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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 12:09
Hitchcock-Truffaut

"Dans une interview à France info, mercredi, Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française et président de la Commission d'avance sur recettes du CNC, fait un aveu fracassant : lui qui s'honore d'avoir "vu des centaines de milliers de films" n'a jamais regardé un seul Walt Disney. "Pas même Bambi." Et ce n'est pas qu'une question de génération, Serge Toubiana semble fier de n'avoir jamais rattrapé son retard. "J'ai réussi à passer outre, à passer au cinéma d'adulte... J'ai peur de la niaiserie", dit-il. J'ai d'abord cru à une blague, mais non. Serge Toubiana est Disnophobe. Et son mal paraît incurable".

http://blog.francetvinfo.fr/actu-cine/2014/04/13/cher-m-toubiana-nayez-pas-peur-des-films-disney.html

Il est par conséquent difficile d'envisager la vision du documentaire Hitchcock-Truffaut de manière sereine, sachant que le bonhomme en est le co-auteur. Heureusement me direz-vous, l'écriture ne fais pas tout, seulement dans un documentaire elle agit pour beaucoup. Ne connaissant pas Kent Jones, j'ai pensé que la réalisation allait rattraper le coup, ce qui est pour le coup à peu près vrai, mêlant référence audio, photo de l'entretien des deux hommes et correspondance en extrait vidéo avec le cinéma de Hitchcock.

Les intervenants aux nombre de 10 : Martin Scorsese, Arnaud Desplechin, David Fincher, Richard Linklater, Wes Anderson, James Gray, Olivier Assayas, Kiyoshi Kurosawa, Peter Bogdanovich et Paul Shrader ; sont pour la plupart intéressant à écouter, à part les français encore une fois qui parlent à côté du sujet, parfois même en lui manquant de respect. Il faut en vouloir pour entendre Assayas dénigrer la volonté de maîtrise et de contrôle de Hitchcock arguant que lui préfère l'inattendu et l'impro. Mais on s'en cogne de ton avis mon grand, c'est pas un docu sur Olivier Assayas, c'est un docu sur Hitchcock, donc merci de rester à parler de lui et pas de toi ou de ta vision du cinéma. Heureusement les autres intervenants, même parfois Desplechin sont un régal à écouter, surtout le duo Scorsese-Fincher, les plus à même de comprendre Hitchcock, puisque les plus proches de son style de réalisation, ultra symboliste et éminement visuelle.

On regrettera toutefois que soit absent des intervenants qui auraient pu être passionnant, justement parce que complètement dans le style d'Hitchcock (pas seulement pour leur propension à faire du cinéma de genre) mais surtout pour leur influence du maître à commencer par Steven Spielberg dont l'influence de Hitchcock sur son oeuvre est manifeste, jusque dans sa manière de réaliser, les fameux plans Spielbergiens. Mais on regrettera tout autant l'absence de Zemeckis, Shyamalan, ou encore De Palma (l'homme terrorisé, pourrons nous même dire "traumatisé" par la scène de la douche de Psycho au point de la reproduire dans quasiment chacun de ses films), véritable transfuge américain du maître anglais.

Bref, la présence des précédents auraient largement comblés les vides laissés par ce visionnage, car outre l'inanité de certains commentaires, la volonté de Toubiana d'enlever à Hitchcock son succès populaire pour en faire uniquement un "auteur de film non divertissant", divertissement apparaissant comme une insulte sous la plume de Toubiana, laisse au spectateur un sentiment de malaise assez impalpable que la réalisation agréable de Kent Jones ne dissipe pas tout à fait.

On appréciera la petite featurette, Hitchock vu par... dans laquelle quelques uns des intervenants du film donne leur avis sur le maître du suspense, et encore une fois le propos des français est hors-sujet, et trés généraliste. Tandis que le propos des cinéastes américains est passionnant et vraiment centré sur Hitchcock et son cinéma.

Mais pouvait-on en attendre plus d'un homme qui ayant invité Spielberg à la cinémathèque française pour la sortie de Cheval de Guerre, ne trouve rien de plus intelligent à lui demander comme question à propos du film "si il est lui-même un peu un paysan, et si c'est parce qu'il aime les chevaux qu'il a réalisé le film"... Sans commentaire.

Au final, on se retrouve avec un documentaire pas trop mauvais pour le profane, ou pour le cinéphile amateur de Truffaut, mais pour les fans hardcore de Hitchcock, ils n'apprendront rien de plus qu'ils ne savent déjà, et encore vaut-il mieux se rabattre sur le livre issu de ces conversations entre les deux cinéastes. Même pire, après n'avoir été cantonné qu'à un rôle de cinéaste de divertissement, par l'intelligentsia, et n'avoir dû son statut d'auteur que grâce au Cahiers du Cinéma, Serge Toubiana par ce documentaire semble vouloir ôter à Hitchcock son statut d'entertainer également, comme si c'était dévalorisant pour ce dernier de vouloir plaire au plus grand nombre et d'avoir un succès populaire.

