel (le paralèlle avec l'école devient évident. Bourrage de crane , + syndrome post11, "ya la merde c'est forcément des terros". c'est fin et insidieux mais ça marche, là où toute la critique a vu bêtement au premier degré, Spielberg condamner, par le biais de ses personnage principaux , les deux enfants : les terros et les français/européens ; mais c'est bien mal connaitre le bonhomme et son cinéma).

 Deuxième piste qui vient recouper celles donnés avec le devoir sur la guerre d'algérie. Enfin, summum du détail, Spielberg nous assène le coup final (avec toujours autant de finesse je persiste à le répéter), "non, pas des terros, il venait de plus loin", Robbie : "genre d'Europe" (Ah ! voilà le résultat du travail de sape des cerveaux des enfants semble nous dire Spielby. Le bourrage de crane du devoir a porté ses fruits ! "les français yen a être méchant trés méchant de torturer les gentils algérien" => donc ils nous aident pas en Irak pour la guerre => donc le discours de notre président (dont la photo est présente dans les classes usienne me semble t-il) l'axe du Mal, l'axe du Bien est vrai => par corollaire, les français sont tous ça, donc français => méchants = terroriste => donc leur attitude est assimilable à des terros => donc si ya la merde dans notre pays, c'est surement la faute des Européens !

Spielberg nous dit tout ça en une fraction de seconde (et on doit recouper ces trois informations entres elle pour en extraire la critique du système éducatif, en sous marin dans le film (et après on dit que Spielberg fait pas réfléchir). Et les critiques après une seule vision (si on est pas spécialiste, je pense qu'un Spielberg nécessite minimum 2 visions pour être certain de ne pas faire de contresens) tombent dans le panneau premier degré tendu ostensiblement par Spielberg et ne vois pas le sens caché (du texte ici seulement).

Je poursuis l'étude : Les Aliens aussi sont les USA !

Oui, les Aliens peuvent être assimilé au USA. (comme dans le livre éponyme, mais il faut le savoir j'en suis conscient, les Aliens étaient l'Angleterre qui avait attaqué et pillé l'INDE. Spielberg et Koepp ne font que reprendre intelligemment le premier message caché du livre (absent de la version de Byron Haskins prenant les Communistes comme cible, bien propagandiste tout ça). Spielberg est un Humaniste, ses films, traitent de l'humain. Il reprend donc les propos écolos humanistes du livre. L'herbe rouge devient le Pétrole (à l'époque ct une autre richesse pour les anglais), d'ailleurs ils viennent chercher l'eau contenue dans les herbes rouges. Le parallèle avec l'Irak est diaphane à mon sens.

(surtout si on le recoupe avec l'épisode la Pomme et les Chips Lays de Terminal). Je m'excuse de la densité de l'analyse, mais je ne peux clairement expliquer mon sentiment sans m'appuyer sur l'exemple à double sens déjà de Terminal. Dans ce film, Le chef de l'aéroport, explique à Navorski (le héros) que son pays est tombé dans un coup d'état. Navorski ne parle pas un mot d'anglais (à part Big Apple (c'est dire déjà le conditionnenement, l'Amérique réduite à son symbole, vous noterez pour info qu'il ne dit pas Twins Towers (et pour cause , Terminal est lui aussi un film profondément post11 sept) et les mots d'usage de son petit dico. Le chef a donc recours au langage qui réunit deux hommes qui ne parlent pas la même langue (le langage métaphorique de signes).

Mais Spielberg ne nous dit pas, attention on va vous expliquer avec des signes, il l'intègre à la narration et là réside son talent à mon sens (je ne parle ici toujours que de scénario, ni des cadrages, ni des mouvements de cam, mais ça reste du cinéma, je parle ici du fond). Le chef s'évertue à faire comprendre à Navorski en parlant mais sans résultat. Il lui dit "ça ne vous dérange pas si je mange". Il commence à sortir son repas (bien maniaque entre parenthèse le chef ) de sa petite valisette et soudain il a l'illumination. Il sort une pomme et un paquet de chips Lays. Il lui montre la Pomme. En voyant la pomme, Navorski dit "Big Apple" (son seul référent américain) et le chef dit "oui oui, New York, Big Apple" (le symbolisme est ici lourd et appuyé, mais c'est fait exprès par SS). Le chef remontre la pomme et dit imaginons que la pomme se soit les "forces d'invasions" (entendez déjà le sous texte, Le chef a changé le référent mais en conservant aussi inconsciemment le sens de "apple= new york=USA, ça à son importance pour la suite). La pomme ce sont les rebelles, la force d'invasion, et il montre ensuite le paquet de Chips en disant Krakozie. Navorski approuve "Krakozia". Ensuite le chef lève la pomme (force d'invasion) et il l'abat sur le paquet non ouvert qui explose sur Navorksi (entre parenthèse on notera la violence de l'image, j'ai pour ma part, eu un sursaut dans le ciné, mais pas pour le geste, pour ce qu'il représente). Le langage des signes est ici bourrin, téléphoné diront certains mais scénaristiquement efficace, Navorski comprend. Maintenant venons en au double sens de cette scène. bien caché, j'ai du y repenser pour le trouver. Vous n'avez pas oublié le référent premier donné par Navorski à la pomme et appuyé par le chef "Big Apple"=new york= les USA. Si le référent est les USA, les chips peuvent trés bien devenir (et hors contexte narratif) l'Irak, ou tout autre pays attaqué par les USA. L'usa est assimilé à la force d'invasion attaquant la Krakosie mais un parallèle acerbe est fait insidieusement (je pense pas sans vouloir prendre le public pour un idiot que bcp de gens ont vu ce parallèle) entre l'attitude de "ces sauvages" entre eux, et l'attitude "du plus grand pays civilisé contre les "sauvages". Difficile de ne pas le voir, au bout de deux visions, surtout quand on sait que le dialogue est extrêmement important chez Spielberg (cf Munich, Rencontres, War of Worlds, etc...).

