Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 23:45

Il est de ces oeuvres maudites qui voient le jour malgré tous les problèmes qu'elles ont pu rencontrer de leur création à leur exploitation en salles, et le film le 13ème guerrier de John Mc Tiernan ne déroge pas à la règle. Charcuté par un Michael Crichton  (cinéaste et écrivain à l'origine du roman adapté dans le film) qui ira jusqu'à brûler lui-même tout les négatifs des scènes coupées pour empêcher mc Tiernan de sortir un jour la director's cut fantasmé par bon nombre de fan du réalisateur), reçu froidement par le public, un peu moins par la critique (encore que), voilà que le film ressort enfin en bluray mais sans la director's cut tant attendue et pour cause (cf plus haut).

Qu'à cela ne tienne, ne boudons pas notre plaisir, car c'est l'occasion de revoir probablement un des grand chef d'œuvre du réalisateur (malgré  les problèmes rencontrés sur le tournage entre Mc Tiernan et Crichton et donc cette impression de film non fini) et surtout un des meilleurs films de Viking.

Un petit mot sur l'histoire. Michael Crichton, écrivain à l'origine de roman comme Timeline  ou encore Jurassic Park, imagine ici de confronter le regard d'un poète arabe ayant réellement existé Ibn Fahdlan, déchu dans la scène d'ouverture du film pour avoir fauté avec une femme qui n'était pas la sienne, à une cohorte de guerriers viking qui sur le principe d'une prophétie vont partir aider un village allié, assailli par d'étranges démons mi-ours, mi-lion, les Wendols. La grande force du scénario est aussi de mettre en scène le héros du poème qui a inspiré Tolkien pour l'écriture de son Seigneur des Anneaux, à savoir "Beowulf", devenu phonétiquement "Bulywif" mais qu'on ne s'y trompe pas, il s'agit bien de la même évocation. D'ailleurs, Mc Tiernan souligne cet état de fait en faisant discuter le poète arabe Ibn Fahdlan et le chef viking de "poésie et d'écriture" et exécuter des dessins y correspondant sur le sable de la rive.

Ibn Fahdlan ne parle pas un mot de "viking" et c'est donc dans un premier temps, celui qui l'accompagne, remarquable Omar Shariff qui va jouer les interprètes. Dans une scène de communication, dont seul un réalisateur comme Mc Tiernan a le secret, l'homme va s'adresser aux vikings en grec, puis devant le mutisme des hommes (ils ne se comprennent en réalité pas), en latin, engageant ainsi un dialogue. Au cours d'un repas, une magicienne du clan dit que la prophétie ne s'accomplira que si un 13ème guerrier se joint au viking et que ce 13ème guerrier ne peut être un des leurs.

Voilà donc le poète arabe, contraint de partir avec les vikings pour venir en aide aux villageois. Ce dernier ne comprend pas ses camarades, et en observant leurs lèvres et la résultante des mouvements de leurs lèvres pendant une partie du voyage, il va finir par apprendre à parler comme eux. Et lorsque un viking en vient à insulter sa mère, Ibn Fadhlan prend la parole dans leurs langues et les  surprend.

La barrière de la langue est passée, mais le poète ne gagnera réellement leur confiance et leur respect qu'en prouvant que son "chien" (les vikings traitent ainsi son cheval car il est plus petit que les leurs) est aussi agile, sinon plus que leurs montures. Le poète montre ainsi dans deux aspects de la communication (physique et morale) qu'il n'est pas si différent que ça d'eux, voire même qu'il peut leur en apprendre sur la vie.

Un peu plus tard, perdu parmi les armes vikings (trop lourde et peu maniable), il se construira son propre sabre (Cimeterre) , une arme avec son identité.

Car finalement, si on y réfléchit bien, ce film ne parle que de ça, d'identité, mais aussi d'ennemi invisible et inhumain. Par un combat contre un des ouvriers du village, les vikings prouveront également leurs valeurs. Et lorsque les wendols débarquent sur fond d'imagerie mythologique et fantasmatique , le spectateur sait que les seuls humains sont les villageois ,le poète et les vikings. Mais ça serait sans compter avec la malice de Mc Tiernan qui par un rebondissement dans l'intrigue, humanise à leur tour les "méchants wendols", qui ne sont pas réellement méchant mais juste moins avancés dans leurs idéologies comme dans leurs moeurs.

Il est d'ailleurs amusant de constater que Ibn Fahdlan ne déclenche sa sauvagerie, devenant réellement un berserk, que  lorsqu'il se retrouve avec la preuve tangible que les wendols sont des humains comme lui et comme ses compagnons. C'est donc paradoxalement lorsqu'il se sait en conflit avec de vrais humains et non des Djinns ou des monstres que son instinct guerrier se révèle.

Mc Tiernan traduit d'ailleurs parfaitement bien la sauvagerie et l'art de la guerre de ces hommes au moyen d'une caméra à l'épaule héritée de son Die Hard 3 (d'ailleurs comme dans ce dernier, ou dans le premier, les "ennemis" ne sont pas ce qu'ils semblent être) et il filme l'ennemi invisible comme dans son superbe Predator, d'ailleurs à  part lui et Mallick, aucun autre réalisateur ne filme aussi bien la nature et les arbres. Mc Tiernan filme aussi magniquement le visage de ces hommes en gros plan, le regard vide (mais l'esprit bouillonnant), fixant le plafond , se recueillant avant le combat ou risquant tout pour un idéal de liberté.

Cette communion naturelle est d'ailleurs magnifiquement servie par le score sublime de Jerry Goldsmith, probablement une de ses plus belles compositions, traduisant aussi bien la puissance des guerriers, que la quiétude de la nature ou encore l'animalité des wendols.

Au final, on a donc un trés beau film sur la communication (et paradoxalement l'incommunicabilité des êtres) car malgré leurs shamans femme quasiment "identique" sur les 3 peuples, malgré leur état de guerrier, la communication entre les Wendols et les viking/poète/villageois ne se fera que dans la souffrance et l'assaut (expédition punitive de part et d'autre d'ailleurs qui souligne bien cela et mort des deux chefs de part et d'autre également). Car si les wendols ravissent les têtes pour on ne sait quel rituel, les vikings ne coupent pas moins la tête des gens que ça soit celle des leurs ou celle des wendols. Mc Tiernan nous montre trois états de l'homme, dont le plus "civilisé" reste finalement le poète arabe. Nous avons également trois conceptions de la divinité différente, trois manière de voir Dieu mais qui finalement concours toute à la même chose, avec plus ou moins de succès d'ailleurs. Mais toute cette aventure, aura eu un effet bénéfique, puisqu'elle aura permis la cohésion entre un peuple occidental et un émissaire oriental et surtout, elle aura permis à Mc Tiernan de s'affirmer comme un des plus grands réalisateur mythologique et à Ibn Fahdlan de s'accomplir comme guerrier, le treizième guerrier.

