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1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 20:27
Alerte Rouge : On ne naît pas femme, on en revient.

Au moment où le dernier Pixar sur la véritable histoire de Buzz l'éclair, le personnage qui a inspiré le jouet de Toy Story, sort au cinéma, on retrouve donc l'avant-dernier de la firme, Alerte Rouge de Domee Shi enfin en DVD et bluray.

Le film n'avait pas eu l'agrément d'une sortie cinéma, puisqu'il est arrivé directement dans le catalogue de Disney Plus. Et c'est le premier reproche qu'on pourrait faire à Disney, tant le film a été pensé en terme de cinématographie et d'écran de plusieurs mètres.

J'ai raté le précédent, qui était Luca, ayant eu droit au même traitement injuste, et n'ayant pas Disney Plus pour le voir, et je ne voulais pas faire de même pour celui-ci.
Et bien m'en a pris, car c'est probablement un des meilleurs Pixar à ce jour, dans la lignée des très grands chef d'oeuvres, comme Soul, ou plus prosaïquement Vice Versa.

Dans le film, on suit les aventures de Meilin Lee dit Meimei, une petite chinoise, dont les parents ont émigré à Toronto, pour faire découvrir la culture bouddhiste et notamment l'héritage de leurs ancêtres. Le film s'ouvre sur un rappel des commandements d'honneur envers ses parents, mais Meilin rajoute quand même qu'on ne doit pas s'oublier aussi en tant qu'enfant. Le spectateur découvre rapidement que Meilin ne vit pas vraiment pour elle, mais pour les résultats qu'elle souhaite donner à sa mère, afin que celle-ci la considère. La jeune fille de 13 ans, en pleine adolescence est quasiment vampirisée par les rêves de sa mère pour elle, et elle ne vit plus réellement sa vie pour elle. 

Meilin traverse l'école en alignant les A+, et les félicitations de ses professeurs, mais un jour, elle se retrouve en proie à une grosse émotion, un gros cauchemar, très onirique et symbolique, et le lendemain matin, elle est changée en panda roux.

A partir de ce moment, elle va devoir jongler, entre sa mère, ses désirs adolescents, et la tournure que cette nouvelle forme va donner aux rêves de Meilin et de ses amies de voir les 4Town en concert (sorte d'ersatz des One Direction) qui sont 5 comme le fera remarquer sa mère. Et tout ça, avant que la malédiction ancienne qui a frappé ses ancêtres ne la rattrape à son tour.

Ce serait dommage d'en dire plus, tant ce nouveau film de la firme Pixar va vous laisser exsangue et vidé de toutes les larmes de votre corps. Pour une fois dans un film Pixar, réalisé entièrement et écrit par des femmes (si on excepte le cours passage de la réalisatrice Brenda Chapman à la tête du projet Rebelle), Domee Shi s'attaque au tabou mondial assez fort et évocateur de la "mauvaise mère". Un autre objet intellectuel qui ose traiter le sujet de la mère abusive, entre autres. En France, en littérature, il avait fallu attendre l'année 1948 et Hervé Bazin dans son roman "Vipère au poing" pour avoir la peinture au vitriol d'une mauvaise mère. Bien sûr, Pixar oblige, tout le monde va évoluer, et la fin se termine de façon un peu culcul la praline où chacun apprend de ses erreurs et ça fait du bien, mais on salue toutefois l'audace de l'avoir amené sur la table pendant une bonne partie du métrage.

Et pour une fois aussi, également dans un Pixar, on a un père qui a une vraie force d'évocation, et ne se contente pas d'ânnoner dans le sens de son épouse, et de vivre dans son ombre totalement comme c'et malheureusement le cas dans beaucoup de séries et films américains, mais qui ira d'ailleurs a contrario dans le sens de sa fille dans une scène réellement pivot du récit.
Le film d'un strict point de vue cinématographique est aussi une leçon incroyable, puisque le sujet traité est l'occasion pour la réalisatrice, oscarisée pour le court-métrage Bao, de verser brillamment dans le mélange des genres asiatiques, tout y passe : Shônen, Wu-Xia Pian, décor de Chambara, même une réjouissante partie qui lorgne du côté du Kaiju Eiga, sans jamais qu'aucun de ces emprunts ne fassent formaté ou poussé aux forceps pour coller au récit. Et je ne dis rien sur l'incroyable climax final qui doit être vécu pour le croire. Tout s'enchaîne de manière ultra fluide, pour le plus grand plaisir du spectateur. Un film qui en plus, à la manière d'un Ranma 1/2 dont était très fan, Domee Shi dans sa jeunesse, a cette capacité à parler de règles, de puberté, et du fait de devenir une femme de manière générale, tout en dépeignant des personnages de femmes fortes mais faillibles, qui se révèlent d'autant plus touchantes, devenant tout l'inverse des insupportables Mary-Sue qu'ont été dernièrement chez Disney, Carol Danvers ou Rey Palpatine. .

Bonus : Quasiment aucun bonus, si ce n'est un commentaire audio de la réalisatrice, toujours intéressant, pour percer les arcanes de la création. On aurait espérer un peu plus.

En Blu-Ray et DVD depuis le 6 mai 2022, ainsi qu'en VOD et Achat digital. Edité par Disney DVD. Son site Internet, sa page Facebook et sa page Twitter.
Retrouvez Alerte Rouge sur Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/63347/alerte-rouge
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17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 18:38
Licorice Pizza

Paul Thomas Anderson, on aime ou on aime pas. C'est assez radical, assez planant, assez tranché. Magnolia par exemple fait partie de ses films que j'ai littéralement adoré, mais adoré. D'amour à la folie. Peut-être aussi parce que mon comédien préféré joue dedans, mais peut-être pas seulement.

Et ça tombe bien puisque dans son dernier film, Licorice Pizza, (la Pizza au Réglisse dans la langue de Molière mais qu'ils n'ont pas fait l'affront de traduire), il est question d'amours au sens large. L'amitié, la relation filiale, familiale, sororiale, l'Amour bien sûr, la séduction et la sexualité tout y passe.

Une des choses qu'on ne peut nier à Paul Thomas Anderson, c'est sa capacité à créer des castings uniques, et à rassembler souvent la crème de la crème, que ce soit du cinéma commercial ou indépendant. Ainsi, on retrouve pêle-mèle dans le film, George Dicaprio (le papa de), Maya Rudolph, John C Reilly, Bradley Cooper, Tom Waits, et Sean Penn. A noter qu'on trouve aussi, une fille de la famille Spielberg, Destry Spielberg. Et tout ce beau monde encadre la quasi inconnue chanteuse et autrice parolière de son métier, l'incroyable Alana Haim. Il faut savoir que Anderson a trouvé son actrice, en tournant des clips pour le groupe de Alana, et c'est là qu'il s'est rendu compte du potentiel incroyable de comédienne de la chanteuse.

Alana, joue donc Alana, une assistante photographe de 25 ans, qui va rencontrer un gamin de 15 ans qui va essayer de la séduire, le jour de la photo de classe. Mais le gamin est aussi un comédien vedette en devenir, et la relation restera dès ses débuts sur les terres du platonisme exacerbé, foin de Lolita au masculin donc.