J'en reviens donc maintenant à WOW et j'affirme preuve à l'appui le livre original, plus cet exemple de Terminal que les Aliens peuvent représenter les USA, les humains devenant un référent autre que l'Amérique et c'est trés fort. Ensuite, il ya aussi cette troublante image du Tripode qui détourné de sa chute normal (il allait tomber dans un champ dépourvu de gens) par un tir de bazooka d'un soldat us tombe sur une usine porteuse de DEUX TOURS (les tours étant présente dans l'image, bien cadré, je doute que ce soit une coincidence de l'accessoiriste, surtout quand on sait que pour un décor construit, rajoutez deux éléments est plus long que ne aps les mettre. Je pense que vous voyez l'allusion, pourtant j'ai discuté avec bcp de gens et personne ne l'a remarqué ou presque). Le tripode s'effondre détruit les deux tours et l'usine et balayent pleins de civils qui n'aurait rien eu si cet abruti de marines n'avait pas tiré ses missiles comme un boeuf.

Donc mon analyse (et que je n'estime pas tiré par les cheveux). Les USA ont par leur attitude (ils connaissaient benny laddi, ils l'ont entrainé, Spielberg adore la théorie du complot qui plus est) entrainé la tragédie qui les a frappés. Je pense que ce militaire symbolise la force armée des USA ou les USA, que le tripod représente les islamistes de type ben ladden ou les avions et que l'usine ce sont les twins towers imagées. Seulement imaginez l'impact de l'image, je comprend que Spielberg ai préféré la cacher. Voilà une image qui nous dit, les américains ne sont pas tout blanc en ce qui concerne le 11 sept. Certes ça peut nous sembler facile et bâteau, "la guerre c'est mal" mais pour un réa soit disant pro-patriotique, une image montrée de façon aussi claire ça aurait fait désordre (c'est peut-être de la lâcheté, et on peut le dire, mais moi je trouve qu'au contraire c'est courageux, pasqu'il n'impose rien, il propose cette vision au spectateur qui est libre de la refuser ou de ne pas la voir (comme le rêve de la fin de MR). Et puis le spectateur qui a son dvd et regardera le film plusieurs fois, finira peut-être par la voir un jour et trouvera ça soit nulle, soit trés bien, soit il ne la verra jamais, c'est toujours le risque qu'on court en jouant sur l'ironie, la parodie, le second degré.

Enfin, et pour finir l'étude des Aliens :

Les Aliens de manière générale représente l'Homme, L'Humain, L'Humanité.

Les Aliens asservissent les hommes (d'après Ogilvy) et "ça ne pourra finir que mal, aucune occupation n'a abouti, l'histoire nous l'a toujours enseigné". De la même manière que les hommes ont toujours asservi d'autres hommes. Les Aliens sont à la recherche de richesses (ça a été malheureusement le lot de toute notre histoire : les conquistadores et l'or, les nazis et l'or des juifs, les nazis et l'immortalité, les usa et la terre, les européens et les esclaves dans les colonies. etc...
Bref, Les Aliens représentent l'homme et il ya ce plan (je parle un peu technique et métaphore) sublime lorsque Ray, Rachel et Ogilvy se réfugient derrière le miroir. Le serpent Alien s'approche et Ray tend le miroir droit. Le Serpent Alien voit sa propre image dans le miroir, certes, mais Spielberg pousse le clou un peu plus loin, La caméra dans un sublime plan de coupe montre les humains / (le miroir) et Le serpent Alien. Le serpent chez Jung comme ailleurs peut bien sur représenter le mal ancestral, le péché etc... (cf ce plan de Jurassic Park où un serpent rampe près de l'oeil du vélociraptor). Mais surtout le serpent face à ce miroir, voit l'homme et le serpent devient l'homme (honnêtement il m'a fallu huit visions du film pour mon DEA et l'aide d'un autre forumeur toujours de la communauté Spielbergienne et que je remercie pour réaliser cela).


Et comme Spielberg est un Humaniste, il traite avant tout de l'histoire de l'humanité dans ses films. alors quand je lis dans les Cahiers (qui se targuent pourtant d'être des critiques intellectuelles, fortement enclin à voir un peu tout et n'importe quoi dans les films intimistes, et que l'article n'en parle pas une fois) : "Spielberg a choisi volontairement de privilégier la petite histoire au détriment de la grande"(je pense l'Histoire). Avec pourtant 3 coeurs d'appréciation du film. je me dis, avons nous vu clairement vu le même film ?



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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 13:16

Maintenant je vous expose la nouvelle théorie que j'ai sur WOW. Après la description de l'histoire de l'Amérique et par extension du monde, Spielberg parle également de l'histoire du cinéma dans WOW.