Je remercie en revanche l'éditeur pour avoir envoyé un dvd du commerce pour la critique, c'est une petite attention que je ne manque jamais de souligner car c'est une forme de respect pour le travail du bloggeur, donc merci à eux.

Sortie du film en DVD et Blu-ray depuis le 20 novembre 2015.Edité par Arte facebook et son site.

Retrouvez ce film et d'autres dans les grands films français et les films cultes à ne pas manquer

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:43
American Ultra

Nima Nourizadeh pour son second film (après le dispendieux mais trés dispensable Project X) s'attaque à deux genres bien distinct, la rom com (comédie romantique indépendante) et le film d'action paranoïaque et en ressort un trés étrange mariage mais qui contre toute attente fonctionne bien au-delà de nos maigres attentes.

L'histoire raconte la vie de deux loosers magnifiques, Mike (Jesse Eisenberg impeccable) et Phoebe (Kristen Stewart franchement très convaincante) qui vivent leur petite vie de paumée partagés entre petit dealer, policier redneck, et job à la station service. Mais cette vie ne suffit plus à Mike, et ce dernier nourrit le rêve d'écrire des comics de super héros, un en particulier "le singe de l'espace" et de se faire éditer pour pouvoir quitter sa vie d'avant. Il aimerait aussi demander Phoebe en mariage. Un soir, tout va se précipiter quand il va être victime d'une agression et contre toutes attentes, tuer ses agresseurs.

Prenant tour à tour les principes du film indé comédie romantique et du film d'action, American UItra nous propose une jolie réflexion autour de la notion de déterminisme avant de renverser la vapeur sur la fin avec l'idée assez belle que deux personnalités même bancale peuvent s'équilibrer et qu'il est important de ne jamais être seul. Car quoi qu'en dise Mike à son double négatif dans la scène quasiment finale du film, il n'a jamais été seul pour savoir où aller.

Le film est en soi trés sympathique, et on apprécie beaucoup le fait qu'il s'inscrive dans une vision plus féministe du cinéma actuel. Ainsi, Phoebe est loin d'être la "damsel in distress" (demoiselle en détresse) du cinéma d'action, et un autre lead character est une femme qui était en charge de l'opération qui va toucher Mike et Phoebe bien malgré eux.

Enfin, en second rôle savoureux, on retrouve le charismatique John Leguizamo, toujours parfait dans un rôle de marginal fou dont il a le secret, et Topher Grace en antagoniste aussi plaisant que sombre par moment. On notera aussi une réjouissante mais brêve apparition de Bill Pulman.

L'autre grande innovation du film, c'est de présenter un personnage secondaire qui soit ouvertement identifié comme homosexuel. Il s'agit du second de la chargée de l'opération Ultra qui dès sa première scène est montré en train de regarder un MMS que lui a envoyé son petit ami. Certes, on se moque comme d'une guigne de connaître l'identité sexuelle du personnage, mais dans un film américain d'action destiné à un trés large public, l'idée est quand même bien appréciable, et ce traitement, ainsi que celui réservé aux femmes n'est pas pour nous déplaire.

Un autre élément trés appréciable dans le film sera son refus de certains clichés, ainsi dans une attaque de commissariat digne de Carpenter ou Cameron, un policier se met à l'abri derrière un casier à dossier en métal et les balles de l'arme du bad guy (en l'occurence une bad girl) traversent ce dernier le tuant net malgré la protection. De la même façon, les coups, et autres éléments de décors contondants laissent des traces sur les personnages, mais surtout sur les deux héros. Et se rapprochant pour le coup pas mal d'un Die Hard, c'est quasiment en lambeau (ressemblant du coup beaucoup à son personnage de comics "le singe de l'espace") que Mike finira son parcours.

Le film parle d'un sujet qui a énormément concerné les USA, beaucoup moins de nos jours, puisque le programme est soi-disant arrêté. Il s'agit de la programmation mentale ou Monarch Ultra (déjà évoqué par Kubrick dans Shining sous forme de poster, et dans Orange Mécanique, le fameux traitement Ludovico ; mais aussi dans le Complot de Richard Donner ou le film Manchurian Candidate (un crime dans la tête en VF). Ce principe acté par la CIA, consistait dans les années qui ont suivit la 2eme guerre mondiale à récupérer des savants neurologistes nazis et à créer des criminels sur commande qu'on stimulerait avec des images subliminales montrées qui induirait des ordres enfouis, le tout réveillé par une phrase banale.

Ce sujet est immensément connu aux USA, on y trouve des allusions aussi diverses que variées dans beaucoup de médias, de la BD à la musique en passant par les romans noirs, les films et les séries. En France c'est beaucoup plus confidentiel et peu de gens sont au courant, sinon les gens qui s'intéressent à l'occulte, aux théories du complot ou à la géostratégie.

