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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 20:01
Venom

Le réalisateur de Bienvenue à Zombieland, et de Gangster Squad, Ruben Fleischer, s'attaque à un des personnages anti-héros/antagoniste les plus décriés de l'écurie Marvel :  Vénom. Ce dernier qui n'avait eu le droit qu'à un film dans lequel le personnage faisait de la figuration active mais sans plus, car son réalisateur Sam Raimi, se l'était fait imposer par le studio sans grand enthousiasme pour le personnage ; se retrouve ici avec son propre stand-alone, origine story. A l'origine prévu comme un spin-off de Spider-man 3, Vénom possède maintenant une vraie identité personnelle, mais peine à convaincre.

Et contrairement à ce que la campagne de bashing pré-sortie du film pouvait suggérer, le résultat final n'est pas aussi catastrophique qu'on aurait pu le craindre, même si il est loin de convaincre complètement non plus. Malgré de relatives incohérences, un peu gênantes parfois, le film même s'il ne dépasse jamais l'ambition d'un produit de studio comme un autre est loin d'être inintéressant.

Tom Hardy campe un Eddie Brock, assez convaincant en soi et sa relation avec le symbiote notamment Vénom, rappelle un peu la cohabitation de Octopus avec ses tentacules, la dimension Shakespearienne en moins malheureusement . De sorte que le film ne dépasse malheureusement jamais l'humour PG13 d'un film qui a l'origine était prévu pour être Rated R. Et ça se sent malheureusement beaucoup dans le film. Et d'anti-héros, un brin subversif (créé à l'origine par Todd Mc Farlane), il devient un clone plus violent de Spider-man quasiment. Et c'est réellement de ça dont il est question, car le Tisseur n'existe pas dans cet "univers filmique car il est parti aider les Avengers. L'adversaire le plus emblématique de Spidey, son quasi miroir (Eddie Brock/ Peter Parker), et celui qui lui amène sa noirceur par l'entremise du symbiote est du coup dépossédé en partie de son intérêt.

Le film se suit sans déplaisir, mais il manque quand même une vraie structure narrative, et un vrai point de vue mythologique pour donner une vraie origine story réellement intéressante et adulte à ce personnage très célèbre de Marvel. On se prend presque à regretter Topher Grace, loin d'être exceptionnel déjà, dans le Vénom de Sam Raimi, tant ce nouveau film manque d'épaisseur. Et une grosse incohérence dans le film, le visuel de Vénom est lié au tisseur, mais ici, foin de tisseur, du coup, on ne comprend pas bien pourquoi Vénom a tout de l'Araignée, puisque Peter n'a pas été contaminé par lui.
On notera aussi un retournement de veste du symbiote Vénom un peu rapide, et des clins d'yeux, volontaire ou non à E.T de Steven Spielberg mais sans la profondeur thématique de ce dernier.

Les SFX sont assez inégaux et varient de super à illisibles (cf le dernier combat du film, pire qu'un combat de robots dans Transformers). Apparemment le film a bien marché au box office, et il sera probablement lié à une suite. On espère juste que la suite sera plus intéressante et plus à même de traduire l'intérêt du personnage de Mc Farlanne. On est content de retrouver Michelle Williams, transfuge de la série Dawson, mais relativement déçu pour elle que ce soit dans ce film là. Riz Ahmed de son côté campe un antagoniste pas mal mais loin d'être inoubliable, sorte d'"Elon Musk" négatif.

Les bonus sont très correct en revanche : scènes supprimées, mode Vénom pour arrêter le film en cours et avoir droit à des easters eggs et références expliquées, des featurettes, making off et le traditionnel commentaire audio. En plus, de ces bonus relativement complet, une deuxième galette Bluray propose un documentaire lui réellement intéressant sur le personnage et son évolution de la BD à l'écran.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, et VOD depuis le 18 février 2019. Edité par Sony Pictures France. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories toutes les productions de l'année en cours et le cinéma palpitant en 2019.



 

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 17:16
Manhunt

Etant un fan de John Woo, depuis ses débuts à Honk-Kong et l'avancée de sa carrière là-bas que ce soit dans The Killer, une balle dans la tête, les syndicats du crime 1 et 2, ou A toute épreuve, jusqu'à sa période américaine, Broken Arrow, Volte Face, même Mission Impossible 2 a grâce à mes yeux (un peu plus de réserve sur Wintalkers ou Paycheck), voir le tout dernier de ses films, et dans un retour au cinéma de ses origines avait quelque chose de très excitant. J'avais moins suivi la suite de sa carrière après Paycheck, à l'exception de son retour au cinéma asiatique dans le superbe les 3 Royaumes.

Malheureusement, passé le premier acte du film, vraiment réjouissant, l'excitation est retombée un peu vite. Bien évidemment tout n'est pas à jeter dans le film et il possède quelques très très belles fulgurances visuelles, et d'assez beau cadre ou mouvement de caméra, jamais gratuit mais même si l'ambiance de ce film d'action thriller est assez plaisante, l'intérêt pour le film peine à démarrer, tant on a l'impression d'assister à un exercice de style, à mi chemin de l'expérimentation artistique, voire arty, dans ce que le terme a de plus "péjoratif". Ainsi, on se retrouve face à un film qui essaie beaucoup de choses mais dont les éléments intrinsèques manquent de liant pour emporter l'adhésion du spectateur.

On retrouve bien évidemment les gimmicks de Woo, que ce soit les combats superbement chorégraphiés, les ballets de voitures comme dans MI:2, le sang ou encore les symboles qui n'appartiennent qu'à lui comme les colombes et les flammes, ou les chargeurs de pistolet non réaliste, mais même ces derniers éléments font un peu toc. Pour tout dire on a l'impression d'assister à un "pot-pourri" de toute sa carrière de réalisateur, comme si il y avait des allusions à chacun de ses films tournés pendant sa vie.

Le film Manhunt est un remake d'un film hong-kongais bien plus vieux de 1976. John Woo après la mort de l'acteur du film éponyme Ken Katamura en 2014, voulait faire un film pour lui rendre un dernier hommage. En effet, il déclarait dans une interview « Ken Takakura est l'un de mes acteurs favoris dans le monde. C'était mon idole et il a influencé beaucoup de mes films. L'image de Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime a été inspirée par l'image et le style de Takakura. Je voulais faire un film dédié à Ken Takakura» . Un producteur chinois, Peter Lam, apprenant son désir, lui propose de réaliser un remake du film "Kimi yo fundo no kawa wo watare" (le titre original du film,sorti aux États-Unis sous le titre de Manhunt. Le film dont l'acteur principal était Ken Takakura était tiré du roman Kimi yo Fundo no Kawa o Watare de Jukô Nishimura.

Pour un budget avoisinant les 50 millions de dollars, John Woo se fait plaisir et met en scène l'histoire d'un procureur qui est pourchassé pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et qui est traqué à la fois par un policier trés tenace, et par la mafia qui veut éliminer ce témoin gênant de leurs activités pour le moins trouble. Rempli de faux semblants, et de mensonge sur les apparences, le film est un efficace polar de série B. Le fait que deux tueuses soient des femmes jouent habilement sur les récents bouleversements féministes qui ont secoué l'industrie cinématographique quasi mondiale, et les références aux vieux films, et aux vieux cinéma du type de celui de Melville ou Godard apporte une certain singularité à l'oeuvre. Melville est pour rappel un des réalisateurs préférés de Woo, puisqu'il a toujours dit et répété que le Samouraï était un de ses films favoris du réalisateur français.

La traque du procureur par le policier intègre, et revanchard se suit sans aucun déplaisir, et le manque d'accroche au récit, est plus le fait de ce côté parfois à la limite de l'expérimentation stylistique que dû à des réelles carences de scénario. On retiendra une magnifique idée. La caméra filme en oeil de Dieu d'assez haut (un plan en plongée à 90°), une mariée, dont la robe se couvre du sang de son fiancé qui vient de se suicider d'une balle dans la tête. Ce sang qui envahit la blancheur de sa robe comme une impossibilité d'un bonheur parfait, qui s’entache du deuil de son "mari" le jour même de son bonheur devant censément être le plus intense ; est une idée incroyable, et on regrette presque la rareté de ce genre de fulgurances visuelles.

Le film est tout de même loin d'être un navet, et le spectateur moins exigeant se contentera des magnifiques chorégraphies d'actions qui rappellent le Woo des grands jours. On a une impression très diffuse qui parcours tout le métrage, car ce dernier parle énormément de morts, de passages, de transmissions, un peu comme si Woo faisait un film quasi testamentaire. Et ce sentiment met aussi le spectateur assez mal à l'aise.  Aux dernières nouvelles, John Woo envisagerait un remake de son film The Killer, une manière sans doute de faire le bilan de sa vie de cinéaste, avant de se réinventer qui sait (un peu comme va l'être le projet de réadaptation de West Side Story pour Steven Spielberg). On attend en tout cas de voir le résultat avec impatience même si les dernières news sur cette arlésienne de Woo (annoncée depuis 2011), date de 2015.

