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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 08:00
Les Crimes de Grindelwald
David Yates après le plutôt bon "Harry Potter 5" et le plus conventionnel "Harry Potter 6", finit la saga de Joanne Kathleen Rowling avec le dyptique efficace "Harry Potter 7" première et deuxième partie. Une fois ce tour de force effectué, David Heyman, Steve Kloves, et la Warner lui confient les rênes d'une autre saga de JKR, puisqu’il se retrouve à la tête de l’adaptation d'un livre publié entre le tome 4 et 5 d"'Harry Potter", "les Animaux fantastiques" en deux longs-métrages distincts et qui doivent aussi fonctionner en dyptique. Au final, 5 films vont voir le jour en tout dans le futur. 
En adaptant les aventures du jeune Norbert Dragonneau pour le cinéma, David Yates réussit ce nouveau pari fou. Puisqu’avec une trame qui mêle de façon un peu résumée, intrigue initiatique façon Pokémon et menace diffuse pré-Mangemort, il arrive à réenchanter le spectateur grâce à un produit dérivé de l'univers du petit sorcier avec quasiment que des nouveaux personnages, à l’exception de l'apparition d'un Albus Dumbledore jeune, incarné parfaitement par un Jude Law totalement habité et de quelques allusions à des personnages évoqués dans "Harry Potter".
Ce premier épisode convainc autant la critique que le public, et le jeune Eddie Redmayne s'impose rapidement avec son personnage à la limite de l'autiste Asperger dans le rôle de Norbert Dragonneau, et ses personnages secondaires tous très touchants. Le premier épisode se termine sur un climax avec la révélation du visage du mal qui menace le monde des sorciers, le sorcier Grindelwald, sous les traits de Johnny Depp. Le second épisode s'ouvre sur son procès. Et Norbert lui doit continuer son parcours sur les traces du jeune Albus Dumbledore. Beaucoup de critiques décrivent Grindelwald, son projet et ses soutiens comme l’émergence de la doctrine Nationale Socialiste, et l'impact qu’elle a pu avoir sur le peuple allemand après la sortie de prison du jeune Aldof Hitler. Nous sommes en effet loin des personnages de nazis un peu fantoches que peut combattre par exemple un Indiana Jones chez Spielberg. C’est l'incarnation plus froide et dénuée de folklore mythologique que vont devoir combattre Norbert et ses amis et amies dont L’Aurore. Cette représentation symbolique du national socialisme est assez intéressante en soi, mais contrairement à Harry Potter qui mettait vraiment en scène des méchants quasiment obsédés uniquement par le sang pur, contre les sangs de bourbes et quasiment tous blancs, blonds aux yeux clairs (Jason Isaac en tête), dans les animaux fantastiques 2, les partisans de Grindelwald sont des hommes et des femmes de toutes les ethnies. Ce qui pourrait aisément faire penser à ce nouveau courant progressiste venu des USA qui voudrait supprimer quiconque ne pense pas de la façon dont ils et elles pensent. Ces nouveaux penseurs idéologiques sont surnommés les SJW (pour Social Justice Warrior) d'abord par l’alt-right américaine puis ensuite l'usage de ce terme s'est étendu à tous les utilisateurs de réseaux sociaux (Facebook, Twitter) et de forums publics (Reddit, 4chan, etc…). Bref on ne peut s'empêcher en voyant les partisans et le discours de Grindelwald de penser à cette nouvelle idéologie qui tend à devenir dans un futur proche, une nouvelle idéologie totalitaire.. Même la maxime de Grindelwald y fait penser "pour le plus grand Bien".

Le deuxième film prend un réel essor et une vraie ampleur narrative grâce à sa version longue, disponible sur le Bluray du film dans un autre disque séparé de la version cinéma. La version longue, loin des 4h30 du "retour du Roi version longue" par exemple ne consiste qu'en 8 courtes minutes supplémentaires mais qui suffisent toutefois à apporter un peu plus de vraisemblance dans certaines failles narratives de la version cinéma. Et la version proposée est une version du commerce avec packaging et sérigraphie, et rien que pour ça, ça donne envie de vanter cette édition, encore que le simple fait que "Les Animaux Fantastiques 2" soit aussi bon que le premier, voire même meilleur, suffisait déjà amplement à en dire du bien. On rajoutera que pour les JKR-fans, et les Potter-fans, le climax du deuxième opus des Animaux Fantastiques est terrassant d'émotions tellement on vit l'action avec les personnages, action dont nous ne dirons rien pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur. Rendez-vous est pris en tout cas et avec impatience pour les prochains épisodes de la franchise. Avec aux dernières nouvelles, toujours l'efficace David Yates aux commandes, qui décidément sait bien diriger les acteurs dans l'émotion, et qui manie plutôt bien les intrigues politiques.
 
En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, 4K UHD et VOD depuis le 25 mars 2019, et en Achat digital depuis le 14 mars 2019 (avec une Version longue disponible sur les éditions Blu-Ray et en Achat digital). Edité par Warner Bros. France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez d'autres films sur Cinetrafic dans les catégories ceux que l'on dit indispensables et le cinéma de l'an dernier.

 
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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 18:36
Je suis pas spéciste, j'ai un ami "Black"

On ne présente plus Shane Black, ce réalisateur scénariste américain qui a révolutionné le genre comédie action, et lui a même quelque part offert ses plus belles lettres de noblesse en terme d'écriture. Que ce soit "Le dernier Samaritain", "Last Action Hero", ou les 2 premiers "L'Arme Fatale", ainsi que le moins connu mais sympathique, "Au revoir et à jamais" de Renny Harlin, sa patte mi-rigolarde, mi-sérieuse est partout identifiable sur sa filmographie en tant que scénariste. 

Il vend d'ailleurs son premier script, "Lethal Weapon" ("l'Arme Fatale" en VF) à la Warner au producteur Joël Silver, à tout juste 23 ans en 1987. Et fort de ce succès, il participera aussi à l'histoire du 2 mais laissera toute lattitude à Jeffrey Boam pour écrire le scénario du film, ainsi que du 3 (scénariste sur Indiana Jones et la dernière croisade de Steven Spielberg pour le scénario). Il ne participe pas à l'écriture du 4, mais il est crédité comme créateur des personnages. En 1987 toujours, il fait ses premiers pas comme comédien dans Predator, dans lequel il incarne un soldat rigolard, adepte de bonnes blagues et vannes en tout genre. Il meurt d'ailleurs en tout premier.

Comme un clin d'oeil, il re-écrit avec son compère Fred Dekker, un rôle de soldat de ce type dans son dernier film The Predator. C'est trés tardivement qu'il réalise son premier long-métrage, puisqu'il faudra attendre 2005, et la comédie action "Kiss kiss bang bang" pour se faire. Il enchaîne ensuite avec le Iron Man 3, qui a rencontré un succès critique mitigé mais qui a cartonné commercialement parlant. Personnellement, c'est l'Iron Man que je préfère avec le premier opus. Le film finit à 1.2 milliards de dollars de recette monde, ce qui lui permet de revenir sur le devant de la scène avec l'excellent Nice Guys, dont on attend un deuxième opus avec grande impatience. Puis s’attelle à une suite de Predator 1 et 2, qui se passe avant le Predators de Nimrod Antal et qui ne renie pas les Alien Vs Predators, il fait même un clin d'oeil à l'arme de l'héroïne dans une vitrine.

