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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 13:54

Des fois, les rouages d'un problème tourne dans la tête pendant x temps, jusqu'à ce que sur un effort de volonté ou une inspiration soudaine tu arrives à en faire le lien logique ou somme toute cohérent. Là c'est pareil, je ne comprenais pas pourquoi Spielberg insistait sur une menace qui viendrait de l'Europe ou du terrorisme et de ce fait je ne comprenais pas la place et l'intérêt de ces deux répliques (dites chacunes par un enfant représentant une "sous couche" de l'évolution humaine ; une enfant (même surdouée) et un adolescent rebelle. Et puis, lorsque j'ai repensé à l'intitulé du devoir, puis à la polémique du forum et enfin que j'ai fais le lien entre les deux avec d'une part la politique de Spielberg (profondément démocrate) et la citation de réplique des enfants, toutes les pièces du puzzle se sont mis en ordre et j'ai compris ce qui m'avait échappé depuis si longtemps. donc j'en conclus que ça ne peut être que ça.

mon analyse de la chose

un anonyme a écrit : "WOW, faut avouer que ce n'est tout de même pas super subtil les allusions au terrorisme. On le voit arriver avec ses gros sabots d'entrée."

hé bien, je ne serais pas aussi catégorique, pasque à la première vision je croyais avoir bien compris les gros sabots de Spielby (si on a compris les mêmes allusions) à savoir que les Aliens représentaient les Islamistes et donc le syndrome post 11 septembre attaquant les USA triomphant. Mais en revoyant le film, et en y repensant, plus d'un an après, j'ai trouvé au moins quatre nouvelles pistes en plus (et que je peux étayer avec des arguments qui plus est, souvent liés à des films anciens de lui ou similaire) :

Les Aliens = Terroriste islamiste, ben Ladden tout ça. Il vaporise les USA et surgissent du sol américain (comme une menace longtemps enfouie qui pète enfin) (lecture claire et presque trop j'ai envie de dire. Spielberg s'aquitte de son devoir de "mémoire" envers le traumatisme post11 qui a secoué les USA.

Mais aussi plus loin et évidemment bcp plus caché et dissimulé (je le promets, c'est carrément son kiff ) :

Les Aliens = Dieu. Dieu surgit de terre et vient détruire la race humaine jugé stupide, et arrogante. On pourrait me rétorquer sur-interprétation, je dis que neni car j'ai des arguments pour étayer ma thèse :

Arguments : Les Aliens représentent Dieu

Car comme dans Rencontres (où le vaisseau représente déjà Dieu) ils sortent du sol (revoir Rencontres, l'arrivée du vaisseau mère surgit de sous la montagne, et non par les airs) ; merci au gars de la communauté Spielbergienne qui a remarqué ce détail, il se reconnaitra). Les Aliens représentent Dieu, car historiquement, dans la plupart des mythologies, on a enfermé des créatures malfaisantes sous la terre et elles en sortent (les Titans dans les Enfers grec notamment). Chez les Aborigènes, les êtres mythiques, sont sortis de terre pour créer le monde, puis ils sont retourner sous terre.

Spielberg (et Koepp aussi) est un fana de mythologie, il a sur ce sujet, une immense culture, et il a bien sûr lu, le bouquin de chevet des mythologistes dont Lucas également (Campbell, le héros au milles visages). bouquin qui décrit par le menu tout les mythes fondateurs, etc... Il a surement aussi lu Carl Jung (ya qu'à voir Jurassic Park) et Roland Barthes. Bref, pas mal de référence intéressante, mais Spielberg prend le mythe et le tourne dans le sens qu'il désire. Ainsi il reprend le mythe Aborigène (consciemment ou inconsciemment, perso je pense de façon consciente mais bon j'suis pas dans le cerveau de Spielberg, donc j'en sais rien); mais au lieu de venir créer à nouveau, les êtres mythiques (les Tripodes et leurs "habitants") viennent détruire la terre.
Les Aliens sont Dieu aussi parce que le rayon désintégrateur des Tripodes (même si il fait fortement allusion à la Shoah) ressemble trait pour trait (revoyez le dvd c'est saisissant) au rayon qui sort de l'Arche perdue à la fin des Aventuriers (qui est donc la manifestation de Dieu) et qui brule tous les impies qui ont osé regarder le Seigneur en face (mis à part L'élu, Indy et sa compagne qui ont fermé les yeux).  Dieu détruit les nazis ici car nul ne peut voir le visage du Seigneur sans périr. Mais il s'agit bien évidemment du dieu jaloux et colère de l'Ancien Testament.

Les Aliens sont (faussement) les français/européens

Spielberg joue sur la peur de ces concitoyens pour les français et la plupart des européens qui sont vraiment des méchants d'avoir dit "non à la guerre en Irak", ce sont vraiment des gens pas fréquentables => conséquence : on donne le mauvais rôle aux français dans la guerre d'algérie et on l'étudie aux USA en classe pour bien montrer combien "ouh ils sont vilains".

Petite piste laché négligemment par Spielby (il participe bcp au scénario avec ses scénaristes même si il ne met jamais son nom dans le générique, sauf si le scénario est entièrement de lui (A.I et Rencontres, plus l'histoire de Sugarland) et Koepp,mais que le spectateur attentif ne doit pas perdre de vue. Spielby vient nous rechercher ensuite en balançant tout aussi négligemment "Ce sont des terroristes ?" par la petite Rachel (le paralèlle avec l'école devient évident. Bourrage de crane , + syndrome post11, "ya la merde c'est forcément des terros". c'est fin et insidieux mais ça marche, là où toute la critique a vu bêtement au premier degré, Spielberg condamner, par le biais de ses personnage principaux , les deux enfants : les terros et les français/européens ; mais c'est bien mal connaitre le bonhomme et son cinéma).

 Deuxième piste qui vient recouper celles donnés avec le devoir sur la guerre d'algérie. Enfin, summum du détail, Spielberg nous assène le coup final (avec toujours autant de finesse je persiste à le répéter), "non, pas des terros, il venait de plus loin", Robbie : "genre d'Europe" (Ah ! voilà le résultat du travail de sape des cerveaux des enfants semble nous dire Spielby. Le bourrage de crane du devoir a porté ses fruits ! "les français yen a être méchant trés méchant de torturer les gentils algérien" => donc ils nous aident pas en Irak pour la guerre => donc le discours de notre président (dont la photo est présente dans les classes usienne me semble t-il) l'axe du Mal, l'axe du Bien est vrai => par corollaire, les français sont tous ça, donc français => méchants = terroriste => donc leur attitude est assimilable à des terros => donc si ya la merde dans notre pays, c'est surement la faute des Européens !

