Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 12:05
Tita ni homme, ni maître

Je suis toujours désireux de découvrir de nouvelles petites perles, quel que soit le pays dont elles sont issues, et souvent, la Russie m'a fait découvrir de petits bijoux, que ce soit Yaroslav (chroniqué sur ce site) ou encore la trilogie Night Watch, ou le film War Zone (également chroniqué sur ce site).

Dieu que j'aurais aimé dire la même chose de Titanium de Dmitriy Grachev, mais malheureusement, et je m'en excuse tout de suite auprès de nos amis russes, il n'en sera pas de même pour ce film.

L'histoire ne manque pas de sel, et même si la structure ne révolutionne rien, ça ferait un efficace petit film de série B, de type anticipation-survival.

Dans un futur proche, les peines de mort sont commuées en exil à vie dans le désert, et les survivants sont graciés si ils atteignent l'Ile qui est un lieu paradisiaque. Un groupe de prisonniers est donc envoyés dans le désert, et parmi ces derniers se trouvent l'ancien conseiller du président actuel qui a été condamné à la prison pour avoir tenté de combattre le système qu'il a lui-même contribué à corrompre. la critique à peine voilée du gouvernement de Poutine est une bonne idée, surtout quand en fouillant un peu, on découvre que le réalisateur est un imitateur plutôt trés doué de l'actuel président Russe et qui lui ressemble fortement par ailleurs. Et la dictature de la russie actuelle est peu présente dans les films.

Cette idée assez inhabituel dans les productions Russes aurait pu donner un film étonnant luia ussi, mais là encore, les espoirs sont bien réduits à néant. Et ce qui est sans doute pire, c'est ce discours machiste de la femme faible et soumise (pourtant présentée comme forte, c'est une prisonnière, inculpée pour homicide en état de légitime défense certes mais homicide quand même) qui ne pourra se réaliser qu'avec un homme qui lui dit quoi faire ; et qui court tout le long du film. Je ne suis vraiment pas du genre à faire du pro-féminisme de bas étage, mais là, c'est totalement exagéré, d'ailleurs je conseille au blog lecinemaestpolitique qui aime bien voir de l'antiféminisme là où il n'y en a pas (Le Roi Lion, Aladdin, Jurassic World) de se pencher sur ce film, parce que là, c'est pain bénit pour eux, tous les pires travers qu'ils trouvent en surinterprétant les films américains sont là au premier degré le plus total.

Cela ne serait pas très gênant si c'était juste un trait de caractère du héros, et que le reste du casting ou même la mise en scène montrait le héros comme un con, mais pas du tout, la mise en scène et la réalisation le magnifie sans cesse, et même la femme dit dans d'horribles voix off redondantes de l'image "je suis une pauvre et faible femme, heureusement qu'il est là, sinon je vais crever".

Bref, le film qui m'attirait le plus lors des sélections est devenu au final le film que j'ai aimé le moins, malgré de belles idées visuelles et un scénario pas dégueu, avec en plus la présence au casting de l'excellent Vinnie Jones (Snatch), ici quasiment inexistant et pas trés bien dirigé comme l'intégralité du casting d'ailleurs.

Comme l'idée et la réalisation sont pas trop mauvaises, le pire qu'on peut lui souhaiter c'est de se faire remarquer par un producteur américain qui organisera un remake de son propre film avec plus de moyens. Car même si les SFX sont loin d'être amateurs, ils ne sont quand même pas au niveau des ambitions du film, et dans un film de SF ambiance post apo, si les SFX sont léger, ça se ressent trés vite sur le reste du film. Par contre, les décors eux sont vraiment sublimes, je ne sais pas dans quelle partie de la Russie ça a été tourné mais c'est tout simplement somptueux ces grands déserts de pierres noires.

Au final, un film à regarder pour une soirée entre potes, arrosé de bière et de pizza, ça devrait faire le job. Car si on enlève son discours machiste, et ses SFX un peu inégaux, le film se laisse totalement regarder, et n'est pas vraiment mauvais.

A noter toutefois que ici l'éditeur s'est foulé, puisqu'il m'a envoyé par l'intermédiaire de cinetrafic un bluray du commerce avec boite et jacquette, et disque sérigraphié s'il vous plaît. Preuve en est que certains producteurs prennent en considération les blogueurs qui chroniquent leurs films.

Edité par Condor Entertainment. Sortie en DVD le 15 juillet 2015. Le site de Condor Entertainment et sa page facebook.

Retrouvez ce film et d'autres dans la catégorie en - science-fiction cette année et - les meilleurs dans le genre de la SF.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 10:18
Compulsion

Compulsion sorti en dtv en août 2015 et tourné pourtant en 2013 est un film atypique, ce qui explique sans doute sa difficulté à trouver un distributeur pour voir le jour en salles.

Et pourtant, le spectateur se prive d'un plaisir potentiel, car jonglant à mi chemin entre les Verhoeven du début, et l'obsession Cronenbergienne pour la chair, ce petit film sans prétention se révèle être une excellente surprise. A mi chemin entre la comédie dramatique et le "thriller", ce film aborde la "compulsion" définit ainsi par le littré : "

  • Force intérieure par laquelle le sujet est amené à accomplir certains actes et à laquelle il ne peut résister sans angoisse (cette résistance faisant la différence avec l'impulsion).

Pour l'histoire, elle débute par une enquête menée par un policier interprété par Joe Mantegna (mais si Esprits Criminels, c'est le chef) qui conduit ses pas chez la voisine d'une actrice qui aurait mystérieusement disparu. La voisine en question, impeccablement interprétée par la trop rare Heather Graham, est une présentatrice d'un show de cuisine qu'elle répète chez elle, avant l'enregistrement dans les jours qui viennent.

Le policier débarque en pleine répétition et se retrouve face à elle en pleine cuisine d'un soufflé au chocolat qu'elle lui fait goûter. L'histoire commence par les questions du policier,et les réponses de Amy qui lui dévoile sa vie et sa rencontre avec Saffron (excellente Carrie-Anne Moss).

Petit à petit, le spectateur découvre l'intimité d'Amy, et sa relation avec sa voisine, tandis que le film déroule impeccablement son intrigue à base d'enfant star d'Hollywood et d'espoirs de cinéma. Ce film est le remake d'un film coréen 301-302 de Chul Soo-Park, réalisé en 1995. Pour une fois, vu que le film n'est pas sorti en France à ma connaissance, on aura pas le choeur des pleureuses du remake sur le dos (surtout que dans l'art, le remake est aussi vieux que l'art lui-même, donc c'est déjà un faux débat je trouve).

N'ayant pas (encore) vu l'original, je ne saurais dire si il est fidèle à son modèle, mais ce film canadien de Egidio Coccimiglio, dont c'est le premier film, remplit toutes ses promesses en faisant découvrir une ambiance entre irréalité et malsainité qui épingle un peu les travers humains, le tout servi par un duo d'actrices de trés grand talent.

On regrettera également l'absence de bonus, car on aurait aimé un peu voir comment cette cuisine s'est faite, mais une chose est sûre, Edigio Coccimiglio mérite qu'on s'attarde sur les prochaines réalisations qu'il ne manquera pas de faire, car de toute évidence, il maîtrise son sujet.

Sortie le 18 août 2015. Edité par Zylo.

Retrouvez ce film dans les catégories http://www.cinetrafic.fr/film-2015 et http://www.cinetrafic.fr/film-a-voir

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 10:06
Sam et les Monstres de feu

Sam et les monstres de feu est un film thaïlandais, d'animation, et ceci est suffisamment rare dans nos latitudes pour en parler un peu.

Même si le visuel m'a fortement déçu car pas au niveu visuel d'un Pixar ou même d'un film d'animation classique en synthèse, ce film a un sujet trés bien traité qui est l'écologie de notre planète et comment réagir si jamais Dieu, ou quelque chose d'autre, en l'occurence des langues de feu (vous l'avez la référence ^^) immenses et destructrices s'abattaient sur le monde.

Sam et les Monstres de feu, raconte la prise de conscience de l'importance de la nature par un enfant, fils du président de la Capitalie (vous l'avez ?) au contact d'une petite fille Nora et de son frère Luka qui possède un don de télépathie avec les animaux.

On pourrait trouver ça manichéen et lourd mais il n'en est rien, tant le traitement du film est finement dosé, et s'adressant à des enfants, voire même des tout petits, jamais le film ne fait l'erreur de prendre son public de haut, ou de l'infantiliser.

Ainsi, si l'on fait l'impasse sur les graphismes du film qui ne sont pas "habituel", (on dirait tous ces dessins animés qui passent sur Gulli, en 3D et pauvrement texturés), on se retrouve fasse à un petit film sympa qui s'adresse à tous, et petits comme grands, et qui fera du bien à tous ceux qui le verront.

On pourrait trouver la résolution cynique (l'union de tous les peuples de la Terre pour couper le courant) vu le prix que coûte ce genre de film, encore plus l'animation en terme de courant et d'énergie, mais dans un film, seul le message et les valeurs véhiculées par ce dernier compte et on se contrefout de combien ça a pu dépenser d'énergie si le message entre dans la tête des générations futures, c'est un mal pour un bien comme on dit.

On ne dévoilera pas les rebondissements du film, mais si vous souhaitez un petit film écolo sympathique pour votre enfant, ce projet Thaïlandais est une jolie découverte.

Sortie le 7 Juillet 2015. Page Facebook de l'éditeur : Zylo.

Retrouvez ce film et d'autres dans les catégories animation et un top des dessins animés.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 09:25
Survivor

Survivor est le 7eme film de James Mc Teigue (si on ne compte pas son travail "unofficial" de retake sur le film Invasion; et ses films Revelation et Ness/Capone toujours pas sorti au cinéma).

Pour ce nouveau film, le réalisateur de l'excellent V for Vendetta, et du sympathique Ninja Assassin entre autre se lance le défi du thriller d'espionnage, en utilisant le plus représentatif pour le public des acteurs de James Bond, Pierce Brosnan mais en le faisant cette fois ci basculer du côté obscur de la force dans le rôle d'un tueur à gages, nommé l'Horloger, et terroriste à ses heures perdues.

le film oppose Brosnan à Milla Jovovich, fraîchement relâchée de sa franchise Resident Evil, et face à eux, une pléiade de comédiens anglo-américains excellents (car oui tout se passe à Londres) à commencer par James d'Arcy dans le rôle d'un enquêteur aussi roquet qu'obsessionnel.

L'histoire en quelques mots, est celle de Kate (Milla Jovovich), employée du DEA (Département d'Etat Américain) et mutée à l'ambassade de Londres, qui voit son équipe de collègues mourir sous ses yeux dans un attentat à l'explosif. Elle ne doit son salut qu'au fait d'être allé chercher un gâteau d'anniversaire (car tout le monde avait oublié de le prendre) pour le chef de service. Seule rescapé de l'explosion, elle se retrouve bientôt, accusée de l'attentat, puis poursuivi par son département et par le MI6 Londonien, sans oublier Nash (Pierce Brosnan), le fameux tueur à gages, véritable responsable de tout ce merdier.

Le film est plutôt classique dans sa facture, mais il se laisse agréablement regarder, et sans franchir des sommets de cinéma, c'est un bon petit film de série B qui n'a pas à rougir de ses aînés. Ce n'est pas non plus un chef d'oeuvre, mais il mérite quand même le coup d'oeil pour deux ou trois superbes scènes d'actions. Sinon le scénario en lui-même, reste assez simple, et un poil paranoïde comme le veut la tradition du film d'espionnage.

Edité par M6-SND. Sortie en dvd et bluray depuis le 2 juillet 2015.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories - bourré d'action et - un top pour le même genre de films.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 18:06
Planche à dessein

Olivier Malvoisin, réalisateur belge s'intéresse à la liberté d'expression dans ce documentaire excellent, qui met en scène, plusieurs caricaturistes de plusieurs pays. Réalisé à l'époque des "caricatures de Mahomet", ce documentaire raisonne et résonne tout autrement au lendemain quasiment de l'attentat de Charlie Hebdo.

A travers ce projet singulier, Malvoisin questionne les limites de la liberté d'expression en interrogeant des dessinateurs aussi bien homme que femme à travers une kyrielle de pays, gérant plus ou moins docilement la censure et l'autocensure.

De Plantu à DanZiger, ce tour d'horizon de l'humour avec comme moyen d'expression les papiers et les crayons prend forme de manière ludique sur des feuilles de papier posé contre l'objectif de la caméra, et sur lesquelles le cartoonist impliqué dessine un cartoon exprimant une opinion importante relative à son pays sur la liberté d'expression.

On se prend à songer à V for Vendetta, lorsqu'au détour d'un bonus sur le tour du monde de la liberté d'expression, une dessinatrice colombienne, explique qu'une émission de télévisée de type Talk Show s'est moquée d'elle, et la vilipandée pour des attaques menées contre le gouvernement. Ca rappellerait presque cette scène mythique du film de James Mc Teigue et du roman graphique de Moore dans lequel une émission image de manière satirique le gouvernement du chancelier Sutler, sauf qu'ici dans la réalité, les rôles sont inversés et c'est la caricaturiste qui devient la "caricaturée" par une émission d'état.

Les deux bonus du film sont trés intéressants quoique un peu court, mais le documentaire lui est passionnant de bout en bout et se suit sans déplaisir et sans aucune langue de bois. Une vraie petite pépite, pas loin de l'efficacité d'un "les nouveaux chiens de garde", l'inventivité formelle un peu plus absente ici que dans ce dernier.

Sortie du film en DVD et Blu-ray depuis le 7 avril 2015. Edité par Arte, dont voici le lien de sa page facebook et son site.

Retrouvez ce film et d'autres dans la catégorie film documentaire et film triste.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 17:30
J'ai sa belle

Parfois on attend rien d'un film et il vous tombe dessus et vous assène une claque qui vous fait dire, "je viens de voir un vrai film de fantômes", respectueux du genre et avec une vraie ambiance, et Jessabelle de Kevin Greutert est de ces films là. Au risque de faire encore une fois mon anticonformiste primaire, je trouve dans le genre que Jessabelle est bien plus flippant que It Follows, film qui souffre trés mal d'un revisionnage. Ce n'est pas le cas avec Jessabelle, car personnellement j'ai plongé avec l'héroïne dès la première minute et la fin du film m'a laissé pantelant (même si elle se sentait un peu arriver) avec l'envie de relancer le métrage tout de suite.

Greutert a l'intelligence de faire non pas un film de slasher, ni un film d'horreur au kilomètre mais un petit film d'ambiance sur les fantômes, à travers la science du vaudou, en utilisant non pas les clichés de magie noire, mais pour une fois, une revanche sur des événements horribles avec un caractère un peu sociale sur la Louisiane.