Etant un fan de John Woo, depuis ses débuts à Honk-Kong et l'avancée de sa carrière là-bas que ce soit dans The Killer, une balle dans la tête, les syndicats du crime 1 et 2, ou A toute épreuve, jusqu'à sa période américaine, Broken Arrow, Volte Face, même Mission Impossible 2 a grâce à mes yeux (un peu plus de réserve sur Wintalkers ou Paycheck), voir le tout dernier de ses films, et dans un retour au cinéma de ses origines avait quelque chose de très excitant. J'avais moins suivi la suite de sa carrière après Paycheck, à l'exception de son retour au cinéma asiatique dans le superbe les 3 Royaumes.

Malheureusement, passé le premier acte du film, vraiment réjouissant, l'excitation est retombée un peu vite. Bien évidemment tout n'est pas à jeter dans le film et il possède quelques très très belles fulgurances visuelles, et d'assez beau cadre ou mouvement de caméra, jamais gratuit mais même si l'ambiance de ce film d'action thriller est assez plaisante, l'intérêt pour le film peine à démarrer, tant on a l'impression d'assister à un exercice de style, à mi chemin de l'expérimentation artistique, voire arty, dans ce que le terme a de plus "péjoratif". Ainsi, on se retrouve face à un film qui essaie beaucoup de choses mais dont les éléments intrinsèques manquent de liant pour emporter l'adhésion du spectateur.

On retrouve bien évidemment les gimmicks de Woo, que ce soit les combats superbement chorégraphiés, les ballets de voitures comme dans MI:2, le sang ou encore les symboles qui n'appartiennent qu'à lui comme les colombes et les flammes, ou les chargeurs de pistolet non réaliste, mais même ces derniers éléments font un peu toc. Pour tout dire on a l'impression d'assister à un "pot-pourri" de toute sa carrière de réalisateur, comme si il y avait des allusions à chacun de ses films tournés pendant sa vie.

Le film Manhunt est un remake d'un film hong-kongais bien plus vieux de 1976. John Woo après la mort de l'acteur du film éponyme Ken Katamura en 2014, voulait faire un film pour lui rendre un dernier hommage. En effet, il déclarait dans une interview « Ken Takakura est l'un de mes acteurs favoris dans le monde. C'était mon idole et il a influencé beaucoup de mes films. L'image de Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime a été inspirée par l'image et le style de Takakura. Je voulais faire un film dédié à Ken Takakura» . Un producteur chinois, Peter Lam, apprenant son désir, lui propose de réaliser un remake du film "Kimi yo fundo no kawa wo watare" (le titre original du film,sorti aux États-Unis sous le titre de Manhunt. Le film dont l'acteur principal était Ken Takakura était tiré du roman Kimi yo Fundo no Kawa o Watare de Jukô Nishimura.

Pour un budget avoisinant les 50 millions de dollars, John Woo se fait plaisir et met en scène l'histoire d'un procureur qui est pourchassé pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et qui est traqué à la fois par un policier trés tenace, et par la mafia qui veut éliminer ce témoin gênant de leurs activités pour le moins trouble. Rempli de faux semblants, et de mensonge sur les apparences, le film est un efficace polar de série B. Le fait que deux tueuses soient des femmes jouent habilement sur les récents bouleversements féministes qui ont secoué l'industrie cinématographique quasi mondiale, et les références aux vieux films, et aux vieux cinéma du type de celui de Melville ou Godard apporte une certain singularité à l'oeuvre. Melville est pour rappel un des réalisateurs préférés de Woo, puisqu'il a toujours dit et répété que le Samouraï était un de ses films favoris du réalisateur français.

La traque du procureur par le policier intègre, et revanchard se suit sans aucun déplaisir, et le manque d'accroche au récit, est plus le fait de ce côté parfois à la limite de l'expérimentation stylistique que dû à des réelles carences de scénario. On retiendra une magnifique idée. La caméra filme en oeil de Dieu d'assez haut (un plan en plongée à 90°), une mariée, dont la robe se couvre du sang de son fiancé qui vient de se suicider d'une balle dans la tête. Ce sang qui envahit la blancheur de sa robe comme une impossibilité d'un bonheur parfait, qui s’entache du deuil de son "mari" le jour même de son bonheur devant censément être le plus intense ; est une idée incroyable, et on regrette presque la rareté de ce genre de fulgurances visuelles.

Le film est tout de même loin d'être un navet, et le spectateur moins exigeant se contentera des magnifiques chorégraphies d'actions qui rappellent le Woo des grands jours. On a une impression très diffuse qui parcours tout le métrage, car ce dernier parle énormément de morts, de passages, de transmissions, un peu comme si Woo faisait un film quasi testamentaire. Et ce sentiment met aussi le spectateur assez mal à l'aise.  Aux dernières nouvelles, John Woo envisagerait un remake de son film The Killer, une manière sans doute de faire le bilan de sa vie de cinéaste, avant de se réinventer qui sait (un peu comme va l'être le projet de réadaptation de West Side Story pour Steven Spielberg). On attend en tout cas de voir le résultat avec impatience même si les dernières news sur cette arlésienne de Woo (annoncée depuis 2011), date de 2015.

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 8 février 2019. Edité par Metropolitan Filmexport), Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film dans les catégories les films appréciés du public en 2019 et l'adrénaline venue d'Asie cette année.

 

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 14:39
Peppermint

Face au 5eme film de Pierre Morel et n'ayant pas vu Gunman, la circonspection est de rigueur. Débutant sa carrière de réalisateur par l'anecdotique mais un peu plagiaire Banlieue 13, et la poursuivant ensuite avec le beaucoup plus intéressant Taken, film qui a propulsé Liam Neeson dans le rôle récurrent de père absent partant à la recherche ou dans la vengeance d'une fille ou d'un fils, disparu ou tué, Pierre Morel est un réalisateur de film d'action qu'on prend plaisir à retrouver, un solide "executionner" comme disent les américains, de films en films. Un peu comme  Louis Letterier, même si la préférence va clairement à ce dernier.

Dans ce Peppermint dont le titre est tiré d'une réplique de la petite fille de l'héroïne qui réclame une glace "peppermint" à sa mère à la fête foraine avant son exécution sommaire par des mafieux locaux, on suit les tribulations de Riley North ( incandescente Jennifer Garner) qui pour venger la mort de son mari et de sa fille se met en chasse contre les responsables non seulement de leur mort mais aussi de leur non justice.

Riley North vit avec sa petite fille et son mari, garagiste de son état. Et le jour de l'anniversaire de son enfant, elle demande à son mari de gérer le jour J, pendant que Riley doit travailler à la banque qui l'emploie. Le mari accepte, et juste avant reçoit un appel d'un ami qui lui demande de l'aider à voler une cargaison de drogue imagine t-on à des mafieux mexicains. Le mari dit à son ami qu'il doit réfléchir et qu'il lui donnera sa réponse plus tard.
Le soir lorsque Riley rentre de son travail trés tard car son patron l'a obligé à faire la fermeture de la banque, elle trouve son mari et sa petite fille, seul dans la maison décorée, et pour le moins décontenancé. Personne n'est venue au goûter d'anniversaire de sa fille, et lorsque Riley consulte son répondeur, elle comprend pourquoi. Mandy la femme la plus riche du quartier a invité tous les enfants à une fête pour se venger d'un problème minime que lui a causé Riley sur le parking d'un centre-commercial, une vague histoire de place de parking réservée à son groupe.

Riley est furieuse et triste pour sa petite fille et lui propose de pas se laisser abattre et d'aller quand même s'amuser, en mangeant une pizza, tous les trois, une glace, et un tour à la fête foraine. De son côté son mari, rappelle son ami pour lui dire qu'il refuse le "boulot" qu'il lui propose. Il tombe sur son répondeur et pour cause, puisque l'ami est déjà au main du mafieux qu'il voulait dépouiller, et que ce dernier l'ayant appris, est en train de le torturer, puis il le tue.