Spielberg nous dit tout ça en une fraction de seconde (et on doit recouper ces trois informations entres elle pour en extraire la critique du système éducatif, en sous marin dans le film (et après on dit que Spielberg fait pas réfléchir). Et les critiques après une seule vision (si on est pas spécialiste, je pense qu'un Spielberg nécessite minimum 2 visions pour être certain de ne pas faire de contresens) tombent dans le panneau premier degré tendu ostensiblement par Spielberg et ne vois pas le sens caché (du texte ici seulement).

Je poursuis l'étude : Les Aliens aussi sont les USA !

Oui, les Aliens peuvent être assimilé au USA. (comme dans le livre éponyme, mais il faut le savoir j'en suis conscient, les Aliens étaient l'Angleterre qui avait attaqué et pillé l'INDE. Spielberg et Koepp ne font que reprendre intelligemment le premier message caché du livre (absent de la version de Byron Haskins prenant les Communistes comme cible, bien propagandiste tout ça). Spielberg est un Humaniste, ses films, traitent de l'humain. Il reprend donc les propos écolos humanistes du livre. L'herbe rouge devient le Pétrole (à l'époque ct une autre richesse pour les anglais), d'ailleurs ils viennent chercher l'eau contenue dans les herbes rouges. Le parallèle avec l'Irak est diaphane à mon sens.

(surtout si on le recoupe avec l'épisode la Pomme et les Chips Lays de Terminal). Je m'excuse de la densité de l'analyse, mais je ne peux clairement expliquer mon sentiment sans m'appuyer sur l'exemple à double sens déjà de Terminal. Dans ce film, Le chef de l'aéroport, explique à Navorski (le héros) que son pays est tombé dans un coup d'état. Navorski ne parle pas un mot d'anglais (à part Big Apple (c'est dire déjà le conditionnenement, l'Amérique réduite à son symbole, vous noterez pour info qu'il ne dit pas Twins Towers (et pour cause , Terminal est lui aussi un film profondément post11 sept) et les mots d'usage de son petit dico. Le chef a donc recours au langage qui réunit deux hommes qui ne parlent pas la même langue (le langage métaphorique de signes).

Mais Spielberg ne nous dit pas, attention on va vous expliquer avec des signes, il l'intègre à la narration et là réside son talent à mon sens (je ne parle ici toujours que de scénario, ni des cadrages, ni des mouvements de cam, mais ça reste du cinéma, je parle ici du fond). Le chef s'évertue à faire comprendre à Navorski en parlant mais sans résultat. Il lui dit "ça ne vous dérange pas si je mange". Il commence à sortir son repas (bien maniaque entre parenthèse le chef ) de sa petite valisette et soudain il a l'illumination. Il sort une pomme et un paquet de chips Lays. Il lui montre la Pomme. En voyant la pomme, Navorski dit "Big Apple" (son seul référent américain) et le chef dit "oui oui, New York, Big Apple" (le symbolisme est ici lourd et appuyé, mais c'est fait exprès par SS). Le chef remontre la pomme et dit imaginons que la pomme se soit les "forces d'invasions" (entendez déjà le sous texte, Le chef a changé le référent mais en conservant aussi inconsciemment le sens de "apple= new york=USA, ça à son importance pour la suite). La pomme ce sont les rebelles, la force d'invasion, et il montre ensuite le paquet de Chips en disant Krakozie. Navorski approuve "Krakozia". Ensuite le chef lève la pomme (force d'invasion) et il l'abat sur le paquet non ouvert qui explose sur Navorksi (entre parenthèse on notera la violence de l'image, j'ai pour ma part, eu un sursaut dans le ciné, mais pas pour le geste, pour ce qu'il représente). Le langage des signes est ici bourrin, téléphoné diront certains mais scénaristiquement efficace, Navorski comprend. Maintenant venons en au double sens de cette scène. bien caché, j'ai du y repenser pour le trouver. Vous n'avez pas oublié le référent premier donné par Navorski à la pomme et appuyé par le chef "Big Apple"=new york= les USA. Si le référent est les USA, les chips peuvent trés bien devenir (et hors contexte narratif) l'Irak, ou tout autre pays attaqué par les USA. L'usa est assimilé à la force d'invasion attaquant la Krakosie mais un parallèle acerbe est fait insidieusement (je pense pas sans vouloir prendre le public pour un idiot que bcp de gens ont vu ce parallèle) entre l'attitude de "ces sauvages" entre eux, et l'attitude "du plus grand pays civilisé contre les "sauvages". Difficile de ne pas le voir, au bout de deux visions, surtout quand on sait que le dialogue est extrêmement important chez Spielberg (cf Munich, Rencontres, War of Worlds, etc...).

J'en reviens donc maintenant à WOW et j'affirme preuve à l'appui le livre original, plus cet exemple de Terminal que les Aliens peuvent représenter les USA, les humains devenant un référent autre que l'Amérique et c'est trés fort. Ensuite, il ya aussi cette troublante image du Tripode qui détourné de sa chute normal (il allait tomber dans un champ dépourvu de gens) par un tir de bazooka d'un soldat us tombe sur une usine porteuse de DEUX TOURS (les tours étant présente dans l'image, bien cadré, je doute que ce soit une coincidence de l'accessoiriste, surtout quand on sait que pour un décor construit, rajoutez deux éléments est plus long que ne aps les mettre. Je pense que vous voyez l'allusion, pourtant j'ai discuté avec bcp de gens et personne ne l'a remarqué ou presque). Le tripode s'effondre détruit les deux tours et l'usine et balayent pleins de civils qui n'aurait rien eu si cet abruti de marines n'avait pas tiré ses missiles comme un boeuf.

Donc mon analyse (et que je n'estime pas tiré par les cheveux). Les USA ont par leur attitude (ils connaissaient benny laddi, ils l'ont entrainé, Spielberg adore la théorie du complot qui plus est) entrainé la tragédie qui les a frappés. Je pense que ce militaire symbolise la force armée des USA ou les USA, que le tripod représente les islamistes de type ben ladden ou les avions et que l'usine ce sont les twins towers imagées. Seulement imaginez l'impact de l'image, je comprend que Spielberg ai préféré la cacher. Voilà une image qui nous dit, les américains ne sont pas tout blanc en ce qui concerne le 11 sept. Certes ça peut nous sembler facile et bâteau, "la guerre c'est mal" mais pour un réa soit disant pro-patriotique, une image montrée de façon aussi claire ça aurait fait désordre (c'est peut-être de la lâcheté, et on peut le dire, mais moi je trouve qu'au contraire c'est courageux, pasqu'il n'impose rien, il propose cette vision au spectateur qui est libre de la refuser ou de ne pas la voir (comme le rêve de la fin de MR). Et puis le spectateur qui a son dvd et regardera le film plusieurs fois, finira peut-être par la voir un jour et trouvera ça soit nulle, soit trés bien, soit il ne la verra jamais, c'est toujours le risque qu'on court en jouant sur l'ironie, la parodie, le second degré.