 

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Le 13ème Guerrier, disponible depuis le 2 novembre 2011. Distribué par laMetropolitan Filmexport.


un petit mot sur les bonus, pas de commentaire audio de Mc Tiernan, comme on aurait pu l'espérer, mais de sympathique featurette, un making of assez complet et pas trop formaté et une interview du réalisateur intéressante sur ses goûts (trés amateur de cinéma européen essentiellement) mais pas très utile pour apprendre des choses sur le film. Enfin, on l'aura compris, ce film est son film maudit et il ne veut plus en entendre parler comme il l'a bien dit et bien fait comprendre.

 

On se rabattra plutôt avec plaisir sur le petit livret avec le Bluray collector qui en plus d'être un bel objet agréable à lire, est aussi une petite mine d'informations sur le film. A noter aussi qu'une dizaine de photos, également fournis avec le bluray replongent dans l'univers du film avec plaisir.

Par LordGalean
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 19:08

L'IMAGE DE REVE ET SES APPARENTEES : MINORITY REPORT OU LE CAUCHEMAR PREDIT.

Minority Report est un film presque entièrement basé sur le rêve, la voyance et l'inconscient. Les images de rêves et de cauchemars se côtoient tout le long du film. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à la séquence finale du film. Cette séquence commence avec l'emprisonnement d'Anderton et se termine à la dernière image du film (chapitre 21 à 24 du Dvd). A travers l'analyse de cette longue séquence, nous allons tenter de montrer que la fin du film peut être perçue d'une autre manière que comme un "happy end à l'américaine". A savoir que toute cette séquence est en réalité la projection mentale d'une fin heureuse que se représente Anderton enfermé dans sa prison-cercle neuronale.
Résumé : John Anderton trahit par Lamar Burgess est arrêté chez lui et enfermé pour les meurtres de Leo Crow et Danny Witwer…