Riley, son mari, et sa fille, partent donc pour cette soirée improvisée, soirée qui n'aurait pas eu lieu si la femme antipathique n'avait pas invité tous les amis de sa fille à une fête pour se venger. Bref, les deux parents et l'enfant passent une bonne soirée sur les manèges et autres barbe à papa pour rattraper ce jour de fête gâché. Le groupe s'achète une glace, "peppermint" pour la petite fille, et recommence à déambuler, Riley se rend compte qu'elle n'a pas eu de serviette en papier, et retourne sur ses pas pour en demander. Son mari et sa petite fille continuent seuls, et c'est là que le drame survient, puisqu'une voiture émerge et roule le long de la rue, puis les vitres se baissent et en sortent des armes automatiques qui exécutent sommairement le mari, et forcément la petite fille qui était à côté. Riley assiste impuissante à la scène, et accourt vers eux, mais elle reçoit également des balles et s'évanouit.

Mais ceci n'est pas le début du film, ceci est un flashback car le film s'ouvre sur une voiture qui se secoue et dans laquelle on entend un "couple" possiblement pousser des cris comme si ils faisaient l'amour, mais en réalité ils se battent, ou plutôt la femme du "couple" est en train de coller une dérouillée à l'homme, elle finit par sortir un pistolet et le tuer. Cette femme c'est Riley North. Ensuite survient le flashback expliqué plus haut.

Suite aux meurtres de son mari et de sa fille ; le fameux lieu commun au cinéma et dans les comics connu sous le nom de "woman in fridge" (la femme dans le frigo) et qui a donné lieu à énormément de film de vengeance parmi lesquels Death Wish (avec Charles Bronson), plus récemment à un niveau presque parodique, John Wick et à un genre en soi, le "vigilante movie" ; Riley North décide de se venger. Appelée en qualité de témoin oculaire au procès des tueurs qui ont été arrêté mais relâché tout aussitôt par l'entremise d'un avocat véreux et d'un juge pour le moins ambiguë lui aussi, elle se précipite sur les prévenus en plein milieu du tribunal après l'arrêt de leur acquittement animée de la ferme intention de les tuer. Mais le juge décide de la faire interner en psychiatrie et dans l'ambulance qui la conduit à l'asile, elle s'évade, et disparaît dans la nature, pendant 5 ans. 5 ans pendant lesquels elle devient une tueuse hors-pair, et au bout de ces 5 ans, la date anniversaire de la mort de sa famille, elle revient exécuter non seulement les tueurs et probablement le commanditaire mais aussi ceux qu'elle estime responsable de leur acquittement. Et en parallèle on suit l'enquête de deux policiers de L.A qui enquêtent sur les crimes des meurtriers de la famille de Riley, puisque chacun des 3 hommes qui étaient dans la voiture ce funeste soir est assassiné à son tour. Et tout porte à croire que la coupable est Riley North.

Le réalisateur a dit en interview qu'il reçoit énormément de scénarios dans la lignée du film de vengeance, mais qu'un seul a eu grâce à ses yeux, car il avait eu en le lisant l'impression réelle que le scénariste ne s'était pas contenté de remplacer "il" par "elle" dedans pour coller à la mode actuelle Hollywood de la féminisation des héros, mais avait réellement écrit un sujet sur une femme, et une mère et que c'est proprement cela qui l'avait séduit pour le réaliser.

Au final, le film est effectivement assez fortement féministe, montrant une femme d'action parfaitement crédible, et Jennifer Garner, actrice rompue à l'action depuis Alias, ou le film Daredevil ne déroge jamais à sa réputation de femme forte. Malheureusement et sans vouloir effectuer de comparaison, le film n'arrive malheureusement jamais au niveau de la dramaturgie d'un Death Wish par exemple, mais il vaut essentiellement pour la performance physique de ka flamboyante Jennifer Garner dans le rôle de cette femme qui a tout perdu et n'a plus rien à perdre. Les seconds rôles ne sont pas en reste, notamment le comédien qui interprète le sergent Moises. 

Il est à noter que même si la réalisation est assez classique dans son ensemble, Pierre Morel culmine comme souvent dans les scènes d'actions, dynamiques et parfaitement chorégraphiées. On retrouve la maestria de Taken dans les lieux clos ou exiguë, tel que les couloirs, une voiture, ou encore un magasin de pinata. Et il faut aussi mettre à son profit, une très belle image symbolique. A un moment de sa vendetta, Riley North vient se recueillir sur la tombe de sa famille, et elle s'adosse contre cette dernière. Son corps cache complètement le nom de famille, à l'exception du début du mot. C'est ainsi qu'on peut lire "NO", autrement dit, une personne qui n'existe  quasiment plus ou bien une personne qui refuse la fatalité de son existence. Sachant que le héros est une femme, cela apporte encore plus de force au message féministe du film.

Au final, on est face à une série B de plutôt bonne facture, qui n'est certes pas un excellent film, mais qui a pour elle le mérite d'oser autre chose que le sempiternel macho ou pas qui venge sa femme ou ses enfants assassinés par des ordures. Rien que pour ça, le film mérite qu'on lui donne sa chance.

Au niveau des bonus, une featurette anecdotique de Garner qui dit qu'elle a adoré faire le film, un peu comme d'habitude à Hollywood, et un entretien avec Pierre Morel sans langue de bois dans lequel on apprend pas mal de choses intéressante sur lui et son cinéma. Egalement le fait qu'il n'aime pas les suites, aussi si Peppermint 2 il y a, bien que la fin soit juste symbolique elle aussi, il y à fort à parier sur le fait que Morel ne le réalise pas.

 

En DVD et Blu-Ray le 19 janvier 2018, et également en VOD. Edité par Metropolitan Filmexport. Lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories des films qui aimeraient faire partie des meilleurs films du monde un jour et le top du cinéma américain en ce début d'année.

 

 

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 16:10
Coffret 5 dvd Warner Aventures

Pour les fêtes, Warner Bros sort un coffret avec 5 films sur l'enfance qui correspondent clairement à ce que j'appelle des films pour enfants intelligents, qui ne prennent pas l'enfant pour un idiot et qui sans traumatiser l'enfant qu'il est encore pense déjà à l'adulte qu'il va devenir.

Les 5 titres en question, sont des classiques du film d'enfance : Charlie et la chocolaterie de Tim Burton (2005), Le Magicien d'Oz de Victor Flemming (1939), le Géant de Fer de Brad Bird (1999), les Goonies de Richard Donner (1985) et L'histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984).

Autant de films au récit initiatique qui parle de disparition, de deuil du Père, de deuil de l'enfance, de la volonté d'évolution et de changement, etc... essentiel aussi bien à chaque enfant en construction qu'en cette période de fêtes qui facilitent la vision de film enfantin (et non infantile) en attendant le Père Noël, une tasse de chocolat chaud sur laquelle surnage des marshmallows, à la main.

Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, est le plus récent du coffret, sorti en 2005, et déjà la deuxième adaptation du livre de Roal Dahl, en attendant la version "télévisuelle" de Netflix des deux tomes et avec la version de 1971 de Mel Stuart avec le grand Gene Wilder notamment. Johnny Depp succède à Gene Wilder avec talent sans copier le personnage mais en lui apportant d'autres facettes, de même que Burton amène au récit certaines des thématiques qui l'obsèdent. Même si ma préférence va toujours au film de Mel Stuart, cette nouvelle adaptation ne démérite pas, et les chansons supervisées, composées et chantées par Danny Elfman apporte une dynamique et un éclairage plus contemporain des thèmes du grand Dahl sur l'enfance Roi, ou sur les médias.
 

Le second film du coffret est le sublime film de Victor Flemming, le Magicien d'Oz, avec l'inoubliable Judy Garland dans le rôle de Dorothy, qui de petite fille de 10 ans est transformée ici en adolescente qui a des rêves d'émancipation de sa vie campagnarde, rêves qui ne tarderont pas à se réaliser lorsqu'une violente tempête enverra sa maison au pays d'Oz là où de méchantes sorcières, de gentilles également règne en partage sur des peuples tous très différents. Le roman avait pour lui d'"initier" les enfants à l'allégorie, car le roman de Frank Baum est une allégorie économique d'une période sombre des USA dans lequel l'étalon or traversa une crise financière sans précédent, dépression qui fut au coeur de la présidentielle d'alors. 

"Une allégorie économique

Entre 1883 et 1897, à la fin du Gilded Age, une dépression eut lieu aux États-Unis. Les agriculteurs de l'Ouest s'endettèrent lourdement. L'étalon-or avait alors cours et certains économistes préconisaient d'utiliser également l'argent3. Cela aurait permis d'augmenter la quantité de monnaie, aurait entraîné l'inflation et réduit le poids réel de l'endettement des agriculteurs. Cette question fut cruciale lors de l'élection présidentielle de 1896. William Jennings Bryan attaqua alors l'étalon-or. Mais ce fut William McKinley, républicain et défenseur de l'étalon-or qui devint président. Les personnages du livre symbolisent diverses figures et des événements de l'époque 4:

  • Dorothée : l'Américain moyen
  • Toto : le parti prohibitionniste (son surnom était Teetotaler)
  • Le bûcheron en fer blanc : les ouvriers
  • L'épouvantail : les agriculteurs
  • Le lion peureux : William Jennings Bryan
  • Les Croquignons : les habitants de la côte Est
  • Le magicien : Marcus Hanna, leader du Parti républicain
  • La sorcière de l'Ouest : William McKinley
  • La sorcière de l'Est : Grover Cleveland, président démocrate jusqu'en 1896, qui fut battu par William Jennings Bryan aux élections primaires
  • La tornade : la dépression
  • Les souliers d'argent : l'argent qui permettra, en touchant le chemin doré, de revenir au double étalon or-argent."

