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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 10:37
De L'Esprit des Lois à l'esprit des Cuistre-sse-s

Je n'évoque jamais le cinéma que je n'ai pas aimé, ou que j'ai détesté, et si je le fais, je le fais avec d'infinies précautions pour essayer de ne pas être lapidaire, non constructif et cynique. Il y a une autre chose que je ne fais quasiment jamais, c'est de répondre sur ce blog aux critiques stupides ou infondées sur un film, le billet d'humeur très peu pour moi. Mais quand une journaliste RTBF en mal de buzz se prend pour Slate, Brut ou Konbini, je ne peux faire autrement que sortir ma plume, comme d'aucun sortirait leur fleuret, car si il est une chose que je déteste, à peu près autant que Pierre Desproges en son temps, ce sont les cuistres.

Je ne me suis permis cette exercice qu'envers l'Odieux Connard, car outre sa mauvaise foi assumée, il a présenté des éléments de Mad Max Fury Road, film que j'ai vu plus de 9 fois, 10 cette année au Stade Vélodrome, de façon pertinente soi-disant mais en disant n'importe quoi dessus. J'ai donc pris ma plus belle plume pour lui répondre dans un article intitulé " une droite de réponse à l'Odieux Connard". Ayant adoré le Tarantino, et n'étant absolument pas d'accord avec ce que j'en ai lu sur un site de média de grande influence, je ne peux que réitérer la chose.

Plus que le journalisme encore qui demande rigueur, recherches, investigations d'aucuns diraient même, l'analyse de film ne se fait pas de manière abstraite, sans tenir compte d'un contexte, d'une méthodologie et d'une connaissance effective du sujet dont on veut parler.

Après avoir vu le dernier film "polémique" de Tarantino (tout le monde s'y étant un peu mis, de la fille de Bruce Lee jusqu'aux détracteurs de Polanski), "Once upon a time in... Hollywood", je tombe avec stupeur sur un papier "journalistique" du site RTBF nommé "Once upon a time in Hollywood : Tarantino ou le triomphe du mâle alpha". Stupeur car qui connaît un peu le cinéma de Tarantino, et pas nécessairement l'homme, sait que si un terme ne colle pas avec le cinéma de Quentin, c'est bien "misogyne".

Je n'apprécie pas outre mesure tous les films de Tarantino, loin s'en faut puisque j'ai failli m'endormir devant Boulevard de la Mort, j'ai trouvé Inglourious Basterds incroyablement chiant (en dehors de deux scènes magnifiques, l'intro et l'outro) et parfois mal joué, je trouve la dernière demi-heure de Django largement en trop même si j'en comprend l'idée, et je n'ai toujours pas vu les 8 salopards... Mais quand on attaque le talent et la sincérité d'une personnalité dont le cinéma a souvent été profondément féministe, (Jacky Brown, Kill Bill, Boulevard de la Mort, ou Inglourious Basterds), je ne peux que riposter avec intelligence et arguments (tout le contraire de l'article de la plumitive "journaliste" de RTBF).

NOTA BENE : Ceci n'est en rien un objet cinématographique d'analyse du film, (ça viendra sur le blog), ceci est une réponse de l'Esprit des Lois à l'esprit des cuistre-sse-s d'où le titre.

Avant-Propos : De L'Esprit des Lois

De l'esprit des lois est un traité de la théorie politique publié par Montesquieu à Genève en 1748. Cette œuvre majeure, qui lui a pris quatorze ans de travail, a fait l'objet d'une mise à l'Index en 1751.

Dans cet ouvrage, Montesquieu suit une méthode révolutionnaire pour l'époque : il refuse de juger ce qui est par ce qui doit être, et choisit de traiter des faits politiques en dehors du cadre abstrait des théories volontaristes et jusnaturalistes1. Il défend ainsi une théorie originale de la loi : au lieu d'en faire un commandement à suivre2, il en fait un rapport à observer et à ajuster entre des variables. Parmi ces variables, il distingue des causes culturelles (traditions, religion, etc.) et des causes naturelles (climat, géographie, etc.). Il livre à partir de là une étude sociologique des mœurs politiques.

De nos jours, le journalisme tombe plus souvent dans des biais de confirmations, des dérives idéologiques et des abus de langage, et c'est sur ceci que nous allons nous pencher. 

Avant de poursuivre cette lecture, et même si le gros de l'article sera retranscrit ici (toute réponse nécessite citation), je vous conseille la lecture à froid du dit article,

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_once-upon-a-time-in-hollywood-tarantino-ou-le-triomphe-du-male-alpha?id=10293107

Ecrit par Camille Wernaers pour le compte de l'association les Grenades. Il faut savoir que les Grenades est une association féministe avec tout ce que ça peut comporter de problématiques au niveau de la recherche de l'objectivité journalistique. 

"On dégoupille l'actualité d'un point de vue féministe." Tout est dit, le vocabulaire guerrier, et violent est de sorti, et on ne peut pas être serein quand on va dégoupiller une grenade au lieu de scruter des faits.

Il est question de guerre, alors enfilons notre treillis critique, chaussons nos rangers, et armons nous de notre plume et d'arguments là où "l'ennemie" ne manie que la diffamation, l'a-propos et le manque de culture évident du sujet dont elle veut débattre.

"Once upon a time in Hollywood: Tarantino ou le triomphe du mâle alpha."

Arrêtons nous déjà un instant sur le titre choisi. On sent déjà une volonté de faire ce qu'on appelle en anglais le "clickbait" et en français le "putaclic", c'est à dire permettre avec un titre qui évoque déjà le titre du film de générer du clic rien que sur le nom du film que les gens vont chercher pour avoir des avis sur le film. Le fait d'associer le nom du film au sous-titre de l'article "le triomphe du mâle alpha" dénote déjà d'une envie de polémique sous couvert de manier une formule littéraire ou philosophique éprouvée. Ex : Emile ou de l'éducation, Candide ou l'Optimisme, Zadig ou la Destinée etc... Si ce n'est que comme nous allons le voir plus avant, le sous-texte de l'article n'a aucun rapport avec le sujet débattu par le film.

" En ce long et pluvieux weekend, vous serez peut-être tenté.e.s de vous faire une toile. Çà tombe bien, le dernier film de Quentin Tarantino, Once upon a time… in Hollywood, vient de sortir sur nos écrans et fait salle comble. Il faudra pourtant supporter quelques travers scénaristiques…"

Introduction du sujet, pas trop mal, avec quand même déjà une erreur de lexique, car ce que va évoquer la journaliste après n'a rien à voir avec des "travers scénaristiques". Pour être scénariste formé (avec un diplôme d'Etat) même si je ne suis pas scénariste professionnel (comprendre je ne vis pas de ma formation initiale) je suis capable de dire ce que c'est un travers scénaristiques. Il s'agit d'erreurs de constructions narratives, ou de développement du personnage, ou encore d'une progression dramatique incohérente. Mais nous allons voir que les "travers scénaristiques" dépeint par la Camille Wernaers n'en sont pas.

" Première étrangeté: les femmes sont montrées la plupart du temps à moitié nues et pieds nus alors que les hommes ont tout à fait trouvé des affaires à porter. Et même des chaussures. Outre la manière dont elles sont habillées, la manière dont elles sont filmées relève typiquement du " male gaze ", ou regard masculin. Ce concept explique comment la culture dominante impose la perspective des hommes hétérosexuels. Dans le film de Tarantino, ce regard masculin sur les femmes signifie des gros plans et des longs travellings sur leurs fesses, leurs cuisses et leurs pieds. Autant de plans qui transforment les actrices en objets sexuels."

Si les femmes sont effectivement généralement montrées à moitié nues (et encore ceci est partiellement exact, puisque beaucoup de femmes ne sont pas montrées nues, à commencer par Sharon Tate justement). Cela tient plus à l'époque afférente au film, des hippies, les années 70, l'époque de l'amour libre, du "il est interdit d'interdire" et consort... Que d'une réelle volonté de "male gaze".

D'ailleurs cette façon de filmer la femme en tant que corps, peut tout aussi bien signifier une idolâtrie de la femme, qu'une objetisation sexuelle tout dépend ici de la personnalité et des antécédents du réalisateur.

Ce qui est également partiellement exact c'est que Tarantino filme uniquement les femmes à moitié nues, puisque autant Brad Pitt qu'un des hippies seront montrés torse nu également. Et Brad Pitt sera montré torse nu sans aucune réelle justification narrative par ailleurs.

Enfin, il n'est pas venu à l'esprit de la journaliste que si les femmes sont montrés pieds nus (souvent sales les pieds, une première dans le cinéma Tarantinien) et les hommes en chaussures, il y a derrière une volonté de montrer la dichotomie entre les deux mondes en présence. Le capitalisme patriarcal, symbolisé déjà à l'époque par les gros cigares, les costumes 3 pièces et les chaussures, et l'esprit libertin hippie symbolisé par les pieds nus, la "saleté" revendiquée et l'esprit sauvage humaniste ou approchant. Comme quoi il est facile d'apposer ses propres biais cognitifs sur un objet filmique, beaucoup moins facile d'essayer de comprendre l'utilisation de certains stéréotypes ou clichés.
 

" Le personnage de Pussycat (sic) est particulièrement intéressant puisqu’un long dialogue nous apprend qu’elle est mineure, ce qui n’empêche pas de l’hypersexualiser dans les dialogues qu’on lui a écrits, les mimiques qu’on lui fait faire et la manière dont la caméra de Tarantino la filme, notamment par derrière, à hauteur des fesses (oui, encore)."