La séquence débute par une réplique de Gédéon, l'étrange gardien handicapé de la prison de Pre-Crime : "tu fais parti de mon troupeau maintenant John, bienvenue, tu vas voir, ça va être le super pied, il paraît que tu vas avoir des visions, que ta vie défile devant tes yeux, que tout tes rêves se réalisent". Arrêtons-nous un instant sur cette seule réplique. Dans le cinéma de Steven Spielberg, chez qui la narration est très importante, des indices sont disséminés dans les lignes de dialogues. Ainsi cette phrase en apparence anecdotique que la sentinelle/Gédéon sert à tous ses nouveaux détenus, prend ici quasiment une dimension de prophétie. Comme si la suite de ce que nous allions voir, n'était en fait que le rêve bien compréhensible d'Anderton, faire triompher la liberté, la vérité et la justice. La résolution de l'énigme criminelle Burgess serait donc la résultante non pas de la réalité mais plutôt d'un rêve d'un Anderton prisonnier, voulant à tout prix s'en sortir et sauver son monde à défaut de sauver le monde, credo habituelle du héros/super héros américain. Il semble que ce soit une mise en abyme, surtout la dernière des répliques du gardien : "tous tes rêves se réalisent". Comme si Gédéon avant même la résolution de l'intrigue annonçait que la fin heureuse en apparence du film n'était qu'un leurre de plus, un banal rêve de prisonnier souhaitant que la vérité triomphe. Quoiqu'il en soit, il faut garder cette phrase en tête, elle est importante voire cruciale pour la suite.
La séquence se poursuit par "l'enterrement" symbolique de John dans une des prisons tubes. Anderton, nu et rasé est glissé dedans et le tube s'enfonce dans le sol comme une pierre tombale s'arrêtant au niveau des inscriptions 11.09 (le numéro de l'affaire Anderton) suivi du nom "John Anderton". On a donc toutes les particularités d'un enterrement, d'ailleurs ce 11.09 évoque aussi bien un matricule qu'une date tel les "ci-gît" que l'on voit inscrit sur les tombes habituellement. En revanche, le 11.09 ne renvoie pas nécessairement à la tragédie qui a secoué les Etats-Unis en 2001 ou alors de façon inconsciente, ce n'est qu'un numéro de dossier parmi d'autres (le cas 11.08 était le meurtrier présumé du début du film : Howard Marks). Au-dessous du nom de John Anderton sont inscrits les noms et matricule d'autres prisonniers, à plusieurs sur le même tube, on est plus près ici de l'imagerie du charnier, du caveau de famille (la grande famille des criminels) ou de la fosse commune que d'un enterrement classique, une personne par tombe. Cet endroit ressemble plus à un purgatoire post-mortem qu'à une prison. Le travelling avant vers la "tombe" d'Anderton qui s'enfonce dans le sol, renforce cette idée d'enterrement mais surtout d'enfer qu'il soit Chrétien ou plus proche des Grecs. Le nom d'Anderton et le numéro s'allume sur la "pierre tombale" lorsque celle-ci s'arrête dans le sol indiquant que la cellule de confinement fonctionne.
Le plan suivant est un plan à l'intérieur de cette "tombe mentale", un gros plan de la tête d'Anderton, le tout dans la pénombre, seul le cercle qui est autour de sa tête (antithèse d'auréole) est à peine éclairé ; puis progressivement, ce cercle s'éclaire, témoignant sans doute d'une activité neuronale intense de la part d'Anderton, jusqu'à devenir incandescent ; le rêve si rêve il y a peut donc commencer. On perçoit d'ailleurs faiblement un léger travelling optique vers son cerveau. Ce plan dure à peine quelques secondes et sans transition parvenu au summum de l'incandescence du cercle, on passe en montage cut au plan suivant. Difficile de ne pas y voir une invitation au rêve, et difficile aussi de ne pas en conclure que c'est l'activité neuronale intense qui a entraîné l'apparition du plan suivant. De ce passage brutal au plan suivant, il en résulte un étrange malaise, comme si la scène qui se déroulait ensuite était fausse, erronée, voire rêvée ou irréelle, en tout les cas plus une production du cerveau d'Anderton que la suite "logique" de l'histoire.
Le plan suivant est un plan américain en vue subjective de Lamar qui s'avance face à la caméra en disant "tout est de ma faute". De même que pour la réplique du gardien, cette réplique peut être entendu par le spectateur sans pour autant être "écoutée" et perçue dans la plénitude de ce qu'elle sous-entend et elle sous-entend énormément de choses mais encore faut-il regarder le film en cherchant à comprendre, et non en subissant ce que l'on voit et entend. Etrangement, on croirait presque avoir affaire à une confession, confession où Lamar reconnaîtrait avoir piégé Anderton et… Mais stupeur, ce n'est pas Anderton qui est mis en scène au plan suivant, mais sa femme Lara dont on sait peu ou prou "qu'[elle] a quitté son mari parce que chaque fois qu'[elle] le regardait [elle] croyait voir mon [son] fils". Etrange donc de la voir venir parler de John avec Lamar, mais peut-être est-elle toujours amoureuse de John, admettons. Quoiqu'il en soit, ce "tout est de ma faute" de la part de Lamar n'est pas à prendre à la légère dans un film de Spielberg. Il peut s'agir ni plus ni moins d'un indice auditif et visuel de plus pour nous comprendre qu'il s'agit d'un rêve d'Anderton. En effet après le fait de retrouver son fils ce qu'il sait évidemment impossible,(son souhait le plus cher), même en rêver ne le ramènera pas. De quels autres rêves John peut-il rêver à réaliser conformément au discours de la Sentinelle ? Premièrement, peut-être de punir le criminel réel, Lamar. Oui mais comment le sait-il ? On peut penser qu'il l'a deviné, il a le temps de cogiter en prison. Il est arrêté pour le meurtre de Leo Crow ce qu'il connaît, en revanche à la séquence de l'arrestation, on lui apprend qu'il est aussi arrêté pour le meurtre de Danny Witwer. Il a d'ailleurs à ce nom, une légère réaction un quart de seconde avant qu'on ne lui pose le casque incapacitant des criminels. Il n'est pas difficile pour un brillant esprit tel qu'Anderton de se remémorer le discours qu'il a eu avec Hineman et de faire le rapprochement entre Lamar et les meurtres. De plus, Leo Crow est originaire de Baltimore (c'est écrit sur le registre de l'hôtel) et Lamar a "donné son flingue" à John à Baltimore (il y fera d'ailleurs allusion plus tard dans la séquence), c'est encore à Baltimore, à la piscine municipale que John a "perdu" son fils, et enfin le médecin véreux a été arrêté par John à … Baltimore. Cela fait beaucoup de coïncidence pour une même ville, surtout lié aux mêmes évènements. On peut donc penser que John en rassemblant toutes ses hypothèses dans son cerveau en prison trouve par déduction logique que le meurtrier et le gagnant de l'histoire ne peut être que Lamar. Le deuxième de ses rêves est sûrement de se remettre avec sa femme (on voit qu'il l'aime toujours puisqu'il regarde souvent d'anciennes vidéos 3D de leurs années heureuses) on peut donc penser qu'il rêve tout naturellement que Lara vienne le sauver, ce qui pourrait expliquer le fait qu'elle passe de statut de femme faible ou au caractère pas bien défini à une femme d'action qui vient libérer son mari arme en main (un peu plus tard toujours dans la même séquence). Ainsi Anderton mettrait dans sa tête en scène le scénario idéal de fin où la morale serait sauve. Bien sur cette théorie ne tient la distance que grâce au plan cut qui passe du cercle éclairé à l'image de Lamar vue en point de vue subjectif. Mais Revenons à la phrase de Lamar : "tout est de ma faute". C'est comme un fantasme de John, le fantasme de toute victime en règle générale, vouloir que le meurtrier se reconnaisse en tant que coupable, donc ce plan de Lamar avançant vers la caméra pourrait être l'aveu fantasmé de ses crimes, ce qu'Anderton rêve d'entendre pour trouver la paix intérieure. De ce fait, le plan précédent est là pour nous suggérer peut-être, sans lourdeur, ni insistance manifeste que John est prisonnier et le restera et que tout ce qui va se passer est une projection mentale de son esprit. Dans le cas contraire, on peut se demander quel serait l'intérêt de ce plan "in vitro", ainsi que de cette transition vers un plan en vue subjective (comme si finalement le sujet (Lara) du plan était d'abord indéterminé) ? Simple esthétisme ? Cela serait fort étonnant, de plus il n'y a rien de follement esthétique dans ce plan, en revanche la théorie du rêve d'Anderton s'en trouverait justifié.
