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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 22:23
4815162342 = Westeros

Finalement j'ai bien fait de redonner sa chance à cette série.. Depuis Lundi en 8 (soit le 20 mai dernier) jusqu'à ce soir, 23h35, cette reprise dès la saison 1 jusqu'à la saison 8 a été plus que profitable.Cette fin est parfaite, puisque qu'il faut avoir de sacré cojones pour loin de finir sur du vent, finir sur ce qui fait toute saga, une histoire, une fabula, un récit, une mythologie..Comme Lost, série avec laquelle GOT partage énormément de points communs, comme un soin infini apporté aux retrouvailles, des musiques lyriques et profondes, rappelant le Giacchino des meilleures heures, des ralentis pour sublimer la folie du monde, sa gestion du temps, et un goût pour le récit et l'aventure. 
Car oui, il est ici question de la geste du conte, de comment se rencontre et se percute la fiction et la réalité, à travers la profession de foi absolue de deux showrunners dans le récit, David Benioff et Daniel Brett Weiss, qui à l'instar des génies Damon Lindelof et Carlton Cruse de Lost, offrent aux premiers pourvoyeurs d'un récit, le ou les scénaristes, un écrin à hauteur de la richesse du livre de George R.R Martin, et un sacré hommage au travail de cette petite main qui est personna non grata dans le cinéma français, et un peu mieux loti dans le cinéma Hollywoodien, mais qui est heureusement en télévision US, un des maillons essentiels de toute oeuvre.
La preuve la plus évidente de tout cela, est que le dernier épisode est entièrement écrit ET réalisé par les Showrunners de la série.

Ce décipit, contesté par des nombreux fans (n'oublions pas que la racine de ce mot, vient de fanatiques), contient en son sein, toutes les promesses d'un final mélancolique et doux amer, exactement comme l'a été Lost, d'où la comparaison et le titre du statut; et dont la série partage un grand nombre de thématiques et un goût pour la philosophie de Nietzsche ('ceux qui ne nous tue pas, nous rend plus fort") à Candide ou l'Optimisme, (tout arrive pour une raison, cher à Leibniz, dont Candide se moque un peu d'ailleurs), ou encore Zadig ou la Destinée, (réflexion initiatique sur le Destin).

D'ailleurs, comment ne pas entendre le propos de Tyrion sur ce final, comme l'aveu d'un choix, d'une prise de risque qui ne plaira pas à tout le monde, d'un essai sur le principe même de "geste" quitte à s'éloigner du matériau de départ au point de lui inventer une autre fin, comme le démontre très bien ce dialogue avec JS : TRES LEGER SPOILER... ALERT SPOILER.

"Tyrion : Les immaculés réclamaient votre tête, mais Vert-Gris a accepté le verdict d'une vie de relégation. Sansa et Arya réclamaient votre libération. Et elles ont compris que notre nouveau roi devait instaurer la paix. Personne n'est entièrement satisfait. Ce qui est je suppose, le signe d'un bon compromis.

JS : Ais-je eu raison de faire ce que j'ai fait ?

Tyrion : Ce que nous avons fait.

JS : Ca semble ne pas être juste...

Tyrion : Reposez moi la question dans 10 ans.

Comment ne pas entendre Benioff et Weiss qui dans la cellule de leur imaginaire, parle des attentes forcément déçues des fans (les Immaculés sont présentés comme des fanatiques) qui d'ailleurs demandent un remaking de la saison 8 àl'heure où ces mots sont écrits (c'est dire la clairvoyance du propos), des amateurs de la série, les aventuriers et mesurés représentés par les deux femmes qui incarnent la passion mesurée par une certaine raison. Et cette crainte d'avoir fait une erreur, d'avoir échoué ou trahi la trame narrative ou l'essence des personnages, ou de certains personnages, et cette réponse laconique mais d'une sagesse absolue, "reposons la question dans 10 ans, quand les esprits se seront apaisés.

D'ailleurs, Lost, va entamer sa dixième année depuis la fin de l'épisode de sa saison 6 si controversé et d'aucun considère cette fin de série comme une des meilleures jamais écrites, la réponse à l'interrogation de Snow d'ici 2029..

Après ce final et cette qualité d'avoir voulu 73 heures de shows et pas une minute de plus, et de s'y être tenu avec autant de réussite, je suis des plus impatients de voir la trilogie Star Wars, qui sera scénarisée par le duo.

Sir David Benioff, Sir Daniel Brett Weiss, bienvenu dans le panthéon des très grands.

"Car que dit-on face au Dieu de la mort?

- Pas aujourd'hui !"

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