Encore une fois, la journaliste invente un propos qui n'est jamais tenu dans le film (elle récidivera sur le personnage de Brad Pitt). Aucun dialogue ne nous apprend qu'elle est mineure, tout juste cela est-il sous-entendu dans son propos, mais après tout, elle peut très bien mentir pour manipuler Cliff. Pussycat n'est pas hypersexualisée par les dialogues qu'on lui écrit, Pussycat est un personnage, elle est donc hypersexualisée elle-même par ses dialogues et son attitude. On pourrait m'objecter que c'est la même chose, or il n'en est rien, un personnage n'est pas l'actrice qui le joue, il est un personnage. Son existence ne dépasse pas la fiction. Par contre, on peut dire que Tarantino, hypersexualise l'actrice majeure, Margaret Qualley, qui l'interprète. C'est un détail certes, mais nous allons le voir, le diable est dans les détails.
Pussycat est une hippie libertaire donc la manière de la filmer, ressort du même esprit hippie année 70. Le corps libre (mon corps, mon choix), l'amour libre, la sexualité libre. On peut discuter le choix de réalisation effectuée sans pour autant blâmer Tarantino de l'avoir fait.

Et même si cette dernière est réellement mineure, jamais Cliff n'aura de prétention sexuelle sur elle, en pressentant qu'elle l'est. L'honneur moral puritain est donc sauf. Elle-même dit d'ailleurs à Cliff, que l'important c'est qu'elle soit consentante, le reste n'a pas d'importance. Voilà un dialogue qui aurait dû plaire à une féministe comme semble l'être Camille Wernaers. Etrangement, nulle mention de cet état d'esprit, n'est fait dans l'article.

"Le féminicide comme ressort comique

Il y a " mieux ". Il se trouve que le personnage de Cliff Booth, interprété par Brad Pitt, a assassiné sa femme. Cet événement servira de ressort comique durant tout le film, par exemple quand Bruce Lee veut se battre avec Brad Pitt (quels hommes !) et qu’on le prévient en lui disant " Tu es sûr de vouloir te battre avec lui ? Il est connu parce qu’il assassiné sa femme et s’en est sorti ". Rires gras dans la salle. Pire, le seul flashback qui revient sur le meurtre montre sa femme se disputant avec lui. Suivi d’un gros plan sur le visage de Brad Pitt qui tient une arme dans ses mains et semble bien sur le point de la tuer. Autres rires gras dans la salle. Cette scène semble accréditer la thèse masculiniste selon laquelle les hommes tuent les femmes parce qu’elles les emmerdent alors que les hommes tuent les femmes parce qu’ils les dominent. En France, plus de 90 femmes ont été assassinées par leur compagnon ou ex-compagnon rien que cette année. En Belgique, 15 femmes sont mortes en 2019 à cause de la violence des hommes, souvent ceux qui leur sont le plus proche. Des actes que l’on appelle féminicides (tuer une femme parce qu’elle est une femme), que l’on a encore du mal à visibiliser et qui ne devraient donc pas participer à nous marrer devant un seau de pop-corn. Ou en tout cas pas en faisant porter la responsabilité de son propre meurtre sur la femme. Moquons-nous du tueur pour une fois, ce qui n’est pas fait ici, Brad Pitt étant l’un des héros."

Encore une fois, la journaliste est prise en flagrant délit de mensonge, puisqu'à aucun moment du film, la culpabilité de Cliff sur le meurtre de sa femme n'est établie de manière formelle, légale et indiscutable. Ce ne sont que les ressentis des personnages qui le côtoient, ou un flash-back effectivement assez cynique, mais qui n'est vécu que par Cliff (de même que le combat contre Bruce Lee, on y reviendra) où on le voit, non pas en train de se disputer avec sa femme, encore une forme de biais de confirmation, mais en train de subir ce que l'auteure aurait qualifié si c'était arrivé à une femme de harcèlement morale et psychologique, puisque cette dernière lui dit qu'il est une merde, un raté, qu'elle aurait jamais dû se mettre avec lui, et que sa vie était raté à cause de lui. En psychologie, on appelle ça du harcèlement. Pas une "dispute". DE sorte qu'il est permis de penser même si Tarantino n'y fait jamais allusion, que les violences de madame ne se limitent peut-être pas à des reproches, mais peuvent s'assortir de coups et blessures (Cliff ne serait pas le premier homme à souffrir de violences conjugales féminines). D'ailleurs lorsqu'un homme qui harcèle moralement, psychologiquement ou physiquement sa femme (donc qui serait dans le cas potentiel inversé de Cliff) est tué dans la vraie vie, cette même journaliste va applaudir le meurtre en le justifiant. Nous ne sauterons pas le pas, en restant vague, mais la journaliste nous assure que Cliff a bien tué sa femme, (quelle voyante !)

" Il s’agit d’un film de Tarantino, on ne s’étonnera donc pas qu’il soit violent. Mais cette violence est essentiellement exercée par les personnages de Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. DiCaprio joue un acteur sur le déclin qui ne joue dans ses films que des gros macho passant leur son temps à tirer sur tout ce qui bouge, au revolver ou au lance-flamme (quel homme !). Le personnage de Brad Pitt est quant à lui violent dans la vraie vie, notamment en tabassant du hippie. Il faut dire que le duo passe son temps à cracher sur le mouvement hippie, une attitude qui résonne drôlement en 2019 où les militant.e.s écologistes doivent encore supporter pas mal d’insultes également et que le film nous place du côté des gens qui insultent, les vrais (anti-)héros de l’histoire, tellement attachants."

Ceci est encore totalement faux, et dénote encore une fois du biais de confirmation qu'a choisi arbitrairement la journaliste pour défendre son idée. Non seulement la violence n'est pas exercée que par Cliff et Rick, mais aussi en grande partie par les femmes du film et les "hippies". Violence psychologique et peut-être physique de la femme de Cliff, violences purement physiques et psychopathiques des hippies et violence hypothétique (à prés tout ce n'est qu'un souvenir de Cliff, de Bruce Lee). Mais en plus, Rick est justement une caricature de macho dont se moque Tarantino, puisque nous verrons que même si il est un gros macho à l'écran, or écran, on se retrouve face à une personne dépressive, littéralement alcoolique, et qui est d'une sensibilité totalement exacerbée.
Cliff lui est violent dans la vraie vie certes, mais pareil, Tarantino se moque de cet alpha mâle en le faisant subordonner sa chienne dans sa caravane. Le seul être que Cliff arrive un tant soit peu à dominer, en dehors de Rick, est sa chienne. On le verra dominer Bruce Lee, mais dans un dispositif qui autorise à penser que l'évèment n'est peut-être jamais arrivé, car on revit l'instant sous forme d'un flashback issu de l'esprit de Cliff, debout sur le toit de la maison de Rick où il est en train de réparer l'antenne tv. Il casse effectivement la gueule à un hippie, mais ce dernier vient quand même rappelons-le de crever son pneu de voiture avec un couteau. On est loin de l'esprit hippie, n'en déplaise à Camille Wernaers. Il demande d'ailleurs gentiment au hippie de changer sa roue, et comme ce dernier lui propose tout aussi gentiment "d'aller se faire enculer" (sic), il lui visage le visage à coup de poings et l'oblige à s'exécuter devant son parterre de femmes qui le supportent moralement.

L'autre biais cognitif de la journaliste est de comparer le mouvement hippie, et les écologistes de 2019... Les deux mouvements n'ayant à peu près rien à voir, en plus du fait que les hippies du film de Tarantino sont des criminels qui font parti de la secte de la famille Manson... On ne saurait donc que trop conseiller à Camille Wernaers de se renseigner sur Charles Manson et sa "famille", avant de vouloir comparer les écologistes de 2019 avec cette secte de tarés qui a assassiné Sharon Tate et ses amis entres autres. D'ailleurs entre parenthèses, heureusement que le film nous place du point de vue de ses anti-héros, que de celui de la famille Manson, personnellement, j'aurais eu beaucoup de mal à le supporter en tant que spectateur.

"Racisme ordinaire

Dans le film de Tarantino, les Italiens sont des " Ritals ", on ne " pleure pas devant les Mexicains " (pourquoi pas ?), et Polanski est un réalisateur polonais qui a beaucoup d’amis polonais (vous avez compris qu’il était polonais ou il faut encore préciser à quel point il est polonais ?). Que dire du personnage de Bruce Lee, caricaturé à l’extrême et qui sert à lui tout seul de ressort comique. C’est bien simple : dès qu’il ouvre la bouche, la salle est pliée de rire. Il finira à terre, vaincu par l’homme blanc.

Dans une longue scène dont le seul but doit être de nous faire dire " Quel homme ! ", Cliff Booth (Brad Pitt) met encore de la nourriture sous le nez de son chien mais le menace s’il ose vouloir manger."

En 1970 les Italiens étaient des "Ritals" n'en déplaise encore une fois à madame Wernaers, et le on ne pleure pas devant les Mexicains est une boutade, car les Mexicains étaient réputés à l'époque et encore aujourd'hui pour tenir les cartels de drogue les plus violents et insensibles du monde. De fait, pleurer devant des Mexicains, dans une logique Cliffienne revient à s'humilier devant des possibles trafiquants de drogues sans pitié (on est en 1970 ne l'oublions pas). Quand à  Polanski, on ne dit pas qu'il est un réalisateur polonais avec beaucoup d'amis polonais, encore un mensonge de la journaliste, mais qu'un des amis de Sharon Tate dans la villa est polonais, et si le spectateur attentif se rappelle de l'histoire tragique de Sharon Tate, il ne peut qu'associer cet info, avec le fait que lors du meurtre, Tate et 4 amis et amies à elle ont également été tué, dont un polonais, ami de Polanski. Ce qui fait que à ce moment donné de l'histoire, narrativement, les gens au courant de l'Histoire (avec un grand H) savent que l'attaque de la villa est quasi imminente. C'est une manière de précipiter le sentiment d'inquiétude du spectateur. Ca n'a en soi absolument rien à voir avec du racisme.