BONUS : Les bonus vont de featurettes assez inutiles en soi mais plaisantes, au bêtisier, en passant par un making of plutôt complet et le commentaire audio du réalisateur, toujours intéressant à écouter.

Au final on se retrouve avec un film assez sympathique, qui évolue entre Kingsman et Reviens-moi dans l'atmosphère, sans toutefois trouver une réelle cohésion des deux, et ça sera peut-être le point négatif le plus gênant, cette incapacité à choisir un genre et à s'y tenir. Mais c'était déjà le cas du précédent scénario de Max Landis (le fils de John Landis et qui signe ici aussi le scénario du film), Chronicle.

Sortie en Bluray et DVD 19 décembre 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans - tous les films d'action sortis en 2015
et - les nouveautés cinéma de 2016.

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 20:09
Night Gallery

Une fois n'est pas coutume, cette critique portera sur une anthologie télévisuelle, et non un film en particulier. La fantastique "Night Gallery", créée, écrit, produite et présentée par Rod Serling, le grand Rod Serling, mais si vous savez la Quatrième Dimension, tout ça, sort enfin en France en dvd.

Rod Serling ne se présente plus mais pour ceux qui ne le connaîtraient pas, on lui doit les plus fameuses heures de la série fantastique à la télé, à savoir la 4eme Dimension, (Twilight Zone en VO). Série qui inspirera bon nombre de copycat de la 5eme Dimension, à Au-delà du réel en passant par Chris Carter, le créateur d'X-Files et Amazing Stories de Steven Spielberg et Tim Burton.

Justement, il est assez plaisant d'évoquer Spielberg, car sur la première saison de la série, il est le réalisateur de pas moins de deux sketches. Le remarquable épisode pilote de la série The Eyes avec l'inoubliable Joan Crawford, et le sympathique quoique moins remarquable "Make me laugh" qui fera l'objet d'un remake si mes souvenirs sont bons dans la propre anthologie fantastique de Spielberg "Amazing Stories".

En parlant de Spielberg d'ailleurs, son épisode pilote, "The Eyes" comporte déjà pas mal de plans dit Spielbergiens, qui feront sa patte visuelle dans le futur, à savoir des jeux sur les ombres, le cadre dans le cadre à la Hithcock ou encore des plans avec des reflets (le plan de découverte de Joan Crawford se fait à travers le prisme d'un cristal du lustre de sa maison) et pour l'époque, la réalisation est plus que virtuose surtout pour de la télévision et contient déjà son lot d'inovation visuelle.

Il serait fastidieux de parler de chaque sketches de la série tant le plaisir de les découvrir est supérieur à toutes les critiques qu'on pourrait faire, il convient juste de signaler que tous les épisodes ne sont pas de durée égale (variant de 5 à 40 minutes) et ne sont pas tous de qualité égale aussi (on varie du chef d'oeuvre pur et simple à l'anecdotique). Malgré tout, la série est un must have see pour quiconque aime Rod Serling, ou Spielberg dont ce sont les débuts à la télévision. Ou encore l'occasion de voir Roddy McDowell (la planète des singes) ou Agnes Moorehead (Endora dans ma Sorcière bien aimée) dans des rôles différents de ceux que notre inconscient ou nos souvenirs d'enfance leur attribuent.

Regroupée sur 3 DVD, cette première saison (la série en comporte 3) se compose de 6 épisodes et un épisode pilote, comportant pour chaque dvd, deux à trois histoires.

Le style des épisodes varie également, et on passe d'un sketch d'humour noir, à une fable poétique anticapitaliste, sans oublier de vrais récits angoissants (comme The Doll par exemple).

En espérant que les éditeurs ne s'arrêtent pas en si bon chemin, et nous propose la saison 2 et 3 de la série. Il faut d'ailleurs savoir qu'à de rares exceptions près (le pilote traduit et doublé en VF) cette série est totalement inédite sur notre territoire, alors rien que pour le plaisir de renouer avec le génie de Rod Serling, procurez-vous vite cette petite merveille.

Sortie en DVD et Blu-ray le 15 octobre 2015. Edité par Elephant Films. La page facebook de l'éditeur : https://www.facebook.com/ElephantFilms?fref=ts et son site officiel : http://www.elephantfilms.com/

Retrouvez les autres bonnes séries du moment et à l'image des films fantastiques sortis cette année

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 10:47
Hell's Club: L'Enfer, pavé de bonnes intentions

Pour une fois je m'attaque à quelque chose d'encore différent de ce que j'ai pu rédiger dans ces lignes, ça ne sera ni une analyse de film, ni une critique de film, mais autre chose, un poème en prose entre hagiographie et élégie pour une personne qui a été une des figures de prou de l'éveil de ma cinéphagie youtubesque. Quelqu'un que j'ai découvert bien avant de pouvoir faire des films moi-même, disons quand je balbutiais entre envies de cinéma et réalité, et dont l'influence a été trés forte au point que je demande son avis sur chacun de mes projets passés, présent et à venir.