Et c'est de ce dernier dont nous allons parler, The Predator, pas AVS bien sûr. Shane Black et son compère, ami de 30 ans, Fred Dekker (dont il a écrit le script de son premier film "The Monster Squad"), écrivent à quatre mains le script de ce dernier film de Black. Et inutile de dire qu'il leur ressemble. On retrouve des idées que n'aurait pas renié le script du dernier Samaritain, voire même des punchlines digne de Last Action Hero. Black et Dekker ^^, s'unissent donc pour raconter l'histoire d'un soldat Quinn Mc Kenna, qui lors d'une banale opération contre des trafiquants de drogue se trouve au prise lui et son unité avec un vaisseau extraterrestre et son occupant qui semble être tout sauf amical. L'opération capote, et tous sont tués, trafiquants comme membres de l'équipe de Quinn. Ce dernier est capturé par une agence gouvernementale, menée par le sinistre Traeger, ainsi que la créature capturée à son tour, mais avant son arrestation, il a le temps de faire envoyer par la poste ce qu'il a trouvé dans le vaisseau spatial à son fils, Rory.

Traeger l'interroge, par un psychologue véreux qui conclue à la folie, et il est envoyé dans un bus qui contient déjà une escouade de soldats pour un internement, ou plutôt une lobotomisation sans faille. Mais c'est sans compter sur le mystérieux visiteur de l'espace, un Predator qui veut récupérer armes et bagages et s'enfuit du complexe scientifique où il était retenu pendant que le bus roule vers le funeste destin de ses passagers. La créature massacre tous les soldats et scientifiques, à l'exception d'une biologiste entomologiste dépêchée là par Traeger pour étudier la créature en question. De son côté, Quinn fait ami ami avec ses compagnons d'infortune, et profitant d'une diversion occasionnée par deux prisonniers, ils se rendent maître du véhicule et éjectent leurs geôliers. Son chemin finit par croiser celui de la biologiste qui se lance à la poursuite du Predator.

Ceci n'est que le départ de l'histoire, mais inutile de dire qu'on ne s’ennuie pas une seule seconde. Le rythme est soutenu, les clins d'oeils aux deux précédents films sont suffisamment discrets et amusants pour ne pas devenir lourd. Et il y a tellement de punchlines qui font mouche qu'il faudrait un carnet entier pour toutes les noter. L'alchimie fonctionne vraiment bien entre tous les membres de l'escouade de Quinn, et ce dernier. Et l'apport de la très bonne Olivia Munn dans le rôle du docteur Casey Brackett, la biologiste en question est un apport féminin supplémentaire dans lequel le personnage n'est pas réduit à un "love interest" du héros mais possède sa propre dimension héroïque. C'est aussi une vraie joie de retrouver l'excellent Sterling K. Brown, (vu dans Hotel Artemis, Black Panther notamment) en antagoniste principal humain, et le trop rare Thomas Jane en marines fou de la gâchette, et fou tout court d'ailleurs, prisonnier du syndrome de Tourette.

Au final, c'est un réel plaisir de cinéphage de voir cette suite de Predator 1 et 2 dans la continuité des deux précédents, et avec une réel apport original à la mythologie Predator, notamment des monstres différents, et nouveaux, dont des chiens et un hybride. On prend même beaucoup de plaisir à retrouver la musique du grand Alan Silvestri, réorchestrée pour l'occasion par Henry Jackman (à qui on doit notamment, le score de "Kick Ass", "X-men le commencement" et "Kingsman : services secrets").

On espère en tout cas que Shane Black reviendra rapidement sur le devant de la scène, car ça fait réellement du bien de voir un film mis en scène depuis tous ses films à la mise en scène et aux répliques interchangeables qui sortent chaque mois sur les écrans.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, Steelbook, coffrets Predator et VOD depuis le 20 février 2019. Edité par 20th Century Fox. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Le Predator original de John Mc Tiernan restant un classique à voir à tout prix et d'autres films du genre demeurant à découvrir dans la catégorie une nouvelle année côté blockbusters.
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 22:16
Chair de Poule 2

Chair de Poule 2 n'est pas un mauvais film, ni même un mauvais film d'horreur, c'est un film qui surfe un peu sur la vague des Conjuring et autres poupées possédées mais pour donner de petits frissons aux enfants ou aux adolescents impressionnables. Ari Sandel qui est surtout connu pour avoir gagné l'oscar du meilleur court-métrage en 2007 avec West Bank Story, variation musicale autour de Roméo et Juliette, mettant en scène un jeune soldat israélien qui tombe amoureux d'une caissière Palestinienne en dépit de la haine qui existe entre leurs deux familles, est ici aux manettes de la réalisation.
 

Dans ce Chair de Poule 2, le réalisateur est un peu en pilotage automatique, un yesman à qui on demande de faire quelque chose de formaté, qui ne dépasse pas, et qui reste divertissant, et qui remplit son contrat. Le film est loin d'être mauvais ou infamant mais on espérait quand même mieux d'une adaptation de l'Univers de R.L Stine, sorte de Stephen King pour enfants des années 90.

Et la "nostalgie" 90's est là pourtant, énormément de choses y font penser dans le film, voire même de la nostalgie 80's, de Ferris Bueller à E.T en passant par Poltergeist ou Gremlins. Même le 2000's Monster House de Gil Kenan, produit par Steven Spielberg et Robert Zemeckis semble être convoqué, mais le problème est qu'on reste toujours à la surface de ces références, et que le scénario tout comme le traitement de l'image n'en fait pas grand chose de plus.

C'est un honnête ride, à mi chemin de plusieurs genres et films, dont Jumanji étrangement, par certains côtés, mais rien ne fait dépasser l'intrigue ou le film. Et ce qui aurait pu être une sympathique variation autour d'une poupée maléfique, sorte de Chucky pour les enfants/adolescents devient juste une foire au monstre intéressante mais un peu vide.

Quitte à revoir un film comme Jumanji, Poltergeist, Gremlins, Monster House, E.T ou Ferris Bueller, autant revoir les originaux qui n'ont pas pris une ride et qui ont en sous-texte, bien plus à dire que cette anecdotique adaptation de l'univers de R.L Stine.

L'intervention de R.L Stine interprété encore par Jack Black est sympa, quoique très anecdotique, et le petit rôle de Ken Jeong qui cabotine pas mal est lui aussi plutôt agréable sans être transcendant ou réellement utile à l'intrigue. On appréciera quand même la tentative de relier Nicolaï Tesla (assez grande idole de l'undeground américain et de la pop culture) et fantastique, même si le principe de l'utilisation de son invention pour servir les desseins de Slappy n'est pas très clair en soi. On retrouve d'ailleurs le personnage de Slappy avec plaisir, mais l'intrigue est moins centrée sur lui que sur une hypothétique foire aux monstres qui pourrait tout autant être dans un opus de la Nuit au Musée. Alors que la simple figure de la marionnette aurait pu être l'occasion de détourner les codes du film d'horreur, et d'en faire un anti-E.T réjouissant et iconoclaste façon Joe Dante.

Dans les années 90, les séries Fais moi peur (dans le style de Chair de Poule), et Chair de poule la série par la suite, étaient plus fidèles aux livres de Stine, et plus intéressantes dans leur sous-texte sur l'adolescence que le film.
Les bonus du dvd sont assez accès gamin, des featurettes, un karaoké avec Slappy, etc... mais toujours agréable à visionner.

La fin semble annoncer un 3, en espérant que ce futur opus sera plus fouillé dans son histoire, surtout au vu de la promesse que la fin semble faire, sur le principe de création, tout ça.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffret Chair de poule 1 & 2 et VOD depuis le 6 mars 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories le top cinéma du début d'année et côté dessin animé américain en 2019.

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 17:17
L'Ombre d'Emily

Paul Feig est le type même du réalisateur yesman hollywoodien, capable du pire (Sos Fantôme 3) comme du meilleur (dont ce "l'Ombre d'Emily" fait d'ailleurs parti). Essentiellement réalisateur de télévision, notamment de séries télé parmi lesquelles la création de l'excellente série Freaks and Geeks, puis la réalisation d'épisodes des années campus, réalisateur d'un premier long-métrage, I'm David (2003), (sorte d'Empire du Soleil beaucoup moins inspiré) échec critique et public qui le conduira à retourner à la série télé (de Weeds, à 30 rocks en passant par The Office, ou Mad Men),  l'homme ne brille pas pour un seul chef d'oeuvre cinématographique. Même si contrairement à son SOS Fantôme 3 totalement raté, le buddy movie féminin les Flingueuses avec Melissa Mc Carthy et Sandra Bullock avait été lui une très agréable surprise et Mes meilleurs amies, un joli succès public qui lui permis d'ailleurs de tourner les Flingueuses, Spy est lui en revanche, juste passable. Pas mauvais mais relativement trés anecdotique, et une fois sorti de la salle de cinéma, on a vite oublié de quoi il est question.

