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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 14:48
La Route de la Furie  : Bienvenue dans le désert du réel...

"Un nuage traversant le ciel à contresens de la saison a suffit à l'effondrement du monde".

Victor Hugo in "Les Misérables".

Cette citation du grand Victor Hugo, écrivain romantique s'il en est, me semble la meilleure manière de débuter cette critique analyse de vous l'aurait compris Mad Max Fury Road aka "le meilleur film de tous les temps" (mode fanboy off) tant elle véhicule c'est le cas de le dire l'essence même de ce que raconte le film.

Un peu comme le Transperceneige sorti l'an dernier, MM FR pour les intimes nous parle de l'état du monde après sa chute, si ce n'est que contrairement au film de Bong Jon Hoo, il n'a ni besoin d'un train, ni de dialogues explicatifs, et encore moins de twist en fin de métrage pour y parvenir.

Mad World

Pour comprendre l'importance de ce film aujourd'hui en 2015, il faut revenir en arrière, bien loin dans le temps, presque 30 ans plus tôt, en 1985 lorsque Miller met un point final à sa trilogie post-apo avec un opus moins bien accueilli par le public et la critique car jugé trop enfantin, trop familial (mais rassurons nous, c'est exactement ainsi que sera qualifié tout le reste de sa carrière après Babe 2, quand bien même celui-ci s'adresse aux enfants comme à des adultes en devenir et met en avant la lâcheté et la culpabilité du monde dans toute son horreur. Et ça n'ira pas à en s'arrangeant, lorsque ses films suivants seront qualifiés de dessin animé neuneu pour enfants et de suite "commercial MTV de dessin animé écolo neuneu pour enfants", respectivement Happy Feet et Happy Feet 2. Et encore une fois, en dépit du fait que Happy Feet aborde les confins de la folie lié à l'enfermement dans un lieu qui n'est pas sien, tandis que le second opus ne se pique rien de moins que de nous expliquer (entre autre) le sens de la vie, ou tout du moins pourquoi l'humanité a finalement besoin de danser.

Mais syndrome Spielberg ? Miller ne sera jamais considéré comme l'immense auteur qu'il est. C'est "un faiseur de films pour enfants crétins" (et on se demande si le terme crétin renvoi à l'enfant ou au film pour enfant). L'échec de Happy Feet 2 le mine énormément et lui fait par ailleurs perdre la réalisation de son projet, le film ultime de super héros, Justice League.

George mit (les pendules à) l'heure

Revenons donc loin, très loin dans le temps -*cri de tyranosaurus Rex- bon euh peut-être pas si loin non plus. En 1980, lors de sa sortie, le 15 février 1980 précisément, Mad Max, premier du nom est apparu comme une bombe qui a ravagé tout sur son passage en matière de visuel, de folie destructrice et de cinéma d'action total. Découlant de ce qu'on a appelé le renouveau du cinéma d'action, il a rejoint Die Hard, Predator et quelques autres dont Terminator dans le panthéon des meilleurs films d'actions et il a fait de Mel Gibson inconnu à l'époque une star planétaire.

Suite à ce succès publique, beaucoup moins critique, une kyrielle de films d'actions produit dans le style de Mad Max ont envahit les écrans du monde entier, allant du sympathique au pur nanar, même la France n'est pas épargnée oui monsieur, à une époque où on tentait encore quelque chose de différent, le résultat s'appelle Terminus et s'est fait avec le concours de notre Johnny national, fan de la première heure du film de Miller jusqu'à créer un spectacle entier en France dans le style de Mad Max, sur le thème de "son" film Terminus.

Ceci n'étant que justice, puisque force est de constater que Mad Max est lui-même un putain d'hommage punk rock au magazine Métal Hurlant (allant jusqu'à récupérer la police pour son titre), créé par Jean-Pierre Donnet, et dont Philippe Manoeuvre sera rédac chef (il assistera même au tournage d'un Mad Max en guest).

Mais les années 1980 sont bien loin, et aujourd'hui, en 2015, après l'échec critique et public de Happy Feet 2 , la perte de son Justice League, Miller revient sur le devant de la scène avec un Mad Max Fury Road, sorte de remake reboot sequel spin off :). Suite directe des évènements du 2 mais dont le héros se révèle finalement être plus Furiosa que Max, mais on va y revenir.

Dans ce film, de sang, de fureur, et de dents cariés, le punk rock George Miller règle ses comptes avec bienveillance mais énergie avec tous les producteurs, et wannabe réalisateurs de film de super héros et ceux de cinéma d'action.

N'ayant pas revu la trilogie Mad Max depuis un bail, voire deux, je ne vais pas m'étendre sur le sujet et aborder sans plus attendre ce qui nous préoccupe ici à savoir ce fameux Mad Max Fury Road que nous appellerons Mad Max 4 pour plus de facilité d'écriture.

Posons-nous déjà sur le titre qui peut -être pris à plusieurs sens, tous complémentaire. Mad Max Fury Road, Le Road renvoi bien évidemment à la route, mais aussi au chemin, dans le sens d'initiation, une route de destinée. Ce Fury Road prend donc trois sens, chacun complémentaire. C'est tout aussi bien la Route de la Furie(osa) à savoir donc le cheminement de Furiosa pour recouvrer sa liberté, que le nom de la route sur laquelle va se passer l'intrigue, puisque Nux la nommera lui-même "Fury Road", enfin, c'est aussi la route symbolique qui va contaminer tous ses passants et les conduire à la furie. Les Furies ce sont enfin les déesses grecques de la vengeance, ou Erinyes qui poursuivent sans répit les criminels de leurs reproches et de leurs imprécations, et il en sera aussi question dans le film, on y reviendra également.

Une fois le titre explicité, lançons nous sur les traces de l'intrigue. Le film s'ouvre sur un résumé de la situation géopolitico-écologico-économique similaire à celle de Pacific Rim de Guillermo Del Toro à base de voix off et d'images "d'archives" de catastrophes écologiques avant que la scène ne se termine par un fondu au noir. La scène d'exposition débute sur Mad Max, droit comme un i, debout, dos à la caméra, mutique, tandis qu'un cheminement de sa conscience en voix off nous fait partager ses pensées. A ses côtés, son fidèle chev... son Interceptor, oui, il s'agit bien d'un plan iconique de Western, vous l'aurez compris. Par terre, plusieurs affaires traînent dans le sable, témoignant d'un départ précipité ou d'une pause dans un bouleversement émotionnel. La caméra délaisse le "héros" faussement mutique pour descendre cadrer un gecko dont la particularité est ici d'être à double tête, remettant en tête, ce qui est dit dans l'intro sur la radioactivité et la post apocalypse nucléaire.

Le gecko sentant quelque chose arriver, descend de son rocher et file pour sauver sa vie sans doute, mais Max l'écrase sous sa botte et sans autre forme de procès, le croque, faisant ainsi découvrir en gros plan son aspect hirsute, barbe longue et sale, regard de dément. Le constat est posé, dans ce monde "perdu", le fort dévore le faible. Max mastique sa proie, puis présentant lui aussi un danger, il rassemble ses affaires et sort du cadre au volant de son Interceptor. Un court silence plus tard, les punks de la route entrent à leur tour dans le cadre, et telle une nuée de corbeaux fondent sur Max. Ils détruisent le symbole qu'est Max en frappant son Interceptor qui explose et se retourne, puis le capture, le frappe à terre, le tonde (barbes et cheveux)bras en croix et le tatoue "donneur universel" avant de vouloir le marquer au fer rouge comme un esclave.

