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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 12:05
Tita ni homme, ni maître

Je suis toujours désireux de découvrir de nouvelles petites perles, quel que soit le pays dont elles sont issues, et souvent, la Russie m'a fait découvrir de petits bijoux, que ce soit Yaroslav (chroniqué sur ce site) ou encore la trilogie Night Watch, ou le film War Zone (également chroniqué sur ce site).

Dieu que j'aurais aimé dire la même chose de Titanium de Dmitriy Grachev, mais malheureusement, et je m'en excuse tout de suite auprès de nos amis russes, il n'en sera pas de même pour ce film.

L'histoire ne manque pas de sel, et même si la structure ne révolutionne rien, ça ferait un efficace petit film de série B, de type anticipation-survival.

Dans un futur proche, les peines de mort sont commuées en exil à vie dans le désert, et les survivants sont graciés si ils atteignent l'Ile qui est un lieu paradisiaque. Un groupe de prisonniers est donc envoyés dans le désert, et parmi ces derniers se trouvent l'ancien conseiller du président actuel qui a été condamné à la prison pour avoir tenté de combattre le système qu'il a lui-même contribué à corrompre. la critique à peine voilée du gouvernement de Poutine est une bonne idée, surtout quand en fouillant un peu, on découvre que le réalisateur est un imitateur plutôt trés doué de l'actuel président Russe et qui lui ressemble fortement par ailleurs. Et la dictature de la russie actuelle est peu présente dans les films.

Cette idée assez inhabituel dans les productions Russes aurait pu donner un film étonnant luia ussi, mais là encore, les espoirs sont bien réduits à néant. Et ce qui est sans doute pire, c'est ce discours machiste de la femme faible et soumise (pourtant présentée comme forte, c'est une prisonnière, inculpée pour homicide en état de légitime défense certes mais homicide quand même) qui ne pourra se réaliser qu'avec un homme qui lui dit quoi faire ; et qui court tout le long du film. Je ne suis vraiment pas du genre à faire du pro-féminisme de bas étage, mais là, c'est totalement exagéré, d'ailleurs je conseille au blog lecinemaestpolitique qui aime bien voir de l'antiféminisme là où il n'y en a pas (Le Roi Lion, Aladdin, Jurassic World) de se pencher sur ce film, parce que là, c'est pain bénit pour eux, tous les pires travers qu'ils trouvent en surinterprétant les films américains sont là au premier degré le plus total.

Cela ne serait pas très gênant si c'était juste un trait de caractère du héros, et que le reste du casting ou même la mise en scène montrait le héros comme un con, mais pas du tout, la mise en scène et la réalisation le magnifie sans cesse, et même la femme dit dans d'horribles voix off redondantes de l'image "je suis une pauvre et faible femme, heureusement qu'il est là, sinon je vais crever".

Bref, le film qui m'attirait le plus lors des sélections est devenu au final le film que j'ai aimé le moins, malgré de belles idées visuelles et un scénario pas dégueu, avec en plus la présence au casting de l'excellent Vinnie Jones (Snatch), ici quasiment inexistant et pas trés bien dirigé comme l'intégralité du casting d'ailleurs.

Comme l'idée et la réalisation sont pas trop mauvaises, le pire qu'on peut lui souhaiter c'est de se faire remarquer par un producteur américain qui organisera un remake de son propre film avec plus de moyens. Car même si les SFX sont loin d'être amateurs, ils ne sont quand même pas au niveau des ambitions du film, et dans un film de SF ambiance post apo, si les SFX sont léger, ça se ressent trés vite sur le reste du film. Par contre, les décors eux sont vraiment sublimes, je ne sais pas dans quelle partie de la Russie ça a été tourné mais c'est tout simplement somptueux ces grands déserts de pierres noires.

Au final, un film à regarder pour une soirée entre potes, arrosé de bière et de pizza, ça devrait faire le job. Car si on enlève son discours machiste, et ses SFX un peu inégaux, le film se laisse totalement regarder, et n'est pas vraiment mauvais.

A noter toutefois que ici l'éditeur s'est foulé, puisqu'il m'a envoyé par l'intermédiaire de cinetrafic un bluray du commerce avec boite et jacquette, et disque sérigraphié s'il vous plaît. Preuve en est que certains producteurs prennent en considération les blogueurs qui chroniquent leurs films.

Edité par Condor Entertainment. Sortie en DVD le 15 juillet 2015. Le site de Condor Entertainment et sa page facebook.

Retrouvez ce film et d'autres dans la catégorie en - science-fiction cette année et - les meilleurs dans le genre de la SF.

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Published by LordGalean
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