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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 13:16

Maintenant je vous expose la nouvelle théorie que j'ai sur WOW. Après la description de l'histoire de l'Amérique et par extension du monde, Spielberg parle également de l'histoire du cinéma dans WOW.

De la même manière que Schindlers list et Jurassic Park étaient des pivots marquant l’évolution plus sombre de son cinéma, WOW suivit ensuite par Munich (et reproduisant le même schéma que Schindler et JP pré-production de l’un pendant le tournage de l’autre) se constitue lui aussi comme un nouveau pivot du cinéma de Spielberg, basculant vers encore plus de noirceur.

Tout d'abord il évoque son propre cinéma, autocitation et autoréférence, lui permettant, fourre-tout métaphysique et mystique de tourner la page d'un cinéma qui lui est aujourd'hui révolu (il n’y a qu’à voir Munich pour s’en convaincre).
Ainsi, le film dans son intégralité est traversé d’auto-référence : Rencontres inversée avec ces Tripods qui sortent de terre comme le Mothership de Rencontres, mais viennent détruire et non « créer » ; Soldat US qui devant l’horreur de la situation tend un doigt vers le ciel comme dans E.T mais ce ne sont que des hélicos US qui répondent à sa prière, pour singer Nietzsche, « E.T est mort » ; Scène de cache-cache dans la cave avec l’Alien comme dans la scène similaire de la cuisine avec le Vélociraptor de Jurassic Park, Scène des vêtements flottants comme dans Schindler list, le « mal » a juste changé de nom etc…Les références sont surement encore plus nombreuses, mais malheureusement je ne l’ai ai pas toute vues.

Ensuite, Spielberg évoque l’histoire du Cinéma américain, réceptacle qui finalement décrit aussi l’histoire de l’Amérique, les deux restent indissociables puisque l’un parle de l’autre et vice-versa.


Nous nous trouvons donc en face de référence à des films comme Abyss, Certes Cameron rendait de son propre aveu déjà hommage à un film de Spielberg, mais Spielberg rend à son tour hommage à Cameron en donnant à son serpent de feu/métal en fusion l’apparence et la façon de se mouvoir du ver d’eau/métal liquide d’Abyss.
Mais ce n’est pas tout, Spielberg met aussi en scène un naufrage façon Titanic avec ce bâteau retourné par le Tripod sous-marin (on se retrouve aussi en face d’une créature neptunienne sublimé par les voix très graves de la musique, un simili Dieu évoquant le travail de Harryhausen dans les films péplums type Jason et les Argonautes, sauf qu’ici la slow motion est devenu numérique dernier cri.


Que penser aussi de ces américains moyens qui attaquent la voiture de Ray, ne peut-on pas y voir clairement un hommage de Spielberg aux films de zombie d’un certain George A Romero ? Ces pauvres diables déshumanisés qui en viennent à des extrémités alarmantes (comme cette homme qui arrache la vitre du pare-brise à main nue en y laissant les trois quart de ses ongles).
Comment non plus ne pas évoquer la nuit du Chasseur de Charles Laughton avec cette scène terrible où les enfants descendent le fleuve vus au travers du prisme d’une toile d’araignée, remplacé ici par des cadavres vus au travers du prisme de l’œil « innocent » d’une petite fille. Ces cadavres flottants pouvant très bien être les passagers de l’avion qui s’est crashé la scène précédente, et dont les corps ont été charriés sur plusieurs kilomètres par le lit de la rivière


On évoquera aussi, le magicien d’Oz et Alice in Wonderland, lorsque respectivement, la route pavée de briques jaunes se change en une route d’herbes rouges sanglantes. Par le passage d’une porte on passe du noir et blanc à une violente couleur rouge (de l’aveu même du réa, l’intention était de montrer un pays d’Oz saccagée, à mon sens l’innocence de l’enfance à jamais pervertie). Et Wonderland, lorsque Alice devenue la petite Rachel ne se fait pas poursuivre par une méchante Reine de cœur mais par un Tripod, dont le but n’est pas de lui couper la tête mais bien de pomper son sang en perçant son cerveau (le film de vampire est aussi évoqué).

Maintenant qu’essaie de nous dire Spielberg en transposant tout ce cinéma populaire et de divertissement dans un ton beaucoup plus tragique (car présenté comme réel, ce n’est pas du cinéma semble t-il dire, ça peut arriver pour de bon). J’avancerai l’hypothèse que pour un amoureux de la narration comme lui et du cinéma, il nous dit, voyez après le l1 septembre, on ne peut plus faire du divertissement comme avant, de la même manière qu’un poète avait avancé qu’après la Shoah on ne pouvait plus écrire. Bien sur cela peut sembler excessif, mais Munich donne raison à cette vision du monde, de plus en plus pessimiste, et il ya fort à craindre que Indiana Jones, le future point final de la Tetralogie ne soit lui aussi dans une veine fort pessimiste.



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Published by LordGalean
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cheap skate shoes 18/07/2011 04:40

Votre titre bienLa Guerre des mondes où l'hommage à l'Histoire du cinéma us par Spielberg
Très bien!!!Je suis très les!!!!!!! Merci de votre cet article! A: je sais que beaucoup de choses

scorsesejunior54 25/09/2007 17:23

Toit d'abord désolé d'avoir mis autant de temps à lire tes analyses sur WOW mais je ne voulais pas bâcler cela et je n'ai pas eu énormément de temps libre depuis la dernière fois que l'on s'était parlé.

Beau travail de références, j'avoue qu'il faut aller les chercher et que cela ne saute pas forcément aux yeux (en même temps je n'ai vu le film qu'une fois) et cela semble démontrer une fois de plus l'amour fou qu'a Spielberg pour le cinéma.
Maintenant, j'ai du mal à percevoir le sens de la démarche au-delà de la citation du cinéphile hyper-cultivé et amoureux des films. Tu parles d'une noirceur dans le Hollywood post-11 Septembre mais je suis loin d'être convaincu. Au contraire, les gens depuis cette date n'ont jamais eu autant envie de se divertir et se changer les idées plutôt que de réfléchir sur le monde. Il suffit de voir les succès des franchises Pirates des Caraïbes, Harry Potter, Spider-Man et tout ses copains super-héros... Le cinéma de divertissement est plus pop-cron que jamais...

Par contre, que Spielberg lui-même aille chercher plus loin, à la limite (et encore) d'accord pour "Munich" mais beaucoup moins sur des comédies comme Catch Me If You Can. Et puis finalement, même Munich est avant tout un thriller et son efficacité première est de scotcher le spectateur sur son fauteuil... Schindler était déjà en 93 un virage vers un cinoche plus sérieux non ?

Donc pour les références encore bravo mais les interprétations, je ne te suis pas forcément... :)

Doudou 16/03/2007 11:48

Très bel exposé!
Il y a parfois quelques raccourcis faciles (je pense notamment à l'allure "serpent liquide" des martiens, qui ne tient pas seulement de Cameron mais qui existaient déjà dans le film original, mais sans la fluidité); mais de manière général j'approuve cette vision du film.
Il est clair que Spielberg marque un tournant dans sa manière de penser et que l'influence du 11 septembre est bien là (ne serait-ce que dans la mise-en-scène de l'arrivée des tripods). Donc bravo!

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