De la même manière que Schindlers list et Jurassic Park étaient des pivots marquant l’évolution plus sombre de son cinéma, WOW suivit ensuite par Munich (et reproduisant le même schéma que Schindler et JP pré-production de l’un pendant le tournage de l’autre) se constitue lui aussi comme un nouveau pivot du cinéma de Spielberg, basculant vers encore plus de noirceur.

Tout d'abord il évoque son propre cinéma, autocitation et autoréférence, lui permettant, fourre-tout métaphysique et mystique de tourner la page d'un cinéma qui lui est aujourd'hui révolu (il n’y a qu’à voir Munich pour s’en convaincre).
Ainsi, le film dans son intégralité est traversé d’auto-référence : Rencontres inversée avec ces Tripods qui sortent de terre comme le Mothership de Rencontres, mais viennent détruire et non « créer » ; Soldat US qui devant l’horreur de la situation tend un doigt vers le ciel comme dans E.T mais ce ne sont que des hélicos US qui répondent à sa prière, pour singer Nietzsche, « E.T est mort » ; Scène de cache-cache dans la cave avec l’Alien comme dans la scène similaire de la cuisine avec le Vélociraptor de Jurassic Park, Scène des vêtements flottants comme dans Schindler list, le « mal » a juste changé de nom etc…Les références sont surement encore plus nombreuses, mais malheureusement je ne l’ai ai pas toute vues.

Ensuite, Spielberg évoque l’histoire du Cinéma américain, réceptacle qui finalement décrit aussi l’histoire de l’Amérique, les deux restent indissociables puisque l’un parle de l’autre et vice-versa.


Nous nous trouvons donc en face de référence à des films comme Abyss, Certes Cameron rendait de son propre aveu déjà hommage à un film de Spielberg, mais Spielberg rend à son tour hommage à Cameron en donnant à son serpent de feu/métal en fusion l’apparence et la façon de se mouvoir du ver d’eau/métal liquide d’Abyss.
Mais ce n’est pas tout, Spielberg met aussi en scène un naufrage façon Titanic avec ce bâteau retourné par le Tripod sous-marin (on se retrouve aussi en face d’une créature neptunienne sublimé par les voix très graves de la musique, un simili Dieu évoquant le travail de Harryhausen dans les films péplums type Jason et les Argonautes, sauf qu’ici la slow motion est devenu numérique dernier cri.


Que penser aussi de ces américains moyens qui attaquent la voiture de Ray, ne peut-on pas y voir clairement un hommage de Spielberg aux films de zombie d’un certain George A Romero ? Ces pauvres diables déshumanisés qui en viennent à des extrémités alarmantes (comme cette homme qui arrache la vitre du pare-brise à main nue en y laissant les trois quart de ses ongles).
Comment non plus ne pas évoquer la nuit du Chasseur de Charles Laughton avec cette scène terrible où les enfants descendent le fleuve vus au travers du prisme d’une toile d’araignée, remplacé ici par des cadavres vus au travers du prisme de l’œil « innocent » d’une petite fille. Ces cadavres flottants pouvant très bien être les passagers de l’avion qui s’est crashé la scène précédente, et dont les corps ont été charriés sur plusieurs kilomètres par le lit de la rivière


On évoquera aussi, le magicien d’Oz et Alice in Wonderland, lorsque respectivement, la route pavée de briques jaunes se change en une route d’herbes rouges sanglantes. Par le passage d’une porte on passe du noir et blanc à une violente couleur rouge (de l’aveu même du réa, l’intention était de montrer un pays d’Oz saccagée, à mon sens l’innocence de l’enfance à jamais pervertie). Et Wonderland, lorsque Alice devenue la petite Rachel ne se fait pas poursuivre par une méchante Reine de cœur mais par un Tripod, dont le but n’est pas de lui couper la tête mais bien de pomper son sang en perçant son cerveau (le film de vampire est aussi évoqué).

Maintenant qu’essaie de nous dire Spielberg en transposant tout ce cinéma populaire et de divertissement dans un ton beaucoup plus tragique (car présenté comme réel, ce n’est pas du cinéma semble t-il dire, ça peut arriver pour de bon). J’avancerai l’hypothèse que pour un amoureux de la narration comme lui et du cinéma, il nous dit, voyez après le l1 septembre, on ne peut plus faire du divertissement comme avant, de la même manière qu’un poète avait avancé qu’après la Shoah on ne pouvait plus écrire. Bien sur cela peut sembler excessif, mais Munich donne raison à cette vision du monde, de plus en plus pessimiste, et il ya fort à craindre que Indiana Jones, le future point final de la Tetralogie ne soit lui aussi dans une veine fort pessimiste.



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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 13:51
J'ai vu Vidocq et j'ai trouvé que c'était un très bon film avec un scénario pas si classique que ça mais bien efficace. Pour un premier film, Pitof fait très fort, et il crée un nouveau genre à n'en pas douter, surtout au niveau de l'utilisation de la caméra numérique ! Attentions révélations dans cette critique !

Le montage est purement génial, toujours très déroutant mais en un mot génial. On retrouve l'esthétique de certaines peintures de Goya, de même que les paysages, les portraits et les couleurs de Delacroix et Géricault ; avec également le pessimiste et la folie narrative d'un Edgar Allan Poe !
Une peinture plus que saisissante du XIXème triomphant, avec son lot de complots, de machinations, de politiques, de religion, d'ouverture sur l'ésotérisme et sur un goût prononcé pour la décadence !