Le récit ne perd pas son allégorie politique de départ, puisque Victor Flemming en 1939 en fait un film sur la naissante guerre de 1940, où chaque personnage pouvant incarner un allié ou une des puissances de l'Axe, tout en gardant son récit premier de conte initiatique.C'est d'ailleurs au scénariste sud-africain Noël Langley , (un des rares noms gardés au générique sur les 14 scénaristes qui se sont succédés sur le film), qu'on doit la transposition de l'entourage de Dorothy dans le monde d'Oz, cet "artifice" scénaristique étant absent du livre de Baum.

Près de 80 ans plus tard, le film n'a rien perdu de sa superbe, ni de ses idées incroyables comme l'intro filmée en sépia et le pays d'Oz filmé dans le récent "technicolor", doublant une idée scénaristique d'une innovation technique ,remarquable (au premier sens du terme), un peu comme dans le Avatar de James Cameron qui en 2009 se permettait d'ailleurs un clin d'oeil au magicien d'Oz faisant dire à Quaritch à ses troupes nouvellement débarquées "Vous n'êtes plus au Kansas désormais, vous êtes sur Pandora". Le Magicien d'Oz reste définitivement une valeur sûre à faire découvrir aux plus jeunes, et à revoir une fois devenu adulte bien entendu.

Le troisième film du coffret est le magnifique et si émouvant, "Le Géant de Fer" de Brad Bird (1999), film sorti la même année que Matrix, qui passa assez inaperçu, en dehors d'une poignée de spectateurs au cinéma, et d'un peu plus de spectateurs lors de la sortie de la VHS. Pour ma part, je l'ai découvert, grâce au fait qu'un de mes neveux a gagné un concours Pathé Gaumont qui offrait comme cadeau, la VHS du film à des personnes tirées au sort parmi les participants, et c'est à moi qu'échu le rôle d'aller chercher la VHS au siège Marseillais de Pathé Gaumont. Le film que nous découvrîmes ce jour-là, il n'y avait quasiment aucun mot pour le définir. Un ovni, une pépite cinématographique, un chef d'oeuvre instantané pour ainsi dire de l'ordre du E.T de Spielberg, auquel il emprunte quelques thèmes. Un film initiatique puissant sur un petit garçon dont le père aviateur est mort, et qui se trouve face à un géant de fer volant avec qui il va se lier d'amitié et à qui il va faire découvrir, Superman.
Dans ce premier film de Brad Bird, on sent déjà toute la maestria du jeune réalisateur qui s'affirmera pleinement au contact de John Lasseter et de l'écurie Pixar pour culminer dans l'incompris mais si fantastique Tomorrowland qui poursuit le sujet du Géant de fer d'ailleurs.

Le Quatrième film du coffret se trouve être, encore un film culte pour la génération des 80's-90's, le cultissime Les Goonies de Richard Donner (1985), produit par Steven Spielberg sur une idée de ce dernier. Pour sauver la maison familiale d'un des membres de leur groupe d'aventuriers, les Goonies, plusieurs enfants partent à la recherche du trésor englouti du pirate Willy le Borgne. Un film tellement excellent qu'il faut le découvrir, et voir pour le croire un film pour enfant rempli de morts sanglantes, de gros mots, d'allusions sexuelles ou subversives. Il n'existe probablement pas deux films qui égalent les Goonies au niveau punchline et autres scènes cultes. Un monument du film initiatique d'enfance qui n'a pas tant vieilli que ça, n'en déplaise aux mauvaises langues qui le découvrent actuellement.

Enfin last but not least, le cinquième et dernier film de ce coffret est L'histoire sans fin de Wolfgang Petersen (1984), tiré du roman du même nom de Michael Ende, "l'histoire sans fin" et qui raconte l'histoire d'un petit garçon vivant seul avec son père depuis la mort de sa mère, Bastien. Traqué par les caïds de son lycée, il se réfugie dans une librairie, et discute avec un étrange libraire de son goût pour la lecture. Ce dernier lui présente un livre titré "l'histoire sans fin", et serti d'un drôle de symbole représentant un ouroboros (ou serpent qui se mord la queue). Bastien profite d'un moment d'inattention du vieux libraire et vole le livre. Poursuivi par les mêmes voyous qui ont retrouvé sa trace, il arrive en retard à l'école et se réfugie dans le grenier de l'établissement. N'osant plus ressortir, il se met à lire le livre, et Bastien découvre l'histoire de Atreyu, et de son fidèle destrier et ami, Arthax qui doit sauver le pays de Fantasia (en partie la raison pour laquelle ce blog se nomme ainsi) du Loup Noir du Néant qui va le détruire de part en part si la petite impératrice du royaume qui est malade ne guérit pas bien vite. L'histoire sans fin fait parti des rares réussites du réalisateur allemand Wolfgang Petersen, revenu sur le devant de la scène il ya quelques années déjà avec le péplum Troie notamment et est un film qu'il faut vivre pour en saisir toute la profondeur, on se gardera donc d'en révéler la plus infime partie. Pareillement au film Goonies, l'Histoire sans fin a trés peu vieilli lui aussi.

Au final on se retrouve avec ce coffret de film initiatique pour enfants avec cinq des meilleurs films initiatique justement, même si certains titres pourrait manquer à l'appel, on pense par exemple au Charlie et la Chocolaterie de Mel Stuart qui aurait été plus logique de mettre à la place du film de Burton, ou encore des films comme Le secret de la pyramide de Barry Levinson, ou autres. Mais malgré tout, ces 5 titres de qualité sont pour moi des indispensables du récit initiatique pour enfant à posséder dans sa dvdthèque, alors quel plaisir de les voir tous regroupés dans un même coffret pour les fêtes, qu'elle soit de l'année précédente, ou du prochain Noël à attendre.

 

Coffret DVD disponible depuis le 17 octobre 2018. Edité par Warner Bros. France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
Retrouvez ce film, et bien d'autres dans les catégories de bons fous rires en attendant les comédies américaines de 2019
et des émotions avant l'année prochaine.

 

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 20:47
Equa-liseur 2

Après le premier opus assez sympathique de découverte ou de redécouverte du personnage de Robert Mc Call, inspiré de la série tv du même nom des années 80, Equalizer, Antoine Fuqua, son scénariste et Denzel Washington remette le couvert pour un second opus, bien plus intéressant, avec des thématiques et des ambiances flirtant aussi bien avec l'esprit du regretté Tony Scott qu'avec le très frenchy Jean-Pierre Melville, on pense beaucoup à son le Samouraï).

Dans ce nouvel épisode de la "franchise", et d'aprés Denzel, le dernier, Robert Mc Call doit affronter des éléments de son passé. Si le film commence comme un film d'espionnage avec un clin d'oeil inversé au Cercle Rouge de Melville, puisqu'au lieu d'un détenu convoyé par train, on voit Mc Call traverser un train à la recherche d'une enfant enlevée par son père pour punir son ex-femme de l'avoir quitté. ; il se poursuit de manière plus conventionnel en illustrant le parcours de chauffeur Uber ou VTC de Mc Call, et sa manie de venir en aide à quiconque en a besoin.

Il rosse ainsi de belle manière, un quatuor de "yuppies" de Wall Street apparemment, qui ont drogué et abusé d'une jeune femme avant de la mettre dans la voiture de Mc Call. Puis on le retrouve confronté à un jeune noir, dont l'existence fluctue entre l'école d'art dont il sèche les cours et le zonage avec des membres de gang de ses amis. Jeune homme dont le frère a été tué dans une rixe entre gang.

Mc Call propose au jeune homme de peindre une jolie fresque sur la vie du quartier pour couvrir les graffitis identitaires des gangs en question, et puis il va voir une connaissance à lui, qui bosse pour Interpol sur l'assassinat d'un autre responsable et sa famille, connaissance qui semble être aussi une grande amie. Mais c'est lorsque cette dernière se fait assassiner, à son tour que Mc Call décide de déclencher une vendetta sanglante contre les responsables. Il enquête et ce qu'il découvre le met à son tour en danger, lui et le jeune noir qu'il a pris sous aile.