Mais ça n'empêchera pas le jeune Gary Valentine (Cooper Hoffman, le fils du regretté Philip Seymour Hoffman dont Licorice est le premier film) de l'inviter à dîner un soir. Et de tenter sa chance, puis devant son refus de se mettre ensemble, de devenir son ami et de l'entraîner dans plusieurs de ses combines pour devenir riche : vendeur de lit à eau, tenancier de salle d'arcade avec des flippers, les flippers n'étant plus interdits (le film se passe dans les 70's). Elle de son côté, suivra un chemin de la comédie (coachée par Gary) jusqu'à être assistante d'un jeune maire en campagne.

Le film est intéressant dans sa peinture des années 70 - quoique certains des choix de carrière de Gary, l'orienteraient plutôt vers le Reaganisme, et la folie du capitalisme débridé (même si on aborde la crise du pétrole de 73) - ce dernier siècle de "l'insouciance" de la jeunesse. Les personnages sont marqués, mais malheureusement pas toujours marquants, à l'exception claire et nette de Bradley Cooper, absolument parfait dans le rôle de Jon Peters (le coiffeur et amant de Barbara Streisand), où il livre une composition de barge totalement azimuté, et chaque seconde sans lui, fait regretter son absence.

Licorice Pizza est loin d'être pour moi le chef d'oeuvre tant vanté, par contre, Alana Haim mérite réellement sa récompense au Golden Globe, tant son interprétation marque au fer rouge le film de son empreinte indélébile. Les détracteurs de Paul Thomas Anderson (oui il en existe quelques uns) ne seront pas plus ravis par ce nouveau film, mais ses adorateurs seront en tout cas aux anges, ça ne fait aucun doute, car la générosité du réalisateur est tout à fait là, de chaque plan, de chaque scène. Seul petit regret du film, aucun plan avec une pizza, et encore moins une pizza au réglisse.

Bonus : Au niveau des bonus, on trouve les essais des comédiens, une scène coupée, et un making-of, toujours intéressant mais dépourvu de la moindre interview malheureusement. Même si l'exercice du making-of en interview est souvent source d'autopromotion, c'est toujours agréable d'apprendre des choses sur l'intention des créateurs.

En DVD et Blu-Ray depuis le 1er juin 2022 ainsi qu'en VOD et Achat digital. Edité par Universal Pictures France. Le site Internet de l'éditeur, son Facebook et son Twitter.

Retrouvez Licorice Pizza sur Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/60142/licorice-pizza

 



 

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 18:30
Super-héros malgré lui

La bande à Fifi, qu'on l'aime ou non, a pour elle d'être ultra soudée, de faire des films ultra personnels, et dans la mesure du possible plutôt originaux. Et de s'entourer souvent d'un casting de seconds rôles aux petits oignons.

Ce nouveau projet du réalisateur Philippe Lacheau, en quelque sorte le leader de la fameuse bande, ne déroge pas à cette règle. Après l'excellent, et je pèse mes mots, Nicky Larson qui rendait véritablement hommage tant au Nicky Larson qu'on suivait sur TF1, qu'à la fin du film réellement à City Hunter, et à Ryo Saeba le véritable héros des mangas animés et dessinés ; Lacheau et son équipe s'intéressent au film de super-héros, mais en le pervertissant un peu. 

Dans cette comédie un brin meta, Philippe Lacheau s'amuse avec les codes des films de super-héros dans cette histoire d'un comédien un peu raté qui devenu amnésique, un soir où il a piqué la voiture du tournage de son nouveau film, découvre son armure et croit être Badman le super-héros.

On retrouve avec un certain plaisir, la compagne de Lacheau, Elodie Fontan, mais aussi Tarek Boudali, et Julien Arruti. Toute l'équipe est également entourée de Jean-Hugues Anglade, Régis Laspalès et la toujours pétillante Chantal Ladesou.

L'intrigue s'éloigne du film de super-héros, mais en garde certains gimmicks, notamment un méchant qui va s'ajouter au périple du comédien amnésique. Le film enchaîne également les clins d'oeils aux comics, que ce soit DC ou Marvel.
Au final, le film se savoure comme une tranche de pastèque, très fruitée, très juteux, et ensoleillé. Si on aime la bande à Fifi, il y a de grandes chances que ce nouveau film emporte le morceau (de pastèque). Si en revanche, on est un des nombreux mais légitimes (il faut de tout pour faire un monde) détracteurs de cette bande de joyeux lurons, alors on restera sûrement sur le banc de touche. Vous êtes prévenus, c'est de l'humour modèle lourd, entre les Farrelly, et du Judd Apatow, mais à la française.

Le dvd propose des petits bonus bien sympathiques. Un making of plutôt intéressant sur le film, et les influences de Lacheau, notamment Francis Veber, (c'est marrant, mais ça se sent à voir ses films), des scènes coupées et un storyboard. Ca permet de prolonger le lien affectif avec le film qu'on l'ait apprécié ou non.
Si vous aimez les films de super-héros, foncez car il en a certains atours, si vous n'aimez pas les films de super-héros, foncez aussi car c'est complètement différent. Rendez-vous est pris pour la suite des aventures de la bande à Fifi, avec Alibi.com 2.

Retrouvez Super-héros malgré lui sur Cinetratic : https://www.cinetrafic.fr/film/61709/super-heros-malgre-lui

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 8 juin 2022. Edité par TF1 Studios. Le site Internet de l'éditeur.
 
 
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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 16:41
Way Down

Le film de casse, voilà un sujet que l'auteur de ces lignes aime depuis sa plus tendre enfance. Depuis la découverte de Topkapi de Jules Dassin, un soir à la télé, en passant par Mission Impossible de Brian de Palma, duquel une scène de Topkapi est quasiment reproduite à l'identique mais modernisée... A Ocean Eleven de Steven Soderberg, film d'ailleurs cité explicitement par le héros de Way Down, le film de casse aura toujours eu une place particulière dans mon coeur de cinéphile.

Et force est de constater qu'une fois de plus la magie opère, mais côté ibérique cette fois, puisqu'on doit cette superbe incursion dans le film de casse à ni plus ni moins que Jaume Balaguero, le réalisateur tellement talentueux et sous-estimé de la Secte sans nom et surtout de Darkness. Oui, je laisse volontairement REC et ses suites en deça, parce que même si je les apprécie, je trouve que son talent explose littéralement dans la relecture moderne de Shining qu'est Darkness, jusqu'au point de reprendre le récit par chapitrage de son modèle.
Dans ce Way Down, film de commande mais absolument pas film formaté, Balaguero sur un scénario à 10 mains de Rowan Athale, Michel Gaztambide, Borja Glez. Santaolalla, Rafa Martínez et Andres Koppel (co-scénariste de Intacto) raconte un casse dans la plus grande banque espagnole, avec la meilleure sécurité au monde, d'une équipe quasiment "familiale" et d'un ingénieur surdoué pour récupérer le moyen de parvenir au trésor de Sir Francis Drake, en l'occurrence 3 pièces avec des coordonnées gravées dessus.

L'histoire en peu de mots, voit un chasseur de trésor sous-marin, Walter, et son équipe découvrir un trésor inestimable dans un galion englouti, le trésor de sir Francis Drake, ou du moins le moyen d'y parvenir, mais avant d'avoir pu jouir de l'usufruit de leur découverte, ils se font cerner par la police maritimes des douanes, et se font confisquer le dit coffret. Qui termine sa course dans le sous-sol de la Banque d'Espagne, coffre fort apparemment inviolable.
Mais c'est sans compter sur l'aide inattendue que va apporter un jeune ingénieur surdoué, Thom Johnson (Freddie Highmore, très bon dans le rôle), recruté par Walter et son équipe. Cette dernière se compose, outre de son chef Walter, d'un spécialiste en informatique, d'une cambrioleuse, amatrice d'art, d'un ancien espion du MI6, et d'un technicien.