Enfin, et pour finir l'étude des Aliens :

Les Aliens de manière générale représente l'Homme, L'Humain, L'Humanité.

Les Aliens asservissent les hommes (d'après Ogilvy) et "ça ne pourra finir que mal, aucune occupation n'a abouti, l'histoire nous l'a toujours enseigné". De la même manière que les hommes ont toujours asservi d'autres hommes. Les Aliens sont à la recherche de richesses (ça a été malheureusement le lot de toute notre histoire : les conquistadores et l'or, les nazis et l'or des juifs, les nazis et l'immortalité, les usa et la terre, les européens et les esclaves dans les colonies. etc...
Bref, Les Aliens représentent l'homme et il ya ce plan (je parle un peu technique et métaphore) sublime lorsque Ray, Rachel et Ogilvy se réfugient derrière le miroir. Le serpent Alien s'approche et Ray tend le miroir droit. Le Serpent Alien voit sa propre image dans le miroir, certes, mais Spielberg pousse le clou un peu plus loin, La caméra dans un sublime plan de coupe montre les humains / (le miroir) et Le serpent Alien. Le serpent chez Jung comme ailleurs peut bien sur représenter le mal ancestral, le péché etc... (cf ce plan de Jurassic Park où un serpent rampe près de l'oeil du vélociraptor). Mais surtout le serpent face à ce miroir, voit l'homme et le serpent devient l'homme (honnêtement il m'a fallu huit visions du film pour mon DEA et l'aide d'un autre forumeur toujours de la communauté Spielbergienne et que je remercie pour réaliser cela).


Et comme Spielberg est un Humaniste, il traite avant tout de l'histoire de l'humanité dans ses films. alors quand je lis dans les Cahiers (qui se targuent pourtant d'être des critiques intellectuelles, fortement enclin à voir un peu tout et n'importe quoi dans les films intimistes, et que l'article n'en parle pas une fois) : "Spielberg a choisi volontairement de privilégier la petite histoire au détriment de la grande"(je pense l'Histoire). Avec pourtant 3 coeurs d'appréciation du film. je me dis, avons nous vu clairement vu le même film ?



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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 13:16

Maintenant je vous expose la nouvelle théorie que j'ai sur WOW. Après la description de l'histoire de l'Amérique et par extension du monde, Spielberg parle également de l'histoire du cinéma dans WOW.

De la même manière que Schindlers list et Jurassic Park étaient des pivots marquant l’évolution plus sombre de son cinéma, WOW suivit ensuite par Munich (et reproduisant le même schéma que Schindler et JP pré-production de l’un pendant le tournage de l’autre) se constitue lui aussi comme un nouveau pivot du cinéma de Spielberg, basculant vers encore plus de noirceur.

Tout d'abord il évoque son propre cinéma, autocitation et autoréférence, lui permettant, fourre-tout métaphysique et mystique de tourner la page d'un cinéma qui lui est aujourd'hui révolu (il n’y a qu’à voir Munich pour s’en convaincre).
Ainsi, le film dans son intégralité est traversé d’auto-référence : Rencontres inversée avec ces Tripods qui sortent de terre comme le Mothership de Rencontres, mais viennent détruire et non « créer » ; Soldat US qui devant l’horreur de la situation tend un doigt vers le ciel comme dans E.T mais ce ne sont que des hélicos US qui répondent à sa prière, pour singer Nietzsche, « E.T est mort » ; Scène de cache-cache dans la cave avec l’Alien comme dans la scène similaire de la cuisine avec le Vélociraptor de Jurassic Park, Scène des vêtements flottants comme dans Schindler list, le « mal » a juste changé de nom etc…Les références sont surement encore plus nombreuses, mais malheureusement je ne l’ai ai pas toute vues.

Ensuite, Spielberg évoque l’histoire du Cinéma américain, réceptacle qui finalement décrit aussi l’histoire de l’Amérique, les deux restent indissociables puisque l’un parle de l’autre et vice-versa.


Nous nous trouvons donc en face de référence à des films comme Abyss, Certes Cameron rendait de son propre aveu déjà hommage à un film de Spielberg, mais Spielberg rend à son tour hommage à Cameron en donnant à son serpent de feu/métal en fusion l’apparence et la façon de se mouvoir du ver d’eau/métal liquide d’Abyss.
Mais ce n’est pas tout, Spielberg met aussi en scène un naufrage façon Titanic avec ce bâteau retourné par le Tripod sous-marin (on se retrouve aussi en face d’une créature neptunienne sublimé par les voix très graves de la musique, un simili Dieu évoquant le travail de Harryhausen dans les films péplums type Jason et les Argonautes, sauf qu’ici la slow motion est devenu numérique dernier cri.


Que penser aussi de ces américains moyens qui attaquent la voiture de Ray, ne peut-on pas y voir clairement un hommage de Spielberg aux films de zombie d’un certain George A Romero ? Ces pauvres diables déshumanisés qui en viennent à des extrémités alarmantes (comme cette homme qui arrache la vitre du pare-brise à main nue en y laissant les trois quart de ses ongles).
Comment non plus ne pas évoquer la nuit du Chasseur de Charles Laughton avec cette scène terrible où les enfants descendent le fleuve vus au travers du prisme d’une toile d’araignée, remplacé ici par des cadavres vus au travers du prisme de l’œil « innocent » d’une petite fille. Ces cadavres flottants pouvant très bien être les passagers de l’avion qui s’est crashé la scène précédente, et dont les corps ont été charriés sur plusieurs kilomètres par le lit de la rivière


On évoquera aussi, le magicien d’Oz et Alice in Wonderland, lorsque respectivement, la route pavée de briques jaunes se change en une route d’herbes rouges sanglantes. Par le passage d’une porte on passe du noir et blanc à une violente couleur rouge (de l’aveu même du réa, l’intention était de montrer un pays d’Oz saccagée, à mon sens l’innocence de l’enfance à jamais pervertie). Et Wonderland, lorsque Alice devenue la petite Rachel ne se fait pas poursuivre par une méchante Reine de cœur mais par un Tripod, dont le but n’est pas de lui couper la tête mais bien de pomper son sang en perçant son cerveau (le film de vampire est aussi évoqué).

