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24 août 2019 6 24 /08 /août /2019 09:11
Dumbo

Avec cette réadaptation du classique dessin animé de Disney, de 1941, Dumbo, on retrouve le réalisateur Tim Burton au sommet de son art. Deux écoles de fans s'opposent sur le "retour" du vrai Tim Burton. Certains esprits chagrins disent que Burton n'a plus rien fait de bon depuis Big Fish, tandis que d'autres estiment que tout les film de Burton sont bons, à l'exception d'Alice au pays des merveilles. Il existe une autre catégorie, ceux qui estiment que Burton n'a plus rien fait de bon depuis Sleepy Hollow, mais on évoquera pas ces derniers. 

Pour ma part, je fais partie de l'entre deux, j'ai adoré son changement de perspective avec Big Fish, où la perte de son père et la naissance de son fils quasi simultanée ont fait changer son cinéma de voie. Par contre, Alice au pays des merveilles m'avait laissé un goût plus qu'amer dans la bouche, car voir Burton incarné par le personnage d'Alice, faire des affaires en vendant des produits dérivés aux japonais, tout en conseillant à sa tante qui croit à la magie d'aller se faire soigner, c'était un peu trop de cynisme pour le fan de Burton que je suis depuis ses débuts.
Rajoutons à cela, sa manie de mettre Johnny Depp dans tous les rôles possibles et inimaginables, et sa propre femme, Helena Bonham-Carter, qui semblait avoir amoindri son génie créatif.

Suite à cela, suivront un "remake" de Frankenweenie en stop motion, et en long-métrage au lieu du court de ses débuts; comme une manière de remettre à plat son cinéma, en écartant la matière organique de l'acteur, pour se réapproprier son art sous sa forme sculpturale. Exit Johnny Depp même dans un caméo vocal, et place à des "voix" de son ancien art, Catherine O'Hara (Beetlejuice), Winona Ryder (Edward aux mains d'argent), Martin Landau (Sleepy Hollow), Martin Short (Mars Attack). Pas non plus de présence de Helena Bonham Carter dans ce film.
Mais Burton se rattrapera vite la même année, en sortant Dark Shadows, adapté d'une série de 1966, avec de nouveau Carter, et Depp.
En réalité, Alice a permis à Burton de voir où le conduisait son entêtement, et après un Dark Shadows plutôt propre mais sans sa folie personnelle, Burton réalise qu'il y a une vie après Depp, et ce tournage lui permet également de rencontrer sa nouvelle "muse" artistique en la personne de la française Eva Green (fille de Marlène Hobert).

Nous sommes en 2012, et en 2014 suivra la séparation amoureuse définitive de Carter et Burton, concomitant au "divorce" cinématographique entre Depp et Burton, puisque lors du nouveau film de Burton, foin de Depp, et foin d'Helena, mais l'arrivée d'Amy Adams dans un premier rôle et l’enrôlement de Chris Waltz dans le premier rôle masculin.
Personnellement, même si Dark Shadows était plutôt sympathique, on retrouve vraiment le Burton de Big Fish ou de Charlie dans ce magnifique et flamboyant Big Eyes. La débâcle d'Alice n'est plus qu'un mauvais souvenir, et le vrai Burton généreux et non cynique revient en course. 

Suivra Miss Peregrine et les enfants particuliers, sorte de X-men pour enfants, avec Eva Green, film que je n'ai pas vu mais dont la bande annonce promettait beaucoup, pour arriver enfin à cette relecture trés personnelle de Dumbo l'éléphant volant, film de 1941.

Après visionnage, on peut décemment dire que Burton est revenu à son sommet. Avec un casting renouvelé, en plus d'Eva Green, on découvre un fantastique Colin Farrel dans le rôle d'un père dépassé par les événements de la guerre de 14-18 et qui en revient manchot. Il retrouve ces propres enfants, et apprend la mort de sa femme, écuyère de cirque comme lui. Son ami et directeur de cirque, joué par un Danny de Vito transfiguré ne peut le reconduire dans ses fonctions d'écuyer de cirque et lui propose de dresser les éléphants. C'est là qu'avec ses enfants, ils découvrent Dumbo, un petit éléphanteau aux oreilles difformes. Lié par un handicap qui les marque tout deux, il comprend l'éléphanteau et devient son protecteur. L'éléphanteau développe malgré ses grandes oreilles ou en grâce à elle, un don pour le vol, et fait bientôt la richesse du cirque. Mais des événements imprévus, vont bouleverser la vie du "petit cirque", puisqu'un grand magnat désire faire l'acquisition de la vedette...

Sans trop en dire plus, cette relecture de Dumbo est l'occasion pour Burton de régler quelques peu ses comptes avec Disney sur la période Alice et un peu plus probablement, car comment ne pas penser à une version pervertie et blond peroxydé de Walt en découvrant le magnat, détenteur d'un parc d'attraction au nom évocateur "Dreamland", machiavéliquement interprété par un Mickael Keaton au sommet de sa forme. Par un fait exprès, ce blond peroxydé incarné par Keaton, se nomme Vandeveren et rappelle beaucoup l'époque Disneyienne sous la houlette de Michael Eisner, également blond et au visage très proche de celui de Keaton dans le film. Ce même homme qui disait, "nous n'avons pas obligation de faire de l'Art".
Avec Dumbo, Burton retrouve ce qui a manqué aux derniers Disney, à savoir l'émotion et la virtuosité de la réalisation, et on attend son nouveau projet avec une grande impatience. Le Burton des débuts est de retour.

Bonus : Le bluray est assez conséquent en bonus. On retrouve les habituels featurettes un peu formaté sur les acteurs, mais toutefois intéressantes, avec des scènes coupées, un bêtisier, une chanson du film en clip, quelques bandes annonces.

 En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K UHD, et en VOD le 23 août 2019 ainsi qu'en achat digital depuis le 25 juillet 2019. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
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commentaires

cine 06/11/2019 22:26

Merci pour le post intéressant.

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