On suit dans son déroulé, une trame très classique de film de casse, avec repérages, mise en place du plan, exécution, et final mais la petite originalité et non des moindres vient du fait que l'équipe profite de la coupe du monde en Espagne de 2010 pour fomenter son coup d'éclat qui n'est après tout que la récupération plus ou moins légale du fruit de leur travail. Oui -petite digression personnelle- je me sens une âme de contrebandier, et je n'ai jamais ni compris, ni goûté ce principe qui consiste à prendre les trésors que peuvent trouver des chasseurs de trésor. Après tout, par définition, ça n'appartient plus à personne. Profitant donc du tumulte lié à la coupe du Monde, tout le casse s'organise avec cet évènement en toile de fond. Une idée scénaristique brillante qui permet de supprimer la plupart des incohérences de ce type de film.

Ce faisant, si la grande majorité des spectateurs pensent comme votre serviteur, on se retrouve vite du côté de cette petite équipe, terriblement attachante, menée par Liam Cunningham (toujours excellent depuis Game of Trône), dans le cas contraire, on sera du côté du chef de la sécurité de la banque, et ancien des forces spéciales. L'autre grande force du film de Balaguero, est de ne pas traiter que de réussite du casse, donc de prendre de vrais parti pris d'échecs programmés, mais surtout d'ajouter au film de casse, un arrière-goût de film d'aventure, et pas le moins bon, puisqu'au détour d'une séance de franchissement du gouffre qui les sépare du coffre fort, c'est rien de moins que Indiana Jones et la dernière croisade de Steven Spielberg qui est convoqué par le réalisateur espagnol.

Contrairement à ce qu'on a pu lire chez beaucoup de rédacteurs de presse, non, Way Down n'est pas un sous-Ocean Eleven, il n'est déjà pas un Ocean Eleven-like, mais si on veut vraiment lui trouver une filiation, il y aurait plus d'intérêt à s'approcher de Topkapi justement, pour son côté aventure et quête initiatique sur les traces de Drake. Jaume Balaguero prouve avec ce film, qu'à 53 ans il en a encore beaucoup sous le capot, puisqu'outre le scénario qui n'est pas de lui, la réalisation est la deuxième grande force du film. Aucun temps mort, pas de "ventre mou" comme dans beaucoup de production de ce genre, et un découpage technique qui évoque aussi bien Mc Tiernan, que Michael Mann parfois. On prend un réel plaisir à suivre les tribulations de cette équipe soudée en Espagne, et les quelques retournements de situation, même si pressentis, ne sont pas pour autant désagréable à la vision. Bref, un très bon film de casse, à rajouter dans le panthéon des grands films de ce genre à part entière.

Au niveau des bonus, on ne retrouve qu'un maigre makin-of de moins de 9 minutes, on aurait espéré un peu plus, surtout pour un film qui n'a pas eu le plaisir de sortir en salle (pourtant ça l'aurait largement mérité).
 

En DVD et VOD le 18 mai 2022. Edité par TF1 Studios. Le site Internet de l'éditeur.

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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 19:46
Kingsman Première Mission

Après un fantasque mais assez inégal, Kingsman 2, Matthew Vaughn nous offre un prequel spin-off d'une très grande qualité, et nous fait découvrir les prémisses de la désormais célèbre agence d'agents secrets anglais.

Le film débute par une magnifique scène d'introduction, qui pose tous les enjeux, à la fois émouvante, drôle, puissante, où l'on voit le héros, interprété par Ralph Fiennes se rendre en  Afrique du Sud, dans un des premiers camps de concentration, pendant la seconde guerre des Boers, menée par l'Empire Britannique, avec la croix rouge pour améliorer les conditions de détentions des gens mais un sniper et un malheureux concours de circonstances lui coûtera la perte de la femme de sa vie, le tout sous les yeux de leur jeune fils, Conrad. Le ton est posé, à la fois dur et épique, et on pourrait craindre que le reste du film en pâtisse, mais absolument pas, Vaughn ne se repose pas derrière ses lauriers, et toute la suite de l'aventure est à l'avenant.

Comme il le dit dans le superbe making-of de près d'une heure et demie, le réalisateur voulait faire un vrai film d'aventures à l'ancienne. On pense autant à James Bond ou certains passages d'Indiana Jones, qu'à Jack Burton, ou encore même parfois A la poursuite du Diamant vert. C'est un réel souffle épique de l'aventure, qui met aux prises, Orlando Duc D'Oxford (Ralph Fiennes totalement magnétique comme toujours), et son fils Conrad (Harris Dickinson, belle découverte pour ma part), avec un mystérieux "Berger" à la tête d'une organisation terroriste et espionne à ses heures perdues.

Ainsi s'entrechoquent dans la plus grande des vivacités, mais aussi dans le plus grand foutoir idéologique et politique : Raspoutine, George 5, Nicolas 2, le Kaiser, François Ferdinand et sa femme, Mata Hari, même Lénine est de la partie (ainsi qu'un personnage mystérieux que personnellement j'avais deviné très vite, à la toute fin du film, en comme qui dirait scène bonus). Le film s'appuie d'ailleurs sur une théorie complotiste réelle qui dit que les deux adversaires du Capitalisme auraient été créés volontairement par le Capitalisme pour qu'ils soient des repoussoirs de leurs idéologies, et que le Capitalisme triomphe toujours.

On retrouve dans ce nouveau Kingsman la maestria filmique de Matthew Vaughn, son goût pour les chorégraphies impeccables, sur fond de musique (ici classique). Le réalisateur passe à la moulinette de sa cinégénie géniale, certaines des grandes séquences de l'Histoire avec un grand H, de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo qui précipitera la première guerre mondiale, en passant par la mise à mort des Romanov, ou le triple assassinat de Raspoutine (empoisonné, noyé, avec une balle dans la tête pour finir). Les puristes et les partisans du bon goût cinématographique râleront sûrement, mais les sales gosses amateurs de vrai cinéma (qui plus est très absent ces derniers temps) seront aux anges.

A noter, la présence épatante du remarquable Djimon Hounsou, et de la non moins fantastique Gemma Aterton dans des rôles secondaires mais loin d'être mineurs en revanche. Et Rhys Ifans qui campe un parfait Raspoutine, n'oubliant ni son penchant historique pour l'ésotérisme, ni ses penchants bisexuels (eux aussi avérés, on en comprend encore moins les reproches du journaliste des Inrocks), ce qui donne vie à une des scènes les plus drôles et cringe à la fois de toute la filmographie de Fiennes, et de Vaughn. On ne pourrait presque que voir le film pour les scènes de Raspoutine, tant le comédien se donne à fond dans son personnage.

Mais si vous aimez les délires complotistes, les relecture de l'Histoire à la manière d'un Guy Ritchie dans Sherlock Holmes- par ailleurs, grand ami de Vaughn- alors foncez car le jeu en vaut largement la chandelle. Et on y apprend en plus d'où vient cette passion pour les Chevaliers de la Table Ronde.