Le film, et surtout le personnage de l'alchimiste renvoie pas mal à l'évocation du Horla, créature sombre et malfaisante des contes de Maupassant (elle revient dans trois nouvelles et contes). On fera également le rapprochement par les multiples gros plans et autres effets de distorsion du visage avec un cauchemar comme n'importe qui d'entre nous pourrait le vivre dans son lit. Et immanquablement, en terme de cauchemar, on pense à deux figures mythiques du "j'écris mes cauchemars sur papier" : H.P Lovecraft et Lautréamont avec les chants de Maldoror.

Mais Vidocq c'est aussi plus près de nous, une caméra hérité des jeux de rôles, des jeux vidéos, des cinématiques de combat « Tekkenien », très stylé arène de combat. Pitof fait du neuf avec à la fois du neuf et du vieux.
C'est aussi au niveau du cinéma, l'évocation du film Peeping Tom (le Voyeur en VF) surtout l'idée du miroir inspiré du film qui permet de voir sa propre mort et qui renvoie à la fois à la mort physique et à la mort spirituelle, la damnation de l'âme « bue ». J'entends par âme bue, le principe selon lequel l'Alchimiste absorbe l'âme de ses victimes par le truchement de son masque miroir.Guillaume Canet.

Personnellement j'aurai été très déçu si il avait été question de pédophiles ou de tordus sexuels à la SEVEN. A ce propos, une critique des Inrocks qui apparemment à l'époque n'avait rien compris à Vidocq, le comparait à une mauvaise copie de SEVEN, mais c'est absurde car il n'est absolument pas question à proprement parler de religion, ni de serial killer dans Vidocq, du moins pas dans le sens de SEVEN.
Ces sujets là, ont déjà été cent fois vu et revus avec plus ou moins de réussite, de même que la théorie du complot ou de la société secrète, ce que Grangé évite habilement tout en nous proposant d'y croire à travers ses nombreuses fausses références à ces théories.
Il évite l'écueil du pacte des loups à mon sens, avoir voulu trop en faire, trop mélanger de choses, de notions, de thématiques. Il reste sur son idée fantastique et nous propose les complots politiques, religieux, etc... comme autant de fausses pistes.
Pitof.
La fin est parfaite selon moi. Quoi de plus normal que celui qui enquête sur son soit disant héros soit en réalité le pire Némésis du dit-héros ! Tout le film peut ainsi être repris dans un autre sens de lecture : notamment les visions de profileur que ressent Etienne en visualisant les croquis chez Vidocq (une claire allusion à la base au personnage de From Hell, le film, comme le téléfilm ou le roman) croquis qui deviennent les propres souvenirs du meurtrier et non la projection mentale d'un véritable enquêteur !
Je ne trouve pas que la fin, ni le film en lui-même soit incohérent, tout s'explique logiquement, et Nimier, ne sait pas que Vidocq est vivant, il croit réellement qu'il est mort, ce qui explique qu'il noie son chagrin dans l'alcool.

Je rapprocherai également ce film des nouvelles diverses fantastiques du XIXème siècle de Byron et tous les écrivains et novellistes de ce siècle qui se sont interrogés sur la figure du Mal, du Malin, de l'Etre étrange.
Mais impossible de ne pas voir dans le personnage de Vidocq dans ce film, un rappel ou tout au moins une allusion au Comte de Monte-Cristo qui lui aussi fait croire à sa mort et organise un gigantesque piège pour se venger des gens qui l'ont trahi et punir les gens qu'il estime complices. C'est en ce sens mon explication du fait que Vidocq n'aide pas les futures victimes de l'Alchimiste, ils méritent tous leurs sorts, ce sont tous des criminels et Vidocq n'est rien de moins qu'un policier.

Pour finir, un petit mot sur le montage, je le trouve très représentatif de la volonté de Pitof de nous montrer un univers faux qui peut être vrai et inversement. Ainsi les plans les plus beaux proches de Delacroix ou de Goya côtoient les images les plus sales, les plus disgracieuses, sonnant faux et donnant un effet toc ce qui renforce à mon sens de beaucoup l'appréciation "cauchemardesque" du film.

Pour ceux qui se demandent pourquoi on n'a pas d'explication sur les pouvoirs de l'Alchimiste, il n'y a pas d'explication à donner. Tout est dans le film. L'Alchimiste vole, disparaît, se bat, est rapide, peut-être même possède un don d'ubiquité, produit des pigeons ou des corbeaux sous sa blouse, pour la simple et bonne raison qu'il n'est absolument pas humain, et le sang des vierges en est un bon exemple, ce n'est plus un homme, l'alchimiste est devenu un démon, un être réellement malfaisant, le diable chrétien, peut-être même le Mal incarné !

D'ailleurs comment ne pas analyser ainsi l'ultime plan de clôture du film : L'image des "héros" est petit à petit happée par une croix pattée, dans laquelle on voit la scène d'enterrement comme le ferait un miroir, et l'image du masque de l'alchimiste, presque fantomatique, transparente glisse d'un bord à l'autre de cette croix symbolisant je pense sans nul doute, non pas un Vidocq 2, mais une ouverture sur le fait que le Mal (si il existe, au même titre que le Bien) est immortel, il revient toujours et ne peut jamais vraiment être détruit sous peine de plonger le monde dans le Chaos (le déséquilibre Bien/Mal, Ordre/Désordre, la non présence du Yin et du Yang).