Le reste de cette séquence est une conversation entre Lamar et Lara sur la culpabilité de ce dernier. Mais cette séquence, ni dans le fond, ni dans la forme n'apporte de véritable étayage de la thèse "rêve d'Anderton" à la seule exception que c'est dans cette séquence où Lamar se trahit comme le plausible meurtrier d'Anne Lively. En effet, le grand Lamar Burgess, criminel de génie, manipulateur sans égale, qui arrive à faire croire à toute son équipe qu'il est parfaitement clean commet une bourde de débutant en disant ceci : "Ecoutez, dès lundi matin je vais essayer d'examiner la piste Witwer et je vais demander à Gédéon de chercher dans les archives du centre si un des détenus à noyé une femme qui portait le nom de … (il se rend compte de son erreur) de… comment avez-vous dit qu'elle s'appelait". Ce à quoi Lara répond : "Anne Lively, mais je n'ai jamais dit qu'on l'avait noyé". Etrange, non seulement il commet une bourde mémorable en dévoilant qu'Anne Lively a été noyé, ce que personne ne sait à part Gédéon, Witwer, Anderton et Agatha et peut-être Lara, mais en plus sur la fin de sa réplique, il manque de dévoiler son nom "de…de… comment avez-vous dit qu'elle s'appelait". Son hésitation et son jeu étant clairement perçu comme tel. Pourquoi un génie criminel de cette envergure qui a échappé à tant de personnes pouvant trouver la vérité, irait-il la révéler aussi inconsciemment ? On peut bien sur dire que un génie criminel aussi génial qu'il soit a des failles, mais en revanche, si on reste dans l'optique du rêve d'Anderton cela prend tout son sens cette révélation inopportune. Dans le cas du rêve d'Anderton, on peut penser sans doute que John imagine Lamar se planter lamentablement comme un vulgaire délinquant et ainsi cela lui permet de faire chuter de son piédestal, un homme qu'il a tant aimé et respecté. Lamar dit d'ailleurs "Je considérais John comme mon fils". De plus, cette hypothèse est intéressante dans la mesure où cette scène renvoie à la scène des aveux de Speelbound d'Hitchcock, autre grand film sur le rêve et l'inconscient. Ce serait donc une référence clin d'œil de Spielberg au grand génie Hitchcock dont les intrigues se révèlent souvent grâce à des rêves ou des états proches du rêve. On aurait donc un aperçu de ce que John rêve en tant que prisonnier : la confrontation entre sa femme (qui n'est pas présentée comme une figure de femme d'action depuis le début du métrage) et son pire ennemi, paradoxalement père de substitution.
Ensuite Lamar cherche à tuer Lara pour l'empêcher de parler, mais sa secrétaire faisant irruption dans la pièce l'oblige à changer de technique. Lamar ne chercherait pas à la tuer à cause des Pre-Cogs qui sont à nouveau trois, donc à nouveau opérationnels, il ne prendrait donc pas ce risque insensé.
Dans un gros plan surexposé, étrangement d'ailleurs, dans une pièce assez sombre, Lamar, dont le visage baigne de lumière comme dans un rêve s'adresse à Lara mal à l'aise : "nous reparlerons plus tard, peut-être demain, je viendrais vous voir chez vous". Lara acquiesce, et Lamar sort pour sa conférence. Rien dans ce passage ne permet de justifier totalement la thèse du rêve d'Anderton, si ce n'est les deux troublantes erreurs que commet Lamar, mais ce n'est pas suffisant pour conclure au rêve. Mais continuons.
Lara le regarde s'en aller, s'ensuit un travelling avant vers elle. Le regard de Lara se pose sur les affaires de John qui traîne dans une caisse transparente posé sur une petite table en face d'elle. Un travelling avant vers la caisse contenant les affaires de John : son arme, son œil, ses dossiers et… On a presque un portrait chinois de John à travers certaines de ses affaires, c'est John en raccourci en fait, la présence de John et la caisse qui fait office de simili cercueil. On peut avancer aussi l'hypothèse que ce simili cercueil renvoie de façon mimétique à la prison tube transparent dans laquelle est enfermé John et que le tout peut donc renvoyer au rêve. Mais peut-être et c'est plus probablement le cas, cela annonce la séquence d'après dans la prison. D'ailleurs les stries horizontales de la caisse transparente renvoient aux tuyaux d'orgues verticaux de la sentinelle (même forme ou approchant, même couleur, même transition en travelling avant). La musique religieuse (Jésus que ma joie demeure de Jean Sébastien Bach) qui se fait entendre pendant ce double travelling est d'abord présente sur le plan de la caisse en tant que musique extradiégétique, puis en montant crescendo, elle devient sur le plan de l'orgue musique diégétique et an empathique (quel que soit le personnage concerné, Lara, John ou Gédéon qui joue pour les prisonniers). Cette musique envahissant progressivement l'image, peut être perçue soit comme une annonce du plan de l'orgue, soit comme une référence à un enterrement (musique religieuse et simili cercueil) ; donc à l'enfermement réel d'Anderton, donc au rêve que ce dernier ferait à ce moment précis. Difficile encore de trancher mais voyons la suite.
Le plan suivant, dans un travelling avant vers Gédéon (la Sentinelle) qui jouent de l'orgue pour les prisonniers, nous dévoile un pistolet qui s'avance et se pointe sur la nuque de Gédéon. Lara la femme "au foyer" devient une redoutable femme d'action. "Il faut que je parle à mon mari". Dans l'hypothèse où John rêve ce qu'il voudrait qui arrive, ce brusque changement d'attitude de Lara pourrait être expliqué par le fait que John rêve que sa femme l'aime à nouveau et soit prêt à la délivrer arme au poing. Dans le cas contraire, c'est une initiative de Lara, après tout les êtres humains sont complexes au point de se surprendre eux-mêmes parfois.
Gédéon étonné de son arrivée lui répond "vous n'avez pas l'autorisation, comment êtes-vous entrée ici". Et Lara pour toute réponse pose l'œil restant de John sur l'orgue faisant jouer la clef la plus grave. Ce détail mi-comique, mi-macabre trouve un sens dans l'hypothèse où ceci est un rêve d'Anderton. En effet on peut penser que Anderton rêve que sa femme utilise son œil et son pistolet (pris dans la caisse blanche, on les voit par transparence) pour pénétrer dans la prison et le sauver. Mais cet œil peut également être pris comme une référence à un monde du rêve. Le rasoir tranchant l'œil dans Un chien andalou de Luis Bunuel, un réalisateur fort apprécié de Spielberg, ou encore la séquence du rêve dans Speelbound D'Hitchcock, toutes deux inspirées par Dali. Quoiqu'il en soit, cette séquence en tout les cas onirique fait place au discours de Lamar pour la nationalisation de Pre-Crime.
L'accord de l'œil posé sur l'orgue fait une transition sonore avec les applaudissements (comme à la fin d'un concert) et la soirée Pre-Crime. On découvre Lamar qui remercie les gens. La secrétaire de Lamar lui offre une boite contenant un revolver et cinq balles plaquées or. Lamar explique à l'assemblée ce symbole. "Des revolvers comme celui-ci ont été donnés aux généraux à la fin de la guerre de sécession par leurs troupes et les barillets étaient chargés de cinq balles plaquées or pour symboliser la fin de la destruction et de la mort, qui avait ravagé le pays pendant cinq ans". Il poursuit hypocritement ou bien peut-être y croit-il vraiment ; à moins que ce ne soit aussi dans le cas du rêve d'Anderton, la manière dont John perçoit Lamar, son presque père (ce discours fait d'ailleurs écho à celui de Hook, ou encore celui de Catch me if you can, tout deux sur la vision d'un père par son fils sans trop sur interpréter). Il poursuit donc son discours : "mesdames et messieurs avec Pre-Crime qui devient national peut-être pouvons nous enfin envisager un avenir où aucun de nous n'aura plus jamais l'occasion de décharger une arme à feu". C'est bien sur oublier que Lamar a tué 24h avant Danny Witwer avec le pistolet de John et qu'il est impliqué dans la mort de Leo Crow. Dans cette scène, aucune indication ne permet de créditer l'hypothèse du rêve d'Anderton.