Niveau bonus, on est foutrement gâtés, puisque outre le fameux Making-of de 1h30 aussi passionnant qu'indispensable, le bluray propose aussi quelques featurettes intéressantes.

En 4K UHD, Blu-Ray, DVD, Coffret trilogie Kingsman et Vidéo à la demande le 6 mai 2022, et en Achat digital depuis le 28 avril 2022. Edité par 20th Century Studios. Le site Internet de l'éditeur, sa page Facebook et sa page Twitter.
Retrouvez Kingsman Première Mission sur Cinetrafic :  https://www.cinetrafic.fr/film/57897/the-king-s-man-premiere-mission
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7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 11:17
Encanto, le Charme de la jeune fille opère

Malgré le licenciement de John Lasseter de la division film animé de Disney, le nouveau souffle est lancé, et même si les nouveaux films animés de la firme de la souris aux grandes oreilles n'atteignent pas le niveau de génie des Pixar (bien que je n'ai pas vu "Alerte Rouge", ni "Luca"), la qualité reste très présente, et ce depuis la Reine des Neiges ou Raiponce.
Ce qui tombe très bien, puisqu'on doit Encanto à un duo de réalisateurs et une réalisatrice, notamment le réalisateur de Volt, Raiponce, et l'excellent Zootopie, Byron Howard, et Jared Bush, scénariste de Vaïana, de Zootopie et co réalisateur de ce dernier. Et enfin, Charise Castro Smith, scénariste et actrice de plusieurs séries, dont Encanto est le premier film comme réalisatrice.

Le projet Encanto s'est constitué autour d'une équipe nommée "la Familia" qui a rassemblé beaucoup d'animateurs et de collaborateurs des studios Disney, d'origine colombienne, afin de coller un maximum à la réalité même si on est ici dans "un réalisme magique" comme chez l'écrivain Gabriel Garcia Marquez qui portera le genre à son apogée. En effet même si le terme n'a pas été inventé par lui, il en sera le plus digne représentant. Ces derniers et dernières, confinement oblige pendant la production ont fait d'incroyables réunions par Skype, avec tous les acteurs, le compositeur des chansons, la compositrice du score, et bien entendu le trio de réalisation. Et de ces longs brainstormings (allant jusqu'à reproduire en groupe toujours en réunion Zoom ou Skype, des recettes de cuisine colombienne typique) est né un film qui possède une réelle âme de passion, de respect, et de sincérité que ce soit dans la façon dont sont dépeintes les habitudes colombiennes, que dans la manière dont les maisons sont décorées, ou meublées. A ce sujet, les bonus du DVD, sont incroyablement riches, et passionnants.
L'histoire en quelques mots, voit la petite dernière de la famille Madrigal se retrouver confrontée au fait que dans sa famille, toute, absolument toute sa famille a un pouvoir qui lui est donné par la maison qui est magique dans son enfance, mais Mirabel elle, n'en a jamais eu, pire même, son oncle Bruno, le paria de la famille est parti de la maison car il a vu une prophétie (son pouvoir personnel) impliquant Mirabel dans la destruction de la bâtisse familiale donc de la famille. Nous suivons donc le quotidien de Mirabel qui explique "au public" (ici des enfants du village) toute la composition de sa famille, et comment tout ça est chapeauté par l'inflexible Abuela Alma, la grand-mère et doyenne de la Familia. Elle passe donc en revue en chanson les pouvoirs des différents membres de sa famille, de ses soeurs à sa mère. Et lorsqu' arrive le moment de parler de son propre pouvoir, elle élude la question et rentre chez elle, sauvée par le gong, lorsque sa grand-mère l'appelle.
Le spectateur sent bien qu'il y a un problème, mais il ne sait pas quoi. Le film ne s'ouvre d'ailleurs pas sur Mirabel, mais sur Alma, la grand-mère, jeune mère, qui le soir de "Dia de Las Velitas", doit quitter son village à cause du conflit de la guerre des mille jours qui fait rage à cette époque en Colombie (1899-1902), et voit son mari, tué par des partisans de l'autre camp en conflit. Impuissante face à cet acte, sa rage et sa douleur décuplées investissent la petite bougie qu'elle emporte, ce qui lui donne des pouvoirs magiques, et construit par la suite la maison, surnommée "Casita", et qui est un personnage complètement à part entière du récit, mais aussi le lien ultra symbolique reliant chaque membre de la famille. D'autant plus que chaque personnage possède une porte avec son nom gravé dessus, qui le relie à sa chambre, et chaque chambre est magique, et symbolise la personnalité de son ou sa possédante.

Et la symbolique est partout en filigrane dans le film. Dolores la cousine de Mirabel (Douleurs en français) entend tous les secrets et toutes les paroles de tout le monde. Elle représente le poids de la Conscience, et la gardienne des secrets. Luisa, la soeur aînée de Mirabel est capable de porter de lourdes charges, très lourdes charges, trop lourdes comme le montrera le film. Et Isabella la cadette est belle, réussit tout ce qu'elle entreprend, et répand des fleurs partout où elle passe. La mère Julietta peut soigner les gens grâce au pouvoir de la nourriture, la tante Pepa contrôle la météo (familiale autant que terrestre) qui varie avec ses émotions, et la grand-mère Alma, chapeaute tout ça, par le pouvoir de l'union de la famille que représente la bougie sacrée (seul le beau-frère et le père de Mirabel n'ont aucun pouvoir, puisqu'ils sont des pièces "rapportées"). Et au niveau des hommes issus de la Familia de manière directe, l'oncle Bruno, et les cousins Camilo et Antonio ont respectivement comme pouvoir : vision de prophétie, changement de forme et compréhension du langage des animaux.

Ainsi, lorsque par la suite, lors de la cérémonie d'investissement des pouvoirs du tout dernier arrivé, son petit cousin Antonio, Mirabel commence à voir des fissures dans la maison, tout le monde pense qu'elle est jalouse d'être sans pouvoir, alors qu'elle est juste en train de mettre le doigt sur des non-dits, des cachotteries, des secrets qui fragilisent les bases de la Famille Madrigal. Lorsque qu'on sait qu'un "Madrigal" est une ancienne musique vocale de la Renaissance, tout fait sens justement. La famille et sa cohésion sont en péril, et seul l'usage de la parole, et des chansons (qui pour une fois chez Disney s'inscrivent complètement dans la thématique traitée par le film) pour briser les non-dits pourront avoir un résultat bénéfique.
Le film (pourtant parti sur une autre voie quand on regarde les storyboards et scènes coupées dans les bonus) a l'intelligence de centrer son histoire dans un huis-clos qui ne quittera quasiment jamais la maison. L'histoire tournera autour de trois lieux, le village, la maison, et le bord de la rivière où la scène traumatique de la mort du mari de Abuela Alma s'est produit. Cette scène là est d'ailleurs particulièrement grandiose, car elle n'est pas montrée au début, et elle ne le sera (et encore pas complètement) qu'à la toute fin, par les yeux de Mirabel qui "revit" avec son aïeule la mort de son grand-père.

L'émotion passe souvent dans le film, notamment par les chansons remarquables du compositeur Lin-Manuel Miranda (génial compositeur des musiques de Vaïana entre autres) qui a mélangé beaucoup de genres musicaux locaux, et de la compositrice du score Germaine Franco. 