Note complémentaire : Je trouve aussi très beau tous ces gros plans sur les yeux, puisque selon un grand nombre de poète occidentalistes, orientalistes du 16ème siècle jusqu'à nos jours, les yeux sont considérés comme le miroir de l'âme, tout cela renvoyant à notre très cher Alchimiste.André Dussollier.

Mais l'Alchimiste, c'est aussi une figure triple symboliquement : Vidocq/Etienne/l'Alchimiste, une figure qui marche par trois, comme un triptyque d'oeuvre d'art, de la même manière que les "héros" marche par trois Vidocq/Préah/Nimier, et que les pervers narcissiques marchent eux aussi en trio.
De la même façon, l'homme de main de Dussolier est toujours accompagné de deux bras droit tous habillés de noir, et lors des crimes, chacun des trois est, si mes souvenirs récents sont bons, accompagnés de trois hommes de main.

Enfin, l'Alchimiste c'est aussi une relecture du mythe de Faust de Goethe et quelque part de livres comme Alice au pays des Merveilles (les deux tomes) et le portrait de Dorian Gray, le portrait devient hideux et repoussant mais Dorian reste un beau jeune homme comme l'Alchimiste qui commet exaction sur exaction mais dont le profil physique ne bouge pas ; seul son masque miroir est représentatif de sa condition de monstre.

La musique de Bruno Coulais est assez inspirée, trés bonne et s'intègre trés bien au bon moment dans le métrage, même le choix d'un morceau entre hard rock et musique électro acoustique pour le duel Vidocq/L'Alchimiste m'a beaucoup plu.

Les seules petites critiques que j'émettrai par rapport au film, c'est la présence de Vidocq dans un film fantastique, n'y cherchez aucun lien avec la série ou les vieux films, c'est un peu dommage. Le film aurait pu ne pas s'appelait Vidocq et fonctionner tout aussi bien, sinon mieux.
J'aurai également apprécié si à l'instar d'un matrix, l'Alchimiste avait eu la possibilité de prendre l'apparence de ses victimes, celà aurait pu permettre pas mal de rebondissement intéressant.

Mon conseil, donnez sa chance à ce film, il la mérite, il ose des choses, a des partis pris assez fou et le résultat vaut vraiment le coup.


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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 13:43
Le Village avant-dernier film de M. Night Shyamalan est aussi à ce jour, pour moi son plus abouti, son plus profond, son plus complexe. J'ai été relativement déçu par Dogville de Lars Von Trier -que j'ai senti, compris, décrypté avant même la fin du film, mais que j'ai trouvé vain et fort ennuyeux sur le fond avec des références bibliques qui se limitent à leur propre statut de référence. La forme était toutefois intéressante (même si j'avais déjà ressenti milles fois plus de choses dans la pièce de théâtre "La visite de la vieille dame" aux thèmes similaires). Dogville qui plus est transpire l'anti Américanisme primaire de son auteur. Je désespérais de trouver un film qui reprendrait le même principe, l'enfermement d'une communauté, mais sans jamais afficher sa lourdeur moraliste et surtout sans user d'une forme minimaliste à la Dogme (quoique intéressante je le reconnais)...Bryce Dallas Howard et Joaquin Phoenix.

Et puis je suis tombé sur Le village, et mon attente a été comblé, au-delà de toutes mes attentes. Avertissement : Les révélations ainsi que la fin du film seront dévoilés au-delà de ses lignes, donc prière de ne pas lire après ceci si vous n'avez pas vu le film.

Commençons tout d'abord par évoquer le titre. A l'origine, le film de Shyamalan s'intitulait non pas Le village mais 'The Woods'. Donc au vu des premières bandes annonces le spectateur s'attendait à une histoire qui fait peur sur des créatures mythiques peuplant ces dit-Bois, un subtil mélange de fantastique et de réel. Mais au final, le film ne raconte pas l'histoire de l'extérieur, mais bien celle de l'intérieur, ainsi le titre devient Le village avec une trés grande cohérence comme toujours chez Shyamalan.Bryce Dallas Howard.

Maintenant, le héros principal n'est pas Lucius Hunt, et ce même si Shyamalan nous le fait croire pendant une partie du film, en le présentant comme quelqu'un de courageux (plus que les autres), fort (plus que les autres), etc... En somme, c'est le héros par essence. Seulement voilà, il faut s'attendre à tout avec Shyamalan et il n'hésite pas à entraver la vie de son héros pour pouvoir dévoiler l'identité du vrai héros du film, ou plutôt de l'héroïne Ivy. Ce n'est pas la première fois que Shyamalan agit ainsi et ça dénote une absolue cohérence dans l'ensemble de son oeuvre. J'ouvre une parenthèse pour évoquer ma théorie sur ce que j'appelle "un héros peut en cacher un autre".