Il semble en revanche qu'avec ce l'Ombre d'Emily, tiré d'un roman de Darcy Bell, Disparue, publié en 2017, cette donne soit appelée à changer. Succès critique et avec une bonne réception du public, le film flirte avec des films à ambiance comme Gone Girl de David Fincher (on pense souvent d'ailleurs à ce dernier pour les similitudes de récit). Le grand intérêt du film est aussi dans sa manière d'utiliser le VLOG de l'héroïne comme manière de raconter le récit, et de faire avancer l'enquête policière qu'elle mène. La fin est aussi très intrigante dans sa volonté d'afficher des cartons comme si on parlait d'une histoire vraie, comme c'est le cas dans les biopics ou plus étrangement dans le film de Night Shyamalan, Incassable. Une autre des particularités du film est d'utiliser des musiques de chanteurs français, notamment Gainsbourg, et le plus fou c'est que ça marche totalement avec le sujet.  Et une allusion plus qu'évidente au chef d'oeuvre d'Henri George Clouzot, le film Les Diaboliques, vers lequel l'Ombre d'Emily lorgne un peu, sans toutefois l'égaler.

L'histoire en quelques mots raconte le quotidien de Stéphanie Smothers, sorte de Brie Van de Camp moderne et beaucoup plus jeune, mère parfaite et qui filerait des complexe à cette dernière. Veuve, et mère célibataire d'un petit garçon, elle se heurte aux moqueries des autres parents d'élèves, qui sont aussi ses "amis et amies" mais qu'elle ne manque pas de bousculer également. Elle est loin d'être la victime d'un harcèlement adulte. Son univers plutôt bien rangé bascule toutefois lorsqu'elle fait la connaissance d'Emily Nelson, la jolie maman de l'ami de son fils. Emily travaille dans la mode, et son irruption dans le quotidien rangé et organisé de Stéphanie va avoir l'effet d'une bombe.

Un jour, Emily propose à Stéphanie que leurs enfants jouent ensemble chez Emily, et cette dernière propose à Stéphanie, un martini, elle qui ne boit jamais d'alcool. Ce rendez-vous improvisé devient un jeu organisé, et elles finissent par devenir totalement amies au point d'être les meilleurs amies du monde. Emily apporte à Stéphanie, son parler franc, le fait qu'elle vienne de la ville, et des astuces pour ne pas se laisser marcher sur les pieds, et Stéphanie apporte à Emily son côté organisé, sincère, gentil et lui fait découvrir son blog d'astuce pour mamans. Un lien trés profond les unis, et lorsqu'Emily disparaît du jour au lendemain, sans aucun mot, et sans aucune nouvelles pendant plusieurs jours, Stéphanie va décider de mener l'enquête pour retrouver sa meilleur amie.

Cette enquête n'ira pas sans heurt, ni sans révélations incroyables, et Stéphanie va découvrir le passé de son amie sous un jour totalement nouveau. 

Même si Blake Lively est vraiment intéressante dans le film et que son partage mi-blanc, mi-noir est vraiment bien incarné et fouillé, c'est réellement Anna Kendrick, qui tire son épingle du jeu, littéralement géniale, un jeu rempli de micro expressions, elle compose une Stéphanie juste parfaite, et vole parfois la vedette à Blake. A noter que le comédien, Henry Golding dont c'est le second film est des plus convaincant dans le rôle du mari "soumis" et éperdu d'amour d'Emily.

On prend un réel plaisir à suivre les traces d'Emily, et le passé de cette dernière que Stéphanie remue à qui mieux, mieux. Les nombreux rebondissements de l'intrigue sont bien amenés, et au moment de la fin du film, on ne souhaite qu'une chose, que ce stand-alone devienne une nouvelle franchise, tant le personnage de Stéphanie Smothers est attachant, même dans sa "parfaititude". On espère d'ailleurs qu'une suite sera rapidement mise en chantier, tellement ce serait merveilleux de retrouver ce personnage. Salut les Mamans !!

Au niveau des bonus, un très intéressant making of de 18 minutes nous en apprend un peu plus sur le film, un flash mob avec les personnages du film qui devait à l'origine clore le film et son making of, des scènes coupées et un commentaire audio.

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 8 février 2019. Edité par Metropolitan Filmexport. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 20:01
Venom

Le réalisateur de Bienvenue à Zombieland, et de Gangster Squad, Ruben Fleischer, s'attaque à un des personnages anti-héros/antagoniste les plus décriés de l'écurie Marvel :  Vénom. Ce dernier qui n'avait eu le droit qu'à un film dans lequel le personnage faisait de la figuration active mais sans plus, car son réalisateur Sam Raimi, se l'était fait imposer par le studio sans grand enthousiasme pour le personnage ; se retrouve ici avec son propre stand-alone, origine story. A l'origine prévu comme un spin-off de Spider-man 3, Vénom possède maintenant une vraie identité personnelle, mais peine à convaincre.

Et contrairement à ce que la campagne de bashing pré-sortie du film pouvait suggérer, le résultat final n'est pas aussi catastrophique qu'on aurait pu le craindre, même si il est loin de convaincre complètement non plus. Malgré de relatives incohérences, un peu gênantes parfois, le film même s'il ne dépasse jamais l'ambition d'un produit de studio comme un autre est loin d'être inintéressant.

Tom Hardy campe un Eddie Brock, assez convaincant en soi et sa relation avec le symbiote notamment Vénom, rappelle un peu la cohabitation de Octopus avec ses tentacules, la dimension Shakespearienne en moins malheureusement . De sorte que le film ne dépasse malheureusement jamais l'humour PG13 d'un film qui a l'origine était prévu pour être Rated R. Et ça se sent malheureusement beaucoup dans le film. Et d'anti-héros, un brin subversif (créé à l'origine par Todd Mc Farlane), il devient un clone plus violent de Spider-man quasiment. Et c'est réellement de ça dont il est question, car le Tisseur n'existe pas dans cet "univers filmique car il est parti aider les Avengers. L'adversaire le plus emblématique de Spidey, son quasi miroir (Eddie Brock/ Peter Parker), et celui qui lui amène sa noirceur par l'entremise du symbiote est du coup dépossédé en partie de son intérêt.

Le film se suit sans déplaisir, mais il manque quand même une vraie structure narrative, et un vrai point de vue mythologique pour donner une vraie origine story réellement intéressante et adulte à ce personnage très célèbre de Marvel. On se prend presque à regretter Topher Grace, loin d'être exceptionnel déjà, dans le Vénom de Sam Raimi, tant ce nouveau film manque d'épaisseur. Et une grosse incohérence dans le film, le visuel de Vénom est lié au tisseur, mais ici, foin de tisseur, du coup, on ne comprend pas bien pourquoi Vénom a tout de l'Araignée, puisque Peter n'a pas été contaminé par lui.
On notera aussi un retournement de veste du symbiote Vénom un peu rapide, et des clins d'yeux, volontaire ou non à E.T de Steven Spielberg mais sans la profondeur thématique de ce dernier.

Les SFX sont assez inégaux et varient de super à illisibles (cf le dernier combat du film, pire qu'un combat de robots dans Transformers). Apparemment le film a bien marché au box office, et il sera probablement lié à une suite. On espère juste que la suite sera plus intéressante et plus à même de traduire l'intérêt du personnage de Mc Farlanne. On est content de retrouver Michelle Williams, transfuge de la série Dawson, mais relativement déçu pour elle que ce soit dans ce film là. Riz Ahmed de son côté campe un antagoniste pas mal mais loin d'être inoubliable, sorte d'"Elon Musk" négatif.

