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25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 21:23
En verre et contre tous...

Pour parler de Glass, le troisième et dernier ? film de la trilogie de M Night Shyamalan, il faut parler de Split, et pour évoquer Split, il faut parler du génial Incassable, autant se dire qu'on est pas rendu, mais on va essayer quand même.

Lorsque Manoj Night (Nelliyattu pour les intimes) Shyamalan fort du succès de son premier film visible en France et au USA, Le Sixième Sens (car c'est déjà le troisième film de sa filmographie complète) se lance dans l'écriture d'un nouveau film, inutile de dire que tout le monde l'attend au tournant, la presse, comme le public. Et tout le monde espère un "twist" final, procédé stylistique par lequel Shyamalan est devenu une star avec le Sixième Sens (alors qu'à bien y réfléchir, la fin de 6eme Sens, n'est pas un twist, juste une confirmation que toute sa réalisation comme ses indices scénaristiques ou visuels tendent vers cette épiphanie).
Mais peu importe, pour les gens, c'est un faiseur de twist, et heureusement ou malheureusement, cette "spécialité" le suivra toute sa filmographie, au point qu'il rajoute des twists dans certains de ses films, au début ou à la moitié du film, juste pour faire ce que son audience attend de lui, avant de se concentrer sur son récit, et ses personnages, tout en proposant un vrai twist en fin de métrage, souvent indevinable d'ailleurs.
Bref, avis mérité ou pas, toujours est-il qu'Incassable, qu'écrit Shyamalan, va se confronter à la figure mythique et mythologique du super-héros, mais foin de Marvel, foin même de Spider-man, à l'horizon de 1999, le seul super héros original que propose le cinéma, vient du cyberpunk, et c'est Néo dans Matrix (et Blade mais on est loin du cinéma grand public). Donc en 2000, Shyamalan veut s'intéresser à la figure comicscienne du super-héros, en rendant hommage à la maison DC, et Marvel peut-être plus DC d'ailleurs avec Incassable, et Marvel avec ses suites Split et Glass.
Ceci ne participe pas d'une mode, mais bien d'un réel désir de réfléchir sur le super-héros et sur la fable comme générateur de mythe.
Shyamalan envisage une trilogie pour Incassable, et si le premier volet sort en 2000 avec le succès qu'on lui connaît, au point que certaines personnes n'hésitent pas à parler du film comme le meilleur film de super héros de tous les temps, il faudra attendre pas moins de 16 ans pour voir sortir la suite d'Incassable, Split, deuxième volet de la trilogie, et puis enfin 2019 pour la sortie de Glass qui clôt la trilogie à sa façon (mauvaise pour certains, excellente pour d'autres dont votre serviteur). L'épisode final arrive donc 19 ans après le premier opus.
Dans Incassable, on découvre David Dunn, un stadier qui va se découvrir super-héros grâce à la croyance qu'a son fils dans son père, et grâce à la même croyance qu'un étrange vendeur de comics a lui aussi dans Dunn. Sorti miraculé d'un accident de train dont il est le seul survivant, David Dunn va découvrir bientôt qu'il est doté d'une force surhumaine et qu'il n'a pas été dans ce train pour rien. En effet, spoilons allègrement Incassable, c'est le mystérieux vendeur de comics, Elijah, souffrant par ailleurs de la maladie de l'homme de verre (les os qui cassent pour un rien) qui va le révéler en organisant lui-même l'accident de train. D'accident, le train détruit devient attentat, et Elijah devient donc le pendant supérieurement intelligent, la némésis du héros, et comme le dit Elijah à la fin du film, bien souvent le meilleur ami du héros.
Suite au film, qui récolte un succès incroyable, aussi bien critique que public, Shyamalan devient le nouveau Dieu qui fait pleuvoir à Hollywood, et marchant sur les traces de Hitchcock et Spielberg, à qui on le compare souvent, il met bientôt en scène son troisième film, Signes, qui par un mauvais concours de circonstances ne va pas être compris du public, et malgré un twist pour le coup assez fou (en gros, et si l'alien n'était pas venu pour faire le mal en réalité), va être traité de bondieuseries et de repli identitaire (tout le contraire du film en soit), et cet état de fait va se reproduire ensuite dans le Village qui en est lui aussi tout l'inverse. Bref, Signes va en quelque sorte porter un sale coup à la carrière de Shyamalan et à son rapport avec la critique et avec son public aussi.