Ensuite le téléphone de Lamar sonne, sa secrétaire répond et le lui passe. C'est Anderton. S'ensuit un appel de Lara à Jad (le soldat noir de Pre-Crime) lui demandant d'aider John. Jad envoie la prévision d'Agatha impliquant Lamar dans le meurtre d'Anne Lively sur grand écran. Anderton dit à Lamar qu'il sait tout. Dans la salle les gens sont médusés lorsqu'ils découvrent que Lamar est coupable du meurtre. Lamar fuit la salle et aperçoit John. Lamar entre dans la cuisine et charge l'arme qu'on lui a offert. Dans cette séquence, il n'y a pas non plus d'éléments accréditant la thèse du rêve d'Anderton si ce n'est la voix off qui interroge Lamar comme un jeu télévisé. "Alors qu'est-ce vous allez faire Lamar, qu'est-ce que vous allez faire ?". Cette voix off peut aussi agir comme la voix d'un fantôme. On peut imaginer qu'il s'agit de la confrontation entre Lamar et Anderton, mais rien ne permet d'accréditer cette thèse. Mais on est plus proche de l'irréel en tant que fiction filmée plutôt que de l'irréel en tant que rêve.
La séquence suivante montre comment Lamar se rend coupable d'un futur meurtre à l'encontre de John. Agatha et les jumeaux visualisent ce futur meurtre. L'équipe d'Anderton voit que John en est la victime. Pendant ce temps, Lamar et John se disputent violemment dans la cuisine (dialogue anticipé également par les Precogs). Les hommes de Pre-Crime voit Lamar dire "pardonne-moi John" et le tuer ensuite d'une balle dans le cœur sur la terrasse de l'hôtel. Le lien avec le rêve vient ensuite, car si on quitte Lamar et John dans la cuisine, on les retrouvera la séquence d'après sur la terrasse et ce sans qu'on sache ce qui s'est passé entre temps. Il ne s'agit pas d'ailleurs d'une ellipse puisque le dialogue reprend à l'endroit où il s'est terminé dans la cuisine. En revanche cela rappelle étrangement l'incohérence d'un rêve où l'on peut rêver une action dans un lieu, action qui se poursuivra dans un autre lieu sans nous choquer le moins du monde. Peut-être ce la même chose pour ce passage. Par contre dans le cas de la réalité, il y a une incohérence d'action et de lieu entre la scène de la cuisine et celle de la terrasse. Les hommes Pre-Crime voit la boule du meurtrier descendre le long du tube : "Perpetrator : Lamar Burgess".
Ensuite la caméra en vue subjective franchit la porte de la terrasse et s'avance vers John. On retrouve le même angle et le même mouvement de caméra qu'au tout début du passage dans la scène entre Lara et Lamar peut-être s'agit-il d'un indice destiné à montrer que la scène est toujours celle que rêverait Anderton même s'il est présent dans la scène dans son propre rôle. Anderton habillé en noir avec sa houppelande à la Dark Vador (celle qui arbore dans les bouges) s'adresse à la caméra/Lamar ? "Lamar, c'est fini, la seule question qui reste c'est qu'allez-vous faire maintenant". Lamar entre à son tour sur la terrasse, vu de dessus ; son ombre, gigantesque, comme dans un cauchemar, s'étend sur le sol de la terrasse.
Vient ensuite le "débat/discussion" entre Anderton et Lamar sur la question du choix et de la culpabilité ; et dans cette séquence non plus, rien ne vient appuyer la thèse du rêve. Lamar se suicide et la musique extradiégétique retentit. Les gens de Pre-Crime tâte le pouls de Lamar, Lara court dans les bras de John, les invités s'approchent. La caméra s'éloigne en travelling vertical en plongée comme dans un rêve (cf la fin de Brazil de Terry Gilliam). On pourrait croire que c'est la fin de la séquence mais il n'en est rien.
Les outils de Pre-Crime sont visualisés en plusieurs plans. Un plan des bureaux vides de Pre-Crime, commenté par la voix off d'Anderton, déjà étrange comme procédé, cela renvoie à la séquence du dîner et donc à la possibilité que ce soit un rêve "en 2054, l'expérience de six années de Pre-Crime a été abandonnée". Un autre plan de la salle des gardes, totalement désertée. Un plan du bassin des Precogs lui aussi vide avec de nouveau la voix off d'Anderton "tous les prisonniers furent pardonnés inconditionnellement et libérés, toutefois les services de police gardèrent un œil sur plusieurs d'entre eux pendant des années". Les images de lieu déserte, en plus de la voix off donne une impression de voix fantomatique, ou de rêve, comme si Anderton rêvait ce qu'il voulait qui arrive et non la réalité de ce qui est.
On découvre ensuite Anderton chez lui, ses cheveux ont repoussé, et il regarde au dehors, la pluie qui ruisselle sur les vitres. La caméra dévoile dans un panoramique Lara Anderton. Elle s'avance vers John, elle est enceinte. Il la regarde et lui sourit. Ils s'embrassent tendrement et semblent être heureux. Nous avons ici soit "l'happy end à l'américaine", quoique la grossesse de Lara n'aie rien de réjouissant sachant que Sean vivra éternellement dans le souvenir des jeunes parents, mais admettons ; Soit si l'on se place du point de vue du rêve, on peut penser qu'il s'agit d'un fantasme de John toujours prisonnier. Après avoir rêvé la révélation et la mort du "méchant", puis le démantèlement du système perverti ; son rêve serait de retrouver sa femme et de vivre avec elle et un nouvel enfant pour "compenser" la mort de Sean.
Enfin on découvre les jumeaux precogs dans une maison ensoleillée. Leurs cheveux ont repoussé eux aussi. Ils portent des vêtements plus agréables que leur justaucorps couleur chair et lisent des livres. La caméra continue en travelling arrière et dévoile Agatha dont les cheveux ont aussi repoussé. Elle lit un livre en regardant le souvenir de sa mère qu'elle tient en pendentif serré dans sa main. On entend à nouveau la voix off d'Anderton : "Agatha et les jumeaux furent transférés dans un lieu secret, un endroit où ils seraient délivrés de leurs dons, un endroit où il pourrait terminer leur vie en paix". On ne peut terminer la "happy ending" sans sauver les gentils precogs malheureux esclaves du système, mais au-delà de ce point de vue, dans le cas du rêve d'Anderton, on peut imaginer, qu'il souhaite lui prisonnier que les esclaves soient sauvés. La voix off revient encore une fois étrangement et appuie cet état d'irréalité de ce que l'on voit, de plus le discours d'Anderton est redondant puisqu'il ne fait que commenter les images qu'il voit, hors le film n'a jamais usé ce genre de ficelles scénaristiques lourde, si ce n'est dans la séquence qui nous a intéressé. La caméra poursuit son travelling arrière et sort par la fenêtre, après quoi toujours dans le même plan, elle s'éloigne dans le ciel en semi-plongée, toujours plus haut, toujours plus loin. On a d'ailleurs la même fin exactement que Brazil (d'ailleurs beaucoup de références sont faites à Brazil dans Minority Report) sauf que la maison qui fume avec le tracteur est un mobil home qui fume avec un truck, mais le plan à la grue est exactement le même. Ensuite Gilliam brise le rêve en revenant dans la salle de torture, ce que ne fait pas Spielberg, proposant ainsi cette double lecture de la fin, pour un film sur le choix, voilà qui est fort judicieux. La dernière voix off agit de la même façon que les précédentes, Anderton décrit l'action et dans le cas du rêve souhaite que ça se finisse "bien" pour tout le monde. Un peu comme le "tout est qui bien qui finit bien" des contes de fées mais en décalés, ou le "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles" dans Candide de Voltaire. Mais quel que soit l'hypothèse selon laquelle on analyse la fin du film, on ne peut nier qu'elle ait des liens avec l'onirisme et le rêve. D'ailleurs c'est le cas du film entier à bien y réfléchir.