A noter que malgré la présence de clichés, inhérents au genre, Greutert utilise le principe du found footage de manière assez ingénieuse, et avec une issue, assez surprenante pour être signalée. Les comédiens sont tous excellents, et nous font plonger avec eux dans les méandres des bayous de Louisiane, ces derniers étant magnifiquement éclairés par une photo superbe.

Au niveau des clichés, des cadres obligés ou des fameux jump scare, on en retrouve comme dans toutes les productions horrifiques, mais ça n'a rien d'un échec si c'est bien fait, avec une envie sincère, et Kevin Greutert est tout sauf un réalisateur cynique. Il ne se moque jamais de ses personnages, ni ne fait preuve de second degré comme c'est souvent le cas dans les films d'horreur récents, "It Follows" n'échappant pas à la règle, quoiqu'en dise les critiques presse.

Ici, la grande idée du film, c'est d'avoir fait de son héroïne, une handicapée provisoire, la rendant ainsi plus fragile et plus vulnérable aux événements extraordinaires qui vont l'atteindre, mais lui permettant aussi par ce biais de rendre chacune de ses actions, bien plus forte que si l'héroïne avait été sur ses deux jambes.

Le film commence sèchement par un accident de voiture dans lequel Jessabelle l'héroïne, perd son petit ami, et meurt une fois, puisque l'accident coûte la vie à son futur bébé. Et il se termine de manière tout aussi âpre mais presque poétiquement. Bref, c'est un film que je te recommande ami lecteur, ne serait-ce que parce que ce petit bijou n'a pas eu les honneurs d'une sortie salle, alors qu'il l'aurait mérité cent fois plus que les PA et autres films d'horreurs formatés et sans âme.

Au niveau des bonus, ils sont pour la plupart sans surprise, à l'exception de quelques scènes coupées, et de featurettes info-merciales mais agréables.

Sortie du film en DVD et Blu-ray depuis le 25 juin 2015. Editez par Metropolitan Films. Retrouvez sa page facebook et son site.

Retrouvez ce film dans le top 100 des films d'horreur et les films
- cultes.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 05:26
Le Vice versa

Attardons-nous aujourd'hui sur le film It Follows de David Robert Mitchell. Parti d'un cauchemar récurrent du réalisateur, une entité multiforme qui le poursuivait en avançant inextricablement vers lui lentement, ce dernier écrit un scénario de film d'horreur, un genre qu'il affectionne et dont il rêvait depuis de nombreuses années de mettre en scène un specimen du genre.

L'histoire raconte comment Hugh, "le petit ami" de l'héroïne Jay couche avec cette dernière et lui refile une sorte de créature monstrueuse et protéiforme qui poursuit inlassablement la personne visée par elle. Une fois sa tâche accomplie, elle se retourne contre le dernier porteur de l'acte sexuel. Ainsi, le film s'ouvre sur une jeune femme qui fuit sa ville, pour finir sur la plage le soir et être démembrée et morte le matin sur cette même plage. C'est elle qui a refilée la créature à Hugh, qui lui-même la refile à Jay.

Jay se retrouve donc poursuivie successivement par une jeune femme nue, puis une vieille, un enfant, un adolescent et même des membres de sa famille (on en dit pas plus pour ne pas gâcher la surprise d'un second niveau de lecture du film, du moins à notre avis) ; tous étant un reflet de la créature et non eux-mêmes.

L'intelligence et en même temps la limite du film It Follows, c'est de faire s'intéresser le spectateur bien plus à l'arrière-plan qu'au premier plan (habituellement plus le premier ou le second plan de l'image dans les films d'horreur classique). Au final, la terreur si terreur il y a, provient plus de cet artifice et du côté protéiforme de la menace (un peu comme dans le Témoin du Mal de Grégory Hoblit) que d'une réelle mise en scène de la terreur. Pour ça, nous pensons qu'il sera préférable d'attendre Crimson Peak du mexicain Guillermo del Toro.

Dans l'état, il n'en demeure pas moins que le film It Follows propose un cadre assez intelligent, et de jolies fulgurences visuelles comme la piscine vide et crevée, juste après que Jay soit allé sur le bateau de trois garçons, refiler la maladie, alors même qu'au début de l'histoire, Jay se baigne dans sa piscine, tout le temps. La métaphore si pas d'un viol, mais d'une relation non nécessairement pleinement voulue pointe ici le bout de son nez.

Les influences du réalisateur vont de Hitchcock à Jacques Tourneur, puisque la scène finale dans une piscine, est inspirée de la Féline du réalisateur français, même si on a le droit de penser aussi à Gremlins si on se souvient moins de la Féline, comme ça a été notre cas. Et la musique électro, constituée de nappes et de loop à la manière d'un Carpenter font du film un objet arty indépendant mais pas nécessairement le film de terreur et d'ambiance qu'on était en droit d'attendre.

Le résultat final est ainsi mitigé, car si une première vision du film laisse assez pantelant, une seconde n'apporte guère plus de sensation, et au final, ce qui était ressenti comme une idée de génie devient un artifice de petit malin. On se trouve donc face à un film sympa, mais clairement pas face au chef d'oeuvre vanté par la presse qui une fois de plus ne s'intéresse qu'au parallèle thématique que l'on peut faire entre MST et film d'horreur (et qui d'après le réalisateur n'a jamais été son idée première); qu'à la mise en scène proprement dite.

Mais les comédiens sont trés crédibles, le film apporte son lot de sursaut et autres jump-cut et l'ambiance est là. Nous conseillons donc la vision de ce film ne serait-ce que pour se faire son propre avis sur la question plutôt que de suivre les médias qui n'ont pas nécessairement l’apanage du bon goût. En ce qui nous concerne, incapable de dire vraiment si on a adoré ou détesté, car les artifices de petit malin sont alternés avec des pures idées de mise en scène, donc c'est vraiment difficile d'en déduire un avis bien tranché.

Sortie en DVD et Bluray le 4 juin 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.

Retrouvez d'autres films dans les catégories film déjà culte ? et- ce qui se fait de mieux en terme d'épouvante.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 19:31
Foi de Canard

1986. Que voilà une année intéressante, Aliens le retour, le nom de la Rose, Mission, Platoon, Labyrinthe même, un paquet de chef d'oeuvres ou de bons films que à l'aube de mon année de raison je n'avais même jamais vu, et dont j'attendrais encore bien des années avant de pouvoir les découvrir, bon sauf Labyrinthe que j'ai vu deux ans plus tard peut-être et qui m'a marqué à jamais.

En 1986 est également sorti un film, un ovni pourrait-on dire, produit par George Lucas, et scénarisé par le scénariste de Indiana Jones 2, un film qui coûtera si pas la carrière du moins la boite d'animation de Georgie, une obscure entreprise nommée Pixar, mais là n'est pas ce qui nous préoccupe aujourd'hui. Un film que je ne verrais certes pas à 6 ans, mais que j'ai sans doute découvert lui aussi deux ans après sa sortie, Howard le Canard réalisé par Willard Huyck d'après le comics Marvel (oui oui vous avez bien lu) de Steve Gerber (auteur des Gardiens de la Galaxie, oui oui toujours).

Ce comics raconte les aventures de Howard, qui est un canard extraterrestre et qui vit à Canardville (mais si je sens que ça vous passionne) et qui pratique le Quack-Fu, (comme le Kung mais avec des palmes j'imagine et sans bouteilles de plongée) contre des ennemis. Le scénariste de Indy 2, et sa femme propose donc à George Lucas (qui est l'homme du succès interplanétaire de Star Wars) de réaliser un film basé sur le comics de Gerber. Ils écrivent un scénario, lance le projet et ce dernier sort en salle et se fait ouvrir de toute part.

L'histoire somme toute basique, raconte comment Howard un soir où il est à Canardville dans sa petite routine se retrouve aspiré par un engin basé sur terre, traverse l'espace et atterit dans la ville de Cleveland et de sa rencontre avec une chanteuse de rock and roll qu'il sauve de "violeurs" ou tout du moins de fan un peu trop attachant.

La chanteuse de rock, jouée par Lea Thompson (mais si la maman de Marty Mc Fly, reponsable de pas mal de nos premiers émois d'adolescent face à Retour vers le Futur) par un heureux concours de circonstance se trouve être amie avec un laborantin, (Tim Robbins dans un de ses quasi premiers rôles au cinéma) et lui présente Howard en lui demandant de l'aider à rentrer chez lui. Bien évidemment je ne raconterais pas la fin pour vous donner envie de découvrir ce film.

Je dirais juste que contrairement à ce qu'un vain peuple pourrait penser, Howard le Canard n'est pas un navet, ni même un nanar, non, pour moi c'est une madeleine de Proust, je l'ai pas revu depuis mes 8 ans, et il a le goût de l'enfance, ce goût à la fois âcre et doux du passé, et je dirais même que le revoir à 34 ans passées, me fait comprendre à quel point c'est un bon film, un film en avance sur son temps, qui sorti en 1986 dénotait un peu de la production de l'époque, mais qui à l'heure d'un Ted 2, ou du Rocket Racoon des Gardiens de la Galaxie ou même de Groot toujours des dit-Gardiens, ne démériteraient pas, et sans doute qu'en plus de son succès de film culte bien après sa réception initiale catastrophique (Razzie Awards dans toutes les catégories, plus le désastre financier évoqué plus haut), s'il sortait de nos jours au cinéma, l'accueil du public en serait je pense complètement différent.

Car au final, on se retrouve devant un simili Amblin, plutôt agréable pour les jeunes, et certes un poil osé pour des enfants (le boulot que Howard trouve sur terre pour subsister est disons le, des plus inattendus, sans parler de la relation qui unie la chanteuse et le canard) ; mais mis à part ça, la musique est toujours aussi entraînante, et les effets spéciaux quoi qu'ayant pas mal vieilli sont encore de trés bonnes factures, sans parler des stop motions du génie Phil Tippet (Jurassic Park).

Howard le Canard, en plus de son apparition dans le post générique des Gardiens de la Galaxie de James Dunn (car ce dernier a avoué adorer le comics de Gerber) pourrait trés bien se retrouver de nouveau sur le devant de la scène, qui dans les Gardiens de la Galaxie 2, qui dans une possible réactualisation de la licence. Et maintenant que Marvel est détenu par Disney en plus, ça serait chose encore plus aisée, pas de bisbille avec Donald.

Sortie en DVD et Bluray le 15 avril 2015. Edité par Elephant films

Retrouvez d'autres films sur cinetrafic dans la catégorie Tous les marvel
- et tous les films de super héros

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 17:05
Une Droite de REPONSE au Connard Odieux sur Mad Max Fury Road

"Bonjour, je suis Orson Welles, si il ya une chose que j'ai en horreur, c'est les voleurs et les fils de pute", je suis un peu comme Orson, mais je rajouterais en plus les faux dévôts, les menteurs, et les anticonformistes en bois. De ce fait, et pour la première et sans doute unique fois sur ce blog dont ce n'est pas la vocation propre, je vais m'essayer à la critique de critique, en l’occurrence, à démontrer une fois juste une fois pour le fun, en quoi l'Odieux Connard dont le blog est bien connu sur le net, propose pour Mad Max un spoiler qui est non seulement faux, mais en plus dont les incohérences présentées n'existent à une exception près que je reconnais d'ailleurs trés volontiers que dans son cerveau.

Je mourrais peut-être aujourd'hui, mais je veux mourir historique sur Fury Road :^)

« Spoilons, mes bons ! »

Spoiler oui, mais sans dire de conneries et inventer des mensonges d’incohérences pour plaire aux masses des stupides qui vont ne pas aller voir le film, juste parce que leur Immortan Joe personnel leur aura sorti connerie sur connerie et qu’ils ne remettront jamais sa parole en doute, ben si.

« Parce que oui, ce sont des punks fou-fous du désert, mais ils ont tout le matériel et visiblement le temps de faire des analyses de groupe sanguin. À côté de ça, ils n’ont même pas un stéthoscope, mais on va dire que par un heureux hasard, au milieu du désert, ils ont trouvé une machine d’analyse sous un caillou »

Comme tu n’y connais rien, on te dira juste de lire tes commentaires, yen a un qui fait état de comment on sait le groupe sanguin d’une personne sans machine de la mort qui tue …. Deuxio, si ils ont bien un stéthoscope, revoit le film. INCOHERENCE DEBOUTEE

Et depuis son balcon, Joe appuie sur des manettes et pouf, de sous le balcon jaillit une cascade d’eau fraîche et pure sur laquelle les clochards se jettent avant que le bougre ne coupe le tout quelques secondes plus tard.

« Car oui, moi Immortan Joe, j’ai de l’eau, plein ! Et je tiens à rappeler à cette foule assoiffée que je la contrôle et l’en prive, histoire de maximiser les chances de révolte dans ma gueule ! Alors que je la laisserais couler, ça me ferait des gens prêts à combattre pour moi en plus, et je pourrais agrandir mon armée et gagner en puissance ! Heureusement que je suis un peu con et que je me prive moi-même de ressources juste pour montrer que je suis méchant !« Intéressant.

Ca n’a rien d’illogique, la plupart des dictateurs, privent leurs populations de bienfaits (que ce soit l’eau, facebook, ou la nourriture), et ça n’a pas augmenté les révoltes pour autant dans le monde réel, on dirait que tu découvres la vie ? INCOHERENCE DEBOUTEE

« Sauf qu’au beau milieu du trajet, Furiosa décide soudain de se barrer en hors-piste, à la grande surprise de son équipage et des voitures qui l’entourent. Quand ils demandent des explications, elle leur explique que c’est elle la chef, alors merde, ils suivent et ils la ferment. Ce qu’ils font, parce qu’ils n’ont pas envie qu’elle leur fasse les gros yeux ».

Non, ils suivent parce que dans toute organisation, même militaire, le grouillot de base ou l’inférieur ne remet jamais en question les ordres de son supérieur, l’histoire est bourrée de ces gens là, à commencer par l’histoire du Titanic, donc encore une fois, quand on sait pas, on se tait. INCOHERENCE DEBOUTEE

« Il court donc dans sa base, se rend dans un coffre fort aménagé dans la mesa (oui, ces punks sont décidément bien équipés, un autre caillou dealait sûrement des coffres-fort) dans lequel ne reste qu’une vieille femme qui lui dit : »

LE moulin à balles vend des balles, les balles sont fabriquées avec du , du, métal, oui, c’est bien, comme l’acier d’un coffre fort, tu vois que quand tu veux, tu peux réfléchir plus loin que le bout de ton nez. INCOHERENCE DEBOUTEE

– J’ai une meilleure idée ! Et si j’emmenais Mad Max dans ma voiture pour pomper son sang tout en conduisant ?«

…« Ho punaise, quelqu’un va dire quelque chose ? Oui ? Non ?Quelque chose genre « Non mais sinon, emporte juste des poches de sang ? »

Hé du con, tu as remarqué qu’ils viennent de capturer Max, ils n’ont donc pas de poche de sang en réserve, de plus comme quelqu’un te l’a également gentiment expliqué dans les commentaires, des poches de sang stérile, c’est du matériel qui demande une autre connaissance qu’une simple transfusion sanguine. INCOHERENCE DEBOUTEE

Et pourquoi un de leurs propres convois est à leur poursuite.