Max s'évade et dans une scène de fuite qu'on croirait sorti d'un pur Romero, il affronte à la fois ses adversaires et ses démons intérieurs, démons qui auront d'ailleurs raison de lui, puisqu'il chute dans l'eau, et manque de se faire attraper par ses bourreaux. Dans cette scène, Max aperçoit plusieurs visages, plus ou moins familiers pour le spectateur qui lui reproche de ne pas les avoir sauvés, parmi eux, un visage d'aborigène, qui illustre sans doute la destruction du bush australien et des aborigènes. Max prend ici la représentation symbolique de l'Homme au sens large, un peu comme l'était le David Mann du Duel de Spielberg.

Cette scène de fuite d'ailleurs renvoi la perturbante scène de folie de Happy Feet premier du nom aux calendes grecques tant la mise en scène de la folie de Max et de sa culpabilité est ici viscéralement illustrée par l'image et le montage.

Il lutte pour sa survie, et cours jusqu'à une porte qu'il ouvre et se retrouve instantanément face au vide le plus extrême, pendant que ce plan dévoile au spectateur, un élément qui va prendre son importance par la suite, le réservoir à eau de Immortan Joe. Max se refait capturer, un bandeau est attaché sur son visage, lui enlevant toute humanité, et il est entrainé dans les profondeurs de la caverne. Fin de la scène d'exposition. En une scène, Miller présente clairement Max, son enjeu, ses peurs, ses bourreaux, leurs enjeux, et bien évidemment annonce la suite.

La scène suivante s'ouvre sur quelqu'un au crane rasé, dont la nuque est brûlée au fer rouge du même symbole que celui que ses bourreaux voulaient faire à Max. On pourrait croire qu'il s'agit de Max, mais la brûlure est trés estompée et quasi plus visible, on comprend donc que ce personnage n'est pas Max, mais que comme ce dernier, il peut avoir notre sympathie, car il est esclave avant d'être bourreau. Il s'agit du personnage de Charlize Theron, l'Imperator Furiosa.

Furiosa est cependant définie comme un chef, et la seule femme du groupe. Cet état de fait est confirmé lorsqu'on la retrouve au volant d'un porteur de guerre. Elle est un chef de file, et va apporter des marchandises (énumérés par les War Boys d'ailleurs : Mother Milk et Aqua Cola) en échange d'autres marchandises à Pétroville (lieux où se fabrique d'excellentes sucrerie, ben non, comme son nom l'indique, lieu disposant de Pétrogaspi en quantités importantes) et au Moulin à Balles qui fournit comme son nom l'indique des munitions pour les armes à feu.

Une scène nous montre que l'objet de marchandage semble être "l'eau" qu’Immortan Joe délivre par parcimonie à son "peuple" afin de les entretenir dans la crainte et la dépendance de son bon vouloir. I Joe, est donc bien un modèle de Gourou, et c'est ce qui nous est confirmé par la suite, lorsque ses War Boys, à mi chemin entre les islamiste radicaux pour l'idéologie kamikaze et une équipe Néo Zélandaise de rugby pour les paroles genre "Haka" se battent pour être les premiers à piloter les voitures de soutien, voir à se faire remarquer par leur seigneur et maître.

Et tout ceci ne découle pas le moins du monde de la surinterprétation, juste, les images, uniquement les images et leur agencement dans le film.

Immortan Joe qui soigne chacune de ses apparitions publiques est un monstre déformé, dont les imperfections sont cachés, et recouvertes d'armures ou de poudre aux propriétés curatives. Le Mal est intérieur, et son visage défiguré est lui recouvert d'un masque cynique (du grec Kunos, le chien). Loin du peuple, entretenu dans la pauvreté et la soif, les faiblesses mortelles du Maître sont cachées par une armure de plexiglas.

Dans une analogie d'une intelligence symbolique folle, on accroche un symbole de sa puissance à l'endroit de son pénis, un artefact en forme de volant. L'image est gravée au fer rouge dans le cerveau du spectateur le moins attentif, chaque fois qu'on verra un volant ou ce qui lui arrive dans le film, on le raccrochera inconsciemment immédiatement à un pénis. Comme ces romains, qui portaient un pendentif en forme de pénis plus testicules autour du cou pour asseoir leur statut de Patricien.

Ainsi, lorsque les War Boys, se précipiteront sur leurs volants, tous empilés dans un lieu dédié pour poursuivre le convoi de Furiosa, tout sera dit encore une fois. Et le fait d'accompagner ce geste d'un salut dédié au dieu V8 élargit encore plus le champ de compréhension du spectateur. La virilité est aussi grandement lié à la religion, ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la plupart des religions ne tiennent pas en haute estime les homosexuels jugés non viril, ou les femmes.

Un Lancier (ceux qui jettent les lances explosives sur les véhicules des ennemis) et Nux, (Nicolas Hoult) se retrouvent donc à se battre pour avoir le privilège d'être le conducteur de son véhicule. Ce qui renvoi donc le spectateur à un combat de pénis du qui qui c'est qui a la plus grosse. On retrouvera d'ailleurs plus tard le même lancier au volant d'un des véhicules, sans doute qu'il a réussi à évincer un autre conducteur de son poste.

Le convoi s'ébranle et Furiosa, suivie de ses War Boys prend la direction de Pétroville, où en échange de la précieuse eau, elle va pouvoir remplir la citerne de carburant. Car oui, contrairement aux idioties qu'on peut lire un peu partout sur le net, la citerne est vide de carburant (la preuve, à la fin elle n'explose pas).

Le convoi sur ordre de Furiosa se déroute de son objectif initial et part à l'aventure. Furiosa est questionnée par le chef de file du convoi, mais comme ce dernier est aussi un War Boys, il n'est habitué qu'à obéir sans jamais questionner les ordres, belle critique encore une fois sans aucun jugement lourd ou manichéen de Miller sur le fanatisme que le spectateur est susceptible de prendre dans un coin de sa caboche ou de passer à côté si seul le côté film d'action l'intéresse. Ce faisant,le convoi se fait attaquer par des pillards rebelles qui s'exprime en Russe et qu'il finit par détruire. C'est également lors de cette scène qu'on découvre le total fanatisme des War Boys, puisque dans ce qui pourrait s'apparenter à une analogie aux Haschischins, un War Boys se sacrifie en se "kamikazant" sur le véhicule adverse non sans avoir au préalable aspergé sa bouche de peinture chromé, assorti d'un mantra "Je vis, je meurs, je vis encore" et avoir demandé à ses frères d'armes d'être "témoins" de son abnégation.

Aristophane et les autres

Pendant ce temps à la Citadelle, le fils cadet de Immortan Joe, un nain handicapé et chétif entre Lynch et Jodorowski et son frère Rictus (un esprit enfantin dans un corps d'adulte musclé) se rendent compte que Furiosa a dérouté sa course et préviennent Immortan Joe. Ce dernier réagit et cours à une porte de coffre fort. Il l'ouvre et pénètre dans un gynécée, couvert de graffiti puissamment évocateur "Qui a tué le monde", "nos bébés ne seront pas des maîtres de guerre", "nous ne sommes pas des objets".

Arrêtons-nous un instant sur cet élément, et évoquons le poète grec Aristophane, conservateur mais féministe, dont la pièce Lysistrata ne cesse de résonner dans le film.