Dans Sixième sens, Haley Joel Osment est présenté comme le vrai héros, mais finalement, le spectateur s'apercevra que le héros est Cole donc Willis. Ensuite dans Incassable Willis revient et est présenté comme le héros du film, mais c'est Samuel L Jackson qui sera véritablement le héros dIncassable. Puis dans le suivant, Mel Gibson est présenté comme le héros du film, mais celui qui sauvera vraiment la famille, c'est le personnage incarné par Joaquin Phoenix. Et enfin dans Le village, Le héros pressenti est Lucius Hunt (Joaquin Phoenix) mais le héros révélé sera Ivy (Bryce Dallas Howard). J'imagine donc que si ma théorie se tient, l'héroïne de La jeune fille de l'eau, Bryce Dallas Howard, sera le héros pressenti et que le héros révélé sera différent. Ce n'est qu'une théorie mais je pense qu'elle se tient.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos Sangliers. Puisque les Anciens utilisent des trognes de Sangliers (d'où le titre de ma critique) et des costumes pour effrayer les enfants. Le héros est donc Lucius qui après l'enterrement d'un enfant à cause d'un manque de médicament, exprime son désir profond d'aller à la ville. a partir de ce choix courageux, voilà que les créatures qui peuplent les bois interdit commencent à se manifester de plus en plus près des maisons, de plus en plus violemment. Mais loin de refroidir les hardeurs de Lucius, ça l'encourage à y aller d'autant plus. L'effet escompté, faire peur au jeune homme, échoue. Adrien Brody.

Et voilà que le Destin s'en mêle. Noah, le jeune autiste, un peu simplet, est amoureux d'Ivy et lorsque cette dernière avoue son amour à Lucius, il le tue par jalousie (mais aussi par amour pour Ivy). D'ailleurs le moment du meurtre est magnifique de concision et de clarté : Lucius vient d'expliquer à Noah "que l'amour s'exprime de diverses façons" et Noah plante un couteau dans le ventre de Lucius, effectivement un moyen d'exprimer son amour pour Ivy ; et qui plus est, la jalousie et la haine découle également de l'amour.
Mais Noah se garde bien de tuer Lucius car sans le savoir, il représente le Destin de Ivy, accomplir l'acte initiatique qui la conduira à ouvrir les yeux sur Le village. De la même manière, Joaquin Phoenix et tous les éléments juxtaposés de Signes conduisait son père à retrouver sa foi en la religion. Le jeune autiste ("heureux les simples d'esprit, ils seront invités au repas du seigneur" nous dit la Bible) agit donc dans l'intérêt de la communauté, puisque jamais les Anciens ne laisseront aller un voyant, en revanche l'aveugle ne risque pas de ternir leur mensonge.William Hurt.

William Hurt est absolument fantastique dans son rôle de patriarche archaïque et son refus du mal, se voit largement entachée par le meurtre de Noah. Il réfute également ses sentiments pour Sigourney Weaver, pressentant que l'adultère est déjà une partie d'une action mauvaise (cf Incassable). A partir de là, il comprend que quelque chose cloche dans sa communauté miracle et donne à sa propre fille, les moyens de découvrir la vérité, du moins une partie de la vérité : Les Monstres. Walker qui était le plus confiant dans son projet d'éloigner les gens du mal, finit par douter du bien fondé même de son action, et présente à Ivy la supercherie.

Cette scène est d'ailleurs d'une profonde étrangeté, j'ai bien cru un moment par la mise en scène, la musique et par le dialogue que le gentil Walker allait violer sa fille (je ne sais pas si quelqu'un a ressenti ça aussi). Elle lui demande pourquoi il l'a conduite dans la dernière maison, la plus éloignée du Village et il lui dit pour toute explication "Essaie de ne pas crier", avec un ton qui m'a personnellement fait froid dans le dos. Puis l'image coupe et on retrouve Ivy dans la forêt avec les deux gardes. La scène de la cabane aura finalement une explication ni malsaine, ni incestueuse.

Je rejoins JulienAbadie (mediacritik.com) sur sa perception du Village en cercles concentriques, comme "La Divine Comédie" de Dante, mais j'en rajouterais quelques uns. Il ya d'abord à mon sens, la cache dans la Cave qui sert à se protéger des attaques fictives des monstres, puis ensuite chaque maison elle-même pour ses habitants, puis ensuite le Village, enfin la forêt, puis La clôture, qui enserrent elle-même la ville, dans laquelle se trouve enfin la cabane du garde-barrière. Ce qui en tout fait 7 cercles étonnamment, ceux-ci étant identiques au roman de Dante, surtout l'importance symbolique et biblique du chiffre 7 n'est plus à démontrer. L'enfer est composé des septs cercles, et la violence et la souffrance arrivent jusqu'à la maison du garde (en témoigne son journal qu'il lit, témoin du mal et  de la violence du monde actuel au quotidien et qui n'est pas là innocemment). L'enfer est présent jusque dans la maison alors qu'il semble absent du paradisiaque village ? Mais le meurtre de Noah et les cachotteries du village viennent sérieusement ébranler ce présupposé.

Ivy, plus Lilith aventureuse qu'Eve suiveuse, quitte le paradis du village pour sauver son Adam. Elle entreprend le périlleux voyage initiatique, toute seule, médium aveugle parmi les voyants, le Destin, son destin la guide, ce qui explique à mon sens, le fait qu'elle trouve la route et la barrière et qu'elle tombe sur le jeune Kévin (le destin prenant une grande part dans l'oeuvre de Shyamalan cf des films comme Incassable, Signes entre autres). Walker l'envoie également car à cause de sa cécité, il pense qu'elle ne pressentira pas la vérité et reviendra une fois son initiation accomplie à son village. Mais elle revient différente au Village.