Il ne les poursuit pas, il demande un soutien, revoit le film. INCOHERENCE DEBOUTEE

C’est donc parti pour une grosse baston entre les Hérissons et le convoi de Furiosa, durant laquelle, par un heureux hasard, la plupart des membres de l’équipage du camion de Furiosa meurent, ce qui permet de lui laisser le champ libre.

C’est pas un hasard du tout, ça s’appelle une baston en effet, et ceux qui ne meurent pas, elle se charge de les détruire, encore une fois, revois le film, tout est dit. INCOHERENCE DEBOUTEE

« On notera des passages magiques, dans lesquels les troupes de Furiosa en chient comme des ânes pour tuer une seule voiture ennemie avec leurs lances qui avaient pourtant envoyé la voiture de Mad Max faire des tonneaux dans le décor en un seul tir dans les roues, mais là heu… bon, ils vont plutôt viser les rétroviseurs, le spoiler arrière, les essuies-glaces et autres, rendant le combat aussi long qu’idiot. Surtout lorsque par accident, une voiture de Furiosa laisse tomber des grenades et fait ainsi sauter les derniers ennemis ».

Faux ! C’est surtout que la voiture de Max est dépourvue de picots comme tu dis si bien, alors que les voitures des hérissons, sont justement protégés au niveau des roues, par les picots, et c’est justement grâce à ce hasard des grenades tombées sous la voiture des hérissons que le convoi se débarasse des derniers ennemis. INCOHERENCE DEBOUTEE

C’est pratique comme arme dites-donc ! Ça a tué en un seul coup les plus gros bidules ! C’est dommage que vous l’ayez utilisée par accident ! Comment ? Vous n’allez plus vous en servir du film ?

Faux ! Comme dans toutes les armées, surtout en guerre post apo, on a un nombre limité de munitions. Au cas, où tu ne le saurais pas, c’est la même chose dans le monde réel, dans les tranchées, dans la police, ou même chez les voyous. En plus c’est de la mahonnêteté intellectuelle, puisque si tu avais vu vraiment le film, Max se resservira de mines au moment opportun. INCOHERENCE DEBOUTEE

D’ailleurs, en parlant d’armes dont on use intelligemment, parlons un peu du convoi de Joe qui lui s’est rapproché pendant ce temps. Car dans celui-ci, qui roule je le rappelle dans un monde où l’essence est une ressource rare, l’armée préférée est le… mais oui, lance-flammes ! Dont les personnages tirent dans tous les sens pour faire joli. D’accord. Donc vous avez vraiment du carburant à cramer, en fait ? Et encore, vous ai-je parlé du camion-orchestre ? Immense engin tout en hauteur, il accueille à l’arrière quatre joueurs de tambours, et à l’avant, un guitariste fou-fou suspendu à des élastiques. Doté d’une double guitare qui… mais oui, qui crache des flammes ! Et donc, ce film tourne autour des ressources limitées, c’est ça ?

Un indice pour toi l’OC qui dort pendant les films qu’il regarde, les méchants appellent ça le « Pétrogaspi », ça y est, tu l’as ? Ils s’en foutent pas mal de dépenser du carburant, ils en ont des gisements entiers à revendre, de la même manière que Joe est plein d’eau et le Meunier plein de fer. INCOHERENCE DEBOUTEE

D’ailleurs, sachez que les mecs ont beau se courser durant 2h30, le camion-orchestre est quasiment toujours devant. Son aérodynamisme proverbial et sa motorisation de tank lui permettent aisément de doubler tous les véhicules de chasse de sa troupe.

Ca te parle un convoi ? Officiellement dans une armée, les portes-tambours sont toujours devant, pourtant les cavaliers ils vont plus vite normalement, c’est juste une histoire de décorum, un mot qui a du t’échapper dans ta culture. INCOHERENCE DEBOUTEE

Puis, la bougresse continue sa route à bord de son gros camion, mais avec peu d’espoir de semer le convoi, qui a réussi à la rattraper en deux-deux, mais à présent, n’arrive plus à lui passer devant pour larguer des herses, la faire freiner ou que sais-je. Le script est décidément très gentil.

Faux c’est pas le script qui est sympa, c’est toi qui écoute pas, le porte guerre possède deux moteurs turbos, c’est l’engin le plus rapide de la chasse de la Citadelle, enfin si on l’âbime pas bien entendu, donc ils ne peuvent pas le dépasser, sauf en utilisant la géographie des lieux, comme lorsque Immortan le doublera en utilisant un rocher comme tremplin. INCOHERENCE DEBOUTEE

D’ailleurs, pour encore faciliter la tâche de Furiosa, si j’étais le script, je m’y serais pris autrement. Par exemple, j’aurais laissé la damoiselle rouler jusqu’à Pétro-City, et seulement là je l’aurais faite prendre la tangente. Comme ça, elle était hors de vue de Vilainville et pouvait donc tracer la route durant des heures avant que qui que ce soit ne remarque son départ. Ce qui pouvait permettre d’éviter toute poursuite, car déclenchée bien trop tard.Mais du coup, il n’y avait pas de film, c’est vrai. Heureusement que les personnages sont des débilous.

C’est surtout toi le débilous, tu regardes vraiment pas les films que tu vas voir, les gars du Moulin et de Pétroville sont prévenus que Furiosa arrive (tu as remarqué les petits flashs de miroir entre les deux cités, donc si elle décidait de changer de cap en arrivant vers Pétroville, ils lui enverraient des mecs sur la gueule et elle serait eu. Alors que là, en choisissant de leur fausser compagnie à mi-chemin, ils n’ont pas pour ainsi dire le temps de s’organiser pour l’attraper . INCOHERENCE DEBOUTEE

Il aperçoit dès lors, juste à cinquante mètres devant lui, le camion de Furiosa, à l’arrêt ! Parce que oui, Furiosa qui avait foncé dans la tempête pour semer ses poursuivants et prendre le maximum d’avance a décidé, à la seconde où la dernière voiture a été détruite, de s’arrêter. Ben oui, comme ça, la tempête ne servait plus à rien, et en plus, s’il y avait des survivants dans la voiture crashée, elle était à leur merci ! Mais coooomme c’est intelligent, dites-moi ! Miséricorde. Que l’on m’apporte ma schnouf ! Max, satisfait de ce rebondissement aussi mauvais qu’incohérent

Qu’on t’apporte aussi un cerveau, si tu avais suivi le film que tu as vu, tu verrais que Furiosa est obligée de faire cet arrêt parce que les aérateurs sont remplis de sable, et que donc le moteur il y en a marcher beaucoup moins bien. INCOHERENCE DEBOUTEE

Façon car wash pour beaufs. Encore une fois, rappelez-moi quelles sont les ressources super précieuses dans le monde dévasté de Mad Max ? J’ai peut-être mal entendu au début du film.

C’est surtout que c’est ultra symbolique, elles ont besoin de se laver des flêtrissures de leur passé pour avancer vers une nouvelle vie, faut vraiment tout expliquer en fait, tu reproches aux films des incohérences qui n’existent que parce que tu ne regardes pas les films que tu visionnes, et en plus tu te plains qu’on prend le spectateur pour un con alors que c’est juste toi qui est incapable de suivre le sens d’une image. INCOHERENCE DEBOUTEE

« Et ce que tu vois, là, derrière au loin, c’est le convoi de guerre de Joe.
– Ah oui, tiens. C’est dommage que tu n’aies pas roulé dans la tempête. Tu les aurais distancés, et en changeant de direction, en plus, ils paumaient ta trace, couverte par le sable.
– Oui mais c’eut été intelligent et ça aurait bouclé le film. Alors forcément »

Faux. Il aurait été difficile de rouler dans la tempête, sachant que cette dernière a rempli les aérateurs du moteur de sable et a donc immobilisé le porte guerre. Tu ne suis pas c’est insupportable. INCORENCE DEBOUTEE

Mad Mâle laisse donc monter les donzelles à bord, et toujours un peu méfiant, continue de braquer Furiosa. Le camion file vers un défilé au milieu de montagnes, où Furiosa explique qu’elle a un accord à respecter : elle va livrer les 20 000 litres de carburant que contient la citerne du camion à un gang local, et en échange, ils la laisseront passer

Et donc ils…

Attendez. Attendez une seconde ! Comment Furiosa peut-elle se trimbaler avec une remorque de carburant pleine ? Elle allait à Pétro-City pour CHERCHER du carburant, donc soit elle partait avec une citerne vide, soit la citerne contenait quelque chose à troquer, comme par exemple, de l’eau. Mais sûrement pas du carburant !

Et ne me dites pas que personne n’a remarqué que la dame partait avec une citerne bourrée d’essence alors que ça n’aurait pas dû être le cas. Le poids, l’odeur, le bruit, ou tout simplement, le fait que je doute qu’elle l’ait remplie toute seule avec son bras unique. Encore une fois, c’est rigolo : c’était juste la scène d’intro du film qui lançait toute l’aventure, le camion qui part chercher du carburant. Je comprends que l’on puisse oublier un si petit détail. Bon ben pouf alors. Furiosa et sa réserve de carburant foncent vers le défilé montagneux.

Tu es désespérant de connerie, elle a jamais dit qu’elle avait du carburant mais qu’elle était censé leur livrer du carburant, or c’est évidemment un mensonge, d’ailleurs la fin du film entérinera cet état de fait, la citerne est vide de carburant, elle n’explose pas, toi yen a comprendre ou toi yen a rien écouter quand tu regardes un film pour le reprocher ensuite au dit film. INCOHERENCE DEBOUTEE

Peu avant de l’atteindre, l’équipage du véhicule constate qu’un convoi de guerre vient d’apparaître sur leur droite. C’est le convoi de Jean-Jacques, le patron de Pétro-City ! Et de l’autre côté arrive celui du Meunier, du Moulin à Balles ! Bon sang, trois convois qui les poursuivent et…

Toutes mes excuses, mais je crois que je dois encore interrompre ce spoiler si tôt après la dernière incohérence. Déjà, parce que j’aimerais bien savoir ce que ces gens foutent là, sachant que ce n’est pas vraiment leur bande, donc qu’un gang plus ou moins rival s’affaiblisse, ça doit faire leurs affaires. Et ensuite, et surtout, comment diable sont-ils arrivés là si vite ? Ils sont forcément partis après Joe. Auquel cas, par quel miracle, au lieu d’arriver derrière-lui, arrivent-ils sur les flancs de Furiosa ? Cela veut-il dire que non seulement ils ont roulé si vite qu’ils ont rattrapé Joe, mais l’ont en plus doublé, le tout en faisant un détour, avant de revenir par le côté ? Ils doivent être sacrément rapides !

Si tu as suivi le film, ce que je sais n’est pas le cas, tu aurais remarqué, que les guetteurs de Joe ont envoyés des fusées de couleurs pour signifier un problème, donc un envoi de renfort, et les guetteurs de Petroville doivent avoir également des longues vues, comme à la Citadelle, ils ont donc bien vu Furiosa se barrer avant d’arriver chez eux, eux aussi, et donc déclencher une poursuite, en partant donc bien avant Joe, puisque géographiquement, on voit bien qu’ils sont à équidistance l’un de l’autre. Enfin, je sais que suivre un film est le cadet de tes soucis, puisque ensuite tu ne tiens pas compte de ce qui est dit dedans, mais tout spectateur un peu attentif aura compris que nous avons affaire à un triumvirat qui fonctionne en circuit fermé, « le moulin fournit les balles, petro ville le gaspi, et la citadelle les enfants, l’agriculture, le mother milk et l’eau ». Il n’y a donc de clans rivaux que les russes hérissons et les beatnicks à moto (et ceux qu’on a pas eu l’occasion de rencontrer encore). INCOHERENCE DEBOUTEE

Heureusement, à partir du moment où ils sont dans le champs de la caméra, ils perdent leur super vitesse et eux qui étaient jusqu’ici capables de rattraper plusieurs heures de route vont se révéler aussi incapables que Joe à rattraper le camion de Furiosa. Dois-je vous dire pourquoi ? Pour faire durer… voilà, vous avez saisi.

Furiosa, Max et les filles entrent donc dans le défilé en passant sous une arche, puis s’engagent entre les flancs rocheux des monts où Furiosa arrête le camion pour appeler le gang des fans de Motocross qui vivent dans ces montagnes en criant très fort. Bien vite, ces derniers sortent de leurs cachettes et commencent à discuter avec notre héroïne.

Le respect du contrat paraît mal engagé, puisque les amis du Motocross n’ont pas vraiment envie de se frotter à trois convois de guerre. Ils décident donc de… de tirer sur Furiosa.

Comme ça, hop.

Pas comme ça, juste parce que Furiosa est nerveuse, limite breakdown, et aussi parce qu’ils se rendent surement compte que quelque chose cloche, notamment pourquoi Petroville poursuit Furiosa si elle a livré l’eau et le mother milk en échange de carburant, donc elle n’a pas le carburant.CQFD. A croire que les motocrosseurs beatnicks réfléchissent plus vite que toi, c’est dire. INCOHERENCE IMAGINAIRE DEBOUTEE

Alors, oui, ces gens contrôlent un défilé. Oui, ils ont des explosifs. Oui, ils ont compris le concept de boucher le passage, qui permet par exemple de tendre une embuscade qui pique à des fanfarons qui tenteraient de passer sans autorisation. Mais à la place, ils décident de sauter en faisant du motocross au-dessus du camion et de jeter divers projectiles dessus : grenades, fumigènes, cailloux, autocollants Panini… bon, et rien ne marche. Parce qu’en même temps, c’était tout de même très con. Mais qu’est-ce qui n’a pas été très con jusqu’ici, dites-moi ?

Sauf qu’à ce moment là, il pense que Furiosa essaie de les doubler en volant le carburant donc ils essaient de ne pas faire sauter le camion, mais bien de le ralentir en concentrant leur force sur l’avant du dit camion, parce qu’une grenade mal placé sur les roues ou le container et à cette vitesse, 11 000 litres de Gaspi, c’est boom ba da boom bimm au re voir les motherfucks. Donc le très con ici c’est encore une fois toi, pas le film. INCOHERENCE DEBOUTEE

Profitant d’un passage hors-caméra, Joe accélère donc à fond les ballons et rattrape donc Furiosa et son camion. Je… bon. C’est vraiment lourd, en fait. Joe ordonne donc à Fifi de prendre son flingue et de sauter prendre d’assaut le véhicule ennemi sans tuer les filles. Ce que Fifi tente donc, tout heureux, mais se vautre comme une merde sur le toit du camion, et perd son flingue. Il entend donc distinctement Joe le traiter d’incapable, et plutôt que d’essayer de se rattraper, tombe aussitôt en dépression. C’est bien normal. Surtout pété à l’adrénaline. Sur Omaha Beach, les Allemands faisaient des remarques désobligeantes sur les mamans pour faire tomber les soldats américains, c’est connu.