Les bonus sont très correct en revanche : scènes supprimées, mode Vénom pour arrêter le film en cours et avoir droit à des easters eggs et références expliquées, des featurettes, making off et le traditionnel commentaire audio. En plus, de ces bonus relativement complet, une deuxième galette Bluray propose un documentaire lui réellement intéressant sur le personnage et son évolution de la BD à l'écran.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, et VOD depuis le 18 février 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories toutes les productions de l'année en cours et le cinéma palpitant en 2019.



 

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 17:16
Manhunt

Etant un fan de John Woo, depuis ses débuts à Honk-Kong et l'avancée de sa carrière là-bas que ce soit dans The Killer, une balle dans la tête, les syndicats du crime 1 et 2, ou A toute épreuve, jusqu'à sa période américaine, Broken Arrow, Volte Face, même Mission Impossible 2 a grâce à mes yeux (un peu plus de réserve sur Wintalkers ou Paycheck), voir le tout dernier de ses films, et dans un retour au cinéma de ses origines avait quelque chose de très excitant. J'avais moins suivi la suite de sa carrière après Paycheck, à l'exception de son retour au cinéma asiatique dans le superbe les 3 Royaumes.

Malheureusement, passé le premier acte du film, vraiment réjouissant, l'excitation est retombée un peu vite. Bien évidemment tout n'est pas à jeter dans le film et il possède quelques très très belles fulgurances visuelles, et d'assez beau cadre ou mouvement de caméra, jamais gratuit mais même si l'ambiance de ce film d'action thriller est assez plaisante, l'intérêt pour le film peine à démarrer, tant on a l'impression d'assister à un exercice de style, à mi chemin de l'expérimentation artistique, voire arty, dans ce que le terme a de plus "péjoratif". Ainsi, on se retrouve face à un film qui essaie beaucoup de choses mais dont les éléments intrinsèques manquent de liant pour emporter l'adhésion du spectateur.

On retrouve bien évidemment les gimmicks de Woo, que ce soit les combats superbement chorégraphiés, les ballets de voitures comme dans MI:2, le sang ou encore les symboles qui n'appartiennent qu'à lui comme les colombes et les flammes, ou les chargeurs de pistolet non réaliste, mais même ces derniers éléments font un peu toc. Pour tout dire on a l'impression d'assister à un "pot-pourri" de toute sa carrière de réalisateur, comme si il y avait des allusions à chacun de ses films tournés pendant sa vie.

Le film Manhunt est un remake d'un film hong-kongais bien plus vieux de 1976. John Woo après la mort de l'acteur du film éponyme Ken Katamura en 2014, voulait faire un film pour lui rendre un dernier hommage. En effet, il déclarait dans une interview « Ken Takakura est l'un de mes acteurs favoris dans le monde. C'était mon idole et il a influencé beaucoup de mes films. L'image de Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime a été inspirée par l'image et le style de Takakura. Je voulais faire un film dédié à Ken Takakura» . Un producteur chinois, Peter Lam, apprenant son désir, lui propose de réaliser un remake du film "Kimi yo fundo no kawa wo watare" (le titre original du film,sorti aux États-Unis sous le titre de Manhunt. Le film dont l'acteur principal était Ken Takakura était tiré du roman Kimi yo Fundo no Kawa o Watare de Jukô Nishimura.

Pour un budget avoisinant les 50 millions de dollars, John Woo se fait plaisir et met en scène l'histoire d'un procureur qui est pourchassé pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et qui est traqué à la fois par un policier trés tenace, et par la mafia qui veut éliminer ce témoin gênant de leurs activités pour le moins trouble. Rempli de faux semblants, et de mensonge sur les apparences, le film est un efficace polar de série B. Le fait que deux tueuses soient des femmes jouent habilement sur les récents bouleversements féministes qui ont secoué l'industrie cinématographique quasi mondiale, et les références aux vieux films, et aux vieux cinéma du type de celui de Melville ou Godard apporte une certain singularité à l'oeuvre. Melville est pour rappel un des réalisateurs préférés de Woo, puisqu'il a toujours dit et répété que le Samouraï était un de ses films favoris du réalisateur français.

La traque du procureur par le policier intègre, et revanchard se suit sans aucun déplaisir, et le manque d'accroche au récit, est plus le fait de ce côté parfois à la limite de l'expérimentation stylistique que dû à des réelles carences de scénario. On retiendra une magnifique idée. La caméra filme en oeil de Dieu d'assez haut (un plan en plongée à 90°), une mariée, dont la robe se couvre du sang de son fiancé qui vient de se suicider d'une balle dans la tête. Ce sang qui envahit la blancheur de sa robe comme une impossibilité d'un bonheur parfait, qui s’entache du deuil de son "mari" le jour même de son bonheur devant censément être le plus intense ; est une idée incroyable, et on regrette presque la rareté de ce genre de fulgurances visuelles.

Le film est tout de même loin d'être un navet, et le spectateur moins exigeant se contentera des magnifiques chorégraphies d'actions qui rappellent le Woo des grands jours. On a une impression très diffuse qui parcours tout le métrage, car ce dernier parle énormément de morts, de passages, de transmissions, un peu comme si Woo faisait un film quasi testamentaire. Et ce sentiment met aussi le spectateur assez mal à l'aise.  Aux dernières nouvelles, John Woo envisagerait un remake de son film The Killer, une manière sans doute de faire le bilan de sa vie de cinéaste, avant de se réinventer qui sait (un peu comme va l'être le projet de réadaptation de West Side Story pour Steven Spielberg). On attend en tout cas de voir le résultat avec impatience même si les dernières news sur cette arlésienne de Woo (annoncée depuis 2011), date de 2015.

Etant un fan de John Woo, depuis ses débuts à Honk-Kong et l'avancée de sa carrière là-bas que ce soit dans The Killer, une balle dans la tête, les syndicats du crime 1 et 2, ou A toute épreuve, jusqu'à sa période américaine, Broken Arrow, Volte Face, même Mission Impossible 2 a grâce à mes yeux (un peu plus de réserve sur Wintalkers ou Paycheck), voir le tout dernier de ses films, et dans un retour au cinéma de ses origines avait quelque chose de très excitant. J'avais moins suivi la suite de sa carrière après Paycheck, à l'exception de son retour au cinéma asiatique dans le superbe les 3 Royaumes.

Malheureusement, passé le premier acte du film, vraiment réjouissant, l'excitation est retombée un peu vite. Bien évidemment tout n'est pas à jeter dans le film et il possède quelques très très belles fulgurances visuelles, et d'assez beau cadre ou mouvement de caméra, jamais gratuit mais même si l'ambiance de ce film d'action thriller est assez plaisante, l'intérêt pour le film peine à démarrer, tant on a l'impression d'assister à un exercice de style, à mi chemin de l'expérimentation artistique, voire arty, dans ce que le terme a de plus "péjoratif". Ainsi, on se retrouve face à un film qui essaie beaucoup de choses mais dont les éléments intrinsèques manquent de liant pour emporter l'adhésion du spectateur.

On retrouve bien évidemment les gimmicks de Woo, que ce soit les combats superbement chorégraphiés, les ballets de voitures comme dans MI:2, le sang ou encore les symboles qui n'appartiennent qu'à lui comme les colombes et les flammes, ou les chargeurs de pistolet non réaliste, mais même ces derniers éléments font un peu toc. Pour tout dire on a l'impression d'assister à un "pot-pourri" de toute sa carrière de réalisateur, comme si il y avait des allusions à chacun de ses films tournés pendant sa vie.