Maintenant qu’essaie de nous dire Spielberg en transposant tout ce cinéma populaire et de divertissement dans un ton beaucoup plus tragique (car présenté comme réel, ce n’est pas du cinéma semble t-il dire, ça peut arriver pour de bon). J’avancerai l’hypothèse que pour un amoureux de la narration comme lui et du cinéma, il nous dit, voyez après le l1 septembre, on ne peut plus faire du divertissement comme avant, de la même manière qu’un poète avait avancé qu’après la Shoah on ne pouvait plus écrire. Bien sur cela peut sembler excessif, mais Munich donne raison à cette vision du monde, de plus en plus pessimiste, et il ya fort à craindre que Indiana Jones, le future point final de la Tetralogie ne soit lui aussi dans une veine fort pessimiste.



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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 13:51
J'ai vu Vidocq et j'ai trouvé que c'était un très bon film avec un scénario pas si classique que ça mais bien efficace. Pour un premier film, Pitof fait très fort, et il crée un nouveau genre à n'en pas douter, surtout au niveau de l'utilisation de la caméra numérique ! Attentions révélations dans cette critique !

Le montage est purement génial, toujours très déroutant mais en un mot génial. On retrouve l'esthétique de certaines peintures de Goya, de même que les paysages, les portraits et les couleurs de Delacroix et Géricault ; avec également le pessimiste et la folie narrative d'un Edgar Allan Poe !
Une peinture plus que saisissante du XIXème triomphant, avec son lot de complots, de machinations, de politiques, de religion, d'ouverture sur l'ésotérisme et sur un goût prononcé pour la décadence !

Le film, et surtout le personnage de l'alchimiste renvoie pas mal à l'évocation du Horla, créature sombre et malfaisante des contes de Maupassant (elle revient dans trois nouvelles et contes). On fera également le rapprochement par les multiples gros plans et autres effets de distorsion du visage avec un cauchemar comme n'importe qui d'entre nous pourrait le vivre dans son lit. Et immanquablement, en terme de cauchemar, on pense à deux figures mythiques du "j'écris mes cauchemars sur papier" : H.P Lovecraft et Lautréamont avec les chants de Maldoror.

Mais Vidocq c'est aussi plus près de nous, une caméra hérité des jeux de rôles, des jeux vidéos, des cinématiques de combat « Tekkenien », très stylé arène de combat. Pitof fait du neuf avec à la fois du neuf et du vieux.
C'est aussi au niveau du cinéma, l'évocation du film Peeping Tom (le Voyeur en VF) surtout l'idée du miroir inspiré du film qui permet de voir sa propre mort et qui renvoie à la fois à la mort physique et à la mort spirituelle, la damnation de l'âme « bue ». J'entends par âme bue, le principe selon lequel l'Alchimiste absorbe l'âme de ses victimes par le truchement de son masque miroir.Guillaume Canet.

Personnellement j'aurai été très déçu si il avait été question de pédophiles ou de tordus sexuels à la SEVEN. A ce propos, une critique des Inrocks qui apparemment à l'époque n'avait rien compris à Vidocq, le comparait à une mauvaise copie de SEVEN, mais c'est absurde car il n'est absolument pas question à proprement parler de religion, ni de serial killer dans Vidocq, du moins pas dans le sens de SEVEN.
Ces sujets là, ont déjà été cent fois vu et revus avec plus ou moins de réussite, de même que la théorie du complot ou de la société secrète, ce que Grangé évite habilement tout en nous proposant d'y croire à travers ses nombreuses fausses références à ces théories.
Il évite l'écueil du pacte des loups à mon sens, avoir voulu trop en faire, trop mélanger de choses, de notions, de thématiques. Il reste sur son idée fantastique et nous propose les complots politiques, religieux, etc... comme autant de fausses pistes.
Pitof.
La fin est parfaite selon moi. Quoi de plus normal que celui qui enquête sur son soit disant héros soit en réalité le pire Némésis du dit-héros ! Tout le film peut ainsi être repris dans un autre sens de lecture : notamment les visions de profileur que ressent Etienne en visualisant les croquis chez Vidocq (une claire allusion à la base au personnage de From Hell, le film, comme le téléfilm ou le roman) croquis qui deviennent les propres souvenirs du meurtrier et non la projection mentale d'un véritable enquêteur !
Je ne trouve pas que la fin, ni le film en lui-même soit incohérent, tout s'explique logiquement, et Nimier, ne sait pas que Vidocq est vivant, il croit réellement qu'il est mort, ce qui explique qu'il noie son chagrin dans l'alcool.

Je rapprocherai également ce film des nouvelles diverses fantastiques du XIXème siècle de Byron et tous les écrivains et novellistes de ce siècle qui se sont interrogés sur la figure du Mal, du Malin, de l'Etre étrange.
Mais impossible de ne pas voir dans le personnage de Vidocq dans ce film, un rappel ou tout au moins une allusion au Comte de Monte-Cristo qui lui aussi fait croire à sa mort et organise un gigantesque piège pour se venger des gens qui l'ont trahi et punir les gens qu'il estime complices. C'est en ce sens mon explication du fait que Vidocq n'aide pas les futures victimes de l'Alchimiste, ils méritent tous leurs sorts, ce sont tous des criminels et Vidocq n'est rien de moins qu'un policier.

Pour finir, un petit mot sur le montage, je le trouve très représentatif de la volonté de Pitof de nous montrer un univers faux qui peut être vrai et inversement. Ainsi les plans les plus beaux proches de Delacroix ou de Goya côtoient les images les plus sales, les plus disgracieuses, sonnant faux et donnant un effet toc ce qui renforce à mon sens de beaucoup l'appréciation "cauchemardesque" du film.

Pour ceux qui se demandent pourquoi on n'a pas d'explication sur les pouvoirs de l'Alchimiste, il n'y a pas d'explication à donner. Tout est dans le film. L'Alchimiste vole, disparaît, se bat, est rapide, peut-être même possède un don d'ubiquité, produit des pigeons ou des corbeaux sous sa blouse, pour la simple et bonne raison qu'il n'est absolument pas humain, et le sang des vierges en est un bon exemple, ce n'est plus un homme, l'alchimiste est devenu un démon, un être réellement malfaisant, le diable chrétien, peut-être même le Mal incarné !