On ne reviendra pas sur Bruce Lee, qu'on a traité un peu plus haut, précisons juste à cette jeune femme qui a dormi sans doute pendant la projection, que Lee n'est pas vaincu par l'homme blanc, mais il y a un match nul (une manche chacun) lorsque le combat est interrompu par la FEMME du chef cascadeur qui vire d'ailleurs Brad Pitt du plateau.

On ne reviendra pas non plus sur la scène du repas de la chienne, et pas du chien, (ooouh Tarantino vilain misogyne de femme chien) qui est encore une fois là pour se moquer de l'alpha attitude de Cliff. 

Je ne reviendrais pas sur les anecdotes qui suivent sur Thurman ou Robbie dans l'article, la journaliste confondant marketing de film et rôle dans le film. D'autant plus que même si Robbie n'a pas un grand rôle parlé, elle est de toutes les scènes les plus importantes, notamment la scène finale, celle qui reste le plus en tête, une fois le générique effectué. Et pour Thurman, ces révélations sont elles parfaitement légitimes et doivent être entendues et acceptées, même si en soi, elles n'ont rien à voir avec le film de Tarantino, "Once upon a time... in Hollywood".

" Vous serez d’ailleurs inondé.e.s par des images de pieds nus féminins dans Once upon, a time…in Hollywood. "

Donc cette journaliste n'a jamais vu aucun Tarantino, sinon elle saurait depuis longtemps que "Quentine" est fétichiste des pieds (depuis au moins Pulp Fiction), on a les névroses qu'on peut, mais éléments nouveaux dans ce film, tous les pieds nus féminins sont sales (maculées de boues généralement).

A l'esprit des Cuistre-sse-s

"Le sexisme tue, le racisme tue et le cinéma est politique. Il paraît que le film de Tarantino montre la nostalgie pour une époque révolue, celles des sixties, et qu’il nous en offre sa propre vision (ces chouettes années où on pouvait encore tabasser du hippie, insulter les Italiens et où les femmes se baladaient en nuisette). Quand on la voit à travers les yeux des hommes, cela donne plutôt envie de se réjouir que cette période soit derrière nous. "

Le sexisme tue sans nul doute, le racisme aussi, et le cinéma n'est (heureusement) pas que politique. Tarantino ne montre pas dans son film que la nostalgie d'une époque révolue, ou pour avoir vu uniquement ça, il est plus que temps que cette journaliste ouvre un livre d'histoire du cinéma. Le film de Tarantino n'est sûrement pas exempt de défauts, mais en tout cas pas ceux-cités ici. Et encore une fois, confondre les hippies, et les meutriers de la famille Manson, et surtout associer ces gens-là abjects avec l'idéologie actuels écologistes de 2019 me paraît aussi crétin que dangereux, et surtout très insultants pour les écologistes actuels. Cette période est justement vue à travers principalement les yeux des hommes qui l'ont créé et façonné pour en constituer non pas un horizon indépassable ou nostalgique, mais bien un regard critique, qui passe en plus à la toute fin du film par une uchronie qui réinvente le passé, venge Sharon Tate et ses ami-e-s et empêche fictionnellement du moins Polanski de vriller.

Mais pour voir tout cela à l'écran, il faut entrer vierge de tout présupposé dans la salle, et ne surtout pas apposer ses propres névroses et biais de confirmation, en tapant sur des cercles pour y faire entrer les carrés de sa réflexion... D'où l'intérêt comme le disait Montesquieu de faire de l'analyse cinématographique comme de la loi, et au lieu d'en faire un commandement à suivre, en faire un rapport à observer et à ajuster entre des variables de causes culturelles et naturelles. A bon entendeur, salut.

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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 09:11
Dumbo

Avec cette réadaptation du classique dessin animé de Disney, de 1941, Dumbo, on retrouve le réalisateur Tim Burton au sommet de son art. Deux écoles de fans s'opposent sur le "retour" du vrai Tim Burton. Certains esprits chagrins disent que Burton n'a plus rien fait de bon depuis Big Fish, tandis que d'autres estiment que tout les film de Burton sont bons, à l'exception d'Alice au pays des merveilles. Il existe une autre catégorie, ceux qui estiment que Burton n'a plus rien fait de bon depuis Sleepy Hollow, mais on évoquera pas ces derniers. 

Pour ma part, je fais partie de l'entre deux, j'ai adoré son changement de perspective avec Big Fish, où la perte de son père et la naissance de son fils quasi simultanée ont fait changer son cinéma de voie. Par contre, Alice au pays des merveilles m'avait laissé un goût plus qu'amer dans la bouche, car voir Burton incarné par le personnage d'Alice, faire des affaires en vendant des produits dérivés aux japonais, tout en conseillant à sa tante qui croit à la magie d'aller se faire soigner, c'était un peu trop de cynisme pour le fan de Burton que je suis depuis ses débuts.
Rajoutons à cela, sa manie de mettre Johnny Depp dans tous les rôles possibles et inimaginables, et sa propre femme, Helena Bonham-Carter, qui semblait avoir amoindri son génie créatif.

Suite à cela, suivront un "remake" de Frankenweenie en stop motion, et en long-métrage au lieu du court de ses débuts; comme une manière de remettre à plat son cinéma, en écartant la matière organique de l'acteur, pour se réapproprier son art sous sa forme sculpturale. Exit Johnny Depp même dans un caméo vocal, et place à des "voix" de son ancien art, Catherine O'Hara (Beetlejuice), Winona Ryder (Edward aux mains d'argent), Martin Landau (Sleepy Hollow), Martin Short (Mars Attack). Pas non plus de présence de Helena Bonham Carter dans ce film.
Mais Burton se rattrapera vite la même année, en sortant Dark Shadows, adapté d'une série de 1966, avec de nouveau Carter, et Depp.
En réalité, Alice a permis à Burton de voir où le conduisait son entêtement, et après un Dark Shadows plutôt propre mais sans sa folie personnelle, Burton réalise qu'il y a une vie après Depp, et ce tournage lui permet également de rencontrer sa nouvelle "muse" artistique en la personne de la française Eva Green (fille de Marlène Hobert).

Nous sommes en 2012, et en 2014 suivra la séparation amoureuse définitive de Carter et Burton, concomitant au "divorce" cinématographique entre Depp et Burton, puisque lors du nouveau film de Burton, foin de Depp, et foin d'Helena, mais l'arrivée d'Amy Adams dans un premier rôle et l’enrôlement de Chris Waltz dans le premier rôle masculin.
Personnellement, même si Dark Shadows était plutôt sympathique, on retrouve vraiment le Burton de Big Fish ou de Charlie dans ce magnifique et flamboyant Big Eyes. La débâcle d'Alice n'est plus qu'un mauvais souvenir, et le vrai Burton généreux et non cynique revient en course. 

Suivra Miss Peregrine et les enfants particuliers, sorte de X-men pour enfants, avec Eva Green, film que je n'ai pas vu mais dont la bande annonce promettait beaucoup, pour arriver enfin à cette relecture trés personnelle de Dumbo l'éléphant volant, film de 1941.

Après visionnage, on peut décemment dire que Burton est revenu à son sommet. Avec un casting renouvelé, en plus d'Eva Green, on découvre un fantastique Colin Farrel dans le rôle d'un père dépassé par les événements de la guerre de 14-18 et qui en revient manchot. Il retrouve ces propres enfants, et apprend la mort de sa femme, écuyère de cirque comme lui. Son ami et directeur de cirque, joué par un Danny de Vito transfiguré ne peut le reconduire dans ses fonctions d'écuyer de cirque et lui propose de dresser les éléphants. C'est là qu'avec ses enfants, ils découvrent Dumbo, un petit éléphanteau aux oreilles difformes. Lié par un handicap qui les marque tout deux, il comprend l'éléphanteau et devient son protecteur. L'éléphanteau développe malgré ses grandes oreilles ou en grâce à elle, un don pour le vol, et fait bientôt la richesse du cirque. Mais des événements imprévus, vont bouleverser la vie du "petit cirque", puisqu'un grand magnat désire faire l'acquisition de la vedette...

Sans trop en dire plus, cette relecture de Dumbo est l'occasion pour Burton de régler quelques peu ses comptes avec Disney sur la période Alice et un peu plus probablement, car comment ne pas penser à une version pervertie et blond peroxydé de Walt en découvrant le magnat, détenteur d'un parc d'attraction au nom évocateur "Dreamland", machiavéliquement interprété par un Mickael Keaton au sommet de sa forme. Par un fait exprès, ce blond peroxydé incarné par Keaton, se nomme Vandeveren et rappelle beaucoup l'époque Disneyienne sous la houlette de Michael Eisner, également blond et au visage très proche de celui de Keaton dans le film. Ce même homme qui disait, "nous n'avons pas obligation de faire de l'Art".
Avec Dumbo, Burton retrouve ce qui a manqué aux derniers Disney, à savoir l'émotion et la virtuosité de la réalisation, et on attend son nouveau projet avec une grande impatience. Le Burton des débuts est de retour.

Bonus : Le bluray est assez conséquent en bonus. On retrouve les habituels featurettes un peu formaté sur les acteurs, mais toutefois intéressantes, avec des scènes coupées, un bêtisier, une chanson du film en clip, quelques bandes annonces.

 En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K UHD, et en VOD le 23 août 2019 ainsi qu'en achat digital depuis le 25 juillet 2019. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez d'autres films sur Cinetrafic dans les catégories le catalogue ciné de l'année et les films les plus applaudis l'an dernier.
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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 21:23
En verre et contre tous...

Pour parler de Glass, le troisième et dernier ? film de la trilogie de M Night Shyamalan, il faut parler de Split, et pour évoquer Split, il faut parler du génial Incassable, autant se dire qu'on est pas rendu, mais on va essayer quand même.