Le deuxième film Equalizer est une très bonne série B, mais dont la profondeur scénaristique, les références à la communauté noire (on voit un portrait de Frédérick Douglas, grand abolitionniste noir américain chez Mc Call, mais aussi des allusions subtiles par des morceaux de jazz, ou encore une référence au livre "une colère noire" de Ta-Nehisi Coastes (en VO "Between the World and Me" encore plus révélateur), et d'autres références éparses, apportent une plus grande profondeur à l'ensemble du film. Notamment une référence littéraire complètement improbable dans ce genre de film d'action,Mc Call lit A la recherche du temps perdu de Marcel Proust comme pour montrer qu'il se bat aussi contre son passé.

En particulier cet incroyable dernier acte qui se passe au milieu d'une tempête, déchaînant les éléments et l'homme dans un maelstrom de bruit et de fureur, dans lequel Mc Call qu'on ne voit pratiquement pas, mais qui semble être un démiurge omniscient et omnipotent, devient une sorte de fantôme, le tout sur fond de lames de fond déchaînées rappelant clairement le cinéma de Jean-Pierre Melville pour le coup. Antoine Fuqua continue aussi sur sa lancée dans sa volonté de devenir le successeur de Tony Scott, car après avoir récupéré la muse cinématographique que pouvait être Denzel Washington pour le regretté Tony Scott, voilà t'il pas qu'il multiplie les plans de trajet sur des ponts dans le film, comme autant d'étapes symboliques pour Mc Call, les ponts étant déjà une grande figure symbolique souvent employé chez Scott. D'ailleurs ce héros prolétaire luttant contre l'injustice des plus démunis rappelle beaucoup certaines des thématiques Scottienne, même si ce qui était plus valable pour le premier opus se retrouve moins vérifiable dans ce second, qui lorgne clairement plus du côté de Melville comme on l'a dit plus haut.

Après l'avoir sorti des cartons de naphtaline de la série, au final, Fuqua et son scénariste rendent le personnage immortel en en faisant d'un héros, une légende, une sorte de Jack Reacher afro-américain. Puisqu'à la toute fin du film, il devient quasiment un "héros" de comics, sans pouvoir surhumain mais avec des pouvoirs bien réels d'empathie et de don de soi relatif à tout héros quel qu'il soit.

Au niveau des bonus, une sympathique et courte featurette à l'entrée du Bluray, avant les menus du film, puis des scènes coupées, un visionnage du film avec des scènes dont le making-of est montré en même temps que le film, et plusieurs autres documents passionnants sur le film, ainsi que quelques spots TV.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffret Equalizer 1 & 2 et VOD depuis le 17 décembre 2018. Edité par Sony Pictures France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film et bien d'autres dans les catégories de belles scènes d'action à prévoir et dans un autre genre, pour se détendre.

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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 11:41
L'espion qui m'a larguée

Le moins qu'on puisse dire et ce sera ma seule parenthèse "politique" de ce blog consacré à un sujet de divertissement, c'est que le mouvement #MeToo aura eu au USA de vraies répercussions politiques, notamment, la mise en avant depuis 2015 de projets féminins, avec un cast féminin essentiellement (le sympathique Ocean 8) ou encore réalisé ou écrit par des femmes, (Wonder Woman et autres), peu importe qu'on apprécie ces films ou non, force est de constater que cette volonté de changer les choses existe, même si on peut penser qu'il peut y avoir un peu d'opportunisme dans ces décisions ; on attend toujours une évolution similaire en France.

Dans cette optique, les producteurs indépendants et les majors ont essayé de changer un peu les paradigmes et les tropes du cinéma avec plus ou moins de réussite, et cette comédie d'espionnage assez girly, incarne plutôt bien cet état d'esprit dans sa partie réussite.

S'inspirant du principe des James Bond et autres Mission Impossible, le postulat du film pourrait-être, que feriez vous, si vous découvriez en même temps que votre petit ami qui vous a largué comme une merde par sms était en fait un agent de la CIA, et que sa mort vous oblige presque malgré vous à finir ce qu'il avait commencé ; la réalisatrice et scénariste du film, Susanna Vogel nous livre une belle comédie d'action, et d'espionnage, à la fois drôle et sans temps mort, bien servie que ce soit la partie masculine, Justin Theroux en Jason Bourne ou en Ethan Hunt fait largement le job, ou ou Mila Kunis (trop rare au cinéma depuis sa révélation dans la série "That's the 70's Show") ou l'hilarante Kate Mc Kinnon (qui a le vent en poupe depuis sa révélation au grand public dans le reboot 100% féminin de SOS Fantômes), sans oublier le caméo réjouissant de Dana Scully, pardon Gillian Anderson, qui n'a rien perdu de sa superbe et de son cynisme mordant qu'elle réinjecte dans cette patronne de la CIA très autoritaire.

On notera également la présence de seconds rôles détonnant, que ce soit Paul Reiser dans le rôle d'un père complètement barjo, ou la découverte personnelle de Sam Heughan et Hasan Minhaj dans le rôle d'agent double ou pas, aussi complémentaire que de caractère opposé.

Du côté des méchants, la révélation du film, est l'androgyne et parfaite Ivanna Sakhno, tueuse mutique aussi froide qu'elle en est belle et qui compose ici un personnage tout en nuance.

L'histoire en peu de mots, voit donc Audrey (Mila Kunis) qui se fait larguer par son petit ami, Drew (Justin Theroux) et qui le voit ensuite débarquer dans son appartement, une horde de tueurs à ses trousses. Sa meilleure amie, Morgan, présente est également dans la même galère qu'elle, et lorsque Drew se fait abattre froidement par un des tueurs, Audrey et Morgan n'ont d'autres choix que de s'enfuir pour échapper à ceux qui traquent Drew. Ce dernier pressentant sa mort arriver, engage Audrey a apporter une statue de récompense qui est en fait une cache pour un secret d'état à ses supérieurs hiérarchiques, et de ne faire confiance à personne. Morgan, après avoir "accidentellement" poussé l'assassin de Drew par la fenêtre s'enfuit avec Audrey, et commence pour elle une suite d'aventures pour faire le jour sur l'identité et les motivations de Drew.

Le film se suit sans aucun déplaisir grâce à une réalisation plutôt simple mais efficace, Susanna Vogel reprend en le détournant dans une voie féminine, le trope bien connu de la "damzel in distress" mais en substituant à l'homme habituellement héros, un duo féminin aussi détonnant que drôle. Et ça fait du bien de voir ce genre d'évolution, surtout qu'en tant que mâle blanc, je n'ai personnellement eu aucun mal à m'identifier au duo, et en espérant que le film ne souffre pas d'une suite, qu'on espère arriver, je serais ravi en tant que spectateur de voir d'autres incursions dans d'autres genres surtout si elles sont aussi efficaces et réussies que ce "l'espion qui m'a larguée"

A noter également, le caméo de quelques minutes de Kev Adams dans le rôle d'un chauffeur VTC assez perché lui aussi. Et pour ses détracteurs, le plaisir de le voir se prendre une balle dans la tête assez vite.

Au niveau bonus, le film propose bien entendu un making-of habituel et assez complet, et également un tour du plateau avec Hasan Minhaj mais assez original car il met en scène une atmosphère plus froide (même si entièrement jouée il n'y a aucun doute là-dessus) qui tranche avec le ton policé et assez consensuel du making-of. Ca fait toujours plaisir de voir une équipe avoir assez d'autodérision pour se moquer d'elle-même. Egalement présent, des scènes coupées qui n'appportaient pas grand chose au film fini (le principe des scènes coupées même si dans certains cas, la coupe est regrettable), un bêtisier sympathique, et également assez original, et par contre qui s'avère indispensable une featurette mettant en scène les improvisations nombreuses des deux comédiennes. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles en ont de l'imagination. Le tout se regardant avec grand plaisir si vous êtes comme moi amateur de bonus.

En DVD, Blu-Ray et VOD le 15 décembre 2018. Edité par Metropolitan Filmexport. le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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30 novembre 2018 5 30 /11 /novembre /2018 14:46
MI6 : Mission Impossible Fallout

Sixième opus de la célèbre franchise, Mission Impossible Fallout rebat les cartes pour apporter le retour d'un ennemi de Hunt, celui du précédent opus, le terrible anarchiste Solomon Lane et son groupuscule terroriste, le tristement célèbre "Syndicat". 
Deuxième film de la franchise Mission Impossible à être réalisé par le britannique Christopher Mc Quarrie (scénariste plus que régulier du surdoué Bryan Singer, 4 films écrits avec son ami d'enfance), ce dernier continue sur la lancée du précédent opus, et expose encore plus son amour pour la série originale (retournement de situation, traquenard, twist à gogo, masque et jeux de dupe), tout en faisant la part belle à l'action débridée.