Pendant la déferlante Facebook, c'est devenu une connaissance, et même si je ne l'ai encore jamais rencontré, au fil du temps, et des publications et échanges passionnants, quasiment un ami. Donc ce qui arrive à son nouveau projet sans précédent est ultra important pour moi. Je pourrais bien sûr comme beaucoup m'indigner de la pub qui lui est faite mais ce mec a des doigts en or, et en oeil de monteur donc il mérite pleinement ce qui est en train de lui arriver, et il était temps devrais-je dire, et tant pis pour les jaloux.

A celui que j'ai d'abord connu sous un sigle, AMDS et qui est devenu plus tard Antonio Maria Da Silva (tout un programme ^^) puis Antonio, en attendant qu'il devienne peut-être Tony qui sait.

Poussons la porte du club.

Hell's Club n'est pas un film, du moins pas un film conventionnel. Si on devait le résumer grossièrement, on dirait que c'est un Mashup, vous savez, ce que fait Godard dans Histoire du Cinéma, des stockshots de films et des rushes de son du film parfois, mixés, et agencés différemment par le montage pour raconter quelque chose d'autre ou procurer une émotion.

AMDS s'est rendu maître dans l'art du Mashup, que ce soit un hommage poignant à Bruce Lee qui ne laissera personne insensible (d'ailleurs je me vois obligé d'interrompre mon écrit pour essuyer les touches de mon clavier des larmes qui viennent d'y tomber à la seule évocation de la vidéo) ; des hommages vibrants et cinétique, pour ne pas dire organique à Terminator, ou encore Matrix, ou une pub pour la Clio3, (la vidéo fan pour un concours qui me le fit connaître).

Il est aussi responsable de plusieurs pubs et de clips, et on lui souhaite qu'avec cette popularité soudaine que vient de déclencher Hell's Club juste que dans le tout hollywood (Sharon Stone a partagé la vidéo sur son twitter, excusez du peu ^^), il connaisse non pas le quart d'heure américain d'Andy Warhol mais bien le demi-siècle américain au moins car une personnalité aussi poétique et en même temps efficace que lui mérite de faire des films avec les plus grands.

Si la France avait un peu de jugeote, elle s'en serait rendu compte plus tôt. Et il n'est pas le seul, David et Loïc si vous me lisez :).

Hell's Club s'ouvre sur un sobre carton en anglais "There is a place or fictionnal characters meet. Outside of time, outside of all logic. This place is know as" (Il existe un endroit où les personnages de fictions se rencontrent*. En dehors de tous temps, en dépit de toute logique. Ce lieu est connu sous le nom de"

*on pourrait même dire se confrontent vu l'issue du Mashup qu'on ne dévoilera pas.

"Hell's Club" apparaît bientôt auréolé de lumière et de spots, tel le spot pré-générique d'introduction de la société de productions Twenty Century Fox par ex.

Le ton est donné dès le carton qui rappelle un peu celui de Star Wars également, tout ce que vous verrez, ne découlera d'aucune logique, sinon que les lecteurs de Alice au pays des Merveilles seront en terrain connu. Puisque la proposition du livre de Carroll, est d'enchaîner l'illogisme jusque dans ses derniers retranchements au point que le lecteur n'ait d'autres solutions pour rester dans le livre que d'accepter cette avalanche de gag et de situations absurdes qui reste cohérente dans leurs univers toutefois.

Le seul film a avoir tenté ce happening artistique à ma connaissance est "Matrix Trilogy", et ce n'est certainement pas pour rien qu'il est présent par quelques extraits. Ni que ce Mashup se nomme Hell's Club comme le nom du club dans Matrix Reloaded et Revolutions.

Une fois ce préambule établi, l'auteur, ici AMDS, en maître de cérémonie disco, peut donner toute sa pleine mesure et sa folie créatrice en confrontant par exemple le Carlito (Al Pacino) de L'Impasse (Carlito's Way), en juge de l'ambitieuse Tina (Cameron Diaz) de the Mask, qui par le truchement de la cinéphilie du spectateur devient le Pacino de l'Enfer du Dimanche, Tony D'Amato, jugeant l'ambitieuse directrice Christina Pagniacci (Cameron Diaz), (je ne sais si ce clin d'oeil est volontaire mais connaissant un peu le loustic, il me semble que oui car une oeuvre de cet ampleur humaine ne se monte pas "au hasard" d’après moi). Le spectateur cinéphile verra bien plus de choses que le spectateur "lambda", mais encore, rien n'empêche la revision de l'oeuvre pour saisir ce que l'on a loupé, la force des grands films.