Lorsque Manoj Night (Nelliyattu pour les intimes) Shyamalan fort du succès de son premier film visible en France et au USA, Le Sixième Sens (car c'est déjà le troisième film de sa filmographie complète) se lance dans l'écriture d'un nouveau film, inutile de dire que tout le monde l'attend au tournant, la presse, comme le public. Et tout le monde espère un "twist" final, procédé stylistique par lequel Shyamalan est devenu une star avec le Sixième Sens (alors qu'à bien y réfléchir, la fin de 6eme Sens, n'est pas un twist, juste une confirmation que toute sa réalisation comme ses indices scénaristiques ou visuels tendent vers cette épiphanie).
Mais peu importe, pour les gens, c'est un faiseur de twist, et heureusement ou malheureusement, cette "spécialité" le suivra toute sa filmographie, au point qu'il rajoute des twists dans certains de ses films, au début ou à la moitié du film, juste pour faire ce que son audience attend de lui, avant de se concentrer sur son récit, et ses personnages, tout en proposant un vrai twist en fin de métrage, souvent indevinable d'ailleurs.
Bref, avis mérité ou pas, toujours est-il qu'Incassable, qu'écrit Shyamalan, va se confronter à la figure mythique et mythologique du super-héros, mais foin de Marvel, foin même de Spider-man, à l'horizon de 1999, le seul super héros original que propose le cinéma, vient du cyberpunk, et c'est Néo dans Matrix (et Blade mais on est loin du cinéma grand public). Donc en 2000, Shyamalan veut s'intéresser à la figure comicscienne du super-héros, en rendant hommage à la maison DC, et Marvel peut-être plus DC d'ailleurs avec Incassable, et Marvel avec ses suites Split et Glass.
Ceci ne participe pas d'une mode, mais bien d'un réel désir de réfléchir sur le super-héros et sur la fable comme générateur de mythe.
Shyamalan envisage une trilogie pour Incassable, et si le premier volet sort en 2000 avec le succès qu'on lui connaît, au point que certaines personnes n'hésitent pas à parler du film comme le meilleur film de super héros de tous les temps, il faudra attendre pas moins de 16 ans pour voir sortir la suite d'Incassable, Split, deuxième volet de la trilogie, et puis enfin 2019 pour la sortie de Glass qui clôt la trilogie à sa façon (mauvaise pour certains, excellente pour d'autres dont votre serviteur). L'épisode final arrive donc 19 ans après le premier opus.
Dans Incassable, on découvre David Dunn, un stadier qui va se découvrir super-héros grâce à la croyance qu'a son fils dans son père, et grâce à la même croyance qu'un étrange vendeur de comics a lui aussi dans Dunn. Sorti miraculé d'un accident de train dont il est le seul survivant, David Dunn va découvrir bientôt qu'il est doté d'une force surhumaine et qu'il n'a pas été dans ce train pour rien. En effet, spoilons allègrement Incassable, c'est le mystérieux vendeur de comics, Elijah, souffrant par ailleurs de la maladie de l'homme de verre (les os qui cassent pour un rien) qui va le révéler en organisant lui-même l'accident de train. D'accident, le train détruit devient attentat, et Elijah devient donc le pendant supérieurement intelligent, la némésis du héros, et comme le dit Elijah à la fin du film, bien souvent le meilleur ami du héros.
Suite au film, qui récolte un succès incroyable, aussi bien critique que public, Shyamalan devient le nouveau Dieu qui fait pleuvoir à Hollywood, et marchant sur les traces de Hitchcock et Spielberg, à qui on le compare souvent, il met bientôt en scène son troisième film, Signes, qui par un mauvais concours de circonstances ne va pas être compris du public, et malgré un twist pour le coup assez fou (en gros, et si l'alien n'était pas venu pour faire le mal en réalité), va être traité de bondieuseries et de repli identitaire (tout le contraire du film en soit), et cet état de fait va se reproduire ensuite dans le Village qui en est lui aussi tout l'inverse. Bref, Signes va en quelque sorte porter un sale coup à la carrière de Shyamalan et à son rapport avec la critique et avec son public aussi.
Mais ne digressons pas, et abordons sans plus attendre, Split, sorti en 2016 qui voit intervenir Kevin Wendel Crumb, un enfant maltraité qui va développer plusieurs personnalités pour se soustraire à ses mauvais souvenirs, 24 personnalités éclatées, cohabitants dans le même corps, et dont une 25eme est progressivement en train d'émerger, la Bête. Kévin and Co, enlèvent plusieurs pompom girls, et veulent les sacrifier à la Bête, mais l'une d'elle, s'avère plus forte que les autres, et s'échappe, finissant par faire capturer Kévin et sa petite smala cérébrale. Quel rapport avec Incassable me direz-vous ? Et bien justement, Kévin Wendel Crumb était un personnage du scénario original d'Incassable, que Shyamalan a dû couper pour des raisons de narration et de rythme narratif. Et Split se clôt sur la télévision qui évoque l'attentat de l'homme, comment s'appelait-il déjà ? Et le spectateur de découvrir lorsqu'un personnage s'écarte, David Dunn qui répond à la question "l'homme de verre", avec le thème de Incassable qui se lance au même moment.
Split est donc la suite directe de Incassable, près de 16 ans plus tard. Et suite au succès de Split, qui avec un budget de 9 millions de dollars en rapporte 278.5, Blumhouse commande rapidement à Shyamalan une suite et fin de la trilogie d'Incassable donc.
Il faudra attendre trois ans supplémentaires pour que Glass naisse. Glass concentre moins d'attente que n'en aurait concentré Split si les gens avaient su qu'il était la suite de Incassable, au lieu de le découvrir à la fin du film, mais il en concentre malheureusement plus du coup car il se doit d'être la conclusion parfaite au SU (Shyamalan Universe). Et dieu sait combien le fan peut-être exigeant quand à sa vision de ce que doit être une fin, GOT par exemple peut en témoigner, avec sa tripotée de fans déçus de la saison 8, ou de son final.
Mais Shyamalan,  intelligemment se moque un peu des attentes, et choisit au contraire de les tromper, favorisant l'anti-spectaculaire, en faisant avec 10% du derniers Avengers, et le tout financé de sa main, un film incroyablement plus riche que ce dont il a l'air. Il reprend l'histoire là où elle s'est arrêtée, avec Casey qui est rentrée saine et sauve, et la Bête/Kévin et la Horde en fuite. On découvre donc Dunn, assisté de Joseph qui agit ici un peu comme l'Oracle dans Batman et qui le guide par micro interposé. Il intervient sur des petites frappes, apparemment de milieu plutôt aisé qui malmènent des passants dans la rue en se filmant en train de les frapper (inspiré d'ailleurs de faits réels). Dans une séquence d'intervention dans l'obscurité que n'aurait pas renié Batman justement, il se rend chez les petites frappes qu'il démonte sans trop de peine. Puis il rentre chez lui, dans son foyer, privé de la chaleur affective de sa femme, morte d'une leucémie foudroyante il y a quelques temps. Il retourne au magasin high tech qui est sa nouvelle couverture, et croise le réalisateur, Manoj Night Shyamalan, qui jouait déjà dans Incassable, le rôle d'un dealer et dans une séquence un peu nostalgique, il lui dit qu'il a fait pas mal de conneries dans le temps, mais que son intervention lui a sauvé la vie (difficile de ne pas y voir l'aveu qu'Incassable et son succès ont réellement lancé la carrière de Shyamalan, pour le meilleur et pour le pire).
Son fils, Joseph l'enjoint de retrouver la Bête en se baladant dans les quartiers d'usine, avec une théorie à lui et il finit par tomber sur Elle justement, et il intervient pour sauver les 3 nouvelles futures victimes de la Horde.
La Bête et Dunn se battent et finissent par traverser une vitre, qui les amène dans la rue en contrebas. La pluie tombe à flots et un combat de titan semble s'annoncer, mais le destin en sera autrement, puisqu'ils sont interrompus par les forces de l'ordre, de grand flash, et l'intervention d'une psychologue, Ellie Stapple. 
Cette dernière les "capture" et les fait interner dans un centre psychiatrique spécialisé dans le traitement des gens qui se prennent pour des super héros. Centre où se trouve également, Mister Glass dans un état presque catatonique. Mais ceci n'est qu'un leurre, et Glass a plus d'un tour dans son sac. Sans trop dévoiler la suite, Shyamalan, réussit à clore parfaitement sa trilogie à mon sens, en amenant chacun de ses personnages à l'issue la plus parfaite qu'il soit, et il déjoue même toutes les attentes du spectateur en présentant le lieu d'un combat épique, façon film de super héros, "la tour Osaka", "a true Marvel" dit un magasine, difficile de ne pas y voir un clin d'oeil distancié à la saga de films mis en place par Kévin Feige; sauf que Glass, tout nostalgique soit-il envers les comics DC ou Marvel, garde son approche, plus viscérale, plus humaine, plus terre à terre (pas de sauvegarde du monde d'une catastrophe, même si elle est volontairement teasée par Elijah).
Au final, Glass est la parfaite conclusion de la trilogie de super héros de Shyamalan, qui a toujours été à hauteur d'homme depuis Incassable, et qui l'est d'autant plus avec le final de Glass. Même si l'ouverture vers un prequel ou même un spin-off pourrait également être possible.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD et en VOD depuis le 24 mai 2019.  Edité par Buena Vista Home Entertainment / Disney. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 22:23
4815162342 = Westeros

Finalement j'ai bien fait de redonner sa chance à cette série.. Depuis Lundi en 8 (soit le 20 mai dernier) jusqu'à ce soir, 23h35, cette reprise dès la saison 1 jusqu'à la saison 8 a été plus que profitable.Cette fin est parfaite, puisque qu'il faut avoir de sacré cojones pour loin de finir sur du vent, finir sur ce qui fait toute saga, une histoire, une fabula, un récit, une mythologie..Comme Lost, série avec laquelle GOT partage énormément de points communs, comme un soin infini apporté aux retrouvailles, des musiques lyriques et profondes, rappelant le Giacchino des meilleures heures, des ralentis pour sublimer la folie du monde, sa gestion du temps, et un goût pour le récit et l'aventure. 
Car oui, il est ici question de la geste du conte, de comment se rencontre et se percute la fiction et la réalité, à travers la profession de foi absolue de deux showrunners dans le récit, David Benioff et Daniel Brett Weiss, qui à l'instar des génies Damon Lindelof et Carlton Cruse de Lost, offrent aux premiers pourvoyeurs d'un récit, le ou les scénaristes, un écrin à hauteur de la richesse du livre de George R.R Martin, et un sacré hommage au travail de cette petite main qui est personna non grata dans le cinéma français, et un peu mieux loti dans le cinéma Hollywoodien, mais qui est heureusement en télévision US, un des maillons essentiels de toute oeuvre.
La preuve la plus évidente de tout cela, est que le dernier épisode est entièrement écrit ET réalisé par les Showrunners de la série.

