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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 14:00

Spécialiste de la comédie familiale, Shawn Levy s'est illustré avec des films plus ou moins bon parmi lesquels on retiendra surtout La nuit au Musée 1 et 2, splendide plaidoyer pour la magie, le pouvoir de croire, et certains enjeux familiaux. Il n'en fallait pas plus pour séduire un certain Steven Spielberg et un autre réalisateur et non des moindres, Robert Zemeckis et les conduire à produire le nouveau film du réalisateur prometteur que peut être Shawn Levy : Real Steel.

http://www.cineheat.fr/wp-content/uploads/2012/01/Real-Steel-Blu-Ray.jpgA l'origine, Real Steel est une nouvelle de Richard Matheson d'une cinquantaine de pages, devenu d'abord un scénario pour la saison 5 de la 4eme Dimension (première génération) avant de devenir un film sous la férule d'un Steven Spielberg inspiré, et du scénariste John Gatlins, qui n'a pas livré de scénario inoubliable pour l'instant. Et dont la donne pourrait trés bien changer professionnellement avec ce Real Steel qui jongle de manière particulièrement efficace avec la nouvelle de Matheson, mais aussi le script du Géant de Fer d'un certain Brad Bird sans oublier une évocation du mythe juif du GOLEM.

A première vue, on pourrait penser que la seule chose qui a intéressé Steven dans la production du film c'est la relation père-fils de ce dernier, mais ça serait bien mal connaitre les obsessions du maitre et de son confrère Zemeckis. Il faut plutôt aller chercher sa passion pour ce film dans son goût pour les rapports homme-machine, son questionnement sur l'âme d'un robot, et surtout la mise en avant d'un anti-héros souvent issu de la working class et qui va entreprendre un périple initiatique qui va le transcender.

On reconnaitra bien l'implication de Spielberg dans le projet à pas mal de "conseil" de réalisation qu'il a du donner à son protégé et qui se traduisent dans le film par des plans profondéments Spielbergien (miroir, reflet dans du sang de robot et certaines constructions du cadre). Mais ces plans n'apparaissent que de manière sporadique et ne suffisent pas à fagocyter l'ensemble, comme l'avait pu l'être Poltergeist durant le tournage du film de Tobe Hooper.

Sans trop dévoiler de l'intrigue, Charly le héros, est un ancien boxeur qui s'est reconverti dans la roboxe, car comme l'explique trés bien le héros dans le film, "les spectateurs se sont lassés de toute forme de combat car ils voulaient ressentir de la vraie violence", comprendre en sous-marin, l'humain s'est lassé du sport car seule la mort et la souffrance ultime l'intéresse. On retrouve un peu de la terrible "flesh of fair" de A.I du même Steven Spielberg, et c'est appréciable de noter qu'un propos aussi sombre soit dissimulé dans un film familial d'apparence plutôt badin. Et le réalisateur Shawn Levy sans doute par l'entremise de son "parrain" de cinéma va illustrer de manière parfaite et sans aucun dialogue ce goût de la violence, à travers un plan dans lequel le robot, que Charly vient d'envoyer au combat sans l'avoir préparé, baigne dans son sang et dans cette flaque qui est de l'huile mais dont la représentation symbolique ne souffre aucun doute, se reflète le visage de son maître. Une manière aussi trés intelligente de lier le héros à ses créatures.

Et de créature, il n'est pas seulement question de robot, puisque Charly, le héros va se (re)découvrir un fils dont il avait "oublié" l'existence. Et c'est ce même fils qui va lui aussi trouver un robot dans une décharge (encore un rappel manifeste de A.I) dont il va investir de toute l'affection que son propre père ne lui a pas donné. On retrouve ici aussi bien l'influence de E.T que du film de Brad Bird le Géant de fer qui montrait l'amitié entre un robot et un petit garçon. Le robot a son nom gravé sur la poitrine et l'enfant le trouve dans une décharge, recouvert par un tombereau de boue. Il n'en faut pas plus pour avoir en tête l'évocation du mythe juif du GOLEM qui est forgé dans la boue et dont on grave sur le front le mot EMET (vérité en hébreu). Ici, sur sa poitrine est gravé son nom pour le rendre assujeti à son maitre. Son nom qui est aussi en un sens, l'essence d' ATOM, sa "Vérité" en tant qu'être. Mais la particularité de ATOM (le robot trouvé) c'est qu'il a un mode Shadow (mode qui permet de reproduire les mouvements humains en se calquant par mimétisme sur eux). Encore une fois, A.I revient nous faire un appel du pied, et on repensera à tous les mimétismes humains-machine ou père-fils de la filmographie du sieur Spielberg qui sont ici tous convoqués, de E.T à Jaws en passant par A.I. Ce que semble nous dire Shawn Levy dans ces évocations, c'est que ce qui fait la spécificité de l'humain c'est sa capacité au mimétisme, à la transmission et à la manifestation d'un libre arbitre. Or, deux des trois spécificités humaines décrites seront mises en valeur dans le dernier acte du film par l'intermédiaire du robot.