Le film Manhunt est un remake d'un film hong-kongais bien plus vieux de 1976. John Woo après la mort de l'acteur du film éponyme Ken Katamura en 2014, voulait faire un film pour lui rendre un dernier hommage. En effet, il déclarait dans une interview « Ken Takakura est l'un de mes acteurs favoris dans le monde. C'était mon idole et il a influencé beaucoup de mes films. L'image de Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime a été inspirée par l'image et le style de Takakura. Je voulais faire un film dédié à Ken Takakura» . Un producteur chinois, Peter Lam, apprenant son désir, lui propose de réaliser un remake du film "Kimi yo fundo no kawa wo watare" (le titre original du film,sorti aux États-Unis sous le titre de Manhunt. Le film dont l'acteur principal était Ken Takakura était tiré du roman Kimi yo Fundo no Kawa o Watare de Jukô Nishimura.

Pour un budget avoisinant les 50 millions de dollars, John Woo se fait plaisir et met en scène l'histoire d'un procureur qui est pourchassé pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et qui est traqué à la fois par un policier trés tenace, et par la mafia qui veut éliminer ce témoin gênant de leurs activités pour le moins trouble. Rempli de faux semblants, et de mensonge sur les apparences, le film est un efficace polar de série B. Le fait que deux tueuses soient des femmes jouent habilement sur les récents bouleversements féministes qui ont secoué l'industrie cinématographique quasi mondiale, et les références aux vieux films, et aux vieux cinéma du type de celui de Melville ou Godard apporte une certain singularité à l'oeuvre. Melville est pour rappel un des réalisateurs préférés de Woo, puisqu'il a toujours dit et répété que le Samouraï était un de ses films favoris du réalisateur français.

La traque du procureur par le policier intègre, et revanchard se suit sans aucun déplaisir, et le manque d'accroche au récit, est plus le fait de ce côté parfois à la limite de l'expérimentation stylistique que dû à des réelles carences de scénario. On retiendra une magnifique idée. La caméra filme en oeil de Dieu d'assez haut (un plan en plongée à 90°), une mariée, dont la robe se couvre du sang de son fiancé qui vient de se suicider d'une balle dans la tête. Ce sang qui envahit la blancheur de sa robe comme une impossibilité d'un bonheur parfait, qui s’entache du deuil de son "mari" le jour même de son bonheur devant censément être le plus intense ; est une idée incroyable, et on regrette presque la rareté de ce genre de fulgurances visuelles.

Le film est tout de même loin d'être un navet, et le spectateur moins exigeant se contentera des magnifiques chorégraphies d'actions qui rappellent le Woo des grands jours. On a une impression très diffuse qui parcours tout le métrage, car ce dernier parle énormément de morts, de passages, de transmissions, un peu comme si Woo faisait un film quasi testamentaire. Et ce sentiment met aussi le spectateur assez mal à l'aise.  Aux dernières nouvelles, John Woo envisagerait un remake de son film The Killer, une manière sans doute de faire le bilan de sa vie de cinéaste, avant de se réinventer qui sait (un peu comme va l'être le projet de réadaptation de West Side Story pour Steven Spielberg). On attend en tout cas de voir le résultat avec impatience même si les dernières news sur cette arlésienne de Woo (annoncée depuis 2011), date de 2015.

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 8 février 2019. Edité par Metropolitan Filmexport), Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film dans les catégories les films appréciés du public en 2019 et l'adrénaline venue d'Asie cette année.

 

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 14:39
Peppermint

Face au 5eme film de Pierre Morel et n'ayant pas vu Gunman, la circonspection est de rigueur. Débutant sa carrière de réalisateur par l'anecdotique mais un peu plagiaire Banlieue 13, et la poursuivant ensuite avec le beaucoup plus intéressant Taken, film qui a propulsé Liam Neeson dans le rôle récurrent de père absent partant à la recherche ou dans la vengeance d'une fille ou d'un fils, disparu ou tué, Pierre Morel est un réalisateur de film d'action qu'on prend plaisir à retrouver, un solide "executionner" comme disent les américains, de films en films. Un peu comme  Louis Letterier, même si la préférence va clairement à ce dernier.

Dans ce Peppermint dont le titre est tiré d'une réplique de la petite fille de l'héroïne qui réclame une glace "peppermint" à sa mère à la fête foraine avant son exécution sommaire par des mafieux locaux, on suit les tribulations de Riley North ( incandescente Jennifer Garner) qui pour venger la mort de son mari et de sa fille se met en chasse contre les responsables non seulement de leur mort mais aussi de leur non justice.

Riley North vit avec sa petite fille et son mari, garagiste de son état. Et le jour de l'anniversaire de son enfant, elle demande à son mari de gérer le jour J, pendant que Riley doit travailler à la banque qui l'emploie. Le mari accepte, et juste avant reçoit un appel d'un ami qui lui demande de l'aider à voler une cargaison de drogue imagine t-on à des mafieux mexicains. Le mari dit à son ami qu'il doit réfléchir et qu'il lui donnera sa réponse plus tard.
Le soir lorsque Riley rentre de son travail trés tard car son patron l'a obligé à faire la fermeture de la banque, elle trouve son mari et sa petite fille, seul dans la maison décorée, et pour le moins décontenancé. Personne n'est venue au goûter d'anniversaire de sa fille, et lorsque Riley consulte son répondeur, elle comprend pourquoi. Mandy la femme la plus riche du quartier a invité tous les enfants à une fête pour se venger d'un problème minime que lui a causé Riley sur le parking d'un centre-commercial, une vague histoire de place de parking réservée à son groupe.

Riley est furieuse et triste pour sa petite fille et lui propose de pas se laisser abattre et d'aller quand même s'amuser, en mangeant une pizza, tous les trois, une glace, et un tour à la fête foraine. De son côté son mari, rappelle son ami pour lui dire qu'il refuse le "boulot" qu'il lui propose. Il tombe sur son répondeur et pour cause, puisque l'ami est déjà au main du mafieux qu'il voulait dépouiller, et que ce dernier l'ayant appris, est en train de le torturer, puis il le tue.

Riley, son mari, et sa fille, partent donc pour cette soirée improvisée, soirée qui n'aurait pas eu lieu si la femme antipathique n'avait pas invité tous les amis de sa fille à une fête pour se venger. Bref, les deux parents et l'enfant passent une bonne soirée sur les manèges et autres barbe à papa pour rattraper ce jour de fête gâché. Le groupe s'achète une glace, "peppermint" pour la petite fille, et recommence à déambuler, Riley se rend compte qu'elle n'a pas eu de serviette en papier, et retourne sur ses pas pour en demander. Son mari et sa petite fille continuent seuls, et c'est là que le drame survient, puisqu'une voiture émerge et roule le long de la rue, puis les vitres se baissent et en sortent des armes automatiques qui exécutent sommairement le mari, et forcément la petite fille qui était à côté. Riley assiste impuissante à la scène, et accourt vers eux, mais elle reçoit également des balles et s'évanouit.

Mais ceci n'est pas le début du film, ceci est un flashback car le film s'ouvre sur une voiture qui se secoue et dans laquelle on entend un "couple" possiblement pousser des cris comme si ils faisaient l'amour, mais en réalité ils se battent, ou plutôt la femme du "couple" est en train de coller une dérouillée à l'homme, elle finit par sortir un pistolet et le tuer. Cette femme c'est Riley North. Ensuite survient le flashback expliqué plus haut.