La musique choisie est "Staying Alive", (littéralement restons en vie), encore une fois, pas un hasard non plus. De sorte que la profession de foi du monteur, bombardé réalisateur et scénariste par son projet est ici que le cinéma est source de vie, et que la vie est source de cinéma (Jean-Luc si tu nous regardes). Staying Alive qui est également un film, et dont le sens peut également être "remuons-nous", soit pour que les choses avancent, créons et bougeons-nous, soyons le changement que nous voulons pour ce monde.

Il serait impossible de lister tous les films cités, ou tous les clins d'oeils de montage, mais on notera toutefois qu'au détour d'un raccord regard époustouflant, le Tom Cruise de Cocktail, arriviste ambitieux, croise le désabusé tueurs à gages de Collateral, Vincent également joué par Tom Cruise. Et une infinité d'histoire se raconte au travers de ce seul raccord regard d'une seconde pour quiconque connait la filmographie, ou la vie de Tom Cruise.

Ou encore le Al Pacino de Scarface en grande conversation avec celui de l'Impasse (deux films de Brian de Palma qui s'entrecroise) au travers d'un reflet miroir, plutôt habituel chez le maître et rappelant son fameux "split-screen", élément primordial de son cinéma. Que se passe t-il dans ses têtes semblent dire le montage. Ont-ils conscience d'être duel ? Ou de le devenir ?

Ou bien ce Robert de Niro de Casino, scrutant le visage de celle qui n'est pas encore sa femme dans le film de Scorsese, Sharon Stone (la Catherine Tramell de Basic Instinct) lutinant un Michael Douglas effaré mais défiant Robert de Niro par l'illusion du montage.

Mais il ne sert à rien de décrire ces images car elles perdent fortement de leur pouvoir évocateur et surtout de l'impact que le montage crée entre elles. Au final, on se retrouve propulsé entre Pirandello (v1), Brecht (v2) et le principe de la Noosphère (v3). (cf v1.v2.v3 notes en bas de page). Un seul conseil donc regardez-le, et plusieurs fois pour essayer d'en saisir toute sa richesse.

Et restez jusqu'à la fin du générique, il ya une petite scène qui vaut son pesant de cacahuètes. Et je vous recommande aussi fortement ses autres vidéos, notamment son concept des "reversed scene" (non c'est pas juste des scènes de film à l'envers, ça serait trop facile) qui prend son sens le plus prégnant avec celui de Matrix.

Maintenant que le buzz est lancé, on ne peut qu'espérer, un deuxième opus, encore plus fou, voire des mashups totalement différents pour prendre le spectateur à contre pied de ce qu'il espère voir. Un réalisateur disait, "ne donnez pas au spectateur ce qu'il veut voir, donnez lui ce dont il a besoin". Et ce dont nous avons besoin aujourd'hui c'est de Cinéma, de vrai, et peu importe la forme tant que ça en est.

v1 : Pirandello : https://fr.wikipedia.org/wiki/Six_personnages_en_qu%C3%AAte_d%27auteur

v2 : Brecht : Brecht voulait rompre avec l'illusion théâtrale et pousser le spectateur à la réflexion. Ses pièces sont donc ouvertement didactiques : par l'usage de panneaux avec des maximes, des apartés en direction du public pour commenter la pièce, des intermèdes chantés, etc., il force le spectateur à avoir un regard critique. Ce processus, qu'il baptise « distanciation » (Verfremdungseffekt ou Effet V) a beaucoup influencé certains metteurs en scène français. Dans son théâtre épique, l'acteur doit plus raconter qu'incarner, susciter la réflexion et le jugement plus que l'identification.

v3 : la Noosphère : https://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 14:31
Hysteria

La dernière fois que j'avais entendu parler de Brad Anderson, c'était en 2004 lorsqu'est sorti son excellent film The Machinist, film que j'ai attendu 2009 pour voir parce que j'en avais eu de très mauvais échos, et qu'au final c'est un excellent film, voire un chef d'oeuvre, donc comme quoi, il ne faut jamais faire confiance qu'à soi-même.

C'est donc avec une surprise mêlée d'un soupçon de plaisir (je connaissais ce dont était capable le bonhomme) que j'ai abordé ce Hysteria, (Stonehearst Asylum en vo), film incroyablement jamais sorti chez nous. Jugez plutôt :

Prenez un plateau de cinéma, et mettez-y d'excellents acteurs (Kate Beckinsale, Michael Caine, Jim Sturgess, Jason Flemyng, David Thewlis, Brendan Gleeson et Ben Kingsley), saupoudrez d'une trés bonne musique de John Debney (La Passion du Christ), d'après une nouvelle de Edgar Allan Poe, largement réécrite par Joseph Gangemi. produit par Mel Gibson, éclairé par Wimond Sigismond et dirigé par Brad Anderson (The Machinist) et vous obtenez un film qui ne sort pas au cinéma, même au USA apparemment et qui sort directement en DTV.

