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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 23:50
Faits d'Ibère : Oro, là si t'es perdu !

Oro de l'espagnol Agustin Diza Yanes, réalisateur par ailleurs du largement sous-estimé Alatriste est la preuve par l'exemple que le cinéma espagnol est d'une richesse et d'une intelligence formelle incroyable. Dans ce bon film d'aventure un brin lent, on suit les pérégrinations de conquistadors à la recherche d'un el dorado nommé Teziutlan. Le film déroule moins son intrigue que le caractère de ses personnages, ce qui permet aux spectateurs de découvrir un large éventail de figures martiales, allant du simple soldat au capitaine ou au sergent, voir au scribe envoyé de l'empereur et de suivre les arcanes sociales et sociétales qui les lient tous et toutes (on trouve deux femmes dans la troupe, une servante, une épouse). On se retrouve donc dans un road trip aux allures de peinture sociale et sociétale. On pense pas mal à Aguirre ou la colère de Dieu de Werner Herzog, mais aussi par certains côtés du métrage à Boorman, voire au 13eme Guerrier de John Mc Tiernan pour son côté tentative de communication et incommunicabilité des êtres.

Un groupe de conquistadors, accompagnés de deux femmes, (l'une étant l'épouse du chef d'expédition, l'autre la servante de cette dernière) de deux guides indiens, et d'un envoyé de l'empereur part à la recherche d'une cité d'or perdue, nommée "Teziutlan" par les indiens. En court de route, ils se rendent compte qu'une deuxième équipe les suit pour les tuer, et pour que l'empereur d'espagne récupère leur part. Commence alors un jeu du chat et la souris, entre les deux équipes, sans oublier les querelles intestines internes qui sous-tendent l'équipe, et la menace d'indien cannibales qui rôdent autour.

Le film fonctionne à la fois comme un huis-clos étouffant dont le cadre serait la forêt, ainsi que comme un film un brin survivaliste, puisque au fur et à mesure de l'intrigue, l'équipe s'étiole comme peau de chagrin jusqu'à devenir à la fin, la plus réduite possible, deux membres.

Côté casting, c'est un réel plaisir de retrouver notamment le brillant José Coronado aperçu récemment dans le bijou de thriller, déjà espagnol, Contratiempo de Oriol Paulo, dans un rôle assez difficile de mentor, et de vieux baroudeur à qui on ne l'a fait plus. Le reste du casting, aussi bien masculin que féminin ne démérite pas, et chaque personnage est bien caractérisé et bien lisible pour le spectateur. Et ce dernier prend plaisir à suivre les interactions sociales et politiques de chacun des protagonistes.

La photographie du film est proprement somptueuse et donne à la forêt, une vie quasi propre, rappelant justement le cinéma animiste de John Boorman. Et une peinture de la cruauté humaine comme seul le cinéaste anglais savait la décrire. On pense aussi par instant trés fugace à la peinture humaniste d'un Kurosawa dans ces portraits de soldats et de paysans animés par un idéal commun.

Les différents retournement de situation sont des plus appréciables et on sombre petit à petit dans la même appréhension que les personnages. Oro la cité perdue est un de ses films si peu nombreux sur les Conquistadors qui rappelle comme le somptueux Apocalypto de Mel Gibson sur un sujet assez similaire ce brillant adage latin de Plaute, "homo homini lupus est" (l'homme est un loup pour l'homme").

Edité par Wild Side. Sortie en DVD et Blu-Ray depuis le 1er août. la page Facebook de l'éditeur de Wild Side.
 
Retrouvez ce film dans les catégories les films que les gens adorent  et du cinéma triste.
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