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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 20:26
Il était une fois... La Rêvolution

Un camarade de fac m'avait dit en rigolant ou peut-être était-il tristement sérieux, "Quentin Tarantino n'est pas un cinéaste, c'est un fossoyeur. Il ne crée pas de films, il recycle des formules, il n'invente rien, il copie des cadavres et en fait des cadavres exquis. C'est un croque-mort et pas un réalisateur. Il ne réalise pas, il échoue le cinéma". Et ça a été le premier mais pas le dernier qui dépeignait ainsi ce pauvre Quentine.

J'ai longtemps trouvé que son propos n'était ni argumenté, ni intelligent, et puis ont commencé à sortir des films comme Boulevard de la Mort, mais surtout Inglourious Basterds, ou Django, et enfin Il était une fois... Hollywood, et là l'obscurité s'est éclairée, le voile de ténèbres qui entourait cette assertion s'est déchiré pour moi, et le propos de ce camarade est devenu intelligible, sauf que même si cette fois je suis d'accord avec lui, pour moi ça n'est absolument pas un défaut, bien au contraire.

On ne peut pas dire que je sois le fanboy hystérique de l'ami Quentin, même si j'ai un respect poli pour Réservoir Dogs (sorte de sous City on Fire de Ringo Lam, ceci est d'ailleurs curieux parce que j'ai revu City on Fire, moi comme d'autres d'ailleurs, et le lien avec Réservoir Dogs est plus qu'incertain) ; que j'ai idolâtré Pulp Fiction que j'ai vu 4 fois avant de le détester au point de ne plus pouvoir voir la VHS, même en peinture ; que True Romance a été le nom d'une des tables de mon dîner de Mariage, que j'ai un amour immense pour Jackie Brown, sans doute le moins violent des Tarantino, et qu'ensuite en dehors des Kill Bill Volume 1 et 2 que j'ai adoré, les trois autres sont bien loin d'avoir recueillis tout mes suffrages.
Boulevard de la Mort m'a ennuyé au plus haut point, même si j'ai bien vu l'idée derrière le film, (sorte de Psycho sur roues inversé), et la métaphore anti-macho, bien des années avant la vindicte Me-Too. Je ne sauverai de Inglourious Basterds que l'incroyable scène d'introduction qui est parfaite (rythmique, symbolique, tension, réalisation, montage, musique, etc...) et l'outro du film qui est qu'on le veuille ou non, assez "couillu", avec peut-être la scène de jeux dans le bar et la fusillade qui s'ensuit. Le reste va d'une interprétation parfois mauvaise, mal jouée (essentiellement le cast français) à un manque total d'empathie pour les personnages. Django a légèrement relevé la barre, même si pour moi dès la disparition du Waltz solaire du film, la dernière demi-heure de massacre expiatoire et même si j'en comprends encore une fois l'idée sous-jacente derrière est largement de trop. Face à ces joies cinéphiliques (rires), je n'ai pas osé regarder son avant-dernier, Les 8 salopards, et ce même si le western est un de mes genres préférés.

Mal ou bien m'en a pris, je ne sais mais je compte lui donner une chance quand même, par curiosité.

Et puis est sorti le sujet de son dernier né, un film sur Charles Manson, sa "famille" et la mort de Sharon Tate d’après les médias. Imaginez un peu l'odeur de souffre du projet, les polémiques à venir à Cannes et j'en passe. En réalité, de ce sujet initialement compris par la presse, ne reste qu'un film sur le cinéma, avec l'évocation comme fil rouge d'une époque de Sharon Tate. Quant à sa mort, ou à Charles Manson, nous verrons bientôt qu'ils sont loin d'être le sujet principal du film, même si ils en sont à leur manière les vecteurs principaux.

Je passerais sur la réception de certaines critiques, et l'avis de certaines "journalistes", sachant que j'ai déjà réglé la question dans le billet précédent, disponible sur ce blog, pour m'intéresser au coeur du film, et à son intérêt cinématographique autant que symbolique.
Commençons par le commencement, le titre. Un regard cinéphilique à peine aiguisé fait rapidement comprendre, que comme l'introduction de Inglourious Basterds par le carton "il était une fois... en France", on va flirter avec le conte de fée "il était une fois...à Hollywood", incipit de tout bon conte de fée, mais de fée serait plutôt défait. Outre la référence à peine voilée à Sergio Leone, de "il était une fois dans l'Ouest", à "il était une fois la Révolution", Tarantino par le choix de ce titre, donne déjà des pistes de lecture et de compréhension à son spectateur. Il va parler Cinéma, origine du cinéma, mais aussi fin d'époque, fin d'un monde, et il n'est pas impossible que le "conte de fée" se mêle de la partie, donc l'imaginaire, ou le merveilleux.