Incompréhensible, quand on voit le genre de navet qui sort chaque semaine au cinéma, qu'un bijou tel que ce film n'ait pas eu les honneurs d'une salle de cinéma obscure, voir même la salle d'un obscur cinéma.

Bref, précipitez-vous pour le voir en bluray, VOD ou dvd, il vaut largement le coup d'oeil et plus encore. Je ne dirais rien sur son intrigue pour ne pas vous dévoilez de multiples rebondissements qu'il faut je pense vivre pour adorer le film (la bande annonce dévoile déjà trop de truc). La seule chose à savoir, c'est qu'un médecin se rend dans un asile en tant que stagiaire après ses études pour se frotter à des cas cliniques réels après la théorie et les livres. Le reste c'est à vous de le découvrir.

Sortie en bluray et dvd le 7 août 21015. Edité par Metropolitan Filmexport.

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 12:05
Tita ni homme, ni maître

Je suis toujours désireux de découvrir de nouvelles petites perles, quel que soit le pays dont elles sont issues, et souvent, la Russie m'a fait découvrir de petits bijoux, que ce soit Yaroslav (chroniqué sur ce site) ou encore la trilogie Night Watch, ou le film War Zone (également chroniqué sur ce site).

Dieu que j'aurais aimé dire la même chose de Titanium de Dmitriy Grachev, mais malheureusement, et je m'en excuse tout de suite auprès de nos amis russes, il n'en sera pas de même pour ce film.

L'histoire ne manque pas de sel, et même si la structure ne révolutionne rien, ça ferait un efficace petit film de série B, de type anticipation-survival.

Dans un futur proche, les peines de mort sont commuées en exil à vie dans le désert, et les survivants sont graciés si ils atteignent l'Ile qui est un lieu paradisiaque. Un groupe de prisonniers est donc envoyés dans le désert, et parmi ces derniers se trouvent l'ancien conseiller du président actuel qui a été condamné à la prison pour avoir tenté de combattre le système qu'il a lui-même contribué à corrompre. la critique à peine voilée du gouvernement de Poutine est une bonne idée, surtout quand en fouillant un peu, on découvre que le réalisateur est un imitateur plutôt trés doué de l'actuel président Russe et qui lui ressemble fortement par ailleurs. Et la dictature de la russie actuelle est peu présente dans les films.

Cette idée assez inhabituel dans les productions Russes aurait pu donner un film étonnant luia ussi, mais là encore, les espoirs sont bien réduits à néant. Et ce qui est sans doute pire, c'est ce discours machiste de la femme faible et soumise (pourtant présentée comme forte, c'est une prisonnière, inculpée pour homicide en état de légitime défense certes mais homicide quand même) qui ne pourra se réaliser qu'avec un homme qui lui dit quoi faire ; et qui court tout le long du film. Je ne suis vraiment pas du genre à faire du pro-féminisme de bas étage, mais là, c'est totalement exagéré, d'ailleurs je conseille au blog lecinemaestpolitique qui aime bien voir de l'antiféminisme là où il n'y en a pas (Le Roi Lion, Aladdin, Jurassic World) de se pencher sur ce film, parce que là, c'est pain bénit pour eux, tous les pires travers qu'ils trouvent en surinterprétant les films américains sont là au premier degré le plus total.

Cela ne serait pas très gênant si c'était juste un trait de caractère du héros, et que le reste du casting ou même la mise en scène montrait le héros comme un con, mais pas du tout, la mise en scène et la réalisation le magnifie sans cesse, et même la femme dit dans d'horribles voix off redondantes de l'image "je suis une pauvre et faible femme, heureusement qu'il est là, sinon je vais crever".

Bref, le film qui m'attirait le plus lors des sélections est devenu au final le film que j'ai aimé le moins, malgré de belles idées visuelles et un scénario pas dégueu, avec en plus la présence au casting de l'excellent Vinnie Jones (Snatch), ici quasiment inexistant et pas trés bien dirigé comme l'intégralité du casting d'ailleurs.

Comme l'idée et la réalisation sont pas trop mauvaises, le pire qu'on peut lui souhaiter c'est de se faire remarquer par un producteur américain qui organisera un remake de son propre film avec plus de moyens. Car même si les SFX sont loin d'être amateurs, ils ne sont quand même pas au niveau des ambitions du film, et dans un film de SF ambiance post apo, si les SFX sont léger, ça se ressent trés vite sur le reste du film. Par contre, les décors eux sont vraiment sublimes, je ne sais pas dans quelle partie de la Russie ça a été tourné mais c'est tout simplement somptueux ces grands déserts de pierres noires.

Au final, un film à regarder pour une soirée entre potes, arrosé de bière et de pizza, ça devrait faire le job. Car si on enlève son discours machiste, et ses SFX un peu inégaux, le film se laisse totalement regarder, et n'est pas vraiment mauvais.

