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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 00:15
Le Daim

Quentin Dupieux, artiste prolixe et multitâches que j'ai personnellement découvert musicien (Mr Oizo) avant de le découvrir sous un autre jour, dans l'expérimentalo-fun, le Non Film en 2001 (sorte de croisement plutôt audacieux, car la narrativité du procédé aurait pu échouer, mais contre toute attente, le principe de suspension d'incrédulité fonctionne, entre 6 personnages en quête d'auteur de Pirandello, et le théâtre Brechtien, voire Ionesquien de l'Absurde.

Viendra après dans mon parcours de sa cinématographie aussi arty que réjouissante dans son refus apparent des règles, l'ovni, Steak, avec le duo Eric et Ramzy, qui débarrassés des oripeaux de leurs mauvaises comédies, donnent à voir, un sens du rythme, et un esprit absurde, plutôt bien équilibré. On avait bien sûr déjà eu l'avant-goût de leur talent, pour l'assez correct, La tour Montparnasse Infernale, sorte de rollercoaster qui se voulant des airs de Y a t-il et de Die Hard, n'arrivait à égaler ni l'un, ni l'autre de ses modèles, même si certaines des répliques du film ont pu devenir culte pour des spectateurs peu regardant, ou peu au courant des génies du burlesque et de l'absurde, de ces 30 dernières années, le trio ZAZ en tête.

Steak sous des dehors apparent toujours absurde, raconte quand même quelque chose de la société, à mis chemin entre Kubrick (Orange Mécanique semble souvent "cité") et une dénonciation plutôt efficace de l'esprit de meute (qu'on retrouve également chez le génie anglais dans Full Metal Jacket).

Viendront ensuite, Rubber qu'il réalise en 2010 après l'abandon de son scénario "Réalité", (qui semble t-il est revenu sur le devant la scène, bien plus tard dans sa filmographie). L'histoire d'un pneu psychopathe qui tue les gens par la pensée (une sorte d'hommage à la fois à Cronenberg et au cinéma bis ou de série Z). Ce dernier m'avait particulièrement plû car tourné au 5D, un appareil photo caméra quasiment inconnu du grand public, et dont je fis l'acquisition moi-même, la même année quasiment grâce à un ami chef op et photographe qui m'en décrivit le plus grand bien. J'ai d'ailleurs eu le privilège de voir Rubber dans une salle d'art et d'essai, en présence de l'attaché de presse, et du producteur de Quentin Dupieux, ce dernier étant retenu à Paris pour l'avant-première en présence de l'équipe technique et casting. Producteur à qui je dis tout le bien que je pensais de Quentin et de son oeuvre.

Mais j'ai un peu lâché l'affaire depuis, et je n'ai pas encore eu l'envie, ou le désir de voir ses métrages suivant, Wrong (2012), Wrong Cop (2013) et Wrong Cop saison 1 (2014) la série adaptée du long métrage éponyme. Long métrage qui succède à un court du même nom "Wrong Cop". Je n'ai pas plus vu, Réalité qu'il arrive enfin à tourner en 2014, ou encore Au Poste dont la bande annonce promettait de grands moments d'absurde et de bris du 4eme mur.

J'ai donc repris "pied" dans l'univers Dupiesque en allant voir Le Daim avec Jean Dujardin, et Adèle Haenel (en ce moment sous les projecteurs pour une histoire grave de harcèlement sexuel par un réalisateur avec qui elle a tourné). Il est d'ailleurs intéressant de voir que dans le Daim, Adèle joue une technicienne monteuse qui fait face au désir farfelu d'un prétendu réalisateur qu'interprète assez bien Jean Dujardin. 

Le film se regarde sans déplaisir, mais sans passion non plus, car il est possible qu'à force de faire des objet "arty", Dupieux ait perdu de vue le sens de la cinématographie qui est outre le visuel, de raconter des histoires par l'image. Le Daim, raconte une histoire certes, un homme qui décide d'être le seul à porter un blouson, et qui tombe amoureux d'une veste de "cow-boy" en daim avec de franges, au point devenir littéralement obsédé par ce manteau, et de finir quasiment un daim lui-même.

Quentin Dupieux a un nouveau film en préparation, et je ne sais si j'irai le voir, car je commence à trouver que le cinéma de Dupieux est un cinéma de petit malin, mais qui n'a pas forcément grand chose à dire, ou à montrer. Même si on ne peut lui nier un certain sens du visuel, et un goût pour les synopsis un peu dingue. Comme en témoigne celui de son prochain film, Mandibules " Jean-Gab et Manu sont deux amis simples d'esprit. Ils trouvent une mouche géante vivante coincée dans le coffre d'une voiture et décident de la dresser pour gagner de l'argent avec" (tout un programme).

Au final, un film pas désagréable, mais qui ne marque pas non plus incroyablement ni la rétine, ni le cinéma malheureusement. Mais peut-être que son but est juste de faire des films qu'il aime, et en ce sens le pari est réussi. Je ne saurais même pas dire si j'ai aimé ou non, d'où la difficulté d'écrire la présente critique, mais je n'ai pas détesté.

Bonus : Les bonus sont peau de chagrin, puisqu'il faudra se contenter d'une bande-annonce du film, décrit par le réalisateur et son comédien principal. On aurait justement aimé dans ce genre de projet plutôt expérimental, d'avoir une sorte de journal de bord du tournage, ou quelque chose de personnel qui permettent d'entrer un peu plus avant dans le cerveau de son "génial" créateur.

En DVD, Blu-Ray et VOD le 5 novembre 2019. Edité par Diaphana Edition Video. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

Retrouvez d'autres films dans le cinéma français et les plus beaux films de 2018.

 

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