Nous avons vu qu'il était très difficile voire quasiment impossible d'analyser la séquence 21 à 24 du dvd de Minority Report. Rien ne permet de dire que l'hypothèse du rêve soit vrai ou fausse, en revanche, plusieurs indices visuels, filmiques, référentiels ou scénaristiques permettent de s'interroger sur la présence du double fin pour le spectateur.
De là à en conclure que Spielberg se moque lui-même de l'"happy end à l'américaine" et nous propose une fin plus sombre, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas. Mais il faut aussi préciser que si Minority Report est un film sur le choix, on peut penser que sa fin si ambiguë et aux deux interprétations possibles est elle aussi laissée aux libres choix des spectateurs, seront leurs états d'esprits, leurs sensibilités et leurs envies, même si je reste persuadé que la fin heureuse n'est qu'un leurre de plus. Après tout Minority Report est tiré d'une nouvelle de Philip K Dick, écrivain américain génial et torturé, qui a créé plus d'un univers où règnent le leurre, la paranoïa et le faux semblant.

Par fantasydo
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 18:45

 

J'ai revu (une deuxième fois donc ! ça va on suit bien), Jurassic Park, et même si les FX ont un peu vieilli et que ce film n'est pas le plus Spielbergien, il est révélateur sur plusieurs plans de la maestria Spielberg et de la dissémination d'indice dans l'image ou le discours.

j'appellerai ça, l'effet "anti-minority report". Je m'explique, dans Minority Report, le discours est faux , tout le monde manipule Anderton et lui ment. Seuls certaines images dévoilent la vérité (pour le plus grand malheur de gens comme Lamar). Dans Jurassic Park c'est l'inverse, les images sont fausses comme le dit Ian Malcom, il ya une illusion du contrôle, mais la vérité vient du discours cette fois, il ne faut pas se fier aux images, ni aux panneaux(l'inverse de Terminal ou les gens ne lisent pas les panneaux et se provoque des accidents).

Là il faut ne pas lire les panneaux pour survivre (ex : DANGER ELECTRIC VOLTAGE => le courant est coupé, l'informaticien vénale qui fait l'erreur de lire le panneau du port arraché au lieu de suivre son instinct et d'aller dans la bonne direction, il replante le panneau, et suit la voie qu'il lui indique qui le mènera à sa perte).
Le discours du théoricien du Chaos bien sur, pas du Prométhéen John Hammond(encore un manipulateur, comme Anderton au début qui manipule au sens pratique, l'image). L'image se chargera ensuite de vérifier les dires du scientifique ange déchu (il est tout habillé de noir, Hammond est un blanc, ne jamais sous-estimer l'importance du costume et du choix des couleurs dans un film de Spielberg).

Ian dit que la vie passe quoiqu'il advienne, Hammond lui dit qu'il n'y a que des femelles, sur l'île, la réponse de la nature a lieu avec l'ADN de grenouilles entrainant le changement de sexe des dinos, Grant découvre les oeufs témoin de la théorie de Malcom, l'image vérifie les dires du théoricien du Chaos. Plusieurs autres vérifications avec l'image auront lieu.

Mais Jurassic Park c'est aussi un film métaphysique, ainsi comme le dit si bien Malcolm (décidément encore lui) : " Dieu crée les dinosaures, Dieu détruit les dinosaures, Dieu crée l'homme, l'homme détruit Dieu, l'homme crée les dinosaures". Il ne le rajoute pas mais ce sophisme tombe sous le sens, l'homme créateur à son tour, se prend pour dieu (étrange représentation physique d'Hammon , renvoyant au Dieu anthropomorphe de Michel-Ange par exemple).

Il y aura d'ailleurs une punition, mais elle ne peut venir de Dieu puisque selon Ian il est mort, donc elle vient de la terre elle-même Gaia, la Grande déesse celte également. D'ailleurs Ellie le précise à Ian, "la femme hérite de la terre" qqch comme ça. Ainsi Gaia provoque une tempête qui rend l'île encore plus chaotique, elle libère les créatures de la terre (les dinos), elle ensevelira aussi les recherches génétiques de dinos piquées par l'informaticien vénal sous des monceaux de boues (gros plan du container ADN que la boue enseveli).

Le Chaos provoquera aussi la mort de chaque personne qui a intenté à la vie et a voulu se prendre pour Dieu , plus les malheureux employés (comme Samuel L Jackson perdu dans cette île). Seul le professeur Hammond ne mourra pas, mais l'amour qu'il possède pour ses petits enfants sera mis à rude épreuve.
Ainsi :

L'avocat véreux meurt bouffé sur les chiottes par le T.Rex pour avoir voulu tirer profit des dinos ressuscités.
Le chasseur meurt pour avoir osé participé à ce projet
L'informaticien meurt pour avoir tenté de propager cet hérésie de la science.

les seuls qui ne meurent pas sont : les enfants (c'est d'ailleurs eux qui sauveront la base), les deux archéologues (ils sont humains et l'argent les a achetés mais ils ont bon fond (Grant va s'occuper des enfants qu'ils abhorrent par dessus tout prouvant qu'il peut devenir père sans problème), Malcom est blessé mais épargné par le Chaos, parce qu'il a mis en garde tlm.

Il ne faut pas y voir une fin, ni un film moralisateur, mais plutôt une simple constatation. Il ne fait pas bon se prendre pour Dieu, et on paye toujours le prix de son arrogance.

je reviens aussi rapidement sur deux moment du scénario dont un qui semble inutile mais qui trouvera sa justification dans la suite du film :

1) le professeur Grant terrifie un gamin du site de recherche paléo en expliquant le mode de fonctionnement de l'attaque des raptors : on fixe le premier raptor et deux autres raptors vous attaquent sur les côtés, raptors qu'on n'avait même pas vu venir.
Pour répondre à ce discours, aussitôt après, l'hélicoptère de Hammond se pose, tous le fixe, mais Hammond n'y est pas ! le pilote indique la caravane de Grant du doigt !

Grant et Ellie pénètre dans la caravane et tombe nez à nez avec Hammond, qui comme une bête sauvage, fouille dans leur frigo à la recherche de nourriture (en l'occurence d'une boisson, du Champagne) : le discours qui me semblait ne servir à rien, sert en réalité à présenter Hammond d'une part, en faisant uen analogie entre lui et les raptors (l'hélico que l'on voit pourrait êtr le premier raptor, celui qui attire l'attention, et Hammond largué avant que l'hélico arrive ou par un autre hélico, est le raptor qu'on n'avait même pas pressenti).