Faux, Furiosa a été ralenti par les grenades et le fait que les beatnicks a moto l’ont un peu fait chié. Mauvaise foi et reproche imaginaire quand tu nous tiens. Et refaux il tombe en dépression juste après qu’Angharad soit tombée sous les roues du monster truck, on le comprend très bien, c’est expliqué à la favorite rousse par Nux lui-même. De plus, on peut pas comparer des soldats d’Omaha beach shooté à l’adrénaline et ce qui semble être une vision du fanatisme religieux. INCOHERENCE DEBOUTEE

Mad Max & co filent, mais Joe est rattrapé par son convoi qui a fini de déblayer les décombres dans le défilé (en moins de 10 minutes, dites-donc, rapide !). la poursuite reprend donc, mais plus mollement, avouons-le.

Ya une ellipse entre la chute d’Angharad et l’arrivée du convoi de Joe. Menteur. INCOHERENCE DEBOUTEE

Quand soudain, Max a une idée de génie.

« Et siiiiiii on laissait des mines derrière-nous ?«

Que… QUOI ? Vous aviez des mines depuis le début ? Et vous ne vous en serviez pas ? Par exemple, dans, au hasard, un défilé, ça aurait pu servir. Enfin bon, allez utilisez-les et…

Max ? Serais-tu en train de poser toutes tes mines sur une zone de un mètre sur deux, et encore, dans le sens des traces de ton camion ? Sais-tu qu’une fois qu’elles auront pété, sur une si petite zone, ça fera sauter un seul véhicule ? Alors qu’en zone dispersée ça… Ah mais oui. Il faut que la poursuite se poursuive. Donc ne pas être trop efficace. C’est pas grave si cela donne l’impression aux spectateurs que l’on est en train de poser un étron tout chaud dans leur boîte crânienne. C’est un tout petit peu insultant. Et lassant, aussi.

Alors, là encore une fois je me dois d’intervenir et de te demander le plus sérieusement du monde si tu as suivi le film que tu critiques, tu auras remarqué si c’est le cas, qu’il n’y a aucune incohérence, puisque la partie que Max mine est celle de la route, le reste de la piste étant constituée de marécages, remplis d’eaux, donc où nulle voiture ne passera. Bref, Max fait tout ce qu’il faut, il mine le seul endroit praticable par les engins, qui sont obligés d’aller à la file indienne si ils ne veulent pas s’embourber ou se noyer (pourtant tu as vu les échassiers, donc c’est que tu es pas si con que ça, non ? Si ? ma foi. Vu que tu réfléchis pas quand tu regardes un film de George Miller où justement il ne faut jamais cesser de réfléchir, on dira que l’étron tout chaud, il est pas posé dans ta boite crânienne, vu ton raisonnement, il y était déjà. Bref c’est toi qui est insultant. Et lassant aussi. INCOHERENCE DEBOUTEE.

Bon hé bien écoutez, le camion continue d’avancer. Jusqu’au moment où loin derrière-lui, la première voiture des convois qui ont recommencé à les rattraper saute sur la minuscule zone minée par Max. Comme prévu, c’est la seule à péter. Chez les alliés de Joe, le Meunier et Jean-Jacques commencent à s’impatienter.

Non faux, yen a deux qui pètent, c’est dire combien tu regardes le film. Et le convoi s’arrête automatiquement, comme prévu.

« Joe, elle nous coûte cher, cette affaire, qu’est-ce que l’on fait ?
– Attends, attends. Je suis à bord de ma voiture à discuter avec mon infirmier, qui ausculte ma compagne enceinte que j’ai malencontreusement écrasée.
– Ha oui, tiens, d’ailleurs, ta voiture elle n’a pas fait des tonneaux dans la scène précédente ? Et toi aussi, au passage ?
– Oui mais pif pouf. On est passés chez Norauto, moi à la pharmacie, et ça va mieux.

Faux, encore une fois, c’est pas la même voiture, la preuve que tu regardes pas les films que tu critiques, ou alors d’un œil inattentif de connard (c’est pas une insulte hein, juste une constatation qui va drôlement bien avec ton patronyme). De plus c’est pas la première fois qu’un accidenté de la route s’en sort sans encombre, le monde est rempli de miraculé à la con de ce type. INCOHERENCE DEBOUTEE


C’en est assez pour le Meunier, qui explique qu’il va aller régler la question lui-même. Dans la brume nocturne qui se lève, il part donc en avant avec sa voiture chenillée, et fouille l’obscurité à l’aide du projecteur monté dessus. Et il finit par se rapprocher de nos héros. Crotte ! Quel dommage qu’on ait utilisé toutes nos mines à un seul endroit ! Tant pis. Max aide Furiosa à réussir un fabuleux tir de sniper, et le projecteur de la voiture explose à la tronche du Meunier, qui se retrouve donc aveugle. Et par conséquent, se met… à tirer partout, parce que c’est rigolo.

Pfou.

Par un heureux hasard, toutes les balles du Meunier, qui je le rappelle, tire de nuit, dans le brouillard, en étant aveugle et le tout à deux cent mètres tombent toutes pile-poil autour de nos héros !

Non, faux, il tire partout parce qu’il est en colère, et on le serait à moins sachant qu’il a été rendu aveugle par Max et Furiosa. C’est pas juste parce que c’est rigolo, mytho. Rappelons-le aussi que il tire de nuit, dans le brouillard, mais qu’il est toujours aligné sur la position des fuyards, donc il n’y a aucune incohérence au fait que les balles crépitent de toutes parts à côté d’eux. De plus, il n’est pas à deux cent mètres du porte guerre, 50 ou 100 tout au plus. INCOHERENCE DEBOUTEE

Ce qui aurait pu être en revanche qualifiée comme une incohérence, c’est le fait que aucune balle ne touche les fuyards, ou ne passent sous la portière que Furiosa tient dans son dos, mais ça apparemment, la seule incohérence que je pouvais accepter tu ne l’as pas vu.

Quelques secondes plus tard, une terrible explosion retentit, et Max revient, couvert du sang de ses ennemis, et les poches remplies de cartouches et d’armes prises à l’ennemi.

Outre le fait que Max fasse exploser des trucs et récupère des cartouches post-explosion (car c’est connu, la poudre, ce n’est pas sensible aux explosions), notez la subtilité, et utilisons ma machine spatio-temporelle (celle dont je me sers pour aller gifler Freud quand je m’ennuie) pour retourner au moment de la conception du scénario et observer la magie.

Juste pour info, vu qu’on ne voit pas comment Max s’y prend, tu n’en sais absolument rien, il suffit qu’il ait juste lancé le bidon vers l’avant du tank au moment où le Meunier aveugle tirait en avant pour qu’une rafale de balles percute l’essence, l’enflamme et que le retour de flamme brûle tout les occupants du véhicules, sans pour autant toucher aux munitions, ensuite on finit les survivants à la machette (qu’il a prise avec lui) et roule ma poule. Bref, encore une fois, désolé mais INCOHERENCE DEBOUTEE

Un studio mystérieux, un jeudi à 15h12.

« Bon les gars, on disait que le Meunier venait péter la gueule aux gentils. Là où on en est, il est bourré d’armes qu’il vide devant lui, à bord de son véhicule personnel et chenillé, et…
– D’ailleurs, s’il est chenillé, comment il a pu jusqu’ici rouler aussi vite que les trucs à roues ? – Tais-toi Michel, tu es stagiaire, alors tu t’assois et tu regardes faire les pros.

Je ne résiste pas au plaisir de te mettre le lien ultime qui démonte ton propos. Le peacemaker va aussi vite qu’un engin à roues, et bim, encore une preuve que tu inventes n’importe quoi pour accuser ce film. http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-3078169/Mad-Max-tank-speeds-bumps-70-mph-Super-lightweight-Peacemaker-built-two-brothers-stars-new-Fury-Road-film.html

Tais-toi Odieux, tu es stagiaire en cinéma, tu t’assois et tu regardes faire les pros. INCOHERENCE DEBOUTEE


Comment est-ce qu’on peut faire pour qu’il s’en débarrasse ?
– Et si…
– Michel !
– Nan mais vraiment, j’ai une idée !
– Okay, mais alors fais vite.
– Bon : et si on disait que Mad Max disparaissait dans la brume et que comme ça, pouf, il le tue hors-champ sans aucune explication ?
– …
– Tu… tu veux dire que plutôt qu’on ne cherche même pas à se justifier ?
– Non !
– Qu’on n’essaie même pas de donner une arme ou un truc à Mad Max expliquant comment il a pu faire ?
– Non !
– Qu’on se foute encore plus de la gueule du monde que depuis le début du film ?
– Oui !
– Michel : tu es en CDI. »

Tu veux dire qu’on fait un clin d’œil parfaitement appuyé aux spectateurs cinéphiles qui ont vu les Septs Samouraïs de Kurosawa et de cette manière par ce clin d’œil cinéma au Cinéma, on ré entérine le fait que Mad Max est du cinéma, et que Max en lui-même est entre le cow-boy de Western et le Samouraï ?

Oui.

Brillant, ton contrat CAE est en place pour 3 ans. INCOHERENCE DEBOUTEE

La damoiselle s’allonge donc près de lui puisque oui, bon, il fait partie de ceux qui l’ont réduite en esclavage, il a servi fanatiquement Joe jusqu’ici, a même attaqué le camion à deux reprises, mais bon, hein, s’il est triste, il n’y a sûrement aucun danger, pas vrai ? Et les deux papotent tranquillement.

« Bouhouhou, j’ai échoué à servir Joe ! Je me suis ridiculisé devant lui !
– Hé bien pourquoi ne pas nous servir nous ? Je pourrais devenir ton amie et on se ferait des bisous ?
– Ah ben je ne suis plus triste, allez okay, hop.«

La dernière fois que j’ai vu un changement de camp aussi rapide et avec des motifs aussi pourris, je regardaisStar Wars – Episode III. J’aimerais que vous réalisiez toute la portée de cette comparaison. Merci.

C’est totalement faux, là encore il y a une ellipse, donc ça ne veut pas dire que ça a pris dix minutes de le convaincre, par contre c’est vrai que le film montre des femmes fortes qui ont un cœur pur (comme souvent les héros de George Miller à commencer par Babe qui sauve un chien qui le poursuivait pourtant pour le tuer, lorsque ce dernier tombe dans un piège qui est en train de le pendre et de le noyer à la fois. Rien d’étonnant dans le cinéma de Miller. INCOHERENCE DEBOUTEE

À noter que tout le long du film, les personnages s’interrogent pourtant régulièrement : « Existent-elles vraiment, les terres vertes ? Qui sait où les trouver ?«

Ben visiblement, tout le monde puisque les gangs de pillards savaient où aller y trouver des filles. Enfin, je dis ça, hein. Toujours est-il qu’en s’approchant de la superstructure, nos héros aperçoivent une femme toute nue en haut qui appelle à l’aide. Furiosa prévient : elle sait que c’est un piège. Mais elle sait aussi qui le tend : les gens des terres vertes.

Alors déjà, c’est Max qui sait que c’est un piège, pas Furiosa, puisqu’elle a déjà deviné ce que c’est. Donc elle a pas besoin de le dire. Et rien ne dit dans l’histoire que les filles ont été enlevé dans les Terres Vertes, ni que Furiosa et sa mère ont été enlevé chez elle, ça peut très bien avoir eu lieu juste au abord des Terres Vertes, et puis last but not least, au cas où tu aurais pas compris, les Terres Vertes, c’est l’espoir.

« Super ! s’exclame Furiosa. Bon, ça n’explique pas pourquoi vous appeliez à l’aide à poil, mais bon. Alors je vous fais le topo : j’ai ramené des copains, vous pouvez nous emmener aux terres vertes ?
– C’est-à-dire ? demande une mamie.
– Ben, les terres vertes. L’eau qui coule. La pluie qui tombe. Le cannabis qui pousse. Tout ça.
– Ha mais vous les avez traversées, les terres vertes. Vous avez dû passer par une zone avec de l’eau putride pour venir ici ? Ben c’était là. L’eau est devenue acide, la terre impropre à la culture, sans compter les invasions de corbeaux… on s’est barrées, les autres mamies et moi. On est tout ce qu’il reste. Désolée. »

Ben si, c’est terriblement logique, elles attirent les hommes en étant nues, et en disant qu’elles sont en danger, les pillards, ou les hommes de bonnes volontés viennent les aider ou tenter de les voler, et là paf, le gang de motardes leur tombe dessus et les dépouille puis les tue c’est tellement évident que je me demande encore comment on peut poser la question honnêtement.

« N’empêche, tu trouves pas ça bizarre, toi qu’il n’y ait que des vieilles qui aient survécu ? Si les conditions de vie sont devenues trop difficiles, elles auraient dû être les premières à claquer. À mon avis, elles pipeautent. »

Mais bon, si tu veux. Max de toute manière ne veut pas les accompagner. C’est un solitaire. Alors à elles l’espoir, et à lui la chevauchée solitaire vers de nouvelles aventures et…

F…

Attendez, ma machine temporelle ! Elle se réactive !

_______________________

Un studio mystérieux, un jeudi à 16h44.

« Bon, donc là, les filles se séparent de Max, qui prend son propre chemin. Et fin.
– Non !
– Michel ? Michel, tu es en CDI, mais attention, tu es encore en période d’essai, hein !
– Et si je vous disais qu’on peut encore faire durer le film ?
– Mais on n’a même plus de budget décor à ce stade !
– Et si je vous disais qu’on peut réutiliser les mêmes décors ?
– Que… attends, c’est impossible !
– Si ! Il suffit de refaire le film… en sens inverse !
– Non ! Michel je… tu es… tu es l’élu ! L’élu de la prophétie des scénaristes ! Celui Qui Assumera Sa Merde !
– Regardez, je chatoie !
– Vite, dicte-nous comment intégrer un rebondissement aussi honteux dans le scénario tout en prenant ouvertement les gens pour des ragondins trépanés ! »

En l’occurrence OC, c’est toi le ragondin trépané pas le spectateur, d’ailleurs tu devrais lire le Parcours du Héros de Joseph Campbell, ça t’expliquerait sans doute le sens de ce qui te manque pour comprendre les films de Miller intellectuellement.