"Ce sont des utopies féministes d’Aristophane que nous avons choisi de parler ici. Car l’originalité d’Aristophane est de choisir, en guise de porte-parole à ses rêves nostalgiques de paix et de bonheur, les femmes. Ces femmes qu’il raille sans cesse, et dont les jeux de mots obscènes ont pu être considérés comme misogynes, elles seules trouvent grâce à ses yeux. Elles seules sont assez folles et assez sages pour refaire le monde. Elles inventent la paix perpétuelle et le communisme - et pour ce faire, le féminisme. Inscrire la parité dans la constitution athénienne ? Demi-mesure : chez Aristophane, ce sont les femmes et les femmes seules qui doivent gouverner, puisque les hommes ne savent instaurer ni la paix ni l’égalité.
Praxagora, l’héroïne de L’Assemblée des femmes (~392 av. J.-C.), convainc ainsi ses amies de se déguiser en hommes, afin de se rendre en cachette à l’Assemblée et d’y faire voter un changement constitutionnel qui donnera le pouvoir aux femmes. Voilà la chose faite. « La Cité sera donc heureuse à l’avenir ! » s’écrie Praxagora. Et les hommes de demander : « Pourquoi ? » Pourquoi ? Car les femmes instituent la fin des inégalités : la communauté des biens."

in http://rdereel.free.fr/volAQ2.html

"Dans Lysistrata, Aristophane imagine pour les femmes un mot d’ordre efficace : « Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ».

Alors qu’Athènes et Sparte sont en guerre, Lysistrata, belle Athénienne, aussi rusée qu'audacieuse, convainc les femmes d'Athènes — Calonice, Myrrhinè, Lampito — ainsi que celles de toutes les cités grecques de déclencher et de poursuivre une grève du sexe, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat."

A noter d'ailleurs, élément qui résonne lui aussi avec le film, c'est que "Un des aspects humoristiques de la pièce repose sur le fait que les principaux personnages masculins portent tous un phallus." Vous l'avez ?

Dans Mad Max Fury Road, les femmes font mieux que de se refuser à leur mari, elles décident carrément de s'enfuir, du coup le résultat est le même, mais Miller dépeint un monde beaucoup moins agréable que l'Antiquité, puisque dans Lysistrata les femmes restent, alors que dans la Citadelle, elles n'ont d'autres choix que de fuir pour ne plus être esclaves sexuelles.

Il appelle ses favorites, "Angharad, Splendide", mais aucune ne répond et pour cause, ces dernières sont cachées dans le camion porte guerre de Furiosa et son plan est de fuir avec elles, rejoindre sa tribu "aux innombrables mères" nous apportant la preuve qu'en plus d'être esclave, Furiosa n'est pas né dans la Citadelle.

Fou de colère I Joe se lance à leur poursuite, et on le comprend, puisqu'apparemment les enfants semblent eux-aussi servir de monnaie d'échange (ils sont employés à la citadelle comme ouvrier de maintenance, donc rien ne dit que ça ne soit pas le cas dans les autres lieux en échange de pétrole (Petroville) ou de fer et d'armes (le Moulin à Balles). Et puis quand on voit ses fils, une masse de muscle sans cervelle, et un nain plus intelligent mais sans muscle, on comprend qu'Immortan Joe souhaite un descendant un peu plus efficace pour lui succéder surtout qu'il sait lui même qu'il n'est pas immortel (en témoigne son respirateur ou ses soins qu'on imagine journalier).

Bref, le chef de file du convoi aperçoit les signaux de ralliement sous la forme de fusée de détresse de couleur et en avertit Furiosa, il finit par réaliser que Furiosa les dupe, et le convoi se mutine contre le porte guerre.

Max lui est amené dans un véhicule qui part de la Citadelle pour poursuivre Furiosa, et est juché en proue du vaisseau, détournement masculin de la fameuse sirène sculptée des navires, pour servir de transfusion de sang à Nux.

Furiosa poursuivit par Immortan Joe n'a d'autres choix pour lui échapper un court moment que de précipiter le porte guerre dans une tempête d'une violence incroyable et dont l'imagerie pourrait être proche de l'Enfer. Tandis que Max est ficelé sur son "rocher", en attendant que l'aigle vienne lui dévorer le foie qui sans cesse repousse.

Il finit par se débarrasser de ses chaines, profitant d'un moment où un de ses geôliers, vient changer sa position sur le véhicule car le poids à l'avant, empêche ce dernier d'être stable. Il se débarrasse de son geôlier, un lancier en l'occurrence et tente de rejoindre Nux pour récupérer le véhicule.

Max s'accroche tant bien que mal à la carlingue, et va rejoindre Nux lorsque ce dernier se sentant investi d'une mission divine, se chrome les lèvres de peinture, avant d'ouvrir les vannes de carburant de l'engin dans son habitacle, pour transformer son véhicule en bombe humaine. Le spectateur qui a assisté tout comme Max à ce précédent rituel, sait ce qu'il va advenir des deux, et Max lutte avec Nux qu'il finit par envoyer au tapis, tandis que la voiture se disloque, laissant le fumigène finir de se consumer avant de s'éteindre dans un souffle. Ceci est la fin de la première scène d'action du film, et il s'agit de la moins compliquée et de la moins spectaculaire du film, c'est dire, mais cette seule scène suffit à mettre à l'amende les scènes d'actions de tous les blockbusters de ces dix dernières années tant en terme d'intelligence visuelle, que de rythme, de montage ou d'enjeux. La Tempête magnétique qui va d'ailleurs séparer les Justes (les Femmes), des Monstres (le convoi des trois hommes). Les Monstres sont arrêtés voir détruits dans la tempête, les Justes peuvent continuer leur route, quand à Nux et Max, le Destin n'ayant pas statué sur leur sort, ils restent dans l'entre deux, évanouis.

Max se réveille dans le sable, enfoui jusqu’aux cheveux et dans un mouvement d'une ampleur presque poétique, il entreprend d'émerger de sa torpeur, puis finit par se relever d'un coup, complètement hagard et hébété, toujours poursuivi par les Erinyes, sous la forme de ces visions cauchemardesques et de ces voix off accusatrices. Il extrait le cathéter de son coup et semble aller un peu mieux. A ses côtés, Nux est mort ou assommé. Max se saisit d'un flingue et tente de faire sauter la chaîne qui les relie l'un à l'autre mais l'arme s'enraye à cause du sable. Le pistolet non fonctionnel de Max, peut également renvoyer à sa virilité en défaut (d'ailleurs, une scène assez humoristique y fera également allusion). Il tente d'arracher les doigts de Nux mais la muselière sur sa bouche l'en empêche et Max charge donc Nux sur son dos, en direction du porte guerre de Furiosa qu'il voit arrêté une centaine de mètres plus loin.

Max La Menace

Furiosa est arrêté pour une bonne raison, pour désencrasser les aérateurs du porte guerre de la masse de sable qui les remplit, et encore une fois ça n'a rien d'un arrêt pour le fun, comme on peut le lire dans la critique de gens qui n'ont rien compris au film qu'ils ont choisi de voir les "yeux grand fermés" sans doute.

Max arrive et jette Nux et la portière qui les relie toujours Max étant attaché à l'extérieur, sur le sable, devant le camion. Les femmes et Furiosa se retournent, et Max découvre un double spectacle, les jeunes et belles favorites se nettoient à l'eau claire et pure. On pourrait y voir un cliché du "car wash sexy", et sans doute, Miller l'a voulu ainsi, car lorsque la mise au point finit de se faire sur le plan, on comprend que les favorites se lavent en réalité de toutes ces années de sévices sexuels, et probablement de coups et blessures (il n'y a qu'à voir le visage de Angharad pour s'en convaincre), et armées de pinces coupantes, elles mettent à bas leurs ceintures de chasteté, symbole de l'oppression d'Immortan Joe sur leur personne.

Petite parenthèse, Miller prouve bien son statut de punk, puisque non seulement il choisit de transformer une égérie de Dior, féminine et sexy en la personne de Charlize Theron en garçon manqué, couturé et marqué au fer, manchot de surcroit; mais il récupère deux "potiches" de la marque Victoria Secret dont une a été l'égérie de Transformers 3 pour en faire des femmes fortes dont on découvre la force au fil du métrage... Un punk on vous dit, le Franz Liszt du cinéma d'action.