Le trio de réalisation nous donne au final, un film à la fois touchant et drôle, dans la lignée de Coco, mais avec une finalité très différente. Encanto parlant de la Foi dans l'optimisme, de se relever, et d'aller de l'avant, malgré tout, et beaucoup moins du souvenir des êtres aimés et de leurs failles. Mais surtout Encanto traite de sujets plutôt tabou : des familles dysfonctionnelles, des secrets de famille, et du poids des traditions à évacuer pour aller de l'avant ; le film réussit presque tout ce qu'il entreprend, même si il risque de laisser certaines personnes amatrices d'action, ou de "méchants emblématiques" sur le carreau. Ici, le seul méchant est à l'intérieur de nous même. Les enfants aimeront le côté foufou de beaucoup de personnages, les conflits amusants mais réels entre les soeurs et Mirabel, les chansons, et certains passages burlesques dont Disney a le secret. Mais ils ne verront peut-être pas le propos enfoui du film, qu'importe, le message fera tout de même son chemin en sous-marin. Un magnifique film à voir en attendant la prochaine production de Disney en film d'animation, qui continue son tour du monde des différentes cultures, avec Raya et le dernier dragon.

Un tout petit mot quand même sur les bonus, et Disney ne s'est pas moqué de son public, le bluray - qui offre ici une grande qualité d'image ce qui permet de pleinement profiter des couleurs particulièrement chatoyantes du film d'animation, et un son ultra limpide - est rempli ras la gueule de bonus, tous aussi passionnants les uns que les autres. Featurettes, bêtisier, des scènes coupées avec commentaire vidéo des réas, l'intégralité des chansons, plusieurs documentaires passionnants sur la production du film si particulière (beaucoup de choses ayant été faites pendant le confinement, notamment la composition des chansons et les réunions prod avec la "Familia"). Les amateurs de bonus bien fourni se régaleront.

En Blu-Ray, DVD Steelbook et VOD depuis le 1er avril 2022, et en Achat digital depuis le 24 mars 2022. Edité par Disney DVD. son site Internet, sa page Facebook et sa page Twitter. Retrouvez Encanto sur le site Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/61178/encanto-la-fantastique-famille-madrigal


 

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 13:19
Cry Macho

Avec son tout dernier film, Cry Macho, Clint Eastwood constate le deuil de l'homme viril. Ecographie d'une époque révolue.
Clint Eastwood a souvent été décrit comme un fasciste, ou un mec d'extrême-droite par des publics souvent incultes ou qui n'a jamais vu un seul de ses films réellement et ne se basait que sur certaines déclarations publiques d'ordre politique.
Mais contrairement à ce qu'un vain peuple pourrait penser, le cinéma de Clint Eastwood n'est pas la pensée de l'électeur Eastwood. Et son cinéma a toujours été bien plus complexe, et recherché qu'un tract du parti Républicain.

C'était déjà le cas de ses précédents, la Mule (qui voyait le personnage de Eastwood confronté au progressisme américain), ou le Cas Richard Jewell qui dépeignait un certain nombre de femmes fortes, qu'elles soit positives comme la mère de Richard ou négative comme la journaliste Kathy Scruggs.

Ici, dans Cry Macho, Clint Eastwood se met en scène dans le rôle de Mike Milo, un cow-boy au chômage, star déchu du rodéo, privé de son art par une blessure au dos, et privé de sa femme et de son fils par un accident de voiture, qui va se voir confier une mission totalement aberrante par son ex patron et quelque peu ami (il lui a sauvé la mise quand il était au plus bas), partir au Mexique en voiture, et ramener le fils de son ex patron, Rafa, un gamin paumé de 14 ans, des mains de sa mère, une personne plutôt toxique.

Cry Macho est un vieux projet de Easwtood, proposé à lui alors qu'il était encore un trop jeune réalisateur selon lui, il y a près de 50 ans, le vieux réalisateur de 91 ans cette année s'en empare, et les esprits chagrins diront qu'il est maintenant trop vieux pour le jouer, et le réaliser. Mais c'est mal connaître la destination de l'histoire. 

Mike Milo, l'alter ego de l'acteur (un cow-boy de rodéo star d'un temps, qui a été déchu, vous l'avez ?) va traverser le passé de Eastwood, être confronté à la tentation par la mère même de Rafa, une femme vénéneuse et un brin nymphomane dont il refusera les avances. Est-ce pour la raison suivante que cette dernière envoie ses hommes à sa poursuite, toujours est-il que Clint Eastwood n'est plus le héros qu'il a été jadis. Et ce Cry Macho est une longue et lente déconstruction de la virilité et de ce qu'elle représente, dans un monde qui appartient maintenant selon toute vraisemblance selon le réalisateur au progressisme US.

Pour symbole de la chose, le "Macho" est un coq qu'entraîne le jeune Rafa pour en faire un coq de combat. Allusion, double à "cock" (pénis) que Milo explicitera très clairement à Rafa, "si tu veux appeler ton "petit oiseau" (en VO "Cock") macho, ça te regarde". Mais le Macho, c'est aussi cette espèce de Némésis du personnage, jeune, beau, chevelu, l'amant de la mère de Rafa même, qui les poursuit dans sa voiture et qui tente d'enlever Rafa plusieurs fois.
Mike Milo se sait complètement dépassé, et nous ne sommes plus ni dans le fantastique Gran Torino, ou encore dans Sully, avec un héros fantôme mais héros quand même, ni une figure christique, non ici, c'est un spectre déjà un pied dans la tombe qui traîne sa carcasse sous forme de rédemption. La meilleure phrase qui résume le film est lorsque Rafa (dont l'acteur Eduardo Minett est vraiment très doué) et Mike qui officie dans le village mexicain comme "vétérinaire" d'appoint, sont confrontés à un chien dont la seule maladie est en réalité la vieillesse. Mike dira d'ailleurs, "je ne sais pas comment on soigne la vieillesse". Aveu d'un échec, autant que constat d'une réalité qui sous-tend le cinéma de l'acteur réalisateur. Brillante fulgurance qui résume parfaitement Cry Macho.

D'ailleurs, celui qui triomphera finalement de l'homme de main de  la mère de Rafa qui les poursuit impitoyablement, sera le "coq" Macho, ni Rafa, ni Mike, c'est dire le symbolisme. Et un revolver récupéré mais dont Mike n'usera pas. Si vous attendez un western pêchu, ou une semi comédie comme le Cas Richard Jewell ou la Mule, passez votre chemin. Pas de scènes d'actions, pas de chevauchées épiques (on se contentera de dresser les chevaux dans un coral), pas de gunfight endiablé, pas même de scènes de passions romantiques, et toute sexualité est annihilée avant d'avoir débuté. Tout juste une danse lente bien plus amicale que sensuelle sera esquissée avec la tenancière du bar qui recueille un temps le vieil homme et l'enfant.

Dans cette déconstruction lente et appliquée du western et de la notion de virilité, les chevaux des moteurs, remplace le cheval animal, même le stetson et l'habit typiquement "gringo" est abandonné pour se fondre dans l'univers Mexicain. Un voyage initiatique qui laisse perplexe, mais qui est loin d'être un mauvais film pour autant. Peut-être le dernier film de Eastwood, on ne l'espère pas, mais certainement pas le film de trop. 