Pas de souci les enfants. Max bougonne un peu, a une vision de sa famille perdue qui lui dit en substance de se remuer le cul, et Max fonce donc rattraper les filles et Fifi qui viennent à peine de partir, pour les arrêter.

– Tu vois ! Bon, écoute, de l’eau il y en a… à Vilainville !«

Dans la salle, à cet instant, tout le monde retient sa respiration. Non ! Ils ne vont pas oser ?

Si.

« Il suffit donc ma petite Furiosa de prendre le camion et de partir en sens inverse pour conquérir Vilainville !
– Mais c’est une forteresse ? Et en plus, quid des trois convois que l’on fuyait depuis le début du film ?
– Moi je dis, ils sont prenables. On arrive en sens inverse, on les tue tous et on gagne !«

Ce rebondissement est l’un des pires que j’ai jamais vus. J’en ai vu des merdes. Mais le coup du mec qui dit ouais allez nan, en fait les 2 heures du film c’était cool mais on va le refaire à l’envers, je… Diego ? Diego, va voler des singes au zoo de Beauval, vite. J’ai besoin de main d’oeuvre pour jeter du caca sur l’écran.

Et non, je ne déconne pas. Ils le font vraiment (pas les singes, les scénaristes. Enfin les singes aussi. Ah, vous m’embrouillez).

Le film se poursuit donc alors que le camion, avec désormais Furiosa, les filles, Fifi, Max et les mamies reloues (car elles le sont) fonce donc en sens inverse. Immortan Joe, qui se faisait chier au soleil au bord de route avec tout son convoi (mais qu’est-ce qu’ils foutaient là s’ils ne poursuivaient plus ? Ils bronzaient ? C’était opérationtan your albinos ?), ainsi que les convois de ses alliés qui eux aussi n’avaient que ça à faire, décide donc de partir à leur poursuite. Ho ben ça alors !

Ils faisaient ce que tu as reproché au film de ne pas faire avant, ils ont perdu leur s traces à cause du sable, des vents et de l’immensité du désert (qui n’a ici rien à voir avec une piste, pourtant Miller a même fait l’effort de te montrer les dunes de sables, mais apparemment, ya rien qui fonctionne niveau cortex réalité quand le paramètre mauvaise foi de connard (odieux) est enclenché). Donc ils les cherchent et bref, ya encore une fois pas plus d’incohérences que de beurre en broche. INCOHERENCE DEBOUTEE.

C’est donc parti pour la poursuite finale. Qui traverse tous les décors que nous avons déjà vus, comme par exemple, le défilé de montagnes et son arche. La roche qui avait explosé pour envoyer plein de trucs boucher l’arche ? Elle est à nouveau intacte ! Les pilons qui encombraient le défilé ? Hé ben je peux vous dire que quand les hommes de Joe déblaient, ils déblaient : il n’y a même plus un caillou par terre ! C’est magique.

Au cas où , et puisque tu n’as pas suivi le film, l’explosion s’est passé au-dessus de l’arche, c’est pas l’arche qui est tombé. Deuxio, oui, on voit les rochers sur les côtés, rassemblés par les hommes de Joe sans doute, et pour le reste, ce qui restaient sur la terre, a surement dû être déblayé par les beatnicks à moto que Miller nous montre revenus sur le haut de leur montage, donc encore une fois, c’est pas magique, c’est logique, tu sais le truc qui te fait défaut à chaque spoiler. INCOHERENCE DEBOUTEE

S’ensuit donc une longue, trèèèès longue séquence de baston durant laquelle on peut constater que Mad Max a beau se promener partout sur le camion, ou courir d’un véhicule à un autre dès qu’il y en a à portée, même quand il est debout, immobile et avec douze voitures avec mitrailleuses derrière-lui, on ne lui tire pas dessus. Ah non, ils n’essaient même pas, hein ! On voit juste les figurants qui le regardent, c’est vous dire le niveau. Par conséquent, à part un carreau d’arbalète qui lui traverse la main et se plante dans son front, Mad Max n’a rien et peut péter des gueules dans la joie et la bonne humeur. Voilà. Comme ça. Hop.

Sauf que bougre de con qui réfléchit pas plus loin que le bout de son nez, les hommes de Joe, connaissent Max, il est précieux pour eux, ils n’ont donc aucun intérêt à tuer leur poche de transmission sanguine magique. Par contre, si tu as suivi le film, les seuls qui attaquent max pour le tuer sont les hommes de Jean-Jacques et ce qui doit rester de ceux du Meunier, car eux n’ont peut-être pas été mis au courant du fait que Max est donneur universel, donc hyper ultra précieux donc évidemment que les War Boys ne tentent pas de le tuer, concon que tu es. INCOHERENCE DEBOUTEE

Furiosa manque aussi de mourir mais haha ! C’est sans compter sur Max qui est, je vous le rappelle, donneur de sang universel, et aidé du tube qu’il avait sur lui et que Fifi avait utilisé pour le pomper, il donne de son sang à la belle qui du coup, évite de peu un rencard avec la faucheuse ! Le don de sang, c’est facile en fait. Tout le monde peut donc rentrer à Villainville, où il ne restait en tout et pour tout que… deux gardes.

Ah oui. C’est un peu con, du coup, n’importe qui pouvait prendre le contrôle de la ville en l’absence de Joe. Finalement, j’aurais été le Meunier du Moulin à Balles ou Jean-Jacques de Pétro-City, j’aurais attaqué ici au lieu de passer trois plombes dans le désert à courser un camion pourri qui ne m’intéressait même pas. Enfin, hein, chacun ses objectifs. Devenir le roi local ou participer à un film mal branlé.

Furiosa est donc acclamée par les clochards de Vilainville lorsqu’elle arrive, et les deux derniers gardes sont forcés de se rendre. Surtout quand nos héros brandissent la dépouille d’Immortan Joe (ils sont rentrés avec sa voiture, puisque Fifi s’est sacrifié avec le camion) pour montrer que non, il n’était pas immortel, en fait. Cela fait, ils montent dans ses appartement, libèrent ceux qu’il y a à libérer, activent les manettes et l’eau se met à couler à flots pour tout le monde, et Vilainville devient Gentilville. Formidab’

LE camion intéresse les trois puisque c’est un triumvirat dont les ressources dépendent les uns des autres (c’est aussi une critique du capitalisme, mais ça je le laisse de côté, tu as déjà du mal avec le premier degré visible, alors on va pas s’étendre sur le sens symbolique en plus). Et quand bien même, il resterait plus de garde que ça, Max et Furiosa ont tué tous les potentes, de ce fait, ils sont appelés à règner, et même avec plusieurs gardes en plus, les combats s’arrêtent, tu devrais le savoir, étant apparemment prof d’histoire, quand Hitler est mort, demande toi si les allemands qui restaient dans les bunkers ne sont pas tirés, ou ont pas ouvert la porte aux alliés. Dans une logique tribale (ce qu’est MM FR), le tueur du roi devient roi, ya qu’à voir comment les gardes de l’ascenseur sont totalement perplexes sur ce qu’ils doivent faire. INCOHERENCE DEBOUTEE

Furiosa est heureuse. Elle cherche Max du regard, et l’aperçoit au milieu des prolos. Elle ne fait aucune remarque quant au fait que la maquilleuse a oublié de remettre la blessure de carreau d’arbalète sur le front de Max, qui est ainsi mystérieusement guéri (il a mis du mercurochrome, je suppose) et la salue brièvement avant de disparaître car c’est un poor, lonesome cowboy.

Et sur cet énième raté…

… FIN !

Encore une fois FAUX et archi faux. J’ai vu suffisamment de fois le film pour dire que tu racontes n’importes quoi, quand Max s’efface dans la foule, il a la blessure du carreau d’arbalète sur son front. Ce n’est donc pas non plus un raté, ni une incohérence, bref, encore une fois INCOHERENCE DEBOUTEE.

Pour info, oui je sais que l’Odieux Connard est de mauvaise foi, oui je sais que c’est le principe de son site, mais une fois, juste une fois, j’avais envie de donner une alternative de lecture, et de compréhension de ce qui se passe vraiment dans le film à tous les gens qui gobent benoitement les propos de l’OC comme si c’était parole d’Evangile et qui de ce fait se privent volontairement de voir un blockbuster différent et intelligent, dans lequel le cerveau et la foi en tant que spectateur sont tout le temps mis à contribution. Bref, détendez-vous, je sais que les haters fanboys du OC vont haïr, mais bon, haters gonna hate comme le dit la formule, pour les autres. Bonne lecture, et promis, ça sera ma première et unique « critique » de critique.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 14:48
La Route de la Furie  : Bienvenue dans le désert du réel...

"Un nuage traversant le ciel à contresens de la saison a suffit à l'effondrement du monde".

Victor Hugo in "Les Misérables".

Cette citation du grand Victor Hugo, écrivain romantique s'il en est, me semble la meilleure manière de débuter cette critique analyse de vous l'aurait compris Mad Max Fury Road aka "le meilleur film de tous les temps" (mode fanboy off) tant elle véhicule c'est le cas de le dire l'essence même de ce que raconte le film.

Un peu comme le Transperceneige sorti l'an dernier, MM FR pour les intimes nous parle de l'état du monde après sa chute, si ce n'est que contrairement au film de Bong Jon Hoo, il n'a ni besoin d'un train, ni de dialogues explicatifs, et encore moins de twist en fin de métrage pour y parvenir.

Mad World

Pour comprendre l'importance de ce film aujourd'hui en 2015, il faut revenir en arrière, bien loin dans le temps, presque 30 ans plus tôt, en 1985 lorsque Miller met un point final à sa trilogie post-apo avec un opus moins bien accueilli par le public et la critique car jugé trop enfantin, trop familial (mais rassurons nous, c'est exactement ainsi que sera qualifié tout le reste de sa carrière après Babe 2, quand bien même celui-ci s'adresse aux enfants comme à des adultes en devenir et met en avant la lâcheté et la culpabilité du monde dans toute son horreur. Et ça n'ira pas à en s'arrangeant, lorsque ses films suivants seront qualifiés de dessin animé neuneu pour enfants et de suite "commercial MTV de dessin animé écolo neuneu pour enfants", respectivement Happy Feet et Happy Feet 2. Et encore une fois, en dépit du fait que Happy Feet aborde les confins de la folie lié à l'enfermement dans un lieu qui n'est pas sien, tandis que le second opus ne se pique rien de moins que de nous expliquer (entre autre) le sens de la vie, ou tout du moins pourquoi l'humanité a finalement besoin de danser.

Mais syndrome Spielberg ? Miller ne sera jamais considéré comme l'immense auteur qu'il est. C'est "un faiseur de films pour enfants crétins" (et on se demande si le terme crétin renvoi à l'enfant ou au film pour enfant). L'échec de Happy Feet 2 le mine énormément et lui fait par ailleurs perdre la réalisation de son projet, le film ultime de super héros, Justice League.

George mit (les pendules à) l'heure

Revenons donc loin, très loin dans le temps -*cri de tyranosaurus Rex- bon euh peut-être pas si loin non plus. En 1980, lors de sa sortie, le 15 février 1980 précisément, Mad Max, premier du nom est apparu comme une bombe qui a ravagé tout sur son passage en matière de visuel, de folie destructrice et de cinéma d'action total. Découlant de ce qu'on a appelé le renouveau du cinéma d'action, il a rejoint Die Hard, Predator et quelques autres dont Terminator dans le panthéon des meilleurs films d'actions et il a fait de Mel Gibson inconnu à l'époque une star planétaire.

Suite à ce succès publique, beaucoup moins critique, une kyrielle de films d'actions produit dans le style de Mad Max ont envahit les écrans du monde entier, allant du sympathique au pur nanar, même la France n'est pas épargnée oui monsieur, à une époque où on tentait encore quelque chose de différent, le résultat s'appelle Terminus et s'est fait avec le concours de notre Johnny national, fan de la première heure du film de Miller jusqu'à créer un spectacle entier en France dans le style de Mad Max, sur le thème de "son" film Terminus.

Ceci n'étant que justice, puisque force est de constater que Mad Max est lui-même un putain d'hommage punk rock au magazine Métal Hurlant (allant jusqu'à récupérer la police pour son titre), créé par Jean-Pierre Donnet, et dont Philippe Manoeuvre sera rédac chef (il assistera même au tournage d'un Mad Max en guest).

Mais les années 1980 sont bien loin, et aujourd'hui, en 2015, après l'échec critique et public de Happy Feet 2 , la perte de son Justice League, Miller revient sur le devant de la scène avec un Mad Max Fury Road, sorte de remake reboot sequel spin off :). Suite directe des évènements du 2 mais dont le héros se révèle finalement être plus Furiosa que Max, mais on va y revenir.

Dans ce film, de sang, de fureur, et de dents cariés, le punk rock George Miller règle ses comptes avec bienveillance mais énergie avec tous les producteurs, et wannabe réalisateurs de film de super héros et ceux de cinéma d'action.

N'ayant pas revu la trilogie Mad Max depuis un bail, voire deux, je ne vais pas m'étendre sur le sujet et aborder sans plus attendre ce qui nous préoccupe ici à savoir ce fameux Mad Max Fury Road que nous appellerons Mad Max 4 pour plus de facilité d'écriture.

Posons-nous déjà sur le titre qui peut -être pris à plusieurs sens, tous complémentaire. Mad Max Fury Road, Le Road renvoi bien évidemment à la route, mais aussi au chemin, dans le sens d'initiation, une route de destinée. Ce Fury Road prend donc trois sens, chacun complémentaire. C'est tout aussi bien la Route de la Furie(osa) à savoir donc le cheminement de Furiosa pour recouvrer sa liberté, que le nom de la route sur laquelle va se passer l'intrigue, puisque Nux la nommera lui-même "Fury Road", enfin, c'est aussi la route symbolique qui va contaminer tous ses passants et les conduire à la furie. Les Furies ce sont enfin les déesses grecques de la vengeance, ou Erinyes qui poursuivent sans répit les criminels de leurs reproches et de leurs imprécations, et il en sera aussi question dans le film, on y reviendra également.

Une fois le titre explicité, lançons nous sur les traces de l'intrigue. Le film s'ouvre sur un résumé de la situation géopolitico-écologico-économique similaire à celle de Pacific Rim de Guillermo Del Toro à base de voix off et d'images "d'archives" de catastrophes écologiques avant que la scène ne se termine par un fondu au noir. La scène d'exposition débute sur Mad Max, droit comme un i, debout, dos à la caméra, mutique, tandis qu'un cheminement de sa conscience en voix off nous fait partager ses pensées. A ses côtés, son fidèle chev... son Interceptor, oui, il s'agit bien d'un plan iconique de Western, vous l'aurez compris. Par terre, plusieurs affaires traînent dans le sable, témoignant d'un départ précipité ou d'une pause dans un bouleversement émotionnel. La caméra délaisse le "héros" faussement mutique pour descendre cadrer un gecko dont la particularité est ici d'être à double tête, remettant en tête, ce qui est dit dans l'intro sur la radioactivité et la post apocalypse nucléaire.