Hammond ressemble à "ses" créatures et sa proposition de voyage à JP est trés intéressé et dangereuse. Spielby nous met en garde, méfiez vous de ce vieil homme à barbe blanche. Il n'est pas ce qu'il semble être.

D'autre part, l'explication du début de Grant sur les raptors, permet d'anticiper la mort du chasseur avant lui., tuer par les raptors également et de la même manière décrite au début du film par Grant.

encore une petite chose, Spielberg s'autocite; allusion à Duel (la camionnette land rover qui semble doué d'une vie propre et descend l'arbre pour écraser Grant et Tim (d'ailleurs les voitures du parc sont télécommandés, ya pas de chauffeur =camion fantôme qui semble sans chauffeur comme dans Duel).

La fin du film n'est pas irréaliste (le T.Rex qui bouffe les deux raptors) dans la mesure où elle s'inscrit dans une symbolique particulière. Notre grand père (le Tyranosaurus Rex) sauve la vie de sa descendance en détruisant à nouveau les dinos. Il se place comme protecteur et non comme agresseur.

Jurassic Park c'est aussi le film du changement, le tournant définitif d'une page de l'histoire du film de monstre : Foin de marionette capté image, par image, plus trop de robot animatronic, la plus grande partie des monstres du film sont réalisé en synthèse. Le procédé virtuel supplante l'animation à l'ancienne, des chef d'oeuvre de Ray Harryhausen et autres. Ce film c'est donc aussi la destruction de l'imagerie traditionnelle (le squelette écorché de T.Rex qui explose à la fin du film sur le sol en est la preuve, une forme d'FX a vécu, la nouvelle génération est en marche. Après JP, on ne présentera plus les monstres en image par image, (à l'exception de Spy Kids 2 mais c'est un choix personnel de Rodriguez pour rendre hommage aux créatures de Harryhausen). JP est un film du chaos, sur le chaos mais aussi un film métaphysique et une mise en garde contre l'abus de la science (cf 2002 : l'attaques des clones de Lucas qui pose le même postulat).

Enfin j'aborderai le miroir de deux personnages complémentaires :

Ian Malcolm/John Hammond

Malcolm est habillé tout de noir, il est assez barjo et ne semble jamais sérieux et raisonnable => Spielberg nous montre un personnage limite (au limite de la folie : il parle tout seul, fantasme, et théorise sur tout), une peu comme ce que sera le futur Anderton, ou Tom Hanks dans Ryan (qui sur la fin du film tire avec son pistolet sur les tanks, comportement totalement illogique et vain témoignant de l'absence de santé mentale du sujet) ! Bref, Malcolm est présenté comme un barjo, et peu sérieux, Hammond dira d'ailleurs de lui "je demande un scientifique et on m'envoie une star du rock" , lui ôtant tout crédit scientifique, juste un jugement sur son état et sa tenue, mais l'habit ne fais pas le moine, en revanche, il fait le démon : Ian Malcolm est en qques sorte la représentation idéal de l'ange déchu ! Il est tentateur : il tente de séduire Ellie, la Eve (héritant de la Terre) du Paradis Perdu , l'île est surnommé Lost Eden (a moins que ce ne soit dans le 2).

Par analogie, on le rapproche trés vite de Satan, ou du serpent, d'ailleurs il n'a , je pense échappé à personne qu'on trouve l'image d'un serpent glissant sur la terre dans JP et ce dans un seul plan ! Mais qui est ce serpent ? pourquoi un seul plan ? ce n'est pas une allusion à Indy et la haine de indy pour les serpents , ni une autocitation de Spielberg, en revanche, les noirs d'Afrique considèrent le serpent comme un messager des dieux (cf le livre : l'enfant noir de Camara Laye), voire un esprit, parfois un démon !

En revanche, malgré sa noire description, et ses attitudes assez similaire au tentateur, Malcolm s'avère être une des personnes les plus sensées de l'île ! Ne pas se fier à ce que l'on voit, encore une mise en garde de Spielberg, la même que pour les écriteaux : le mensonge est sur l'île, où que ce soit, le mensonge et une forme de mal, de Chaos.

Le deuxième personnage de ce dyptique miroir c'est John Hammond .
au contraire de Malcolm, Hammond est présenté par Spielberg, comme un gentil , et inoffensif papa, papy gâteau. Il est habillé de blanc, symbole de pureté et de Bien (dans la logique manichéenne) et a un visage trés proche du Dieu chrétien anthropomorphe. Selon ce que nous montre Spielberg, notre sympathie lui est toute acquise ! Mais, car il ya un mais, il s'avère être capricieux (il veut les chose trés rapidement), il s'incruste dans la roulotte de Ellie et Grant et se sert avec sans-gêne dans leur frigo, ouvrant sans aucune vergogne leur champagne, il dépense sans compter mais se révèle trés radin pour les mesures élémentaires de sécurité (comme le groupe électrogène situé à l'opposé de la salle de contrôle, une négligence qui coûtera la vie à S.L Jackson) !
Il se prend effectivement pour le dieu auquel il ressemble et sous-considère ses employés et les sous-payes (c'est la raison pour laquelle Nedry le trahira et tentera de voler les embryons de dinos)!

D'ailleurs à ce propos, une de ses répliques m'a choqué, je pense que ct le but de Spielberg, il entre dans le labo, l'avocat demande si ce sont des animatroniques que l'on voit derrière la vitre, et Hammond dit que non, ce sont les "vrais" scientifiques, il n'ya aucun automate que des personnes réels !

Mais quel être abject est-il donc pour montrer (peut-être sans leur consentement)des êtres humains travaillant sans relâche dans des cages comme des animaux de foire, n'a t-il aucun égard pour l'intimité humaine ? D'ailleurs, il dit que ce ne sont pas des automates, mais a bien y réfléchir ça en est ! des êtres humains qui travaillent sans manger et dormir (pour leur cause remarque, il ne sont pas encore eslaves ; ça viendra chez Spielby dans Amistad, puis A.I et enfin Minority Report) , quelques sandwichs quoi), il n'y a qu'à voir leur état physique et les cernes de leur visage pour voir qu'ils bossent à s'en épuiser, en effectif réduit (radinisme du proprio ?) ; et sous payés (cf la trahison de Nedry) n'est-ce pas en quelque sorte de pseudo-automate ?

En gros, Hammond est responsable en partie de toute la catastrophe et du Chaos qui en découlera, il est pour ainsi dire l'instigateur du Chaos, à la manière d'une Hineman dans MR ! Celui qui instrumentalisera le Chaos étant ici non pas Anderton, mais Nedry (panne généralisé du sys pour voler les embryons provoquant le court-circuit des voitures motorisées et des sys de protection des cages des dinos => déferlement du Chaos sur terre ! ).