Ce décipit, contesté par des nombreux fans (n'oublions pas que la racine de ce mot, vient de fanatiques), contient en son sein, toutes les promesses d'un final mélancolique et doux amer, exactement comme l'a été Lost, d'où la comparaison et le titre du statut; et dont la série partage un grand nombre de thématiques et un goût pour la philosophie de Nietzsche ('ceux qui ne nous tue pas, nous rend plus fort") à Candide ou l'Optimisme, (tout arrive pour une raison, cher à Leibniz, dont Candide se moque un peu d'ailleurs), ou encore Zadig ou la Destinée, (réflexion initiatique sur le Destin).

D'ailleurs, comment ne pas entendre le propos de Tyrion sur ce final, comme l'aveu d'un choix, d'une prise de risque qui ne plaira pas à tout le monde, d'un essai sur le principe même de "geste" quitte à s'éloigner du matériau de départ au point de lui inventer une autre fin, comme le démontre très bien ce dialogue avec JS : TRES LEGER SPOILER... ALERT SPOILER.

"Tyrion : Les immaculés réclamaient votre tête, mais Vert-Gris a accepté le verdict d'une vie de relégation. Sansa et Arya réclamaient votre libération. Et elles ont compris que notre nouveau roi devait instaurer la paix. Personne n'est entièrement satisfait. Ce qui est je suppose, le signe d'un bon compromis.

JS : Ais-je eu raison de faire ce que j'ai fait ?

Tyrion : Ce que nous avons fait.

JS : Ca semble ne pas être juste...

Tyrion : Reposez moi la question dans 10 ans.

Comment ne pas entendre Benioff et Weiss qui dans la cellule de leur imaginaire, parle des attentes forcément déçues des fans (les Immaculés sont présentés comme des fanatiques) qui d'ailleurs demandent un remaking de la saison 8 àl'heure où ces mots sont écrits (c'est dire la clairvoyance du propos), des amateurs de la série, les aventuriers et mesurés représentés par les deux femmes qui incarnent la passion mesurée par une certaine raison. Et cette crainte d'avoir fait une erreur, d'avoir échoué ou trahi la trame narrative ou l'essence des personnages, ou de certains personnages, et cette réponse laconique mais d'une sagesse absolue, "reposons la question dans 10 ans, quand les esprits se seront apaisés.

D'ailleurs, Lost, va entamer sa dixième année depuis la fin de l'épisode de sa saison 6 si controversé et d'aucun considère cette fin de série comme une des meilleures jamais écrites, la réponse à l'interrogation de Snow d'ici 2029..

Après ce final et cette qualité d'avoir voulu 73 heures de shows et pas une minute de plus, et de s'y être tenu avec autant de réussite, je suis des plus impatients de voir la trilogie Star Wars, qui sera scénarisée par le duo.

Sir David Benioff, Sir Daniel Brett Weiss, bienvenu dans le panthéon des très grands.

"Car que dit-on face au Dieu de la mort?

- Pas aujourd'hui !"

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19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 20:33
Spider versions

"Spider-man into the spider-verse" avait tout du projet ultra casse-gueule, et pourtant à l'arrivée, on se retrouve avec une des meilleures adaptations du Tisseur, si on excepte la trilogie incroyable de Sam Raimi, malgré les légers défauts qui la traversent.

Annoncé fut un temps avec Chris Lord, et Phil Miller aux manettes, les géniaux réalisateurs de "la Grande Aventure Lego", mais aussi des sous-estimés "Tempêtes de boulettes géantes 1 et 2", et des sympathiques films méta que sont "21 Jump Street" et sa suite "22 Jump Street", le projet même si il est resté dans les mains productives et narratives de Lord, a finalement échu à non pas, un ni deux mais bien trois réalisateurs différents. Et même si deux d'entre eux, ont fait leurs premières armes de réalisateurs sur ce film, le dernier a commis le génialissime "Les 5 Légendes".
Ainsi, outre donc, Peter Ramsay, le créateur génial du film "les 5 légendes", produit par Guillermo del Toro d'ailleurs, on retrouve deux noms quasi inconnus, à part de spécialistes d'animations ultra pointus, car le premier, Bob Persichetti a été animateur de quelques Disney, ainsi que sur le récent "Le Petit Prince", tandis que le second Rodney Rothman a été le scénariste de 22 Jump Street du duo Chris Lord et Phil Miller, et scénariste sur ce film, avant de réaliser le futur spin-off entièrement féminin de la série "24 Jump Street" (mais où est passé le 23 ?)

Ce travail à six mains est tout simplement époustouflant, jamais une aventure de Spider-man n'aura été autant cinégénique, cinétique et émotionnellement et formellement si forte. Depuis on le répète, la trilogie de Raimi, qui reste pour votre serviteur en tout cas, indépassable.
Le scénario de Chris Lord et Rodney Rothman convoque intelligemment plusieurs versions de Spider-man. Un jeune garçon afro-latino américain (afro américain par son père et latino américain par sa mère), Miles Morales se fait mordre par une araignée radioactive échappée d'un univers parallèle et récolte les pouvoirs de spider-man. Il essaie de faire comme son idole, et finit par le trouver alors que ce dernier est au prise avec le Caïd (Kingpin). Ce dernier finit par piéger Spider-man, et le tuer sous les yeux de Miles. 

Après la mort de Spider-man, tué par le Caïd, Miles décide de devenir Spider-man à son tour, et entreprend de créer son propre mythe. Il achète un déguisement de spider-man, vendu par Stan Lee en personne, qui lui assure que le costume lui siéra parfaitement et que la maison ne rembourse ni n'échange les costumes. Par cette simple idée narrative méta, mais profondément intelligente tant elle reste connectée à la mythologie de Spider-man, le ton est donné.
Spider-man into the spider-verse est un grand film postmoderne, un blockbuster intelligent, dont la réalisation renvoie sans arrêt au comics. Autre point méta amusant, avant de devenir Spider-man, Miles a une narration et un découpage de plans tout à fait normal, pour un film, qui pourrait s'apparenter à une comédie dramatique. Mais dès le moment où Miles devient Spider-man, l'univers graphique et réalisationnel se modèle autour du comics, une voix off intérieure de Miles apparaît, des onomatopées de coup et de pensée se matérialisent sous forme de bulle ou de carton, et la réalisation devient encore plus virtuose.

Le film passe par une partie tribute à Sam Raimi, très clairement mais en réinventant chacune des scènes qu'il décrit. Sans trop dévoiler l'intrigue pour celleux qui voudraient voir le film, le Caïd déclenche une perturbation du continum espace et temps, et notre terre, la terre des comics Marvel, Terre-616 se voit envahie par des version alternatives des comics spider-man, d'où le titre.
On se retrouve donc avec pas moins de 5 versions alternatives.

-Une version manga avec une petite fille et son robot, Péni Parker.

-une version film noir avec un Peter Parker plus violent, dont l'histoire se passe pendant la prohibition, évoquant autant les premiers Batman que The Spirit ou Sin City de Miller.  Spider-Man Noir n'est autre que la transposition des comics Spider-Man dans l'âge Noir (les années 1930). Ce personnage apparaît en 2009.

- une version dessin animé avec Spider-Ham (Spider Cochon, le fameux, du dessin animé les Simpsons, évoqué par Homer dans le film), transfuge des Looney Tunes, et tiré de réels comics, parodie de Spider-man ayant existé dans les années 1983.  Le personnage a fait sa première apparition dans le comics intitulé "Marvel Tails Starring Peter Porker, the Spectacular Spider-Ham #1" en 1983 qui sera suivi par 17 volumes. L'histoire est totalement loufoque, puisque Peter est ici une araignée qui se fait mordre par une scientifique devenu folle, May Porker. "Peter est une araignée qui vit dans le sous-sol d'une scientifique folle nommée May Porker. Elle réalise des expériences dans le but de révolutionner l'industrie du cheveux ! Elle a créé le premier sèche-cheveux atomique. C'est en séchant ses cheveux justement qu'elle sera accidentellement irradiée et qu'elle va mordre Peter l’araignée... C'est ainsi qu'il deviendra "Spider-ham" !" 

-une version où Spider-man est une fille, Gwen Stacy, mordue par une araignée radioactive et ayant développé les pouvoirs à la place de Peter, son meilleur ami. Personnage de Spider-Gwen, tiré de comics paru en 2015, édité par Marvel, sans doute pour surfer sur les nouvelles revendications féministes en terme de personnage.

et enfin, une version alternative de Peter Parker, qui est plus vieux, et dont l'histoire sentimentale autant que familiale n'a pas tourné pareil.

Tous ces personnages se trouvent face à un grave problème, les agissements du Caïd ont un effet sur leurs multivers et si chacun n'a pas réintégré son univers respectif très vite, il sera rayé de la carte. Commence alors une course contre la montre et contre le Caïd.

