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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 17:16
Manhunt

Etant un fan de John Woo, depuis ses débuts à Honk-Kong et l'avancée de sa carrière là-bas que ce soit dans The Killer, une balle dans la tête, les syndicats du crime 1 et 2, ou A toute épreuve, jusqu'à sa période américaine, Broken Arrow, Volte Face, même Mission Impossible 2 a grâce à mes yeux (un peu plus de réserve sur Wintalkers ou Paycheck), voir le tout dernier de ses films, et dans un retour au cinéma de ses origines avait quelque chose de très excitant. J'avais moins suivi la suite de sa carrière après Paycheck, à l'exception de son retour au cinéma asiatique dans le superbe les 3 Royaumes.

Malheureusement, passé le premier acte du film, vraiment réjouissant, l'excitation est retombée un peu vite. Bien évidemment tout n'est pas à jeter dans le film et il possède quelques très très belles fulgurances visuelles, et d'assez beau cadre ou mouvement de caméra, jamais gratuit mais même si l'ambiance de ce film d'action thriller est assez plaisante, l'intérêt pour le film peine à démarrer, tant on a l'impression d'assister à un exercice de style, à mi chemin de l'expérimentation artistique, voire arty, dans ce que le terme a de plus "péjoratif". Ainsi, on se retrouve face à un film qui essaie beaucoup de choses mais dont les éléments intrinsèques manquent de liant pour emporter l'adhésion du spectateur.

On retrouve bien évidemment les gimmicks de Woo, que ce soit les combats superbement chorégraphiés, les ballets de voitures comme dans MI:2, le sang ou encore les symboles qui n'appartiennent qu'à lui comme les colombes et les flammes, ou les chargeurs de pistolet non réaliste, mais même ces derniers éléments font un peu toc. Pour tout dire on a l'impression d'assister à un "pot-pourri" de toute sa carrière de réalisateur, comme si il y avait des allusions à chacun de ses films tournés pendant sa vie.

Le film Manhunt est un remake d'un film hong-kongais bien plus vieux de 1976. John Woo après la mort de l'acteur du film éponyme Ken Katamura en 2014, voulait faire un film pour lui rendre un dernier hommage. En effet, il déclarait dans une interview « Ken Takakura est l'un de mes acteurs favoris dans le monde. C'était mon idole et il a influencé beaucoup de mes films. L'image de Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime a été inspirée par l'image et le style de Takakura. Je voulais faire un film dédié à Ken Takakura» . Un producteur chinois, Peter Lam, apprenant son désir, lui propose de réaliser un remake du film "Kimi yo fundo no kawa wo watare" (le titre original du film,sorti aux États-Unis sous le titre de Manhunt. Le film dont l'acteur principal était Ken Takakura était tiré du roman Kimi yo Fundo no Kawa o Watare de Jukô Nishimura.

Pour un budget avoisinant les 50 millions de dollars, John Woo se fait plaisir et met en scène l'histoire d'un procureur qui est pourchassé pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et qui est traqué à la fois par un policier trés tenace, et par la mafia qui veut éliminer ce témoin gênant de leurs activités pour le moins trouble. Rempli de faux semblants, et de mensonge sur les apparences, le film est un efficace polar de série B. Le fait que deux tueuses soient des femmes jouent habilement sur les récents bouleversements féministes qui ont secoué l'industrie cinématographique quasi mondiale, et les références aux vieux films, et aux vieux cinéma du type de celui de Melville ou Godard apporte une certain singularité à l'oeuvre. Melville est pour rappel un des réalisateurs préférés de Woo, puisqu'il a toujours dit et répété que le Samouraï était un de ses films favoris du réalisateur français.

La traque du procureur par le policier intègre, et revanchard se suit sans aucun déplaisir, et le manque d'accroche au récit, est plus le fait de ce côté parfois à la limite de l'expérimentation stylistique que dû à des réelles carences de scénario. On retiendra une magnifique idée. La caméra filme en oeil de Dieu d'assez haut (un plan en plongée à 90°), une mariée, dont la robe se couvre du sang de son fiancé qui vient de se suicider d'une balle dans la tête. Ce sang qui envahit la blancheur de sa robe comme une impossibilité d'un bonheur parfait, qui s’entache du deuil de son "mari" le jour même de son bonheur devant censément être le plus intense ; est une idée incroyable, et on regrette presque la rareté de ce genre de fulgurances visuelles.

Le film est tout de même loin d'être un navet, et le spectateur moins exigeant se contentera des magnifiques chorégraphies d'actions qui rappellent le Woo des grands jours. On a une impression très diffuse qui parcours tout le métrage, car ce dernier parle énormément de morts, de passages, de transmissions, un peu comme si Woo faisait un film quasi testamentaire. Et ce sentiment met aussi le spectateur assez mal à l'aise.  Aux dernières nouvelles, John Woo envisagerait un remake de son film The Killer, une manière sans doute de faire le bilan de sa vie de cinéaste, avant de se réinventer qui sait (un peu comme va l'être le projet de réadaptation de West Side Story pour Steven Spielberg). On attend en tout cas de voir le résultat avec impatience même si les dernières news sur cette arlésienne de Woo (annoncée depuis 2011), date de 2015.