D'ailleurs comment ne pas analyser ainsi l'ultime plan de clôture du film : L'image des "héros" est petit à petit happée par une croix pattée, dans laquelle on voit la scène d'enterrement comme le ferait un miroir, et l'image du masque de l'alchimiste, presque fantomatique, transparente glisse d'un bord à l'autre de cette croix symbolisant je pense sans nul doute, non pas un Vidocq 2, mais une ouverture sur le fait que le Mal (si il existe, au même titre que le Bien) est immortel, il revient toujours et ne peut jamais vraiment être détruit sous peine de plonger le monde dans le Chaos (le déséquilibre Bien/Mal, Ordre/Désordre, la non présence du Yin et du Yang).

Note complémentaire : Je trouve aussi très beau tous ces gros plans sur les yeux, puisque selon un grand nombre de poète occidentalistes, orientalistes du 16ème siècle jusqu'à nos jours, les yeux sont considérés comme le miroir de l'âme, tout cela renvoyant à notre très cher Alchimiste.André Dussollier.

Mais l'Alchimiste, c'est aussi une figure triple symboliquement : Vidocq/Etienne/l'Alchimiste, une figure qui marche par trois, comme un triptyque d'oeuvre d'art, de la même manière que les "héros" marche par trois Vidocq/Préah/Nimier, et que les pervers narcissiques marchent eux aussi en trio.
De la même façon, l'homme de main de Dussolier est toujours accompagné de deux bras droit tous habillés de noir, et lors des crimes, chacun des trois est, si mes souvenirs récents sont bons, accompagnés de trois hommes de main.

Enfin, l'Alchimiste c'est aussi une relecture du mythe de Faust de Goethe et quelque part de livres comme Alice au pays des Merveilles (les deux tomes) et le portrait de Dorian Gray, le portrait devient hideux et repoussant mais Dorian reste un beau jeune homme comme l'Alchimiste qui commet exaction sur exaction mais dont le profil physique ne bouge pas ; seul son masque miroir est représentatif de sa condition de monstre.

La musique de Bruno Coulais est assez inspirée, trés bonne et s'intègre trés bien au bon moment dans le métrage, même le choix d'un morceau entre hard rock et musique électro acoustique pour le duel Vidocq/L'Alchimiste m'a beaucoup plu.

Les seules petites critiques que j'émettrai par rapport au film, c'est la présence de Vidocq dans un film fantastique, n'y cherchez aucun lien avec la série ou les vieux films, c'est un peu dommage. Le film aurait pu ne pas s'appelait Vidocq et fonctionner tout aussi bien, sinon mieux.
J'aurai également apprécié si à l'instar d'un matrix, l'Alchimiste avait eu la possibilité de prendre l'apparence de ses victimes, celà aurait pu permettre pas mal de rebondissement intéressant.

Mon conseil, donnez sa chance à ce film, il la mérite, il ose des choses, a des partis pris assez fou et le résultat vaut vraiment le coup.


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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 13:43
Le Village avant-dernier film de M. Night Shyamalan est aussi à ce jour, pour moi son plus abouti, son plus profond, son plus complexe. J'ai été relativement déçu par Dogville de Lars Von Trier -que j'ai senti, compris, décrypté avant même la fin du film, mais que j'ai trouvé vain et fort ennuyeux sur le fond avec des références bibliques qui se limitent à leur propre statut de référence. La forme était toutefois intéressante (même si j'avais déjà ressenti milles fois plus de choses dans la pièce de théâtre "La visite de la vieille dame" aux thèmes similaires). Dogville qui plus est transpire l'anti Américanisme primaire de son auteur. Je désespérais de trouver un film qui reprendrait le même principe, l'enfermement d'une communauté, mais sans jamais afficher sa lourdeur moraliste et surtout sans user d'une forme minimaliste à la Dogme (quoique intéressante je le reconnais)...Bryce Dallas Howard et Joaquin Phoenix.

Et puis je suis tombé sur Le village, et mon attente a été comblé, au-delà de toutes mes attentes. Avertissement : Les révélations ainsi que la fin du film seront dévoilés au-delà de ses lignes, donc prière de ne pas lire après ceci si vous n'avez pas vu le film.

Commençons tout d'abord par évoquer le titre. A l'origine, le film de Shyamalan s'intitulait non pas Le village mais 'The Woods'. Donc au vu des premières bandes annonces le spectateur s'attendait à une histoire qui fait peur sur des créatures mythiques peuplant ces dit-Bois, un subtil mélange de fantastique et de réel. Mais au final, le film ne raconte pas l'histoire de l'extérieur, mais bien celle de l'intérieur, ainsi le titre devient Le village avec une trés grande cohérence comme toujours chez Shyamalan.Bryce Dallas Howard.

Maintenant, le héros principal n'est pas Lucius Hunt, et ce même si Shyamalan nous le fait croire pendant une partie du film, en le présentant comme quelqu'un de courageux (plus que les autres), fort (plus que les autres), etc... En somme, c'est le héros par essence. Seulement voilà, il faut s'attendre à tout avec Shyamalan et il n'hésite pas à entraver la vie de son héros pour pouvoir dévoiler l'identité du vrai héros du film, ou plutôt de l'héroïne Ivy. Ce n'est pas la première fois que Shyamalan agit ainsi et ça dénote une absolue cohérence dans l'ensemble de son oeuvre. J'ouvre une parenthèse pour évoquer ma théorie sur ce que j'appelle "un héros peut en cacher un autre".

Dans Sixième sens, Haley Joel Osment est présenté comme le vrai héros, mais finalement, le spectateur s'apercevra que le héros est Cole donc Willis. Ensuite dans Incassable Willis revient et est présenté comme le héros du film, mais c'est Samuel L Jackson qui sera véritablement le héros dIncassable. Puis dans le suivant, Mel Gibson est présenté comme le héros du film, mais celui qui sauvera vraiment la famille, c'est le personnage incarné par Joaquin Phoenix. Et enfin dans Le village, Le héros pressenti est Lucius Hunt (Joaquin Phoenix) mais le héros révélé sera Ivy (Bryce Dallas Howard). J'imagine donc que si ma théorie se tient, l'héroïne de La jeune fille de l'eau, Bryce Dallas Howard, sera le héros pressenti et que le héros révélé sera différent. Ce n'est qu'une théorie mais je pense qu'elle se tient.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos Sangliers. Puisque les Anciens utilisent des trognes de Sangliers (d'où le titre de ma critique) et des costumes pour effrayer les enfants. Le héros est donc Lucius qui après l'enterrement d'un enfant à cause d'un manque de médicament, exprime son désir profond d'aller à la ville. a partir de ce choix courageux, voilà que les créatures qui peuplent les bois interdit commencent à se manifester de plus en plus près des maisons, de plus en plus violemment. Mais loin de refroidir les hardeurs de Lucius, ça l'encourage à y aller d'autant plus. L'effet escompté, faire peur au jeune homme, échoue. Adrien Brody.