Max réclame le tuyau d'eau car il meurt de soif, et il menace la favorite enceinte, Angharad de son arme factice, seulement le spectateur le sait, mais pas les favorites ni Furiosa. Commence donc une séquence d'un suspens palpable où le spectateur n'attend qu'une chose, le moment où la supercherie sera démasquée. Max se réhydrate, puis il menace à son tour, la deuxième favorite blonde, "The Dag" pour qu'elle vienne lui couper ses chaînes.

Cette dernière n'arrive pas à utiliser la pince coupante (étonnant sachant qu'elle vient de le faire) ou fais semblant de ne pas y arriver, permettant à Furiosa de se précipiter sur Max, et de tenter de le tuer. Commence, alors un combat à main nue épique, entre Max et Furiosa, que le pauvre Nux toujours évanoui, mais à demi ranimé par l'eau qu'il a reçu sur la tête quand Max buvait, ponctionne comme il peut. Furiosa finit par tirer sur Max avec le pistolet ramassé sur l'épave, mais échoue, et se dirige vers le cul du camion, et dévoile un second pistolet. Au final, Max récupère ce pistolet, aidé du pauvre Nux et menace Furiosa pour récupérer le camion. Il tire sur Angharad qui se dirige vers le camion et la blesse à la jambe. Puis il frappe Nux qui tombe à nouveau évanoui, récupère son blouson que ce dernier lui avait volé et grimpe dans le camion redevant le Mad Max, le guerrier solitaire qui taille la route.

Furiosa resté en contrebas de la route avec les favorites leur dit d'attraper ce qu'elles peuvent et de la suivre. Ces dernières s'exécutent et avant de partir, une d'entre elles, donne un violent coup de pied dans la ceinture de chasteté ou ce qu'il en reste, montrant par la même leur vie nouvelle qui s'ouvre devant elles.

Max est en train de conduire quand le porte guerre s'arrête. C'est un problème de coupe-circuit, il est rejoint par Furiosa et sa bande qui lui explique qu'ils ont tout intérêt à s'entraider car le camion n'obéit qu'à elle.

Max rechigne un peu mais finit par accepter. S'ensuit une scène des plus décalés, dans laquelle, Max, entreprend de désamorcer le camion de tous les pistolets et fusil qui s'y trouve caché. Cette intermède semi-comique permet de souffler un peu, mais le répit est de courte durée, car la petite citerne de carburant a les roues qui ne fonctionnent plus donc le porte guerre traîne un poids mort. Nux qui vient de se réveiller dans le sable, et qui a couru sur le porte guerre pendant qu'il redémarrait en est bien sûr le responsable.

C'est le moment que choisit Max pour aller réparer le joint, en emportant avec lui tous les pistolets trouvés (tous les symboles de virilité en dehors de lui, pourrait t-on déduire psychanalytiquement). Mais Furiosa a plus d'un tour dans sa botte, et son levier de vitesse, est en fait un poignard acéré dont elle révèle l'identité au spectateur seul et à ses compagnes avant de le réinsérer dans son logement.

Max grimpe sur le toit du porte guerre et remet le tuyau en place, les roues redeviennent fonctionnelles, et il commence à rejoindre la cabine de pilotage. Entre temps, Nux se glisse dans la citerne et parvient dans la cache sous le cockpit, il surgit, en tentant d'étrangler Furiosa, mais cette dernière est défendue par les favorites, qui finissent par jeter Nux à bas du convoi sans lui avoir enseigné deux ou trois vérités sur sa condition de War Boys. Une scène magnifique, dans laquelle, le cliché du héros qui défend la princesse en détresse en prend largement un coup dans l'aile, puisque Max ne sert ici à rien.

Max revient et le convoi continue sa route.

Pendant ce temps, Immortan Joe est toujours en route, et il a entraîné ses partenaires commerciaux, le Meunier du Moulin à Balles, et le Mange-Personne de Petroville, et on comprend qu'ils unissent ainsi toute leur force, car les enfants, et les épouses sont une richesse essentielle de l'économie des Wastelands, du moins de sa partie "civilisé".

Il n'y a donc aucune incohérence à gaspiller un peu de ressources comme des munitions, ou du carburant pour récupérer un bien inestimable, ou alors à ce compte là, nos pays civilisés ne devraient jamais avoir fait ce qu'ils ont fait avec certaines peuplades pour leur voler leur richesse. Non, que j'approuve cela, mais au bout d'un moment il faut être logique.

Furiosa poursuivit par le Meunier, le Mange-Personne et Immortan Joe parviennent au défilé, où des beatnicks en moto, sans doute un autre clan rebelle, comme celui des "hérissons à pique du début", l'attend pour qu'elle honore son deal (20 000 litres de carburant). Furiosa prévient Max pour leur tendre un piège car elle n'a pas de carburant, c'est un piège, qu'elle a prévu pour flouer tout le monde (je dis ça encore une fois pour les gens qui ne suivent pas les films qu'ils regardent et qui ensuite se posent des questions inutiles. Ces mêmes personnes qui se plaignent que les blockbusters ne les fassent pas réfléchir par eux-mêmes mais qui trouve quand même un moyen de se plaindre quand un des dit-films blockbuster accède à leur requête et plus encore...

Mais on s'écarte du sujet, bref, Furiosa descend du camion. Le piège fonctionne, et les beatnicks voyant le convoi de guerre des 3 partenaires commerciaux qui arrivent à proximité du défilé, font péter un barrage de pierre au-dessus de l'arche naturel et j'insiste là-dessus, à aucun moment à l'aller ce n'est la gorge qui pète, un peu comme quand dans un western (tiens donc encore) les indiens font débouler des rochers pour bloquer ou détruire un convoi de colon. Aucune incohérence, là encore, n'en déplaise aux esprit chagrins.

Les beatnicks à moto, voyant leur récompense leur échapper, poursuive Furiosa à moto, et tente d'arrêter le convoi sans succès.

De son côté, Immortan Joe arrive devant l'éboulis, et armé de son 4X4 à roues de Monster Truck, il entreprend de gravir la montagne de pierre et encourage ses troupes à déblayer la voie pour le reste du convoi. Un de ses sbires vient lui expliquer que Nux était sur le porte guerre, et qu'il sait comment y entrer. Immortan lui fait un peu de lavage de cerveau lui assurant qu'il viendra lui même le mener au porte du Walhalla (comprendre, il le tuera de ses propres mains, une fois qu'il aura cessé de lui être utile, et ça sera vécu par Nux comme un immense honneur). Il embarque donc Nux et grimpe la montagne de pierre.

Profitant d'un fondu au noir, ce qui suggère une ellipse de temps plus ou moins longue, Immortan Joe qui a un Monster truck et non un camion très lourd, donc qui se déplace plus vite, surtout qu'il n'a plus à rouler en convoi de guerre, rejoint le porte guerre de Furiosa. Il confie son pistolet à Nux, lui passe un coup de peinture argenté sur la bouche et sans avoir eu l'idée de le débarrasser de sa chaîne, ceci prouvant combien les War Boys sont important à ses yeux, (et validant inconsciemment les propos de The Dag envers Nux "tu es la chair à canon d'un vieillard"), il ordonne à Rictus d'aider Nux à monter sur le camion. Ce qui devait arriver, arrive, la chaine se prend dans le toit, et Nux, manque de mourir étranglé, il perd son arme, et assiste au regard désabusé et entend les paroles acides de son "Dieu". Ceci fait, il est difficile de dire que Nux va bien. Surtout lobotomisé comme il l'est. Bref, il n'ose pas reparaître et ceci est parfaitement compréhensible dans le film.