Suite aux meurtres de son mari et de sa fille ; le fameux lieu commun au cinéma et dans les comics connu sous le nom de "woman in fridge" (la femme dans le frigo) et qui a donné lieu à énormément de film de vengeance parmi lesquels Death Wish (avec Charles Bronson), plus récemment à un niveau presque parodique, John Wick et à un genre en soi, le "vigilante movie" ; Riley North décide de se venger. Appelée en qualité de témoin oculaire au procès des tueurs qui ont été arrêté mais relâché tout aussitôt par l'entremise d'un avocat véreux et d'un juge pour le moins ambiguë lui aussi, elle se précipite sur les prévenus en plein milieu du tribunal après l'arrêt de leur acquittement animée de la ferme intention de les tuer. Mais le juge décide de la faire interner en psychiatrie et dans l'ambulance qui la conduit à l'asile, elle s'évade, et disparaît dans la nature, pendant 5 ans. 5 ans pendant lesquels elle devient une tueuse hors-pair, et au bout de ces 5 ans, la date anniversaire de la mort de sa famille, elle revient exécuter non seulement les tueurs et probablement le commanditaire mais aussi ceux qu'elle estime responsable de leur acquittement. Et en parallèle on suit l'enquête de deux policiers de L.A qui enquêtent sur les crimes des meurtriers de la famille de Riley, puisque chacun des 3 hommes qui étaient dans la voiture ce funeste soir est assassiné à son tour. Et tout porte à croire que la coupable est Riley North.

Le réalisateur a dit en interview qu'il reçoit énormément de scénarios dans la lignée du film de vengeance, mais qu'un seul a eu grâce à ses yeux, car il avait eu en le lisant l'impression réelle que le scénariste ne s'était pas contenté de remplacer "il" par "elle" dedans pour coller à la mode actuelle Hollywood de la féminisation des héros, mais avait réellement écrit un sujet sur une femme, et une mère et que c'est proprement cela qui l'avait séduit pour le réaliser.

Au final, le film est effectivement assez fortement féministe, montrant une femme d'action parfaitement crédible, et Jennifer Garner, actrice rompue à l'action depuis Alias, ou le film Daredevil ne déroge jamais à sa réputation de femme forte. Malheureusement et sans vouloir effectuer de comparaison, le film n'arrive malheureusement jamais au niveau de la dramaturgie d'un Death Wish par exemple, mais il vaut essentiellement pour la performance physique de ka flamboyante Jennifer Garner dans le rôle de cette femme qui a tout perdu et n'a plus rien à perdre. Les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment le comédien qui interprète le sergent Moises. 

Il est à noter que même si la réalisation est assez classique dans son ensemble, Pierre Morel culmine comme souvent dans les scènes d'actions, dynamiques et parfaitement chorégraphiées. On retrouve la maestria de Taken dans les lieux clos ou exiguë, tel que les couloirs, une voiture, ou encore un magasin de pinata. Et il faut aussi mettre à son profit, une très belle image symbolique. A un moment de sa vendetta, Riley North vient se recueillir sur la tombe de sa famille, et elle s'adosse contre cette dernière. Son corps cache complètement le nom de famille, à l'exception du début du mot. C'est ainsi qu'on peut lire "NO", autrement dit, une personne qui n'existe  quasiment plus ou bien une personne qui refuse la fatalité de son existence. Sachant que le héros est une femme, cela apporte encore plus de force au message féministe du film.

Au final, on est face à une série B de plutôt bonne facture, qui n'est certes pas un excellent film, mais qui a pour elle le mérite d'oser autre chose que le sempiternel macho ou pas qui venge sa femme ou ses enfants assassinés par des ordures. Rien que pour ça, le film mérite qu'on lui donne sa chance.

Au niveau des bonus, une featurette anecdotique de Garner qui dit qu'elle a adoré faire le film, un peu comme d'habitude à Hollywood, et un entretien avec Pierre Morel sans langue de bois dans lequel on apprend pas mal de choses intéressante sur lui et son cinéma. Egalement le fait qu'il n'aime pas les suites, aussi si Peppermint 2 il y a, bien que la fin soit juste symbolique elle aussi, il y à fort à parier sur le fait que Morel ne le réalise pas.

 

En DVD et Blu-Ray le 19 janvier 2018, et également en VOD. Edité par Metropolitan Filmexport. Lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories des films qui aimeraient faire partie des meilleurs films du monde un jour et le top du cinéma américain en ce début d'année.

 

 

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 16:10
Coffret 5 dvd Warner Aventures

Pour les fêtes, Warner Bros sort un coffret avec 5 films sur l'enfance qui correspondent clairement à ce que j'appelle des films pour enfants intelligents, qui ne prennent pas l'enfant pour un idiot et qui sans traumatiser l'enfant qu'il est encore pense déjà à l'adulte qu'il va devenir.

Les 5 titres en question, sont des classiques du film d'enfance : Charlie et la chocolaterie de Tim Burton (2005), Le Magicien d'Oz de Victor Flemming (1939), le Géant de Fer de Brad Bird (1999), les Goonies de Richard Donner (1985) et L'histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984).

Autant de films au récit initiatique qui parle de disparition, de deuil du Père, de deuil de l'enfance, de la volonté d'évolution et de changement, etc... essentiel aussi bien à chaque enfant en construction qu'en cette période de fêtes qui facilitent la vision de film enfantin (et non infantile) en attendant le Père Noël, une tasse de chocolat chaud sur laquelle surnage des marshmallows, à la main.

Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, est le plus récent du coffret, sorti en 2005, et déjà la deuxième adaptation du livre de Roal Dahl, en attendant la version "télévisuelle" de Netflix des deux tomes et avec la version de 1971 de Mel Stuart avec le grand Gene Wilder notamment. Johnny Depp succède à Gene Wilder avec talent sans copier le personnage mais en lui apportant d'autres facettes, de même que Burton amène au récit certaines des thématiques qui l'obsèdent. Même si ma préférence va toujours au film de Mel Stuart, cette nouvelle adaptation ne démérite pas, et les chansons supervisées, composées et chantées par Danny Elfman apporte une dynamique et un éclairage plus contemporain des thèmes du grand Dahl sur l'enfance Roi, ou sur les médias.
 

Le second film du coffret est le sublime film de Victor Flemming, le Magicien d'Oz, avec l'inoubliable Judy Garland dans le rôle de Dorothy, qui de petite fille de 10 ans est transformée ici en adolescente qui a des rêves d'émancipation de sa vie campagnarde, rêves qui ne tarderont pas à se réaliser lorsqu'une violente tempête enverra sa maison au pays d'Oz là où de méchantes sorcières, de gentilles également règne en partage sur des peuples tous très différents. Le roman avait pour lui d'"initier" les enfants à l'allégorie, car le roman de Frank Baum est une allégorie économique d'une période sombre des USA dans lequel l'étalon or traversa une crise financière sans précédent, dépression qui fut au coeur de la présidentielle d'alors. 

"Une allégorie économique

Entre 1883 et 1897, à la fin du Gilded Age, une dépression eut lieu aux États-Unis. Les agriculteurs de l'Ouest s'endettèrent lourdement. L'étalon-or avait alors cours et certains économistes préconisaient d'utiliser également l'argent3. Cela aurait permis d'augmenter la quantité de monnaie, aurait entraîné l'inflation et réduit le poids réel de l'endettement des agriculteurs. Cette question fut cruciale lors de l'élection présidentielle de 1896. William Jennings Bryan attaqua alors l'étalon-or. Mais ce fut William McKinley, républicain et défenseur de l'étalon-or qui devint président. Les personnages du livre symbolisent diverses figures et des événements de l'époque 4:

  • Dorothée : l'Américain moyen
  • Toto : le parti prohibitionniste (son surnom était Teetotaler)
  • Le bûcheron en fer blanc : les ouvriers
  • L'épouvantail : les agriculteurs
  • Le lion peureux : William Jennings Bryan
  • Les Croquignons : les habitants de la côte Est
  • Le magicien : Marcus Hanna, leader du Parti républicain
  • La sorcière de l'Ouest : William McKinley
  • La sorcière de l'Est : Grover Cleveland, président démocrate jusqu'en 1896, qui fut battu par William Jennings Bryan aux élections primaires
  • La tornade : la dépression
  • Les souliers d'argent : l'argent qui permettra, en touchant le chemin doré, de revenir au double étalon or-argent."