Le gecko sentant quelque chose arriver, descend de son rocher et file pour sauver sa vie sans doute, mais Max l'écrase sous sa botte et sans autre forme de procès, le croque, faisant ainsi découvrir en gros plan son aspect hirsute, barbe longue et sale, regard de dément. Le constat est posé, dans ce monde "perdu", le fort dévore le faible. Max mastique sa proie, puis présentant lui aussi un danger, il rassemble ses affaires et sort du cadre au volant de son Interceptor. Un court silence plus tard, les punks de la route entrent à leur tour dans le cadre, et telle une nuée de corbeaux fondent sur Max. Ils détruisent le symbole qu'est Max en frappant son Interceptor qui explose et se retourne, puis le capture, le frappe à terre, le tonde (barbes et cheveux)bras en croix et le tatoue "donneur universel" avant de vouloir le marquer au fer rouge comme un esclave.

Max s'évade et dans une scène de fuite qu'on croirait sorti d'un pur Romero, il affronte à la fois ses adversaires et ses démons intérieurs, démons qui auront d'ailleurs raison de lui, puisqu'il chute dans l'eau, et manque de se faire attraper par ses bourreaux. Dans cette scène, Max aperçoit plusieurs visages, plus ou moins familiers pour le spectateur qui lui reproche de ne pas les avoir sauvés, parmi eux, un visage d'aborigène, qui illustre sans doute la destruction du bush australien et des aborigènes. Max prend ici la représentation symbolique de l'Homme au sens large, un peu comme l'était le David Mann du Duel de Spielberg.

Cette scène de fuite d'ailleurs renvoi la perturbante scène de folie de Happy Feet premier du nom aux calendes grecques tant la mise en scène de la folie de Max et de sa culpabilité est ici viscéralement illustrée par l'image et le montage.

Il lutte pour sa survie, et cours jusqu'à une porte qu'il ouvre et se retrouve instantanément face au vide le plus extrême, pendant que ce plan dévoile au spectateur, un élément qui va prendre son importance par la suite, le réservoir à eau de Immortan Joe. Max se refait capturer, un bandeau est attaché sur son visage, lui enlevant toute humanité, et il est entrainé dans les profondeurs de la caverne. Fin de la scène d'exposition. En une scène, Miller présente clairement Max, son enjeu, ses peurs, ses bourreaux, leurs enjeux, et bien évidemment annonce la suite.

La scène suivante s'ouvre sur quelqu'un au crane rasé, dont la nuque est brûlée au fer rouge du même symbole que celui que ses bourreaux voulaient faire à Max. On pourrait croire qu'il s'agit de Max, mais la brûlure est trés estompée et quasi plus visible, on comprend donc que ce personnage n'est pas Max, mais que comme ce dernier, il peut avoir notre sympathie, car il est esclave avant d'être bourreau. Il s'agit du personnage de Charlize Theron, l'Imperator Furiosa.

Furiosa est cependant définie comme un chef, et la seule femme du groupe. Cet état de fait est confirmé lorsqu'on la retrouve au volant d'un porteur de guerre. Elle est un chef de file, et va apporter des marchandises (énumérés par les War Boys d'ailleurs : Mother Milk et Aqua Cola) en échange d'autres marchandises à Pétroville (lieux où se fabrique d'excellentes sucrerie, ben non, comme son nom l'indique, lieu disposant de Pétrogaspi en quantités importantes) et au Moulin à Balles qui fournit comme son nom l'indique des munitions pour les armes à feu.

Une scène nous montre que l'objet de marchandage semble être "l'eau" qu’Immortan Joe délivre par parcimonie à son "peuple" afin de les entretenir dans la crainte et la dépendance de son bon vouloir. I Joe, est donc bien un modèle de Gourou, et c'est ce qui nous est confirmé par la suite, lorsque ses War Boys, à mi chemin entre les islamiste radicaux pour l'idéologie kamikaze et une équipe Néo Zélandaise de rugby pour les paroles genre "Haka" se battent pour être les premiers à piloter les voitures de soutien, voir à se faire remarquer par leur seigneur et maître.

Et tout ceci ne découle pas le moins du monde de la surinterprétation, juste, les images, uniquement les images et leur agencement dans le film.

Immortan Joe qui soigne chacune de ses apparitions publiques est un monstre déformé, dont les imperfections sont cachés, et recouvertes d'armures ou de poudre aux propriétés curatives. Le Mal est intérieur, et son visage défiguré est lui recouvert d'un masque cynique (du grec Kunos, le chien). Loin du peuple, entretenu dans la pauvreté et la soif, les faiblesses mortelles du Maître sont cachées par une armure de plexiglas.

Dans une analogie d'une intelligence symbolique folle, on accroche un symbole de sa puissance à l'endroit de son pénis, un artefact en forme de volant. L'image est gravée au fer rouge dans le cerveau du spectateur le moins attentif, chaque fois qu'on verra un volant ou ce qui lui arrive dans le film, on le raccrochera inconsciemment immédiatement à un pénis. Comme ces romains, qui portaient un pendentif en forme de pénis plus testicules autour du cou pour asseoir leur statut de Patricien.

Ainsi, lorsque les War Boys, se précipiteront sur leurs volants, tous empilés dans un lieu dédié pour poursuivre le convoi de Furiosa, tout sera dit encore une fois. Et le fait d'accompagner ce geste d'un salut dédié au dieu V8 élargit encore plus le champ de compréhension du spectateur. La virilité est aussi grandement lié à la religion, ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la plupart des religions ne tiennent pas en haute estime les homosexuels jugés non viril, ou les femmes.

Un Lancier (ceux qui jettent les lances explosives sur les véhicules des ennemis) et Nux, (Nicolas Hoult) se retrouvent donc à se battre pour avoir le privilège d'être le conducteur de son véhicule. Ce qui renvoi donc le spectateur à un combat de pénis du qui qui c'est qui a la plus grosse. On retrouvera d'ailleurs plus tard le même lancier au volant d'un des véhicules, sans doute qu'il a réussi à évincer un autre conducteur de son poste.

Le convoi s'ébranle et Furiosa, suivie de ses War Boys prend la direction de Pétroville, où en échange de la précieuse eau, elle va pouvoir remplir la citerne de carburant. Car oui, contrairement aux idioties qu'on peut lire un peu partout sur le net, la citerne est vide de carburant (la preuve, à la fin elle n'explose pas).

Le convoi sur ordre de Furiosa se déroute de son objectif initial et part à l'aventure. Furiosa est questionnée par le chef de file du convoi, mais comme ce dernier est aussi un War Boys, il n'est habitué qu'à obéir sans jamais questionner les ordres, belle critique encore une fois sans aucun jugement lourd ou manichéen de Miller sur le fanatisme que le spectateur est susceptible de prendre dans un coin de sa caboche ou de passer à côté si seul le côté film d'action l'intéresse. Ce faisant,le convoi se fait attaquer par des pillards rebelles qui s'exprime en Russe et qu'il finit par détruire. C'est également lors de cette scène qu'on découvre le total fanatisme des War Boys, puisque dans ce qui pourrait s'apparenter à une analogie aux Haschischins, un War Boys se sacrifie en se "kamikazant" sur le véhicule adverse non sans avoir au préalable aspergé sa bouche de peinture chromé, assorti d'un mantra "Je vis, je meurs, je vis encore" et avoir demandé à ses frères d'armes d'être "témoins" de son abnégation.

Aristophane et les autres

Pendant ce temps à la Citadelle, le fils cadet de Immortan Joe, un nain handicapé et chétif entre Lynch et Jodorowski et son frère Rictus (un esprit enfantin dans un corps d'adulte musclé) se rendent compte que Furiosa a dérouté sa course et préviennent Immortan Joe. Ce dernier réagit et cours à une porte de coffre fort. Il l'ouvre et pénètre dans un gynécée, couvert de graffiti puissamment évocateur "Qui a tué le monde", "nos bébés ne seront pas des maîtres de guerre", "nous ne sommes pas des objets".

Arrêtons-nous un instant sur cet élément, et évoquons le poète grec Aristophane, conservateur mais féministe, dont la pièce Lysistrata ne cesse de résonner dans le film.

"Ce sont des utopies féministes d’Aristophane que nous avons choisi de parler ici. Car l’originalité d’Aristophane est de choisir, en guise de porte-parole à ses rêves nostalgiques de paix et de bonheur, les femmes. Ces femmes qu’il raille sans cesse, et dont les jeux de mots obscènes ont pu être considérés comme misogynes, elles seules trouvent grâce à ses yeux. Elles seules sont assez folles et assez sages pour refaire le monde. Elles inventent la paix perpétuelle et le communisme - et pour ce faire, le féminisme. Inscrire la parité dans la constitution athénienne ? Demi-mesure : chez Aristophane, ce sont les femmes et les femmes seules qui doivent gouverner, puisque les hommes ne savent instaurer ni la paix ni l’égalité.
Praxagora, l’héroïne de L’Assemblée des femmes (~392 av. J.-C.), convainc ainsi ses amies de se déguiser en hommes, afin de se rendre en cachette à l’Assemblée et d’y faire voter un changement constitutionnel qui donnera le pouvoir aux femmes. Voilà la chose faite. « La Cité sera donc heureuse à l’avenir ! » s’écrie Praxagora. Et les hommes de demander : « Pourquoi ? » Pourquoi ? Car les femmes instituent la fin des inégalités : la communauté des biens."

in http://rdereel.free.fr/volAQ2.html

"Dans Lysistrata, Aristophane imagine pour les femmes un mot d’ordre efficace : « Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ».

Alors qu’Athènes et Sparte sont en guerre, Lysistrata, belle Athénienne, aussi rusée qu'audacieuse, convainc les femmes d'Athènes — Calonice, Myrrhinè, Lampito — ainsi que celles de toutes les cités grecques de déclencher et de poursuivre une grève du sexe, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat."

A noter d'ailleurs, élément qui résonne lui aussi avec le film, c'est que "Un des aspects humoristiques de la pièce repose sur le fait que les principaux personnages masculins portent tous un phallus." Vous l'avez ?

Dans Mad Max Fury Road, les femmes font mieux que de se refuser à leur mari, elles décident carrément de s'enfuir, du coup le résultat est le même, mais Miller dépeint un monde beaucoup moins agréable que l'Antiquité, puisque dans Lysistrata les femmes restent, alors que dans la Citadelle, elles n'ont d'autres choix que de fuir pour ne plus être esclaves sexuelles.

Il appelle ses favorites, "Angharad, Splendide", mais aucune ne répond et pour cause, ces dernières sont cachées dans le camion porte guerre de Furiosa et son plan est de fuir avec elles, rejoindre sa tribu "aux innombrables mères" nous apportant la preuve qu'en plus d'être esclave, Furiosa n'est pas né dans la Citadelle.

Fou de colère I Joe se lance à leur poursuite, et on le comprend, puisqu'apparemment les enfants semblent eux-aussi servir de monnaie d'échange (ils sont employés à la citadelle comme ouvrier de maintenance, donc rien ne dit que ça ne soit pas le cas dans les autres lieux en échange de pétrole (Petroville) ou de fer et d'armes (le Moulin à Balles). Et puis quand on voit ses fils, une masse de muscle sans cervelle, et un nain plus intelligent mais sans muscle, on comprend qu'Immortan Joe souhaite un descendant un peu plus efficace pour lui succéder surtout qu'il sait lui même qu'il n'est pas immortel (en témoigne son respirateur ou ses soins qu'on imagine journalier).

Bref, le chef de file du convoi aperçoit les signaux de ralliement sous la forme de fusée de détresse de couleur et en avertit Furiosa, il finit par réaliser que Furiosa les dupe, et le convoi se mutine contre le porte guerre.

Max lui est amené dans un véhicule qui part de la Citadelle pour poursuivre Furiosa, et est juché en proue du vaisseau, détournement masculin de la fameuse sirène sculptée des navires, pour servir de transfusion de sang à Nux.

Furiosa poursuivit par Immortan Joe n'a d'autres choix pour lui échapper un court moment que de précipiter le porte guerre dans une tempête d'une violence incroyable et dont l'imagerie pourrait être proche de l'Enfer. Tandis que Max est ficelé sur son "rocher", en attendant que l'aigle vienne lui dévorer le foie qui sans cesse repousse.

Il finit par se débarrasser de ses chaines, profitant d'un moment où un de ses geôliers, vient changer sa position sur le véhicule car le poids à l'avant, empêche ce dernier d'être stable. Il se débarrasse de son geôlier, un lancier en l'occurrence et tente de rejoindre Nux pour récupérer le véhicule.

Max s'accroche tant bien que mal à la carlingue, et va rejoindre Nux lorsque ce dernier se sentant investi d'une mission divine, se chrome les lèvres de peinture, avant d'ouvrir les vannes de carburant de l'engin dans son habitacle, pour transformer son véhicule en bombe humaine. Le spectateur qui a assisté tout comme Max à ce précédent rituel, sait ce qu'il va advenir des deux, et Max lutte avec Nux qu'il finit par envoyer au tapis, tandis que la voiture se disloque, laissant le fumigène finir de se consumer avant de s'éteindre dans un souffle. Ceci est la fin de la première scène d'action du film, et il s'agit de la moins compliquée et de la moins spectaculaire du film, c'est dire, mais cette seule scène suffit à mettre à l'amende les scènes d'actions de tous les blockbusters de ces dix dernières années tant en terme d'intelligence visuelle, que de rythme, de montage ou d'enjeux. La Tempête magnétique qui va d'ailleurs séparer les Justes (les Femmes), des Monstres (le convoi des trois hommes). Les Monstres sont arrêtés voir détruits dans la tempête, les Justes peuvent continuer leur route, quand à Nux et Max, le Destin n'ayant pas statué sur leur sort, ils restent dans l'entre deux, évanouis.

Max se réveille dans le sable, enfoui jusqu’aux cheveux et dans un mouvement d'une ampleur presque poétique, il entreprend d'émerger de sa torpeur, puis finit par se relever d'un coup, complètement hagard et hébété, toujours poursuivi par les Erinyes, sous la forme de ces visions cauchemardesques et de ces voix off accusatrices. Il extrait le cathéter de son coup et semble aller un peu mieux. A ses côtés, Nux est mort ou assommé. Max se saisit d'un flingue et tente de faire sauter la chaîne qui les relie l'un à l'autre mais l'arme s'enraye à cause du sable. Le pistolet non fonctionnel de Max, peut également renvoyer à sa virilité en défaut (d'ailleurs, une scène assez humoristique y fera également allusion). Il tente d'arracher les doigts de Nux mais la muselière sur sa bouche l'en empêche et Max charge donc Nux sur son dos, en direction du porte guerre de Furiosa qu'il voit arrêté une centaine de mètres plus loin.