Au niveau des bonus, le bluray propose deux making of intéressants, ainsi qu'un autre disque de près de 2h20 qui revient sur Clint Eastwood et tous ses films précédents, dans une passionnante rétrospective, indispensable pour les fans du réalisateur, et vraiment palpitante pour les autres. Merci à l'éditeur pour la version du commerce avec package du film, c'est toujours tellement rare, que quand le petit effort est fait, on se doit de le souligner. D'ailleurs, le film est aussi en 4K Ultra HD ce qui donne au roadmovie initiatique encore plus d'impact, par la profondeur de l'image, et la qualité du son.

En Blu-Ray 4K, Blu-Ray, DVD et VOD depuis le 16 mars 2022 Et en Achat digital depuis le 9 mars 2022. Edité par Warner Bros. Entertainment France. son site Internet, sa page Facebook et sa page Twitter. Retrouvez Cry Macho sur Cinetrafic : https://www.cinetrafic.fr/film/62083/cry-macho 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 11:03
Drive my car
D'une nouvelle de Murakami, tirée du recueil "Des hommes sans femmes", le réalisateur Ryusuke Hamaguchi tire un film fleuve de près de 3h, soit presque autant que le dernier Batman, et contre toute attente, on ne s'y ennuie pas une seule seconde (à mon humble avis, on ne peut pas en dire autant du dernier opus DC, mais c'est un autre sujet). Le film suit son héros, Yusuke Kafuku, un metteur en scène de théâtre et acteur, dont le rôle le plus mémorable est Oncle Vania de Tchekhov qu'il connaît par coeur.
L'histoire commence lorsque lui et sa femme sont en train de faire l'amour, et cette dernière, Oto Kafuku scénariste pour une chaîne de télévision, invente des histoires pour ses séries au moment de l'orgasme. Et les raconte à son mari dans un demi sommeil. Le lendemain elle a quasiment tout oublié, mais ce dernier lui retranscrit intégralement son souvenir.
Leur couple avance ainsi sur les rails de la vie, jusqu'à ce qu'un évènement imprévisible fasse dérailler ce train train quotidien. Un jour, Yusuke est convié à être jury lors d'un évènement artistique, mais un problème contraint les organisateurs à annuler l'évènement. Yusuke rentre donc chez lui pour retrouver sa femme, et qu'elle n'est pas sa surprise de la trouver au lit avec un acteur de sa série télé. Yusuke est totalement anéanti, et comme le "couple" illégitime ne l'a pas vu, il rebrousse chemin et referme la porte.

Il se rend à un hôtel, et appelle le soir sa femme, en lui faisant croire qu'il est présent en tant que membre du jury. Yusuke retrouve bientôt sa femme, le lendemain et ne dit pas un mot de ce qu'il a surpris. Ils vont ensemble au théâtre, où Yusuke interprète Oncle Vania de Tchekhov. Puis se retrouve ensuite en coulisse, où Oto présente à Yusuke, un acteur de sa série qui est fan absolu du travail de Yusuke. Oto et son mari rentrent ensuite à leur maison, et font l'amour. Oto continue à raconter l'histoire précédente à Yusuke, et comme à son habitude l'oublie. Mais le lendemain au réveil, Yusuke ne raconte pas ce qu'il a entendu à Oto, car il prétend l'avoir totalement oublié.
Oto est un peu déçue, mais garde sa contenance, et dit à Yusuke, qu'elle a quelque chose d'important à lui dire le soir. Ce dernier, comprenant que trop bien de quoi il s'agit, erre et fait durer la journée, sans se décider à rentrer chez lui. Lorsqu'il rentre enfin, très tard, il trouve sa femme, inconsciente, allongée sur le sol.
Il prévient les secours, mais trop tard malheureusement, cette dernière est morte d'une attaque cérébrale foudroyante. Yusuke organise ses obsèques et est très surpris de trouver là-bas, l'acteur qui était venu le voir au sortir du théâtre, et qui semble profondément affecté par la mort de Oto.
Quelques temps après, Yusuke est engagé pour monter Oncle Vania de Tchekhov à Hiroshima. Il part donc pour la ville, dans sa voiture, et met en chemin la cassette audio de la pièce qu'Oto avait enregistré pour lui pour l'aider dans ses répétitions pour mémoriser le rôle. Il parvient à Hiroshima, et les organisateurs qui le reçoivent lui annoncent que suite à l'accident d'un précédent metteur en scène, les assurances n'autorisent pas les metteurs en scène conviés à conduire leur propre voiture. La présidente alloue donc un chauffeur pour la durée de mise en scène de la pièce.
Ce chauffeur est une jeune femme, Misaki Watari. D'abord méfiant, Yusuke se laisse peu à peu convaincre par les talents de pilotage évidents de Misaki, et peu à peu s'instaure une vraie complicité entre la chauffeure et le metteur en scène, juste troublée par la voix de la défunte, récitant tous les personnages d'Oncle Vania, et laissant des blancs pour que Yusuke place le texte de Vania.
Yusuke commence la mise en scène de la pièce mais refuse obstinément de jouer le rôle titre, et il organise avec les organisateurs, un grand casting. Par un concours de circonstances, se présente, le jeune acteur de la série télé d'Oto, Koji Takatsuki, et c'est à ce dernier que Yusuke confie le rôle d'Oncle Vania.

Ryusuke Hamaguchi, arrive à filmer la lassitude, les non dits et tant de choses du couple mais aussi de l'âme et de la vie, et sa caméra n'est jamais intrusive, mais jamais passive non plus. On est loin de l'ennui filmé par la nouvelle vague, et la nouvelle nouvelle vague, qui se retrouve toujours profondément ennuyeux, même pour le spectateur, et on prend un réel plaisir à suivre la relation de ce couple qui n'en est plus un, puis de ce couple qui n'en est pas un.
Par moments les dialogues réels de Oncle Vania, récités par Oto (enfin sa voix défunte) et par Yusuke viennent magiquement souligner des problématiques réelles que subissent les personnages à ce moment là.
Et cette voix omniprésente, comme un deuil douloureux, mais trompeur que n'arrive pas à dépasser Yusuke, rappelle un peu la relation de Pete et Dorinda dans le film Always de Steven Spielberg. Si ce n'est que le film ne s'aventure lui jamais du côté du fantastique, et que seule la voix de la défunte fait office de présence fantomatique de l'absence.
Hidetoshi Nishijima est totalement incroyable dans ce film, en plus d'interpréter à merveille, une des plus belles composition d'Oncle Vania, vue depuis longtemps. Mais Toko Myura dans le rôle de Misaki ne déparait pas non plus du lot d'acteurs et d'actrices de ce film, et impose sa partition personnelle, toute en douceur, remplie de fêlures de la vie. Enfin, la Saab, voiture de Yusuke, est un personnage quasiment à part entière du film, et le véritable pont émotionnel qui relie Misaki et Yusuke dans leurs chemins respectifs vers la résilience.
 
Un film puissant sur la résilience donc, mais un film plein d'espoir, a contrario de ce que semble en raconter le début, qui parle tout à la fois de destin, de trajets d'âmes, de création théâtrale aussi, mais pas que, bref un film polysémique, dont les amateurs de cinéma asiatique seront les premiers charmés. Une bien belle surprise en vérité, les amoureux du théâtre, et notamment du théâtre humain de Tchekhov, le Shakespeare Russe, seront également envoutés.
 