Spider-man into the spider-verse est incroyable, dans tout, sa narration, son montage, sa musique signée Pemberton, son découpage technique ou ses idées de mise en scène ou symboliques.
La meilleure façon de lui rendre hommage est de voir ce film, et trop en parler, gâcherait de beaucoup le plaisir de la découverte. Sachez juste qu'on retrouve beaucoup d'éléments de spider-man, ainsi que bons nombres de personnages secondaires et antagonistes de l'univers du Tisseur.

A savoir que Miles Morales est lui aussi tiré d'un vrai comics, paru en 2011, dessiné par Brian M'Bendis et Sara Pichelli dans les pages de Ultimate. Au final, ces incessants aller retour entre film meta et film premier degré aurait pu décevoir ou être raté, mais il n'en est rien, tant le scénario est précis, et tant la structure du film ne tombe jamais dans la blague facile ou dans le désamorçage d'émotion, à une ou deux exceptions près. Un film incroyable, à voir au moins une fois, tant l'entreprise tient du pari fou.  Et comme disait Stan Lee à qui le film est en parti dédié, "That person who helps others simply because it should or must be done, and because it is the right thing to do, is indeed without any doubt, a real superhero".

LA 3D apporte une réel plus au découpage, et à la cinégénie des plans des réalisateurs. Au niveau des défauts rares du film, on regrettera juste quelques passages idéologiques un brin appuyé mais sans que cela ne soit pour autant un frein au plaisir et à l'émotion qu'on éprouve à la vision du film.

Au niveau des bonus, on retrouve un commentaire audio des réalisateurs, différentes scènes alternatives qui apporte un peu plus de densité encore au personnages, le tout commenté par les réalisateurs. Mais aussi un court-métrage inédit "Spider-Cochon : pris pour un jambon" de Miguel Jiron. Un hommage à Stan Lee et Steve Ditko, les créateurs de Spider-man qui nous ont quitté récemment, respectivement en Novembre 2018 et Juin 2018. Un documentaire sur les voix du film, et des featurettes à l'intérêt divers.

En Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K Ultra HD, DVD, Editions spéciales et VOD depuis le 6 mai 2019, et en Achat digital depuis le 29 avril 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez bien d'autres films dans les catégories une autre catégorie de l'an dernier : les films d'horreur applaudis et
pas mal d'humour et un tout petit peu de romance.
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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 19:32
Le Retour de Mary Poppins

Lorsque le trailer de ce film est paru, je me souviens de m'être fait la réflexion que si j'avais pleuré devant rien que le visionnage du trailer, je pleurerais et serais ému par le film entier, et maintenant que j'ai vu le film entier, je peux dire que mes sens ne m'ont pas trompé. Pourtant ce n'était qu'un échantillon du film de 2min35 environ, et monté de manière assez anarchique, mais l'évocation de ce personnage si emblématique qu'est Mary Poppins, aura suffit à me renvoyer à l'esprit, autant mon enfance, que mon amour immodéré d'enfant pour ce personnage aux mille facettes.

Rob Marshall, le réalisateur de Chicago notamment, et Mémoire d'une Geisha, produit par Steven Spielberg, parmi ses plus célèbres travaux, s'attaque à cette icône Disneyenne en donnant une suite à ses aventures avec les enfants Banks.
L'histoire débute lorsque Michael, Jane, et les propres enfants de Michael se voient quasiment expulsés de leurs maisons car Michael a engagé un prêt avec la banque qui l'emploie en oubliant de rembourser ses mensualités pendant 3 mois. De ce fait, débarque à sa maison, deux huissiers de ladite banque pour lui donner une mise en demeure avec un ultimatum, si il ne rembourse pas la totalité du prêt avant vendredi minuit, l'hypothèque de sa maison prendra effet et son bien sera saisi par le directeur de la banque. 
Michael et sa soeur Jane sont désespérés, et ils essaient de cacher leurs soucis aux enfants de Michael autant que faire se peut. Michael se souvient que son père a signé un papier de possession d'actions de la banque et cette somme pourrait l'aider à ne pas perdre sa maison dans lequel il a vécu toute sa vie. Il monte au grenier et tombe sur le collier de sa femme, décédée, il n'y a pas très longtemps et dont il n'arrive pas à faire le deuil. Il retrouve également son vieux cerf-volant, et le descend aux ordures avec tous ses vieux dessins. 
Pendant que ses trois enfants, John, Annabel et Georgie se promène au parc, un vent violent se lève et emporte le cerf-volant qui rejoint bientôt les enfants au parc. Georgie le poursuit et s'accroche à lui. Il le fait voler, quand soudain le vent redouble de violence, et Georgie commence à s'élever dans le ciel. Jack, un ancien employé de Bert le ramoneur, qui est lui-même devenu allumeur de réverbère rattrape Georgie alors que ses pieds quittent le sol. Il tire sur la corde, et bientôt apparaît de derrière un nuage, une silhouette familière, qui descend lentement du ciel vers la terre, Mary Poppins.

Voilà pour le gros de l'intrigue, inutile de dire que cette première apparition de Mary va provoquer par son afflux de nostalgie, des petits pincements au coeur et des petites gouttes dans les yeux de ceux et celles qui comme moi, adoraient le premier film de Disney. Inutile de dire aussi que la composition de Mary Poppins que fait la sublime et fantastique Emily Blunt est parfaite en tout point. C'est bien Mary Poppins qui est devant nous, et Julie Andrews pourrait être fière de sa remplaçante tant elle incarne à la perfection le personnage, mélange de douceur, de vanité, de fermeté et de folie. Jack lui, joué par Lin-Manuel Miranda, acteur-chanteur-danseur de Broadway et compositeur des chansons de Vaiana de Disney, est un très bon palliatif à Dick Van Dyke pas complètement absent du métrage d'ailleurs (on en dira pas plus pour préserver la surprise du spectateur). Le casting est complété par Ben Whishaw qui compose un Michael parfait, digne successeur de son père, à la banque, et miroir des mêmes problématiques d'adultes qu'il ne sait dépasser, et Emily Mortimer qui joue une Jane adulte, révoltée et passionnée, membre du parti des travaillistes et syndicalistes acharnées pour le soutien des ouvriers, beaucoup plus fidèle à la petite fille qu'elle était. On trouve ensuite Colin Firth dans le rôle du directeur de la banque, et Meryl Streep dans le rôle de Topsy, la cousine de Mary Poppins.

Avec ce film, d’après les personnages de P.L Travers, Rob Marshall et son scénariste, David Magee, scénariste entre autre de l'Odyssée de Pi et de Neverland, donc pas un débutant des univers oniriques, s'emploient à donner une suite plus que satisfaisante au premier film dans lequel, Mary Poppins vient en aide à nouveau à Michael et Jane, et un peu aux enfants de Michael comme le caractérise très bien cette réplique : 

"La même chose que la première fois, je viens m'occuper des enfants Banks.
Anabel : Nous ?
Oui, vous aussi".

On reconnaît bien là le goût du scénariste de l'Odyssée de Pi et de Neverland pour les symboliques, car que ce soit les chansons, pas toutes mémorables, mais dont deux au moins sortent du lot, "Où vont les choses" et "a t-on jamais vu ça" respectivement sur l'acceptation du deuil et la quête de l'imaginaire dans le quotidien, ou encore certains événements (dont un vase de porcelaine cassé qui va avoir un double sens symbolique), tout n'avance que par des images fortes, et des thématiques liées à la quête de la lumière qu'on a perdu.
Au final on se retrouve avec un très bon film pour enfants, qui fera très certainement verser sa petite larme à tous et toutes les nostalgiques de Mary Poppins. Un film qui ne prend pas les enfants pour des idiots, ne les infantilise pas, et n'hésite pas (comme Neverland ou Pi) à les confronter même à la terreur, ou à leur subconscient : de la peur du noir, à la peur des monstres.

Rob Marshall réussit un très bon film, avec de magnifiques chorégraphies, quelques séquences d'actions honorable, une très belle lumière faisant de Londres quasiment un personnage à part entière. Et c'est avec plaisir qu'on retrouve le 17 avenue des cerisiers, comme si on ne l'avait jamais totalement quitté. Sans égaler le premier film, cette suite de Mary Poppins n'a pas du tout à rougir d'elle-même, tant tout est rassemblé pour en faire un divertissement de qualité, réalisé avec passion et sincérité. Comme le dit Rob Marshall lui-même, Mary Poppins est tout pour lui, le premier film de Disney vu, et surtout celui qui a influencé énormément sa vie sur la comédie musicale et le cinéma.

Bonus : Les bonus sont assez conséquents, un magnifique making of assez complet qui revient sur tous les points de fabrication du film, des décors, aux chorégraphies en passant par la musique. Un bel hommage à Dick Van Dyke, les habituels bêtisiers et scènes coupées. Une chanson alternative (envisagée au début puis remplacée par une autre) dont on comprend pourquoi elle a été re-écrite car elle faisait trop de similitudes avec une chanson sur l'inversion des valeurs qu'interprète Topsy, la cousine de Mary Poppins. Quelques bandes annonces, et une featurette sur une séquence un peu hommage au premier, mêlant comme l'original, acteurs filmés sur un fond vert (noir pour l'original) et animation en dessin animé à la main. A noter que le film vous est proposé en deux versions, la version cinéma, et la version karaoké dans laquelle les chansons sont sous-titrées et dont les paroles sont surlignées en rythme pour pouvoir être chantées par le spectateur en même temps que les artistes.

En DVD, Blu-Ray, coffret Mary Poppins/Le Retour de Mary Poppins et en VOD le 26 avril 2019. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur :  https://www.facebook.com/disneyfrance/ .
 
Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories tout le cinéma de cette année et dans un autre genre : les productions françaises.
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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 16:37
Bumblebee

Travis Knight, réalisateur du gigantissime "Kubo et l'armure magique", film entièrement réalisé en stop-motion, fait comme Gil Kenan avant lui, en passant de l'animation (pour lui, image par image, pour Kenan en synthèse et performance capture) à la prise de vues réelles dans la réalisation de ce spin-off de la saga Transformers (5 films) sur le personnage le plus sympathique, et attachant d'icelle, à savoir Bumblebee.

On apprend dans le film par exemple, que Bumblebee avait auparavant une voix, et qu'il l'a perdu. Et surtout comment il l'a perdu. Le film suit les traces du premier Transformers en racontant moins la guerre entre Decepticons et Autobots que les errances d'une adolescente, qui fête ses 18 ans avec tous les problèmes que comportent une vie finissante d'ado, et orpheline de père depuis que ce dernier, probablement mécanicien ou pilote automobile, (on ne saura jamais) est mort et que sa mère s'est remise en couple avec un autre homme.
Le premier Transformers avait un héros masculin, les suites des affaires Weinstein et Me Too, et la prise en compte progressive des femmes à Hollywood, entraîne une héroïne, qui ne se contente pas d'être le sidekick du héros masculin (c'est d'ailleurs ici l'inverse), et un récit initiatique dans la lignée de E.T écrit encore une fois par une femme, Christina Hodson, qu'on verra trés prochainement à l'écriture du film centré sur Harley Quinn, "Birds of Prey".
Mais l'histoire s'ouvre sur une scène d'introduction sur Cybertron, la planète des Autobots et des Decepticons, et de la guerre qui fait rage entre eux. Optimus Prime envoie B127 sur Terre pour organiser la résistance, et il lui assure qu'il le rejoindra plus tard (faisant ici le lien avec le premier opus de Transformers). Ce dernier atterrit sur terre pendant un entrainement de soldat à des phases d'attaques en mode fantassin, et ces derniers se mettent à se poursuite. Il se transforme alors en une des jeep du campement et s'enfuit.

Charlie, l'héroïne de l'histoire aide son oncle dans sa carrosserie, et découvre sous une bâche, une coccinelle jaune qu'elle baptise Bumblebee. Son oncle lui en fait cadeau pour ses 18 ans, et la jeune fille la ramène dans le garage de sa maison. Elle finit par découvrir la vérité sur son auto, il s'agit de B127, le robot Autobots. En essayant de la réparer, elle déclenche un message pré-enregistré de Prime, et un signal électrique est émis. Ce signal arrive jusqu'aux Décepticons qui dépêchent d'eux d'entre eux pour traquer Bumblebee, récupérer les infos sur la résistance et le lieu où sont Prime et les autres Autobots et tuer Bumblebee. Ces derniers débarquent sur Terre, et se faisant passer pour des forces de l'ordre traquant un criminel, ils s'allient aux forces armées terriennes pour retrouver l'endroit où se terre B127. Une traque sans pitié commence alors, tandis que de son côté, Bumblebee et Charlie sympathise.

Le film même si il s'adresse à un public plutôt jeune est vraiment très efficace, grâce à un traitement à auteur d'homme (en l’occurrence de femme), plus intime et moins axé action que les précédents opus. Ce spin-off est l'occasion pour Travis Knight de rendre son petit hommage personnel aux films de banlieues des années 80, chers au producteur de la saga Steven Spielberg. On est donc moins en face d'un film de robots que d'un film initiatique, flirtant avec "E.T" et "le Géant de Fer". Travis Knight et sa scénariste réalisent donc un film jeunesse pas du tout inintéressant, mâtiné de "Terminator 2" pour le côté traque, et d'un peu de "Breakfast Club" pour le coté teen movie sur les affres de l'adolescence, le résultat s'avérant plutôt convaincant.

La maîtrise de la stop motion permet à Travis Knight d'être dans une fluidité vraiment exceptionnelle dans sa mise en scène, et de rendre les rares combats, intenses et parfaitement lisibles. Le niveau d'image et de son, que rend le bluray 4K UHD finissant d'apporter l'immersion à l'univers ainsi dépeint. Au niveau des bonus, ils sont d'excellentes factures, et on trouve les habituels featurettes, bêtisier et makin of plutôt complet. Au final, un film qui est vraiment une belle surprise, en attendant de découvrir, Travis Knight dans un univers encore complètement différent, puisqu'il va mettre en scène l'adaptation cinéma de la série "L'homme qui valait 3 milliards" (en VO, The Sixth Billion Dollar Man", ne me demandez pas pourquoi on a divisé de moitié en VF ^^).

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD et coffret DVD / Blu-Ray Intégrale Transformers le 30 avril 2019. Edité par Paramount Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 08:00
Les Crimes de Grindelwald
David Yates après le plutôt bon "Harry Potter 5" et le plus conventionnel "Harry Potter 6", finit la saga de Joanne Kathleen Rowling avec le dyptique efficace "Harry Potter 7" première et deuxième partie. Une fois ce tour de force effectué, David Heyman, Steve Kloves, et la Warner lui confient les rênes d'une autre saga de JKR, puisqu’il se retrouve à la tête de l’adaptation d'un livre publié entre le tome 4 et 5 d"'Harry Potter", "les Animaux fantastiques" en deux longs-métrages distincts et qui doivent aussi fonctionner en dyptique. Au final, 5 films vont voir le jour en tout dans le futur. 
En adaptant les aventures du jeune Norbert Dragonneau pour le cinéma, David Yates réussit ce nouveau pari fou. Puisqu’avec une trame qui mêle de façon un peu résumée, intrigue initiatique façon Pokémon et menace diffuse pré-Mangemort, il arrive à réenchanter le spectateur grâce à un produit dérivé de l'univers du petit sorcier avec quasiment que des nouveaux personnages, à l’exception de l'apparition d'un Albus Dumbledore jeune, incarné parfaitement par un Jude Law totalement habité et de quelques allusions à des personnages évoqués dans "Harry Potter".
Ce premier épisode convainc autant la critique que le public, et le jeune Eddie Redmayne s'impose rapidement avec son personnage à la limite de l'autiste Asperger dans le rôle de Norbert Dragonneau, et ses personnages secondaires tous très touchants. Le premier épisode se termine sur un climax avec la révélation du visage du mal qui menace le monde des sorciers, le sorcier Grindelwald, sous les traits de Johnny Depp. Le second épisode s'ouvre sur son procès. Et Norbert lui doit continuer son parcours sur les traces du jeune Albus Dumbledore. Beaucoup de critiques décrivent Grindelwald, son projet et ses soutiens comme l’émergence de la doctrine Nationale Socialiste, et l'impact qu’elle a pu avoir sur le peuple allemand après la sortie de prison du jeune Aldof Hitler. Nous sommes en effet loin des personnages de nazis un peu fantoches que peut combattre par exemple un Indiana Jones chez Spielberg. C’est l'incarnation plus froide et dénuée de folklore mythologique que vont devoir combattre Norbert et ses amis et amies dont L’Aurore. Cette représentation symbolique du national socialisme est assez intéressante en soi, mais contrairement à Harry Potter qui mettait vraiment en scène des méchants quasiment obsédés uniquement par le sang pur, contre les sangs de bourbes et quasiment tous blancs, blonds aux yeux clairs (Jason Isaac en tête), dans les animaux fantastiques 2, les partisans de Grindelwald sont des hommes et des femmes de toutes les ethnies. Ce qui pourrait aisément faire penser à ce nouveau courant progressiste venu des USA qui voudrait supprimer quiconque ne pense pas de la façon dont ils et elles pensent. Ces nouveaux penseurs idéologiques sont surnommés les SJW (pour Social Justice Warrior) d'abord par l’alt-right américaine puis ensuite l'usage de ce terme s'est étendu à tous les utilisateurs de réseaux sociaux (Facebook, Twitter) et de forums publics (Reddit, 4chan, etc…). Bref on ne peut s'empêcher en voyant les partisans et le discours de Grindelwald de penser à cette nouvelle idéologie qui tend à devenir dans un futur proche, une nouvelle idéologie totalitaire.. Même la maxime de Grindelwald y fait penser "pour le plus grand Bien".

Le deuxième film prend un réel essor et une vraie ampleur narrative grâce à sa version longue, disponible sur le Bluray du film dans un autre disque séparé de la version cinéma. La version longue, loin des 4h30 du "retour du Roi version longue" par exemple ne consiste qu'en 8 courtes minutes supplémentaires mais qui suffisent toutefois à apporter un peu plus de vraisemblance dans certaines failles narratives de la version cinéma. Et la version proposée est une version du commerce avec packaging et sérigraphie, et rien que pour ça, ça donne envie de vanter cette édition, encore que le simple fait que "Les Animaux Fantastiques 2" soit aussi bon que le premier, voire même meilleur, suffisait déjà amplement à en dire du bien. On rajoutera que pour les JKR-fans, et les Potter-fans, le climax du deuxième opus des Animaux Fantastiques est terrassant d'émotions tellement on vit l'action avec les personnages, action dont nous ne dirons rien pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur. Rendez-vous est pris en tout cas et avec impatience pour les prochains épisodes de la franchise. Avec aux dernières nouvelles, toujours l'efficace David Yates aux commandes, qui décidément sait bien diriger les acteurs dans l'émotion, et qui manie plutôt bien les intrigues politiques.
 
En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, 4K UHD et VOD depuis le 25 mars 2019, et en Achat digital depuis le 14 mars 2019 (avec une Version longue disponible sur les éditions Blu-Ray et en Achat digital). Edité par Warner Bros. France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez d'autres films sur Cinetrafic dans les catégories ceux que l'on dit indispensables et le cinéma de l'an dernier.