Spielberg nous dépeint à travers ce personnage, je pense la même chose que pour Malcolm mais en inversant le sentiment ! Pour résumer en simplifiant : Tout ce qui est censé représenter le Mal c'est le Bien, le Bien c'est le Mal ! Hammond est habillé de blanc, en apparence pure et gentil, et Malcolm est censé être un démon, mais le démon se révèle un archange et l'archange gabriel ou le dieu anthropomorphe se révèle être un démon ou le diable.

 

Par fantasydo
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 18:36

il n'y en a aucun me direz vous, le fait de deux réalisateurs trés différent, dans deux optiques différentes, et pourtant, chez l'un comme chez l'autre, toute les "obsessions" "tic de réal" qu'on retrouvera dans leur futur production sont déjà là.

http://www.celluloidz.com/wp-content/uploads/2011/02/pi.jpg

Ils sont tout deux réalisé par de futur surdoué de l'image, du montage et de la narration. Tout deux en noir et blanc pour éviter le maximum de problème de lumière, les deux ont d'ailleurs le défaut (la volonté ?) d'être terriblement surexposé sur les extérieurs ou les endroits donnant sur l'extérieur (type fenêtre, porte), tout deux utilisent un montage nerveux mais pas épileptique non plus, une musique entêtante, voir par moment carrément électro.http://streambot.net/files/thumbs/1294288202bf162.jpg Tout deux utilisent des comédiens non connus ou des amis du groupe (à noter que j'aurais juré que Johnathan Nolan était le petit frère de Chris et non son grand )

les deux traitent plus ou moins de SPOILER  complot - et de personnage d'une ambiguité certaine, on croirait presque que- SPOILER  :  la femme du cartel industriel boursier (PI) comme le jeune dandy cambrioleur Cobb (The Following) sont des représentations imagés du Diable. De sorte qu'on se retrouve presque dans la théorie d'un "pacte Faustien". 

A noter également une certaine violence hors-champ, mais dont l'exécution n'en a que plus de prise avec le prolongement sonore de cette violence.

A noter également que SPOILER :  les deux personnages principaux finissent fous ou considérés comme tel.

Nolan traitant ici de son thème fétiche la manipulation mentale, on a presque en substance les prémisses du futur Memento (et déjà une construction intemporel) mais aussi on peut lire comme pour le Prestige, "le Suiveur" comme un film sur le cinéma.

Quant à Aronofsky, il traite du complot, du génie et des affres de ce génie mais aussi du basculement dans la folie avec en plus une réflexion sur "Dieu" qu'on retrouve également dans The Fountain.

 

Par fantasydo
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 18:10
SrorriM / Mirrors
 
C'est en traînant des pieds que j'étais allé voir avec un ami (l'objectivité en duo est toujours préférable) le dernier opus de la nouvelle coqueluche française hollywoodienne, j'ai nommé Alexandre Aja. Je n'ai jamais été particulièrement fan du bonhomme et ses deux premiers films ne m'ont pas plu du tout. J'ai trouvé Haute Tension, ultra violent mais surtout très incohérent et j'ai tenu moins d'une demi-heure devant La Colline a des Yeux. Vous l'aurez compris, le survival sans une once de scénario original n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Mais outre le réalisateur reconnu ou le fait que le film soit un remake inspiré d'un film coréen "Into the mirrors" que je n'ai malheureusement pas vu; c'est précisément l'histoire de ce scénario qui m'a donné une grande envie de donner à nouveau sa chance à un réalisateur que je trouve plutôt doué. Donc l'histoire, pour la résumer en deux mots, est celle d'un ancien flic qui s'en veut de la mort d'un de ses collègues. Il a bien évidemment dans cette mort une grosse part de responsabilité. Pour s'éloigner un temps du métier de policier, il va devenir vigile de nuit dans un centre commercial désaffecté après la disparition mystérieuse du précédent gardien. Il va être témoin d'évènements troublants qui vont le forcer à partir en quête de la personne qui pourra les arrêter.

Sans trop en dire pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, ce film est, sans aucun doute, un des meilleurs films sur les reflets ou à base de reflets qu'il m'ait été donné de voir. En effet, la caméra tantôt fixe, tantôt aérienne d'Aja va toujours montrer des reflets, créant par là même des personnages qui n'existent pas, entourant le héros de multiples points de vue. Ces derniers pouvant d'ailleurs faire office d'autant d'anciennes victimes l'accablant de reproches. Et c'est littéralement le sujet du film, car l'intégralité de ce dernier va tourner autour des thèmes de rédemption, de culpabilité, de sacrifice ; autant de questionnements ciblant aussi bien le héros que la personne à l'origine des évènements qui vont secouer les différents lieux.

Il y a du Poltergeist de Tobe Hooper dans ce film, et plusieurs scènes y font penser, comme cette scène où le sol absorbe au sens propre un personnage. Aja questionne également l'image qu'on renvoie de nous-mêmes aux autres, mais également à soi ; rien de très nouveau, mais il le fait avec passion et modestie, ce qui nous embarque volontiers dans le périple du héros. C'est d'ailleurs, un Kiefer Sutherland à l'opposé de son baroudeur Jack Bauer de la série 24 que nous découvrons dans le film. Un personnage tout en finesse, d'une sensibilité accrue et qui laisse entrevoir tout ce que le drame du début du film a pu provoquer sur son être.

De sorte que la quête qu'il se donne à finir pour ne pas sombrer dans la folie et voir détruire sa famille est plus qu'intimement liée à cette triste histoire que nous découvrons sur une manchette de journal à l'incipit du film.

En conclusion, Aja dans ce film, délaisse son gore habituel pour un suspense habilement distillé, de rebondissement en faux semblants, à l'exception toutefois de deux scènes d'une rare violence, mais ayant pour mérite d'inscrire le récit dans un refus net du blockbuster formaté. La fin quant à elle, offre un moment de cinéma et de frisson qui rappelle à tous les cinéphiles téléphages les meilleures heures de la feue série « Twilight Zone » de Rod Serling. Et comme à la sortie de Phénomènes, je regardais le vent dans les arbres avec circonspection ; en sortant de la salle, le miroir de l'entrée du cinéma à moitié éclairé par des halogènes faiblards me donna une de mes plus grandes peurs. Pari réussi donc, si tant est que le cinéma de série B, celui auquel Aja rend ici hommage marche sur le spectateur par sa capacité à rendre le virtuel le plus fou, quasi réel ou approchant.
Par fantasydo
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