A noter toutefois que ici l'éditeur s'est foulé, puisqu'il m'a envoyé par l'intermédiaire de cinetrafic un bluray du commerce avec boite et jacquette, et disque sérigraphié s'il vous plaît. Preuve en est que certains producteurs prennent en considération les blogueurs qui chroniquent leurs films.

Edité par Condor Entertainment. Sortie en DVD le 15 juillet 2015. Le site de Condor Entertainment et sa page facebook.

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 10:18
Compulsion

Compulsion sorti en dtv en août 2015 et tourné pourtant en 2013 est un film atypique, ce qui explique sans doute sa difficulté à trouver un distributeur pour voir le jour en salles.

Et pourtant, le spectateur se prive d'un plaisir potentiel, car jonglant à mi chemin entre les Verhoeven du début, et l'obsession Cronenbergienne pour la chair, ce petit film sans prétention se révèle être une excellente surprise. A mi chemin entre la comédie dramatique et le "thriller", ce film aborde la "compulsion" définit ainsi par le littré : "

  • Force intérieure par laquelle le sujet est amené à accomplir certains actes et à laquelle il ne peut résister sans angoisse (cette résistance faisant la différence avec l'impulsion).

Pour l'histoire, elle débute par une enquête menée par un policier interprété par Joe Mantegna (mais si Esprits Criminels, c'est le chef) qui conduit ses pas chez la voisine d'une actrice qui aurait mystérieusement disparu. La voisine en question, impeccablement interprétée par la trop rare Heather Graham, est une présentatrice d'un show de cuisine qu'elle répète chez elle, avant l'enregistrement dans les jours qui viennent.

Le policier débarque en pleine répétition et se retrouve face à elle en pleine cuisine d'un soufflé au chocolat qu'elle lui fait goûter. L'histoire commence par les questions du policier,et les réponses de Amy qui lui dévoile sa vie et sa rencontre avec Saffron (excellente Carrie-Anne Moss).

Petit à petit, le spectateur découvre l'intimité d'Amy, et sa relation avec sa voisine, tandis que le film déroule impeccablement son intrigue à base d'enfant star d'Hollywood et d'espoirs de cinéma. Ce film est le remake d'un film coréen 301-302 de Chul Soo-Park, réalisé en 1995. Pour une fois, vu que le film n'est pas sorti en France à ma connaissance, on aura pas le choeur des pleureuses du remake sur le dos (surtout que dans l'art, le remake est aussi vieux que l'art lui-même, donc c'est déjà un faux débat je trouve).

N'ayant pas (encore) vu l'original, je ne saurais dire si il est fidèle à son modèle, mais ce film canadien de Egidio Coccimiglio, dont c'est le premier film, remplit toutes ses promesses en faisant découvrir une ambiance entre irréalité et malsainité qui épingle un peu les travers humains, le tout servi par un duo d'actrices de trés grand talent.

On regrettera également l'absence de bonus, car on aurait aimé un peu voir comment cette cuisine s'est faite, mais une chose est sûre, Edigio Coccimiglio mérite qu'on s'attarde sur les prochaines réalisations qu'il ne manquera pas de faire, car de toute évidence, il maîtrise son sujet.

Sortie le 18 août 2015. Edité par Zylo.

Retrouvez ce film dans les catégories http://www.cinetrafic.fr/film-2015 et http://www.cinetrafic.fr/film-a-voir

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 10:06
Sam et les Monstres de feu

Sam et les monstres de feu est un film thaïlandais, d'animation, et ceci est suffisamment rare dans nos latitudes pour en parler un peu.

Même si le visuel m'a fortement déçu car pas au niveu visuel d'un Pixar ou même d'un film d'animation classique en synthèse, ce film a un sujet trés bien traité qui est l'écologie de notre planète et comment réagir si jamais Dieu, ou quelque chose d'autre, en l'occurence des langues de feu (vous l'avez la référence ^^) immenses et destructrices s'abattaient sur le monde.

Sam et les Monstres de feu, raconte la prise de conscience de l'importance de la nature par un enfant, fils du président de la Capitalie (vous l'avez ?) au contact d'une petite fille Nora et de son frère Luka qui possède un don de télépathie avec les animaux.

On pourrait trouver ça manichéen et lourd mais il n'en est rien, tant le traitement du film est finement dosé, et s'adressant à des enfants, voire même des tout petits, jamais le film ne fait l'erreur de prendre son public de haut, ou de l'infantiliser.

Ainsi, si l'on fait l'impasse sur les graphismes du film qui ne sont pas "habituel", (on dirait tous ces dessins animés qui passent sur Gulli, en 3D et pauvrement texturés), on se retrouve fasse à un petit film sympa qui s'adresse à tous, et petits comme grands, et qui fera du bien à tous ceux qui le verront.

On pourrait trouver la résolution cynique (l'union de tous les peuples de la Terre pour couper le courant) vu le prix que coûte ce genre de film, encore plus l'animation en terme de courant et d'énergie, mais dans un film, seul le message et les valeurs véhiculées par ce dernier compte et on se contrefout de combien ça a pu dépenser d'énergie si le message entre dans la tête des générations futures, c'est un mal pour un bien comme on dit.