En DVD et Blu-Ray et VOD le 1er mars 2022, et en EST le 25 février 2022. Edité par Diaphana Edition Vidéo. Le site Internet de l'éditeur, son Facebook et son Twitter.
Retrouvez ce film sur Cinetrafic https://www.cinetrafic.fr/film/63055/drive-my-car
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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 13:34
Mourir peut attendre

A l'heure où le monde de l'espionnage se fait doucement supplanter, par la franchise Mission Impossible (qui est plus espionnage que James Bond c'est dire), chaque sortie d'un nouvel opus de James Bond est accueillie par un lever de sourcil interrogateur, voir un refus poli de la part de certains. 
Depuis l'excellent Goldeneye de Martin Campbell et son M féminin remarquablement interprété par Judi Dench, qui portait déjà haut les couleurs du féminisme (une James Bond girl pas potiche pour un sou, et une méchante qui supplantait presque Alec Trevelyan, l'antagoniste et meilleur ami de Bond), la franchise était presque repartie sur de bons rails. Pierce Brosnan composait un nouveau Bond, plus gadget et humour anglais, cynique mais pas bégueule. Malheureusement, même si l'interprète s'en sortait plutôt bien et laissait une belle empreinte dans l'esprit des fans, niveau scénario et péripéties ça ne suivait pas réellement. Ainsi, sur les 4 opus interprétés par le britannique, seul Goldeneye tenait le haut du pavé. Demain ne meurt jamais se révélait à peine divertissant, et le Monde ne suffit pas finissait d'enterrer la franchise. Je mets à part le suivant, "Meurs un autre jour", parce que personnellement je l'avais trouvé très réjouissant, un film qui osait des trucs, même dans le kitsch et le gadgetisme assumé, un toujours plus façon XXX sorti pourtant quasiment simultanément, l'un n'ayant pas pu influencer l'autre.

Mais l'idée principale, étant de montrer que le méchant était un parfait décalque de Bond, bien que pas nouveau dans la franchise (plusieurs films utilisaient déjà ce ressort dramatique), l'exécution dans ce dernier était profondément réjouissante. Et puis, c'était une belle idée d'écorner un peu le statut du surhomme (cf le livre de Umberto Eco, de Superman au surhomme qui aborde le personnage de James Bond) en le montrant se faire malmener et torturer dès le générique, qui commençait dans l'eau glacée d'un seau dans laquelle sa tête était plongée. Dès cet instant, le générique n'était donc qu'images mentales que se projetait l'espion en smoking pour pouvoir résister à la violence de la torture, qui lorsqu'elle est trop élevée, décorpore l'individu de son corps et de sa souffrance. Ainsi pour une fois, avec une idée simple, le générique prenait une tournure grave et quasiment psychotique.
Une fois Brosnan, out, par son contrat terminé, et le fait qu'il devenait trop vieux pour le rôle, le remplaçant, Daniel Craig, fut moqué par un grand nombre de gens, alors qu'en réalité, il était probablement avec Timothy Dalton, et George Lazenby le personnage le plus proche du Bond des romans tel qu'imaginé par Ian Fleming. 
Il faut se rappeler que dans le livre, Bond tue un homme désarmé, et ce souvenir le hante, et le fait vomir pendant deux pages. On est loin du tueur froid et cynique, limite "fasciste" comme peut le décrire John le Carré, à qui on laissera ses fantasmes de voir des fascistes partout, et malgré le fait qu'il ait été lui aussi espion au MI5-MI6. Il est ici affaire de fiction, et on ne traitera que de fiction.
Craig donc, se révèle le candidat idéal, il arrive en un seul personnage à rassembler, le cynisme et l'humour anglais de Brosnan, la classe de Sean Connery, l'humour à froid et le dandysme de Roger Moore, la violence et l'humanité de Timothy Dalton, et le semblant d'attachement à une femme de George Lazenby.
Le retour de Martin Campbell, monsieur Goldeneye, dans Casino Royale apportera d'ailleurs un succès manifeste à l'heure où Mission Impossible tente déjà de truster les esprits, en convoquant des auteurs de talent pour ressusciter la franchise, sous la houlette de JJ Abrams, le film Mission Impossible 3, qui décidément, hasard des calendriers sortira lui aussi en même temps que Casino Royale en 2006.
L'ère Craig, comme l'appelleront les journalistes, et certains puristes, apportera à James Bond son meilleur, (Casino Royale, Skyfall), mais aussi son pire (Quantum of Solace) qui se perdra à imiter le nouveau venu Jason Bourne, en débauchant un réalisateur à Oscar de film indépendant Marc Forster, (oscarisé pour "à l'ombre de la haine"). Et le retour en grâce, viendra par un autre oscarisé Sam Mendes qui réalisera l'excellent Skyfall en se basant sur la structure d'une autre franchise à succès, pour le moins inattendue ici, Batman, The Dark Knight notamment. Suivra du même Mendes, un film un peu plus fouillis, Spectre, qui ravira les amateurs de théorie du complot, et les fans de James Bond qui désespéraient un peu de voir enfin la fameuse organisation déjà présente dans tous les romans de Fleming.

Exit Sam Mendès, et un nouvel arrivant se présente Danny Boyle. On se reprend donc à espérer quelque chose d'assez rock mais le cinéaste britannique quitte le navire pour "divergences artistiques", mot fourre-tout dans le milieu pour tout et rien dire à la fois, et arrive un outsider, pour le moins inattendu, l'homme d'une série tv, et quelle série tv, "True Detective", monsieur Cary Joji Fukunaga.
Pour le "grand public" du moins, car Fukunaga a déjà réalisé un premier film "Sin Nombre" en 2009, et "Jane Eyre" en 2011 avant de se tourner vers la série tv. Un temps pressenti sur l'adaptation de CA, le roman de Stephen King, il sera finalement remplacé par Andrès Muschietti, réalisateur de Mama.
Le voici donc remplaçant de Danny Boyle dans la franchise Bond, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il imprime sa patte, avec le récit narré en quasi ouverture de l'histoire de Madeleine Swann, raconté dans Spectre. Peut-être le meilleur moment du film en terme de tension, quasiment un slasher, qui rappelle les grandes heures du genre. L'ouverture aussi du film sur une magnifique scène chorégraphiée à merveille laisse le spectateur pantelant. Cette première scène d'exposition en fait pas vraiment, se termine sur l'explosion du tombeau de Vesper.
On se dit que la barre est placée haut, et que ça va aller crescendo, mais malgré l'apparition de la fantastique Ana de Armas, qu'on aurait aimé voir plus, tant son personnage à mi chemin entre le loufoque et l'efficacité totale dans sa maladresse sublime l'alchimie qui opère entre elle et James Bond (la rencontre des deux qui sont devenus amis sur le tournage de Rian Johnson "A couteaux tirés", n'est peut-être pas totalement pour rien dans ce lien).

