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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 20:33
Hell's Club : Another Night : L'Enfer pavé 2 mauvaises intentions

Après le terrassant Hell's Club premier du nom, on ne pouvait que se dire que AMDS ne ferait jamais mieux que cette somme total de cinéphagie extrême, c'était bien mal connaitre le bonhomme, puisqu'il a non seulement fait beaucoup mieux, mais avec encore bien plus de références et de durée que son premier essai.

On l'attendait au tournant et on a pas été déçu. Commençons tout de suite par les points négatifs qui sont peu nombreux, histoire de les éliminer tout de suite et de se concentrer sur les gros points forts de l'exercice (et heureusement ils sont nombreux). Les points "faibles" du film sont au nombre de deux, allez, même juste un, le deuxième n'étant qu'un goût subjectif. Par moment le rythme du film s'estompe un peu à mon goût, et le temps passe donc plus lentement que sur le premier mais pour une durée supérieure aussi, le temps peut-être de bien placer chacun des personnages, et le deuxième point "négatif" c'est que dans la Valse des Bonds, j'aurais adoré voir apparaître Timothy Dalton et George Lazenby.

Passé ces deux points "négatifs", concentrons-nous sur l'intrigue (oui oui, il y a bien une intrigue). Le film s'ouvre sur un "in memoriam" des personnages tombés au champ d'honneur de la fusillade qui clôt le premier opus. J'ai dis fusillade, oui bon ça va, il y a prescription, maintenant que tout le monde ou presque a vu le un, on peut révéler sa fin. Donc c'est un superbe panégyrique des personnages tués dans le précédent, le tout servi par de somptueux mouvement d'appareil, en l'occurrence des travellings qui sont "affaire de morale" (coucou Godard) et par le biais de splendide plans miroirs qui sont lourd de sens.

Puis après un rapide fondu au noir, nous enchaînons à nouveau sur le carton du premier opus, qui rappelle les règles qui régissent le lieu, c'est à dire aucune, et le nom du film :

HELL'S CLUB 2 : ANOTHER NIGHT

Le film reprend l'idée de rencontres interdimensionnels entre des protagonistes et des antagonistes de cinéma, et comme il n'y a aucune règle, on peut trouver plusieurs fois le même acteur physique, sachant qu'il s'agit de personnage (un peu comme dans le fantasmatique Last Action Hero du non moins génial John Mc Tiernan). C'est ainsi qu'on se retrouve avec un festival de yakayo (de Steven Seagal à Jean-Claude Vandamme) parfois en double exemplaire, double impact par exemple pour JCVD se faisant regarder par un autre personnage interprété par JCVD, le tout provoquant une sensation indescriptible par des mots finalement.

Nous avons donc un réjouissant jeux de miroir, même à travers les personnages, puisque pour James Bond par exemple, nous retrouvons différentes occurrences du personnage, cette fois-ci joué par plusieurs acteurs différents, et nous passons de l'un à l'autre par un subtil effet de passage de point, du plus récent au plus vieux, le plus récent étant au premier plan, et le plus vieux à l'arrière-plan. Idée géniale s'il en est et immédiatement identifiable pour le spectateur, même le plus inattentif.

Des passerelles d'un film à l'autre au travers d'une réplique, lorsque Robocop demande à Sean Connery (James Bond) de ne pas fumer dans le club, ce à quoi l'agent lui répond d'un petit geste de salut de la main, ou d'un univers d'un réal, lorsque Luke Skywalker, Han Solo, et C3PO se retrouvent à la même table qu'Howard the Duck, (autre personnage d'un "film" de Lucas) et ça va même au-delà puisque Disney ayant racheté Marvel, il se murmure qu'un remake de Howard the Duck se prépareraient dans le plus grand secret, depuis son caméo dans les Gardiens de la Galaxie de James Dunn. Disney ayant racheté Star Wars, le propos fait immédiatement sens, pareillement sans aucun dialogue, juste avec de l'attention.

On trouve aussi des idées visuelles folles, comme ce parallèle entre deux idoles de génération différentes, lorsque Luke s'accoude au bar à côté de James Dean. Les deux étant par ailleurs lié à la voiture de manière différente, Dean étant mort dans un accident de voiture et l'interprète de Luke, Mark Hamill, ayant eu un grave accident de la route qui le défigura entre l'épisode 4 et 5 de Star Wars, et pour lequel il dût dépenser une somme folle pour se faire réparer le visage en chirurgie plastique. Et quand on sait que Lucas se destinait à être pilote de course et que c'est un grave accident de la route qui lui fit embrasser une carrière de réalisateur, tout se retrouve lié aux Hell's Club.

il ya même des regards de personnage sur leur suite ou leur passé, je prends pour exemple ce Tony Manero de la Fièvre du Samedi soir, regardé par le Tony Manero de Staying Alive, à moins que je ne surinterprète, je ne sais pas.

Mais le plus émouvant, et qui personnellement m'a laissé échapper une petite larme, c'est clairement ce regard de Axel Foley du Flic du Beverly Hill's 2 sur Mike Lowrey de Bad Boys de Michael Bay. Il s'y joue bien plus qu'un simple clin d'oeil entre deux frères de la même couleur, ou deux flics de comédie d'action, il s'y joue la filiation directe puisque Michael Bay l'a toujours dit, sa principal inspiration c'était Tony Scott, et quand on sait que Tony n'est plus, cet hommage, j'en mets ma main au feu, volontaire, déclenche un petit frisson de nostalgie.

Et cet hommage se teinte enfin de black power, lorsque Lowrey, regarde Blade, lui aussi évolution du film d'action avec un héros noir. Et on assiste à une triangularisation des regards des trois héros de trois époques différentes. Et ce triangle devient carré, lorsqu'une nouvelle virgule de réalisation, nous amène au personnage Scottien de Man on Fire, John Creasy incarnant la maîtrise Scottienne de l'action, quelques temps avant sa mort.

Puis on trouve encore un pot entre deux personnages issus du cerveau du même réalisateur, puisque Blade Runner et son Rick Deckard rencontre Ripley d'Alien pour une petite mousse sous le regard de l'antagoniste de Blade Runner, Roy Batti. Et des petits clins d'oeil et mini intrigue en miroir, il y en a encore énormément à découvrir.

Il y aurait encore beaucoup à en dire, mais on vous laisse le plaisir de la découverte, puisqu'environ 67 films sont recensés dans cette vidéo. Quoiqu'il en soit, il en ressort un travail de titan qui ne mérite que le respect.

Pour finir, la fusillade reprend, on est pas au Hell's Club pour rien, mais il ya une petite surprise finale que de la même manière je vous laisse le plaisir de découvrir.

Bravo, AMDS, en espérant que le mash up sur les courses sera du même tonneau, voire encore dix fois mieux. Tu mérites le meilleur car ton talent frise l'excellence.

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Published by LordGalean
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