Joe décide donc d'attaquer le porte guerre seul, et commence une fusillade en parallèle entre les motards et le porte guerre. Une séquence un peu avant, lors du passage dans le défilé, Angharad avait eu quelques contractions apportant un supplément de suspens dans une scène déjà bien tendue, et pendant les coups de feu contre les motards, Miller vient filmer en travelling avant le ventre rebondi de Angharad soulignant ainsi son statut de donneuse de vie. Ce rappel est important car Furiosa a un moment de la fusillade entre Furiosa et les Beatnicks à moto demande à Angharad de recharger, cette dernière essaie mais dis "je ne peux pas", et cette réplique fait pleinement sens, car par le travelling avant précédent et les coups de feu en off, on a compris que Miller avait opposé les balles et la natalité. Et lors de cette réplique, on comprend qu’Angharad est une donneuse de vie, et qu'en tant que telle, elle ne peut pas être pourvoyeuse de mort. On apprend après sa disparition d'ailleurs qu'elle appelle les armes "les anti graines, on en plante une et la vie s'arrête".

Où comment en une seule image forte, le génie de Miller s'impose sur le tout venant des blockbusters mais aussi remets à sa place la plupart des réalisateurs expérimentaux visuels (au hasard le cacochymique Jean-Luc Godard).

Angharad donc, en plein milieu de la fusillade et alors que Immortan Joe va prendre l'avantage, surgit de la portière, le ventre insolent de maternité en opposition aux balles de la stupidité machiste. Joe ne peut tirer sur elle. Angharad ne voit pas le rebord de pierre qui comme dans la poursuite d'Indiana Jones la frappe de plein fouet, mais heureusement cette dernière s'est écartée à temps, et quand la fumée se dissipe, elle tente de regagner l'habitacle arrière du camion, sous l'œil amusé de Max, qui lui adresse un pouce victorieux. La scène qui suit est trés intéressante car elle amène une nouvelle culpabilité de Max, puisque c'est lui qui sera responsable indirectement de la mort de Agharad.

Mais c'est sans compter sur le fait que blessée à la jambe par Max, précédemment, le sang coule de sa blessure sur le garde boue du camion, et lorsque cette dernière pose le pied dessus, elle glisse sur le sang, perd l'équilibre et tombe dans le sable l'entraînant sous les roues du Monster Truck. Joe tente de l'éviter et retourne le Monster Truck, projetant tout ses occupants à terre. NB : pour les aveugles du net, on ne reverra plus le véhicule après cette séquence, donc les petits malins qui disent comment il a fait pour retourner le véhicule et le redémarrer, devraient de toute urgence consulter un ophtalmologiste.

Les autres favorites, et Furiosa demande à Max de retourner en arrière, mais Max refuse, il a vu Angharad passer sous les roues, c'est inutile de risquer 6 vies pour en sauver une.

Le groupe attristé par la perte d'Angharad finit par atteindre un marais rempli de boues, de corbeaux et d'étranges monstres ? Hommes ? juchés sur des échasses. Le porte guerre s'embourbe et grâce à la portière de Max, ils arrivent à avancer lentement mais surement.

Le but de Furiosa est de conduire sa troupe vers la Terre Verte, sorte de Terre promise, riche et fertile, et de rejoindre sa tribu aux Innombrables Mères, sortent de pendant positif du groupe de la Citadelle. Mais la perte d'Angharad entache cette destinée, et Furiosa, déjà passablement touchée, entends dans son dos, des reproches des filles sur le fait que aller à la Terre Verte est probablement une folie (ou se les imaginent) pendant que le spectateur lui voit l'image des Erinyes, ces femmes qui poursuivent les criminels de leurs reproches.

Max descend du porte guerre, et mine le passage sur leurs traces, partant du principe que un convoi à toujours un chef qui roule en tête, ou tout du moins un aide de camp, donc qu'il suffit qu'un véhicule pète sur la mine pour immobiliser voir faire subir de lourdes pertes au dit convoi, surtout si les voitures roulent plutôt vite.

Immortan Joe arrive, suivi de ses deux alliés, et les mines font sauter deux voitures, le convoi s'arrête, et le Mange-Personne qui symbolise aussi bien le comptable, donc le banquier, du coup le Capitalisme, que le Meunier qui symbolise lui la justice, à cause des balles de l'exécution sommaire se plaignent que la poursuite n'a duré que trop longtemps, et qu'il serait peut-être temps d'y mettre un terme. Joe qui a recueilli la dépouille d’Angharad mourante dit qu'il attend le diagnostic du médecin. Ce dernier extirpe le bébé mort né du ventre d'Angharad et dis à Rictus qu'il a failli avoir un petit frère et qu'il était parfait. Ce dernier, totalement enfantin, répète ces mots prouvant par la même l'idiotie qui le caractérise.

Le Meunier, armé et pourvu d'un véhicule rapide, le fameux "Peacemaker", (nom donné au premier Colt, et à sa non moins célèbre devise, "call me and i will equalize") sur chenille, part à la poursuite des fuyards et finit par les rattraper, il allume un puissant projecteur et leur tire dessus. Ces derniers se sont arrêtés pour refroidir le moteur cette fois, et se désembourber d'un endroit encore plus boueux, toujours dans la zone sinistrée des corbeaux.

Entre temps, une des favorites a trouvé Nux, sanglotant et abattu, et elle le console, touchée par sa détresse spirituelle. le Meunier continue ses tirs sur le convoi, et Max utilise deux des dernières balles du sniper pour détruire son projecteur, mais il manque coup sur coup, et Furiosa guette son dernier tir, voyant cela, il finit par lui laisser la maîtrise de l'arme, cette dernière s'appuie sur l'épaule de Max avec son arme, et par leur entraide mutuelle, ils finissent par détruire le projecteur, envoyant les bouts de verre de la lampe dans les yeux du Meunier et le rendant définitivement aveugle, comme la Justice qu'il se targue de rendre.

Le camion redémarre tout seul semble t-il, Max et Furiosa se précipite, pour découvrir Nux, et la favorite qui l'a pris sous son aile. Elle assure que ce dernier veut aider. Le camion se réembourbe un peu plus profondément, et cette fois-ci la portière ne suffit pas pour s'en sortir. Nux explique qu'en attachant une chaîne à l'arbre, ils pourront désembourber le camion, et ensuite il connait un endroit pour échapper au regard. Le groupe approuve et Max attache une chaîne à l'arbre et le reste au porte guerre.

Nux, se rend compte qu'il manque un morceau de chaîne, et demande à la jeune fille qui le soutient de lui enlever le morceau de la sienne au poignet pour qu'il la joigne à celle de Max, et ainsi permettre d'extraire le camion du bourbier. Symboliquement, Nux illustre la phrase de Marx, "un prolétaire n'a à perdre que ses chaînes" et surtout il permet par l'entraide des deux (Max et Nux) de sauver le groupe. Précédemment ils s'étaient déjà plus ou moins alliés, lorsqu'ils étaient encore attachés pour faire trébucher Furiosa en tendant chacun la chaîne commune d'un côté. Mais cette action est tournée vers un bien commun (nous verrons d'ailleurs que vers la fin du film, Max rattrapera la scène du sang, en la tournant aussi vers un bien commun mais on y reviendra).

Là encore, c'est un élément profondément symbolique, puisque l'arbre qui tire le camion de l'ornière boueuse ressemble fort à l'arbre de vie mythologique, et là encore ce n'est que l'image qui nous le dit.

Retour au Meunier qui n'a pas digéré son échec, et dont le physique changé lui donne un air de monstre. Image cauchemardesque d'ailleurs s'il en est, l'homme qui avait déjà extrait une dent-balle de sa bouche pour la destiner à Furiosa, se bande les yeux d'un linge blanc comme le célèbre symbole de la Justice, et équilibrant ses bras de fusil mitrailleur comme les plateaux d'une balance Roberval, il entreprend de tirer à l'aveuglette sur le convoi, rendu fou de douleur et de colère, comme un damné, le tout sur le Dies Irae (jour de Colère) de l'immense Verdi.