On ne dévoilera pas les rebondissements du film, mais si vous souhaitez un petit film écolo sympathique pour votre enfant, ce projet Thaïlandais est une jolie découverte.

Sortie le 7 Juillet 2015. Page Facebook de l'éditeur : Zylo.

Retrouvez ce film et d'autres dans les catégories animation et un top des dessins animés.

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 09:25
Survivor

Survivor est le 7eme film de James Mc Teigue (si on ne compte pas son travail "unofficial" de retake sur le film Invasion; et ses films Revelation et Ness/Capone toujours pas sorti au cinéma).

Pour ce nouveau film, le réalisateur de l'excellent V for Vendetta, et du sympathique Ninja Assassin entre autre se lance le défi du thriller d'espionnage, en utilisant le plus représentatif pour le public des acteurs de James Bond, Pierce Brosnan mais en le faisant cette fois ci basculer du côté obscur de la force dans le rôle d'un tueur à gages, nommé l'Horloger, et terroriste à ses heures perdues.

le film oppose Brosnan à Milla Jovovich, fraîchement relâchée de sa franchise Resident Evil, et face à eux, une pléiade de comédiens anglo-américains excellents (car oui tout se passe à Londres) à commencer par James d'Arcy dans le rôle d'un enquêteur aussi roquet qu'obsessionnel.

L'histoire en quelques mots, est celle de Kate (Milla Jovovich), employée du DEA (Département d'Etat Américain) et mutée à l'ambassade de Londres, qui voit son équipe de collègues mourir sous ses yeux dans un attentat à l'explosif. Elle ne doit son salut qu'au fait d'être allé chercher un gâteau d'anniversaire (car tout le monde avait oublié de le prendre) pour le chef de service. Seule rescapé de l'explosion, elle se retrouve bientôt, accusée de l'attentat, puis poursuivi par son département et par le MI6 Londonien, sans oublier Nash (Pierce Brosnan), le fameux tueur à gages, véritable responsable de tout ce merdier.

Le film est plutôt classique dans sa facture, mais il se laisse agréablement regarder, et sans franchir des sommets de cinéma, c'est un bon petit film de série B qui n'a pas à rougir de ses aînés. Ce n'est pas non plus un chef d'oeuvre, mais il mérite quand même le coup d'oeil pour deux ou trois superbes scènes d'actions. Sinon le scénario en lui-même, reste assez simple, et un poil paranoïde comme le veut la tradition du film d'espionnage.

Edité par M6-SND. Sortie en dvd et bluray depuis le 2 juillet 2015.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories - bourré d'action et - un top pour le même genre de films.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 18:06
Planche à dessein

Olivier Malvoisin, réalisateur belge s'intéresse à la liberté d'expression dans ce documentaire excellent, qui met en scène, plusieurs caricaturistes de plusieurs pays. Réalisé à l'époque des "caricatures de Mahomet", ce documentaire raisonne et résonne tout autrement au lendemain quasiment de l'attentat de Charlie Hebdo.

A travers ce projet singulier, Malvoisin questionne les limites de la liberté d'expression en interrogeant des dessinateurs aussi bien homme que femme à travers une kyrielle de pays, gérant plus ou moins docilement la censure et l'autocensure.

De Plantu à DanZiger, ce tour d'horizon de l'humour avec comme moyen d'expression les papiers et les crayons prend forme de manière ludique sur des feuilles de papier posé contre l'objectif de la caméra, et sur lesquelles le cartoonist impliqué dessine un cartoon exprimant une opinion importante relative à son pays sur la liberté d'expression.

On se prend à songer à V for Vendetta, lorsqu'au détour d'un bonus sur le tour du monde de la liberté d'expression, une dessinatrice colombienne, explique qu'une émission de télévisée de type Talk Show s'est moquée d'elle, et la vilipandée pour des attaques menées contre le gouvernement. Ca rappellerait presque cette scène mythique du film de James Mc Teigue et du roman graphique de Moore dans lequel une émission image de manière satirique le gouvernement du chancelier Sutler, sauf qu'ici dans la réalité, les rôles sont inversés et c'est la caricaturiste qui devient la "caricaturée" par une émission d'état.

Les deux bonus du film sont trés intéressants quoique un peu court, mais le documentaire lui est passionnant de bout en bout et se suit sans déplaisir et sans aucune langue de bois. Une vraie petite pépite, pas loin de l'efficacité d'un "les nouveaux chiens de garde", l'inventivité formelle un peu plus absente ici que dans ce dernier.

Sortie du film en DVD et Blu-ray depuis le 7 avril 2015. Edité par Arte, dont voici le lien de sa page facebook et son site.

Retrouvez ce film et d'autres dans la catégorie film documentaire et film triste.

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