Et on fait connaissance avec les deux héros (ou tout du moins protagoniste du film), Rick Dalton, acteur de western, terriblement connu pendant l'âge d'or d'Hollywood et qui est en train de devenir dans cette période charnière, traversée par le courant hippie, un dinosaure, un has-been, une ancienne gloire qu'on oppose au moindre petit néo-minet du cinéma ou de la télévision actuelle. Dalton d'ailleurs peut faire tout aussi bien référence aux célèbres cousins Dalton, hors-la-loi historique des USA, qu'au comédien Timoty Dalton, qui malgré son interprétation par deux fois du célèbre agent 007 n'a jamais réussi à réellement devenir une figure incontournable, et a souvent été le second couteaux de films avant que Joe Dante en 2003, puis Edgar Wright en 2007 ne le remettent sur le devant de la scène dans de réjouissants rôles totalement à contre-emploi mais pas tant que ça de ses figures passées. ET Cliff Booth, comme le patronyme du célèbre tueur de Abraham Lincoln, John Wilkes Booth. D'ailleurs, une rumeur persistante durant tout le film, lui prêtera le fait d'avoir assassiné sa femme, sans que jamais aucun élément narratif du film ne permette d'établir une quelconque culpabilité du personnage. Petit rappel, pour RTBF...
Rick Dalton est un comédien has been qui se retrouve à passer les plats pour des stars montantes, tandis que Cliff Booth qui était pendant la grande époque de l'âge d'or Hollywoodien son cascadeur attitré, se retrouve avec un rôle d'assistant de Rick, et en quelque sorte son confident et ami à sa manière.

Dans une scène incroyable, Al Pacino, qu'on croirait sorti tout droit de l'associé du Diable, étale de manière littérale (ce qu'il raconte se passe à l'écran en propre) comme une sorte de Méphistophélès la réalité et l'avenir de Rick, sous couvert d'en faire son éloge, puisqu'il commence par lui dire qu'avec sa femme, il adore Rick et ses films. L'homme est présenté comme un agent, du nom de SchwartS, mais correspond dans la réalité à un producteur du nom de SchwartZ qui a produit des westerns spaghetti à Cinecitta. Rick l'appellera d'ailleurs SchwartZ et il rectifiera non, avec un S. Encore un jeu avec la réalité effective que Tarantino posera pendant tout le métrage.
Rick, d'abord séduit par le récit du personnage joué par Al Pacino, finit par comprendre où il veut en venir, et ressort du rendez-vous plus miné que jamais. Cliff tente de lui remonter le morale, et lui dit sous forme de boutade propre à cette époque de ne pas pleurer devant des Mexicains qu'ils croisent. Les Mexicains, étant connus à cette époque, pour être souvent les membres des plus redoutables Cartel, cette injonction de Cliff est drôle car elle pose le personnage dans toute sa bêtise, et là encore, Tarantino invite le spectateur non pas à rire avec Cliff, mais à rire de lui, encore un petit coup de coude pour la plumitive "journaliste" de RTBF.
Rick montre lui toute son extrême sensibilité, l'inverse du "mâle alpha" que représente Cliff comme les deux côté d'une même pièce. La sensibilité de l'acteur, et le côté brut et brute de décoffrage de sa doublure cascade. Le choix d'un "cascadeur" pour le personnage de Cliff Booth n'est pas aussi anodin qu'il pourrait y paraître. C'est un choix mûrement réfléchi par Tarantino qui s'inscrit dans la dynamique de ce qu'il cherche à aborder.

Cliff d'ailleurs ne trouve l'ascendant que sur les gens faibles (Rick un petit peu, sa femme si réellement il l'a tué, pourtant son flash-back ne montre pas qu'une simple mégère, mais bien une harceleuse morale qui détruit psychologiquement Cliff en le mettant plus bas que terre, ou encore les hippies), dès qu'il se retrouve face à des personnages moralement plus forts il s'écrase (la femme du chef cascadeur) ou Bruce Lee, car contrairement encore à ce que peuvent penser certains, ce n'est pas Bruce Lee qui est défait par Cliff, déjà ils ont un match nul, (chacun une manche) et la femme du chef cascadeur débarque, mais surtout, cette épisode de sa vie, est un flash-back qui n'est vécue que par Cliff, qui est mentalisée dans son esprit, pendant qu'il répare l'antenne Tv de Rick, exactement comme sera mentalisée le flash-back dans la scène de harcèlement entre Cliff et son épouse (oui je suis désolé, avec ce que sa femme dit sur Cliff, si Cliff avait une femme, le terme "harcèlement moral", PN ou autres joyeusetés psychosociales aurait pop-upé dans n'importe quelle bouche journalistique. Revoyez le film si vous n'en êtes pas convaincu.