En une image, "La Folie (Mad) et la Furie (Furiosa)" s'allie pour rendre aveugle la Justice qui s'imagine divine et la conduire au porte de la démence.

Ce n’est pas difficile entre cette utilisation de la musique classique à bon escient et les allusions au Molocet (avec le mother Milk), ou au langage novlangue des droogies de Orange Mécanique (le Va Va Vroom, Smerdeux, Slashlangeux, Aqua Cola, Petrogaspi et autres Mc Festin), on se croirait presque chez Kubrick.

Le groupe se réfugie dans le convoi, pendant que Max seul sur l'arbre qui se tort et se déracine, aide le porte guerre à s'extraire de la boue primitive, qui pourrait très bien symboliser la perte de l'espoir (et dont la symbolique sera d'ailleurs confirmée quelques scènes plus tard). Furiosa amène le porte guerre en haut de la butte et ainsi à l'abri, elle stoppe l'engin.

Max en descend et prenant un bidon d'essence, il part sur le chemin, en lui disant "si je ne reviens pas, continuez sans moi".

Pour comprendre, ce passage, il faut se rappeler le sens premier du Volant dans le film, la virilité, le pénis, le phallus romain, symbole de pouvoir. Or dans la scène précédente, le volant du porte guerre a été arraché des mains de Max, et il n'a dû son salut qu'à une des favorites qui utilisant la pince coupante a tranché la chaîne qui avait entravé son volant, mais en revanche, ce dernier a été arraché. Certes Furiosa a remplacé le volant arraché par une clef à molette, mais c'est une bien maigre consolation, surtout en dehors de toute réflexion symbolique, conduire à la clef à molette est fort peu pratique. Donc, lorsque Max part dans la brume, il va chercher un autre volant pour le porte guerre, et en même temps se défaire d'un ennemi qui lui porte sur le système (au sens littéral du terme d'ailleurs).

Dans un hommage au film les Sept Samouraïs de Kurosawa, Miller rend elliptique le combat, et fait revenir Max couvert de sang, avec un nouveau volant et des munitions en pagaille. Miller nous rappelle par cet emprunt, que Max est tout autant un cow-boy qu'un samouraï et que ce n'est pas un hasard si la trilogie, a inspiré le créateur du manga "Hokuto no Ken", chez nous "Ken le Survivant".

Mais comme dans le western asiatique de Akira Kurosawa, ce sang n'est pas le sien, confirmé par Furiosa d'ailleurs. Max, veut se laver du sang dans l'eau, mais il ne trouve que du lait maternel, "Mother Milk", et ainsi il se purifie de son crime légitime dans l'élément primordial secondaire de la vie. Et nulle surinterprétation, puisque encore une fois, rien d'autres ne nous dit ça que l'image. Et encore une fois, on n’est pas obligé de voir cette symbolique visuelle pour apprécier le film. On peut très bien voir, Max se nettoie le visage avec ce qu'il trouve. C'est là la grande force du cinéma de Miller qui n'impose rien, et fais juste confiance à son spectateur.

Max pose le nouveau volant (on se rappelle le sens du volant dans le film, et le sens de sa disparition) sur le porte guerre et les revoilà parti pour la Terre Verte.

Chemin faisant, il croise un reste de Demoiselle (pas la femme, la structure EDF), sur le haut duquel est juchée une jolie quadra complètement nue qui appelle à l'aide, la structure est entourée de miroir et il n'en faut pas plus au spectateur averti pour capter "le miroir aux alouettes", confirmé ensuite par Max, "c'est un piège". Un piège surement destiné aux hommes qui se risqueraient à s'engager si loin de leurs lieux de vies, donc un moyen de capturer des sauveurs de demoiselle en détresse un peu concon.

Mais Furiosa a reconnu le style de sa tribu, et descend du camion, et se présente. Elle est aussitôt entourée d'une nuée de femme à moto.Furiosa apprend que sa tribu a été décimé et que la Terre Verte, ils en viennent, c'était la plaine marécageuse et rempli de corbeaux.

Les femmes entourent Furiosa, et apprenant la mort de sa mère, elles expriment le geste lié au décès dans leur culture, et là on bascule dans du John Mc Tiernan l'espace d'un instant, dans cette courte séquence où Furiosa se réapproprie lentement les souvenirs de la culture de son peuple. Passage terrassant s'il en est. Après quoi, les femmes de sa Tribu entourent les favorites rescapées, et grognent un peu en découvrant la présence des deux hommes mais se radoucissent lorsque Furiosa les présente comme des atouts.

S'ensuit un pantomime muet entre les jeunes femmes et les vieilles guerrières, chacune apprivoisant l'autre groupe. Nous assistons d'ailleurs à un parallèle terriblement intelligent de la part de Miller, puisque chacune des trois jeunes filles dans cette scène est "opposée" comme un miroir déformant à son pendant âgée, à ce qu'elles pourraient devenir en vieillissant, et inversement. Une des vieilles scrutant la bouche de The Dag dira même, "celle-ci a toutes ses dents" évoquant son propre passé, et la déchéance de son présent à elle.

The Dag découvre même qu'on peut avoir été pourvoyeuse de vie et guerrière, puisque une des vieilles qui tue les hommes qu'elle rencontre avec son arme, une balle dans la tête, montre à cette dernière les graines de plantes, de fleurs et de fruits qu'elle achemine avec elle, mais dont pour l'instant aucune n'a éclos. The Dag lui reproche d'ailleurs de ne pas agir plus intelligemment que les hommes et la vieille ne répond rien.

Max apprend de Furiosa qu'elles vont partir à motos pour le désert de sel, et qu'au -delà il y aura surement une issue favorable, et qu'elles en ont maximum pour 160 jours, avec ce qu'il faut de vivre pour espérer y arriver sur ce laps de temps. Elle lui demande si il veut venir, mais Max redevient le guerrier solitaire de la route, et refuse, prenant juste une moto et quelques vivres pour partir de son côté.

Dans un blockbuster basique, le film s'arrêterait parce que soit les femmes ont trouvé quelque chose au-delà du désert de sel, soit parce qu'elles n'y sont jamais parvenues, et qu'elles sont mortes, et fin. Mais nous ne sommes pas dans ce genre de film là, nous sommes chez George Miller. Le cosmogonique, celui qui dans un plan de calme, va profiter du moment pour souligner le passage d'un satellite dans le ciel et lui donner sa signification "transmettre des émissions, transmettre des messages, relier les hommes". "Dans les temps anciens, chacun avait son émission".

Donc, ça ne finit pas comme ça, chez Miller, un trajet a un but, et la mort n'en est jamais un, chez Miller on apprend de son périple, chez Miller, on frôle la mort mais on en tire quelque chose, chez Miller on sauve un ennemi de la noyade même si il nous en veut parce qu'on est plus fort moralement que lui.

Donc chez Miller, Max traverse lui-même d'abord son propre Enfer, et en ressort changé, et absous, (avec en prime un rêve prémonitoire à garder dans un coin de sa tête de spectateur et à ressortir au bon moment). Puis on fait rejoindre Max à moto, et stopper devant le chœur de femmes, et dire un truc aussi insensé et profond que "faisons demi tour, si il y a un truc que la vie m'a appris, c'est que la Rédemption (celle que cherche désespérément Furiosa), on la trouve en se coltinant au réel, pas en le fuyant". La citadelle est sans défense, il nous suffit de faire le chemin inverse et vlam, on pourra changer les choses. Ce qu'ils font.