La nouvelle double zéro sept, après avoir fait coulé encre, et déclenché l'ire des fans réactionnaires ou non, sur le net, se révèle elle aussi n'être qu'un coup d'épée dans l'eau, tant elle ne sert littéralement à rien. Et sa seule action de grâce est de foutre dans l'acide le seul scientifique qui aurait pu aider Bond à redevenir "humain", au vu de la fin du film qu'on ne va déflorer ici pour les spectateurs qui voudraient le voir. Ce dernier se révélant d'un coup comme sorti du chapeau, être un raciste russe qui voudrait éliminer les noirs. On sent le rajout pour faire du pied au mouvement BLM, mais cet effet semble tellement littéralement sortir de nulle part, qu'on en est pas du tout impacté. Les scénaristes, (dont Craig lui-même apparemment), voulaient sans doute éliminer du processus le scientifique qui aurait pu résoudre le dilemme de Bond.
Au final, un résultat en demi-teinte, même si la fin du film reste assez émouvante. Madeleine Swann est toujours un personnage gracieusement survolé (et l'interprétation totalement effacée de Léa Seydoux n'aide pas en cela).  On retrouve Blofeld, toujours interprété par le charismatique Christoph Waltz, emprisonné depuis la fin de Spectre, épargné par Bond, et qui ne revient que pour disparaître.
Le nouveau M depuis Skyfall, Ralph Fiennes est toujours aussi efficace, même si on lui préfèrera toujours son personnage légèrement similaire, mais plus fringuant dans le génial "Kingsman Première Mission". la nouvelle Monneypenny de l'ère Craig est toujours aussi impeccable, quitte à voir un nouvel agent double zéro sept, on aurait préféré largement elle que les fans connaissent déjà, plutôt que la nouvelle venue Nomi qui encore une fois ne sert quasiment à rien. Plaisir coupable aussi de revoir Felix Leiter, même si on a beaucoup de mal à croire à leur amitié fraternelle tant rien ne nous en a été montré avant. Benjamin Wishaw continue à camper son Q moderne, jeune nerd, et flegmatique. On apprend d'ailleurs au détour d'un dialogue qu'il est gay, mais encore une fois cette information n'étant pas assortie d'effets, elle ne sert pas à grand chose. Dans Cloud Atlas, on s'attache à cet état de fait, parce qu'il est porté par une vision et par l'histoire. Ici, on a envie de dire oui et alors, sa sexualité ne regarde que lui finalement.
Enfin, un petit mot sur le bad guy of the week, Lyutsifer (Lucifer vous l'avez) Safin, interprété par Rami Malek, dont les motivations sont aussi floues que le projet, qu'on ne comprend pas vraiment d'ailleurs. Il est un mix de plusieurs anciens méchants de Bond, dont Docteur No. En revanche, cette façon de le lier artificiellement à tous les méchants de l'ère Craig, comme si il en était le seul grand commanditaire ne tient malheureusement que sur le papier. Et également, quel a été le grand secret de Madeleine Swann, si c'est ce qui se passe dans son récit, on ne comprend pas bien en quoi la révélation va abasourdir James comme le lui dit Blofeld, si ce n'est pas ça, il doit manquer un bout du scénario.
A la fin du générique, on nous dit que James Bond reviendra. Pourquoi pas, mais qui sera t-il vu que l'ère Craig s'achève sur ce film, Daniel Craig ayant effectué le nombre d'opus déterminé par son contrat ? On est pas forcément impatient de voir la suite, mais on lèvera tout de même un sourcil interrogateur le jour où ça arrivera. Et pour du grand frisson, et de l'aventure, on guettera plutôt la sortie prochaine du nouveau Mission Impossible. Il s'appelait Bond, James Bond.

En Blu-Ray, 4K UHD, DVD et coffret collector le 16 février 2022. Edité par Universal Pictures France/MGM. Le site Internet de l'éditeur, son Facebook et son Twitter.

Retrouvez ce film sur Cinetrafic https://www.cinetrafic.fr/film/60158/mourir-peut-attendre.

 
 
 
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27 février 2022 7 27 /02 /février /2022 21:43
Venom Let there be Carnage

Jamais un nom de film n'aura prémonitoirement aussi bien porté son titre, tant le nouvel opus de Venom s'avère un film encore plus décevant que le premier. Un effort est fait sur les chorégraphies de combat, et les scènes un peu plus gores, mais on est loin du Rated R, promis fut un temps.
Tom Hardy continue à emporter le morceau grâce à sa bonhommie et sa sympathie évidente, et puis on sent bien chez lui le plaisir fun et décomplexé d'interpréter un des pires ennemis du Tisseur, mais malheureusement, le simple fait de s'investir dans le rôle ne suffit pas à faire d'un film à peu près correct, un bon film.
Cette idée de faire de Venom, une sorte de super-héros un brin anti-héros ne fonctionne pas des masses. 
L'apparition de Carnage dans le film est pas trop mal traitée, mais on est loin de la bestialité sauvage du personnage original. Woody Harrelson, ne démérite pas pour autant, puisqu'il incarne Cletus presque comme un pendant de son Mickey dans Tueurs Nés, le côté réellement malsain du personnage du film de Stone en moins.
Mais la plus grande déception, vient probablement de la réalisation, et de son réalisateur. La réalisation fait le taf, mais le réalisateur, c'est quand même Andy Serkis, monsieur "Performance Capture", l'homme qui a élevé cette technique au rang d'art, et dont le Mowgli semble au regard des critiques, vraiment intéressant.
Ici, on ne retrouve en rien le cinéaste et acteur britannique, l'impression presque tragique de voir un yesman en service commandé pour Marvel.
Les aficionados des Comics, et de Venom seront peut-être comblés par cette tentative louable de coller à certains esprits du comics, que personnellement je n'ai pas lu, mais pour en avoir interrogé quelques uns parmi mes amis, il semble que le comics possède une véritable identité "macabre et assez violente" qui est ici profondément édulcorée, jusque dans les meurtres de Carnage.

La relation entre Eddie, et Venom le Symbiote, est traitée presque parfois comme une comédie romantique, et on sent chez Marvel la volonté de faire comme pour le un, un film hybride, mi-comédie, mi-violence badass, formule qui fonctionnait assez dans les films Deadpool, surtout dans le deuxième volet, mais beaucoup moins avec Eddie Brock et son encombrant hôte extraterrestre.

J'ai vu le film il y a peu, et je n'en ai déjà quasiment aucun souvenir. Ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle pour le film, mais en revanche, ça traduit une certaine constante de la licence Marvel. Des produits interchangeables, sans réelles personnalités, mais qui marquent les esprits jeunes, ou peu exigeants. Dernier exemple en date, Spiderman No Way Home, avec lequel la scène bonus de fin de Venom 2 fait un pont par l'intermédiaire de Venom-Brock.

En revanche, il y a dans ce Venom Let There Be Carnage, un réel plaisir non coupable, et c'est de retrouver les trop rares Naomie Harris, et Michelle Williams, toujours impeccable. Et une chose vraiment réussie est l'animation de Venom à part entière, comme partie fantasmée de Brock, totalement organique. On a presque quelque chose de l'ordre du The Mask de Chuck Russel, mâtiné du jeu vidéo The Darkness. Un mélange certes incongru mais qui fonctionne relativement bien. Dommage que le film ait tant le cul entre deux chaises.

Pour le reste, le cinéphile passera son chemin, le cinéphage aussi, mais pour le fan inconditionnel de Venom ou des studios Marvel Disney, si il n'est pas trop regardant, le film demeure plaisant à voir, et divertissant.

En Blu-Ray, 4K UHD, DVD, Steelbook et coffret Venom 1 et 2 ainsi qu'en Location VOD le 23 février 2022, et en Achat VOD le 17 février 2022. Edité par Sony Pictures Home Entertainment France. Le site Internet, sa page Facebook et sa page Twitter.
 
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