Il est également intéressant de noter que dans le film, le mimétisme ne s'arrête pas à l'humain-machine. Ainsi, le héros japonais créateur du robot le plus puissant ZEUS est aussi celui qui crée le second robot que Charly entraine. Et par un fait exprès, l'enfant confrontera son idole dans le troisième acte du film en faisant concourir ATOM, sa création à lui contre ZEUS. Mais aussi la jeune femme propriétaire de l'écurie de ZEUS a hérité son Empire de son père, comme la petite amie actuelle de Charly, brillamment interprété par Evangeline Lily tout juste évadé de Lost. Mais le mimétisme des deux femmes, va jusqu'au mimétisme physique, puisque les deux comédiennes se ressemblent beaucoup. Et il en va de même pour Charly et son némésis (un ancien boxeur comme lui qui organise des combats organo-robotique : Taureau contre Robot). Ainsi, pour ces trois personnages, on a exactement le reflet "négatif" équivalent, ce que pourrait devenir les 3 "héros" si jamais ils avaient empruntés des voix autres venant parfaitement illustrer le sujet du film.

La fin que nous ne dévoilerons pas est assez inattendu pour un film calibré entertainment de ce type et nous pensons qu'une certaine révélation va apporter un peu plus de variété et de variation autour du thème dans l'épisode 2 d'ores et déjà prévu. Il est bon de souligner que c'est trés fort au tandem de producteur et à son réalisateur et son scénariste d'avoir su déjouer certains clichés inhérents au film d'action familial. Car ce que dis aussi ce Real Steel de manière plus ou moins cachée, c'est qu'on peut parfaitement faire un film qualifié de "popcorn movie" sans prendre son spectateur pour un imbécile, et sans formater son histoire forcément. Blockbuster ne voulant pas pour autant dire film de décérébrés. Dans la production Dreamworks, ce film s'éloigne d'ailleurs d'un Transformers 2 et 3 pour venir cotoyer de petites pépites comme le furent les productions Amblin' par exemple. Et ça n'est pas la musique de Danny Elfmann profondément chaleureuse, inventive et diversifiée qui viendra contredire cet état de fait.

Au final, on se retrouve avec un trés bon film d'action familial, qu'on aurait pu croire formaté ou sans enjeux et qui n'en est rien, n'hésitant pas à mettre du sang, de la violence et des questionnements plutôt adulte là où on ne s'attendait guère on l'avoue à les trouver (et ce malgré la caution "Richard Matheson). Mais Shawn Levy réalise ici un trés bon film, dont la revision est clairement possible, car chaque combat est vécu par le spectateur aussi intensémment que ne les vivent ses héros. Spielberg ne s'est pas trompé en produisant le nouveau film de Shawn Levy, puisque ce dernier a fait un carton au box office (validant le postulat du film sur l'entertainment intelligent) rattrapant un peu les résultats moyens de Cowboy vs Aliens de Jon Favreau (autre transfuge Spielbergien) et surtout du Tintin du maître en personne.

Bonus Bluray : L'image est proprement sublime et le son est d'une intensité saisissante comme tout bon Bluray qui se respecte. Au rayon bonus, on trouve de trés sympathiques featurettes, notamment un entretien avec Sugar Ray Leonard, célèbre boxeur qui a été le coach des combats du film et également quelques scènes coupées et surtout le commentaire audio de Shawn Levy (commentaire qui a franchi la Zone 2, heureusement pour nous et qui décrit notamment le travail entre Spielberg et son nouveau poulain, un documentaire passionnant pour quiconque aime Spielberg ou les films de Levy)

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Sortie en Bluray le 22 Février 2012. Real Steel réalisé par Shawn Levy. © 2012 DREAMWORKS II DISTRIBUTION CO., LLC.

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Published by LordGalean
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