Et c'est le dernier acte du film, celui où tout se résout, celui où s'illustre le vrai courage. Celui où la lâcheté des hommes se révèle, lorsque le Mange -Personne, déroute son camion de sa voie pour venir écraser une amazone, et en jouir orgasmiquement (à l'image) illustrant l'évocation d'un viol, puisqu'il vient littéralement prendre la jeune snipeuse par derrière avec son camion (et on se souvient toujours de quoi le volant est le symbole hum ;)).

Celui où l'action prend un tournant encore plus absolutiste que ce qu'elle était déjà, celui où Miller monte la barre tellement haut pour les prochains blockbusters à venir, qu'il n'y a plus de barre. On retrouve un "combat de virilité", lorsque Nux puis Max, tentent de faire avancer le camion plus vite que celui de leur ennemi en crachant du carburant dans le moteur, et au final, le groupe qui est quasi à égalité se fait rattraper par la moto d'une amazone qui met tout le monde d'accord, en abattant le conducteur du véhicule ennemi. Tandis que Max de son côté, affronte les perchistes du Mange-Personne et finit par tuer ce dernier, puis il se retrouve sur le camion tambour de guerre, idée géniale au demeurant s'il en est, puisque le guitariste et les tambours sont ici la représentation de la fureur et de la déshumanisation du fanatisme. Max affronte le guitariste, et lui arrache son masque dévoilant un monstre livide. L'autre idée géniale de ce camion musique, c'est qu'il permet à n'importe quel moment du métrage de localiser dans l'action le convoi appartenant à Immortan Joe.

Cet acte, c'est aussi celui où The Dag révèle sa douceur, et le personnage de Zoé Kravitz son côté guerrier (on l'a vu auparavant charger un fusil, l'espace pelvien de sa robe rempli de munitions là où Angharad portait un bébé), celui où Capable, qui voulait revenir sur ses pas, par lâcheté ou facilité, semble faire croire au spectateur qu'elle n'a pas évolué, alors que ce stratagème n'est là que pour amener Rictus à la déposer dans le 4X4 pour qu'elle aide Furiosa à y grimper.

Celui où Furiosa accomplit la vengeance de sa famille, et arrache (au sens littéral du terme) le masque cynique de son tortionnaire, celui où elle manque de mourir poignardée à mort et qu'elle est ressuscitée par Max. Donnant ainsi à Max, l'occasion de rattraper par le sang, la mort d'Angharad qu'il avait lui-même provoqué par le sang.

Et enfin, celui où la notion de "témoin" change de sens et sert l'amour après avoir servi le fanatisme, tout le parcours émotionnel de Nux amène à ce sacrifice et à ce déferlement de larmes libératrices pour le spectateur lors de sa mort, alors que Rictus est en train d'essayer de lui arracher son moteur, donc sa force vitale (comme Max s'est fait arracher son volant) et où sa favorite protectrice esquisse le geste de deuil de la tribu de Furiosa. D'ailleurs lors de ce passage où Nux renverse le camion dans le défilé, lorsque la citerne se retourne, elle n'explose pas, comme dans le Duel de Spielberg, en revanche, on entend un son qui pourrait s'apparenter au cri dinosaurien du film de celui qui fut le "mentor" de George Miller, ce fameux jour où il lui offrit la possibilité de réaliser le meilleur segment de son film à sketches, la Quatrième Dimension.

C'est enfin ce moment à nul autre pareille dans un blockbuster hollywoodien, où Max dévoile la dépouille du croque-mitaine, du grand méchant loup, du monstre sous le lit, que le peuple l'acclame, et que Furiosa s'élève au son des tambours redevenu célébration positive en opposition au camion tambour du convoi de Joe. Max place Furiosa en majesté pour disparaître de manière anonyme dans la foule, jamais transmission de héros de blockbuster n'aura été aussi limpide, aussi forte, aussi évocatrice de sens. NOIR.

DIRECTED BY GEORGE MILLLER

Mad Max c'est tout ça, et plus encore, c'est la métaphore d'un film libre, d'un blockbuster sincère qu'on tente de museler, d'un blockbuster différent qu'on tente d'empêcher de partir, qu'on poursuit pour faire rentrer dans le rang, parce qu'il dénote de tous les blockbusters actuels formatés et qu'il le sait, et que ses détracteurs le savent; parce qu'il dynamite tout ce qui existe, d'un blockbuster unique en son genre parce qu'il va jusqu'au bout de son idée, puisqu'il retourne sur ses pas, et revient se positionner dans le rang, mais en ayant changé les choses au final.

C'est enfin le doigt d'honneur d'un réalisateur humaniste et génial, fièrement pointé envers une industrie qui lui a subtilisé l'un de ses enfants les plus prometteurs le fameux "Justice League", le film qui aurait du/pu changer les choses.

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Published by LordGalean
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Régis Effe 17/06/2015 10:13

Salut,
J’arrive sur ton blog après avoir découvert tes avis sous le texte d’Odieux Connard.
Pour te dire la vérité, je suis fan hardcore des Mad Max et pourtant ce 4ème opus ne m’a pas spécialement emballé. Pourtant, j’ai aimé tes remarques dans les commentaires et lorsque j’ai vu ton compte rendu du film, je me suis empressé de le parcourir.

Je ne peux pas être aussi catégorique que toi, je pense que le film a quelque chose d’intéressant à dire, mais qu’il le dit mal, parfois avec des erreurs dramaturgiques assez conséquentes.

“un Mad Max Fury Road, sorte de remake reboot sequel spin off”, c’est le plus gros défaut de ce film ne pas vraiment comprendre sa nature, « Suite directe des évènements du 2 », tu le dis ou tu le sais ? Je te pose la question car pour ma part, l’univers ressemblait plus au 3 qu’au 2 (de mémoire, dans le 2, la guerre atomique n’a pas encore eu lieu, il n’y a juste plus d’essence, alors que dans le 3, elle a eu lieu). Personnellement, j’ai cru qu’on prenait Mad Max après le 3 mais dans tous les cas, il ne devrait plus avoir l’Interceptor.

J’aime bien ta réflexion sur le titre.
En revanche sur l’opening du film, je l’ai trouvé bâclé, les infos sur la guerre, etc. sont trop évasives et le montage est clipesque. Je ne m’explique pas vraiment le choix de présenter Mad Max sous format western, le rythme de l’intrigue et du film n’y étant pas adapté (le plan est ultra classe par contre). La voix off est pour moi un aveu de faiblesse : on n’a pas réussi à montrer visuellement la folie du héros, alors on le fait parler en voix off. La voix off a du sens lorsqu’elle est récurrente (comme dans le 2), là on intronise ainsi le héros, juste parce que rien n’a été mieux trouvé pour le faire.
« En une scène, Miller présente clairement Max, son enjeu, ses peurs, ses bourreaux, leurs enjeux, et bien évidemment annonce la suite. », je n’ai pas vu tout ça. Quels sont les enjeux de Mad Max ? A ce moment-là on ne sait pas, on ne le sait pas tout le long du film d’ailleurs. Survivre peut-être ? Mais pourquoi ? Et dans tous les cas, c’est un axe dramatique, pas un enjeu. Idem pour ces bourreaux peints en blancs, on ne sait rien d’eux ni de leurs enjeux à ce moment-là, sauf que le groupe sanguin est important.

Pour la suite, je suis totalement d’accord avec toi, même si je trouve que le rythme va parfois trop vite, la scène est trop découpée. J’aurais aimé que Miller prenne plus le temps de nous montrer la Cité, Joe, Charlize, etc. ce qu’il fait dans le 3. Là, il ne prend pas le temps, sauf pour Joe, là c’est parfait. Je n’avais d’ailleurs pas fait le rapprochement pénis volant. C’est bien vu de ta part, je l’avais surtout vu comme un symbôle de masculinité (l’homme macho au volant de son bolide, etc.).