Rick lui, va être confronté comme à son enfant intérieur, puisqu'une petite fille qui joue avec lui dans un de ses projets où il doit affronter de nouvelles gloires comme "méchant de la semaine", se prend d'affection pour lui lorsqu'elle le découvre pendant une pause déjeuner, en train de lire un livre. Les deux échangent d'ailleurs des propos sur le jeu d'acteur, et la petite-fille a cette phrase complètement symbolique, mais que peu de gens ont compris dans le bon sens. La petite-fille dit qu'elle est acteur, et pas actrice, et que ce mot ne devrait pas exister. Evidemment dans la post-ère Me too, et en France, cette phrase a fait immédiatement polémique, sauf que, on est dans les années 70 dans le film, et la langue anglaise n'est pas aussi genrée que la langue française, et ce que veut dire intelligemment la petite fille, c'est qu'elle n'a pas à se définir comme actrice par son genre, mais par sa capacité à endosser des rôles, donc à acter, donc à jouer, et que cela n'a rien à voir de près ou de loin avec son genre établi.. Et que donc, un acteur ne se définit que comme dans sa capacité à jouer des rôles, et pas parce que c'est un garçon qui joue des rôles de garçons. Cette petite "pique" de Tarantino a l'air Me Too, et à l'emballement médiatique qui a suivie (dernièrement, on nous vend un film par les mots "un film réalisé par des femmes, avec des femmes, produit par les femmes" pour...les Femmes ?) est bien plus intelligente qu'elle n'en a l'air.

Tarantino n'est pas ce qu'on pourrait appeler un cinéaste machiste, il a souvent mis les femmes à l'honneur, et les femmes peu importe leur origine, de Jackie Brown (avec l'icône de la Blaxploitation, la géniale Pam Grier) à Lucy Liu dans Kill Bill, dans Inglourious avec le personnage de Mélanie Laurent, bien que personnellement elle ne m'ait pas convaincue, ou encore les femmes fortes intrépides de la deuxième partie de Boulevard de la Mort. En posant sa caméra pour une fois sur un duo d'hommes représentant les deux facettes caricaturées de l'Homme, "l'ultra sensible" et le "macho man", il pose un acte féministe entre tous, la femme est l'égale de l'homme, jusque dans sa connerie.


Lorsque Cliff se laissera "séduire" par la jeune hippie qu'il croise souvent, le spectateur commence à penser qu'il rêve de se la faire, vu en plus l'époque, et le sens dans laquelle va la dite hippie, mais en réalité, tout ça n'est qu'un jeu pervers de la part de Tarantino pour faire plonger le spectateur l'espace d'un instant dans une ambiance de film d'horreur, avec une ambiance à couper quasiment au couteau, à mi chemin entre Texas Chainsaw Massacre et the Wicker Man. Tout ce jeu de dupe n'est qu'un prétexte pour Cliff d'infiltrer le "gang" de Hippie, et de vivre pour une fois hors écran, une aventure et un suspens comme seul Rick en vit à l'écran. Les gentils hippie se révélant d'ailleurs rapidement être des membres de la secte de Charles Manson, "la famille", et pour quiconque s'est un peu intéressé à cette histoire ou à l'assassinat de Sharon Tate sait que si Manson est évoqué, sa famille aussi, l'issue du film n'est pas loin. D'autant plus qu'apparemment, un gars en voiture, un cascadeur de cinéma d'ailleurs a été assassiné par la famille Manson dans le ranch ancien décor de cinéma qu'ils occupaient contre de menus services sexuels pour le proprio, et que en quelque sorte, Tarantino offre à l'histoire un moyen de changer le réel, puisque Cliff non seulement se sortira vivant du traquenard des Mansoniens mais en plus, cassera la gueule du voyou qui a crevé son pneu. Et là encore, Tarantino joue de la satire du mâle alpha qui joue des poings plutôt que du dialogue. Là où dans le même temps, Rick dans un face à face, ne joue quasiment que du phrasé de son personnage, même méchant. La petite fille viendra d'ailleurs le féliciter en lui disant qu'elle n'a jamais vu quelqu'un jouer aussi bien et aussi juste. Lui une fois la caméra coupée ne se préoccupe d'ailleurs que du bien être de la petite fille, en lui demandant si elle n'a pas eu mal quand il l'a jeté au sol.

Les deux séquences se répondent parfaitement en miroir quand on y réfléchit un peu.