Et voilà que le Destin s'en mêle. Noah, le jeune autiste, un peu simplet, est amoureux d'Ivy et lorsque cette dernière avoue son amour à Lucius, il le tue par jalousie (mais aussi par amour pour Ivy). D'ailleurs le moment du meurtre est magnifique de concision et de clarté : Lucius vient d'expliquer à Noah "que l'amour s'exprime de diverses façons" et Noah plante un couteau dans le ventre de Lucius, effectivement un moyen d'exprimer son amour pour Ivy ; et qui plus est, la jalousie et la haine découle également de l'amour.
Mais Noah se garde bien de tuer Lucius car sans le savoir, il représente le Destin de Ivy, accomplir l'acte initiatique qui la conduira à ouvrir les yeux sur Le village. De la même manière, Joaquin Phoenix et tous les éléments juxtaposés de Signes conduisait son père à retrouver sa foi en la religion. Le jeune autiste ("heureux les simples d'esprit, ils seront invités au repas du seigneur" nous dit la Bible) agit donc dans l'intérêt de la communauté, puisque jamais les Anciens ne laisseront aller un voyant, en revanche l'aveugle ne risque pas de ternir leur mensonge.William Hurt.

William Hurt est absolument fantastique dans son rôle de patriarche archaïque et son refus du mal, se voit largement entachée par le meurtre de Noah. Il réfute également ses sentiments pour Sigourney Weaver, pressentant que l'adultère est déjà une partie d'une action mauvaise (cf Incassable). A partir de là, il comprend que quelque chose cloche dans sa communauté miracle et donne à sa propre fille, les moyens de découvrir la vérité, du moins une partie de la vérité : Les Monstres. Walker qui était le plus confiant dans son projet d'éloigner les gens du mal, finit par douter du bien fondé même de son action, et présente à Ivy la supercherie.

Cette scène est d'ailleurs d'une profonde étrangeté, j'ai bien cru un moment par la mise en scène, la musique et par le dialogue que le gentil Walker allait violer sa fille (je ne sais pas si quelqu'un a ressenti ça aussi). Elle lui demande pourquoi il l'a conduite dans la dernière maison, la plus éloignée du Village et il lui dit pour toute explication "Essaie de ne pas crier", avec un ton qui m'a personnellement fait froid dans le dos. Puis l'image coupe et on retrouve Ivy dans la forêt avec les deux gardes. La scène de la cabane aura finalement une explication ni malsaine, ni incestueuse.

Je rejoins JulienAbadie (mediacritik.com) sur sa perception du Village en cercles concentriques, comme "La Divine Comédie" de Dante, mais j'en rajouterais quelques uns. Il ya d'abord à mon sens, la cache dans la Cave qui sert à se protéger des attaques fictives des monstres, puis ensuite chaque maison elle-même pour ses habitants, puis ensuite le Village, enfin la forêt, puis La clôture, qui enserrent elle-même la ville, dans laquelle se trouve enfin la cabane du garde-barrière. Ce qui en tout fait 7 cercles étonnamment, ceux-ci étant identiques au roman de Dante, surtout l'importance symbolique et biblique du chiffre 7 n'est plus à démontrer. L'enfer est composé des septs cercles, et la violence et la souffrance arrivent jusqu'à la maison du garde (en témoigne son journal qu'il lit, témoin du mal et  de la violence du monde actuel au quotidien et qui n'est pas là innocemment). L'enfer est présent jusque dans la maison alors qu'il semble absent du paradisiaque village ? Mais le meurtre de Noah et les cachotteries du village viennent sérieusement ébranler ce présupposé.

Ivy, plus Lilith aventureuse qu'Eve suiveuse, quitte le paradis du village pour sauver son Adam. Elle entreprend le périlleux voyage initiatique, toute seule, médium aveugle parmi les voyants, le Destin, son destin la guide, ce qui explique à mon sens, le fait qu'elle trouve la route et la barrière et qu'elle tombe sur le jeune Kévin (le destin prenant une grande part dans l'oeuvre de Shyamalan cf des films comme Incassable, Signes entre autres). Walker l'envoie également car à cause de sa cécité, il pense qu'elle ne pressentira pas la vérité et reviendra une fois son initiation accomplie à son village. Mais elle revient différente au Village.

Je voudrais aussi parler de la scène de la cabane, dans laquelle l'apparition de Shyamalan, une fois de plus, va bien plus loin que l'apparition de figurant d'Hitchcok. Il exploite à fond son matériau filmique pour nous montrer le film en train d'être tourné. Le 4eme mur ne dévoile qu'un morceau du visage du réa. Kévin lui expose sa requête et il l'écoute, bienfaisant démiurge mais qu'on ne peut regarder en face sous peine de briser la magie de l'histoire. Il en profite également pour s'aquitter de sa tâche de scénariste, expliquer les incohérences du film. Il résume en une phrase bateau pourquoi les avions ne passent jamais en évoquant l'argent distribués à de haut fonctionnaires. C'est tout juste s'il ne nous dit pas, "ça vous satisfait comme réponse, oui non ben faudra vous en contenter, la vraie révélation est ailleurs". Kévin telle un nouveau Persée, arrivera à montrer le visage du démiurge du film en ouvrant une armoire vitrée dans laquelle se reflètent le visage du réa/Dieu qui semble absent mais sait trés bien ce qui se passe, puisque c'est lui qui a engendré ce mouvement, et cette mise en scène. Comme les Nazis de 'Les Aventuriers de l'Arche perdue'qui sont détruit pour avoir voulu contempler le visage de Dieu, le visage du réa ne peut être vu sauf par ce subterfuge.

Ivy Walker ses médicaments en main, revient au village, et affronte le jeune Noah (créature dont on ne sait plus bien si elle est réelle ou fantasmée, tant la force du cinéma de Shyamalan est grande), pendant qu'en parallèle, le réalisateur nous dévoile pourquoi ces humains ont quitté la vie réelle, pour venir se perdre dans ce village. Certes l'acte est noble, et utopiste, mais au même rang que le communisme de Marx et autres utopies, il n'est pas applicable et les Anciens l'ont sans doute compris avec le meurtre de Noah.

Ainsi cette couleur rouge dont il essaie de se prémunir depuis tant de temps et qui a hantée leurs vies : viols, meurtres, accidents, se reproduit dans cet enclave du bonheur. Noah se supprime malgré lui, sa qualité de destin d'Ivy l'oblige à finir ainsi, pour que Ivy affronte sa propre peur.

