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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 11:43
American Ultra

Nima Nourizadeh pour son second film (après le dispendieux mais trés dispensable Project X) s'attaque à deux genres bien distinct, la rom com (comédie romantique indépendante) et le film d'action paranoïaque et en ressort un trés étrange mariage mais qui contre toute attente fonctionne bien au-delà de nos maigres attentes.

L'histoire raconte la vie de deux loosers magnifiques, Mike (Jesse Eisenberg impeccable) et Phoebe (Kristen Stewart franchement très convaincante) qui vivent leur petite vie de paumée partagés entre petit dealer, policier redneck, et job à la station service. Mais cette vie ne suffit plus à Mike, et ce dernier nourrit le rêve d'écrire des comics de super héros, un en particulier "le singe de l'espace" et de se faire éditer pour pouvoir quitter sa vie d'avant. Il aimerait aussi demander Phoebe en mariage. Un soir, tout va se précipiter quand il va être victime d'une agression et contre toutes attentes, tuer ses agresseurs.

Prenant tour à tour les principes du film indé comédie romantique et du film d'action, American UItra nous propose une jolie réflexion autour de la notion de déterminisme avant de renverser la vapeur sur la fin avec l'idée assez belle que deux personnalités même bancale peuvent s'équilibrer et qu'il est important de ne jamais être seul. Car quoi qu'en dise Mike à son double négatif dans la scène quasiment finale du film, il n'a jamais été seul pour savoir où aller.

Le film est en soi trés sympathique, et on apprécie beaucoup le fait qu'il s'inscrive dans une vision plus féministe du cinéma actuel. Ainsi, Phoebe est loin d'être la "damsel in distress" (demoiselle en détresse) du cinéma d'action, et un autre lead character est une femme qui était en charge de l'opération qui va toucher Mike et Phoebe bien malgré eux.

Enfin, en second rôle savoureux, on retrouve le charismatique John Leguizamo, toujours parfait dans un rôle de marginal fou dont il a le secret, et Topher Grace en antagoniste aussi plaisant que sombre par moment. On notera aussi une réjouissante mais brêve apparition de Bill Pulman.

L'autre grande innovation du film, c'est de présenter un personnage secondaire qui soit ouvertement identifié comme homosexuel. Il s'agit du second de la chargée de l'opération Ultra qui dès sa première scène est montré en train de regarder un MMS que lui a envoyé son petit ami. Certes, on se moque comme d'une guigne de connaître l'identité sexuelle du personnage, mais dans un film américain d'action destiné à un trés large public, l'idée est quand même bien appréciable, et ce traitement, ainsi que celui réservé aux femmes n'est pas pour nous déplaire.

Un autre élément trés appréciable dans le film sera son refus de certains clichés, ainsi dans une attaque de commissariat digne de Carpenter ou Cameron, un policier se met à l'abri derrière un casier à dossier en métal et les balles de l'arme du bad guy (en l'occurence une bad girl) traversent ce dernier le tuant net malgré la protection. De la même façon, les coups, et autres éléments de décors contondants laissent des traces sur les personnages, mais surtout sur les deux héros. Et se rapprochant pour le coup pas mal d'un Die Hard, c'est quasiment en lambeau (ressemblant du coup beaucoup à son personnage de comics "le singe de l'espace") que Mike finira son parcours.

Le film parle d'un sujet qui a énormément concerné les USA, beaucoup moins de nos jours, puisque le programme est soi-disant arrêté. Il s'agit de la programmation mentale ou Monarch Ultra (déjà évoqué par Kubrick dans Shining sous forme de poster, et dans Orange Mécanique, le fameux traitement Ludovico ; mais aussi dans le Complot de Richard Donner ou le film Manchurian Candidate (un crime dans la tête en VF). Ce principe acté par la CIA, consistait dans les années qui ont suivit la 2eme guerre mondiale à récupérer des savants neurologistes nazis et à créer des criminels sur commande qu'on stimulerait avec des images subliminales montrées qui induirait des ordres enfouis, le tout réveillé par une phrase banale.

Ce sujet est immensément connu aux USA, on y trouve des allusions aussi diverses que variées dans beaucoup de médias, de la BD à la musique en passant par les romans noirs, les films et les séries. En France c'est beaucoup plus confidentiel et peu de gens sont au courant, sinon les gens qui s'intéressent à l'occulte, aux théories du complot ou à la géostratégie.

BONUS : Les bonus vont de featurettes assez inutiles en soi mais plaisantes, au bêtisier, en passant par un making of plutôt complet et le commentaire audio du réalisateur, toujours intéressant à écouter.

Au final on se retrouve avec un film assez sympathique, qui évolue entre Kingsman et Reviens-moi dans l'atmosphère, sans toutefois trouver une réelle cohésion des deux, et ça sera peut-être le point négatif le plus gênant, cette incapacité à choisir un genre et à s'y tenir. Mais c'était déjà le cas du précédent scénario de Max Landis (le fils de John Landis et qui signe ici aussi le scénario du film), Chronicle.

Sortie en Bluray et DVD 19 décembre 2015. Edité par Metropolitan Filmexport.

Retrouvez ce film et bien d'autres dans - tous les films d'action sortis en 2015
et - les nouveautés cinéma de 2016.

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Published by LordGalean
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