Sharon Tate n'est pas du tout présenté comme une dinde qui adore se voir jouer, je suis effaré, que des gens qui se disent spécialistes du cinéma, comme les guignols du Masque et de la Plume (mais bon, on avait déjà eu un aperçu de l'étendu de leur bêtise dans les enregistrements ina pendant la sortie de Star Wars en 1977) n'ait pas compris, que le sous-texte a voir, est Margot Robbie, qui se regarde fictionnellement, en tant que Sharon Tate, regarder jouer la vraie Sharon Tate... Et il est évident que même si Margot Robbie n'a pas beaucoup de lignes de dialogue, son personnage reste quand même de toutes les séquences, à chaque moment charnière, à chaque scène importante, jusqu'à être de la dernière scène du film (hors générique qui comprend encore quelques scènes plutôt décalés autant sur Tarantino (poub pour Red Apple, sa marque de cigarette fictionnelle) que sur le cinéma de l'époque (une star qui fait une pub pour une cigarette justement). Tarantino doit très certainement être à peu près aussi fan de Sharon Tate que moi, car pour moi, le film entier entre en résonance avec ses scènes, jusqu'à se permettre de façon plutôt réjouissante de rejouer l'histoire et si finalement, l'histoire s'était passé autrement.
Et c'est ce qui se passe, puisque Cliff, et Rick se retrouveront face à la famille Manson, en lieu et place de Sharon Tate et ses amis. L'occasion pour Tarantino de donner libre cours à sa fascination pour la violence graphique, renvoyant j'imagine le pauvre papy prédicateur de Haneke dans les cordes pour de nouvelles années de thérapie, et de gesticulations religio-moralistes à destination de la nation qui se contrefout des films qu'il lui destin pourtant cérémoniellement. Dans une relecture Tex Averyesque sanglante, et hallucinée (que n'aurait certes pas renié un Kubrick), Rick, sa femme, et le petit Cliff, aidé de sa chienne, réduisent les assaillants de la famille Manson à un tas de loques à visage inhumain, allant jusqu'à purifier leurs âmes par le feu. 

Et là le temps se suspend, réellement. Cliff est emmené par l'ambulance et Rick reste seul face à la grille de ses voisins, quand l'improbable se produit, un des amis de Sharon Tate vient parler avec lui, puis ce sera la voix et la voix seule de Sharon qui percera le silence, lui proposant de franchir la grille pour les rejoindre. Inutile de dire qu'aprés le quasi fou rire de l'exécution uchronique des sociopathes Mansoniens, et dont il faut connaître l'histoire de Tate, pour en apprécier tout le sel, l'émotion est réellement palpable à travers l'écran. Et Tarantino sans couper et par un judicieux travelling ascendant à la grue, (d'autant plus que ce travelling à la grue, est l'exacte miroir inversé d'un travelling qui passait de Rick dans sa piscine en train de répéter son texte avec un magnétophone à Polanski et Tate qui sortait de chez eux pour se rendre ailleurs). franchit le mur de la villa de Polanski et Tate, et c'est dans une atmosphère, quasi éthérée, dans une lumière profondément divine et onirique que n'aurait pas renié le Lynch de Mullholand Drive, que se clôt le film, sur les silhouettes de Rick, de Sharon et de ses amis dans le jardin qui sont bientôt happés par la villa. Et rideau...

Dans un film d'une incroyable maturité, non seulement Tarantino livre ici une de ses réalisations les plus habitées et symboliques depuis Jackie Brown probablement, mais en plus, il se permet de livrer pour la postérité cinématographique à tous les fans de la malheureuse Sharon Tate, une vengeance uchronique jouissive à laquelle même la mort récente de Manson ne pourra pas s'opposer. Manson qui sera d'ailleurs présenté comme un gars qui cherche des musiciens pour un groupe (encore une réalité de l'histoire de Manson). Et il offre sa propre déclaration d'amour du Cinéma, à une période qu'il n'a jamais connu, autrement que par les cinéclubs, les films dévorés, les projets rêvés, autrement que par la fiction donc. Tarantino reproduit la fin de Inglourious Basterds, en lui adjoignant une conclusion en forme de manifeste créatif, la fiction est toute puissante, et on peut tout se permettre en son nom. Le meilleur moyen de s'en convaincre, est que quasiment tout le film est narré par la voix-off du chef cascadeur, interprété par Kurt Russel. Un narrateur comme dans un conte de fée par exemple.

Comme on peut se dire également que rien de tout ceci n'est arrivé, puisque Rick franchit le portail, donc qu'il rejoint aussi l'espace mental de gens qui en réalité sont décédés, assassinés par la famille Manson, et que non seulement Cliff a fumé peu avant une cigarette trempée dans l'acide, mais que surtout indice encore plus troublant, Rick Dalton se révèle être face aux tueurs de Manson comme le mâle alpha qu'il rêve d'être, l'incarnation parfaite du héros de ses anciennes gloires, alors que tout le film nous l'a habilement dépeint comme l'exacte opposé de ce portrait un brin trop flatteur. La fin réelle appartient à Tarantino, mais la fin idéale nous appartient à nous spectateurs, notre volonté est créatrice. Et si... Il était une fois... la Rêvolution.

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