Etant un fan de John Woo, depuis ses débuts à Honk-Kong et l'avancée de sa carrière là-bas que ce soit dans The Killer, une balle dans la tête, les syndicats du crime 1 et 2, ou A toute épreuve, jusqu'à sa période américaine, Broken Arrow, Volte Face, même Mission Impossible 2 a grâce à mes yeux (un peu plus de réserve sur Wintalkers ou Paycheck), voir le tout dernier de ses films, et dans un retour au cinéma de ses origines avait quelque chose de très excitant. J'avais moins suivi la suite de sa carrière après Paycheck, à l'exception de son retour au cinéma asiatique dans le superbe les 3 Royaumes.

Malheureusement, passé le premier acte du film, vraiment réjouissant, l'excitation est retombée un peu vite. Bien évidemment tout n'est pas à jeter dans le film et il possède quelques très très belles fulgurances visuelles, et d'assez beau cadre ou mouvement de caméra, jamais gratuit mais même si l'ambiance de ce film d'action thriller est assez plaisante, l'intérêt pour le film peine à démarrer, tant on a l'impression d'assister à un exercice de style, à mi chemin de l'expérimentation artistique, voire arty, dans ce que le terme a de plus "péjoratif". Ainsi, on se retrouve face à un film qui essaie beaucoup de choses mais dont les éléments intrinsèques manquent de liant pour emporter l'adhésion du spectateur.

On retrouve bien évidemment les gimmicks de Woo, que ce soit les combats superbement chorégraphiés, les ballets de voitures comme dans MI:2, le sang ou encore les symboles qui n'appartiennent qu'à lui comme les colombes et les flammes, ou les chargeurs de pistolet non réaliste, mais même ces derniers éléments font un peu toc. Pour tout dire on a l'impression d'assister à un "pot-pourri" de toute sa carrière de réalisateur, comme si il y avait des allusions à chacun de ses films tournés pendant sa vie.

Le film Manhunt est un remake d'un film hong-kongais bien plus vieux de 1976. John Woo après la mort de l'acteur du film éponyme Ken Katamura en 2014, voulait faire un film pour lui rendre un dernier hommage. En effet, il déclarait dans une interview « Ken Takakura est l'un de mes acteurs favoris dans le monde. C'était mon idole et il a influencé beaucoup de mes films. L'image de Chow Yun-fat dans Le Syndicat du crime a été inspirée par l'image et le style de Takakura. Je voulais faire un film dédié à Ken Takakura» . Un producteur chinois, Peter Lam, apprenant son désir, lui propose de réaliser un remake du film "Kimi yo fundo no kawa wo watare" (le titre original du film,sorti aux États-Unis sous le titre de Manhunt. Le film dont l'acteur principal était Ken Takakura était tiré du roman Kimi yo Fundo no Kawa o Watare de Jukô Nishimura.

Pour un budget avoisinant les 50 millions de dollars, John Woo se fait plaisir et met en scène l'histoire d'un procureur qui est pourchassé pour un meurtre qu'il n'a pas commis, et qui est traqué à la fois par un policier trés tenace, et par la mafia qui veut éliminer ce témoin gênant de leurs activités pour le moins trouble. Rempli de faux semblants, et de mensonge sur les apparences, le film est un efficace polar de série B. Le fait que deux tueuses soient des femmes jouent habilement sur les récents bouleversements féministes qui ont secoué l'industrie cinématographique quasi mondiale, et les références aux vieux films, et aux vieux cinéma du type de celui de Melville ou Godard apporte une certain singularité à l'oeuvre. Melville est pour rappel un des réalisateurs préférés de Woo, puisqu'il a toujours dit et répété que le Samouraï était un de ses films favoris du réalisateur français.

La traque du procureur par le policier intègre, et revanchard se suit sans aucun déplaisir, et le manque d'accroche au récit, est plus le fait de ce côté parfois à la limite de l'expérimentation stylistique que dû à des réelles carences de scénario. On retiendra une magnifique idée. La caméra filme en oeil de Dieu d'assez haut (un plan en plongée à 90°), une mariée, dont la robe se couvre du sang de son fiancé qui vient de se suicider d'une balle dans la tête. Ce sang qui envahit la blancheur de sa robe comme une impossibilité d'un bonheur parfait, qui s’entache du deuil de son "mari" le jour même de son bonheur devant censément être le plus intense ; est une idée incroyable, et on regrette presque la rareté de ce genre de fulgurances visuelles.

Le film est tout de même loin d'être un navet, et le spectateur moins exigeant se contentera des magnifiques chorégraphies d'actions qui rappellent le Woo des grands jours. On a une impression très diffuse qui parcours tout le métrage, car ce dernier parle énormément de morts, de passages, de transmissions, un peu comme si Woo faisait un film quasi testamentaire. Et ce sentiment met aussi le spectateur assez mal à l'aise.  Aux dernières nouvelles, John Woo envisagerait un remake de son film The Killer, une manière sans doute de faire le bilan de sa vie de cinéaste, avant de se réinventer qui sait (un peu comme va l'être le projet de réadaptation de West Side Story pour Steven Spielberg). On attend en tout cas de voir le résultat avec impatience même si les dernières news sur cette arlésienne de Woo (annoncée depuis 2011), date de 2015.

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 8 février 2019. Edité par Metropolitan Filmexport), Le site et la page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez ce film dans les catégories les films appréciés du public en 2019 et l'adrénaline venue d'Asie cette année.

 

 

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