Et de l'action il va y en avoir à gogo dans ce nouveau film Mission Impossible, car Tom Cruise réalise quasiment 100% de ses cascades. On le voit tour à tour, piloter un hélicoptère, sauter de toit en toit à Paris, conduire une moto à toute vitesse, sans oublier un magnifique mano à mano autour d'une montagne enneigée. Le niveau d'implication du comédien est tel que s'étant cassé la cheville lors du saut d'un toit à une terrasse, le réalisateur a choisi de garder la scène en question, car Cruise, malgré sa cheville brisée, s'est relevé et a terminé la cascade en s'éloignant du champ de la caméra, blessé. On voit donc du coup, Cruise boitiller un peu sur un plan, alors que sur le plan qui lui fait immédiatement suite il court de façon guillerette. Ceci n'est pas une erreur de script ou une étourderie de l'acteur, non juste la représentation la plus ultime de la volonté d'un comédien qui croit à son acting. Ceci rappelle beaucoup, Viggo Mortensen qui dans le Seigneur des Anneaux s'étant pris un coup d'épée dans le visage qui lui a cassé deux dents, avait ramassé les deux dents et demandé de la colle pour pouvoir finir sa scène.

L'histoire de Mission Impossible Fallout, se passe après l'arrestation de Solomon Lane. Ethan pensait benoîtement en avoir fini avec le Syndicat, et la Rogue Nation, cette nation dissidente composée d'ex-agents prêt à n'importe quelle bassesse pour établir un nouvel ordre mondial dussent-ils en passer par des génocides et autres exterminations massives. Mais c'était sans compter sur le fait que ces derniers se sont regroupés sous le nom des Apôtres et comptent bien continuer leur entreprise de destruction et de re-création. Autour d'un nouveau leader, le mystérieux John Lark, (Lane étant en prison), et souhaitent construire trois bombes nucléaires en achetant 3 têtes de plutonium à des trafiquants d'armes. Ethan Hunt et son équipe, Luther (Ving Rhames) et Bengie (Simon Pegg), auquel viendra s'ajouter Ilsla Faust (Rebecca Ferguson), le nouvel amour de Hunt ne seront pas de trop pour lutter contre Lark et les Apôtres. Hunt, doit intercepter les 3 têtes de plutonium, avant que les Apôtres n'arrivent à mettre la main dessus, mais la mission se déroule mal et pour sauver la vie de Luther, menacée par les Apôtres qui interviennent en plein milieu de la vente, Hunt fait échouer la mission, et les 3 têtes de plutonium disparaissent. Convoqué par ses supérieurs, Hunt se voit contraint de faire équipe avec un certain August Walker (Henry Cavill) dépêché là par Erika Sloane de la CIA. Hunt n'est pas du tout enchanté mais il doit faire avec, et découvre bientôt en Walker, une sorte de double de lui, dans sa jeunesse et son insouciance totale du danger (Walker se jette en parachute dans un orage stratosphérique et manque d'en mourir). Ils tentent d'intercepter Lark, avant que ce dernier ne récupère les 3 têtes de plutonium mais tout ne se passe pas là non plus comme prévu.

Un petit mot sur le format UHD (Ultra HD) des nouveaux bluray 4K qui renforce l'impression de revision du film au cinéma alors qu'ils n'ont été vu que sur une télévision ou un moniteur UHD lui-même. Jamais l'immersion dans les scènes d'actions n'aura été aussi présente par la qualité de l'image ainsi exposée. La profondeur de champ est excellente, favorisant l'immersion dans le film.

Les bonus, comprennent un très bon making-of de 53 minutes, long mais passionnant qui revient en détail sur toutes les scènes d'action effectuées par Cruise lui-même, et on regrettera toutefois le fait que le making-of soit un peu trop centré sur le comédien et son réalisateur uniquement, délaissant un peu le reste de l'équipe. Quelques scènes coupées, étant plutôt quelques plans supprimés, tant la différence entre le film fini et ces scènes coupées semble peu sauter aux yeux. Lorne Balfe revient sur la manière dont il a composé la musique pour la course poursuite sur les toits de Londres, dans la featurette "Analyse de la musique de la course-poursuite". Et le dispensable "la mission finale" sauf si vous êtes un afficionado de Tom Cruise et que la voix off de votre acteur préféré commentant les scènes d'actions vu dans le making-of suffit à faire votre bonheur. Egalement un accès aux différents story-board des scènes d'actions du film et outre le commentaire classique de Christopher Mc Quarrie, et autres, "l'écoute isolée de la bande originale" est un gadget mais qui s'écoute avec pas mal de plaisir également.

Probablement pas le meilleur film de Christopher Mc Quarrie, mais quand même un excellent épisode de Mission Impossible qui se suit sans aucun déplaisir. Et pour une fois, un sentiment assez inédit dans les Missions Impossible, la capacité pour le spectateur à se dire qu'à tout moment n'importe qui peut mourir. Bien sûr, nous savons parfaitement que l'histoire va se finir bien pour tout le monde, mais pour une fois, la suspension volontaire d'incrédulité marche à plein tube, et c'est pantelant que nous suivons les péripéties de tout ces agents, amis comme ennemis. On pourrait finir l'histoire de Ethan Hunt sur ce 6eme Mission Impossible, que la boucle se retrouverait bouclée, après tout, MI6, c'est bien là que travaille James Bond. Et n'ayant pas vu Spectre, on ne pourra pas vraiment comparer les deux, mais il semble que Mission Impossible soit quand même aussi bien au niveau de ses scènes d'actions inventives et utra jouissive, un peu le fer de lance du genre espionnage.
Une impression de pot pourri ultime se dégage aussi de l'ensemble, et on se retrouve à souhaiter bien du plaisir au réalisateur qui devra prendre la suite de Mc Quarrie pour un éventuel septième opus, tant ce sixième opus a des allures de dernier baroud avant disparition de la franchise. Mais on ne boudera bien sûr pas son plaisir, si un 7eme opus vient à voir le jour, après tout, "Votre mission si toutefois vous l'acceptez, c'est bien ça la phrase non ?"

En DVD, Blu-Ray 4K Ultra HD et coffret DVD/BLu-Ray Intégrale Mission : Impossible le 5 décembre 2018. Edité par Paramount Pictures France. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.

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et les meilleurs frissons côté action.

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 14:41
Hotel Artemis

A l'initiative de l'idée de Mission Impossible 5, et scénariste de Iron Man 3 et Godzilla, Drew Pearce passe ici à la réalisation et nous livre un premier film qui a des airs d'épiphanie. Avant cela, on lui devait déjà le court-métrage "Edition Unique Marvel, longue vie au Roi" sur le personnage du Mandarin, du moins sa parodie en la personne de Trevor Slathery (Ben Kingsley) dans Iron Man 3. Et dans lequel Drew Pearce révélait déjà un certain sens du découpage et montrait qu'il savait filmer des scènes d'actions, tout ça pour son film d'étudiant. Comme tout premier long-métrage, Hôtel Artémis n'est pas exempt de petites erreurs, mais on sent transparaître dans le métrage une sincérité et une envie de cinéma, dès plus légitime. Chaque photogramme de Hôtel Artémis, chaque mouvement de caméra transpire l'envie de don de soi de la part du réalisateur scénariste et finit par emporter le morceau.

Déjà, l'idée de réunir Dave Bautista (inoubliable Drax dans les Gardiens de la Galaxie) et Jodie Foster qu'on ne présente plus, à la tête d'un hôpital réservé aux criminels de tous poils est juste excellente sur le papier et s'avère également très bonne dans le film. Et retrouver en méchant, Zachary Quinto (Heroes, Star Trek) et Jeff Goldlum (beaucoup moins cabotin que dans Thor Ragnarok) est aussi un petit plaisir dont on ne se lasse pas. Viennent compléter ce casting hétéroclite, Charlie Day (Pacific Rim), qui est impeccable dans ce "sous Joe Pesci dans les Affranchis), ou Sofia Boutella, petite frenchy devenue inouabliable dans son rôle de tueuse handicapée dans le Kingsman's service secrets de Matthew Vaughn.