En revanche, je ne pense pas que la fin soit réacs. Je pense que l'initiation d'Ivy a suffisamment porté ses fruits, pour que la jeune génération accepte de mettre le nez hors des bois, après tout "les gens de la ville ont une voix douce", cette phrase suffit à elle seule à prouver que Ivy est revenu totalement transfigurée. L'ouverture de la boite de Pandore est impossible à refermer, et peut-être bien que l'espoir reste encore niché dans tous ces drames, même si les adultes mourront surement dans leurs incapacité à croire en la bonté humaine.Joaquin Phoenix.

Le nouveau Lucius et la nouvelle Ivy tiennent peut-être dans leurs mains, les rennes de l'Amérique, pardon, du Village et c'est un message magnifique en soi. D'ailleurs, nous avons tous une part négative, et je pense que si Ivy ne dit jamais à Lucius de quelle couleur elle le voit, c'est sans nul doute car elle le voit de la couleur interdite, celle du péché (interdit au jardin d'Eden), le rouge.
L'affiche américaine du

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 13:34
Incassable est le deuxième film du jeune prodige du cinéma qu'est Shyamalan et également son deuxième film avec Bruce Willis en tête d'affiche, mais ne nous trompons pas, le héros de Incassable, le vrai héros, ce n'est pas Willis, de la même manière que le héros du Le village n'est pas Phoenix (mais j'y reviendrai lors de ma critique du Le village) et pourtant beaucoup de choses jusqu'à la fin même du film nous le laisse croire.

Avertissement : Cette critique du film étant également une analyse, contient des "spoilers" révélant la fin du film et l'histoire entière. Prière donc aux gens qui n'ont pas vu le film de ne pas lire ce qui va suivre.Bruce Willis.

Depuis son premier film et jusqu'à ses derniers, Shyamalan questionne le besoin de croire : la foi, que ce soit la foi ésotérique, la foi en le super héros et du super héros, la foi religieuse ou encore la foi en le Bien. Shyamalan n'est pas croyant et s'il interroge la foi, c'est que justement cette question l'obsède. Incassable questionne aussi notre place dans le monde.

Passé la séquence étonnante avec les cartons sur les comics, la séquence d'ouverture est un petit joyau cinématographique. Shyamalan filme l'accouchement de la mère d'Elijah à travers le reflet de la glace de l'arrière salle d'un grand magasin. Le réel protagoniste est introduit avec la révélation, l'enfant souffre du syndrome "homme de verre". Puis ce premier protagoniste est abandonné au profit de la présentation de David Dunn.Bruce Willis et Samuel L Jackson.

Nous voyons Dunn observé, scruter par le regard de la caméra, et même si il se cache à ses yeux en s'enfonçant dans son siège, l'oeil voyeur vient le débusquer à chaque fois. Ce long plan séquence sans coupe nous dévoile que le voyeur est une petite fille qui regarde le héros à l'envers (encore un thème majeur du film). Dunn voit arriver une superbe jeune fille et enlève son alliance, mais c'est un super héros (même en essence et il ne peut se permettre d'accomplir le "mal", c'est pourquoi sa tentative de drague (donc d'adultère potentiel) échoue (et on ne comprend réellement ce point qu'à la fin, ou à la seconde lecture du film).

On passe l'épisode de l'accident de train ; complètement hors champ (mais la peur nous a été transmis par l'insistance des deux trains qui frôlent le premier à intervalle régulier, puis de l'espèce d'obsession du réa à filmer la vitre avec David Dunn qui s'y reflète nous transmettant l'imminence de l'impact) ; pour en venir à Dunn qui se réveille lentement pendant qu'en parallèle, le second survivant de l'accident décède sous nos yeux (son drap blanc immaculé se couvrant de sang au fur et à mesure du discours du médecin, encore une superbe idée de mise en scène).

Passons les péripéties de Dunn et sa découverte de Elijah pour en venir au point essentiel du film, la découverte de son essence de Super héros. Il ya tout d'abord ce plan magnifique d'hommage/parodie de l'habillage du super héros, où nous voyons Dunn enfiler sa tenue d'agent de sécurité comme le lent rituel de l'enfilage d'une cape de Batman et autres Daredevil (tiens DD aussi, surement une coincidence), mais en revanche, ce n'est pas encore son costume définitif (la cape bleu de la fin). Rien n'est épargné, pas même l'identité secrète du super, il est agent de sécurité pour brouiller les pistes (même s'il n'a pas encore conscience d'être un super).
Il ya également toujours dans la partie costume du super, son véritable costume de super, lorsqu'il vient au secours de la famille maltraité par le gars en orange. On retiendra aussi la superbe séquence où Dunn tombe par la fenêtre sur ce qu'on pense être du goudron mais ce dernier s'enfonce et dévoile sa véritable essence, une bache de piscine. Dunn lutte alors avec sa propre cryptonite, l'eau. Ce combat initiatique franchit, il rennaitra réellement en tant que super et accomplira son destin de Super, vaincre le criminel. Il ya d'ailleurs un magnifique plan où l'on voit les murs se défoncer sous son poids, puis Dunn de dos, faisant une pose de comics.

Enfin, il ya surtout la découverte de ses pouvoirs, super force comme le témoigne les expériences avec son fils sur le banc de muscu, ou encore le sauvetage flashback de sa femme dans l'accident de voiture, mais aussi le fait qu'un super héros ne tombe jamais malade (qui a vu Superman avoir un rhume, même Lucky Luke n'est jamais malade [cf la bd 'Le Pony Express']). Mais aussi, son sonar qui lui permet de déceler les criminels. D'ailleurs c'est à ce moment qu'arrive l'apparition de Shyamalan, toujours en lien direct avec son sujet et son envie (montrer toujours la narration du film en train de se faire). Dunn voit Shyamalan (réa et perso)mettre de la drogue dans sa poche. Il l'intercepte et lui demande de lever les bras pour qu'il puisse le fouiller. Un temps infime du film, Willis/Dunn l'acteur/perso mis en scène devient le metteur en scène du réa et il doit lui obéir à lui super, mais Dunn ne trouve pas la drogue, car qui peut s'imaginer être meilleur que le créateur même de l'histoire. D'ailleurs lorsqu'il le heurte, Willis ne sent pas la même chose qu'avec les autres criminels, comme si la présence de Shyamalan dans le film était une erreur, un réa n'est pas un criminel. (cette action trouvera d'ailleurs une réflexion parallèle dans Le village avec l'impossibilité pour la caméra de franchir le 4eme mur, celui qui dissimule le réa).