 
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2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 18:36
Je suis pas spéciste, j'ai un ami "Black"

On ne présente plus Shane Black, ce réalisateur scénariste américain qui a révolutionné le genre comédie action, et lui a même quelque part offert ses plus belles lettres de noblesse en terme d'écriture. Que ce soit "Le dernier Samaritain", "Last Action Hero", ou les 2 premiers "L'Arme Fatale", ainsi que le moins connu mais sympathique, "Au revoir et à jamais" de Renny Harlin, sa patte mi-rigolarde, mi-sérieuse est partout identifiable sur sa filmographie en tant que scénariste. 

Il vend d'ailleurs son premier script, "Lethal Weapon" ("l'Arme Fatale" en VF) à la Warner au producteur Joël Silver, à tout juste 23 ans en 1987. Et fort de ce succès, il participera aussi à l'histoire du 2 mais laissera toute lattitude à Jeffrey Boam pour écrire le scénario du film, ainsi que du 3 (scénariste sur Indiana Jones et la dernière croisade de Steven Spielberg pour le scénario). Il ne participe pas à l'écriture du 4, mais il est crédité comme créateur des personnages. En 1987 toujours, il fait ses premiers pas comme comédien dans Predator, dans lequel il incarne un soldat rigolard, adepte de bonnes blagues et vannes en tout genre. Il meurt d'ailleurs en tout premier.

Comme un clin d'oeil, il re-écrit avec son compère Fred Dekker, un rôle de soldat de ce type dans son dernier film The Predator. C'est trés tardivement qu'il réalise son premier long-métrage, puisqu'il faudra attendre 2005, et la comédie action "Kiss kiss bang bang" pour se faire. Il enchaîne ensuite avec le Iron Man 3, qui a rencontré un succès critique mitigé mais qui a cartonné commercialement parlant. Personnellement, c'est l'Iron Man que je préfère avec le premier opus. Le film finit à 1.2 milliards de dollars de recette monde, ce qui lui permet de revenir sur le devant de la scène avec l'excellent Nice Guys, dont on attend un deuxième opus avec grande impatience. Puis s’attelle à une suite de Predator 1 et 2, qui se passe avant le Predators de Nimrod Antal et qui ne renie pas les Alien Vs Predators, il fait même un clin d'oeil à l'arme de l'héroïne dans une vitrine.

Et c'est de ce dernier dont nous allons parler, The Predator, pas AVS bien sûr. Shane Black et son compère, ami de 30 ans, Fred Dekker (dont il a écrit le script de son premier film "The Monster Squad"), écrivent à quatre mains le script de ce dernier film de Black. Et inutile de dire qu'il leur ressemble. On retrouve des idées que n'aurait pas renié le script du dernier Samaritain, voire même des punchlines digne de Last Action Hero. Black et Dekker ^^, s'unissent donc pour raconter l'histoire d'un soldat Quinn Mc Kenna, qui lors d'une banale opération contre des trafiquants de drogue se trouve au prise lui et son unité avec un vaisseau extraterrestre et son occupant qui semble être tout sauf amical. L'opération capote, et tous sont tués, trafiquants comme membres de l'équipe de Quinn. Ce dernier est capturé par une agence gouvernementale, menée par le sinistre Traeger, ainsi que la créature capturée à son tour, mais avant son arrestation, il a le temps de faire envoyer par la poste ce qu'il a trouvé dans le vaisseau spatial à son fils, Rory.

Traeger l'interroge, par un psychologue véreux qui conclue à la folie, et il est envoyé dans un bus qui contient déjà une escouade de soldats pour un internement, ou plutôt une lobotomisation sans faille. Mais c'est sans compter sur le mystérieux visiteur de l'espace, un Predator qui veut récupérer armes et bagages et s'enfuit du complexe scientifique où il était retenu pendant que le bus roule vers le funeste destin de ses passagers. La créature massacre tous les soldats et scientifiques, à l'exception d'une biologiste entomologiste dépêchée là par Traeger pour étudier la créature en question. De son côté, Quinn fait ami ami avec ses compagnons d'infortune, et profitant d'une diversion occasionnée par deux prisonniers, ils se rendent maître du véhicule et éjectent leurs geôliers. Son chemin finit par croiser celui de la biologiste qui se lance à la poursuite du Predator.

Ceci n'est que le départ de l'histoire, mais inutile de dire qu'on ne s’ennuie pas une seule seconde. Le rythme est soutenu, les clins d'oeils aux deux précédents films sont suffisamment discrets et amusants pour ne pas devenir lourd. Et il y a tellement de punchlines qui font mouche qu'il faudrait un carnet entier pour toutes les noter. L'alchimie fonctionne vraiment bien entre tous les membres de l'escouade de Quinn, et ce dernier. Et l'apport de la très bonne Olivia Munn dans le rôle du docteur Casey Brackett, la biologiste en question est un apport féminin supplémentaire dans lequel le personnage n'est pas réduit à un "love interest" du héros mais possède sa propre dimension héroïque. C'est aussi une vraie joie de retrouver l'excellent Sterling K. Brown, (vu dans Hotel Artemis, Black Panther notamment) en antagoniste principal humain, et le trop rare Thomas Jane en marines fou de la gâchette, et fou tout court d'ailleurs, prisonnier du syndrome de Tourette.

Au final, c'est un réel plaisir de cinéphage de voir cette suite de Predator 1 et 2 dans la continuité des deux précédents, et avec une réel apport original à la mythologie Predator, notamment des monstres différents, et nouveaux, dont des chiens et un hybride. On prend même beaucoup de plaisir à retrouver la musique du grand Alan Silvestri, réorchestrée pour l'occasion par Henry Jackman (à qui on doit notamment, le score de "Kick Ass", "X-men le commencement" et "Kingsman : services secrets").

On espère en tout cas que Shane Black reviendra rapidement sur le devant de la scène, car ça fait réellement du bien de voir un film mis en scène depuis tous ses films à la mise en scène et aux répliques interchangeables qui sortent chaque mois sur les écrans.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, Steelbook, coffrets Predator et VOD depuis le 20 février 2019. Edité par 20th Century Fox. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Le Predator original de John Mc Tiernan restant un classique à voir à tout prix et d'autres films du genre demeurant à découvrir dans la catégorie une nouvelle année côté blockbusters.
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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 22:16
Chair de Poule 2

Chair de Poule 2 n'est pas un mauvais film, ni même un mauvais film d'horreur, c'est un film qui surfe un peu sur la vague des Conjuring et autres poupées possédées mais pour donner de petits frissons aux enfants ou aux adolescents impressionnables. Ari Sandel qui est surtout connu pour avoir gagné l'oscar du meilleur court-métrage en 2007 avec West Bank Story, variation musicale autour de Roméo et Juliette, mettant en scène un jeune soldat israélien qui tombe amoureux d'une caissière Palestinienne en dépit de la haine qui existe entre leurs deux familles, est ici aux manettes de la réalisation.
 

Dans ce Chair de Poule 2, le réalisateur est un peu en pilotage automatique, un yesman à qui on demande de faire quelque chose de formaté, qui ne dépasse pas, et qui reste divertissant, et qui remplit son contrat. Le film est loin d'être mauvais ou infamant mais on espérait quand même mieux d'une adaptation de l'Univers de R.L Stine, sorte de Stephen King pour enfants des années 90.

Et la "nostalgie" 90's est là pourtant, énormément de choses y font penser dans le film, voire même de la nostalgie 80's, de Ferris Bueller à E.T en passant par Poltergeist ou Gremlins. Même le 2000's Monster House de Gil Kenan, produit par Steven Spielberg et Robert Zemeckis semble être convoqué, mais le problème est qu'on reste toujours à la surface de ces références, et que le scénario tout comme le traitement de l'image n'en fait pas grand chose de plus.

C'est un honnête ride, à mi chemin de plusieurs genres et films, dont Jumanji étrangement, par certains côtés, mais rien ne fait dépasser l'intrigue ou le film. Et ce qui aurait pu être une sympathique variation autour d'une poupée maléfique, sorte de Chucky pour les enfants/adolescents devient juste une foire au monstre intéressante mais un peu vide.

Quitte à revoir un film comme Jumanji, Poltergeist, Gremlins, Monster House, E.T ou Ferris Bueller, autant revoir les originaux qui n'ont pas pris une ride et qui ont en sous-texte, bien plus à dire que cette anecdotique adaptation de l'univers de R.L Stine.

L'intervention de R.L Stine interprété encore par Jack Black est sympa, quoique très anecdotique, et le petit rôle de Ken Jeong qui cabotine pas mal est lui aussi plutôt agréable sans être transcendant ou réellement utile à l'intrigue. On appréciera quand même la tentative de relier Nicolaï Tesla (assez grande idole de l'undeground américain et de la pop culture) et fantastique, même si le principe de l'utilisation de son invention pour servir les desseins de Slappy n'est pas très clair en soi. On retrouve d'ailleurs le personnage de Slappy avec plaisir, mais l'intrigue est moins centrée sur lui que sur une hypothétique foire aux monstres qui pourrait tout autant être dans un opus de la Nuit au Musée. Alors que la simple figure de la marionnette aurait pu être l'occasion de détourner les codes du film d'horreur, et d'en faire un anti-E.T réjouissant et iconoclaste façon Joe Dante.

Dans les années 90, les séries Fais moi peur (dans le style de Chair de Poule), et Chair de poule la série par la suite, étaient plus fidèles aux livres de Stine, et plus intéressantes dans leur sous-texte sur l'adolescence que le film.
Les bonus du dvd sont assez accès gamin, des featurettes, un karaoké avec Slappy, etc... mais toujours agréable à visionner.

La fin semble annoncer un 3, en espérant que ce futur opus sera plus fouillé dans son histoire, surtout au vu de la promesse que la fin semble faire, sur le principe de création, tout ça.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffret Chair de poule 1 & 2 et VOD depuis le 6 mars 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories le top cinéma du début d'année et côté dessin animé américain en 2019.

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