Je voudrais aussi parler de la scène de la cabane, dans laquelle l'apparition de Shyamalan, une fois de plus, va bien plus loin que l'apparition de figurant d'Hitchcok. Il exploite à fond son matériau filmique pour nous montrer le film en train d'être tourné. Le 4eme mur ne dévoile qu'un morceau du visage du réa. Kévin lui expose sa requête et il l'écoute, bienfaisant démiurge mais qu'on ne peut regarder en face sous peine de briser la magie de l'histoire. Il en profite également pour s'aquitter de sa tâche de scénariste, expliquer les incohérences du film. Il résume en une phrase bateau pourquoi les avions ne passent jamais en évoquant l'argent distribués à de haut fonctionnaires. C'est tout juste s'il ne nous dit pas, "ça vous satisfait comme réponse, oui non ben faudra vous en contenter, la vraie révélation est ailleurs". Kévin telle un nouveau Persée, arrivera à montrer le visage du démiurge du film en ouvrant une armoire vitrée dans laquelle se reflètent le visage du réa/Dieu qui semble absent mais sait trés bien ce qui se passe, puisque c'est lui qui a engendré ce mouvement, et cette mise en scène. Comme les Nazis de 'Les Aventuriers de l'Arche perdue'qui sont détruit pour avoir voulu contempler le visage de Dieu, le visage du réa ne peut être vu sauf par ce subterfuge.

Ivy Walker ses médicaments en main, revient au village, et affronte le jeune Noah (créature dont on ne sait plus bien si elle est réelle ou fantasmée, tant la force du cinéma de Shyamalan est grande), pendant qu'en parallèle, le réalisateur nous dévoile pourquoi ces humains ont quitté la vie réelle, pour venir se perdre dans ce village. Certes l'acte est noble, et utopiste, mais au même rang que le communisme de Marx et autres utopies, il n'est pas applicable et les Anciens l'ont sans doute compris avec le meurtre de Noah.

Ainsi cette couleur rouge dont il essaie de se prémunir depuis tant de temps et qui a hantée leurs vies : viols, meurtres, accidents, se reproduit dans cet enclave du bonheur. Noah se supprime malgré lui, sa qualité de destin d'Ivy l'oblige à finir ainsi, pour que Ivy affronte sa propre peur.

En revanche, je ne pense pas que la fin soit réacs. Je pense que l'initiation d'Ivy a suffisamment porté ses fruits, pour que la jeune génération accepte de mettre le nez hors des bois, après tout "les gens de la ville ont une voix douce", cette phrase suffit à elle seule à prouver que Ivy est revenu totalement transfigurée. L'ouverture de la boite de Pandore est impossible à refermer, et peut-être bien que l'espoir reste encore niché dans tous ces drames, même si les adultes mourront surement dans leurs incapacité à croire en la bonté humaine.Joaquin Phoenix.

Le nouveau Lucius et la nouvelle Ivy tiennent peut-être dans leurs mains, les rennes de l'Amérique, pardon, du Village et c'est un message magnifique en soi. D'ailleurs, nous avons tous une part négative, et je pense que si Ivy ne dit jamais à Lucius de quelle couleur elle le voit, c'est sans nul doute car elle le voit de la couleur interdite, celle du péché (interdit au jardin d'Eden), le rouge.
L'affiche américaine du

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 13:34
Incassable est le deuxième film du jeune prodige du cinéma qu'est Shyamalan et également son deuxième film avec Bruce Willis en tête d'affiche, mais ne nous trompons pas, le héros de Incassable, le vrai héros, ce n'est pas Willis, de la même manière que le héros du Le village n'est pas Phoenix (mais j'y reviendrai lors de ma critique du Le village) et pourtant beaucoup de choses jusqu'à la fin même du film nous le laisse croire.

Avertissement : Cette critique du film étant également une analyse, contient des "spoilers" révélant la fin du film et l'histoire entière. Prière donc aux gens qui n'ont pas vu le film de ne pas lire ce qui va suivre.Bruce Willis.

Depuis son premier film et jusqu'à ses derniers, Shyamalan questionne le besoin de croire : la foi, que ce soit la foi ésotérique, la foi en le super héros et du super héros, la foi religieuse ou encore la foi en le Bien. Shyamalan n'est pas croyant et s'il interroge la foi, c'est que justement cette question l'obsède. Incassable questionne aussi notre place dans le monde.

Passé la séquence étonnante avec les cartons sur les comics, la séquence d'ouverture est un petit joyau cinématographique. Shyamalan filme l'accouchement de la mère d'Elijah à travers le reflet de la glace de l'arrière salle d'un grand magasin. Le réel protagoniste est introduit avec la révélation, l'enfant souffre du syndrome "homme de verre". Puis ce premier protagoniste est abandonné au profit de la présentation de David Dunn.Bruce Willis et Samuel L Jackson.