Max La Menace

Furiosa est arrêté pour une bonne raison, pour désencrasser les aérateurs du porte guerre de la masse de sable qui les remplit, et encore une fois ça n'a rien d'un arrêt pour le fun, comme on peut le lire dans la critique de gens qui n'ont rien compris au film qu'ils ont choisi de voir les "yeux grand fermés" sans doute.

Max arrive et jette Nux et la portière qui les relie toujours Max étant attaché à l'extérieur, sur le sable, devant le camion. Les femmes et Furiosa se retournent, et Max découvre un double spectacle, les jeunes et belles favorites se nettoient à l'eau claire et pure. On pourrait y voir un cliché du "car wash sexy", et sans doute, Miller l'a voulu ainsi, car lorsque la mise au point finit de se faire sur le plan, on comprend que les favorites se lavent en réalité de toutes ces années de sévices sexuels, et probablement de coups et blessures (il n'y a qu'à voir le visage de Angharad pour s'en convaincre), et armées de pinces coupantes, elles mettent à bas leurs ceintures de chasteté, symbole de l'oppression d'Immortan Joe sur leur personne.

Petite parenthèse, Miller prouve bien son statut de punk, puisque non seulement il choisit de transformer une égérie de Dior, féminine et sexy en la personne de Charlize Theron en garçon manqué, couturé et marqué au fer, manchot de surcroit; mais il récupère deux "potiches" de la marque Victoria Secret dont une a été l'égérie de Transformers 3 pour en faire des femmes fortes dont on découvre la force au fil du métrage... Un punk on vous dit, le Franz Liszt du cinéma d'action.

Max réclame le tuyau d'eau car il meurt de soif, et il menace la favorite enceinte, Angharad de son arme factice, seulement le spectateur le sait, mais pas les favorites ni Furiosa. Commence donc une séquence d'un suspens palpable où le spectateur n'attend qu'une chose, le moment où la supercherie sera démasquée. Max se réhydrate, puis il menace à son tour, la deuxième favorite blonde, "The Dag" pour qu'elle vienne lui couper ses chaînes.

Cette dernière n'arrive pas à utiliser la pince coupante (étonnant sachant qu'elle vient de le faire) ou fais semblant de ne pas y arriver, permettant à Furiosa de se précipiter sur Max, et de tenter de le tuer. Commence, alors un combat à main nue épique, entre Max et Furiosa, que le pauvre Nux toujours évanoui, mais à demi ranimé par l'eau qu'il a reçu sur la tête quand Max buvait, ponctionne comme il peut. Furiosa finit par tirer sur Max avec le pistolet ramassé sur l'épave, mais échoue, et se dirige vers le cul du camion, et dévoile un second pistolet. Au final, Max récupère ce pistolet, aidé du pauvre Nux et menace Furiosa pour récupérer le camion. Il tire sur Angharad qui se dirige vers le camion et la blesse à la jambe. Puis il frappe Nux qui tombe à nouveau évanoui, récupère son blouson que ce dernier lui avait volé et grimpe dans le camion redevant le Mad Max, le guerrier solitaire qui taille la route.

Furiosa resté en contrebas de la route avec les favorites leur dit d'attraper ce qu'elles peuvent et de la suivre. Ces dernières s'exécutent et avant de partir, une d'entre elles, donne un violent coup de pied dans la ceinture de chasteté ou ce qu'il en reste, montrant par la même leur vie nouvelle qui s'ouvre devant elles.

Max est en train de conduire quand le porte guerre s'arrête. C'est un problème de coupe-circuit, il est rejoint par Furiosa et sa bande qui lui explique qu'ils ont tout intérêt à s'entraider car le camion n'obéit qu'à elle.

Max rechigne un peu mais finit par accepter. S'ensuit une scène des plus décalés, dans laquelle, Max, entreprend de désamorcer le camion de tous les pistolets et fusil qui s'y trouve caché. Cette intermède semi-comique permet de souffler un peu, mais le répit est de courte durée, car la petite citerne de carburant a les roues qui ne fonctionnent plus donc le porte guerre traîne un poids mort. Nux qui vient de se réveiller dans le sable, et qui a couru sur le porte guerre pendant qu'il redémarrait en est bien sûr le responsable.

C'est le moment que choisit Max pour aller réparer le joint, en emportant avec lui tous les pistolets trouvés (tous les symboles de virilité en dehors de lui, pourrait t-on déduire psychanalytiquement). Mais Furiosa a plus d'un tour dans sa botte, et son levier de vitesse, est en fait un poignard acéré dont elle révèle l'identité au spectateur seul et à ses compagnes avant de le réinsérer dans son logement.

Max grimpe sur le toit du porte guerre et remet le tuyau en place, les roues redeviennent fonctionnelles, et il commence à rejoindre la cabine de pilotage. Entre temps, Nux se glisse dans la citerne et parvient dans la cache sous le cockpit, il surgit, en tentant d'étrangler Furiosa, mais cette dernière est défendue par les favorites, qui finissent par jeter Nux à bas du convoi sans lui avoir enseigné deux ou trois vérités sur sa condition de War Boys. Une scène magnifique, dans laquelle, le cliché du héros qui défend la princesse en détresse en prend largement un coup dans l'aile, puisque Max ne sert ici à rien.

Max revient et le convoi continue sa route.

Pendant ce temps, Immortan Joe est toujours en route, et il a entraîné ses partenaires commerciaux, le Meunier du Moulin à Balles, et le Mange-Personne de Petroville, et on comprend qu'ils unissent ainsi toute leur force, car les enfants, et les épouses sont une richesse essentielle de l'économie des Wastelands, du moins de sa partie "civilisé".

Il n'y a donc aucune incohérence à gaspiller un peu de ressources comme des munitions, ou du carburant pour récupérer un bien inestimable, ou alors à ce compte là, nos pays civilisés ne devraient jamais avoir fait ce qu'ils ont fait avec certaines peuplades pour leur voler leur richesse. Non, que j'approuve cela, mais au bout d'un moment il faut être logique.

Furiosa poursuivit par le Meunier, le Mange-Personne et Immortan Joe parviennent au défilé, où des beatnicks en moto, sans doute un autre clan rebelle, comme celui des "hérissons à pique du début", l'attend pour qu'elle honore son deal (20 000 litres de carburant). Furiosa prévient Max pour leur tendre un piège car elle n'a pas de carburant, c'est un piège, qu'elle a prévu pour flouer tout le monde (je dis ça encore une fois pour les gens qui ne suivent pas les films qu'ils regardent et qui ensuite se posent des questions inutiles. Ces mêmes personnes qui se plaignent que les blockbusters ne les fassent pas réfléchir par eux-mêmes mais qui trouve quand même un moyen de se plaindre quand un des dit-films blockbuster accède à leur requête et plus encore...

Mais on s'écarte du sujet, bref, Furiosa descend du camion. Le piège fonctionne, et les beatnicks voyant le convoi de guerre des 3 partenaires commerciaux qui arrivent à proximité du défilé, font péter un barrage de pierre au-dessus de l'arche naturel et j'insiste là-dessus, à aucun moment à l'aller ce n'est la gorge qui pète, un peu comme quand dans un western (tiens donc encore) les indiens font débouler des rochers pour bloquer ou détruire un convoi de colon. Aucune incohérence, là encore, n'en déplaise aux esprit chagrins.

Les beatnicks à moto, voyant leur récompense leur échapper, poursuive Furiosa à moto, et tente d'arrêter le convoi sans succès.

De son côté, Immortan Joe arrive devant l'éboulis, et armé de son 4X4 à roues de Monster Truck, il entreprend de gravir la montagne de pierre et encourage ses troupes à déblayer la voie pour le reste du convoi. Un de ses sbires vient lui expliquer que Nux était sur le porte guerre, et qu'il sait comment y entrer. Immortan lui fait un peu de lavage de cerveau lui assurant qu'il viendra lui même le mener au porte du Walhalla (comprendre, il le tuera de ses propres mains, une fois qu'il aura cessé de lui être utile, et ça sera vécu par Nux comme un immense honneur). Il embarque donc Nux et grimpe la montagne de pierre.

Profitant d'un fondu au noir, ce qui suggère une ellipse de temps plus ou moins longue, Immortan Joe qui a un Monster truck et non un camion très lourd, donc qui se déplace plus vite, surtout qu'il n'a plus à rouler en convoi de guerre, rejoint le porte guerre de Furiosa. Il confie son pistolet à Nux, lui passe un coup de peinture argenté sur la bouche et sans avoir eu l'idée de le débarrasser de sa chaîne, ceci prouvant combien les War Boys sont important à ses yeux, (et validant inconsciemment les propos de The Dag envers Nux "tu es la chair à canon d'un vieillard"), il ordonne à Rictus d'aider Nux à monter sur le camion. Ce qui devait arriver, arrive, la chaine se prend dans le toit, et Nux, manque de mourir étranglé, il perd son arme, et assiste au regard désabusé et entend les paroles acides de son "Dieu". Ceci fait, il est difficile de dire que Nux va bien. Surtout lobotomisé comme il l'est. Bref, il n'ose pas reparaître et ceci est parfaitement compréhensible dans le film.

Joe décide donc d'attaquer le porte guerre seul, et commence une fusillade en parallèle entre les motards et le porte guerre. Une séquence un peu avant, lors du passage dans le défilé, Angharad avait eu quelques contractions apportant un supplément de suspens dans une scène déjà bien tendue, et pendant les coups de feu contre les motards, Miller vient filmer en travelling avant le ventre rebondi de Angharad soulignant ainsi son statut de donneuse de vie. Ce rappel est important car Furiosa a un moment de la fusillade entre Furiosa et les Beatnicks à moto demande à Angharad de recharger, cette dernière essaie mais dis "je ne peux pas", et cette réplique fait pleinement sens, car par le travelling avant précédent et les coups de feu en off, on a compris que Miller avait opposé les balles et la natalité. Et lors de cette réplique, on comprend qu’Angharad est une donneuse de vie, et qu'en tant que telle, elle ne peut pas être pourvoyeuse de mort. On apprend après sa disparition d'ailleurs qu'elle appelle les armes "les anti graines, on en plante une et la vie s'arrête".

Où comment en une seule image forte, le génie de Miller s'impose sur le tout venant des blockbusters mais aussi remets à sa place la plupart des réalisateurs expérimentaux visuels (au hasard le cacochymique Jean-Luc Godard).

Angharad donc, en plein milieu de la fusillade et alors que Immortan Joe va prendre l'avantage, surgit de la portière, le ventre insolent de maternité en opposition aux balles de la stupidité machiste. Joe ne peut tirer sur elle. Angharad ne voit pas le rebord de pierre qui comme dans la poursuite d'Indiana Jones la frappe de plein fouet, mais heureusement cette dernière s'est écartée à temps, et quand la fumée se dissipe, elle tente de regagner l'habitacle arrière du camion, sous l'œil amusé de Max, qui lui adresse un pouce victorieux. La scène qui suit est trés intéressante car elle amène une nouvelle culpabilité de Max, puisque c'est lui qui sera responsable indirectement de la mort de Agharad.

Mais c'est sans compter sur le fait que blessée à la jambe par Max, précédemment, le sang coule de sa blessure sur le garde boue du camion, et lorsque cette dernière pose le pied dessus, elle glisse sur le sang, perd l'équilibre et tombe dans le sable l'entraînant sous les roues du Monster Truck. Joe tente de l'éviter et retourne le Monster Truck, projetant tout ses occupants à terre. NB : pour les aveugles du net, on ne reverra plus le véhicule après cette séquence, donc les petits malins qui disent comment il a fait pour retourner le véhicule et le redémarrer, devraient de toute urgence consulter un ophtalmologiste.

Les autres favorites, et Furiosa demande à Max de retourner en arrière, mais Max refuse, il a vu Angharad passer sous les roues, c'est inutile de risquer 6 vies pour en sauver une.

Le groupe attristé par la perte d'Angharad finit par atteindre un marais rempli de boues, de corbeaux et d'étranges monstres ? Hommes ? juchés sur des échasses. Le porte guerre s'embourbe et grâce à la portière de Max, ils arrivent à avancer lentement mais surement.

Le but de Furiosa est de conduire sa troupe vers la Terre Verte, sorte de Terre promise, riche et fertile, et de rejoindre sa tribu aux Innombrables Mères, sortent de pendant positif du groupe de la Citadelle. Mais la perte d'Angharad entache cette destinée, et Furiosa, déjà passablement touchée, entends dans son dos, des reproches des filles sur le fait que aller à la Terre Verte est probablement une folie (ou se les imaginent) pendant que le spectateur lui voit l'image des Erinyes, ces femmes qui poursuivent les criminels de leurs reproches.

Max descend du porte guerre, et mine le passage sur leurs traces, partant du principe que un convoi à toujours un chef qui roule en tête, ou tout du moins un aide de camp, donc qu'il suffit qu'un véhicule pète sur la mine pour immobiliser voir faire subir de lourdes pertes au dit convoi, surtout si les voitures roulent plutôt vite.

Immortan Joe arrive, suivi de ses deux alliés, et les mines font sauter deux voitures, le convoi s'arrête, et le Mange-Personne qui symbolise aussi bien le comptable, donc le banquier, du coup le Capitalisme, que le Meunier qui symbolise lui la justice, à cause des balles de l'exécution sommaire se plaignent que la poursuite n'a duré que trop longtemps, et qu'il serait peut-être temps d'y mettre un terme. Joe qui a recueilli la dépouille d’Angharad mourante dit qu'il attend le diagnostic du médecin. Ce dernier extirpe le bébé mort né du ventre d'Angharad et dis à Rictus qu'il a failli avoir un petit frère et qu'il était parfait. Ce dernier, totalement enfantin, répète ces mots prouvant par la même l'idiotie qui le caractérise.

Le Meunier, armé et pourvu d'un véhicule rapide, le fameux "Peacemaker", (nom donné au premier Colt, et à sa non moins célèbre devise, "call me and i will equalize") sur chenille, part à la poursuite des fuyards et finit par les rattraper, il allume un puissant projecteur et leur tire dessus. Ces derniers se sont arrêtés pour refroidir le moteur cette fois, et se désembourber d'un endroit encore plus boueux, toujours dans la zone sinistrée des corbeaux.

Entre temps, une des favorites a trouvé Nux, sanglotant et abattu, et elle le console, touchée par sa détresse spirituelle. le Meunier continue ses tirs sur le convoi, et Max utilise deux des dernières balles du sniper pour détruire son projecteur, mais il manque coup sur coup, et Furiosa guette son dernier tir, voyant cela, il finit par lui laisser la maîtrise de l'arme, cette dernière s'appuie sur l'épaule de Max avec son arme, et par leur entraide mutuelle, ils finissent par détruire le projecteur, envoyant les bouts de verre de la lampe dans les yeux du Meunier et le rendant définitivement aveugle, comme la Justice qu'il se targue de rendre.

