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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 14:20
Falling Water

Je vais débuter cette critique de ma nouvelle coqueluche sérielle depuis Lost par une citation. Shakespeare a écrit à peu près en ces termes : "Souvent, quand on a une idée originale de série tv, un enfoirard vous la pique, avant même que vous ayez eu le temps de la mettre à exécution"... Bien évidemment, vous l'aurez compris, Shakespeare n'a jamais écrit ça, d'abord parce que Shakespeare lui n'est jamais vulgaire, ensuite parce que du temps du bon William, la série tv, n'existait pas, la tv n'existant pas non plus, et pourtant l'avenir n'a cessé de lui dérober ses intrigues et ses bons mots pour en habiller bon nombre de production audiovisuelle, comme quoi. 

Si je commence ainsi, c'est pour évacuer la frustration, mêlée de plaisir et de satisfactions primaires que j'ai ressenti à la vue de cette série américaine, Falling Water. Série que j'ai binge watché quasiment tant l'intérêt était présent pour moi. Frustration, parce que comme vous l'aurez compris, j'avais une idée de série tv originale dans ce style, dont j'avais commencé à écrire, un pitch et un traitement, et qui prenait place dans les rêves exactement comme ici. Un policier enquêtait dans le monde réel sur une secte étrange et il découvrait peu à peu que la secte arrivait à tuer les gens en se projetant dans leurs rêves. Un des héros était un policier noir, et coïncidence, dans Falling Water, un des héros,  est un policier, et l'autre est noir. Enfin, le titre pour lequel j'hésitait était en VO (Deception Point), et en VF j'hésitais beaucoup entre "Point de Chute", et "Chutes d'eau" (car une partie essentielle de l'intrigue prenait place après la chute du héros à travers les Niagara Falls, ou équivalent). Avec Falling Water, on retrouve quasiment trait pour trait, le titre de ma série. L'histoire s'arrête là, je n'ai jamais réussi à la produire (trop coûteuse), et la Noosphère s'est chargé du reste. J'ai écrit cette histoire entre 2011 et 2013, et la série est entrée en production en 2016. donc entre temps, quelqu'un a eu la même idée que moi, et a eu surtout l'opportunité et les moyens de la réaliser.

Au final, les intrigues sont assez différentes, ce qui me permettra de réaliser mon idée, si le destin m'en laisse le temps. Mais je n'en veux pas trop au fatum, parce que cette série est vraiment excellentissime, le gros bémol étant qu'elle semble avoir été annulé après deux saisons. Dommage, mais je commence à avoir l'habitude, toutes les séries qui me séduisent profondément sont annulées car elles ne plaisent pas à l'audience.

Sans trop en divulguer, Falling Water met en scène principalement trois personnes, Tess, Burton, et Taka, respectivement, créatrice de tendance en freelance, chef de la sécurité d'un grand groupe financier de placements, et policier de New-York. Chacun d'eux se battant avec une problématique personnelle. Tess est convaincue d'avoir été enceinte et qu'on lui a volé son bébé, Burton lui voit une jeune femme partout, et ils semblent avoir été amant, quant à Taka, sa mère, sculptrice célèbre, est aujourd'hui dans un état catatonique. Ces trois personnages ont en commun, le fait de pouvoir rêver en commun, en ayant conscience qu'ils sont en train de rêver, le fameux état qu'on appelle "rêve lucide".

Bien sûr, ceci n'est que le début, car ensuite, la série bascule de plain pied dans le fantastique, en rajoutant également  un consortium d'hommes et femmes d'affaires puissant-e-s, une secte étrange, chaussée de chaussures vertes fluo, et bon nombre de personnages secondaires charismatiques.
La série est produite par Juan Carlos Fresnadillo (réalisateur du culte 28 semaines plus tard, et des trés bons, Intacto, et  Intruders), ainsi que par l'ex madame Cameron, productrice géniale de son état, Anne Gale Hurd, qu'on ne présente plus tant son influence sur Cameron aura été importante, aussi bien d'un point de vue scénaristique que de production.

Cette série annulée à ce jour, en raison d'un manque d'audience, est un vrai coup de pied au cul de l'intelligence, car ses récits sont certes flous, mais jamais intentionnellement compliqué (coucou Christopher Nolan), et chaque idée de mise en scène ou du récit est poussée jusqu'au bout et réutilisée de nombreuses fois (encore une fois, pas comme dans Inception, où l'idée des armes "rêvées" sera utilisé une seule fois et on en entendra plus jamais parler le reste du métrage). Cette série évite tous les écueils du récit fantasmatique, et ne se prend jamais les pieds dedans, on pense aussi pour la partie connectivité des individus à la géniale Sense 8 (également annulée depuis), et un peu à Twin Peaks de Lynch, notamment le bar restaurant le Marcello's, lieu de convergence des personnages de la série, qui rappelle par instant le Silencio de Mullholand Drive ou la Chambre Rouge Twin Peaksienne.

La série trouve totalement ses marques, et clôt son dixième épisode de la saison 1 par beaucoup de réponses, tout en laissant de nombreuses questions, et pistes d'intrigues sous le coude pour une saison 2 qu'on imagine au moins aussi bonne que cet encourageant départ. En espérant que l'annulation de la série donnera au moins lieu à un téléfilm conclusif comme  cela fut le cas pour la glorieuse Sense 8. Si vous aimez le fantastique, les rêves lucides, et que vous savez comment contrôler vos rêves, cette série vous parlera totalement, dans le cas contraire, essayez quand même, peut-être saura t-elle vous séduire dans vos songes. Après tout, "My name is ****S".

Sortie en dvd et bluray depuis le 27/06/2018. Editée par Elephant Films.  La page Facebook de l'éditeur.
 
Retrouvez cette série et bien d'autres parmi les très bonnes intrigues fantastiques et dans la catégorie
les très bonnes séries sorties en 2017.

 

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