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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 16:10
SrorriM / Mirrors
 
C'est en traînant des pieds que j'étais allé voir avec un ami (l'objectivité en duo est toujours préférable) le dernier opus de la nouvelle coqueluche française hollywoodienne, j'ai nommé Alexandre Aja. Je n'ai jamais été particulièrement fan du bonhomme et ses deux premiers films ne m'ont pas plu du tout. J'ai trouvé Haute Tension, ultra violent mais surtout très incohérent et j'ai tenu moins d'une demi-heure devant La Colline a des Yeux. Vous l'aurez compris, le survival sans une once de scénario original n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Mais outre le réalisateur reconnu ou le fait que le film soit un remake inspiré d'un film coréen "Into the mirrors" que je n'ai malheureusement pas vu; c'est précisément l'histoire de ce scénario qui m'a donné une grande envie de donner à nouveau sa chance à un réalisateur que je trouve plutôt doué. Donc l'histoire, pour la résumer en deux mots, est celle d'un ancien flic qui s'en veut de la mort d'un de ses collègues. Il a bien évidemment dans cette mort une grosse part de responsabilité. Pour s'éloigner un temps du métier de policier, il va devenir vigile de nuit dans un centre commercial désaffecté après la disparition mystérieuse du précédent gardien. Il va être témoin d'évènements troublants qui vont le forcer à partir en quête de la personne qui pourra les arrêter.

Sans trop en dire pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, ce film est, sans aucun doute, un des meilleurs films sur les reflets ou à base de reflets qu'il m'ait été donné de voir. En effet, la caméra tantôt fixe, tantôt aérienne d'Aja va toujours montrer des reflets, créant par là même des personnages qui n'existent pas, entourant le héros de multiples points de vue. Ces derniers pouvant d'ailleurs faire office d'autant d'anciennes victimes l'accablant de reproches. Et c'est littéralement le sujet du film, car l'intégralité de ce dernier va tourner autour des thèmes de rédemption, de culpabilité, de sacrifice ; autant de questionnements ciblant aussi bien le héros que la personne à l'origine des évènements qui vont secouer les différents lieux.

Il y a du Poltergeist de Tobe Hooper dans ce film, et plusieurs scènes y font penser, comme cette scène où le sol absorbe au sens propre un personnage. Aja questionne également l'image qu'on renvoie de nous-mêmes aux autres, mais également à soi ; rien de très nouveau, mais il le fait avec passion et modestie, ce qui nous embarque volontiers dans le périple du héros. C'est d'ailleurs, un Kiefer Sutherland à l'opposé de son baroudeur Jack Bauer de la série 24 que nous découvrons dans le film. Un personnage tout en finesse, d'une sensibilité accrue et qui laisse entrevoir tout ce que le drame du début du film a pu provoquer sur son être.

De sorte que la quête qu'il se donne à finir pour ne pas sombrer dans la folie et voir détruire sa famille est plus qu'intimement liée à cette triste histoire que nous découvrons sur une manchette de journal à l'incipit du film.

En conclusion, Aja dans ce film, délaisse son gore habituel pour un suspense habilement distillé, de rebondissement en faux semblants, à l'exception toutefois de deux scènes d'une rare violence, mais ayant pour mérite d'inscrire le récit dans un refus net du blockbuster formaté. La fin quant à elle, offre un moment de cinéma et de frisson qui rappelle à tous les cinéphiles téléphages les meilleures heures de la feue série « Twilight Zone » de Rod Serling. Et comme à la sortie de Phénomènes, je regardais le vent dans les arbres avec circonspection ; en sortant de la salle, le miroir de l'entrée du cinéma à moitié éclairé par des halogènes faiblards me donna une de mes plus grandes peurs. Pari réussi donc, si tant est que le cinéma de série B, celui auquel Aja rend ici hommage marche sur le spectateur par sa capacité à rendre le virtuel le plus fou, quasi réel ou approchant.

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