Le récit ne perd pas son allégorie politique de départ, puisque Victor Flemming en 1939 en fait un film sur la naissante guerre de 1940, où chaque personnage pouvant incarner un allié ou une des puissances de l'Axe, tout en gardant son récit premier de conte initiatique.C'est d'ailleurs au scénariste sud-africain Noël Langley , (un des rares noms gardés au générique sur les 14 scénaristes qui se sont succédés sur le film), qu'on doit la transposition de l'entourage de Dorothy dans le monde d'Oz, cet "artifice" scénaristique étant absent du livre de Baum.

Près de 80 ans plus tard, le film n'a rien perdu de sa superbe, ni de ses idées incroyables comme l'intro filmée en sépia et le pays d'Oz filmé dans le récent "technicolor", doublant une idée scénaristique d'une innovation technique ,remarquable (au premier sens du terme), un peu comme dans le Avatar de James Cameron qui en 2009 se permettait d'ailleurs un clin d'oeil au magicien d'Oz faisant dire à Quaritch à ses troupes nouvellement débarquées "Vous n'êtes plus au Kansas désormais, vous êtes sur Pandora". Le Magicien d'Oz reste définitivement une valeur sûre à faire découvrir aux plus jeunes, et à revoir une fois devenu adulte bien entendu.

Le troisième film du coffret est le magnifique et si émouvant, "Le Géant de Fer" de Brad Bird (1999), film sorti la même année que Matrix, qui passa assez inaperçu, en dehors d'une poignée de spectateurs au cinéma, et d'un peu plus de spectateurs lors de la sortie de la VHS. Pour ma part, je l'ai découvert, grâce au fait qu'un de mes neveux a gagné un concours Pathé Gaumont qui offrait comme cadeau, la VHS du film à des personnes tirées au sort parmi les participants, et c'est à moi qu'échu le rôle d'aller chercher la VHS au siège Marseillais de Pathé Gaumont. Le film que nous découvrîmes ce jour-là, il n'y avait quasiment aucun mot pour le définir. Un ovni, une pépite cinématographique, un chef d'oeuvre instantané pour ainsi dire de l'ordre du E.T de Spielberg, auquel il emprunte quelques thèmes. Un film initiatique puissant sur un petit garçon dont le père aviateur est mort, et qui se trouve face à un géant de fer volant avec qui il va se lier d'amitié et à qui il va faire découvrir, Superman.
Dans ce premier film de Brad Bird, on sent déjà toute la maestria du jeune réalisateur qui s'affirmera pleinement au contact de John Lasseter et de l'écurie Pixar pour culminer dans l'incompris mais si fantastique Tomorrowland qui poursuit le sujet du Géant de fer d'ailleurs.

Le Quatrième film du coffret se trouve être, encore un film culte pour la génération des 80's-90's, le cultissime Les Goonies de Richard Donner (1985), produit par Steven Spielberg sur une idée de ce dernier. Pour sauver la maison familiale d'un des membres de leur groupe d'aventuriers, les Goonies, plusieurs enfants partent à la recherche du trésor englouti du pirate Willy le Borgne. Un film tellement excellent qu'il faut le découvrir, et voir pour le croire un film pour enfant rempli de morts sanglantes, de gros mots, d'allusions sexuelles ou subversives. Il n'existe probablement pas deux films qui égalent les Goonies au niveau punchline et autres scènes cultes. Un monument du film initiatique d'enfance qui n'a pas tant vieilli que ça, n'en déplaise aux mauvaises langues qui le découvrent actuellement.

Enfin last but not least, le cinquième et dernier film de ce coffret est L'histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984), tiré du roman du même nom de Michael Ende, "l'histoire sans fin" et qui raconte l'histoire d'un petit garçon vivant seul avec son père depuis la mort de sa mère, Bastien. Traqué par les caïds de son lycée, il se réfugie dans une librairie, et discute avec un étrange libraire de son goût pour la lecture. Ce dernier lui présente un livre titré "l'histoire sans fin", et serti d'un drôle de symbole représentant un ouroboros (ou serpent qui se mord la queue). Bastien profite d'un moment d'inattention du vieux libraire et vole le livre. Poursuivi par les mêmes voyous qui ont retrouvé sa trace, il arrive en retard à l'école et se réfugie dans le grenier de l'établissement. N'osant plus ressortir, il se met à lire le livre, et Bastien découvre l'histoire de Atreyu, et de son fidèle destrier et ami, Arthax qui doit sauver le pays de Fantasia (en partie la raison pour laquelle ce blog se nomme ainsi) du Loup Noir du Néant qui va le détruire de part en part si la petite impératrice du royaume qui est malade ne guérit pas bien vite. L'histoire sans fin fait parti des rares réussites du réalisateur allemand Wolfgang Petersen, revenu sur le devant de la scène il ya quelques années déjà avec le péplum Troie notamment et est un film qu'il faut vivre pour en saisir toute la profondeur, on se gardera donc d'en révéler la plus infime partie. Pareillement au film Goonies, l'Histoire sans fin a trés peu vieilli lui aussi.

Au final on se retrouve avec ce coffret de film initiatique pour enfants avec cinq des meilleurs films initiatique justement, même si certains titres pourrait manquer à l'appel, on pense par exemple au Charlie et la Chocolaterie de Mel Stuart qui aurait été plus logique de mettre à la place du film de Burton, ou encore des films comme Le secret de la pyramide de Barry Levinson, ou autres. Mais malgré tout, ces 5 titres de qualité sont pour moi des indispensables du récit initiatique pour enfant à posséder dans sa dvdthèque, alors quel plaisir de les voir tous regroupés dans un même coffret pour les fêtes, qu'elle soit de l'année précédente, ou du prochain Noël à attendre.

 

Coffret DVD disponible depuis le 17 octobre 2018. Edité par Warner Bros. France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
Retrouvez ce film, et bien d'autres dans les catégories de bons fous rires en attendant les comédies américaines de 2019
et des émotions avant l'année prochaine.

 

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 20:47
Equa-liseur 2

Après le premier opus assez sympathique de découverte ou de redécouverte du personnage de Robert Mc Call, inspiré de la série tv du même nom des années 80, Equalizer, Antoine Fuqua, son scénariste et Denzel Washington remette le couvert pour un second opus, bien plus intéressant, avec des thématiques et des ambiances flirtant aussi bien avec l'esprit du regretté Tony Scott qu'avec le très frenchy Jean-Pierre Melville, on pense beaucoup à son le Samouraï).

Dans ce nouvel épisode de la "franchise", et d'aprés Denzel, le dernier, Robert Mc Call doit affronter des éléments de son passé. Si le film commence comme un film d'espionnage avec un clin d'oeil inversé au Cercle Rouge de Melville, puisqu'au lieu d'un détenu convoyé par train, on voit Mc Call traverser un train à la recherche d'une enfant enlevée par son père pour punir son ex-femme de l'avoir quitté. ; il se poursuit de manière plus conventionnel en illustrant le parcours de chauffeur Uber ou VTC de Mc Call, et sa manie de venir en aide à quiconque en a besoin.

Il rosse ainsi de belle manière, un quatuor de "yuppies" de Wall Street apparemment, qui ont drogué et abusé d'une jeune femme avant de la mettre dans la voiture de Mc Call. Puis on le retrouve confronté à un jeune noir, dont l'existence fluctue entre l'école d'art dont il sèche les cours et le zonage avec des membres de gang de ses amis. Jeune homme dont le frère a été tué dans une rixe entre gang.

Mc Call propose au jeune homme de peindre une jolie fresque sur la vie du quartier pour couvrir les graffitis identitaires des gangs en question, et puis il va voir une connaissance à lui, qui bosse pour Interpol sur l'assassinat d'un autre responsable et sa famille, connaissance qui semble être aussi une grande amie. Mais c'est lorsque cette dernière se fait assassiner, à son tour que Mc Call décide de déclencher une vendetta sanglante contre les responsables. Il enquête et ce qu'il découvre le met à son tour en danger, lui et le jeune noir qu'il a pris sous aile.