Les gros points forts du film sont son originalité, dans la manière de dépeindre un futur dystopique, dans lequel les émeutes sont quotidiennes à L.A, et tellement violentes qu'un couvre-feu se déclenche chaque jour, et que la police a été remplacée par une force spéciale, surarmée dont la première apparition face au personnage de Jodie Foster, donne l'impression de voir une meute de loups, ou de robots, assez terrorisant pour le coup. Son atmosphère est aussi un des gros points forts du film, un air de SF terrienne, assez palpable, et glauque. On se retrouve par moment dans une ambiance à la Richard Kelly, et vu que c'est le premier film de Drew Pearce, on espère que l'histoire sera développée pour une suite ou un prequel pourquoi pas, afin d'en découvrir un peu plus sur des personnages tous aussi attachants que flippants, et dont le seul tort est de ne pas être aussi développé que le spectateur voudrait qu'ils le soient. Car l'univers mérite vraiment d'être contextualisée et expliquée plus avant.

L'histoire tient en quelques mots, suite à un braquage raté, une petite bande de malfrats, enfin les uniques survivants, à savoir donc deux frères (Sterling K Brown et Bryan Tyree Henry), blessés plus ou moins gravement, se réfugient dans un hôtel particulier, qui sert d'hôpital mais uniquement pour les criminels du coin (car oui, en cas de blessures par balles ou arme blanche, les hôpitaux normaux ont pour consigne obligatoire de prévenir la police). Sous les noms de code, Honolulu et Waikiki, ils sont soignés par le docteur Jean Thomas et son cerbère Everest. D'autres criminels blessés eux aussi les rejoignent bientôt, notamment Acapulco, un homme étrange et légèrement sociopathe, et Nice, une tueuse à gages, extrêmement douée. Suite à la nuit d'émeutes la plus violente que n'a jamais connu L.A, une flic s'effondre devant l'hôtel, très blessée, et Jean Thomas reconnait en elle, la petite voisine qui jouait avec son fils. Enfreignant une des premières règles de l'hôtel hôpital, "ne jamais laisser entrer des non membres", elle recueille la flic, une dénommée Morgan, et entreprend de la soigner, tandis que dans l'hôtel, les criminels sont très suspicieux de ce qui se passe.

Waikiki révèle à Honolulu qu'il a volé à un sbire du mafieu local pendant le braquage un stylo qui est en réalité un coffre-fort portable et contient 6 diamants d'une valeurs monétaire énorme. ET voilà que le mafieu local en question, Wolf King (Jeff Goldblum) se retrouve à devoir venir dans l'hôpital de madame Thomas avec ses sbires, parce qu'il est blessé cruellement et qu'elle est la seule à pouvoir le guérir. Un de ses fils l'accompagne et madame Thomas cède à une autre des règles du lieu en faisant rentrer le chef mafieu qu'elle semble bien connaître. On apprendra plus avant qu'il est un des fondateurs de l'hôpital dédié aux criminels, et que c'est lui qui a sorti Jean Thomas de l'ornière dans laquelle sa vie se trouvait après la mort de son fils. Bref, Jean Thomas se retrouve à devoir soigner l'homme que Waikiki a indirectement volé, tandis que Everest essaie de couvrir la fuite de la policière Morgan, une fois soignée. Evidemment tout cela ne vas pas aller sans heurt.

Ce premier film de Drew Pearce a presque les qualités de ses défauts, car à trop vouloir raconter, il finit par perdre un peu le lecteur, mais ce foisonnement de détail contribue également à dépeindre un univers riche, et fouillé qu'on espère voir devenir une franchise, (prequel ou sequel) pour en découvrir un peu plus sur toutes ces pistes scénaristiques évoquées mais non réellement développée en profondeur.

Au final, on se retrouve avec une série B de qualité, remplie d'acteurs confirmés et incarnant des personnages complexes mais lisibles au service d'une histoire simple mais enrichie de dizaines de petits détails et intrigues secondaires qu'on espère voir développés dans une éventuelle franchise.

En DVD, Blu-Ray et VOD le 26 novembre 2018. Edité par  Metropolitan Filmexport. le site et la page Facebook de l'éditeur.

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 20:26
The Gift Aid

The Gifted est sans doute la meilleure série chorale de mutants depuis Mutant X dans les années 2000... Hey ne partez pas, je plaisante, c'est vraiment une série de fou, et vous allez voir que la comparaison avec Mutant X n'est pas si stupide. Après le succès du film X-men, Marvel qui ne possède plus les droits d'exploitation est un peu déçue, surtout face au succès rencontré par le film X-men de Bryan Singer, et elle charge donc, une de ses têtes pensantes, Avi Arad de lancer une série, avec des mutants mais qui soit pas X-men, forcément. Alors le brave Avi, a l'idée de Mutant qui ne dépendrait pas d'un facteur génétique mais qui serait devenu Mutant suite à des manipulations génétiques, un peu à la Stricker dans X-men 2, ou X-men 3 (bien que il semble que X-men 3 n'a jamais existé... Encore un coup du "Mandela Effect". Bref, Avi Arad crée Mutant X (2001), diffusée en France sur TMC (de 2002 à 2004) puis sur M6 après cela dans la Saga des Séries, et la série se plante plutôt, il faut dire que c'était pas très bien filmé, mal éclairé, que les FX étaient risibles, et pas toujours très bien interprété. A noter la présence de l'inoubliable John Shea (Le Lex Luthor de Lois et Clark) dans le rôle de Adam Kane, le "gentil" protecteur des mutants. Et non content de ça, 20th Century Fox à l'époque, veut intenter un procès à Avi Arad et Marvel, parce que les droits d'exploitations des X-men leur appartiennent et que bon, ça ressemble quand même beaucoup aux X-men tout ça.

Mais presque 16 ans plus tard, de l'eau a passé sous les ponts, et toute la dispute est oubliée, puisque The Gifted se trouve être produit par 20th Century Fox, ET Marvel. Avi Arad en revanche n'est pas producteur de la série. Mais on ne perd pas au change, puisque des noms très prestigieux pour la plupart se retrouvent à la production : Bryan Singer, Len Wiseman, Lauren Shulen Donner (la productrice de bon nombre de Marvel pour la Fox, amusant quand on sait que son mari Richard Donner, a réalisé deux films DC), mais aussi Simon Kinberg, Jeff Loeb, Jim Chory, et Matt Nix, créateur de la série d'ailleurs, mais aussi à qui on doit les séries Burn Notice en 2006, et The Good Guys en 2010.

Ici, il ne sera nullement question des X-men, bien que Marvel ait récupéré les droits d'exploitations de certains personnages, mais en revanche, que ce soit eux, ou la Confrérie, on les évoquera comme d'anciens héros, des légendes, et leur présence reviendra au fil des épisodes que ce soit des easter eggs, ou au détour d'un dialogue. Matt Nix, se concentre donc sur le quotidien d'une famille dont le père (Reed Strucker) est procureur dans la traque contre les mutants terroristes, et qui vit une petite vie tranquille, avec sa femme, et ses deux enfants, jusqu'à ce qu'un événement, extraordinaire, vienne faire basculer le cours de sa petite vie "tranquille". Reed Strucker est donc procureur et il traque les mutants dangereux depuis un événement tragique, survenu le 15 juillet et qui a eu des répercussions dramatiques, et a été notamment perçu par l'opinion publique comme une sorte d'attentat terroriste. Beaucoup d'humains ont été touché et le gouvernement a durci la répression des mutants criminels. Le pays est divisé entre les pro-mutants et les antis. Entre temps, les X-men ont disparu, et la Confrérie itou, laissant juste une poche de résistance, la Résistance mutante, dont une jeune femme Polaris, et son compagnon, Eclipse, entre autres sont les fers de lance sur choix personnel des X-men.

Après un acte particulièrement éprouvant de torture physique, disons le clairement de harcèlement scolaire de trois "camarades sur lui, Andrew, le fils de Reed va révéler des pouvoirs mutants particulièrement dévastateur en réaction à cet acte ignoble. Et lorsque la fille de Reed, Lauren, fait montre à son tour d'un pouvoir tout aussi puissant lorsque les anciens membres du bureau de Reed viennent arrêter Andrew suite à la démonstration de ses pouvoirs qui a blessé un de ses agresseurs ; Reed n'aura pas d'autres choix que de fuir avec sa femme, Caitlin, et ses enfants, et va trouver refuge dans le QG de la Résistance Mutante.

L'entente entre les mutants et le couple humain ne va pas aller sans heurt, mais ils vont rapidement se trouver un ennemi commun, en la personne de l'agent des Sentinelles Services, une sorte de SWAT humain, anti-terroriste mutant, Turner, et dont la petite fille a été tué le fameux 15 juillet, jour de l'attentat terroriste. Il nourrit depuis ce jour une haine féroce contre les mutants qu'ils jugent responsable et a fait de leur traque, une quête personnelle.