Je ne connaissais pas Lysistrata et ça fait sens dans l’esthétique et dans le sens du film.

« Furiosa poursuivit par Immortan Joe n'a d'autres choix pour lui échapper un court moment que de précipiter le porte guerre dans une tempête d'une violence incroyable et dont l'imagerie pourrait être proche de l'Enfer. Tandis que Max est ficelé sur son "rocher", en attendant que l'aigle vienne lui dévorer le foie qui sans cesse repousse. », l’image est ultraforte, mais le comment m’a faire sortir de ce passage. Trimballé un bonhomme entier à l’avant d’une voiture pour s’en servir de bloodbag est totalement incohérent. Le fil de transfusion peut se couper, Max peut se faire tuer, etc. Et, je me trompe peut-être, si le wardog doit subir une transfusion, c’est qu’il est faible et ne peut pas donc conduire et risquer sa vie. « Tandis que Max est ficelé sur son "rocher", en attendant que l'aigle vienne lui dévorer le foie qui sans cesse repousse. », je ne comprends pas ta référence ici.

« Furiosa poursuivit par Immortan Joe n'a d'autres choix pour lui échapper un court moment que de précipiter le porte guerre dans une tempête d'une violence incroyable et dont l'imagerie pourrait être proche de l'Enfer. », ça ressemble quand même vachement à un deus ex machina.
« La Tempête magnétique qui va d'ailleurs séparer les Justes (les Femmes), des Monstres (le convoi des trois hommes). Les Monstres sont arrêtés voir détruits dans la tempête, les Justes peuvent continuer leur route, quand à Nux et Max, le Destin n'ayant pas statué sur leur sort, ils restent dans l'entre deux, évanouis. » ce qui confirme bien que c’est un deus ex machina.

« Max se saisit d'un flingue et tente de faire sauter la chaîne qui les relie l'un à l'autre mais l'arme s'enraye à cause du sable. Le pistolet non fonctionnel de Max, peut également renvoyer à sa virilité en défaut », alors c’est un fusil à canons sciés et pas un pistolet. Je fais la remarque car ce fusil est présent dans tous les films, c’est un des accessoires qui caractérisent Mad max. L’arme n’est donc pas non fonctionnel c’est la cartouche qui n’explose pas ce qui est un clin d’œil, je pense, au 2 plus qu’un défaut de virilité pour Max qui dans la scène suivante brandira ce même fusil pour braquer les filles, sa virilité lui servant bien finalement. Le fusil vide, gros clin d’œil au 2 également.

« il choisit de transformer une égérie de Dior, féminine et sexy en la personne de Charlize Theron », ça c’est réducteur. Theron est une bonne actrice, elle n’a pas attendu ce film pour s’enlaidir (Monster) ou jouer des rôles durs (dans la vallée d’Elah, la Route). Pour les potiches, pourquoi pas, même si il y a dû avoir casting sur ces rôles, donc potentiellement d'autres filles que des mannequins.

« Pendant ce temps, Immortan Joe est toujours en route, et il a entraîné ses partenaires commerciaux, le Meunier du Moulin à Balles, et le Mange-Personne de Petroville, et on comprend qu'ils unissent ainsi toute leur force, car les enfants, et les épouses sont une richesse essentielle de l'économie des Wastelands, du moins de sa partie "civilisé". » c’est très vrai, mais peut-être pas assez montré dans le film. Dans tous les cas, le véhicule enceintes avec le guitariste aveugle mutant, je comprends la référence (les enceintes sur les chars des GI dans Bagdad) mais c’est quand même vraiment gros.

« elle glisse sur le sang, perd l'équilibre et tombe dans le sable l'entraînant sous les roues du Monster Truck » je ne l’ai pas vu glisser sur le sang (pour glisser sur du sang, il en faut, c’est poisseux) mais perdre pied car la porte du camion perd un gond. Donc, pour moi, pas de référence à la culpabilité de Max, qui n’est pas traitée d’ailleurs dans la suite du film.

« de corbeaux et d'étranges monstres ? Hommes ? juchés sur des échasses. » dommage qu’on en apprenne pas plus.

« pendant que le spectateur lui voit l'image des Erinyes, ces femmes qui poursuivent les criminels de leurs reproches. », je comprends la comparaison, mais je ne la trouve pas toujours justifiée. En l’espèce, ça serait curieux de reprocher à Furiosa de tout faire pour sauver ces filles.

« la portière ne suffit pas pour s'en sortir. », en fait, c’est avec le capot du camion qu’ils désembourbe le véhicule. C’est possible de le faire sur certains modèles de trucks.

« Là encore, c'est un élément profondément symbolique, puisque l'arbre qui tire le camion de l'ornière boueuse ressemble fort à l'arbre de vie mythologique, et là encore ce n'est que l'image qui nous le dit. », ok mais pour dire quoi ?

« En une image, "La Folie (Mad) et la Furie (Furiosa)" s'allie pour rendre aveugle la Justice qui s'imagine divine et la conduire au porte de la démence. » j’avais pas vu ça comme ça, c’est bien trouvé. Mais quel est le sens de cette métaphore du coup ?

« Max en descend et prenant un bidon d'essence, il part sur le chemin, en lui disant "si je ne reviens pas, continuez sans moi". », c’est peut-être la meilleure scène du film. Le combat en off est une énorme idée.
« Dans un blockbuster basique, le film s'arrêterait parce que soit les femmes ont trouvé quelque chose au-delà du désert de sel, soit parce qu'elles n'y sont jamais parvenues, et qu'elles sont mortes, et fin. », Assez faux. On est au milieu du film à ce moment, on attend le twist. Rien à voir avec le modèle des blockbusters. Les films, surtout à Hollywood, respectent tous le même canevas.
D’ailleurs je trouve dommage que le road trip ne continue pas. Mad max sait qu’il n’y a rien après le désert, mais est-ce parce qu’il en vient (cf. Mad max 3 ?) ?

« chez Miller, un trajet a un but, et la mort n'en est jamais un, chez Miller on apprend de son périple, chez Miller, on frôle la mort mais on en tire quelque chose » pardon, mais c’est le cas de tous les films, même les mauvais. C’est l’ordalie ou l’épiphanie.

« Max traverse lui-même d'abord son propre Enfer, » techniquement, c’est surtout celui des filles, lui il est passager au départ. Pour l’absolution, je suis sceptique, je comprends bien à ce moment où le film veut m’amener, mais j’achète pas parce que c’est trop brutal. Max agit, jusqu’à ce moment, quasiment juste pour sa survie. Il s’allie aux filles pour mieux se sauver lui. Ca n’est pas en 3 hallucinations qu’un lien se crée avec une personne à sauver et qu’on rachète ses crimes. Ou alors c’est une vocation. A quel moment, c’est fait la prise de conscience de Max ? Et puis globalement, il veut se racheter, ok mais de quoi ? De trucs horribles qu’il a fait avant ? Mais quoi ? Ca a son importance parce qu’en tant que spectateur je veux m’identifier au héros, à Max, et là, qu’il se casse ou qu’il ait sa révélation, j’en ai rien à foutre, parce que je sais rien de lui (il n’a même pas lâché son nom à ce moment du film même si on se doute qu'il est Max). Mon empathie, elle est sur les filles parce que j’ai compris ce qui les meut et que j’ai partagé à des degrés divers en fonction de chacun leurs peines et leurs chagrins.

« la Rédemption (celle que cherche désespérément Furiosa), on la trouve en se coltinant au réel, pas en le fuyant », ça ok, mais foncer tête baissée dans les emmerdes, c’est totalement incohérent. Ca ne peut pas se justifier par le sens du film, ça doit d’abord trouver sa justification dans le récit et ensuite le récit fait sens, pas l’inverse.

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