En somme, tout le film est construit sur Willis héros, David Dunn Super Héros qui va et doit sauver le monde. Mais à la fin, Shyamalan nous piège complètement et le twist final n'est pas une super révélation mais la suite logique du début (de nombreux indices sont d'ailleurs disséminés : Elijah qui vend à un client une sérigraphie du Bien Vs le Mal (tout est dit), en l'expliquant d'ailleurs : "c'est la vision manichéenne dichotomique du Bien combattant le Mal". Elijah a cherché et trouvé sa place, en organisant les attentats pour trouver son opposé correspondant, il est devenu malgré lui, l'essence du Mal par opposition à Dunn.

Ainsi, Shyamalan et c'est à mon sens là sa force réussit l'exploit de faire de Elijah le personnage principal de Incassable tout en ne parlant pratiquement que de la naissance de David Dunn (ersatz d'un Daredevil ou d'un Spider-man), naissance d'ailleurs orchestré de bout en bout par Elijah. Elijah comme dans beaucoup de film de Shyamalan devient donc le Destin de Dunn, le dieu créateur, et difficile de ne pas renvoyer bibliquement à la création du mal par Dieu sauf que rappeler vous, le héros est vu à l'envers et le film montre souvent une vision à l'envers des choses, donc même cette création divine est inversée :
Samuel L Jackson.
Le Dieu maléfique incarnation absolu du Mal (Elijah) crée le Bien absolu (David Dunn) au seul moyen de la croyance et de la foi. Chaque élément de la cosmogonie Shyamalienne trouve sa place et Elijah la sienne dans ce monde en tant que némésis (et souvent à juste titre meilleur ami) du héros.


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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 12:51

Cet analyse est la première d'une série que j'espère longue, je commence avec Signes de M.Night Shyamalan (mon nouveau chouchou depuis l'annonce de l'année sabatique de Spielberg :() Touchstone Pictures

J'avoue que je suis resté totalement bluffé par son sens de la mise en scène, on dirait ce que peut faire de mieux un Hitchcock croisé avec un Spielberg, on compare d'ailleurs beaucoup Shyamalan avec ces deux réalisateurs et il ne s'en plaint pas, loin de là, que ce soit l'une ou l'autre des filiations, il la revendique haut la main. 

J'ai regardé ce film avec la même appréhension que Hulk, on m'avais dit tu verras, c'est de la daube, ça fait même pas peur, tout ça ! Bref, c'est avec une circonspection de rigueur que je m'installe devant le film, au bout d'une demi-heure, je me dis mais c'est de la merde, où veut-il en venir, en plus ça fait même pas peur, et puis arrive la vue de l'Extra-terrestre et la double révélation finale, rendant le titre enfin clair, de l'implicite on passe à l'explicite, et aux quelques révélations du film, et là je dois dire que j'ai été bluffé et la vérité m'est apparu comme un coup de poing en pleine figure : le but du film n'est absolument pas de faire peur, les Extra-terrestres, du moins celui qui attaque la maison, ne sont pas forcément méchants, et tout n'est finalement qu'une histoire de Signes à voir ou à ne pas voir.

Ainsi on peut penser que L'Extra-terrestre est venu redonner la croyance et la foi à un pasteur complètement désorienté et déboussolé dans sa croyance (Mel Gibson très bon, en demi-teinte toutefois mais ça reste quand même du grand art).

Les choses sûres et affirmées de facto concernant une possible interprétation du film :

L'Extra-terrestre attaque la maison pour tuer Mel parce qu'il lui a coupé les doigts ! Ce n'est donc pas une invasion mais une bête histoire de vengeance du Talion (cela nous renvoie à la Bible et à la loi du Talion, oeil pour oeil, dent pour dent).

La petite fille réclame à corps et à cris de l'eau et la refuse en disant qu'elle est empoisonnée sans avoir conscience que son destin est déjà tracé !

Le grand gamin (très bon comme d'habitude, Joaquim Phoenix) garde sa batte de base-ball en vue du coup dans les verres d'eau, mais il ne le sait pas encore, pourtant c'est un signe de plus qui est inscrit dans son destin ! Mel Gibson et Joachin Phoenix.

La femme meurt pour que Mel perde sa croyance, pour qu'il accomplisse ce voyage initiatique et pour qu'elle lui dise de dire à son fils de frapper à fond, encore une fois, c'est injuste mais c'est écrit dans le destin qui s'accomplira par les signes !

C'est encore plus fort lorsque l'on sait que la maison dans laquelle va se passer la cruauté de Mel envers l'Alien est la maison même de celui qui ; d'une part est la résultante et l'acteur de la mort de la femme du pasteur (accident de voiture inscrit dans son destin) et d'autre part le grand manitou de l'issue et du déroulement du film et du scénario (le maître du récit, donc le maître du destin de ses créatures de papiers, puis de celluloïd) et enfin le maître des signes, en la personne du réalisateur lui même, M. Night Shyamalan!
Ainsi sa participation que d'aucun ont trouvé inutile, voire égocentrique s'en trouve de ce fait parfaitement justifiée !

Bref du très très grand art, presque mieux oserais-je le dire que le Sixième Sens qui comporte quelques incohérences quand on se penche plus précisément sur le scénario !Mel Gibson.

Enfin, je voudrais rapprocher Signes d'un autre film : Irréversible. Bien qu'il n'est rien à voir en apparence avec le film de Gaspard Noé, je le rapprocherais de ce film, car il aborde les mêmes thématiques, mais là, où la pathétique tentative creuse, de Noé pour présenter un monde où le destin et où les signes prédominent ne conduit finalement qu'à un film vide, au scénario absent bâti sur des références qui ne renvoit qu'à leur simple statut de références et qui n'ouvre sur rien.
Une polémique sur la violence de deux scènes crues et ultra violente, une vision "cliché" de l'enfer chrétien (la boite de nuit le rectum) et un maladroit essais d'implication des signes (prémonition d'Alex, rêve d'Alex, le livre qu'elle lit, etc...).

Signes nous propose toujours un monde où le destin et les signes prédominent notre quotidien, mais son scénario est construit et une deuxième vision du film change totalement notre perception des évènements. De plus, ses références (Hitchcock, Spielberg et le jeu avec les reflets) ouvrent sur sa propre vision du cinéma et de l'histoire, et enfin son essai d'implication des signes (verre d'eau, batte de base-ball, mort de la femme de Mel, perte de sa foi) sont autant d'indices disséminés le long du métrage sur le pouvoir du déterminisme de nos vies. Le tout s'avère réjouissant et beaucoup mieux amené dans le fil du récit.

M. Night Shymalan nous offre un très beau film, bien dialogué, bien mis en scène et dont le final surprenant et inattendu fait mouche et nous donne à voir une réflexion sur le déterminisme de notre univers et de notre quotidien.



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