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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 19:32
Le Retour de Mary Poppins

Lorsque le trailer de ce film est paru, je me souviens de m'être fait la réflexion que si j'avais pleuré devant rien que le visionnage du trailer, je pleurerais et serais ému par le film entier, et maintenant que j'ai vu le film entier, je peux dire que mes sens ne m'ont pas trompé. Pourtant ce n'était qu'un échantillon du film de 2min35 environ, et monté de manière assez anarchique, mais l'évocation de ce personnage si emblématique qu'est Mary Poppins, aura suffit à me renvoyer à l'esprit, autant mon enfance, que mon amour immodéré d'enfant pour ce personnage aux mille facettes.

Rob Marshall, le réalisateur de Chicago notamment, et Mémoire d'une Geisha, produit par Steven Spielberg, parmi ses plus célèbres travaux, s'attaque à cette icône Disneyenne en donnant une suite à ses aventures avec les enfants Banks.
L'histoire débute lorsque Michael, Jane, et les propres enfants de Michael se voient quasiment expulsés de leurs maisons car Michael a engagé un prêt avec la banque qui l'emploie en oubliant de rembourser ses mensualités pendant 3 mois. De ce fait, débarque à sa maison, deux huissiers de ladite banque pour lui donner une mise en demeure avec un ultimatum, si il ne rembourse pas la totalité du prêt avant vendredi minuit, l'hypothèque de sa maison prendra effet et son bien sera saisi par le directeur de la banque. 
Michael et sa soeur Jane sont désespérés, et ils essaient de cacher leurs soucis aux enfants de Michael autant que faire se peut. Michael se souvient que son père a signé un papier de possession d'actions de la banque et cette somme pourrait l'aider à ne pas perdre sa maison dans lequel il a vécu toute sa vie. Il monte au grenier et tombe sur le collier de sa femme, décédée, il n'y a pas très longtemps et dont il n'arrive pas à faire le deuil. Il retrouve également son vieux cerf-volant, et le descend aux ordures avec tous ses vieux dessins. 
Pendant que ses trois enfants, John, Annabel et Georgie se promène au parc, un vent violent se lève et emporte le cerf-volant qui rejoint bientôt les enfants au parc. Georgie le poursuit et s'accroche à lui. Il le fait voler, quand soudain le vent redouble de violence, et Georgie commence à s'élever dans le ciel. Jack, un ancien employé de Bert le ramoneur, qui est lui-même devenu allumeur de réverbère rattrape Georgie alors que ses pieds quittent le sol. Il tire sur la corde, et bientôt apparaît de derrière un nuage, une silhouette familière, qui descend lentement du ciel vers la terre, Mary Poppins.

Voilà pour le gros de l'intrigue, inutile de dire que cette première apparition de Mary va provoquer par son afflux de nostalgie, des petits pincements au coeur et des petites gouttes dans les yeux de ceux et celles qui comme moi, adoraient le premier film de Disney. Inutile de dire aussi que la composition de Mary Poppins que fait la sublime et fantastique Emily Blunt est parfaite en tout point. C'est bien Mary Poppins qui est devant nous, et Julie Andrews pourrait être fière de sa remplaçante tant elle incarne à la perfection le personnage, mélange de douceur, de vanité, de fermeté et de folie. Jack lui, joué par Lin-Manuel Miranda, acteur-chanteur-danseur de Broadway et compositeur des chansons de Vaiana de Disney, est un très bon palliatif à Dick Van Dyke pas complètement absent du métrage d'ailleurs (on en dira pas plus pour préserver la surprise du spectateur). Le casting est complété par Ben Whishaw qui compose un Michael parfait, digne successeur de son père, à la banque, et miroir des mêmes problématiques d'adultes qu'il ne sait dépasser, et Emily Mortimer qui joue une Jane adulte, révoltée et passionnée, membre du parti des travaillistes et syndicalistes acharnées pour le soutien des ouvriers, beaucoup plus fidèle à la petite fille qu'elle était. On trouve ensuite Colin Firth dans le rôle du directeur de la banque, et Meryl Streep dans le rôle de Topsy, la cousine de Mary Poppins.

Avec ce film, d’après les personnages de P.L Travers, Rob Marshall et son scénariste, David Magee, scénariste entre autre de l'Odyssée de Pi et de Neverland, donc pas un débutant des univers oniriques, s'emploient à donner une suite plus que satisfaisante au premier film dans lequel, Mary Poppins vient en aide à nouveau à Michael et Jane, et un peu aux enfants de Michael comme le caractérise très bien cette réplique : 

"La même chose que la première fois, je viens m'occuper des enfants Banks.
Anabel : Nous ?
Oui, vous aussi".

On reconnaît bien là le goût du scénariste de l'Odyssée de Pi et de Neverland pour les symboliques, car que ce soit les chansons, pas toutes mémorables, mais dont deux au moins sortent du lot, "Où vont les choses" et "a t-on jamais vu ça" respectivement sur l'acceptation du deuil et la quête de l'imaginaire dans le quotidien, ou encore certains événements (dont un vase de porcelaine cassé qui va avoir un double sens symbolique), tout n'avance que par des images fortes, et des thématiques liées à la quête de la lumière qu'on a perdu.
Au final on se retrouve avec un très bon film pour enfants, qui fera très certainement verser sa petite larme à tous et toutes les nostalgiques de Mary Poppins. Un film qui ne prend pas les enfants pour des idiots, ne les infantilise pas, et n'hésite pas (comme Neverland ou Pi) à les confronter même à la terreur, ou à leur subconscient : de la peur du noir, à la peur des monstres.

Rob Marshall réussit un très bon film, avec de magnifiques chorégraphies, quelques séquences d'actions honorable, une très belle lumière faisant de Londres quasiment un personnage à part entière. Et c'est avec plaisir qu'on retrouve le 17 avenue des cerisiers, comme si on ne l'avait jamais totalement quitté. Sans égaler le premier film, cette suite de Mary Poppins n'a pas du tout à rougir d'elle-même, tant tout est rassemblé pour en faire un divertissement de qualité, réalisé avec passion et sincérité. Comme le dit Rob Marshall lui-même, Mary Poppins est tout pour lui, le premier film de Disney vu, et surtout celui qui a influencé énormément sa vie sur la comédie musicale et le cinéma.

Bonus : Les bonus sont assez conséquents, un magnifique making of assez complet qui revient sur tous les points de fabrication du film, des décors, aux chorégraphies en passant par la musique. Un bel hommage à Dick Van Dyke, les habituels bêtisiers et scènes coupées. Une chanson alternative (envisagée au début puis remplacée par une autre) dont on comprend pourquoi elle a été re-écrite car elle faisait trop de similitudes avec une chanson sur l'inversion des valeurs qu'interprète Topsy, la cousine de Mary Poppins. Quelques bandes annonces, et une featurette sur une séquence un peu hommage au premier, mêlant comme l'original, acteurs filmés sur un fond vert (noir pour l'original) et animation en dessin animé à la main. A noter que le film vous est proposé en deux versions, la version cinéma, et la version karaoké dans laquelle les chansons sont sous-titrées et dont les paroles sont surlignées en rythme pour pouvoir être chantées par le spectateur en même temps que les artistes.

En DVD, Blu-Ray, coffret Mary Poppins/Le Retour de Mary Poppins et en VOD le 26 avril 2019. Edité par Disney DVD. Le site et la page Facebook de l'éditeur :  https://www.facebook.com/disneyfrance/ .
 
Retrouvez ce film et bien d'autres sur Cinetrafic dans les catégories tout le cinéma de cette année et dans un autre genre : les productions françaises.

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