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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 17:17
L'Ombre d'Emily

Paul Feig est le type même du réalisateur yesman hollywoodien, capable du pire (Sos Fantôme 3) comme du meilleur (dont ce "l'Ombre d'Emily" fait d'ailleurs parti). Essentiellement réalisateur de télévision, notamment de séries télé parmi lesquelles la création de l'excellente série Freaks and Geeks, puis la réalisation d'épisodes des années campus, réalisateur d'un premier long-métrage, I'm David (2003), (sorte d'Empire du Soleil beaucoup moins inspiré) échec critique et public qui le conduira à retourner à la série télé (de Weeds, à 30 rocks en passant par The Office, ou Mad Men),  l'homme ne brille pas pour un seul chef d'oeuvre cinématographique. Même si contrairement à son SOS Fantôme 3 totalement raté, le buddy movie féminin les Flingueuses avec Melissa Mc Carthy et Sandra Bullock avait été lui une très agréable surprise et Mes meilleurs amies, un joli succès public qui lui permis d'ailleurs de tourner les Flingueuses, Spy est lui en revanche, juste passable. Pas mauvais mais relativement trés anecdotique, et une fois sorti de la salle de cinéma, on a vite oublié de quoi il est question.

Il semble en revanche qu'avec ce l'Ombre d'Emily, tiré d'un roman de Darcy Bell, Disparue, publié en 2017, cette donne soit appelée à changer. Succès critique et avec une bonne réception du public, le film flirte avec des films à ambiance comme Gone Girl de David Fincher (on pense souvent d'ailleurs à ce dernier pour les similitudes de récit). Le grand intérêt du film est aussi dans sa manière d'utiliser le VLOG de l'héroïne comme manière de raconter le récit, et de faire avancer l'enquête policière qu'elle mène. La fin est aussi très intrigante dans sa volonté d'afficher des cartons comme si on parlait d'une histoire vraie, comme c'est le cas dans les biopics ou plus étrangement dans le film de Night Shyamalan, Incassable. Une autre des particularités du film est d'utiliser des musiques de chanteurs français, notamment Gainsbourg, et le plus fou c'est que ça marche totalement avec le sujet.  Et une allusion plus qu'évidente au chef d'oeuvre d'Henri George Clouzot, le film Les Diaboliques, vers lequel l'Ombre d'Emily lorgne un peu, sans toutefois l'égaler.

L'histoire en quelques mots raconte le quotidien de Stéphanie Smothers, sorte de Brie Van de Camp moderne et beaucoup plus jeune, mère parfaite et qui filerait des complexe à cette dernière. Veuve, et mère célibataire d'un petit garçon, elle se heurte aux moqueries des autres parents d'élèves, qui sont aussi ses "amis et amies" mais qu'elle ne manque pas de bousculer également. Elle est loin d'être la victime d'un harcèlement adulte. Son univers plutôt bien rangé bascule toutefois lorsqu'elle fait la connaissance d'Emily Nelson, la jolie maman de l'ami de son fils. Emily travaille dans la mode, et son irruption dans le quotidien rangé et organisé de Stéphanie va avoir l'effet d'une bombe.

Un jour, Emily propose à Stéphanie que leurs enfants jouent ensemble chez Emily, et cette dernière propose à Stéphanie, un martini, elle qui ne boit jamais d'alcool. Ce rendez-vous improvisé devient un jeu organisé, et elles finissent par devenir totalement amies au point d'être les meilleurs amies du monde. Emily apporte à Stéphanie, son parler franc, le fait qu'elle vienne de la ville, et des astuces pour ne pas se laisser marcher sur les pieds, et Stéphanie apporte à Emily son côté organisé, sincère, gentil et lui fait découvrir son blog d'astuce pour mamans. Un lien trés profond les unis, et lorsqu'Emily disparaît du jour au lendemain, sans aucun mot, et sans aucune nouvelles pendant plusieurs jours, Stéphanie va décider de mener l'enquête pour retrouver sa meilleur amie.

Cette enquête n'ira pas sans heurt, ni sans révélations incroyables, et Stéphanie va découvrir le passé de son amie sous un jour totalement nouveau. 

Même si Blake Lively est vraiment intéressante dans le film et que son partage mi-blanc, mi-noir est vraiment bien incarné et fouillé, c'est réellement Anna Kendrick, qui tire son épingle du jeu, littéralement géniale, un jeu rempli de micro expressions, elle compose une Stéphanie juste parfaite, et vole parfois la vedette à Blake. A noter que le comédien, Henry Golding dont c'est le second film est des plus convaincant dans le rôle du mari "soumis" et éperdu d'amour d'Emily.

On prend un réel plaisir à suivre les traces d'Emily, et le passé de cette dernière que Stéphanie remue à qui mieux, mieux. Les nombreux rebondissements de l'intrigue sont bien amenés, et au moment de la fin du film, on ne souhaite qu'une chose, que ce stand-alone devienne une nouvelle franchise, tant le personnage de Stéphanie Smothers est attachant, même dans sa "parfaititude". On espère d'ailleurs qu'une suite sera rapidement mise en chantier, tellement ce serait merveilleux de retrouver ce personnage. Salut les Mamans !!

Au niveau des bonus, un très intéressant making of de 18 minutes nous en apprend un peu plus sur le film, un flash mob avec les personnages du film qui devait à l'origine clore le film et son making of, des scènes coupées et un commentaire audio.

En DVD, Blu-Ray et VOD depuis le 8 février 2019. Edité par Metropolitan Filmexport. Le site et la page Facebook de l'éditeur.

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