Nous voyons Dunn observé, scruter par le regard de la caméra, et même si il se cache à ses yeux en s'enfonçant dans son siège, l'oeil voyeur vient le débusquer à chaque fois. Ce long plan séquence sans coupe nous dévoile que le voyeur est une petite fille qui regarde le héros à l'envers (encore un thème majeur du film). Dunn voit arriver une superbe jeune fille et enlève son alliance, mais c'est un super héros (même en essence et il ne peut se permettre d'accomplir le "mal", c'est pourquoi sa tentative de drague (donc d'adultère potentiel) échoue (et on ne comprend réellement ce point qu'à la fin, ou à la seconde lecture du film).

On passe l'épisode de l'accident de train ; complètement hors champ (mais la peur nous a été transmis par l'insistance des deux trains qui frôlent le premier à intervalle régulier, puis de l'espèce d'obsession du réa à filmer la vitre avec David Dunn qui s'y reflète nous transmettant l'imminence de l'impact) ; pour en venir à Dunn qui se réveille lentement pendant qu'en parallèle, le second survivant de l'accident décède sous nos yeux (son drap blanc immaculé se couvrant de sang au fur et à mesure du discours du médecin, encore une superbe idée de mise en scène).

Passons les péripéties de Dunn et sa découverte de Elijah pour en venir au point essentiel du film, la découverte de son essence de Super héros. Il ya tout d'abord ce plan magnifique d'hommage/parodie de l'habillage du super héros, où nous voyons Dunn enfiler sa tenue d'agent de sécurité comme le lent rituel de l'enfilage d'une cape de Batman et autres Daredevil (tiens DD aussi, surement une coincidence), mais en revanche, ce n'est pas encore son costume définitif (la cape bleu de la fin). Rien n'est épargné, pas même l'identité secrète du super, il est agent de sécurité pour brouiller les pistes (même s'il n'a pas encore conscience d'être un super).
Il ya également toujours dans la partie costume du super, son véritable costume de super, lorsqu'il vient au secours de la famille maltraité par le gars en orange. On retiendra aussi la superbe séquence où Dunn tombe par la fenêtre sur ce qu'on pense être du goudron mais ce dernier s'enfonce et dévoile sa véritable essence, une bache de piscine. Dunn lutte alors avec sa propre cryptonite, l'eau. Ce combat initiatique franchit, il rennaitra réellement en tant que super et accomplira son destin de Super, vaincre le criminel. Il ya d'ailleurs un magnifique plan où l'on voit les murs se défoncer sous son poids, puis Dunn de dos, faisant une pose de comics.

Enfin, il ya surtout la découverte de ses pouvoirs, super force comme le témoigne les expériences avec son fils sur le banc de muscu, ou encore le sauvetage flashback de sa femme dans l'accident de voiture, mais aussi le fait qu'un super héros ne tombe jamais malade (qui a vu Superman avoir un rhume, même Lucky Luke n'est jamais malade [cf la bd 'Le Pony Express']). Mais aussi, son sonar qui lui permet de déceler les criminels. D'ailleurs c'est à ce moment qu'arrive l'apparition de Shyamalan, toujours en lien direct avec son sujet et son envie (montrer toujours la narration du film en train de se faire). Dunn voit Shyamalan (réa et perso)mettre de la drogue dans sa poche. Il l'intercepte et lui demande de lever les bras pour qu'il puisse le fouiller. Un temps infime du film, Willis/Dunn l'acteur/perso mis en scène devient le metteur en scène du réa et il doit lui obéir à lui super, mais Dunn ne trouve pas la drogue, car qui peut s'imaginer être meilleur que le créateur même de l'histoire. D'ailleurs lorsqu'il le heurte, Willis ne sent pas la même chose qu'avec les autres criminels, comme si la présence de Shyamalan dans le film était une erreur, un réa n'est pas un criminel. (cette action trouvera d'ailleurs une réflexion parallèle dans Le village avec l'impossibilité pour la caméra de franchir le 4eme mur, celui qui dissimule le réa).

En somme, tout le film est construit sur Willis héros, David Dunn Super Héros qui va et doit sauver le monde. Mais à la fin, Shyamalan nous piège complètement et le twist final n'est pas une super révélation mais la suite logique du début (de nombreux indices sont d'ailleurs disséminés : Elijah qui vend à un client une sérigraphie du Bien Vs le Mal (tout est dit), en l'expliquant d'ailleurs : "c'est la vision manichéenne dichotomique du Bien combattant le Mal". Elijah a cherché et trouvé sa place, en organisant les attentats pour trouver son opposé correspondant, il est devenu malgré lui, l'essence du Mal par opposition à Dunn.

Ainsi, Shyamalan et c'est à mon sens là sa force réussit l'exploit de faire de Elijah le personnage principal de Incassable tout en ne parlant pratiquement que de la naissance de David Dunn (ersatz d'un Daredevil ou d'un Spider-man), naissance d'ailleurs orchestré de bout en bout par Elijah. Elijah comme dans beaucoup de film de Shyamalan devient donc le Destin de Dunn, le dieu créateur, et difficile de ne pas renvoyer bibliquement à la création du mal par Dieu sauf que rappeler vous, le héros est vu à l'envers et le film montre souvent une vision à l'envers des choses, donc même cette création divine est inversée :
Samuel L Jackson.
Le Dieu maléfique incarnation absolu du Mal (Elijah) crée le Bien absolu (David Dunn) au seul moyen de la croyance et de la foi. Chaque élément de la cosmogonie Shyamalienne trouve sa place et Elijah la sienne dans ce monde en tant que némésis (et souvent à juste titre meilleur ami) du héros.


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