Le camion redémarre tout seul semble t-il, Max et Furiosa se précipite, pour découvrir Nux, et la favorite qui l'a pris sous son aile. Elle assure que ce dernier veut aider. Le camion se réembourbe un peu plus profondément, et cette fois-ci la portière ne suffit pas pour s'en sortir. Nux explique qu'en attachant une chaîne à l'arbre, ils pourront désembourber le camion, et ensuite il connait un endroit pour échapper au regard. Le groupe approuve et Max attache une chaîne à l'arbre et le reste au porte guerre.

Nux, se rend compte qu'il manque un morceau de chaîne, et demande à la jeune fille qui le soutient de lui enlever le morceau de la sienne au poignet pour qu'il la joigne à celle de Max, et ainsi permettre d'extraire le camion du bourbier. Symboliquement, Nux illustre la phrase de Marx, "un prolétaire n'a à perdre que ses chaînes" et surtout il permet par l'entraide des deux (Max et Nux) de sauver le groupe. Précédemment ils s'étaient déjà plus ou moins alliés, lorsqu'ils étaient encore attachés pour faire trébucher Furiosa en tendant chacun la chaîne commune d'un côté. Mais cette action est tournée vers un bien commun (nous verrons d'ailleurs que vers la fin du film, Max rattrapera la scène du sang, en la tournant aussi vers un bien commun mais on y reviendra).

Là encore, c'est un élément profondément symbolique, puisque l'arbre qui tire le camion de l'ornière boueuse ressemble fort à l'arbre de vie mythologique, et là encore ce n'est que l'image qui nous le dit.

Retour au Meunier qui n'a pas digéré son échec, et dont le physique changé lui donne un air de monstre. Image cauchemardesque d'ailleurs s'il en est, l'homme qui avait déjà extrait une dent-balle de sa bouche pour la destiner à Furiosa, se bande les yeux d'un linge blanc comme le célèbre symbole de la Justice, et équilibrant ses bras de fusil mitrailleur comme les plateaux d'une balance Roberval, il entreprend de tirer à l'aveuglette sur le convoi, rendu fou de douleur et de colère, comme un damné, le tout sur le Dies Irae (jour de Colère) de l'immense Verdi.

En une image, "La Folie (Mad) et la Furie (Furiosa)" s'allie pour rendre aveugle la Justice qui s'imagine divine et la conduire au porte de la démence.

Ce n’est pas difficile entre cette utilisation de la musique classique à bon escient et les allusions au Molocet (avec le mother Milk), ou au langage novlangue des droogies de Orange Mécanique (le Va Va Vroom, Smerdeux, Slashlangeux, Aqua Cola, Petrogaspi et autres Mc Festin), on se croirait presque chez Kubrick.

Le groupe se réfugie dans le convoi, pendant que Max seul sur l'arbre qui se tort et se déracine, aide le porte guerre à s'extraire de la boue primitive, qui pourrait très bien symboliser la perte de l'espoir (et dont la symbolique sera d'ailleurs confirmée quelques scènes plus tard). Furiosa amène le porte guerre en haut de la butte et ainsi à l'abri, elle stoppe l'engin.

Max en descend et prenant un bidon d'essence, il part sur le chemin, en lui disant "si je ne reviens pas, continuez sans moi".

Pour comprendre, ce passage, il faut se rappeler le sens premier du Volant dans le film, la virilité, le pénis, le phallus romain, symbole de pouvoir. Or dans la scène précédente, le volant du porte guerre a été arraché des mains de Max, et il n'a dû son salut qu'à une des favorites qui utilisant la pince coupante a tranché la chaîne qui avait entravé son volant, mais en revanche, ce dernier a été arraché. Certes Furiosa a remplacé le volant arraché par une clef à molette, mais c'est une bien maigre consolation, surtout en dehors de toute réflexion symbolique, conduire à la clef à molette est fort peu pratique. Donc, lorsque Max part dans la brume, il va chercher un autre volant pour le porte guerre, et en même temps se défaire d'un ennemi qui lui porte sur le système (au sens littéral du terme d'ailleurs).

Dans un hommage au film les Sept Samouraïs de Kurosawa, Miller rend elliptique le combat, et fait revenir Max couvert de sang, avec un nouveau volant et des munitions en pagaille. Miller nous rappelle par cet emprunt, que Max est tout autant un cow-boy qu'un samouraï et que ce n'est pas un hasard si la trilogie, a inspiré le créateur du manga "Hokuto no Ken", chez nous "Ken le Survivant".

Mais comme dans le western asiatique de Akira Kurosawa, ce sang n'est pas le sien, confirmé par Furiosa d'ailleurs. Max, veut se laver du sang dans l'eau, mais il ne trouve que du lait maternel, "Mother Milk", et ainsi il se purifie de son crime légitime dans l'élément primordial secondaire de la vie. Et nulle surinterprétation, puisque encore une fois, rien d'autres ne nous dit ça que l'image. Et encore une fois, on n’est pas obligé de voir cette symbolique visuelle pour apprécier le film. On peut très bien voir, Max se nettoie le visage avec ce qu'il trouve. C'est là la grande force du cinéma de Miller qui n'impose rien, et fais juste confiance à son spectateur.

Max pose le nouveau volant (on se rappelle le sens du volant dans le film, et le sens de sa disparition) sur le porte guerre et les revoilà parti pour la Terre Verte.

Chemin faisant, il croise un reste de Demoiselle (pas la femme, la structure EDF), sur le haut duquel est juchée une jolie quadra complètement nue qui appelle à l'aide, la structure est entourée de miroir et il n'en faut pas plus au spectateur averti pour capter "le miroir aux alouettes", confirmé ensuite par Max, "c'est un piège". Un piège surement destiné aux hommes qui se risqueraient à s'engager si loin de leurs lieux de vies, donc un moyen de capturer des sauveurs de demoiselle en détresse un peu concon.

Mais Furiosa a reconnu le style de sa tribu, et descend du camion, et se présente. Elle est aussitôt entourée d'une nuée de femme à moto.Furiosa apprend que sa tribu a été décimé et que la Terre Verte, ils en viennent, c'était la plaine marécageuse et rempli de corbeaux.

Les femmes entourent Furiosa, et apprenant la mort de sa mère, elles expriment le geste lié au décès dans leur culture, et là on bascule dans du John Mc Tiernan l'espace d'un instant, dans cette courte séquence où Furiosa se réapproprie lentement les souvenirs de la culture de son peuple. Passage terrassant s'il en est. Après quoi, les femmes de sa Tribu entourent les favorites rescapées, et grognent un peu en découvrant la présence des deux hommes mais se radoucissent lorsque Furiosa les présente comme des atouts.

S'ensuit un pantomime muet entre les jeunes femmes et les vieilles guerrières, chacune apprivoisant l'autre groupe. Nous assistons d'ailleurs à un parallèle terriblement intelligent de la part de Miller, puisque chacune des trois jeunes filles dans cette scène est "opposée" comme un miroir déformant à son pendant âgée, à ce qu'elles pourraient devenir en vieillissant, et inversement. Une des vieilles scrutant la bouche de The Dag dira même, "celle-ci a toutes ses dents" évoquant son propre passé, et la déchéance de son présent à elle.

The Dag découvre même qu'on peut avoir été pourvoyeuse de vie et guerrière, puisque une des vieilles qui tue les hommes qu'elle rencontre avec son arme, une balle dans la tête, montre à cette dernière les graines de plantes, de fleurs et de fruits qu'elle achemine avec elle, mais dont pour l'instant aucune n'a éclos. The Dag lui reproche d'ailleurs de ne pas agir plus intelligemment que les hommes et la vieille ne répond rien.

Max apprend de Furiosa qu'elles vont partir à motos pour le désert de sel, et qu'au -delà il y aura surement une issue favorable, et qu'elles en ont maximum pour 160 jours, avec ce qu'il faut de vivre pour espérer y arriver sur ce laps de temps. Elle lui demande si il veut venir, mais Max redevient le guerrier solitaire de la route, et refuse, prenant juste une moto et quelques vivres pour partir de son côté.

Dans un blockbuster basique, le film s'arrêterait parce que soit les femmes ont trouvé quelque chose au-delà du désert de sel, soit parce qu'elles n'y sont jamais parvenues, et qu'elles sont mortes, et fin. Mais nous ne sommes pas dans ce genre de film là, nous sommes chez George Miller. Le cosmogonique, celui qui dans un plan de calme, va profiter du moment pour souligner le passage d'un satellite dans le ciel et lui donner sa signification "transmettre des émissions, transmettre des messages, relier les hommes". "Dans les temps anciens, chacun avait son émission".

Donc, ça ne finit pas comme ça, chez Miller, un trajet a un but, et la mort n'en est jamais un, chez Miller on apprend de son périple, chez Miller, on frôle la mort mais on en tire quelque chose, chez Miller on sauve un ennemi de la noyade même si il nous en veut parce qu'on est plus fort moralement que lui.

Donc chez Miller, Max traverse lui-même d'abord son propre Enfer, et en ressort changé, et absous, (avec en prime un rêve prémonitoire à garder dans un coin de sa tête de spectateur et à ressortir au bon moment). Puis on fait rejoindre Max à moto, et stopper devant le chœur de femmes, et dire un truc aussi insensé et profond que "faisons demi tour, si il y a un truc que la vie m'a appris, c'est que la Rédemption (celle que cherche désespérément Furiosa), on la trouve en se coltinant au réel, pas en le fuyant". La citadelle est sans défense, il nous suffit de faire le chemin inverse et vlam, on pourra changer les choses. Ce qu'ils font.

Et c'est le dernier acte du film, celui où tout se résout, celui où s'illustre le vrai courage. Celui où la lâcheté des hommes se révèle, lorsque le Mange -Personne, déroute son camion de sa voie pour venir écraser une amazone, et en jouir orgasmiquement (à l'image) illustrant l'évocation d'un viol, puisqu'il vient littéralement prendre la jeune snipeuse par derrière avec son camion (et on se souvient toujours de quoi le volant est le symbole hum ;)).

Celui où l'action prend un tournant encore plus absolutiste que ce qu'elle était déjà, celui où Miller monte la barre tellement haut pour les prochains blockbusters à venir, qu'il n'y a plus de barre. On retrouve un "combat de virilité", lorsque Nux puis Max, tentent de faire avancer le camion plus vite que celui de leur ennemi en crachant du carburant dans le moteur, et au final, le groupe qui est quasi à égalité se fait rattraper par la moto d'une amazone qui met tout le monde d'accord, en abattant le conducteur du véhicule ennemi. Tandis que Max de son côté, affronte les perchistes du Mange-Personne et finit par tuer ce dernier, puis il se retrouve sur le camion tambour de guerre, idée géniale au demeurant s'il en est, puisque le guitariste et les tambours sont ici la représentation de la fureur et de la déshumanisation du fanatisme. Max affronte le guitariste, et lui arrache son masque dévoilant un monstre livide. L'autre idée géniale de ce camion musique, c'est qu'il permet à n'importe quel moment du métrage de localiser dans l'action le convoi appartenant à Immortan Joe.

Cet acte, c'est aussi celui où The Dag révèle sa douceur, et le personnage de Zoé Kravitz son côté guerrier (on l'a vu auparavant charger un fusil, l'espace pelvien de sa robe rempli de munitions là où Angharad portait un bébé), celui où Capable, qui voulait revenir sur ses pas, par lâcheté ou facilité, semble faire croire au spectateur qu'elle n'a pas évolué, alors que ce stratagème n'est là que pour amener Rictus à la déposer dans le 4X4 pour qu'elle aide Furiosa à y grimper.

Celui où Furiosa accomplit la vengeance de sa famille, et arrache (au sens littéral du terme) le masque cynique de son tortionnaire, celui où elle manque de mourir poignardée à mort et qu'elle est ressuscitée par Max. Donnant ainsi à Max, l'occasion de rattraper par le sang, la mort d'Angharad qu'il avait lui-même provoqué par le sang.

Et enfin, celui où la notion de "témoin" change de sens et sert l'amour après avoir servi le fanatisme, tout le parcours émotionnel de Nux amène à ce sacrifice et à ce déferlement de larmes libératrices pour le spectateur lors de sa mort, alors que Rictus est en train d'essayer de lui arracher son moteur, donc sa force vitale (comme Max s'est fait arracher son volant) et où sa favorite protectrice esquisse le geste de deuil de la tribu de Furiosa. D'ailleurs lors de ce passage où Nux renverse le camion dans le défilé, lorsque la citerne se retourne, elle n'explose pas, comme dans le Duel de Spielberg, en revanche, on entend un son qui pourrait s'apparenter au cri dinosaurien du film de celui qui fut le "mentor" de George Miller, ce fameux jour où il lui offrit la possibilité de réaliser le meilleur segment de son film à sketches, la Quatrième Dimension.

C'est enfin ce moment à nul autre pareille dans un blockbuster hollywoodien, où Max dévoile la dépouille du croque-mitaine, du grand méchant loup, du monstre sous le lit, que le peuple l'acclame, et que Furiosa s'élève au son des tambours redevenu célébration positive en opposition au camion tambour du convoi de Joe. Max place Furiosa en majesté pour disparaître de manière anonyme dans la foule, jamais transmission de héros de blockbuster n'aura été aussi limpide, aussi forte, aussi évocatrice de sens. NOIR.

DIRECTED BY GEORGE MILLLER

Mad Max c'est tout ça, et plus encore, c'est la métaphore d'un film libre, d'un blockbuster sincère qu'on tente de museler, d'un blockbuster différent qu'on tente d'empêcher de partir, qu'on poursuit pour faire rentrer dans le rang, parce qu'il dénote de tous les blockbusters actuels formatés et qu'il le sait, et que ses détracteurs le savent; parce qu'il dynamite tout ce qui existe, d'un blockbuster unique en son genre parce qu'il va jusqu'au bout de son idée, puisqu'il retourne sur ses pas, et revient se positionner dans le rang, mais en ayant changé les choses au final.

C'est enfin le doigt d'honneur d'un réalisateur humaniste et génial, fièrement pointé envers une industrie qui lui a subtilisé l'un de ses enfants les plus prometteurs le fameux "Justice League", le film qui aurait du/pu changer les choses.

Repost 0
Published by LordGalean
commenter cet article

Présentation

  • : Fantasydo : Parce que l'Homme a encore le droit de rêver !
  • Fantasydo : Parce que l'Homme a encore le droit de rêver !
  • : Un regard d'analyse objective essentiellement sur le cinéma de genre et les blockbusters généralement américain mais pas toujours
  • Contact

Recherche

Liens