Mais ne digressons pas, et abordons sans plus attendre, Split, sorti en 2016 qui voit intervenir Kevin Wendel Crumb, un enfant maltraité qui va développer plusieurs personnalités pour se soustraire à ses mauvais souvenirs, 24 personnalités éclatées, cohabitants dans le même corps, et dont une 25eme est progressivement en train d'émerger, la Bête. Kévin and Co, enlèvent plusieurs pompom girls, et veulent les sacrifier à la Bête, mais l'une d'elle, s'avère plus forte que les autres, et s'échappe, finissant par faire capturer Kévin et sa petite smala cérébrale. Quel rapport avec Incassable me direz-vous ? Et bien justement, Kévin Wendel Crumb était un personnage du scénario original d'Incassable, que Shyamalan a dû couper pour des raisons de narration et de rythme narratif. Et Split se clôt sur la télévision qui évoque l'attentat de l'homme, comment s'appelait-il déjà ? Et le spectateur de découvrir lorsqu'un personnage s'écarte, David Dunn qui répond à la question "l'homme de verre", avec le thème de Incassable qui se lance au même moment.
Split est donc la suite directe de Incassable, près de 16 ans plus tard. Et suite au succès de Split, qui avec un budget de 9 millions de dollars en rapporte 278.5, Blumhouse commande rapidement à Shyamalan une suite et fin de la trilogie d'Incassable donc.
Il faudra attendre trois ans supplémentaires pour que Glass naisse. Glass concentre moins d'attente que n'en aurait concentré Split si les gens avaient su qu'il était la suite de Incassable, au lieu de le découvrir à la fin du film, mais il en concentre malheureusement plus du coup car il se doit d'être la conclusion parfaite au SU (Shyamalan Universe). Et dieu sait combien le fan peut-être exigeant quand à sa vision de ce que doit être une fin, GOT par exemple peut en témoigner, avec sa tripotée de fans déçus de la saison 8, ou de son final.
Mais Shyamalan,  intelligemment se moque un peu des attentes, et choisit au contraire de les tromper, favorisant l'anti-spectaculaire, en faisant avec 10% du derniers Avengers, et le tout financé de sa main, un film incroyablement plus riche que ce dont il a l'air. Il reprend l'histoire là où elle s'est arrêtée, avec Casey qui est rentrée saine et sauve, et la Bête/Kévin et la Horde en fuite. On découvre donc Dunn, assisté de Joseph qui agit ici un peu comme l'Oracle dans Batman et qui le guide par micro interposé. Il intervient sur des petites frappes, apparemment de milieu plutôt aisé qui malmènent des passants dans la rue en se filmant en train de les frapper (inspiré d'ailleurs de faits réels). Dans une séquence d'intervention dans l'obscurité que n'aurait pas renié Batman justement, il se rend chez les petites frappes qu'il démonte sans trop de peine. Puis il rentre chez lui, dans son foyer, privé de la chaleur affective de sa femme, morte d'une leucémie foudroyante il y a quelques temps. Il retourne au magasin high tech qui est sa nouvelle couverture, et croise le réalisateur, Manoj Night Shyamalan, qui jouait déjà dans Incassable, le rôle d'un dealer et dans une séquence un peu nostalgique, il lui dit qu'il a fait pas mal de conneries dans le temps, mais que son intervention lui a sauvé la vie (difficile de ne pas y voir l'aveu qu'Incassable et son succès ont réellement lancé la carrière de Shyamalan, pour le meilleur et pour le pire).
Son fils, Joseph l'enjoint de retrouver la Bête en se baladant dans les quartiers d'usine, avec une théorie à lui et il finit par tomber sur Elle justement, et il intervient pour sauver les 3 nouvelles futures victimes de la Horde.
La Bête et Dunn se battent et finissent par traverser une vitre, qui les amène dans la rue en contrebas. La pluie tombe à flots et un combat de titan semble s'annoncer, mais le destin en sera autrement, puisqu'ils sont interrompus par les forces de l'ordre, de grand flash, et l'intervention d'une psychologue, Ellie Stapple. 
Cette dernière les "capture" et les fait interner dans un centre psychiatrique spécialisé dans le traitement des gens qui se prennent pour des super héros. Centre où se trouve également, Mister Glass dans un état presque catatonique. Mais ceci n'est qu'un leurre, et Glass a plus d'un tour dans son sac. Sans trop dévoiler la suite, Shyamalan, réussit à clore parfaitement sa trilogie à mon sens, en amenant chacun de ses personnages à l'issue la plus parfaite qu'il soit, et il déjoue même toutes les attentes du spectateur en présentant le lieu d'un combat épique, façon film de super héros, "la tour Osaka", "a true Marvel" dit un magasine, difficile de ne pas y voir un clin d'oeil distancié à la saga de films mis en place par Kévin Feige; sauf que Glass, tout nostalgique soit-il envers les comics DC ou Marvel, garde son approche, plus viscérale, plus humaine, plus terre à terre (pas de sauvegarde du monde d'une catastrophe, même si elle est volontairement teasée par Elijah).
Au final, Glass est la parfaite conclusion de la trilogie de super héros de Shyamalan, qui a toujours été à hauteur d'homme depuis Incassable, et qui l'est d'autant plus avec le final de Glass. Même si l'ouverture vers un prequel ou même un spin-off pourrait également être possible.

En DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD et en VOD depuis le 24 mai 2019.  Edité par Buena Vista Home Entertainment / Disney. Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 

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