Il serait criminel d'en révéler plus, car cette série est tellement bien écrite et les personnages sont si bien développés que le plaisir doit être de découvrir par soi-même les rebondissements et les fausses pistes. L'épisode pilote est réalisé par Bryan Singer himself, et on ne boude pas son plaisir tant il est supérieur à tous les autres en terme de réalisation, les épisodes suivants réalisés par Len Wiseman (Underworld) et Jérémiah Chechik (qu'il est assez cocasse de retrouver ici, surtout après l'inégal Chapeau Melon et Bottes de Cuir qui a quasiment eu raison de sa carrière cinématographique en 1998) sont eux-aussi de très bonnes facture. Ensuite, on retombe dans une réalisation plus basique, mais le plaisir réside toujours autant dans le jeu des comédiens et comédiennes, tous excellents sans exceptions, la photographie particulièrement soignée dans ses jeux de clair-obscurs et d'ombres, et le scénario remplit de rebondissements bien amenés, le tout formant un ensemble cohérent et agréable à suivre. Un mot aussi sur la musique de l'excellent John Ottman, (en quelque sorte le John Williams de Bryan Singer, puisque compositeur de quasiment tous ses films, à l'exception de X-men dont le score fut composé par Michael Kamen, un peu avant sa mort), tour à tour, enlevée, virevoltante, comme les pouvoirs des Mutants mais aussi avec des nappes beaucoup plus sombre et tragique, car sans trop spoiler, la série est vraiment très adulte, et les spectateurs et spectatrices risquent de sortir pas mal les mouchoirs.

La saison 1 s'achève sur un cliffhanger, comme toute bonne série en fait, et la saison 2, diffusée en ce moment sur le câble, risque d'apporter son lots de réponses et de questions supplémentaires. Le fan service est plutôt limité, et toujours intelligemment utilisé, une allusion à un Magnéto par ci (sans le nommer), à un Wolverine par là, (toujours sans le nommer), mais guère plus, ou des objets symboliques de la Saga ou des Comics. Et la série comme souvent chez Bryan Singer, qui en est producteur à travers sa maison de production "Bad Hat Harry" (dont le nom pour la petite histoire est tiré d'un dialogue des Dents de la Mer de Steven Spielberg, ce dernier étant le réalisateur préféré de Singer), est l'occasion de parler de la différence du gène mutant que ce soit à travers les métaphores de la séropositivité, de la Shoah, de l'esclavagisme américano-africain, ou de l'homosexualité, mais élément nouveau, des autres minorités comme les asiatiques, les hispaniques, ou les indiens d'Amérique, ou encore les femmes. En effet on trouve des représentants de toutes ces minorités ethniques ou non dans la Résistance Mutante, et surement un effet positif du mouvement #meToo, pas mal de rôles féminins intéressants, et également à des postes clés comme la réalisation ou la production. Bryan Singer ayant lui-même été inquiété lors de l'affaire Weinstein et de ses secousses mais finalement innocenté des faits qui lui ont été reprochés n'est peut-être pas étranger à tout ça, mais ce n'est qu'une supputation.

Bref, si vous aimez l'univers des Marvels, les mutants, et les pouvoirs spéciaux, précipitez-vous sur cette série, qui est un bijou, et dont la saison 1 est composée de juste 12 épisodes, et croyez-moi c'est trop peu, vu le niveau d'efficacité de la série. On espère que la saison 2 aura le même niveau d'exigence et d'excellence qui ont pu caractérisé cette étonnante saison 1.
 

En DVD depuis le 7 novembre 2018. Edité par 20th Century Fox. Le lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.

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16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 15:04
Deadpool 2

L'histoire en peu de mots voit Deadpool s’asseoir comme rempart contre le crime organisé, mais cette action lui coûtera la vie d'un être cher, et il va vouloir mourir pour la rejoindre, mais son pouvoir d'autoguérison le condamne à rester en vie, et c'est Colossus qui viendra le chercher pour devenir un X-man et les aider dans leur lutte, notamment venir en aide à un petit garçon prénommé Russel, prisonnier d'un orphelinat tenu par un sadique, pervers. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.

Il est évident de dire suite à la vision de la version longue qu'on est face à un tout autre film, car oui, mes petits agneaux, je me suis tapé les deux versions d'affilées histoire de vous proposer la chronique la plus complète et juste sur les différences entre les deux, ainsi que tout les bonus, quand on aime, on compte pas.

Même si justement, il est assez difficile de dire que j'ai beaucoup aimé Deadpool 2, parce que même si je ne l'ai pas détesté, loin s'en faut, et même préféré au premier opus de Tim Miller, on est quand même face à un film totalement inoffensif qui sous ses dehors de subversion n'en a en fait pas beaucoup en dehors de sang, de tête tranchée, et d'un langage quelque peu ordurier. Mais la vraie subversion où est -elle ? On est loin d'un film comme Logan, dont Deadpool se moque en disant que lui aussi il va mourir pour monter le cran. Le problème est sans doute là, ce n'est pas parce que SPOILER Logan meurt dans son film éponyme qu'il est subversif, mais c'est bien tout ce qui amène à cette mort, et ça, David Leitch, réalisateur du sympathique John Wick et de Atomic Blonde que je n'ai pas vu, ne semble pas l'avoir totalement compris. Même si on est loin d'être dans un film mauvais, bien au contraire même, cette version longue apporte certes un peu plus de sang, de têtes tranchées et de gros mots ordurier mais elle apporte aussi pas mal d'empathie pour le personnage de Russel, ce qui manquait cruellement dans la version cinéma. L'arc du personnage qui semblait taillé à la truelle s'offre ici plusieurs scènes intéressantes dans lesquelles on découvre le personnage et s'éprend bien plus de lui et de son sort que dans les maigres flash-back de la version cinéma. 

Le reste du film demeure égal à la version cinéma, même si quelques transitions supplémentaires de scènes ou de plans carrément en dialogue avec d'autres sont mieux amenés que dans la version cinéma. Rien ne change beaucoup, mais au final ça change tout, on passe d'un film assez regardable mais sans plus à un film un peu mieux écrit et monté, qui donne envie de lui donner une deuxième chance. 

Même si les deux version sont présentes dans le boitier bluray, il est évident que le film doit être regardé dans sa version longue. Certaines blagues changent aussi, et Deadpool se permet quelques remarques un peu plus sanglantes c'est le moins qu'on puisse dire, et pour le coup, un brin plus subversives. Mais au final, on reste dans une sorte de comédie familiale, dans laquelle l'amour véritable et la famille sont les ressorts les plus importants, on croirait presque voir Moi, moche et méchants par moment (Despicable Me) dans son incapacité à montrer un personnage sans valeur et sans morale.

Les personnages secondaires comme la Hyène, Colossus, Negasonic Teenage Warhead, Dopinder ou Al sont toujours aussi savoureux, et à ceux-ci vient s'ajouter un Cable, remarquablement campé par un Josh Brolin tout juste sorti de son rôle de Thanos (d'ailleurs Deadpool lui enverra une pique à ce sujet). Le film est d'ailleurs bourré de petits clins d'oeil aux univers Marvel, clin d'oeil souvent souligné par Deadpool, qui est rappelons-le, le seul héros de comics à briser le 4eme mur car il a conscience d'être dans une fiction. Dans ce deuxième opus, ces petites interventions loin de faire sortir le spectateur, donne au récit un ton plus "réaliste" contre toute attente, car après tout pour les personnages des Marvels, il est juste fou. A noter aussi les apparitions éclairs et trés drôle de Matt Damon (oui vous avez bien lu, Matt Damon is in da place), et Brad Pitt dans le rôle du fantôme. Le passage d'ailleurs où Deadpool monte son propre "Suicide Squad" (la X Force) est un des meilleurs moments du film, non sans rire, un des meilleurs moments de burlesque et de n'importe quoi. C'est juste jouissif. A noter également un post générique désopilant dans lequel Deadpool répare pas mal d'"erreurs" de la chronologie Marvel, mais pas que, avant de s'attaquer dans la version longue à la "moman" de tous les Némésis de l'histoire du monde.

Le film s'accompagne dans son premier disque de bonus très fournés, parmi lesquels deux scènes coupées, un bêtisier, plusieurs documentaires très intéressant sur le tournage, un commentaire audio, et tous les teaser-trailers décalés qui ont accompagné la pré-sortie du film et sa sortie. Si vous avez aimé le premier opus, ce deux est fortement conseillé, et si comme moi, vous avez trouvé le premier opus sympathique, ce numéro deux, très différent dans ses enjeux : sauver un humain et pas le monde, saura sans doute vous satisfaire, surtout dans sa version longue.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K, Steelbook, Edition limitée, coffret Deadpool 1 & 2, et en VOD depuis le 17 octobre. Edité par 20th Century Fox.  : un lien vers le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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