Le deuxième film Equalizer est une très bonne série B, mais dont la profondeur scénaristique, les références à la communauté noire (on voit un portrait de Frédérick Douglas, grand abolitionniste noir américain chez Mc Call, mais aussi des allusions subtiles par des morceaux de jazz, ou encore une référence au livre "une colère noire" de Ta-Nehisi Coastes (en VO "Between the World and Me" encore plus révélateur), et d'autres références éparses, apportent une plus grande profondeur à l'ensemble du film. Notamment une référence littéraire complètement improbable dans ce genre de film d'action,Mc Call lit A la recherche du temps perdu de Marcel Proust comme pour montrer qu'il se bat aussi contre son passé.

En particulier cet incroyable dernier acte qui se passe au milieu d'une tempête, déchaînant les éléments et l'homme dans un maelstrom de bruit et de fureur, dans lequel Mc Call qu'on ne voit pratiquement pas, mais qui semble être un démiurge omniscient et omnipotent, devient une sorte de fantôme, le tout sur fond de lames de fond déchaînées rappelant clairement le cinéma de Jean-Pierre Melville pour le coup. Antoine Fuqua continue aussi sur sa lancée dans sa volonté de devenir le successeur de Tony Scott, car après avoir récupéré la muse cinématographique que pouvait être Denzel Washington pour le regretté Tony Scott, voilà t'il pas qu'il multiplie les plans de trajet sur des ponts dans le film, comme autant d'étapes symboliques pour Mc Call, les ponts étant déjà une grande figure symbolique souvent employé chez Scott. D'ailleurs ce héros prolétaire luttant contre l'injustice des plus démunis rappelle beaucoup certaines des thématiques Scottienne, même si ce qui était plus valable pour le premier opus se retrouve moins vérifiable dans ce second, qui lorgne clairement plus du côté de Melville comme on l'a dit plus haut.

Après l'avoir sorti des cartons de naphtaline de la série, au final, Fuqua et son scénariste rendent le personnage immortel en en faisant d'un héros, une légende, une sorte de Jack Reacher afro-américain. Puisqu'à la toute fin du film, il devient quasiment un "héros" de comics, sans pouvoir surhumain mais avec des pouvoirs bien réels d'empathie et de don de soi relatif à tout héros quel qu'il soit.

Au niveau des bonus, une sympathique et courte featurette à l'entrée du Bluray, avant les menus du film, puis des scènes coupées, un visionnage du film avec des scènes dont le making-of est montré en même temps que le film, et plusieurs autres documents passionnants sur le film, ainsi que quelques spots TV.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffret Equalizer 1 & 2 et VOD depuis le 17 décembre 2018. Edité par Sony Pictures France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories de belles scènes d'action à prévoir et dans un autre genre, pour se détendre.
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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 11:41
L'espion qui m'a larguée

Le moins qu'on puisse dire et ce sera ma seule parenthèse "politique" de ce blog consacré à un sujet de divertissement, c'est que le mouvement #MeToo aura eu au USA de vraies répercussions politiques, notamment, la mise en avant depuis 2015 de projets féminins, avec un cast féminin essentiellement (le sympathique Ocean 8) ou encore réalisé ou écrit par des femmes, (Wonder Woman et autres), peu importe qu'on apprécie ces films ou non, force est de constater que cette volonté de changer les choses existe, même si on peut penser qu'il peut y avoir un peu d'opportunisme dans ces décisions ; on attend toujours une évolution similaire en France.

Dans cette optique, les producteurs indépendants et les majors ont essayé de changer un peu les paradigmes et les tropes du cinéma avec plus ou moins de réussite, et cette comédie d'espionnage assez girly, incarne plutôt bien cet état d'esprit dans sa partie réussite.

S'inspirant du principe des James Bond et autres Mission Impossible, le postulat du film pourrait-être, que feriez vous, si vous découvriez en même temps que votre petit ami qui vous a largué comme une merde par sms était en fait un agent de la CIA, et que sa mort vous oblige presque malgré vous à finir ce qu'il avait commencé ; la réalisatrice et scénariste du film, Susanna Vogel nous livre une belle comédie d'action, et d'espionnage, à la fois drôle et sans temps mort, bien servie que ce soit la partie masculine, Justin Theroux en Jason Bourne ou en Ethan Hunt fait largement le job, ou ou Mila Kunis (trop rare au cinéma depuis sa révélation dans la série "That's the 70's Show") ou l'hilarante Kate Mc Kinnon (qui a le vent en poupe depuis sa révélation au grand public dans le reboot 100% féminin de SOS Fantômes), sans oublier le caméo réjouissant de Dana Scully, pardon Gillian Anderson, qui n'a rien perdu de sa superbe et de son cynisme mordant qu'elle réinjecte dans cette patronne de la CIA très autoritaire.

On notera également la présence de seconds rôles détonnant, que ce soit Paul Reiser dans le rôle d'un père complètement barjo, ou la découverte personnelle de Sam Heughan et Hasan Minhaj dans le rôle d'agent double ou pas, aussi complémentaire que de caractère opposé.

Du côté des méchants, la révélation du film, est l'androgyne et parfaite Ivanna Sakhno, tueuse mutique aussi froide qu'elle en est belle et qui compose ici un personnage tout en nuance.

L'histoire en peu de mots, voit donc Audrey (Mila Kunis) qui se fait larguer par son petit ami, Drew (Justin Theroux) et qui le voit ensuite débarquer dans son appartement, une horde de tueurs à ses trousses. Sa meilleure amie, Morgan, présente est également dans la même galère qu'elle, et lorsque Drew se fait abattre froidement par un des tueurs, Audrey et Morgan n'ont d'autres choix que de s'enfuir pour échapper à ceux qui traquent Drew. Ce dernier pressentant sa mort arriver, engage Audrey a apporter une statue de récompense qui est en fait une cache pour un secret d'état à ses supérieurs hiérarchiques, et de ne faire confiance à personne. Morgan, après avoir "accidentellement" poussé l'assassin de Drew par la fenêtre s'enfuit avec Audrey, et commence pour elle une suite d'aventures pour faire le jour sur l'identité et les motivations de Drew.

Le film se suit sans aucun déplaisir grâce à une réalisation plutôt simple mais efficace, Susanna Vogel reprend en le détournant dans une voie féminine, le trope bien connu de la "damzel in distress" mais en substituant à l'homme habituellement héros, un duo féminin aussi détonnant que drôle. Et ça fait du bien de voir ce genre d'évolution, surtout qu'en tant que mâle blanc, je n'ai personnellement eu aucun mal à m'identifier au duo, et en espérant que le film ne souffre pas d'une suite, qu'on espère arriver, je serais ravi en tant que spectateur de voir d'autres incursions dans d'autres genres surtout si elles sont aussi efficaces et réussies que ce "l'espion qui m'a larguée"

A noter également, le caméo de quelques minutes de Kev Adams dans le rôle d'un chauffeur VTC assez perché lui aussi. Et pour ses détracteurs, le plaisir de le voir se prendre une balle dans la tête assez vite.

Au niveau bonus, le film propose bien entendu un making-of habituel et assez complet, et également un tour du plateau avec Hasan Minhaj mais assez original car il met en scène une atmosphère plus froide (même si entièrement jouée il n'y a aucun doute là-dessus) qui tranche avec le ton policé et assez consensuel du making-of. Ca fait toujours plaisir de voir une équipe avoir assez d'autodérision pour se moquer d'elle-même. Egalement présent, des scènes coupées qui n'appportaient pas grand chose au film fini (le principe des scènes coupées même si dans certains cas, la coupe est regrettable), un bêtisier sympathique, et également assez original, et par contre qui s'avère indispensable une featurette mettant en scène les improvisations nombreuses des deux comédiennes. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles en ont de l'imagination. Le tout se regardant avec grand plaisir si vous êtes comme moi amateur de bonus.

En DVD, Blu-Ray et VOD le 15 décembre 2018. Edité par Metropolitan Filmexport. le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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